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vendredi 6 février 2026

28 Years Later: The Bone Temple de Nia DaCosta (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Tandis qu'en juin 2025 28 Years Later de Danny Boyle n'avait fait que confirmer ce que je savais déjà, à savoir que le cinéaste britannique Danny Boyle est tout comme son compatriote Edgar Wright, largement surcoté, la réalisatrice et scénariste américaine Nia DaCosta a su démontrer en 2026 que la franchise en avait encore sous le pied et qu'il ne fallait en outre pas s'arrêter sur une carrière qui jusqu'à maintenant ne brilla pas par ses qualités. Auteur en outre du remake très dispensable de Candyman en 2021 et de ce que certains jugent comme l'une des pires adaptations de l'univers cinématographique Marvel avec The Marvels deux ans plus tard, Nia DaCosta a cependant réussi l'exploit de remettre les pendules à l'heure en proposant cette année un 28 Years Later: The Bone Temple qui aurait pu ou dû mettre tout le monde d'accord. Là où beaucoup retinrent chez Danny Boyle une esthétique et une mise en scène il est vrai parfois remarquablement abouties, l'on pouvait condamner un fond démagogique quand celui-ci n'était pas purement et simplement vidé de toute substance. Un film d'infectés, dans le fond, tellement rudimentaire que l'aventure s'avéra d'un prodigieux ennui ! Devenu depuis quelques années le porte-étendard d'un féminisme en mode 2.0 dont certains se régalent mais que d'autres qui tout comme votre serviteur jugent d'inapproprié dans ce genre de contexte, Alex Garland persévère en invoquant religion et sectarisme comme réponse inévitable à l'effondrement de notre société et au chaos qu'il suscite. La première moitié du long-métrage est à ce titre l'un des moments de cinéma parmi les plus marquants en terme de violence graphique que le septième art nous ait administré depuis pas mal de temps. Un symbolisme religieux né sur les cendres d'un monde dévasté, où la morale est abolie, où les croyances et les modes de vie sont redéfinis sur la base d'un programme télévisé pour la jeunesse.


Où l'apprentissage ne passe désormais plus par des codes essentiels préétablis à travers l'éducation mais par la normalisation et la sacralisation de la violence. Comparé à plus ou moins juste titre à Orange Mécanique de Stanley Kubrick qui en 1971 traitait notamment de l’ultra-violence chez une bande de jeunes voyous sevrés au meurtre, au viol et au Moloko Plus (une boisson à base de vellocet, synthemesc et de drencrom), 28 Years Later: The Bone Temple ressemble en effet parfois et davantage au film culte du cinéaste américain que le Trainspotting de Danny Boyle qui à sa sortie en 1996 était jugé comme son digne descendant. Et il faut avoir le cœur et les tripes bien accrochés lorsque Sir Jimmy Crystal (l'acteur Jack O'Connell) et les membres de sa secte sataniste, tous prénommés comme lui, s'attaque à celles et ceux qui ont le malheur de croiser leur route. À commencer par le jeune Spike (Alfie Williams), qui après avoir grandit en quarantaine dans une communauté auprès de ses parents Jamie et Isla est parti sur le continent. Ritualisant sa présence au sein du groupe formé autour de Sir Lord Jimmy Crystal, le jeune garçon passe un test dans des conditions moralement inimaginables des années en arrière. Retenu prisonnier et frôlant la peine de mort après avoir échoué lors d'une mission requise par le chef du groupe à la suite d'un massacre visuellement ignoble (certains spectateurs devront sans doute penser à aller voir le film accompagné d'un sac à vomi), il est le témoin essentiel d'un monde sans barrières morales. Où tuer est devenu un terrain de jeu dont les adeptes se gaussent à chaque effusion de sang ou lorsque de pauvres innocents se retrouvent suspendus à une poutre, les tripes à l'air ! Le scénario d'Alex Garland pousse le curseur de la violence jusqu'à rendre certains actes bien trop excessifs. En outre, le réalisateur et scénariste, toujours prompt à glisser des sous-entendus, évoque à travers le personnage de Sir Jimmy Crystal, un bien sombre individu connu sous le nom de Jimmy Sévile qui après avoir animé des émissions de télévision pour enfants en Angleterre fut accusé de pédocriminalité mais sans pour autant être condamné jusqu'à sa mort survenue le 29 octobre 2011.


En parallèle aux personnages de Sir Lord Jimmy Crystal et de Spike, l'un des protagonistes principaux de cette séquelle est le docteur Kelson. Véritable icône caractérisée en profondeur et incarnée par l'excellent Ralph Fiennes (ayant notamment interprété le personnage central du formidable Spider de David Cronenberg en 2002) qui apparaît sous les traits de celui qui cherche à honorer les morts à travers, justement, le Temple constitué de crânes qu'il a érigé en leur mémoire. Humaniste à fort potentiel d'excentricité, il est le pendant moderne du docteur Matthew Logan qui dans Le jour des morts-vivants de George Romero et bien avant lui, étudiait le comportement des zombies à des fins scientifiques visant à les ré-humaniser... Ce qui donne lieu, dans le cas de 28 Years Later: The Bone Temple à des séquences on ne peut plus pittoresques lorsque le docteur Kelson communique avec Samson (Chi Lewis-Parry), un impressionnant Alpha qui sous l'emprise d'un mélange de drogues que lui injecte l'ancien médecin semble apaisé et même, Ô miracle, paraît retrouver des bribes du monde passé tel qu'il le connut avant d'être infecté. L'un des points stratégiques du long-métrage se situera ensuite lors de la rencontre entre le docteur Kelson et Sir Lord Jimmy Crystal. Pour la suite, ben, allez voir le film en salle. Bref, contre toute attente, 28 Years Later: The Bone Temple s'avère être une brillante réussite. Un film d'infectés sans presque aucuns de leurs représentants. Il fallait oser. Mais le pari d'Alex Garland et de Nia DaCosta est réussi. Et même si la mise en scène est moins grandiloquente que celle de Danny Boyle, le scénario est suffisamment riche et innovant, les acteurs sont amplement convaincants pour nous faire oublier tout le reste. Au point que l'on regretterait presque de savoir que la troisième partie qui devrait clore la trilogie sera à nouveau réalisée par le britannique...

