Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Ray Milland. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ray Milland. Afficher tous les articles

vendredi 5 décembre 2025

Hydra, le monstre des profondeurs d'Amando de Ossorio (1984) - ★★★★★☆☆☆☆☆


Sous les oripeaux du film américain incarné par des acteurs outre-atlantiques, Serpiente de Mar (ou Hydra, le monstre des profondeurs chez nous) est pourtant bien un film d'origine espagnole. Comme ne l'indiquent d'ailleurs pas forcément certains noms qui s'affichent lors du générique du début, lequel intervient juste après une séquence durant laquelle l'on assiste au largage d'une bombe atomique par un avion de l'armée américaine au beau milieu de l'océan Atlantique. Il ne faudra donc pas se référer à certains des pseudonymes parmi lesquels Gregory Green et Gordon A. Osburn appartiennent à un cinéaste hispanique bien connu des amateurs de cinéma d'épouvante. En effet, derrière ces deux ''sobriquets'' se cache un seul et même homme : le réalisateur et scénariste espagnol Amando de Ossorio dont l’œuvre la plus connue reste certainement sa tétralogie des Templiers dont il réalisa les quatre volets entre 1971 et 1975. Serpiente de Mar signe ainsi en 1985 la fin d'une carrière longue de trente-trois ans et essentiellement reconnue grâce aux différentes incartades du cinéaste dans les domaines de l'horreur, de l'épouvante et du fantastique. Un dernier baroud, pas vraiment honorable, qui constitue l'exemple type du film de monstre géant dont les origines ne remontent pas au premier Godzilla de Ishirō Honda et Tomoyuki Tanaka ni même au King Kong de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack puisqu'on peut notamment découvrir les prémices d'un genre qui par la suite deviendra un courant à part entière dans le film d'animation Gertie the Dinosaur que réalisa en 1914 l'américain Winsor McCay... Une fois le générique arrivé à son terme l'on fait la connaissance des protagonistes qui évolueront dans un contexte de film d'épouvante sous-tendant la question de l'écologie et des répercussions que peuvent avoir des essais nucléaires sur la faune marine. Si l'impact de la radioactivité touche d'abord des bancs de poissons devenus fluorescents, le véritable antagoniste du récit est donc cette étrange créature, réveillée de son profond sommeil et dont les dimensions laissent supposer qu'au contact des retombées radioactives celle-ci a grossit dans des proportions démesurées. Le héros se nomme Pedro Fontan (Timothy Bottoms), capitaine d'un chalutier qui va connaître une énorme avarie lorsque Hydra, monstre hideux, aux yeux globuleux et fait de caoutchouc, attaque l'embarcation. Une créature conçue telle une marionnette se promenant dans des maquettes afin de ressembler à ces immenses Kaiju du cinéma japonais.


Alors que les quatre membres de l'équipage qui l'accompagnent se méfient de lui depuis que l'un d'eux (Jared Martin, dans le rôle du premier officier Lemaris) a affirmé avant d'embarquer à bord du bateau que Pedro fut responsable de la mort de son frère lors d'une précédente sortie en mer, plusieurs hommes meurent, avalés par les ''terribles'' mâchoires de Hydra. Accusé par Lemaris d'être coupable de la mort de certains membres de l'équipage, un procès est ouvert s'agissant de reconnaître la culpabilité ou l'innocence du capitaine. Le témoignage de Lemaris provoque de fortes retombées sur Pedro qui perd ainsi son titre de capitaine et se voit interdit de prendre les commandes de n'importe quelle embarcation ! Personne ne voulant le croire lorsqu'il affirme que le véritable responsable est un énorme monstre surgit des profondeurs de l'océan, Pedro décide de se lancer à la poursuite de la créature. Il rencontrera sur son chemin Margaret (Taryn Power), laquelle fut à son tour témoin de la mort de sa meilleure amie, littéralement avalée par Hydra. Rejoints bientôt par le professeur Timothy Wallace (l'acteur Ray Milland), ils vont tous les trois s'unir afin de suivre la trace de l'horrible monstre qui semble se diriger vers le continent africain... Si vous faites partie de ceux qui pensent que les créatures et les décors des mythiques Kaiju Eiga du cinéma japonais flirtent avec le ridicule, c'est que vous ne connaissez sans doute pas encore Serpiente de Mar. Car dans le genre l'on a rarement vue bestioles aussi grotesque. Si l'on n'a pas d'idée précise concernant le budget, Amando de Ossorio témoigna à plusieurs reprise avoir regretté que le financement consacré aux effets-spéciaux fut largement insuffisant. C'est d'autant plus dommage que le scénario n'est pas le plus mauvais qui ait vu le jour concernant ce genre de production. Malheureusement, aussi piteux soient la plupart des effets-spéciaux, l'incarnation n'est elle aussi pas vraiment brillante. Dans sa version originale l'on a en outre la curieuse impression que les dialogues furent post-synchronisés de manière désastreuse. Ce qui accentue le côté nanardesque du long-métrage d'Amando de Ossorio. Et l'on parle là de la version originale et non pas du doublage en français que l'on devine par avance aussi pittoresque. Évidemment inspiré des œuvres de Ishirō Honda et de ses compatriotes nippons, Serpiente de Mar ne fait malheureusement pas le poids face à la concurrence...


