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mercredi 18 décembre 2024

Terror ou La terreur des morts-vivants de Norman J. Warren (1978) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

En général, je suis plutôt friand du cinéma de Norman J. Warren. Satan's Slave en 1976, Le zombie venu d'ailleurs en 1977, Spaced Out en 1979, Inseminoid en 1981 ou Les mutants de la Saint-Sylvestre en 1987. Concernant Terror qui vit le jour en 1978 au Royaume-Uni et seulement trois ans plus tard en France, c'est une toute autre affaire. L'inconvénient avec ce long-métrage d'horreur abusivement traduit chez nous sous le titre La terreur des morts-vivants est d'abord qu'il n'y a aucune créature décharnée à l'horizon. Trompeur, ce dernier n'est donc pas un film de morts-vivants mais repose plutôt sur une malédiction causée à la suite de la condamnation et de l'exécution de Mad Dolly (L.E.Mack) qui il y a trois-cent ans fut reconnue coupable de sorcellerie et fut brûlée sur un bûcher. Mais avant d'être transformée en merguez trop cuite, celle-ci invoqua le Diable et lança une malédiction sur les descendants de tous ceux qui participèrent à son arrestation ainsi qu'à son exécution.... Mais, ouf ! Tout ceci n'était que la dernière séquence d'un film d'épouvante projeté en avant-première devant l'équipe de tournage. Le récit tourne en réalité autour de James et d'Ann Garrick (John Nolan et Carolyn Courage) qui tout deux sont cousins. Le premier assure qu'il est le dernier d'une lignée dont le Lord Garrick fut celui qui ordonna l'arrestation et l'exécution de Mad Dolly. Et devinez qui va donc faire de nos jours les frais de la malédiction jetée par cette dernière ? Les Garrick eux-mêmes ainsi que leurs proches amis... Bon, ben, pour être tout à fait honnête, Terror n'est pas ce qu'a réalisé de mieux le britannique Norman J. Warren. Fauché comme les blés, le film est très officiellement inspiré par le classique de l'épouvante italienne, Suspiria que réalisa Dario Argento un an auparavant. Toutes proportions gardées, Norman J. Warren avouait ainsi après avoir découvert le long-métrage de l'italien, vouloir mettre en scène un film d'épouvante dans lequel seraient réalisées et réunies des séquences proches de celles qui le marquèrent lors de la projection de Suspiria à laquelle il assista. Que son film soit alors un hommage ou un plagiat, le résultat est très décevant.


Écrit par David McGillivray ainsi que par Les et Moira Young, Terreur a les défauts de ses faibles moyens et contraint alors Norman J. Warren et le personnel chargé des effets-spéciaux de faire avec les misérables moyens du bord. Apparemment aussi séduit par le genre Giallo, le réalisateur britannique offre quelques meurtres perpétrés à l'arme blanche. Filmée en gros plan, celle-ci est mise en avant à la manière des films de Dario Argento et d'autres cinéastes transalpins sans jamais rejoindre le brio des uns et des autres. D'autant plus que la lame n'entre jamais en contact avec les chairs. Du moins, pas devant la caméra. Pourtant, Norman J. Warren multiplie les meurtres créatifs dont l'un des sommets (d'inventivité et sans doute aussi de ridicule) et l'attaque de l'un des personnages par une bobine de film transformée en agresseur mu comme par enchantement. Autour du personnage, les éléments de décor s'emportent, virevoltent, se déchaînent tandis qu'une sorte de tourbillon de pellicule à base de nitrate de cellulose s'empare de la victime, laquelle disparaît promptement en son cœur. Plutôt efficace, donc. La scène se concluant par la chute du personnage, lequel se retrouve le dos au sol, face à une fenêtre-guillotine ouverte et attendant une terrible issue dont on devine déjà la composante. Très brouillon, Terror reste une petite série B horrifique plutôt sympathique dont on ne reprochera finalement pas trop les défauts vu le faible budget alloué à sa production. Ajoutons à cela que contrairement à Suspiria qui demeure une source d'inspiration évidente, le film de Norman J. Warren renvoie davantage à une œuvre qui lui sera postérieure de quatre années. Terror s'avère effectivement beaucoup plus proche dans sa narration de La malédiction de la sorcière de James W. Roberson que du long-métrage de Dario Argento. Au point que l'on peut se demander cette foi-ci si James W. Roberson ne se serait pas à son tour inspiré du film de Norman J. Warren... améliorant par la même occasion le sujet de la malédiction à travers une interprétation, une mise en scène et des effets-spéciaux nettement plus probants...