 

mardi 4 novembre 2025

Abadi Nan Jaya de Kimo Stamboel (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dans la langue ethnique des Minangkabaus originaires des hauts plateaux de la province du Sumatra occidental de l'Indonésie, le titre du dernier long-métrage du réalisateur, scénariste et producteur Kimo Stamboel Abadi Nan Jaya signifie ''Glorieux Éternel''... Mais allez savoir pourquoi, en France et à l'internationale, il a fallut que les distributeurs le traduisent simplement sous celui de L’élixir. Et quand bien même celui-ci fasse effectivement l'objet d'une attention de la part du script développé par le cinéaste et par ses deux scénaristes Agasyah Karim et Khalid Kashogi, il demeure toujours un point d'interrogation quant à l'utilité de sa transformation en un terme brut qui exploite l'idée de la vie éternelle sans pour autant conserver son cachet religieux. En Indonésie, cinq religions sont reconnues. Et parmi elles, l'Islam et le Catholicisme. S'agissant de la ''Gloire de Dieu'' à laquelle semble devoir se référer le titre dans sa langue maternelle, on supposera alors que Kimo Stamboel a choisi de faire preuve d'une féroce ironie si l'on tient compte des effets secondaires qui manifestement n'étaient pas attendus par celles et ceux qui choisirent d'employer le dit élixir. Une substance réservée aux nantis auxquels appartient la famille Sadimin et notamment le père qu'interprète l'acteur Donny Damara. Située sur l'île de Java, l'action se déroule au sein et aux alentours d'une demeure appartenant à ce PDG d'une entreprise vieillissante dont il a confié la charge de ''vendre'' ses qualités au plus offrant à travers une vidéo de promotion. Mais entre-temps, Monsieur Sadimin a reçu dans une minuscule mallette un élixir qui en un temps record (pas même une heure d'attente avant d'en apercevoir les effets) va le voir rajeunir de plusieurs années. Finis les cheveux gris et les rides qu'il avait autour des yeux. Alors que sa fille, son neveu et leur fils débarquent dans sa luxueuse propriété afin de lui présenter leur projet vidéo, celui-ci décide finalement d'abandonner la vente de son entreprise afin de commercialiser l'élixir en question ! Sauf que de nouveaux effets vont rapidement apparaître. En effet, alors que sur son dos une étrange modification de son épiderme commence à apparaître, Monsieur Sadimin commence à ressentir d'atroces démangeaisons.


Première étape d'une transformation en infecté et le début d'une épidémie de cas chez ces futures créatures qui ne peuvent s'empêcher d'attaquer et de mordre jusqu'au sang leurs compatriotes... Et voilà, encore un de plus. Tandis que je découvrais tout récemment le très attrayant Párvulos - Hijos del Apocalipsis du mexicain Isaac Ezban, voici que l'Indonésie s'intéresse de son côté aux mésaventures d'une famille reconstituée et confrontée à une horde particulièrement belliqueuse d'infectés. Alors que dans son ensemble l'Asie n'en est pas à son premier coup d'essai en matière de zombies/infectés, Kimo Stamboel met en scène une famille déchirée. Entre un couple en instance de divorce depuis que le mari a trompé sa femme avec une autre et l'épouse en question, laquelle est fâchée avec sa meilleure amie depuis que celle-ci a épousé son père à la mort de sa mère. Ouh là ! Que tout ceci semble bien compliqué ! Mais en fait, non. Rien de plus simple que ce récit lambda dans lequel un groupe de rescapés va tenter de survivre à des dizaines d'infectés qui quelques heures plus tôt étaient encore des êtres tout à fait normaux. D'une vivacité hors du commun, les créatures bénéficient d'une vélocité parfois étonnante (voir la femme-tronc qui plus tôt a perdu ses jambes et une partie de ses tripes en passant sous les roues d'une voiture et qui désormais se déplace comme si elle avait un moteur de trottinette fixé sur le torse), d'une rage démente et d'un insatiable appétit ! Le cinéma indonésien n'étant jamais avare en matière de gore, le spectateur qui n'est toujours pas lassé de voir des ''créatures'' cavaler devant leurs semblables pour leur arracher à minina un bon gros bout de chair apprécieront les nombreuses effluves de sang ! Après, faudra pas s'attendre à des FX de la teneur de ceux produits par les grands pontes du genre. D'une durée avoisinant les deux heures, le film passe malgré tout à une allure plutôt appréciable. Bref, rien de très original mais de quoi combler une première partie de soirée. Disponible sur Netflix depuis deux jours...

 

lundi 3 novembre 2025

Párvulos : Hijos del Apocalipsis de Isaac Ezban (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Tandis que l'on attendait fermement le retour de la franchise 28 jours plus tard avec la sortie cette année de 28 ans plus tard de Danny Boyle, il était sans doute plus avisé de s'intéresser à Párvulos : Hijos del Apocalipsis du réalisateur, scénariste et producteur mexicain Isaac Ezban. Cinéaste spécialisé dans les domaines de la science-fiction et de l'horreur, il signe avec son dernier long-métrage un énième film portant sur les sujets de la pandémie et des infectés. Et s'il n'est pas le premier à se pencher sur l'histoire de plusieurs membres d'une même famille réfugiés dans la campagne afin d'échapper à la mort, son œuvre demeure sans doute l'une des plus abouties en la matière. Reste que les changements de ton que le mexicain imprime parfois à son Párvulos : Hijos del Apocalipsis laissent planer le doute quant à leur intentionnalité. Le film tourne donc principalement autour de trois frères prénommés Salvator, Oliver et Benjamin, tous trois respectivement interprétés par Farod Escalante, Leonardo Cervantes et Mateo Ortega. Le plus âgé d'entre eux préservant les deux autres de tous dangers, les voilà installés dans la demeure d'une famille qu'ils ont découverte décédée. Ils s'y sont en outre réfugiés avec leurs parents (incarnés par Norma Flores et Horacio F. Lazo). Un couple qui au départ du récit est absent mais dont on devine cependant très rapidement ce qui se trame autour de leur disparition bien avant qu'un twist ne vienne expliquer de manière frontale ce qu'il est advenu d'eux. Dans la cave de la demeure en question vit un ''monstre'' que seuls Salvator et Oliver sont autorisés à approcher. Une créature tapie dans l'ombre et que les deux frères de Benjamin nourrissent alors que la nourriture se fait de plus en plus rare. Objet d'interrogation de la part du spectateur qui voit en cet illogisme le départ d'une révélation tant attendue qu'elle apparaîtra bien moins choquante que prévu ! D'autant plus que ce ''monstre'' qui en réalité sont au nombre de deux donne tout ou partie de son sens au récit. Car si les films d'infectés et autres zombies ont épuisé toutes les ressources du sujet depuis bien longtemps (et c'est pourquoi l'on peut considérer qu'avec 28 ans plus tard, Danny Boyle et son scénariste Alex Garland n'ont absolument rien inventé), l'un des concepts centraux de Párvulos : Hijos del Apocalipsis remet tout en question s'agissant de l'intérêt ou non dans cette veine horrifique qui depuis des années s'est tarie !