samedi 22 avril 2023

La falaise mystérieuse (The Uninvited) de Lewis Allen (1944) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Je me souviens très clairement de ce jour où je découvrais lors d'un passage à la télévision de l'improbable La chose à deux têtes (The Thing with Two Heads) du réalisateur américain Lee Frost. L'acteur Ray Milland y incarnait le rôle d'un chirurgien de couleur blanche très gravement malade et surtout, TRES raciste. L'on y assistait alors à la transplantation de la tête du dit chirurgien aux côtés de celle d'un condamné à mort de couleur... noire ! Un film de blaxploitation fantastique totalement farfelu mais ô combien cultissime. Je me souviens également très bien de ce pauvre homme dont la femme venait d'être retrouvée morte sur une plage et qui dans l'épisode Faux témoin de la série Columbo suppliait le plus célèbre lieutenant-détective de Los Angeles de retrouver celui qui avait commis le meurtre. Ou encore l'épisode Dites-le avec des fleurs dans lequel un vieil homme amateur de fleurs trucidait son neveu pour une question de gros sous. Dans les deux cas, Ray Milland interprétait l'époux de la victime puis l'assassin. Un acteur touche à tout, capable d'incarner n'importe quel personnage dans autant d’œuvres diverses. Comme celui qui apparaît tout d'abord comme un individu passablement pleutre dans La falaise mystérieuse (The Uninvited) de Lewis Allen. Précédant de très loin quelques-uns des grands classiques de la maison hantée tels La nuit de tous les mystères de William Castle, The Innocents de Jack Clayton, La maison du Diable de Robert Wise ou La maison des damnés de John Hough, le long-métrage de Lewis Allen doit être abordé avec infiniment de précautions. Non pas que le film regorge de séquences si effroyables que votre cœur battra la chamade plus qu'il n'en faut (bien au contraire), mais parce que le réalisateur d'origine britannique qui précédemment ne s'était manifesté qu'à travers le court-métrage Freedom Comes High choisit un angle qui ne satisfera en priorité que celles et ceux qui aiment que l'on tartine un film de bons sentiments quelle que soit sa thématique. Ici, Ray Milland incarne le rôle de Roderick Fitzgerald qui sur supplique de sa sœur Pamela (l'actrice Ruth Hussey) obtient l'autorisation d'acheter pour une somme relativement modique une superbe demeure appartenant à un certain Commander Beech (Donald Crisp) qui saute sur l'occasion pour se débarrasser de cette grande bâtisse dont il refusait jusque là l'accès à sa petite-fille Stella (Gail Russell)...


