Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est 2020. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 2020. Afficher tous les articles

lundi 30 juin 2025

28 ans plus tard de Danny Boyle (2025) - ★★★★☆☆☆☆☆☆




J'allais écrire qu'avec un peu de chance, le prochain volet de la franchise s'appellerait 28 siècles plus tard et que ma nature physiologique d'être humain m'interdirait très probablement de le découvrir lors de sa sortie dans deux-mille huit cent ans. Mais non. La suite directe de 28 ans plus tard est déjà prévue pour le 14 janvier 2026 sous le titre provisoire de 28 Years Later: The Bone Temple. Réalisé cette fois-ci par Nia DaCosta mais malheureusement toujours écrit par Alex Garland, ce dernier possède l’indéniable faculté de pourrir pratiquement tout ce qu'il touche. Ses entreprises n'étant cependant pas toutes à mettre à la poubelle, il fut notamment le scénariste de 28 jours plus tard de Danny Boyle et le réalisateur du très correct Ex Machina en 2014. Mais aussi, malheureusement, celui du navrant Annihilation et du très opportuniste Men à travers son message pro #MeToo. Alex Garland est donc une fois de plus à l'écriture du script de ce troisième long-métrage de la franchise qui ne respecte pas tout à fait notre temporalité puisque vingt-trois années seulement le séparent de l'entrée en matière produite et réalisée en 2002. Que dire sinon qu'il y a tromperie sur la marchandise. Et plutôt que d'avoir la prétention de donner une vision très avancée de ce qui se produit généralement dans ce genre de film, son auteur aurait sans doute été plus avisé s'ils avaient appelé leur long-métrage 28 ans de retard ! Attendu pratiquement comme le messie par les fans de l'original et même par ceux de la suite 28 semaines plus tard, le dernier long-métrage du réalisateur britannique est sinon un ratage total, du moins très en deçà de ce que certains attendaient de l'auteur d'excellentes productions accouchées presque à la fin du siècle dernier. Et c'est votre serviteur qui vous le dit. N'étant pas vraiment en osmose avec le cinéma ''Boylien'', il n'y eu guère que le génial Petits meurtres entre amis de 1994, le sympathique mais surcoté Trainspotting de 1996 (jugé par certains à l'époque comme le Orange mécanique des années quatre-vingt dix) ou l'excellente œuvre de science-fiction Sunshine tournée quant à elle en 2005 pour me séduire. Pour le reste, entre ce qui ne m'attira jamais vraiment (La plage en 2000, Slumdog Millionaire en 2008) et ce qui m'ennuya profondément (127 heures, telle est la durée que me sembla d'ailleurs être celle de ce film), je n'ai donc aucune forme d'attirance pour le cinéma du britannique originaire de Radcliffe, en Angleterre ! 28 ans plus tard se divise en deux parties (si l'on met de côté la courte introduction).


La première introduit Jamie (Aaron Taylo-Johnson) et son fils Spike (Alfie) avec lequel il va sortir des limites du camp où ils sont installés avec l'épouse du premier et donc la mère du second. Arrivé à l'âge de s'affirmer en tant qu'homme, Spike accompagne son père jusqu'au continent que rallie leur île uniquement rattachée à marée basse. Armés tous deux d'un arc, ils vont rencontrer diverses formes d'infectés avant de revenir ''triomphalement'' jusqu'à la communauté. La seconde partie tourne ensuite toujours autour de Spike mais aussi, celle fois-ci, de sa mère Isla (Jodie Comer). Souffrant d'une maladie grave, le garçon à peine âgé de quatorze ans quitte le camp et l’emmène jusqu'au continent afin de trouver un médecin qui pourra la guérir. Vous voulez connaître en détail le scénario ? Et bien sachez qu'il ne tient qu'à travers les quelques phrases que vous venez tout juste de lire. Du point de vue de l'écriture, 28 ans plus tard est un désastre. Aucune sorte d'enjeu n'est à attendre de la part du récit et de ses personnages. Pas la moindre péripétie qui sortirait le genre ''film d'infectés'' de sa zone de confort. C'est plat et n'est même pas sauvé par des décors en revanche magnifiques mais donnant parfois l'impression d'avoir été créés numériquement à partir du principal fond d'écran de Windows XP. L'imagination est aux abonnés absents. Et si vous rêvez d'un formidable récit tournant autour de la quête d'un enfant pour la survie de sa mère très malade, ne vous donnez pas la peine de vous rendre au cinéma et préférez par exemple vous réfugier entre les pages du superbe Talisman des territoires qu'écrivirent ensemble les écrivains américains Stephen King et Peter Straub avant de le faire publier pour la première fois en 1984. Au beau milieu de séquences tellement improbables qu'elles en deviennent ridicules (l'escouade armée jusqu'aux dents incapables de buter collectivement une poignée de créatures, la séquence de l’infecté accouchant d'un bébé qui va se révéler n'être pas contaminé !!!), les infectés de 28 ans plus tard apparaissent davantage comme des néandertaliens que comme des hommes et des femmes ayant été les victimes d'un virus extrêmement agressif. Au mieux l'on appréciera le Sound Design mais pour le reste, le film de Danny Boyle demeure d'une vacuité à peine croyable.Tant et si bien qu'avec sa longue barbe et ses longs cheveux luisants de sébum, Aaron Taylor-Johnson/Jamie apparaît comme un pitoyable ersatz d'Andrew Lincoln/Rick Grimes de la série The Walking Dead. Faisant par extension de Alfie Williams/Spike, l'alter ego du jeune Chandler Riggs/Carl Grimes...


mardi 24 juin 2025

Ed Kemper de Chad Ferrin (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Les tueurs en séries ont été et sont toujours si précautionneusement mis en scène au cinéma, à la télévision ou dans la littérature qu'à force de répétition, le phénomène peut devenir relativement lassant. Des plateformes comme Netflix ou certaines chaînes Youtube se sont d'ailleurs fait les chantres de documentaires qui parfois respectent consciencieusement les faits tandis que d'autres s'amusent à argumenter leur sujets à l'aide des détails les plus scabreux. Parmi les plus célèbres des tueurs en série, il en est un qui depuis quelques années fait florès dans les médias. Au même titre que Theodore Robert Bundy dont les meurtres seront très légèrement postérieurs à ceux de Edmund Emil Kemper III, les méfaits de ce dernier eurent lieu entre le 27 août 1964 et le 21 avril 1973. Ses débuts de carrière démarrent par le double meurtre de ses grands-parents Maud et Edmund Senior Kemper. Après son internement à l’hôpital d’État d’Atascadero le 6 décembre 1964 où il sera traité pour Schizophrénie paranoïde, il est libéré cinq ans plus tard, le 30 juin 1969 ! Tout ceci constituant la première partie du long-métrage, l'on constate que le portrait dressé du tueur par le réalisateur Chad Ferrin est remarquablement fidèle. Et son truc, à Chad Ferrin, ce sont les tueurs en série justement. Mais alors qu'il s'était jusque là contenté de dresser des portraits tout à fait imaginaires, le voici désormais derrière un projet plutôt ambitieux. Un complément aux trois épisodes de la série Mindhunter qui en 2017 furent consacrés à ce Serial Killer coupable d'avoir commis pas moins de dix meurtres. Une série d'assassinats qu'il conclut les 21 et 22 avril 1973 en tuant sa propre mère Clarnell Strandberg Kemper ainsi que la meilleure amie de celle-ci, Sally Hallett. Si la légende veut que le tueur joua aux fléchettes avec la tête décapitée et posée sur la cheminée de sa mère, Ed Kemper n'y fait pas référence. Et ce que l'on pourrait alors prendre pour une certaine prudence vis à vis d'un public peu amène de supporter cette seule évocation n'est en fait qu'un oubli, volontaire ou non. Car en matière de démonstration, Chad Ferrin n'y va pas avec le dos de la cuillère. Sous forme de montage en puzzle dont certaines des pièces sont replacées sur le tard, Ed Kemper ne lésine effectivement pas en terme d'horreur, et ce, même si le film n'entre pas tout à fait dans cette section de longs-métrages entièrement voués aux meurtres les plus sordides et aux effets gore.