La question de la survie étant réglée à travers l'organisation d'une fratrie à la tête de laquelle se trouve Salvator (entre élevage et consommation de vers, chasse aux chiens errants, recherche d'eau potable, etc...) ainsi que celle de la préservation de l'humanité à travers des reliquats du passé (le disque, le film), Isaac Ezban exploite une idée rarement abordée au cinéma même si elle n'est pas tout à fait inédite : car si l'on comprend très vite que les ''monstres'' enfermés dans la cave sont en fait les parents des trois frères, il est étonnant de voir que malgré leur état de délabrement physique, Salvator accepte l'idée émise par son plus jeune frère et selon laquelle un peu d’entraînement pourrait permettre de ''rééduquer'' leurs parents. Aussi absurde que puisse paraître l'hypothèse d'un retour à la normale pour deux êtres décatis qui ne pensent qu'à dévorer leurs prochains et ne font que grogner comme des chiens enragés, bien avant le cinéaste mexicain, George Romero s'était attelé à cette tâche consistant à humaniser et éduquer l'un des zombies du Jour des morts-vivants en 1986. Près de quarante ans plus tard, Isaac Ezban reprend donc le principe en accélérant les répercussions sur ses infectés qui au bout d'un temps qui nous paraîtra logiquement trop court, commencent à produire certains mots ! Bénéficiant d'une très jolie photographie opérée par le directeur de la photographie Rodrigo Sandoval, l'image du film est d'une dominante de noir, de blancs et de gris à peine troublés par l'intervention de rouges qui rappellent sans cesse le monde éminemment dangereux dans lequel vivent nos jeunes héros. Concernant les (involontaires) changements de ton, peut-être est-ce intentionnel mais certaines interventions de celle que les trois frères appellent Mama (la mère) se révèlent parfois extrêmement drôles alors qu'à l'origine ces séquences tendaient probablement à l'effroi ! Un ''raté'' qui donne parfois au long-métrage l'allure d'une parodie de film d'infectés, avec ces parents ''zombifiés'' qui ressemblent à des ersatz de Marilyn Manson et dont certaines séquences (dont celle du réveillon de Noël demeure la plus emblématique) ont l'air de clips vidéos spécialement conçus pour ce célèbre rockeur américain ! Mais au final, Párvulos : Hijos del Apocalipsis demeure l'une des meilleures alternative au genre que le film aborde, offrant un dernier acte... apocalyptique, à la religion délirante et à la violence outrée...

 

lundi 25 août 2025

Ziam de Kulp Kaljareuk (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Encore et encore on nous ressort la même recette, sans une once d'imagination, sans la moindre originalité. Si en découvrant hier les deux premiers épisodes de la série Alien : Earth je m'étais fait la réflexion que j'avais sans doute vu assez d’œuvre portées sur le sujet pour que ceux-ci n'apportent finalement pas grand chose de plus à ma fascination pour le xénomorphe et pour cet univers horrifico-fantastique, cela n'était rien en regard du spectacle offert par le troisième et dernier long-métrage du réalisateur thaïlandais Kulp Kaljareuk, Ziam. Un titre qui tire son origine dans le nom historique de la Thaïlande et auquel le réalisateur a remplacé la majuscule par un Z pour faire comprendre à ceux qui ne l'auraient pas encore compris qu'il s'agit d'un film de zombies ! Enfin... des zombies qui ont plutôt l'air d'infectés à dire vrai. Car ici, ils ne sortent pas de leur tombe, ne marchent pas avec lenteur mais se relèvent quelques secondes après avoir été mordus et tués par des hommes et des femmes atteints par un virus particulièrement virulent qui transforme la population en créatures assoiffées de sang et de violence. Ouais, rien de vraiment original si ce n'est que Kulp Kaljareuk a voulu mixer l'horreur de cette situation située dans un univers dystopique et post-apocalyptique a des combats de Muay-Thaï. Une discipline sportive propre à la Thaïlande qui fut notamment exploitée au cinéma dans quelques longs-métrages dont le très apprécié des amateurs de Jean-Claude Van Damme, Kickboxer de Mark DiSalle et David Worth en 1989... Ici, le récit tourne essentiellement autour de deux personnages. Singh, qu'incarne l'acteur Prin Suparat, est un ancien combattant spécialisé dans le Muay-Thaï que l'on découvre tout d'abord lors d'une mission qui tourne au massacre. À cette occasion, le spectateur découvrira des combats au corps à corps très décevants. Un montage ultra-cut et des choix de plans qui rendent le tout relativement brouillon. Cette spécificité du film rendant ainsi les combats totalement caduques. Ensuite, les observateurs, ou du moins ceux qui connaissent bien Banlieue 13 de Pierre Morel se souviennent probablement de la mémorable séquence lors de laquelle le personnage de Leito ''saucissonnait'' littéralement le géant ''Yéti''.


Le réalisateur thaïlandais reproduit peu ou prou la scène dans son film même si en comparaison, celle-ci semble bien moins convaincante. Alors qu'une épidémie semble s'étendre dans la région, Singh prend la décision de partir à la recherche de sa petite amie. Rin (l'actrice Nuttanicha Dungwattanawanich) travaille comme médecin dans un hôpital et va être elle-même confrontée à une vague d'infectés au sein même de l'établissement. Intervient alors un personnage secondaire en la personne de Buddy (Wanvayla Boonnithipaisit), un enfant dont la mère perdra la vie et que notre couple de héros prendra en charge. Le gamin, comme tout le reste à vrai dire, est tout à fait caricatural. Prototype même du personnage enfantin qui évolue dans on ne sait combien de films d'horreur, on s'amuserait presque de le voir affublé de crises d'asthme si ce n'était pas en réalité tout à fait pathétique. Le réalisateur ainsi que Vathanyu Ingkawiwat et Nut Nualpang s'y sont donc mis à trois pour nous pondre un scénario dénué de toute originalité et dont la puérilité déclenche moins ce côté touchant que pourrait arborer le récit qu'un ennui profond à force de découvrir une succession de séquences déjà vues mille fois auparavant. Le scénario enferme ses personnages dans l’hôpital durant la quasi totalité du récit tandis que nos personnages assistent à des vagues d'infectés dont les assauts sont répétitifs. Bref, rien d'original ! Notons que Kulp Kaljareuk a fait le choix de ne pas faire intervenir le moindre effet-spécial numérique et que toutes les scènes d'horreur ont été conçues à l'aide de maquillages. Ce qui, à première vue, n’apparaît malheureusement pas à l'image comme une évidence. Pourtant bourré d'énergie, filant à cent à l'heure, mélangeant horreur et combats au corps à corps, Ziam n'est pas franchement terrible. Trop de films portant sur le sujet sont sortis depuis ces deux dernières décennies et renouveler le genre en la matière est devenu désormais quasiment mission impossible...

