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jeudi 5 février 2026

Vleesdag de Martijn Smits (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Séance rattrapage 2025 numéro 4. On poursuit avec Vleesdag du réalisateur et scénariste néerlandais Martijn Smits. Sorti à l'échelle internationale sous le titre Meat Kills en en France sous celui de Abattoir, le film suit un petit groupe d'activistes mené par Nasha (Emma Josten) qui après que son tout nouveau membre Mirthe (Caro Derkx) ait apporté la preuve des maltraitances subies par des cochons dans un abattoir décide de s'y rendre le soir-même dans l'objectif de faire pression sur le propriétaire et sa famille afin qu'ils cessent leurs activités. Tandis que le patriarche est absent (Bart Oomen dans le rôle de Jonas), Nasha et les autres membres du collectif de protection des animaux complété par Ishmael (Sem Ben Yakar), Jonathan (Sweder de Sitter) et Donna (Chardonnay Rillen) s'introduisent dans la ferme familiale pour y taguer leurs revendications. Surpris par l'un des fils de Jonas (Derron Lurvink dans le rôle de Jacco), leur mission tourne bientôt au carnage. Tandis que Nasha et ses compagnons prennent finalement en otage les deux fils du propriétaire, celui-ci débarque et parvient à faire prisonnier trois des membres alors qu'entre-temps, la cheffe des activistes et Mirthe ont contraint Jacco de les emmener là où sont abattues les bêtes. Subissant lui-même ce qu'endurent quotidiennement les cochons, le jeune homme tombe accidentellement dans un bac d'eau bouillante. Menaçant de faire payer aux intrus leur effraction, Jonas perd littéralement la tête lorsqu'il découvre son fils, gravement brûlé et sur le point de mourir... Vendu par certains comme LE film gore de l'année dernière, Vleesdag tient en réalité assez peu sa promesse. En effet, même s'il est vrai que certaines séquences s'avèrent relativement gratinées, certaines d'entre elles sont malheureusement filmées hors-champ. On pense ainsi par exemple au démembrement de ce pauvre Ishmael, l'un des rares membres du collectif à ne pas apprécier les débordements dont fait preuve Nasha ! Entre film d'horreur plus ou moins sanguinolent et activisme politico-écologique, le long-métrage de Martijn Smits ne se positionne pas très clairement d'un côté ou de l'autre. Mais plutôt que de simplement justifier l'abattage d'animaux dans des conditions parfois plus que discutables ou de présenter la cause animale sous son aspect le plus respectable, le néerlandais choisit de généraliser la violence d'un côté comme de l'autre...


Naît de cette ambiguïté un rejet presque systématique des méthodes utilisées par les employés en abattoir mais aussi celles pratiquées par les activistes, qui en matière de violence physique n'ont rien à envier aux premiers. En découle une œuvre où la mort des uns comme celle des autres est libératrice pour le spectateur, qu'il soit d'un bord ou d'un autre de l'échiquier entre cause animale et goût prononcé pour la viande. L'un des thèmes centraux se situant autour d'une certaine forme de justice connue sous le nom d'antispécisme, Vleesdag démontre surtout les dérives de l’extrémisme. Les valeurs étant alors définitivement bafouées en raisons de méthodes employées qui ne valent guère mieux que celles appliquées dans certains abattoirs. Ambiance lourde, violence exacerbée, esprit de vengeance de part et d'autre des deux ''groupes'' d'individus, Vleesdag transpire littéralement le sang. Le message déployé par Nasha et ses activistes est contrebalancé par un ''excès de zèle'' et de violence qui les conduit à se montrer aussi violents et ainsi, aussi répréhensibles que ceux contre lesquels ils ont choisi de mener leur combat. Dans son jusqu’au-boutisme, Martijn Smits en oublie même que certains sont moins radicaux que d'autres. Mais pour lui comme pour ses personnages, aucune différence de traitement n'est concevable et le récit mène à son terme jusqu'à l'extermination quasi totale des protagonistes du récit. Si le film n'a d'emblée pas besoin de ses débordement sanglants pour se montrer violent puisque dans une moindre mesure il rappelle quelques-unes des expériences les plus traumatisantes en terme de Home Invasion (Funny Games de Michael Haneke, en 1997), Martijn Smits émaille malgré tout son œuvre de quelques joyeusetés gore que l'on aurait cependant aimé voir en plus grand nombre. Le final renouant fort heureusement vers la fin avec cette grande tradition du genre qui veut que le sang coule à flot, certes, mais que l'intérieur même des corps jaillisse directement à l'image ! En outre perfectible, Vleesdag a comme principal défaut d'être souvent très attentiste et donc relativement mou. Mais ne boudons malgré tout pas notre chance de tomber sur ce genre de production puisque le film reste très plaisant à regarder...

 

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