Interprété par plusieurs acteurs selon l'époque où se déroule l'action, le personnage central du récit est avant tout incarné par Brandon Kirk qui à l'occasion est grimé et donc méconnaissable. Le vrai tueur mesurant deux mètres-six pour un poids de cent-trente six kilos, treize centimètres séparent donc le véritable Ed Kemper de celui de fiction. Une différence qui se voit surtout lorsque le personnage principal est aux côtés de sa mère, de ses victimes ou de quiconque s'en approche. Selon les différentes classifications du quotient intellectuel, avec ses 143 de Q.I, Ed Kemper était et demeure toujours un homme extrêmement intelligent qui souffre donc malgré tout de Schizophrénie paranoïde. Un homme dont on aurait pu supposer qu'il aurait pu faire carrière dans une grande profession plutôt que d'écumer les routes pour y trouver des victimes potentielles. Le long-métrage respecte les origines des victimes parmi lesquelles l'on trouve deux femmes d'origine asiatique. Le tueur utilise couteaux et armes à feu. Face à une mère peu aimante, voire même méprisante envers son fils et qu'interprète Susan Priver, Ed tue. Des femmes. Qu'il viol, étrangle, abat d'une balle, poignarde, avant de les découper en morceaux et de les photographier comme font bon nombre de tueur en série qui cherchent à conserver des souvenirs de leurs méfaits ! Plutôt brillamment interprété, Ed Kemper ne fait pas l'économie d'actes barbares puisque le néophyte en matière de criminalité découvrira en outre qu'Edmund Emil Kemper III pratiquait la nécrophilie sur certains cadavres. Ce qui donne lieu à des séquences parfois démentes. À l'image de celle où le tueur sort du placard de sa chambre le corps démembre et décapité de l'une de ses dernières victimes auto-stoppeuses pour lui ''faire l'amour'' tandis que dans la pièce à côté, sa mère regarde la télévision. Ed Kemper est le pendant réel d'un tueur tout à fait imaginaire rencontré quarante-cinq ans auparavant au détour du film culte de William Lustig, Maniac. Où lorsque les rapports difficiles d'un enfant devenu adulte et de sa mère engendrent un monstre. Bref, pour celles et ceux qui aiment ce genre de programme, Ed Kemper s'avère tout à fait recommandable...

 

jeudi 23 mai 2024

Rodéo de Lola Quivoron (2022) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

 

On va tout de suite éluder le sujet de la controverse autour de Rodéo, le premier long-métrage de la réalisatrice française Lola Quivoron qui après deux courts-métrages et un documentaire qu'elle réalisa aux côtés d'Antonia Buresi aborde un sujet relativement sensible. Du moins est-ce ainsi que Rodéo fut perçu bien qu'il soit nécessaire de faire la distinction entre la réalité du contexte et l'amalgame qu'engendre le titre. Pourtant, la polémique provient moins du contenu de l’œuvre que des propos de sa réalisatrice lors d'une interview accordée au média Konbini fondé en 2008 par Lucie Beudet et David Creuzot. Vidéo dans laquelle Lola Quivoron osa affirmer que les morts lors de ces rodéos sont souvent causées par la police. Après, que l'on incrimine ou non le montage de la dite vidéo, il est difficile de dire si la jeune femme évoque ce qui d'après elle se déroule couramment sur le territoire américain et notamment dans les quartiers populaires de New York et de Baltimore ou si ses propos sont de son point de vue valables pour l'hexagone. Connaissant les méthodes policières outre-atlantique, espérons que Lola Quivoron ou les équipes de Konbini soient étrangers à toute forme de démagogie punitive envers nos forces de l'ordre. Ensuite, la réalisatrice et scénariste française (à nouveau assistée d'Antonia Buresi) aura beau faire la distinction entre Rodéos Urbains et Cross Bitume, quelques recherches plus ou moins affinées démontrent l'étroit rapport qu'entretiennent l'un et l'autre des termes. Autant dire qu'elle aura beau éloigner ses protagonistes des lieux de fréquentations pratiqués au hasard par les piétons, c'est bien de Rodéo Urbain dont il s'agit ici de faire plus ou moins l'apologie. Un terme dont l'emploi peut être lui-même critiqué si l'on tient compte du fait que la quasi totalité des individus qui évoluent au sein du récit n'ont absolument rien contre l'idée de voler l'objet de leur passion. Pour le commun des mortels il devient donc relativement délicat de se passionner pour ces groupes d'adolescents ou de jeunes adultes dont la verve ponctuée de ''Frères'', de ''Cousins'' et de pas mal de grossièretés ont pour quotidien le bitume sur lequel il usent la gomme de leurs motos ou de leurs quads.


Maintenant, voyons ce que vaut réellement Rodéo. Lola Quivoron et Antonia Buresi mettent en avant le personnage de Julia qu'incarne il est vrai assez justement la jeune Julie Ledru dont il s'agissait là de la première apparition à l'image avant sa participation dans deux épisodes de la série Furies créée par Jean-Yves Arnaud et Yoann Legave. Une gamine un peu paumée, sans réel domicile fixe, version nouvelle et un brin piteuse de la Mona (Sandrine Bonnaire) de l'excellent Sans toit ni loi réalisé par Agnès Varda voilà presque quarante ans. Piteuse non pas en raison de la performance de la jeune actrice mais à cause de sa caractérisation qui, on le comprend assez rapidement, n'est pas la source première d'intérêt de la réalisatrice et de sa scénariste. Car comme pour le reste du casting, ce qui fait précisément défaut à Rodéo, c'est son écriture. Un coin de table, une serviette en papier, quelques mots griffonnés, c'est une chose. Encore faut-il être en mesure de développer un véritable scénario. Ce dont semblent être malheureusement incapables les deux jeunes femmes qui réécrivent sans cesse la même partition, replongeant encore et toujours leur héroïne dans cette vie morne au parfum d'essence, de gomme et d'asphalte. Dire que Rodéo est ennuyeux est un euphémisme. Riche de si peu d'événements, manquant d'éclats, même dans la mise en scène vue et revue partout ailleurs, ou de dialogues qui percutent frontalement la conscience du spectateur, le film de Lola Quivoron fut selon moi outrageusement surestimé. Comparé même à Titane de Julia Ducourneau (auteur de l'excellent Grave en 2016) qui ne méritait déjà pas en son temps autant d'éloges le comparant au Crash de David Cronenberg, on aurait dû se douter que le public et la critique de Rodéo étaient les mêmes que celui de la palme d'or au festival de Cannes 2021. Comme si en France nous ressentions le besoin ou la nécessité de nous excuser devant certains faits accomplis : Car si chez Lola Quivoron, la mort chez les pratiquants de Cross Bitume est un entre-soit, dans la vie, la vraie, elle tue des innocents...