 

lundi 30 juin 2025

28 ans plus tard de Danny Boyle (2025) - ★★★★☆☆☆☆☆☆




J'allais écrire qu'avec un peu de chance, le prochain volet de la franchise s'appellerait 28 siècles plus tard et que ma nature physiologique d'être humain m'interdirait très probablement de le découvrir lors de sa sortie dans deux-mille huit cent ans. Mais non. La suite directe de 28 ans plus tard est déjà prévue pour le 14 janvier 2026 sous le titre provisoire de 28 Years Later: The Bone Temple. Réalisé cette fois-ci par Nia DaCosta mais malheureusement toujours écrit par Alex Garland, ce dernier possède l’indéniable faculté de pourrir pratiquement tout ce qu'il touche. Ses entreprises n'étant cependant pas toutes à mettre à la poubelle, il fut notamment le scénariste de 28 jours plus tard de Danny Boyle et le réalisateur du très correct Ex Machina en 2014. Mais aussi, malheureusement, celui du navrant Annihilation et du très opportuniste Men à travers son message pro #MeToo. Alex Garland est donc une fois de plus à l'écriture du script de ce troisième long-métrage de la franchise qui ne respecte pas tout à fait notre temporalité puisque vingt-trois années seulement le séparent de l'entrée en matière produite et réalisée en 2002. Que dire sinon qu'il y a tromperie sur la marchandise. Et plutôt que d'avoir la prétention de donner une vision très avancée de ce qui se produit généralement dans ce genre de film, son auteur aurait sans doute été plus avisé s'ils avaient appelé leur long-métrage 28 ans de retard ! Attendu pratiquement comme le messie par les fans de l'original et même par ceux de la suite 28 semaines plus tard, le dernier long-métrage du réalisateur britannique est sinon un ratage total, du moins très en deçà de ce que certains attendaient de l'auteur d'excellentes productions accouchées presque à la fin du siècle dernier. Et c'est votre serviteur qui vous le dit. N'étant pas vraiment en osmose avec le cinéma ''Boylien'', il n'y eu guère que le génial Petits meurtres entre amis de 1994, le sympathique mais surcoté Trainspotting de 1996 (jugé par certains à l'époque comme le Orange mécanique des années quatre-vingt dix) ou l'excellente œuvre de science-fiction Sunshine tournée quant à elle en 2005 pour me séduire. Pour le reste, entre ce qui ne m'attira jamais vraiment (La plage en 2000, Slumdog Millionaire en 2008) et ce qui m'ennuya profondément (127 heures, telle est la durée que me sembla d'ailleurs être celle de ce film), je n'ai donc aucune forme d'attirance pour le cinéma du britannique originaire de Radcliffe, en Angleterre ! 28 ans plus tard se divise en deux parties (si l'on met de côté la courte introduction).


La première introduit Jamie (Aaron Taylo-Johnson) et son fils Spike (Alfie) avec lequel il va sortir des limites du camp où ils sont installés avec l'épouse du premier et donc la mère du second. Arrivé à l'âge de s'affirmer en tant qu'homme, Spike accompagne son père jusqu'au continent que rallie leur île uniquement rattachée à marée basse. Armés tous deux d'un arc, ils vont rencontrer diverses formes d'infectés avant de revenir ''triomphalement'' jusqu'à la communauté. La seconde partie tourne ensuite toujours autour de Spike mais aussi, celle fois-ci, de sa mère Isla (Jodie Comer). Souffrant d'une maladie grave, le garçon à peine âgé de quatorze ans quitte le camp et l’emmène jusqu'au continent afin de trouver un médecin qui pourra la guérir. Vous voulez connaître en détail le scénario ? Et bien sachez qu'il ne tient qu'à travers les quelques phrases que vous venez tout juste de lire. Du point de vue de l'écriture, 28 ans plus tard est un désastre. Aucune sorte d'enjeu n'est à attendre de la part du récit et de ses personnages. Pas la moindre péripétie qui sortirait le genre ''film d'infectés'' de sa zone de confort. C'est plat et n'est même pas sauvé par des décors en revanche magnifiques mais donnant parfois l'impression d'avoir été créés numériquement à partir du principal fond d'écran de Windows XP. L'imagination est aux abonnés absents. Et si vous rêvez d'un formidable récit tournant autour de la quête d'un enfant pour la survie de sa mère très malade, ne vous donnez pas la peine de vous rendre au cinéma et préférez par exemple vous réfugier entre les pages du superbe Talisman des territoires qu'écrivirent ensemble les écrivains américains Stephen King et Peter Straub avant de le faire publier pour la première fois en 1984. Au beau milieu de séquences tellement improbables qu'elles en deviennent ridicules (l'escouade armée jusqu'aux dents incapables de buter collectivement une poignée de créatures, la séquence de l’infecté accouchant d'un bébé qui va se révéler n'être pas contaminé !!!), les infectés de 28 ans plus tard apparaissent davantage comme des néandertaliens que comme des hommes et des femmes ayant été les victimes d'un virus extrêmement agressif. Au mieux l'on appréciera le Sound Design mais pour le reste, le film de Danny Boyle demeure d'une vacuité à peine croyable.Tant et si bien qu'avec sa longue barbe et ses longs cheveux luisants de sébum, Aaron Taylor-Johnson/Jamie apparaît comme un pitoyable ersatz d'Andrew Lincoln/Rick Grimes de la série The Walking Dead. Faisant par extension de Alfie Williams/Spike, l'alter ego du jeune Chandler Riggs/Carl Grimes...


mardi 17 octobre 2023

Day Zero de Joey De Guzman (2023) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Encore un nouveau film de zombies ? Non, d'infectés. Et pour celles et ceux qui n'ont toujours pas compris la différence entre les deux, et bien... tant pis pour eux, ils n'avaient qu'à être plus attentifs. Maintenant, pour ceux qui aiment les cadavres malodorants et décharnés qui déambulent dans les cimetières après être sortis de leur tombe, il faudra prendre rendez-vous pour une prochaine fois car Day Zero ne rend pas hommage à ces valeureuses et ancestrales créatures qui perdent parfois sur le chemin un petit bout de chair défraîchie mais à leurs principaux concurrents : les infectés ! Ces hommes et ces femmes généralement contaminés par un virus dont rares sont les scénaristes et les réalisateurs qui se donnent la peine d'évoquer les origines. Provenant des Philippines (d'Indonésie ou de Thaïlande, on s'en tape), le dernier long-métrage de Joey De Guzman se déroule entre une prison asiatique dont les pensionnaires ne profitent pas des largesses hexagonales (pas d'internet, de weed, de terrain de foot, etc...), où l'on retrouve le prisonnier Emon incarné par l'acteur Brandon Vera et un immeuble tout sauf cossu où vivent son épouse Sheryl (l'actrice Mary Jean Lastimosa) et leur fille Jane (Freya Fury Montierro). Au regard de la physionomie et du regard autre que ''plein d'intelligence'' de Brandon Vera, on sent bien que la prose n'est pas la principale qualité du long-métrage. Écrit par Ays De Guzman (dont je n'ai aucune idée du lien de parenté avec le réalisateur), le script de Day Zero repose sur une face, une seule, de papier à cigarette qui aurait été au préalable pliée en quatre. Autant dire que sous le crâne du spectateur, ça ne risque pas franchement de chauffer ! Avec sa bande-annonce nerveuse, sa sympathique affiche et ses origines asiatiques, on s'attend à une version zombiesque de The Raid ou tout autre type de film du genre. Bref, de quoi contenter les amateurs d'action et de cinéma d'horreur et d'épouvante. Que nenni les amis car si Day Zero n'est pas un exemple parmi tant d'autres de long-métrage piteusement calqué sur les pires engeances du genre, il va malgré tout de même falloir chercher très profondément au cœur du script, la mise en scène et l'interprétation pour trouver ce qui le différencie du tout venant. Personnellement, j'ai très vite abandonné l'idée d'y dénicher de neuves et belles innovations. Voir un type dont les bras font le tour de ma taille dézinguer à tours de bras des dizaines de type en furie avait de quoi remplir un peu moins de quatre-vingt dix minutes d'une journée sans intérêt.