Une jeune femme âgée de seulement vingt ans dont la mère mourut dans d'horribles circonstances alors qu'elle n'avait que trois ans et dont le père est mort quelques années plus tard. Éduquée d'une main de fer par un grand-père rigide et antipathique, la jeune femme va cependant se faire de nouveaux amis grâce au couple formé par Roderick et Pamela. Ballade en voilier, invitation à dîner... Mais il se passe des choses étranges dans la demeure que viennent d'acquérir les Fitzgerald. Des pleurs nocturnes se font entendre. Les portes et fenêtres claquent régulièrement. Un étrange parfum se diffuse dans les pièces et l'attitude de leur chien change dès qu'il pénètre à l'intérieur. Bref, de quoi faire de La falaise mystérieuse un excellent film de maison hantée. Ce qui n'est malheureusement pas le cas en raison du traitement beaucoup trop romantique imposé aux personnages incarnés par Ray Milland et Gail Russell. Trop timide dans son approche du fantastique (malgré, en outre, une séance de spiritisme à base de Ouija) et donc de l'effroi, le rythme de La falaise mystérieuse est parfois pesant. Dommage car quelques séquences laissaient envisager une œuvre où la peur aurait pu dominer sur tout autre sentiment. Cette pièce étrange dotée d'une verrière et où les fleurs se fanent instantanément. Cette séquence lors de laquelle les nouveaux acquéreurs entendent des pleurs et sont filmés dans une semi-obscurité en haut des escaliers menant aux chambres. Derrière ce mystère se cache plusieurs éventualités. La présence d'un fantôme étant promptement confirmée et résolvant donc une partie de l'intrigue qui entoure la demeure et ses anciens propriétaires, ne restait plus qu'à Lewis Allen et aux scénaristes Dodie Smith et Frank Partos (sur la base d'une écrite par la romancière irlandaise Dorothy Macardle) de trouver un moyen de relancer l'intrigue à travers une toute autre énigme reliant directement les événements avec la mort de la mère de Stella. Parfois remarquable, le noir et blanc de la pellicule permet au réalisateur d'imprimer un réel sentiment d'angoisse dont la séquence opposant le frère et la sœur demeure fort malheureusement, l'une des très rares occasions de ressentir l'oppression qui se dégage des lieux. Lewis Allen s'entoure d'interprètes convaincants mais penche sans doute un peu trop l'intrigue du côté de la romance. Une approche qui bouffe littéralement le côté fantastique. D'autant plus que, choix curieux, Ray Milland interprète un Roderick Fitzgerald pas très courageux et donc certaines attitudes prêtent davantage à sourire...

 

jeudi 1 décembre 2022

!!! Spéciale Amicus Productions !!!

 