samedi 11 mai 2024

Cold Meat de Sébastien Drouin (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Il existe parfois des œuvres qui sortent sans trop faire parler d'elles et qui pourtant mériteraient de pleines pages dans des revues ou des journaux spécialisés dans le septième art. Lorsque j'affirme autour de moi qu'en France ou dans les pays francophones nous possédons quelques sympathiques spécialistes du thriller, les moues et les airs contrits s'affichent. Il faudrait peut-être alors que j'impose à mon entourage la projection de Cold Meat de Sébastien Drouin. Un artisan du cinéma qui généralement travaille dans le département des effets visuels mais qui ponctuellement et jusqu'à maintenant s'était lancé dans la réalisation de courts-métrages et de dix épisodes pour la série télévisée Fearless en 2017. En charge des effets-spéciaux, de l'écriture et de la mise en scène de son tout premier long-métrage en 2023, Sébastien Drouin signait donc l'année dernière un Cold Meat particulièrement redoutable. Une œuvre portée par l'incarnation de deux excellents interprètes. D'un côté, l'acteur irlandais Allen Leech qui connu une renommée internationale pour son rôle de Marcus Vipsanius Agrippa dans la série créée par John Milius, William J. MacDonald et Bruno Heller, Rome et qui au cinéma interpréta notamment le personnage de l'agent Paul Prenter dans le biopic consacré au groupe Queen, Bohemian Rhapsody de Bryan Singer il y a six ans en 2018. Face à lui, l'actrice et scénariste américaine Nina Bergman dont la carrière pourtant constituée d'une trentaine d'apparitions n'était pas encore marquée par des œuvres fondamentalement remarquables (Catacombes de David Elliot et Tomm Coker en 2007, Doom: Annihilation de Tony Giglio en 2019). En 2023 les voici donc réunis dans ce film d'apparence anodine mais où des forces contraires vont s'imposer face à une lecture de facture relativement classique. Tout commence dans un bar-restaurant tenu par Ana, jeune femme séduisante qui reçoit la visite d'un dernier client prénommé David. Séparée de son très violent compagnon Vincent (l'acteur Yan Tual), Ana a la garde de leur jeune enfant mais le père de la gamine relance sans cesse son ex-femme pour voir sa fille. Ce soir-là, prit de boisson et très énervé, Vincent débarque au restaurant et s'en prend à Ana tandis que David mange un bout de tarte et boit un café.


Intervenant lors de la dispute entre Ana et Vincent, l'inconnu parvient à raisonner ce dernier qui quitte les lieux non sans avoir menacé David de le retrouver. Une fois sa pause terminée, le jeune homme reprend le volant et quitte les lieux. Mais alors qu'il s'arrête à une station-essence afin de remplir le réservoir de son véhicule, par un malheureux hasard (un peu grossier, il est vrai), Vincent passe par là et décide de le prendre en chasse... À la lecture d'un tel synopsis, on pourrait éventuellement penser que ''Ouais, bon, sympa mais tout de même très classique cette histoire...''. Sauf que ce qui ressemble à une multitude d'évidences gravées dans le marbre depuis que le thriller existe, des forces contraires vont venir contrarier une écriture d'apparence très conventionnelle. Car l'objet de cette histoire où l'on peut se demander dans quelles circonstances le personnage assez émouvant d'Ana peut ressurgir au cœur du récit s'inscrit non pas dans les genres course-poursuite, traque ou chasse l'homme mais plutôt dans celui du huis-clos, au cœur d'un hiver glacial. Tournant principalement autour de Nina Bergman et Allen Leech, le film n'est donc pas celui auquel la première partie nous avait pourtant habitués. Prenant une tournure plus dramatique encore que l'affrontement physique entre Ana et son ex ou psychologique entre ce dernier et David, les ressorts dramatiques de Cold Meat sont plus généralement ancrés dans l'esprit d'une œuvre sur la survie en milieu particulièrement hostile et entre deux êtres qui l'un et l'autre vont montrer leur véritable visage. Nina Bergman campe une Ana très convaincante, plus solide qu'il n'y paraît malgré son apparente fragilité. Quant à Allen Leech, loin de nous de penser que le personnage de David qu'il incarne avec précision pouvait cacher un tel individu, héros qui pourtant et malgré lui avait su faire face à la grande dangerosité de Vincent. Notons que Cold Meat convie au sein du récit un élément qui semble provenir d'un phénomène inexpliqué et donc, sans doute, surnaturel. Une composante qui restera d'ailleurs inexpliquée. Au final, un film sous tension, sobre mais maîtrisé et parfaitement incarné. À voir, le soir ou au cœur de la nuit, dans l'obscurité...

mercredi 28 février 2024

The Innocents (De Uskyldige) d'Eskil Vogt (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L'univers des supers-héros pollue désormais le septième art depuis environ un quart de siècle mais peu de cinéastes semblent avoir cherché à connaître leurs origines. Qui en effet s'est vraiment penché sur l'enfance de ces êtres différents dont la majorité a choisi d'être du côté du bien quand d'autres préfèrent l'obscurité ? M. Night Shyamalan réussissait avec le formidable Incassable a prévoir la déroute comportementale d'un individu cherchant à rencontrer l'exact opposé de lui-même. Un être extrêmement fragile élevé aux Comics depuis sa plus tendre enfance. Une enfance que l'on retrouve dans le second long-métrage du réalisateur et scénariste norvégien Eskil Vogt, The Innocents (De Uskyldige). Une œuvre qui sans doute rejoint moralement les thématiques abordées par le suédois Tomas Alfredson à travers le formidable Morse (Låt den Rätte Komma in) en 2008 et par Severin Fiala et Veronika Franz dans l'anxiogène Goodnight Mommy (Ich seh Ich seh) en 2014. Au centre d'un récit se situant dans un grand ensemble d'immeubles, quatre gamins dont trois sont atteints de tares physiques ou intellectuelles plus ou moins importantes. Comme si la main de Dieu avait touché trois d'entre eux, ces petits êtres découvrent bientôt qu'au contact des uns ou des autres membres de ce petit cercle auquel ils appartiennent, ceux-ci sont capables de développer des pouvoirs. Anna (Alva Brynsmo Ramstad), qui souffre d'autisme, semble être en mesure d'agir à distance sur les objets. Un don qu'elle partage d'ailleurs avec Ben (Sam Ashraf). Quant à Aisha (Mina Yasmin Bremseth Asheim), elle paraît être capable de lire dans les pensées et de pouvoir agir directement sur le comportement d'Anna, laquelle retrouvera sporadiquement la parole pour le bonheur de sa mère incarnée à l'image par l'actrice Ellen Dorrit Petersen. Récompensé par plusieurs prix dans divers festivals dont le Grand Prix du Nouveau Genre à L'Étrange Festival de 2021, The Innocents aurait pu se contenter de n'être qu'une version en culotte courte axé sur le phénomène des supers-héros mais le film va bien plus loin en insistant sur la cruauté dont sont parfois capables nos chères petites têtes blondes. À l'image d'ailleurs de la jeune Ida, sœur d'Anna qu'interprète Rakel Lenora Fløttum. Gamine au regard étrange, à l'attitude pernicieuse qui heureusement adoptera plus tard une toute autre attitude au regard des monstruosités auxquelles s'adonnera son nouveau camarade de jeu, Ben.


