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vendredi 6 février 2026

28 Years Later: The Bone Temple de Nia DaCosta (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Tandis qu'en juin 2025 28 Years Later de Danny Boyle n'avait fait que confirmer ce que je savais déjà, à savoir que le cinéaste britannique Danny Boyle est tout comme son compatriote Edgar Wright, largement surcoté, la réalisatrice et scénariste américaine Nia DaCosta a su démontrer en 2026 que la franchise en avait encore sous le pied et qu'il ne fallait en outre pas s'arrêter sur une carrière qui jusqu'à maintenant ne brilla pas par ses qualités. Auteur en outre du remake très dispensable de Candyman en 2021 et de ce que certains jugent comme l'une des pires adaptations de l'univers cinématographique Marvel avec The Marvels deux ans plus tard, Nia DaCosta a cependant réussi l'exploit de remettre les pendules à l'heure en proposant cette année un 28 Years Later: The Bone Temple qui aurait pu ou dû mettre tout le monde d'accord. Là où beaucoup retinrent chez Danny Boyle une esthétique et une mise en scène il est vrai parfois remarquablement abouties, l'on pouvait condamner un fond démagogique quand celui-ci n'était pas purement et simplement vidé de toute substance. Un film d'infectés, dans le fond, tellement rudimentaire que l'aventure s'avéra d'un prodigieux ennui ! Devenu depuis quelques années le porte-étendard d'un féminisme en mode 2.0 dont certains se régalent mais que d'autres qui tout comme votre serviteur jugent d'inapproprié dans ce genre de contexte, Alex Garland persévère en invoquant religion et sectarisme comme réponse inévitable à l'effondrement de notre société et au chaos qu'il suscite. La première moitié du long-métrage est à ce titre l'un des moments de cinéma parmi les plus marquants en terme de violence graphique que le septième art nous ait administré depuis pas mal de temps. Un symbolisme religieux né sur les cendres d'un monde dévasté, où la morale est abolie, où les croyances et les modes de vie sont redéfinis sur la base d'un programme télévisé pour la jeunesse.


Où l'apprentissage ne passe désormais plus par des codes essentiels préétablis à travers l'éducation mais par la normalisation et la sacralisation de la violence. Comparé à plus ou moins juste titre à Orange Mécanique de Stanley Kubrick qui en 1971 traitait notamment de l’ultra-violence chez une bande de jeunes voyous sevrés au meurtre, au viol et au Moloko Plus (une boisson à base de vellocet, synthemesc et de drencrom), 28 Years Later: The Bone Temple ressemble en effet parfois et davantage au film culte du cinéaste américain que le Trainspotting de Danny Boyle qui à sa sortie en 1996 était jugé comme son digne descendant. Et il faut avoir le cœur et les tripes bien accrochés lorsque Sir Jimmy Crystal (l'acteur Jack O'Connell) et les membres de sa secte sataniste, tous prénommés comme lui, s'attaque à celles et ceux qui ont le malheur de croiser leur route. À commencer par le jeune Spike (Alfie Williams), qui après avoir grandit en quarantaine dans une communauté auprès de ses parents Jamie et Isla est parti sur le continent. Ritualisant sa présence au sein du groupe formé autour de Sir Lord Jimmy Crystal, le jeune garçon passe un test dans des conditions moralement inimaginables des années en arrière. Retenu prisonnier et frôlant la peine de mort après avoir échoué lors d'une mission requise par le chef du groupe à la suite d'un massacre visuellement ignoble (certains spectateurs devront sans doute penser à aller voir le film accompagné d'un sac à vomi), il est le témoin essentiel d'un monde sans barrières morales. Où tuer est devenu un terrain de jeu dont les adeptes se gaussent à chaque effusion de sang ou lorsque de pauvres innocents se retrouvent suspendus à une poutre, les tripes à l'air ! Le scénario d'Alex Garland pousse le curseur de la violence jusqu'à rendre certains actes bien trop excessifs. En outre, le réalisateur et scénariste, toujours prompt à glisser des sous-entendus, évoque à travers le personnage de Sir Jimmy Crystal, un bien sombre individu connu sous le nom de Jimmy Sévile qui après avoir animé des émissions de télévision pour enfants en Angleterre fut accusé de pédocriminalité mais sans pour autant être condamné jusqu'à sa mort survenue le 29 octobre 2011.


En parallèle aux personnages de Sir Lord Jimmy Crystal et de Spike, l'un des protagonistes principaux de cette séquelle est le docteur Kelson. Véritable icône caractérisée en profondeur et incarnée par l'excellent Ralph Fiennes (ayant notamment interprété le personnage central du formidable Spider de David Cronenberg en 2002) qui apparaît sous les traits de celui qui cherche à honorer les morts à travers, justement, le Temple constitué de crânes qu'il a érigé en leur mémoire. Humaniste à fort potentiel d'excentricité, il est le pendant moderne du docteur Matthew Logan qui dans Le jour des morts-vivants de George Romero et bien avant lui, étudiait le comportement des zombies à des fins scientifiques visant à les ré-humaniser... Ce qui donne lieu, dans le cas de 28 Years Later: The Bone Temple à des séquences on ne peut plus pittoresques lorsque le docteur Kelson communique avec Samson (Chi Lewis-Parry), un impressionnant Alpha qui sous l'emprise d'un mélange de drogues que lui injecte l'ancien médecin semble apaisé et même, Ô miracle, paraît retrouver des bribes du monde passé tel qu'il le connut avant d'être infecté. L'un des points stratégiques du long-métrage se situera ensuite lors de la rencontre entre le docteur Kelson et Sir Lord Jimmy Crystal. Pour la suite, ben, allez voir le film en salle. Bref, contre toute attente, 28 Years Later: The Bone Temple s'avère être une brillante réussite. Un film d'infectés sans presque aucuns de leurs représentants. Il fallait oser. Mais le pari d'Alex Garland et de Nia DaCosta est réussi. Et même si la mise en scène est moins grandiloquente que celle de Danny Boyle, le scénario est suffisamment riche et innovant, les acteurs sont amplement convaincants pour nous faire oublier tout le reste. Au point que l'on regretterait presque de savoir que la troisième partie qui devrait clore la trilogie sera à nouveau réalisée par le britannique...

 

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