Et pourtant, si le supplice ne fut pas à la hauteur des centaine de purges que ma passion dévorante me contraignit à regarder durant les trente ou quarante dernières années, le plaisir, même le plus infime, ne fut pas au rendez-vous. Déjà, avec sa tronche façon ''tête vide et bras bien remplis'', Brandon Vera passe difficilement le cap du protagoniste attachant. Je sais pas vous, mais de mon point de vue personnel le bonhomme n'a pas tout à fait le capital sympathie d'un Dwayne Johnson ! À le voir l'on a l'impression d'un demeuré inexpressif dont les larmes (probablement) de synthèse revendiquent une certaines superficialité. Copiant tout en malmenant le concept du héros partant à la rescousse de celles qu'il aime, Day Zero est sans doute l'un des plus désastreux exemples d'hybride entre film de prison et film d'infectés. Joey De Guzman partage l'action entre un immeuble, celui où vit donc la petite famille du taulard et l'établissement pénitentiaire où s'affrontent dans des luttes intestines les prisonniers. Père d'une gamine muette qu'il n'a pas encore eu la chance de connaître, Emon a pris sous son aile Timoy (Pepe Herrera) dont le seul atout est d'apprendre à son protecteur le langage des signes. Alors que l'immeuble où vivent Sheryl et leur fille est subitement assiégé par une horde d'infectés, le chef principal de la prison prend brusquement la décision de faire libérer les détenus. Emon et Timoy se lance alors dans un long et douloureux périple qui les mèneront jusqu'à l'immeuble en question. Un long et douloureux périple, ouais, tu parles. Au bout de cinq minutes, voilà que les deux taulards se retrouvent à destination. À croire que l'un des murs d'enceinte de la prison est directement collé à l'immeuble. Quand à la recherche de son épouse et de sa fille, Emon ne mettra pas davantage de temps pour les retrouver. S'agissant des combats, là encore l'on frise le ridicule. Les chorégraphies sont maladroites et répétitives. Tout comme les assauts des infectés, chaque coup porté par nos héros armés de bâtons est effectué avec un tel luxe de retenue que là encore on n'y croit absolument pas. Côté émotion, c'est le calme plat. L'incapacité crasse de Brandon Vera d'en exprimer la moindre parcelle finit de noircir un tableau déjà très peu reluisant. Certains y trouveront sans doute leur compte. Perso, qu'est-ce que j'ai pu me faire ch... Le tout dernier plan avant que le fondu au noir ne précède le générique de fin ne parvient même pas à sauver le film du naufrage absolu. Il s'agit pourtant là de l'un des plus beaux, saisissant et dramatique que le genre ''infectés'' nous ait offert depuis très longtemps...

 

mardi 5 septembre 2023

Zom 100 Bucket List of the Dead de Yusuke Ishida (2023) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Si vous souffrez d'insomnies et que vous ne parvenez pas à dormir depuis plusieurs jours, il va falloir penser à quelque chose d'un peu plus puissant que de simples somnifères. Et ce miraculeux élixir qui va vous permettre de très rapidement vous endormir s'appelle Zom 100 Bucket List of the Dead. Son concepteur, qui n'a pourtant pas officié dans un laboratoire scientifique afin de le concevoir, se nomme Yusuke Ishida. L'homme est parti d'une formule créée par Haro Aso et Kotaro Takata en 2018 sous le nom de Zon 100 ~ Zonbi ni Naru made ni Shitai 100 no Koto. Bref, et pour être plus sérieux, un manga dont Zom 100 Bucket List of the Dead est donc l'adaptation. Produit par ROBOT, Plus One Entertainment et Akira Morii, le film est l'un des derniers représentants en matière de film d'horreur centré autour du thème des zombies. Ou plutôt des infectés puisque l'attitude de ceux-ci ainsi que l'origine de la contamination semblent plutôt verser dans cette alternative à l'une des plus grandes figures du cinéma d'épouvante. Théoriquement, lorsque l'on est un fan assidu de ce genre de production, quel que soit son pays d'origine, apprendre qu'un nouveau long-métrage est disponible à la projection est généralement une bonne nouvelle. Surtout qu'ici, en terme de durée, Zom 100 Bucket List of the Dead dépasse de presque dix minutes les deux heures ! De quoi s'en mettre plein les mirettes. Sauf que l'on déchante assez rapidement. D'origine japonaise, le film se veut décalé, bourré d'humour et de séquences totalement absurdes. Pourquoi pas puisque le Pays du Soleil Levant avait notamment osé nous proposer il y a de cela douze ans en arrière, l'improbable mais très réjouissant Zombies Ass : Toilet of the Dead (Zonbi Asu) de Noboru Iguchi et ses morts-vivants pétomanes !!! Malheureusement, dans le cas de l’œuvre signée de Yusuke Ishida, ça ne fonctionne pas au delà des trois ou quatre premières minutes. À commencer par la durée du film. Le réalisateur japonais n'a semble-t-il pas réussi à gérer le boulevard que représentent les cent-trente minute et l'on s'ennuie assez rapidement. Le film, dont le scénario a été écrit par Tatsuro Mishima, tourne en rond. Ça n'est pas tant le fait que le film parte en vrille en permanence mais l'absence de réelle imagination de la part de ses auteurs qui prennent pourtant comme source d'inspiration le manga de Haro Aso et Kotaro Takata.



Le réalisateur traite son sujet sur un ton humoristique qu'on ne lui reprochera pas... de base. Avant lui, d'autres s'y sont essayés avec davantage de succès comme les classiques Shaun of the Dead du britannique Edgar Wright ou Scouts Guide to the Zombie Apocalypse de l'américain Christopher Landon, le fils de l'illustre Michael Landon de la série culte, La petite maison dans la prairie. À la réflexion, le japonais verse dans un attentisme à la The Dead Don’t Die, la purge signée de Jim Jarmusch que les fans attendaient fébrilement avant sa sortie puisqu'on leur avait promis un bel hommage au cinéma de George Romero ! Si Zom 100 Bucket List of the Dead n'est tout de même pas aussi ennuyeux que le film de l'auteur du remarquable Ghost Dog : La Voie du samouraï en 1999, il va par contre s'avérer hautement improbable de pouvoir garder les yeux ouverts jusqu'à son terme. À titre personnel, la projection débuta en début de soirée pour se terminer vers quatre heures trente ce matin. Contraint de ''rembobiner'' le film à plusieurs reprises afin d'assister aux séquences auxquelles mon attention avait échappé. Verdict : le film est SURTOUT, un très puissant sédatif qui vous aidera à très rapidement vous endormir. Ensuite, il va falloir évoquer le cas Eiji Akaso. Ce jeune acteur incarne ici le personnage d'Akira Tendo, jeune employé d'une entreprise qu'il vient d'intégrer et dont le supérieur hiérarchique le noie sous des montagnes de tâches subalternes. Lorsqu'il découvre un jour en se rendant au travail que le pays est l'objet d'une invasion de zombies, Akira n'en croit pas ses yeux. Exprimant sa joie de ne plus être contraint d'aller travailler, le jeune homme va déambuler en ville et faire plusieurs rencontres. Les partenaires de l'acteur son jolies, certes. Les décors urbains d'un Tokyo envahi par des zombies sont plutôt convaincants, c'est vrai. Mais la simple évocation du personnage d'Akira suffit à donner des boutons. Son interprète en fait des tonnes, surjoue, crie à s'en arracher les cordes vocales et à nous donner des maux de tête. Et comme si cela ne suffisait pas, le film, plus qu'une comédie horrifique, est une véritable playlist de variété japonaise. La bande musicale est souvent assourdissante et provoque un inconfort total. Cherchant ainsi à donner superficiellement du rythme à une œuvre qui en manque cruellement. Zom 100 Bucket List of the Dead, c'est quelques séquences timidement gore pour beaucoup de bruit pour rien !