 

samedi 10 juin 2023

Bloody New Year (ou Les mutants de la Saint-Sylvestre) de Norman J. Warren (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

D'où l'on se positionne en tant que cinéphage ou cinéphile, il y a toujours moyen de trouver de l'intérêt pour une œuvre quels que soient ses qualités artistiques, son budget ou son niveau de créativité. C'est pourquoi l'on a parfaitement le droit de mettre au même niveau des auteurs tels que James Cameron, Quentin Tarantino, Wes Anderon, Steven Spielberg, Christopher Nolan ou... Norman J. Warren. Je me doute bien que certains doivent se demander qui est ce dernier olibrius dont le nom semble gripper cet ensemble parfaitement huilé d'artisans du septième art. Et bien très chers amis, sachez que le bonhomme ne fut rien moins que l'auteur de petites perles horrifiques qui à défaut de bénéficier de grands budgets su saisir parfois certaines opportunités afin de nous offrir quelques séries B parfaitement digestes. À commencer par Satan's Slave en 1976, puis prolongeant le genre l'année suivante avec Prey ou Le zombie venu d'ailleurs et son improbable histoire d'extraterrestre échoué dans une demeure habitée par deux lesbiennes ! Une thématique plus ou moins reproduite deux ans plus tard avec Spaced Out. De la science-fiction pas très sérieuse, domaine dans lequel Norman J. Warren va persévérer jusqu'en 1981 et son Inseminoid, un sympathique sous-Alien déjà nettement plus sérieux et convaincant que les deux précédents. Il faudra ensuite attendre six ans avant que ne débarque sur nos écran Bloody New Year ou Réveillon sanglant ou encore, Les mutants de la Saint-Sylvestre. Abandonnant la science-fiction mais persévérant une nouvelle fois dans le cinéma d'horreur, Norman J. Warren nous convie à suivre les pas d'une petite bande de jeunes adultes qui après avoir connu des déboires lors d'une fête foraine échouent sur une petite île apparemment déserte mais au centre de laquelle se trouve un complexe hôtelier désert. Situé en ÉTÉ (!!!), Les mutants de la SAINT-SYLVESTRE (!!!) est une œuvre étrange, réalisée avec l'allure d'un vieillard se déplaçant en déambulateur, l'intérêt du long-métrage de Norman J. Warren repose tout d'abord sur les divers assauts surnaturels dont vont être victimes ses protagonistes...


Un sextet de personnages plutôt dégrossis au niveau de la caractérisation avec ce tout ce que cela sous-entend : que l'un ou l'autre de nos trois jolies jeunes femmes ou leurs trois prétendants meure, le spectateur restera indifférent au sort qui leur sera accordé. Des meurtres d'ailleurs relativement avares en matière d'hémoglobine. À dire vrai, l'intérêt ''majeur'' de ces Mutants de la Saint-Sylvestre provient de cette grande vague d'événements qui vont se produire durant ce court séjour au sein d'un établissement bizarrement décoré. On croirait en effet que les convives d'une ancienne fête de fin d'année ont pris leurs jambes à leur cou, laissant les décorations telles quelles. On comprend mieux alors la traduction du titre. Une logique qui entre de plain-pied dans un univers où vont se télescoper des créatures d'un passé remontant à une trentaine d'années en arrière avec le présent. Rencontres avec des personnages fantomatiques. Groupe de musique donnant un concert pour une salle vide. Tout comme là projection d'un film lors de laquelle, là encore, la salle est déserte. Des boules de billards qui se déplacent toutes seules, un filet de pêche qui menace de tuer l'une des jeunes femmes, un meuble qui se transforme en mutant (je sais, je sais...) ou des rires transportés par le vent et menaçant deux autres protagonistes. Et des séquences comme celles-ci, Les mutants de la Saint-Sylvestre en contient un certain nombre. Ce qui empêche le film de tomber dans l'ennui total. Car il faut bien le reconnaître qu'à part ces événements, le long-métrage de Norman J. Warren souffre de perpétuels ventres mous qui nuisent profondément à l'intérêt de l'histoire. Tout cela manque cruellement de pêche. Et donc, n'est pas Stanley Kubrick qui veut car que cela soit officiel ou non, il est très clair que le réalisateur a voulu réaliser là un pseudo-Shining dont les valeurs artistiques ont malheureusement dues être revues à la baisse. Les interprètes sont mauvais et donc dignes de figurer aux côtés des pires acteurs du cinéma italien d'horreur des années quatre-vingt. Bourré d'invraisemblances dont je laisse les éventuels futurs spectateurs d'en savourer le contenu, Les mutants de la Saint-Sylvestre possède pourtant un certain charme. Celui de ces petites bandes horrifiques réalisées dans les eighties, pompant sans vergognes certains classiques du genre (l'une des jeunes femmes se transformant en créature démoniaque ressemble en effet sensiblement à celles du Evil Dead de Sam Raimi). C'est donc la fibre nostalgique qui prévaudra car les petits jeunes risquent d'être décontenancés en raison d'un rythme qui oscille entre menues fulgurances et électroencéphalogramme plat ! Un piètre Norman J. Warren pour ce que le concept peut avoir de sens chez un cinéaste dont le cinéma n'a de toute manière jamais réellement brillé pour ses qualités artistiques...