Ce gamin relativement typé vivant avec sa mère dans l'une des grandes tours du quartier a semble-t-il comme principale passion, la cruauté envers les animaux. Un comportement qu'il s'autorisera plus tard à avoir envers ses semblables. Eskil Vogt filme son œuvre de manière froide et presque impersonnelle. Ce qui tend à rendre les agissements de son petit psychopathe éminemment glaçants. En ce sens, le jeune acteur norvégien Sam Ashraf illustre parfaitement l'attitude excessivement détachée de certains individus capables des pires atrocités et qui ne prennent pas réellement conscience du mal qu'ils provoquent. Contrairement à Ida qui au départ observe l'attitude de son camarade sous l'angle du jeu. Tourné en été, le climat estival de The Innocents pèse sur les événements comme une chape de plomb. Relégués au second plan, les adultes perdent le contrôle de leur progéniture quand vient l'instant où Ida, sa sœur Anna et Aisha prennent finalement la décision de stopper Ben dans sa lente et morbide progression psychopathique... Près de quarante ans auparavant, le réalisateur uruguayen Narciso Ibáñez Serrador imaginait à travers le film culte Les Révoltés de l’an 2000 (¿Quién Puede Matar a un Niño?) un futur dominé par l'enfance et où toute trace de l'adulte se devait d'être exclue. Des décennies plus tard, Eskil Vogt enfonce le clou et procure à ses jeunes personnages des pouvoirs fantastiques. À eux de choisir alors quelle attitude à adopter. Alternative ambitieuse et à l'approche indépendante des vagues successives de films de supers-héros américains estampillés Marvel et DC Comics, The Innocents brille par son entrée au panthéon d'un genre généralement boursouflé de CGI et qui dans le cas de ses quatre héros en culotte courte fait entrer le genre dans un relatif réalisme. Sans être aussi marquant que le Morse de Tomas Alfredson qui de son côté invoquait le vampirisme de son jeune personnage Oskar qu'interprétait à l'époque l'acteur Kåre Hedebrant, le second long-métrage d'Eskil Vogt reste malgré tout une brillante allégorie sur la cruauté de l'enfance...

 

jeudi 11 janvier 2024

Les SEGPAS de Ali Boughéraba et Hakim Boughéraba (2022) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

On tire pas mal d'avantages d'être le compagnon d'une prof de musique. Non seulement, elle peut élargir nos connaissances en la matière et nous permettre de passer d'Autechre, Plaid, AC/DC ou Bjork à Chopin, Bach ou Schubert et nous offrir également l'opportunité d'en apprendre un peu plus sur les conditions d'enseignement ou sur certains critères menant à la mise en place d'encadrements spécifiques. C'est ainsi que j'ai très récemment pu apprendre ce qu'était une classe SEGPA. Pour celles et ceux qui ignoreraient encore sa signification, disons qu'elle est l'équivalent de nos anciennes classes pré-professionnelles de niveau qui à l'époque étaient plus communément connues sous l'acronyme CCPN. Malgré tout, il semblerait qu'en comparaison le niveau ait encore atteint un cran en dessous avec les SEGPA. Autant dire que cette honteuse étiquette qui collait à la peau de celles et ceux qui faisaient partie à l'époque des classes de CCPN pourrait de nos jours permettre à ceux qui la fréquentèrent de se vanter d'y avoir posé les fesses au vu du niveau intellectuel dramatiquement bas des individus que l'on retrouve désormais au sein des Sections d'enseignement général et professionnel adapté ! Je ne pensais pas un jour l'écrire mais oui, j'ai regardé Les SEGPAS des frères Ali et Hakim Bougheraba. À défaut de pouvoir télécharger en toute illégalité la suite qui est récemment sortie sur les écrans, je me suis dis qu'il fallait tout de même commencer par le début avant de se lancer sans filet de protection dans le visionnage de la séquelle qui, paraît-il, fait de véritables ravages dans les salles de cinéma. Les SEGPAS, c'est... comment dire...Comme de se rendre dans un boui-boui et exiger que l'on nous serve en plat principal les restes de l'avant-veille traînant depuis plus de quarante-huit heures tout au fond d'une benne à ordures frappée par les rayons du Soleil en plein mois d'un juillet caniculaire ! Autant dire qu'il est inutile de faire un dessin.


Si la gastro-entérite ne sera pas assurée en fin de projection, j'imagine aisément que la perte de neurones aura pour conséquences que de m'élever au niveau des légions de crétins qui ont dernièrement foutu le bordel dans les salles de cinéma projetant Les SEGPA au ski ! Toujours pas convaincu qu'il vaut mieux se chopper des hémorroïdes ou des furoncles au cul que de perdre une heure quarante de vie devant cette engeance ? Deux noms : Camille Lellouche, qui dans un concours de la personnalité la plus vulgaire le remporterait sans doute dix années de suite et.... ET.... EEEEEET ? Cyril Hanouna, ce faiseur de merde qui transforme non pas le plomb en or mais le petit écran en authentique décharge publique ! La première joue, le second produit... À l'origine, le film est l'adaptation d'une web série produite par Hanouna. Et comme les réseaux et le cinéma ne font pas toujours bon ménage, nous ne serons pas surpris de découvrir que le film des frères Bougheraba est une bonne grosse merde marchant sur les plates-bandes d'un certain Michael Youn... en pire. ''Branlé'' en aussi peu de temps qu'il faut pour le dire, Les SEGPAS prouve surtout que s'improviser réalisateur ou scénariste n'est pas à la portée de tout le monde. Dans le monde idéal d'Ali et Hakim Bougheraba, un seul regard suffit pour qu'une jolie blonde aux yeux bleus, intelligente et cultivée, française de souche et d'un milieu apparemment aisé tombe sous le charme d'un beur des cités, pas très instruit, au langage réduit à sa propre expression et se coltinant des potes du même acabit. On s'en doute, le premier long-métrage des deux frangins est caricatural. Mais à un tel point que les deux hommes en oublient l'essentiel : mettre de côté le temps de quelques séquences la gaudriole pour étudier en profondeur la caractéristique de ces jeunes garçons pas tout à fait comme les autres mais qui devant la caméra ne diffèrent au fond pas tellement de ces tribus d'individus qui contaminent désormais le cinéma hexagonal depuis un certain nombre d'années.