 

vendredi 11 août 2023

Resident Evil: Death Island de Eiichirō Hasumi (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dernier long-métrage en date consacré à l'univers de l'une des franchises de jeux vidéos les plus célèbres, Resident Evil: Death Island de Eiichirō Hasumi est un film d'animation. Le cinquième du genre après le court-métrage Biohazard 4D-Executer de Koichi Ohata en 2000, Resident Evil: Degeneration et Resident Evil: Damnation de Makoto Kamiya en 2008 et 2012 ainsi que Resident Evil: Vendetta de Takanori Tsujimoto en 2017. Sans doute moins connus que les œuvres tournées en live action et mettant majoritairement en scène l'actrice ukrainienne Milla Jovovich dans le rôle d'Alice, le dernier en date risque d'inverser la tendance tant son auteur semble s'être investit dans son projet. Première chose remarquable : la qualité des images de synthèse. Nous sommes beaucoup plus proche du style qu'imposent certaines sociétés de développement de jeux vidéos japonaises en matière de cinématiques que les américains de chez Pixar ou DreamWorks. Bon, en même temps, ça n'est pas un spécialiste de la chose qui vous dit ça. Mais force est de reconnaître que la patte Capcom imprime littéralement l’œuvre de Eiichirō Hasumi ! Produit par Kadokawa Corporation et la société américaine Sony Pictures Entertainment, Resident Evil: Death Island réunit plusieurs des illustres personnages de la franchise de jeux vidéos originelle principalement issus des deux premiers volets, Resident Evil 1 (1996) & Resident Evil 2 (1998). Rebecca Chambers, Jill Valentine, Chris Redfield retrouvent donc dans ce dernier projet, Claire Redfield (la sœur de ce dernier) ainsi que Leon S. Kennedy. Mis à disposition du public français le 25 juillet dernier, Resident Evil: Death Island propose une intrigue relativement classique. Une histoire de vengeance prenant tout d'abord pour lieu et temps d'action le Racoon City d'il y a quelques années. Dylan Blake et une dizaine d'autres membres d'une unité furent chargés de mettre à l'abri des cadres supérieurs d'Umbrella et plusieurs représentants du gouvernement. Malheureusement, l'unité y fut quasiment anéantie lors d'une attaque perpétrée par des individus atteints par le Virus T...


Virus qui, rappelons-le, est l'une des souches du virus Progenitor, lequel était conçu à l'origine afin de recombiner certains gènes et ainsi permettre de démultiplier les capacités physiques de tel ou tel hôte. Avec, bien entendu, les effets secondaires désastreux que l'on connaît : mutations diverses et autres joyeusetés. Seul survivant, Dylan va déployer une rancœur après avoir été contraint de tuer son meilleur ami lors de l'assaut. Nous sommes désormais en 2015 et l'homme est désormais à la tête d'un projet visant à éradiquer l'espèce humaine à l'aide du virus injecté par la voix de bio-drones ! Seront lancés sur ses traces, Jill Valentine, Chris Redfield, sa sœur Claire ainsi que Leon S. Kennedy... On l'aura compris, ici, il s'agit tout d'abord d'une histoire de vengeance. L'intrigue se déroulant en 2015, elle se situe après celle de Resident Evil: Vendetta mais s'intègre entre les deux volets du jeu vidéo Resident Evil 6 et Resident Evil 7: Biohazard. Si la coutume veut généralement qu'un manga inspire son adaptation sur grand écran, s'agissant de Resident Evil: Death Island l'opération est inversée puisque ça n'est qu'après la création du long-métrage que fut annoncée la sortie d'un manga sous forme mensuelle sur Comic Hu des multiples sociétés réunies sous le nom de Kadokawa Corporation. Si les images de synthèse rendent de manière générale les personnages et le contexte crédibles, les animations demeurent parfois perfectibles. Certains déplacements ou attitudes de personnages primaires ou secondaires délimitent très clairement la frontière qui sépare le film d'animation d'un long-métrage interprété par de véritables acteurs si le soucis du détail avait été poussé jusque dans ses derniers retranchements. De menus détails pour une oeuvre qui fait objectivement le taf. Une grande partie se déroulant sur l'île où se situe la célèbre prison d'Alcatraz, nous avons droit à quelques séquences angoissantes. Comme le passage où Jill et Léon traversent les égouts et affrontent quelques spécimens de Lickers! Quelques idées de mise en scène sont plutôt séduisantes, tout comme les combats au corps à corps même si là encore, les animations ne sont pas au top. Si quelques ventres mous viennent ternir l'ensemble, le final, grandiose, vaut carrément le coup d'oeil. Bref, Resident Evil: Death Island est une excellente surprise qui ravira les fans... et les autres...

 

jeudi 9 février 2023

Gangnam Zombie de Soo Sung Lee (2023) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Depuis la sortie en 2016 de Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho, les zombies et plus spécifiquement les infectés connaissent un engouement en Corée du sud. Entres séries et longs-métrages, il y a à boire et à manger. Du même réalisateur nous avons pu découvrir depuis, la préquelle Seoul Station et la suite Peninsula. D'autres cinéastes se sont engouffrés dans la brèche parmi lesquels le réalisateur Soo Sung Lee dont Gangnam Zombie est le dixième long-métrage. Débutant par un flash-forward situant son action entre les murs d'un immeuble, nous découvrons d'emblée les deux héros incarnés par les acteurs Il-Joo Ji et Ji-Yeon Park. Lors de cette séquence, Hyeon-seok et Min-jeong tentent d'échapper à une horde d'infectés affamés dans les couloirs d'un immeuble dont la propriétaire se montre particulièrement tyrannique envers les mauvais payeurs. Hyeon-seok et Min-jeong travaillent pour une chaîne Youtube mais connaissent de très grosses difficultés financières dues à une insuffisante popularité. Lorsque survient la présence d'un individu à Gangnam dont l'attitude s'avère inquiétante, le chef de projet décide de tout mettre en œuvre pour retrouver l'homme en question et le filmer afin d'attirer un maximum de public sur leur chaîne. Choi Sung-min n'auront cependant pas besoin d'aller bien loin pour mettre la main dessus puisque celui-ci viendra bientôt infecter le personnel des différentes entreprises qui travaillent dans l'immeuble où est installée l'entreprise de nos héros...