  • Je suis un monstre (I, Monster) de Stephen Weeks


Et si les actes monstrueux perpétrés par Jack l'éventreur n'étaient que la conséquence des expériences menées par le Docteur Jekyll ou comme ici son homologue le Docteur Psychiatre Marlowe ? Car comme nous le savons tous, chaque homme cache en lui une part sombre que seule une infime quantité de l'humanité a choisi de laisser s'exprimer. Première chose à savoir. Si le héros de Je suis un monstre (I, Monster) a changé de nom, ça n'est pas tant pour des questions de droits que par précaution de la part de ses concepteurs qui craignent alors de faire douter les investisseurs. En effet, le sujet reposant sur l'ouvrage The Strange case of Dr Jekyll and Mister Hyde de Robert Louis Stevenson qui fut déjà maintes fois transposé sur grand écran, une certaine lassitude aurait pu faire craindre que le public ne se lasse. Il n'en demeure pas moins que le long-métrage de Stephen Weeks qui signait là son premier film en 1971 s’attelle à retranscrire le plus fidèlement possible cette étrange histoire dans laquelle intervient notamment la théorie du Surmoi chère à Freud, là où s'inscrivent des valeurs morales interdisant les actes immoraux, criminels ou plus simplement répréhensibles. Produit par la société Amicus Productions connue pour être la rivale de la célèbre Hammer Films tout en étant considérée inférieure d'un point de vue créatif, Je suis un monstre n'en est pourtant sans doute pas moins l'une des meilleures adaptations du classique littéraire de l'épouvante britannique. Un joyau, à vrai dire, dans lequel l'on retrouve deux des plus grandes icônes du cinéma fantastique des années 50, 60 et 70 en Angleterre. Christopher Lee et Peter Cushing. Les deux hommes se rencontreront à de nombreuses reprises et notamment sur les tournages du Cauchemar de Dracula, Dracula 73 ou sur celui de Dracula vit toujours à Londres dans lesquels le premier interprétera le plus célèbre des vampires et face auquel le second incarnera le rôle du non moins célèbre chasseur de vampire, le Docteur Abraham Van Helsing. Baignant dans une atmosphère délétère qui ne lâchera pas son emprise avant que le générique de fin n'intervienne, Je suis un monstre décrit l'éprouvante expérience menée par le Docteur Marlowe, lequel étudie la possibilité de soigner ses patients à partir d'un sérum qui permettrait de modifier leur personnalité ainsi que leur comportement.
Testant diverses substances sur des animaux de laboratoire avant de les expérimenter sur plusieurs patients, le Docteur Marlowe décide un jour de s'injecter lui-même le fameux sérum qui le transformera en Monsieur Blake. Un être cynique, violent et physiquement repoussant que le Docteur Marlowe va autoriser à prendre sa place à de nombreuses reprises, jusqu'à ce que le drame survienne : en effet, à force de s'injecter le sérum dans les veines, le psychiatre finit par ne plus arriver à contrôler son alter ego obscure. Malgré l'emploi d'un antidote qui lui permettait jusque là de revenir à sa forme normale, Blake semble devoir prendre de plus en plus régulièrement les contrôles physique et mental de son hôte. Au delà de son approche fantastique,
Je suis un monstre aborde la thématique des drogues, de leur dépendance et des ravages qui déterminent les modifications physiologiques et comportementales des individus qui les consomment. D'où une approche relativement dramatique du personnage du Docteur Marlowe se muant en un être mesquin, agressif et se dé-sociabilisant, qu'aucun de ses proches ne reconnaît derrière le visage effrayant de Blake, ce ''maître-chanteur'' supposé qui apparaît authentiquement avoir pris le dessus sur son hôte. Christopher Lee campe alors une créature repoussante, pourtant dénué de tout maquillage et que seul son macabre sourire et une apparence physique volontairement délabrée parvient à rendre crédible. On appréciera également cette ville de Londres de la fin du dix-neuvième siècle reconstituée, avec ses ruelles sombres, insalubres et embrumées, ses recoins et ses bars sordides, ses prostituées et ses grands amateurs de mauvais alcools. Sa courte durée (à peine plus de soixante-quinze minutes) oblige le réalisateur et le scénario de Milton Subotsky à écourter certains passages du récit en multipliant les ellipses. Un inconfort minime pour une œuvre parfois glaçante et se positionnant comme l'une des meilleures adaptations de l’œuvre de Robert Louis Stevenson...


  • Le mystère de la bête humaine (The Beast must die)