Ces personnages censés représenter une partie de la population française mais que les auteurs ne permettent pas toujours de voir sortis grandis de leur expérience. Des pseudos-interprètes qui vivent plus sûrement leur personnage comme celui qu'ils ''incarnent'' dans la vie de tous les jours qu'ils ne les interprètent. Des dialogues tellement pauvres que cette bande d'acteurs en herbe a dû se sentir atrocement brimée. Le nombre ne faisant pas forcément la force, les deux réalisateurs ont conjointement écrit le scénario auprès de leur frère Ichem. Et ça n'est pas parce qu'on s'y met à trois que le résultat sera à la hauteur comme le prouvent justement les dialogues. Lourde et basique, l'écriture à la hauteur d'une mise en scène qui ne fait que reproduire des schémas qui remontent au moins à l'époque où Claude Zidi réalisait Les Sous-doués. Mais là où ce dernier avait le génie de la situation, ici, Ali et Hakim Bougheraba se contentent de ce qu'ils croient constituer l'essentiel. À l'image de cette soirée qui intervient tellement tôt au sein du récit qu'on ne croit pas un seul instant que certains potes de la bande de Ichem (l'acteur et scénariste Ichem Bougheraba) puissent s'y vautrer dans la luxure au bras de jeunes femmes consentantes. À moins que ces dernières n'aient le fantasme directement pointé en direction des cités ! Quitte à faire dans la caricature, pourquoi ne pas profiter de l'occasion pour injecter à cette vision opportuniste, une famille française impeccable, nantie, blonde jusqu'au racines du cuir chevelu, le regard océan, mais le racisme comme principale tare ? En cultivant l'image dégradante de leurs SEGPAS, Ali et Hakim Bougheraba signent une comédie ratée, sans profondeur, bref, le terrain d’entraînement idéal pour tous ces crétins qui un an plus tard allaient foutre le souk lors de la projection de Les SEGPA au ski !

 

jeudi 14 décembre 2023

Paradise Z de Wych Kaosayananda (2020) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Avec une affiche pareille, l'un des premiers réflexes est de penser qu'il s'agit très certainement d'un film genre ''Sprink Break'' dans lequel nous allons avoir droit à des hordes de donzelles botoxées, aux poitrines gonflées à l’hélium et accompagnées d'autant de mâles en rut fonctionnant aux stéroïdes. Que nenni puisque Paradise Z ne met en scène que deux jeunes femmes prénommées Sylvia et Rose. Deux filles perdues dans un coin de paradis où nulles autres personnes qu'elles ne se sont arrêtées pour vivre loin de l'apocalypse qui semble avoir touché la région, le pays, le continent ou peut-être même, la planète toute entière. Également connu sous le titre Two of Us, l’antépénultième long-métrage de (retenez votre respiration) Wych Kaosayananda, ce film de zombies, ou plutôt d'infectés vu qu'ils cavalent tous comme des dératés, n'a rien à voir de près ou de loin avec World War Z de Marc Forster ou The Last of Us, qu'il s'agisse du jeu vidéo ou de son adaptation en série télévisée. Et si le Z majuscule de Paradise Z fait forcément penser à la première lettre du mot Zombie, à la vue de ce long-métrage qui ne risque pas de faire de l'ombre à un quelconque réalisateur qui aurait dans la caboche assez d'imagination pour ne pas faire comme son auteur et laisser en roue libre ses interprètes, on pense aussi au Z qui orne comme autant de cornes sur le crâne d'un cocu, la réputation de certains films parmi les plus indigestes. Alors, Paradise Z... Simple film de zombies ou véritable série Z ? A dire vrai, on hésite entre l'un et l'autre, finalement, les deux étant souvent compatibles avec pas mal de films du genre comme les amateurs auront pu le constater durant, au moins, ces vingt dernières années. J'aimerais tout de même savoir comment le réalisateur, directeur de la photographie et scénariste Wych Kaosayananda va pouvoir justifier le fait que durant un bon moment il ne filme ses deux actrices que dans le dos et quasiment à hauteur de caniche ! C'est vrai, on a l'impression que le bonhomme a comme principal objectif de filmer leurs fesses avant tout le reste. Deux popotins se promenant dans des shorts en jean très moulants... Dont les actrices Milena Gorum et Alice Tantayanon vont d'ailleurs se délester le temps de deux séquences. La première les montrant tour à tour se doucher dans une baraque dont elles viennent de prendre possession et la seconde lors de laquelle ces deux jolies jeunes femmes vont faire l'amour ensemble.


On ne saura d'ailleurs jamais vraiment si cette reconstitution d'une fièvre du samedi soir en mode saphique témoigna de leur goût pour l'homosexualité mais s'il est une chose dont nous ne douterons pas, c'est l'emprise qu'a Sylvia sur Rose. Alors qu'un DJ (interprété par Michael S. New) retransmet régulièrement les dernières informations sur la situation, la jeune femme semble en effet tout entreprendre pour garder avec elle et à l'écart de tout civilisation, une Rose quelque peu désemparée. En témoigne d'ailleurs leur rencontre mortifère avec deux types dont on ne saura là aussi jamais s'ils étaient sincères lorsqu'ils disaient vouloir accueillir les deux jeunes femmes dans leur communauté. Bref, Paradise Z, c'est d'abord et avant tout, des séquences entières sans dialogues, d'une longueur et d'une répétitivité qui frise l'ennui. Finalement, les voir se doucher et entrapercevoir un bout de fesse ou de nichon était peut-être jusque là ce qu'offrait de plus intéressant le long-métrage de Wych Kaosayananda. Les zombies.... GRRRR, les infectés, pardon, mettent quant à eux des plombes à apparaître à l'image et lorsqu'ils arrivent, ben... que dire ? S'ils semblent au top de leur forme, ils ne le sont malheureusement pas vraiment en matière de maquillages. Après les zombies verts de George Romero en 1979, les infectés gris de Wych Kaosayananda quarante ans plus tard. Si vous saviez comme c'est mou, les amis, pire qu'une luette qui se ferait chier au fond de la gorge en attendant de scanner nos futurs repas ! Ça ne dure pourtant qu'une heure et vingt minutes mais force le spectateur à avoir auprès de lui de quoi vérifier l'heure tant l'espoir de voir le générique de fin est invariablement repoussé par des séquences additionnelles. En plus, je ne sais pas quelle obsession le réalisateur thaïlandais peut avoir avec les ralentis ni même si cette maladie porte un nom mais la vache... C'est bien simple, ceux-ci sont tellement nombreux que si nous devions passer le film en vitesse normale durant ces passages réellement ''gênants'', sûr que Paradise Z ne durerait pas plus de soixante minutes. Bon, j'exagère. Le film n'est pas si mauvais que ça même si les errances et les cas de conscience se bousculent maladroitement. Ça se regarde malgré tout. Une fois... Une toute petite fois... et puis s'en va... pour j'espère ne plus jamais réapparaître dans mes listes de films à voir ou à revoir...