Autant le dire tout de suite, Gangnam Zombie ne fera pas d'ombre aux grands classiques du genre. Dès le départ, on sent bien que le film de Yeon Sang-ho va manquer d'ampleur. Une impression qui va lentement mais sûrement s'installer dans ce récit linéaire qui ne fait appel à aucune situation inédite. Débutant sa carrière en 2012 avec Jeonmangjongeun Jib et la poursuivant l'année suivante avec Yeonaeui Gisul, l'empreinte romantique de ses débuts insuffle à l’œuvre du réalisateur sud-coréen cette même volonté de créer une bluette entre ses deux principaux protagonistes. L'un cherchant l'autre sans obtenir la moindre faveur, cette dernière est en outre lourdement approchée par leur patron. Un poltron qui aura pour coutume de se cacher derrière ses employés lors d'incessants assauts de la part des infectés. D'une manière générale, Gangnam Zombie sent le réchauffé en appliquant de manière poussive tous les ingrédients d'un bon film d'infectés tout en manœuvrant de manière fort maladroite. Le dernier long-métrage de Soo Sung Lee semble avoir bénéficié d'un budget inconfortable ne lui permettant pas de repousser les limites d'un genre dont Dernier train pour Busan représente sans doute encore l'un des plus brillants représentants. À moins que Soo Sung Lee n'ait simplement choisi ce contexte que mieux nous raconter sa romance fadasse sous l'angle de l'humour noir. Un humour qui parvient avec grande peine à convaincre...


Scénaristiquement parlant, Gangnam Zombie se fiche à peu près de toute cohérence. En effet, après la séquence d'introduction, nous découvrons deux individus cherchant à dérober des biens enfermés dans des containers. L'un d'eux se fait alors griffer par un chat avant de se transformer en infecté.... Lorsque l'on vous dit qu'il faut surtout prendre des précautions lorsque vous êtes griffé par l'une de ces charmantes bêtes à poils ronronnantes, hein !!! Ici l'on résumera sois-même la chose à une forme de Bartonellose aggravée puisque le réalisateur ne nous donnera aucune information sur les raisons de cette transmission entre le chat et l'homme. Si quelques scènes se montrent plus ou moins amusantes et si Jo Kyoung-Hoon (dans le rôle du patient zéro) a franchement une gueule inquiétante, les différentes séquences de Gangnam Zombie s'avèrent malheureusement insignifiantes. Question horreur, les amateurs demeureront sur leur faim. Plus minimalistes que partout ailleurs, les morsures ne sont jamais explicitement montrées à l'image et le sang ne perle qu'au bout des lèvres des nouveaux infectés. Quant au combat qui s'engage ensuite entre Hyeon-seok (spécialiste de taekwondo) et les infectés, les différentes séquences se montrent là, pour le coup, involontairement drôles voire pathétiques. Le spectateur aura régulièrement l'impression d'assister à une bataille d'enfants plongés dans une piscine combattant à l'aide de bâtons de natation !!! Bref, à moins de n'avoir rien de mieux à faire de sa journée ou d'être un fan compulsif de films d'horreur section ''zombies'' ou ''infectés'', inutile de perdre son temps devant Gangnam Zombie...

 

lundi 7 novembre 2022

Emesis el Amor Mata (Pussy Cake) de Pablo Parés (2021) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Screambox est un service de streaming consacré au cinéma d'horreur et propose donc des œuvres dont la vocation première est de satisfaire les appétits des amateurs de cinéma horrifique. Alors que la plateforme a récemment proposé la diffusion de Terrifier 2 pour la fête d'Halloween, on peut notamment y découvrir un film d'origine argentine assez peu courant puisque l'on y voit les membres d'un groupe de musique pop féminin confronté à des créatures qui ont de près ou de loin à voir avec des infectés, des morts-vivants ou autres zombies. Sorti sous le titre original Emesis el Amor Mata (qui signifie Vomissements, l'amour tue) et à l'international sous celui de Pussy Cake (ou, Gâteau de chatte), l'un comme l'autre donnent une idée assez précise du contenu de l’œuvre et se complètent même étroitement puisqu'il est en effet question de créatures vomissant de grandes quantités d'un liquide blanchâtre et de personnages presque exclusivement féminins. Quatre musiciennes dont deux au moins sont lesbiennes, ce qui donne au titre anglais une évidente connotation sexuelle. Rejoignant d'autres pays de l'Amérique Latine dans le grand baquet de sang de l'horreur et de l'épouvante, l'Argentine et le réalisateur Pablo Parés proposent aux amateurs l'un des derniers dérivés d'une vague longue de centaines de films sur le sujet des infectés. Plus proches de ces derniers que des zombies qui eux doivent en tout état de cause et comme le veut logiquement la tradition, garder la vitesse de croisière d'une bande de vieux en déambulateurs, les infectés de Emesis el Amor Mata galopent et bavent jusqu'à n'en plus pouvoir. Des réserves d'une salive ô combien répugnante, entre mucus abondant giclant sous les mouvements de têtes et slime s'écoulant en permanence d'orifices buccaux. Le long-métrage met donc en scène Elle, Sara, Juli et Sofi Cake qui après avoir donné un concert sont sur la route lorsqu'elle ont un léger accident les contraignant à quitter leur véhicule pour rejoindre la petite ville où vit Simon, le compagnon de l'une d'entre elles. Un punk qui comme la plupart des habitants du coin s'est mué en une créature bruyante et vorace à la recherche d'une gorge à saigner et d'une bouche à l'intérieur de laquelle vomir...


Ouais, tout ceci ne semble pas vraiment très fin. Et d'ailleurs, le réalisateur argentin ne s'en cache pas puisque avec une tel titre, c'est sans ambages qu'il nous annonce d'avance que son film sera non seulement très gore mais aussi et surtout, très ''baveux'' ! Emesis el Amor Mata se rapproche du contexte du tout premier long-métrage gore que réalisa le néo-zélandais Peter Jackson il y a plus de trente-cinq ans : Bad Taste et ses envahisseurs venus d'une autre planète qui avaient bien avant les infectés de Emesis el Amor Mata, envahi et vidé une petite ville de ses habitants. Sauf que voilà, trente-sept ans ont passé. Et le génie du néo-zélandais ne se retrouve jamais vraiment dans l’œuvre de l'argentin. Car bien que Pablo Parès tente de tout miser sur le rythme fou de la mise en scène, l'implication débordante d'énergie de Macarena Suárez, Aldana Ruberto, Sofia Rossi ou d'Anahí Politi, les séquences gore et certains délires visuels de plus ou moins bon goût, la sauce ne prend pas vraiment. La faute à un rythme qui justement paraît beaucoup trop artificiel. Durant un peu plus de quatre-vingt minutes, le film ne fait que répéter inlassablement les mêmes séquences tout en usant de ce subterfuge vieux comme le monde qui consiste à séparer d'emblée les personnages pour rendre les situations les plus périlleuses et angoissantes qui soient. Quant aux séquences gore, si l'on compte bien, elles ne sont pas si nombreuses qu'espéré puisque la majeure partie des effusions ne sont pas celle d'un sang écarlate mais d'une production salivaire très importante. Des effets qui s'avèrent donc faciles à mettre en œuvre et qui ne feront malheureusement illusion que la première fois que les spectateurs verront un infecté vomir à la face de l'une des héroïnes. C'est d'autant plus dommage que l'ouverture du récit semblait devoir emporter ses personnages vers un récit mêlant science-fiction et multivers. Un prétexte ne servant que de base mensongère pour diriger le récit vers tout autre chose. Sans être pénible à regarder, Emesis el Amor Mata n'en est pas moins décevant et en réalité beaucoup moins trash et mordant que ne veut le faire croire le titre original et sa ''traduction'' anglaise...