 

mercredi 21 novembre 2018

Satan's Slave de Norman J. Warren (1976)



Catherine Yorke et ses parents Malcolm et Elisabeth font route pour rejoindre la demeure d'Alexandre, son oncle, lorsque à l'approche de celle-ci, la voiture fait une embardée et s'écrase contre un arbre. Alors que sa mère est à demi consciente et le visage en sang, Malcolm demande à sa fille de se précipiter vers la demeure de son oncle, non loin de là, pour avertir les urgences. Mais alors qu'elle n'a fait que quelques mètres, Catherine assiste au drame : la voiture explose avec à son bord ses deux parents. Rattrapée in extremis par son oncle alors qu'elle s'apprêtait à courir vers la voiture en flammes, la jeune femme est mise à l'abri dans la demeure d'Alexandre où on lui donne un sédatif.
Catherine y fait la connaissance de Stephen Yorke, son cousin, ainsi que de Frances. Cette dernière est très vite embarrassée par la présence de Catherine entre les murs de la maison car très attachée par Stephen, elle sent bien que celui-ci n'est pas indifférent aux charmes de sa cousine. Alors que Catherine se remet peu à peu des événements, elle est victimes d'étranges hallucinations dans lesquelles elle assiste à d'horribles scènes de torture...

Après avoir tourné quelques films érotiques, le cinéaste Norman J. Warren revient dès 1976 avec une série de films d'horreur se fourvoyant parfois avec la science-fiction (Prey, Inseminoid). Sa nouvelle carrière débute avec Satan's Slave. Celui-ci comme d'autre semble avoir conservé quelques séquelles de ses œuvres passées puisqu'il y injecte quelques éléments érotiques comme lors de la nuit d'amour entre Catherine et Stephen (Candace Kellerman connue pour avoir joué aux côtés de Roger Moore dans Le Commando de sa Majesté ou dans Cosmos 1999, et Martin Potter qui lui a fait des apparition dans plusieurs longs-métrages dont Le Grand Sommeil et Lady Oscar). Dans le rôle de l'oncle, on retrouve le célèbre acteur britannique originaire de Kuala Lumpur en Malaisie, Michael Gough, qui débuta sa carrière au cinéma en 1947, joua dans quatre longs-métrages consacrant le personnage de Batman, et retrouva le cinéaste Tim Burton pour son dernier rôle en 2010, en prêtant sa voix au Dodo du film Alice au Pays des Merveilles.