Changement radical de décor avec Le mystère de la bête humaine de Paul Annett. De décor mais aussi de qualité puisque malgré le contexte dans lequel se déroule le récit (la luxueuse demeure d'un riche propriétaire), le film semble avoir l'air fauché comme les blés. Partant cependant d'une idée on ne peut plus originale, ce long-métrage dont on reconnaîtra parmi les interprètes l'acteur Peter Cushing est probablement l'un des plus improbables qu'ait pu produire la Amicus. Dire que le film est une purge est un euphémisme. Surfant sur la vague des Whodunit chers à Agatha Christie, Le mystère de la bête humaine semble également vouloir s'offrir une place bien au chaud parmi les légendes de la Blaxploitation en offrant le rôle principal à l'acteur américano-bahaméen Calvin Lockhart bien que le personnage de Tom Newcliffe devait à l'origine être interprété par Robert Quarry. Un choix qui plus que de donner l'impression que les personnages naviguent effectivement au cœur de ce formidable courant ayant revalorisé l'image des afro-américains dans le cinéma des années soixante-dix, offre un ton vraiment étrange. Surtout pour l'époque. Un black au milieu d'une troupe de personnages tous plus blancs les uns que les autres et parmi lesquels le bonhomme soupçonne l'existence d'un loup-garou ! Le concept du Whodunit étant ce qu'il est, on devine alors que le principe sera autant pour le spectateur que pour Tom Newcliffe de découvrir qui parmi ses convives est celui qui se cache derrière la bête humaine du titre. Malheureusement pour lui, le scénariste Michael Winder n'étant pas Agatha Christie, le résultat à l'écran est désastreux.
Une piteuse version des Chasses du comte Zaroff et de tous ses succédanés dans laquelle l'on s'éloigne donc de l'époque et de l'ambiance fiévreuse de Je suis un monstre pour des années soixante-dix où l'on reconnaît bien là quelques symboles de cette période notamment à travers les rouflaquettes, les coiffures afro, les pattes d'éléphant ou encore les pulls en acryliques et à cols roulés très près du corps ! On comprend très rapidement que l'expérience va s'avérer rude à contempler jusqu'au bout. D'emblée l'on assiste à la chasse d'un homme noir par des soldats commandés à distance par un certain Pavel (l'acteur Anton Diffring) avant de comprendre que tout n'était qu'une épreuve visant à démontrer les moyens mis en jeu pour une future chasse au loup-garou. C'est lourd, long et si peu passionnant que l'envie, déjà, de mettre fin au calvaire se fait ressentir. Mais bon, comme on est un brave gars et que l'on veut bien donner sa chance à Paul Annett, on va aller jusqu'au bout... Mauvais mais aussi parfois touchant de naïveté dans sa manière de vouloir proposer une alternative fantastique des Dix petits nègres ou de tout autre Whodunit du genre, Le mystère de la bête humaine souffre d'être redondant. Des séquences de chasse nocturnes sans grand intérêt. Des soupçons qui reposent un peu trop aisément sur le plus crédible des suspects. Une révélation qui n'étonnera pas grand monde et des effets-spéciaux inexistants puisqu'en lieu et place d'un loup-garou nous avons droit à un authentique loup... tout court ! Post-synchronisation désastreuse, jeux d'acteurs pathétique, scénario et mise en scène bâclés, il n'y a vraiment rien à sauver dans ce naufrage artistique. Pas même les personnages eux-mêmes et dont la caractérisation est simplement inexistante...


  • The Uncanny de Denis Héroux


Pour conclure, évoquons The Uncanny de Denis Héroux. Sous ce patronyme francophone se cache un réalisateur, scénariste et producteur montréalais,, auteur d'une quinzaine de longs-métrages en autant d'années dont une majorité de drames. Il terminera sa carrière de réalisateur avec cette production Amicus parfois traduite sous le titre Les chats du diable ou plus simplement sous celui de Brrr... Comme le titre (français) le précise, ce film à sketchs met en scène nos petites boules à poils. Oui, celles qui font des ravages auprès des amateurs de chats sur la toile. Sauf qu'ici, le concept est moins de s'attendrir en les regardant jouer ou en les écoutant ronronner que d'assister à quelques massacres au grès de péripéties mettant en avant de vils êtres humains. En préambule, le film s'ouvre sur la rencontre entre l'éditeur Frank Richards (Ray Milland) et l'auteur d'un ouvrage relatant des récits fantastiques au centre desquels s'inscrivent nombre de chats (Peter Cushing dans le rôle de Wilbur). Afin de convaincre l'éditeur de publier son roman, le vieil homme (qui craint lui-même les chats) conte à son ôte les récits que l'ouvrage renferme. Au nombre de trois, ceux-ci font donc l'objet d'autant de courts métrages. Dans le premier intitulé London 1912, une vieille dame un brin acariâtre (Joan Greenwood) demande à son notaire de remplacer son testament par un second. Alors qu'elle avait jusque là prévu de tout léguer à son neveu Michael (Simon William), voilà que désormais celle-ci compte bien laisser le tout à ses amours de chats. Sauf que la chose n'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde et que la soubrette (Susan Penhaligon dans le rôle de Janet) s'empresse de tout révéler à l'opportuniste neveu. Le second, intitulé Quebec Province 1975, met en scène une gamine prénommée Lucy (Katrina Holden Bronson), martyrisée par sa cousine Angela (Chloe Franks) depuis qu'elle s'est installée chez sa tante et son oncle. Ne supportant pas la présence du chat de sa nièce, Mrs. Blake (Alexandra Steward) mettra tout en œuvre pour s'en débarrasser tandis que sa propre fille fera des misères à sa cousine.
Le troisième segment met quant à lui en scène un certain Valentine De'Ath (Donald Pleasence). Acteur dont l'épouse vient de décéder des suites d'un accident lors du tournage d'un film d'horreur. Un accident ? Pas vraiment. Plutôt un homicide commis pat l'époux infidèle qui s'empresse ensuite de rejoindre sa maîtresse Edina Hamilton (Samantha Eggar). Mais c'était sans compter sur le chat de la morte qui fera payer à son mari et sa maîtresse leurs odieuses manigances... Sachons rester objectifs et reconnaissons que malgré la présence d'une poignée d'interprètes prestigieux, The Uncanny est nettement moins passionnant pour son approche horrifique que pour ses portraits d'une humanité veule, intéressée et criminelle. L'on retiendra du premier sketch la longue attaque de dizaines de chats s'acharnant sur la personne de Janet. Du second, le caractère psychopathique de la cousine et une séquence assez mal fagotée renvoyant à L'homme qui rétrécit de Jack Arnold. Et du troisième... ben en fait, pas grand chose. La réalisation et la direction d'acteurs de Denis Héroux sont franchement piteuses. Les interprètes manquent de naturel et quelle que soit l'époque invoquée, on a toujours l'impression que l'intrigue se déroule à la même période. De plus, il demeure difficile de s'effrayer devant les assauts des chats. Surtout lorsque l'on en est un fervent admirateur et que l'on a appris à maîtriser ou du moins comprendre leur attitude. C'en est même parfois amusant, à nous imaginer des techniciens jeter à bouts de bras ces pauvres félins sur les acteurs qu'ils sont censés agresser...