 

mardi 5 décembre 2023

Temporada de Huracanes (La saison des ouragans) d'Elisa Miller (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Lorsque l'on sort de la projection de Temporada de Huracanes l'on a du mal à croire qu'une femme puisse être derrière tout ça. Ce n'est certes pas par machisme que de dire que l'on attend du ''sexe faible'' un peu plus de douceur que l'immense noirceur qui parcourt le dernier long-métrage de la réalisatrice, scénariste et productrice mexicaine Elisa Miller. On sort groggy de cette expérience à laquelle d'autres nous avaient pourtant bien avant elle habitués. Mais c'est un peu toujours la même chose que de se plonger dans des univers qui ne nous appartiennent pas. Par voyeurisme, par curiosité ou par simple amour pour le septième art, il est des expériences difficiles mais nécessaires pour comprendre pleinement la nature humaine. Au départ de ce récit profondément déprimant, un fait-divers qui secoua le Mexique dans les années 2000. Une adolescente de 17 ans accusée de sorcellerie et son bébé de trois mois seulement sont assassinés puis coupés en morceaux avant d'être brûlés. Les événements se produisent dans la municipalité de Coyuca de Catalán au sud-ouest du Mexique. Trois femmes sont alors soupçonnées puis arrêtées. Parmi elles, les deux belles-sœurs de la victime, lesquelles évoquent des actes de sorcellerie qu'elle-même aurait perpétrée. Raison pour laquelle les deux femmes et leur troisième complices auraient organisé et exécuté le double homicide ! De ce fait-divers particulièrement horrible, la journaliste et romancière mexicaine Fernanda Melchor Pinto tirera en 2017 un ouvrage intitulé Temporada de Huracanes traduit chez nous sous le titre La saison des ouragans. Dans cet ouvrage, la sorcière est décrite comme administrant en outre aux femmes enceintes des potions abortives dans l'intention de les faire avorter. Temporada de Huracanes reprend le concept de ce personnage au centre de commérages ininterrompus dans le petit et miséreux village où se situe l'action. Cet individu aux allures de sorcière à la chevelure longue et brune est surtout décrit comme un travesti, pédéraste et organisant des orgies dans son immense demeure en ruines. L'abattement est ici généralisé. Ciel nuageux, village proche du bidonville, nous sommes dans l'un des bas-fonds d'un pays où seules les femmes semblent ramener de l'argent à la maison.


La prostitution paraît être d'ailleurs le seul moyen de gagner sa vie dans un coin de la nation où le pourcentage de chômeurs frise les cent pour cent. ''Déconstruit'' sous forme de chapitres dont chacun porte le prénom de l'un des personnages, le spectateur fait connaissance avec Luismi, Brando, Cuco ou encore Norma qui vient d'arriver en ville et qui ne sait tout d'abord pas où aller. Prise sous l'aile de Luismi (Andrés Cordova), cette jeune fille âgée de quatorze ans interprétée par Kat Rigoni est enceinte. Et bien que ce détail ne soit déjà pas des plus anodins vu son âge, il va semble-t-il être surtout le déclencheur de toute une série d'événements que la réalisatrice, sur la base d'un scénario dont elle est l'auteur avec Daniela Gomez, va exploiter sous une forme non pas inédite mais peu courante. Plutôt que d'user de l'un des artifices préférés de Brian De Palma (le Split-Screen), Elisa Miller préfère revenir continuellement sur le même événement, quitte à le filmer sous divers angles. Ou plutôt, sous le point de vue de ses principaux protagonistes. Le film se situe donc sur une échelle de temps assez courte que reproduit à plusieurs reprises la mise en scène plutôt ingénieuse de la réalisatrice. Tout débute par la découverte du cadavre de la dite ''sorcière''. En fond sonore, les hypothèses les plus folles se bousculent parmi les commères du villages qui supputent tout et n'importe au sujet de cet individus méprisé, mais craint. Visuellement automnal mais parcouru de plans parfois fulgurants, Temporada de Huracanes est également d'une crudité et d'une cruauté qui ne souffrent d'aucune retenue. Pourtant, au sein de ce récit foncièrement pessimisme surnage un temps la jolie rencontre entre Luismi et Norma. Éclaircie bienvenue dans un univers terriblement sombre d'où ne surnage malheureusement rien de bon. Sachez que le film est disponible depuis le 1er novembre sur la plate-forme Netflix. Depuis quelques années, un certain type de cinéma social et horrifique semble émerger de nations inattendues pour le bien d'un certain renouveau. Temporada de Huracanes témoigne de ce ''nouveau'' cinéma en provenance du Mexique, sans tabous ni sans garde-fou...

 

dimanche 18 juin 2023

Extraction (Tyler Rake) de Sam Hargrave (2020) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Tyler Rake est un nom sur lequel les amateurs de cinéma d'action débridé vont désormais devoir compter. Alors que les secondes aventures de ce mercenaire viennent de débarquer sur la plate-forme Netflix avant-hier seulement, retour sur les précédentes péripéties de ce valeureux héros situées au Bangladesh. Premier long-métrage après une poignée de courts pour Sam Hargrave, Tyler Rake réussi l'exploit de renouveler le genre tout en empruntant ses us et coutumes. Des codes réglés ici au cordeau pour un voyage exotique incroyablement intense. Ici, pas de guerre de territoire dans les quartiers les plus chauds des États-Unis ou du Mexique mais celle que mène un certain Amir Asif (Priyanshu Painyuli) contre Ovi Mahajan Sr. (Pankaj Tripathi) dont le fils du même nom (Rudhraksh Jaiswal) vient d'être enlevé par ses hommes alors que le jeune adolescent était de sortie avec l'un de ses amis. Deux narcotrafiquants rivaux dont l'un ''dispose'' d'une police totalement corrompue tandis que le second est en prison. De sa cellule, le père d'Ovi Jr. ordonne à son homme de main Saju Rav (Randeep Hooda) de retrouver son fils et de le libérer. De son côté, une certaine Nik Khan (l'actrice Golshifteh Farahani) propose à Tyler Kane un nouveau contrat : s'introduire dans le repaire où est retenu Ovi Jr. et l'extraire de la ville pour le mettre en sécurité. Voilà tout ce qu'il s'agit de savoir sur le déroulement du récit qui comme une grande majorité des films d'action repose sur une ligne de conduite relativement claire et basique : Soit, partir d'un point A pour se rendre jusqu'au point B. Écrit par le scénariste Joe Russo, le script repose sur le comic book Ciudad conjointement écrit et dessiné aux côtés de son frère Anthony et de Fernando Leon Gonzalez et Ande Parks. Les plus fervents amateurs de cinéma d'action observeront que le long-métrage de Sam Hargrave emprunte quelques situations à quelques grands films du genre. Et même un peu au delà avec cette éternelle histoire du héros chargé de maintenir en vie un homme, un enfant ou une femme...