Satan's Slave est une relativement bonne surprise. On y retrouve le charme de la campagne anglaise, mais surtout la patte du cinéaste Norman J. Warren qui signe là, l'un de ses meilleurs longs-métrages. C'est dire si le reste de son œuvre demeure d'une qualité toute relative car Satan's Slave, malgré son charme, ne demeure tout de même pas un étalon de choix. Bourré d’invraisemblances jusqu'à la gueule, son film se veut une intrigue tournant autour d'un individu (l'oncle de Catherine) s'adonnant à la sorcellerie. On ne saura jamais les raisons des hallucinations de la jeune femme ni vraiment celles qui voient Frances virer à trois-cent soixante degrés (quoique l'on puisse se douter que cela ait un rapport avec son envie de voir disparaître sa concurrente), toujours est-il que le film se laisse regarder sans vraiment nous leurrer : nous sommes bien ici face à un Warren. Un peu de nudité, une scène d'amour plutôt violente (le type d'accouplement que l'on retrouvera d'ailleurs deux ans plus tard dans Prey), un récit qui tourne un peu en rond, un acteur vampirien plutôt charismatique (Martin Potter), une demeure un peu coupée du monde, et quelques scènes horrifiques qui, si elles ne sont pas des plus réussies, demeurent plutôt gratinées. De quoi passer un peu moins d'une heure trente devant un petit film d'horreur de série B...

mercredi 14 décembre 2016

Spaced Out de Norman J Warren (1979)



Pour le cinéaste britannique Norman J Warren, tous les hommes sont des êtres lubriques qui ne pensent qu'à une chose : le sexe. On en a un parfait exemple avec Oliver, qui promenant son chien imagine les femmes qu'il croise à moitié nues. Ou bien Willy, qui armé d'un magasine érotique se masturbe dès qu'il en a l'occasion. Ou enfin Cliff qui, très amoureux de Prudence, ne supporte plus l'idée d'attendre le mariage pour lui faire l'amour. Mais bientôt, l'occasion de mettre un terme à leur frustrations va se présenter aux trois hommes. En effet, victime d'une avarie, un vaisseau extraterrestre choisi notre planète pour atterrir le temps de réparer. A son bord, Cosia, Partha et Skipper. Trois jeunes et jolies jeune femmes venues d'une autre planète et intriguées par l'apparence de nos trois hommes. Il n'y a guère que Prudence dont les trois extraterrestres se désintéressent. Elle leur ressemble trop. Par contre, Oliver, Willy et Cliff font l'objet d'un intérêt qui va pousser les trois jeunes femmes à mener des expériences sur eux. En effet, qui sont ces être étranges sans poitrines et munis d'appendices entre les jambes ? Pour le savoir, elles vont se livrer à des actes sexuels sur leurs cobayes. Ce qui n'a pas l'air de déranger d'eux d'entre eux, Oliver et Willy. Quant à Cliff, tout comme Prudence, il va confier ses problèmes de couple à un psychologue d'étrange facture qui n'est autre qu'un juke-box...

Qu'est-il donc passé par la tête de Norman J Warren pour qu'il décide de réaliser une telle fiction ? Spaced Out est, sans mauvais jeu de mots, un véritable ovni. Une œuvre de Sexploitation qui aurait pu faire le lien entre son ancienne approche du septième art et la nouvelle s'il n'avait pas déjà mis les pieds dans le domaine de l'horreur par deux fois avec Satan's Slave en 1976 et Prey deux ans plus tard. Spaced Out est un très mauvais film. Plutôt que de progresser dans le meilleur sens, le cinéaste réalise une œuvre totalement fauchée, aussi mal interprétée qu'écrite. Un prétexte fallacieux pour ne montrer qu'une succession de scènes érotiques pas vraiment séduisantes. Si d'un point de vue érectile, on frise le coma génital, le sujet de départ demeure lui-même assez abscons. Norman J Warren fait construire une navette pire encore que les décors kitschissimes de les séries Cosmos 1999 et UFO réunies.

Dès le générique, on sent bien que le film ne va pas nous emmener vers les confins de l'infini mais dans de bêtes studios de cinéma, eux, bien ancrés au sol de notre bonne vieille planète Terre. L'image de fond du générique nous pique les yeux, quant à la bande originale, il s'agit d'un mélange entre rock et disco impropres à la consommation, je vous assure. Spaced Out n'est pas très long. Moins d'une heure vingt au compteur et pourtant, c'est un supplice. On retrouve deux des interprètes de Prey que Norman J Warren a réalisé deux ans auparavant. Barry Strokes qui campait l'extraterrestre dévoreur de chair humaine et qui ici, n'a pas réussi à calmer le feu qui brûle sous la ceinture dans le rôle de Oliver, et Glory Annen, qui fut l'une des deux homosexuelles qui accueillirent l'homme venu d'ailleurs et qui dans Spaced Out se fout à poil avec toujours autant de facilité. Si jusqu'à maintenant on pouvait pardonner au cinéaste britannique ses écarts de conduite, il ne s'agit plus désormais d'accepter tout et n'importe quoi. Cette livraison est vraiment ce que Norman J Warren a pu produire de pire dans sa longue carrière de cinéaste ; Heureusement, il livrera deux ans plus tard l'un de ses plus « célèbres » films, Inseminoid. Encore de la science-fiction, mais bien moins je-m'en-foutiste ...