dimanche 19 janvier 2020

The House in Nightmare Park de Peter Sykes (1973) - ★★★★★★★☆☆☆



Spécialiste de l'horreur et du fantastique (Demons of the Mind en 1972 et To the Devil a Daughter en 1976), le réalisateur et scénariste australien Peter Sykes signait en 1973 la comédie horrifique The House in Nightmare Park. Surfant sur la vague humoristique d'un Blake Edwards ou d'un Mel Brooks, Peter Sykes réalise alors une comédie ambitieuse, mêlant suspens, épouvante et donc, humour dans un melting pot rappelant le meilleur du roman policier britannique à la tête duquel trône sans doute toujours l'écrivain Agatha Christie. Le récit de The House in Nightmare Park tourne autour d''un pitoyable comédien en représentation dans un théâtre minable lorsqu'il est convié à se rendre au domicile de Stewart Henderson. Convaincu de son propre talent, Foster Twelvestrees accepte et se rend donc chez son hôte et ses proches. Une drôle de famille : une sœur, trois frères et leurs conjointes dont une partie d'entre eux débarqueront afin de réclamer leur dû, un domestique d'origine indienne, une mère psychopathe enfermée à l'étage et surtout, une magnifique demeure de style gothique.

Si l'on devine très rapidement que le propriétaire des lieux incarné par l'acteur britannique Ray Milland (L'Horrible Cas du Dr X de Roger Corman en 1963, La Chose à deux Têtes de Lee Frost en 1972) n'est absolument pas intéressé par les ''talents'' de conteur de son invité interprété par Frankie Howerd (Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band de Michael Schultz en 1978) lui aussi d'origine britannique, on est encore loin de supposer l'incroyable stratagème mis en place d'une part par le propriétaire de la superbe demeure, mais encore plus par les scénaristes Clive Exton et Terry Nation qui en la matière n'ont pas à rougir face au meilleur d'Agatha Christie dont ils peuvent se revendiquer. Tel quel, le concept nous offre durant plus d'une heure trente une foison de surprises allant de l'introduction de divers personnages absolument tous plus savoureux les uns que les autres jusqu'à la promesse de twists brillamment mis en place...

Outre les personnages de châtelain et de son invité incarnés par Ray Milland et Frankie Howerd, The House in Nightmare Park est l'occasion de croiser la route de Hugh Burden, Kenneth Griffith, John Bennett, Rosalie Crutchley, Ruth Dunning ou encore Elizabeth MacLennan. Décors superbes, parfois oppressants, ambiance surréaliste (quelques cadrages accentuent l'atmosphère gothique des lieux), mysticisme et scénario en forme de Cluedo n'empêchent pas l’œuvre de Peter Sykes d'être amusante (même si elle ne s'avère jamais irrésistiblement drôle) et ce, grâce au jeu tout en finesse de ses interprètes parmi lesquels le comique Frankie Howerd se montre des plus convaincant. Hurlant, sursautant, grimaçant, opposé à un Ray Milland et une famille froids et demeurant de marbre, l'acteur jubile dans cet étonnant mélange d'humour et de suspens. Pas assez drôle pour n'être qu'une pure comédie et suffisamment respectueux du matériau d'origine pour en faire tout de même une passionnante enquête autour d'un héritage lors duquel les morts s'accumulent, The House in Nightmare Park propose un excellent compromis et surtout, un complet divertissement...