Ici, en l'occurrence, un jeune indien. D'ailleurs, le casting est majoritairement interprété par des acteurs d'origine indienne. Une actrice, Golshifteh Farahani, sublime, et des partenaires masculins et charismatiques. À l'époque de sa sortie en 2006, Les Fils de l'homme d'Alfonso Cuarón semblait avoir posé les bases d'un style visuel et technique proprement vertigineux. On se rappelle notamment la fameuse séquence de la traversée de la ville d'une durée de quinze minutes environ et entièrement filmée en plan-séquence. C'est depuis devenu une habitude très largement employée même si beaucoup de cinéastes usent de subterfuges afin de tronquer le procédé en camouflant le montage à travers d'invisibles raccords. C'est le cas ici, mais qui oserait s'en plaindre lorsque Sam Hargrave nous offre au moins trois séquences parfaitement mémorables ? Une course-poursuite en voiture digne de certaines des plus belles ouvertures de FPS façon Call of Duty. Une seconde, à pieds cette fois-ci, opposant Tyler Rake et Ovi aux forces de l'ordre dans des ruelles et des immeubles aux allures de bidonvilles. Et enfin, une scène située sur un pont, dernier rempart avant que l'adolescent ne soit enfin mis à l'abri. Tyler Rake est le concurrent direct de la franchise John Wick de Chad Stahelski. Même manière d'aborder l'usage des armes ou les combats au corps à corps. Le long-métrage de Sam Hargrave paraît d'ailleurs emprunter l''une des idées centrales du troisième volet John Wick Parabellum dans lequel le héros incarné par Keanu Reeves semblait être pourchassé par tous les habitants de Manhattan tandis que Dhaka, ville où se situe l'action de Tyler Rake semble être poussée d'un seul même élan visant à tuer le mercenaire contre la promesse d'une très lucrative récompense. Visant prioritairement l'action, le long-métrage réserve quelques micro-séquences qui tentent à prouver que le réalisateur est attaché à ses personnages et à leur caractérisation. Si l'on ne doute pas que dans le prochain volet des aventures de Tyler Rake l'on en saura davantage sur sa personnalité, on peut notamment apprécier l'échange téléphonique entre Saju Rav, son épouse et son enfant. Entre décors d'une incroyable richesse, une gestion des figurants et des objets absolument démente et une action effrénée à peine ralentie par quelques moments de calme, on tient là une véritable pépite. Reste maintenant à savoir si Tyler Rake 2 confirmera que la relève est assurée...

 

dimanche 7 mai 2023

La graine d'Eloïse Lang (2023) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Si vous aimez François Damiens et que vous choisissez de passer votre soirée devant '' La graine '' pour la simple et bonne raison que le belge trône sur l'affiche en compagnie des deux principales interprètes, préférez donc revoir n'importe quel autre long-métrage le mettant en scène. En effet, le troisième film de l'actrice belge Éloïse Lang n'a absolument aucun intérêt. Non pas que le sujet de ces deux françaises se dirigeant vers la Belgique afin de concrétiser une bonne fois pour toute leur projet de PMA ne mérite pas d'être au centre d'un récit, mais la ligne de conduite de la réalisatrice fait que l'on passe son temps à grincer des dents ou à souffler. Résolvons tout d'abord la question concernant François Damiens. L'acteur n'apparaît qu'une vingtaine de minutes à l'image. Autant dire que ça n'est pas pour lui qu'il faudra sacrifier quatre-vingt dix minutes de notre existence. Non plus pour la '' performance '' de ses deux principales actrices que sont Marie Papillon et Stacy Martin dont l'interprétation est, au mieux, affligeante et au pire, un désastre complet... 
 

On peut accepter le principe de la caricature lorsqu'elle est employée en comédie. Mais de là à se montrer aussi mauvaises, c'est à se demander ou les deux jeunes femmes furent formées avant d'entamer leur carrière d'actrices. Pas de chance pour l'une comme pour l'autre puisqu'elles incarnent en outre deux lesbiennes agaçantes, crispantes, jamais satisfaites et gueulant à tour de rôle... Bref, le genre de personnes que l'on préfère éviter au boulot, au travail, ou d'une manière générale, dans la vie de tous les jours. Alors au cinéma.... Sur la base d'un récit fondé sur un sujet actuellement très porteur et donc excessivement opportuniste, Éloïse Lang réalise son film avec le talent des metteurs en scène des '' Musclés ''. Comprendre par là que la profondeur psychologique est revue à la baisse, accompagnée par des dialogues insipides charriant parfois des concepts de très mauvais goût (ceux qui vivent dans des châteaux sont forcément racistes et homophobes) et enfonçant des portes ouvertes (le système qui écrase les individus de même condition que les héroïnes). Quelques menus détails retiennent cependant l'attention, comme cette famille de bourgeois dont chaque membre est d'une inquiétante caricature (un brin de malaise étouffé par les rires pourra d'ailleurs se faire ressentir). Mais à part cela, '' La graine '' est probablement l'une des pires expériences cinématographiques de ce début de mois de mai proposé par Amazon Prime. Fuyez et ne vous retournez surtout pas devant l'affiche ou la promesse de passer un début de soirée divertissant car '' La graine '' n'est rien moins qu'une purge sans intérêt...

 

vendredi 17 mars 2023

Nitram de Justin Kurzel (2021) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Après un premier long-métrage coup de poing et pour le moins dérangeant (Les crimes de Snowtown en 2011), le réalisateur australien Justin Kurzel revenait en 2021 avec Nitram, s'inspirant une fois de plus d'un fait-divers authentique. Entre-temps, il mit en scène l'une des nombreuses adaptations de la pièce de William Shakespeare MacBeth en 2015, une autre basée sur le jeu vidéo Assassin's Creed l'année suivante ainsi qu'une biographie sur le Bushranger Ned Kelly intitulée Le Gang Kelly en 2019. Anacyclique du prénom Martin, Nitram est celui que porte le héros de ce récit qui situe son action dans les années quatre-vingt dix en Australie. Partageant sa passion entre les feux d'artifices et le surf (ce dernier ne lui procurant aucun plaisir concret puisque ses parents, et sa mère en l'occurrence, ne lui donnent pas les moyens de s'offrir une planche), Nitram est un marginal qui au mieux est hyperactif et au pire, est doté de troubles psychiatriques. Sans amis, regardant les jeunes s'adonner à leur passion sans pouvoir la partager avec eux, l'adolescent s'occupe comme il peut. Au détriment de sa mère (extraordinaire Judy Davis), impuissante, ou de son père (Anthony LaPlagia) qui gère autant qu'il le peut l'énergie débordante de son fils. On retrouve le grain du premier long-métrage de Justin Kurzel qui à l'époque fit sensation. Ou comment aborder un fait de société particulièrement dramatique sous l'angle esthétique du cinéma indépendant. Rejoignant une légion de longs-métrages, Nitram est tout comme le premier film de son auteur ou des œuvres telles que Clean, Shaven de Lodge Kerrigan, Julien Donkey-Boy de Harmony Korine ou Elephant de Gus Van Sant, une œuvre véritablement sous tension psychologique. L'antithèse du rêve américain qui génère autant de malaise que d'interrogations. Une œuvre qui ne transpire ni la joie, ni même l'optimisme. Et ce, malgré la rencontre entre Nitram et cette excentrique vieille femme (Essie Davis dans le rôle d'Helen) qui lui donne enfin un but dans la vie. Ou du moins, partage avec l'adolescent ce non-conformiste qui les place à l'écart de la société. Vivant exclusivement entourée de chiens, de chats et d'oiseaux en liberté dans une vaste propriété, sans époux et sans enfants, Helen accueille chez elle le jeune garçon. Ouvrant à ce dernier des perspectives faussées par la maladie qui contamine son quotidien ainsi que celui de ses proches...