mercredi 2 novembre 2016

Prey de Norman J. Warren (1977)



Jessica et Joséphine forment un couple de lesbiennes (oui, bon, je sais, ça fait racoleur mais en même temps, l'auteur du film ne se gêne pas lui-même pour exhiber ses deux actrices nues en train de faire l'amour lors d'une scène assez torride) vivant dans une vaste et luxueuse demeure perdue dans la forêt. Une nuit, elles aperçoivent d'étranges lumières dans le ciel tandis que le lendemain, la radio diffuse une information supposant la présence d'extraterrestres dans la région. Alors qu'elles se promènent dans la forêt, elles tombent nez à nez avec un étranger blessé à la jambe. Possessive, Joséphine tente de le chasser en lui demandant de quitter leur propriété tandis que Jessica, elle, propose à l'homme de venir jusque chez elles afin d'être soigné.
L'homme se fait appeler Anders Anderson. Son comportement est curieux, pourtant, il va s'installer auprès de ses deux jeunes hôtes dans leur demeure. Alors que Jessica veut voler de ses propres ailes, Joséphine est de plus en plus nerveuse à l'idée d'accueillir l'inconnu chez elle. Jessica découvre dans la chambre de sa compagne des vêtements ensanglantés ayant appartenu à un ami disparu. La jeune femme soupçonne très vite Joséphine. Dans la région, des cadavres d'animaux sont découverts éventrés. Les deux jeunes femmes soupçonnent un renard d'en être la cause. Mais la vérité est ailleurs...

Réalisé par le cinéaste britannique né à Londres le 25 juin 1942, Norman J. Warren, Prey n'est pas sa première incursion dans le domaine de l'horreur ni sa dernière puisque deux ans auparavant il réalisa déjà Satan's Slave et quelques années plus tard, le film de science-fiction mâtiné de scènes horrifiques, Inseminoid. Norman J. Warren est un honnête petit artisan de séries B. Jamais classieuses ni jamais vraiment ennuyeuses, la filmographie de ce cinéaste mérite que l'on s'y penche même s'il ne faut pas s'attendre à des miracles en terme de mise en scène ou d'effets-spéciaux.

Grotesquement traduit par Le Zombie Venu d'Ailleurs (on cherche d'ailleurs toujours ce qui est passé par la tête des distributeurs français), Prey mélange science-fiction (Dans l'esprit uniquement. Ne vous attendez pas à voir débarquer les petits gris ni voir le moindre vaisseau alien) et épouvante. En fait, le personnage de Anders Anderson (de son vrai nom d'extraterrestre, Kator) pourrait davantage s'assimiler à un vampire ; Quoique, il vrai que cet individu dont la « soif » de viande est irrépressible, ne se contente pas de boire le sang de ses victimes mais les éventre afin de se nourrir de leur chair. Face à lui, un couple de lesbiennes donc, vivant recluses dans une très vaste demeure, et dont l'une voit d'un mauvais œil l'arrivée de Anders. Derrière cette façade de femelle engagée contre la gente masculine, dirons-nous, se cache une serial killer apparemment prolifique puisque tout homme qui ose s'approcher d'elle, et donc de Jessica, fini enterré dans la proche forêt.