lundi 19 novembre 2018

The Premature Burial de Roger Corman (1962) - ★★★★★★★☆☆☆



Roger Corman, Ray Milland et Edgar Allan Poe réunit tous les trois sous la bannière de l'épouvante avec The Premature Burial, réalisé par le premier, interprété par le second, et inspiré d'une nouvelle éponyme écrite et publiée en 1844 par le troisième. Alors que Roger Corman pense tout d'abord à l'acteur Vincent Price pour interpréter le rôle de Guy Carrell (le cinéaste et l'acteur ayant déjà collaboré ensemble sur deux adaptations de l'écrivain), celui-ci est sous contrat avec American International Pictures et ne peut donc accepter de jouer le personnage qui sera alors confié à Ray Milland, une autre icône du septième art, peut-être moins connue des amateurs d'épouvante mais qui a cependant joué dans des œuvres marquantes, telles L'Horrible cas du Docteur X (signé un an plus tard, toujours par Roger Corman), ou encore l'improbable long-métrage de blaxploitation The Thing with Two Heads de Lee Frost. The Premature Burial met en scène l'aristocrate britannique Guy Carrel à l'époque victorienne, dont la hantise est d'être enterré vivant. Une véritable obsession qui prendra la forme d'un mausolée construit de ses propres mains et à l'intérieur de laquelle il a aménagé un ensemble de systèmes lui permettant de fuir les lieux au cas où il y serait enfermé par erreur. Car Guy Carrel est victime d'un trouble qui touchait déjà son père : en effet, il lui arrive de perdre conscience et de se retrouver dans un état de catalepsie pouvant conduire les médecins à le croire mort. Il affirme d'ailleurs à qui veut l'entendre que tout petit, il entendit son père crier de sa tombe le jour de son enterrement. Un fait qui n'a jamais été vérifié mais qui depuis, ne cesse de le hanter. Très amoureuse de lui, Emily Gault désespère de ne pouvoir l'épouser. Jusqu'au jour où Guy accepte enfin de lui mettre la bague au doigt...

Une très belle demeure et un cimetière nappé d'une brume permanente, voilà le décor qui sert de cadre à The Premature Burial. Qui plus qu'un simple film fantastique et d'épouvante et une machination orchestrée contre le propriétaire d'une maison où vit également sa sœur, Kate (Heather Angel) et leur domestique. L'on y croise le docteur Gideon Gault (Alan Napier), frère d’Émilie et inventeur de génie travaillant sur l'électricité, le collègue de celui-ci, un certain Miles Archer (Richard Ney), ainsi que deux fossoyeurs qui contrairement aux habitudes du métier délogent les cadavres de leur tombe (ces derniers évoquant sensiblement les méfaits macabres du duo de criminels Burke et Hare ayant sévit dans les années 1820) au bénéfice du docteur Gault qui mène ainsi sur eux ses expériences. The Premature Burial mêle aussi bien la thématique abordée dans Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley que celui du zombie sortant de sa tombe après y avoir séjourné un court moment. L’œuvre de Roger Corman et aussi et surtout le récit d'une machination orchestrée de manière si habile qu'il faudra requérir l'explication finale pour enfin savoir le vrai du faux.