Nitram déploie des trésors de sensibilité portés par l'incroyable performance de l'acteur Caleb Landry Jones qui du haut de ses trente et un ans à l'époque du tournage n'en fut cependant pas à ses débuts puisque avant cela, il débuta en figurant dans l'excellent No Country fort Old Men des frères Coen et poursuivit sa carrière dans des œuvres aussi diverses que Le dernier exorcisme de Daniel Stamm et The Social Network de David Fincher en 2010, X-Men : Le Commencement de Matthew Vaughn l'année suivante ou Get Out de Jordan Peele en 2017. Il interprétera même le rôle principal du premier long-métrage de Brandon Cronenberg Antiviral en 2012. Autant dire que la carrière de Caleb Landry Jones est déjà sacrément enviable, renforcée donc en 2021 par ce Nitram qui, au delà de l'aspect passablement sordide du fait-divers évoqué est aussi et surtout une œuvre déchirante et totalement habitée par le jeune acteur. Un drame social réaliste, pessimiste et dont les personnages évoluent dans une sphère mélancolique. Comme évoqué plus haut, Nitram, le titre, est la lecture à travers un miroir du prénom d'un authentique tueur de masse qui en 1996 sévit dans le petit village de Port Arthur en Tasmanie en tuant trente-cinq personnes et en en blessant vingt-trois autres. Arrêté puis condamné à mille trente-cinq ans de prison, Martin Bryant purge depuis sa peine au Risdon Prison Complex. De la prison pour un individu que le film fait percevoir à travers le prisme de la folie, de la schizophrénie, vivant dans un monde imaginaire et n'ayant pas vraiment conscience du mal qu'il produit. Formidablement interprété par des partenaires caractérisés avec une grande justesse, Nitram cherche, selon son auteur, à faire réfléchir sur la législation concernant le port d'armes en Australie sans pour autant aborder le sujet de manière frontale. Délaissant également l'aspect purement graphique libéré dans une décharge visuelle particulièrement éprouvante dix ans auparavant avec Les crimes de Snowtown, Justin Kurzel s'intéresse donc moins aux conséquences qui ont menées un jeune homme à perpétrer un carnage qu'aux ''motivations'' disproportionnées qui l'ont poussé à ôter la vie à plusieurs dizaines de personnes. Au final, Nitram est une œuvre choc, bouleversante, terrifiante, admirablement interprétée et mise en scène. Un joyau noir...

 

jeudi 2 mars 2023

Re/Member (Karada Sagashi) de Eiichirô Hasumi (2023) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Le concept de la boucle temporelle est dernièrement si répétitive sur petit ou grand écran qu'il faut avoir un sacré sens de l'imagination pour pouvoir prétendre se démarquer de la concurrence et proposer du neuf avec du vieux. Adapté d'un manga éponyme en dix-sept volumes conçu par Welzard, Re/Member (Karada Sagashi) est l'une des dernières ''sorties'' de la plateforme Netflix. Et soit le réalisateur Eiichirô Hasumi est doté d'un solide sens de l'humour noir, soit il est atteint du syndrome de Peter Pan l'empêchant d'évaluer la vacuité du produit achevé ! En effet, rarement le cinéma asiatique en général et le Japon en particulier n'auront osé proposer un tel produit finit, pesé, emballé et distribué à l'échelle mondiale. Dire que Re/Member possède tous les attributs du mauvais film et donc de la mauvaise adaptation est un euphémisme. À moins que son auteur n'ait pensé que n'ayant aucune chance de signer LE film d'horreur et de science-fiction de l'année, il allait tout entreprendre pour réaliser LA purge de la décennie et ainsi faire parler de lui. J'exagère sans doute un peu, un tout petit peu, car des engeances, le cinéma en contient chaque années des dizaines, voire des centaines pires encore que le long-métrage de Eiichirô Hasumi. Mais s'agissant d'une thématique qui se veut aussi précise dans sa construction et sa logique que les boucles temporelles, Re/Member est la parfaite antithèse des chefs-d’œuvre du genre que sont notamment Un jour sans fin de Harold Ramis ou Prédestination de Michael et Peter Spierig...


N'y allons pas par quatre chemins : le long-métrage du réalisateur ne vise absolument pas les spectateurs intellectuellement mûrs. Ce serait peine perdue tant Re/Member apparaît d'une naïveté qu'on ne rencontre chez nous que dans les Sitcom estampillées AB Productions. Il n'y a dans cette... ''chose imberbe et juvénile'', rien à boire ou à manger. Rien que des produits de basse qualité qui vous donneront la gerbe ou le sentiment d'être au pays des Bisousnours. Ouais, les amis. Prévoyez de suivre les aventures de cette bande de collégiens armé d'une bassine car des hauts le cœur, vous allez en avoir tout au long de cet indigent récit qui court sur plus de cent minutes. Pourtant, Eiichirô Hasumi n'en est pas à son premier coup d'essai puisqu'il a débuté sa carrière voilà douze ans et qu'il a depuis enchaîné les longs-métrages, les téléfilms ou les épisodes de séries télévisées. Et puisque l'on parlait quelques lignes en arrière d'émétophilie, sachez que les reflux gastriques dont vous ressentirez très vite les premiers symptômes seront les conséquences non pas des effets gore à proprement parler mais de leur exécution. Car si de manière générale Re/Member est un océan de paresse dans lequel le spectateur se noiera d'ennui et s'il est un univers de puérilité dans lequel chacun se perdra au point de vouloir téter à nouveau le sein maternel, le long-métrage se révélera surtout esthétiquement redoutable : Eiichirô Hasumi signe une œuvre visuellement absconse...


Image léchée de Drama japonais, beaux gosses et jeunes filles en uniforme d'écolière (lesquelles pourront éventuellement augmenter le taux de testostérones des spectateurs de sexe masculin, ce qui sera déjà ça de gagné), décors parfaitement insignifiants mais aussi et surtout, effets-spéciaux gore en CGI du plus A-BO-MI-NA-BLE effet. Au point qu'il est préférable de préciser qu'une exposition prolongée a de grandes chances d'engendrer une cécité temporaire, voire définitive chez le spectateur. Concernant le synopsis, le récit tourne autour d'une poignée de collégiens coincés dans une boucle temporelle qui pour en sortir doivent réunir les divers bouts de cadavres d'une sorte de momie/zombie afin de la reconstituer et ainsi échapper à la malédiction de ''Rouge-Sang'' (c'est son nom). Ils ont jusqu'à minuit, à défaut de quoi, ils revivront indéfiniment la même journée. Et vu le niveau intellectuel de l'écriture ne dépassant pas celui des classes de CE2 ou de CM1, imaginer ces pauvre adolescents condamnés à revivre sans cesse d'aussi insipides aventures semble plus horrible encore que la malédiction elle-même ! C'est niais, neu-neu, cul-cul la praline, trop poli, sans la moindre prise de risque au niveau social (la marginale du groupe ne le restera pas longtemps et tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil), bref, sous ses allures de science-fiction gore, Re/Member est un produit bien trop infantilisant et aseptisé pour avoir un quelconque intérêt. À réserver aux 8/10 ans...

 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...