Il y en a pour tous les goûts dans Prey. Une pincée de gore (on l'attend longtemps, mais même si la scène est plutôt anecdotique, on s'en contente tout de même). Un soupçon d'érotisme (dont on devine le contenu, même si, vers la fin, on a droit à l'une des seules scènes érotique de l'histoire du cinéma entre une humaine et un extraterrestre. Une scène d'ailleurs, dont l'économie de moyens en terme de maquillage de l'extraterrestre, permet d'éviter le dégoût chez les personnes à la pensée pure qui pourraient s'outrer de voir une femme forniquer avec une créature venue d'ailleurs.
L’œuvre de Norman J. Warren ne prend son véritable rythme de croisière qu'au départ de la seconde moitié du film. Cela peut paraître long (et ça l'est effectivement parfois), mais curieusement, ce long-métrage qui rappelle parfois l'esthétique des films érotiques des années soixante-dix se laisse regarder jusqu'au bout sans déplaisir. Pas un chef-d’œuvre donc, mais une honnête petite série B. En tout cas, je le répète, ne vous fiez pas au titre français car si vous êtes un adepte des films de zombies, vous risquez d'être cruellement déçus...

dimanche 4 janvier 2015

Le Retour des Nanars Du 7ème Art: Inseminoïd de Norman J. Warren (1981)



Alors que la précédente expédition avait abandonné les recherches sur la planète Xeno, l'équipe numéro sept vient de mettre à jour après deux mois de fouilles, un immense complexe de sépultures. Alors que des travaux ont permis de dégager une voie d'accès, la priorité pour l'équipe est de découvrir des indices permettant d'expliquer la disparition d'une race ayant vécu sur cette planète. Entourée par deux soleils, Xeno est cependant une planète froide où la température tourne autour des moins quatre-vingt dix degrés. Malgré tout la vie y est possible grâce notamment à la base qui sert de foyer à l'équipe d'archéologues.

Toutefois, un incident survient lors de fouilles et touche trois hommes dont l'un disparaît. Emmené jusqu'à l'infirmerie, l'un d'eux, inconscient, conserve dans le poing de sa main gauche quelques cristaux que le médecin de la base s'empresse de retirer dans l'intention de les examiner plu tard. Le troisième homme est bientôt retrouvé inconscient lui aussi. Celui qui tenait les cristaux dans sa main finit par se réveiller mais lors d'un repas, il se sent mal et s'excuse auprès des autres avant d'aller retrouver sa chambre. Il en profite en réalité pour quitter la base et se rendre sur le lieu des fouilles malgré l'interdiction du commandant...

L'homme semble être sous le contrôle d'une force invisible qui le pousse à retourner sur le lieu où se trouvent les sépultures...

Certain verront dans cet Inseminoid une pâle copie du Alien, Le Huitième Passager de Ridley Scott même si le producteur Richard Gordon l'a toujours nié. En tout cas, certaines idées (le repas durant lequel l'un des archéologues victime d'une explosion se sent mal ou encore la présence d'une créature qui décime un à un les membres de l'équipe) y font beaucoup penser.

Mais n'arrivant jamais à se hisser au niveau de ce classique de la science-fiction, l'idée finit par se faire oublier et l'on cherche avant tout à comprendre ce qu'il se passe devant nos yeux. Ça court de tous les côtés. Le sang pisse pas mal et les effets-spéciaux sont plutôt réussis même s'ils ne font pas sauter au plafond. On s’énervera peut-être devant la trop grande résistance de Sandy, personnage ayant vécu une expérience terrifiante, un viol commis par un extraterrestre (tiens, comme dans La Galaxie De La Terreur!). Ses acolytes sont des légumes masochistes qui retournent chaque fois sur les différents lieux de drames. Et évidemment, chaque fois c'est pareil. Un ou deux morts puis, retour au bercail.

Il y a cependant dans cet Inseminoïd quelque chose d'excitant. Le titre tout d'abord qui pour les plus anciens rappellera sans doute une légendaire collection éditée par René Château Vidéo : "Les Films Que Vous Ne Verrez Jamais A La Télévision". Évidemment, depuis, celui-ci et tous les autres ont connu plusieurs diffusions télévisées mais cet Inseminoïd garde le charme de ces films un peu fauchés mais sincères. Pas de frissons, mais du sang. Qui gicle et dont les origines (amputations, coups de couteaux, etc..) sont parfois filmées hors-champ. Si l'on doit vraiment trouver dans cette œuvre une source d'inspiration, autant chercher du côté de David Cronenberg et de son film Rage. Car si les origines du mal sont différentes, le comportement de Sandy est similaire à celui de l'héroïne du film de Cronenberg. Un besoin de sang pour que grandisse le bébé-parasite qu'elle porte en elle.

Un petit film sympathique donc, qui ne révolutionnera pas le genre mais qui se laisse regarder avec un réel plaisir.
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