 

jeudi 14 juillet 2022

Army of the Dead de Zack Snyder (2021) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Il fait (trop) chaud, il fait (trop) beau et dans ces cas là, impossible de garder une posture plus de cinq minutes sans en changer. Cinq sens et même pas capable de léviter pour éviter tout contact avec n'importe quelle surface. Sept millions d'années d'évolution pour ne pas avoir encore trouvé la solution radicale contre les grandes chaleurs. Bon ! Vu que j'ai pas envie de me lever les fesses toutes les quatre-vingt dix minutes pour changer de média, ce soir et la nuit prochaine seront chargés en films dont la durée minimum devra avoisiner les cent-cinquante minutes. Pour commencer, Army of the Dead de Zack Snyder. Le genre de réalisateur qui en général me rebute au plus haut point. Même son remake de Dawn of the Dead de George Romero n'était pas parvenu à me convaincre en 2004. Parce qu'un zombie, ça ne court pas mon p'tit bonhomme. Au mieux, ça déambule comme un somnambule sous l'emprise de l'alcool. Pas fan de super-héros, j'ai vite fait le tour de sa filmographie et n'aie même pas jeté un œil désintéressé à sa Snyder Cut de Justice Ligue. C''est donc avec d'infinies précautions que je me suis lancé dans l'aventure Army of the Dead. Cette exclusivité Netflix mise à disposition l'année dernière. Télécommande en main, prêt à dégainer à la première occasion et à arrêter le massacre, j'ai pourtant décidé de faire l'effort d'aller jusqu'au bout. Deux-heures et vingt-huit minutes de long-métrage, voilà ce qui m'attend. Nombreux sont ceux qui ont déjà découvert le film. Lesquels s'étaient sûrement rués dessus le jour de sa sortie, le 21 mai 2021. Un événement. Comme aurait dû l'être aussi la séquelle (officielle?) de Massacre à la Tronçonneuse réalisée en 2020 par David Blue Garcia et proposée sur la célèbre plate-forme dès le 18 février dernier. Dans un cas comme dans l'autre, c'est la déception qui va alors primer. Surtout pour le second à vrai dire puisque du film de Zack Snyder, je n'attendais en réalité pas grand chose. C'est drôle car dans mon esprit, j'avais déjà pondu un article sur le sujet. Mais j'ai eu beau chercher un peu partout dans l'incroyable bordel que représente mon fatras de documents ODT parsemés sur mes différents DD, nulle trace d'un quelconque avis sur la chose...


Et pourtant, je me souviens qu'à l'époque, j'avais comme sans doute beaucoup d'abonnés à Netflix, réservé ma soirée pour regarder le film d'horreur fleuve de Zack Snyder. J'en avais même gardé un souvenir ému... par l'amertume... Il faut dire qu'à redécouvrir Army of the Dead aujourd'hui et à réaliser combien la plupart des séquences s'étaient effacées de ma mémoire, le film m'apparaît encore plus mauvais que la première impression qu'il m'avait laissée. D'une prétention sans égale et d'un maniérisme qui donne la nausée, le film de Zack Snyder ressemble en fait davantage à une longue, très longue, trop longue cinématique de jeu vidéo qu'à un véritable film d'horreur. Je me demande ce qu'aurait pensé George Romero de cette purge dont le budget est évalué entre soixante-dix et quatre-vingt dix millions de dollars. Connaître sa réaction face à ces créatures Alpha exploitant sans vergogne le concept du Bub de Day of the Dead et sans doute encore plus le Big Daddy de Land of the Dead ! Énorme clip de presque deux-heures et demi, Army of the Dead est un spectacle haut en couleurs absolument insupportable. Bourrin, sans finesse et sans la moindre parcelle d'intelligence, le film enchaîne toute une série de séquences usant abusivement de ralentis, d'effets visuels, les personnages étant en grande majorité bas du front. Faisant fi de ce qui fait l'essence du zombie cher à George Romero, Zack Snyder ne se repose pas sur ses acquis et propose différentes évolutions du mythe. Des Alphas dont les postures sont d'abord dictées à des fins esthétiques mais qui malheureusement frisent le ridicule. Des Boiteux qui, plus que le mythe du zombie semblent parfois se référer aux vampires puisqu'ils ne paraissent pas devoir supporter la lumière du soleil. Avec ce léger détail qui veut que sous l'action de la pluie ils reviennent à la vie !!!


Et non, ça n'est pas une mauvaise plaisanterie de ma part. Le film ne demande même pas le minimum syndical de réflexion nécessaire au sentiment d'angoisse lors les séquences censément les plus tendues. Army of the Dead semble avoir été conçu dans l'unique but de satisfaire les envies immatures de son auteur ainsi que les téléspectateurs dépourvus de réflexion. Les personnages eux-mêmes, et pourtant dieu sait s'ils sont en nombre important, ne comptent parmi leurs rangs aucun individu susceptible d'être apprécié des spectateurs. Hommes et femmes transpirent la fonte, la poudre et les testostérones. Vous me direz que pour la réflexion, on a toujours le choix de se retourner vers un autre type de cinéma mais ici, dans le cas présent, tout semble stérile, superficiel et contrefait. Pas drôle du tout malgré l'enchaînement de punchlines (toutes plus inefficaces les unes que les autres), pas davantage effrayant, le film se montre particulièrement avare en matière de scènes d'horreur, confirmant ainsi qu'il s'agit d'une œuvre visant tous les publics (jusqu'aux plus jeunes) et pas seulement les vrais fans de cinéma d'épouvante. Vulgaire et parfois doté de CGI étonnamment laids, avec son film Zack Snyder semble ne pas se soucier un seul instant du mythe du zombie et de la légende qui l'entoure et paraît même s'en moquer. Army of the Dead a beau multiplier les séquences d'action et les interventions de zom... créatures, le long-métrage se montre en fait d'un ennui assez sidérant. Au final, Army of the Dead n'est pas davantage qu'un nanar friqué et complaisant. Après une telle expérience, il n'y aura guère qu'une cure à base de la trilogie originelle de George Romero, du Retour des morts-vivants de Dan O'Bannon ou bien même du Virus Cannibale de Bruno Mattei pour faire oublier cette totale indigence...

 

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