Dans un style très « Hammer Films », Roger Corman réalise une œuvre romanesque viciée par l'avarice et nantie d'une séquence onirique qui dénote avec l'esthétisme général de The Premature Burial. En effet, face au trouble de son principal personnage, le cinéaste évoque la pire de ses craintes à travers une scène presque... psychédélique. Si dans le meilleur des cas, le casting semble infaillible, l'actrice Hazel Court qui campe le personnage d'Emily Gault montre très vite ses limites. Contrairement à l'une des rares autres représentantes de la gente féminine en la personne de Heather Angel dont le jeu est empli d’ambiguïté. Une excellente surprise et un vrai plaisir de retrouver Ray Milland dans le rôle principal...

mercredi 14 mai 2014

Blaxploitation: The Thing With Two Heads de Lee Frost (1972)



Un richissime chirurgien spécialisé dans la transplantation d'organes, le Docteur Maxwell Kirshner, est sur le point de mourir. Depuis qu'il est atteint d'une forme grave et avancée de rhumatismes, il travaille chez lui, en secret, et entouré d'une équipe de fidèles collaborateurs, sur un projet insensé : la greffe de tête. Après voir effectué des tests concluants sur un gorille, et parce qu'il ne lui reste que quelque jours à vivre, il demande à son ami le Docteur Philip Desmond de lui trouver un donneur afin de greffer sur ce dernier sa propre tête afin qu'il survive à la fin tragique qui l'attend.

Raciste, le Docteur Maxwell Kirshner compte les heures et finit par tomber dans un coma profond. Alors qu'il est aidé par un respirateur artificiel, le Docteur Desmond met tout en œuvre pour trouver un volontaire. Jack Moss, condamné à mort pour un crime qu'il affirme ne pas avoir commis est sur la chaise électrique lorsqu'il propose dans les dernières minutes de donner son corps à la science afin de gagner du temps pendant que son épouse enquête sur l'affaire qui l'a mêlé à la mort d'un homme. Car en effet, celui qui sera le sujet de l'expérience vivra encore trente jours avant que sa tête ne soit définitivement séparée de son corps au profit de celle du Docteur Kirshner.

L'opération est très vite mise en place dans la cave de la luxueuse demeure de Kirshner et dans le plus grand secret. L'intervention se déroule bien, mais, lorsque celui-ci se réveille, c'est pour constater que sa tête a été greffée sur le corps... d'un noir !

Totalement absurde mais ô combien intéressante, l'idée de The Thing With Two Heads est de confronter un richissime médecin à ce qui l'horripile au plus haut point : les homme de couleur. Tellement raciste et ancré dans ses conviction qu'on le voit dénigrer un confrère noir dont la carrière, pourtant, est prometteuse.

Pur film de blaxploitation, cette œuvre signée Lee Frost possède un manque évident de moyens. Entre le grotesque déguisement de singe et la fausse tête plantée à côté de celle du black en question (Rosey Grier), Ray Milland interpréte un chirurgien particulièrement antipathique. Pour les gros plans, l'acteur que l'on a pu voir dans un certain nombre de films (L'Horrible Cas du Dr X, Panique Année Zéro) et de séries (Columbo, La Croisière S'amuse) est planqué derrière l'imposante stature de Rosey Grier. Les figurants, qui se comptent sur les doigts des deux mains passent et repassent devant la caméra, tentant ainsi de donner l'impression que l’hôpital dirigé par Kirshner est vivant. C'est pourtant la triste impression du contraire qui saisit le spectateur. Quand au repère du chirurgien, la cave, elle permet avec évidence de pallier au petit budget du film.

Alors qu'habituellement dans les œuvres cinématographiques, les rapports forcés de deux individus aux tempéraments, à la classe sociale et aux convictions antinomiques finissent par mener à la réconciliation, ici, le cinéaste s'en fiche, appuyant un peu plus sur les nombreuses différences des deux acteurs principaux. Rendant Moss attachant et Kirshner rebutant.

Film fantastique et d'action, les scènes de course-poursuite s'enchainent sans vrai temps mort mai les cascades font peine à voir, les voitures de police tombant dans des fossés de manière peu crédible. Pourtant, malgré tous les défauts qu'il comporte, The Thing With Two Heads possède un charme, un cachet et une sincérité qui font plaisir à voir. Il faut concevoir cette œuvre comme un nanar fauché, décalé, subversif (pour l'époque et peut-être même désormais pour aujourd'hui) mais relativement plaisant à suivre.

A savoir qu'un film avait déjà été réalisée un an plus tôt et était sorti sous un titre tout aussi dingue : The Incredible 2-Headed Transplant...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...