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samedi 26 octobre 2024

Cycle Les Charlots: À nous quatre, Cardinal ! de André Hunebelle (1974)



Afin de montrer son estime au Duc de Buckingham, la Reine de France lui a offert le collier de ferrets, cadeau de son époux le Roi, et que ce dernier aimerait lui voir porter pour leur prochaine apparition en public. Désemparée, elle envoie les mousquetaires d'Artagnan, Athos, Porthos, Aramis et leurs valets Planchet, Bazin, Mousqueton et Grimaud récupérer son bien en Angleterre avant que le Roi ne s'aperçoive de sa disparition et que son épouse ne soit déshonorée.
Ses ennemis, le Cardinal de Rochefort et le Père Joseph apprenant que les huit hommes partent afin de retrouver le collier de ferrets, envoient quant à eux Milady de Winter afin que la jeune femme séduise le Duc de Buckingham et lui dérobe le bijou avant que les amis de la Reine ne puissent mettre la main dessus. Alors que les huit hommes et Milady se retrouvent par hasard devoir passer la nuit dans la même auberge avant leur voyage pour l'Angleterre, les quatre mousquetaires tombent l'un après l'autre dans un piège fomenté par la jeune femme. Le lendemain matin, après avoir retrouvé leur maîtres profondément endormis au pied du lit de Milady, leurs valets s'emparent de leur costume et prennent le bateau en direction de l'Angleterre...

Suite directe des Quatre Charlots Mousquetaires, À nous quatre, Cardinal ! Nous conte donc les pérégrinations des Charlots en Angleterre. Toujours interprété par le célèbre quatuor de comiques, on retrouve une fois de plus le cinéaste André Hunebelle aux commandes de ce film de cape et d'épée humoristique qui n'économise pas sur l'action puisque les combats à l'épée sont assez fréquents et dynamisent un récit relativement simpliste.

André Hunebelle fait un clin d’œil à son propre film Fantômas contre Scotland Yard lors d'une scène qui voit le Cardinal de Rochefort et Milady batailler pour attraper un cheval. Comme le fera plus tard Dany Boon avec Bienvenue chez les Ch'tis, André Hunebelle enb met une couche concernant les clichés relatifs à l'Angleterre avec la non moindre pluie qui tombe dès l'arrivée de nos héros. Le film n'est pas spécialement drôle, plutôt amusant et même assez réussi si l'on tient compte du fait qu'avant André Hunebelle, les cinéastes qui se sont attachés à faire jouer Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli, Jean Sarrus et Jean-Guy Fechner l'on fait à travers des œuvres comiques plutôt lourdingues.

André Hunebelle profite donc de l'engouement du public pour faire jouer ces quatre musiciens reconvertis dans le cinéma humoristique, demeurant toujours les auteurs des bandes originales, mais montre un certains respect en leur coltinant des rôles plus fins qu'à leurs habitudes, après avoir tout de même fait jouer d'illustres acteurs de la trempe de Jean Marais et de Louis de Funès. Siu cette suite est moins drôle que le premier round, À nous quatre, Cardinal ! demeure une belle réussite qui allie l'humour et l'aventure. Toujours aussi attachants, les Charlots se lâchent littéralement en fin de bobine. Une forme d'explosion burlesque qui rappellera au public leurs méfaits passés et qui firent leur gloire. Le reste de la production reste égale à elle-même bien que Paul Préboist soit moins visible à l'écran que lors du premier épisode. On y retrouve à nouveau Josephine Chaplin dans le rôle de Constance Bonacieux et qui n'est autre que la propre fille de l'acteur Charles Chaplin. Le film est une complète réussite... 


samedi 19 octobre 2024

Cycle Les Charlots: Les Quatre Charlots mousquetaires de André Hunebelle (1974)



Alors que les célèbres mousquetaires Athos, Porthos, Aramis et d'Artagnan remportent tous les suffrages auprès de leurs concitoyens, leurs valets Grimaud, Mousqueton, Planchet et Bazin rectifient le tir en expliquant que leur maîtres ont fait leur renommée en partie grâce à eux. Alors qu'un certain Alexandre Dumas assiste au témoignage des quatre hommes, ces derniers racontent comment ils ont empêché un complot ourdi par le Cardinal de Rochefort, le père Joseph et Milady de Winter de se mettre en place...

Très librement adapté du roman d'Alexandre Dumas Les Trois Mousquetaires, Les Quatre Charlots Mousquetaires est le sixième long-métrage à mettre à l'honneur le quatuor de comiques. Le tournage a été partagé entre studio et décors naturels, du château de Meillant, dans le département du Cher, tout comme celui de Culan, lui aussi situé dans la même région, et jusqu'aux studios de Billancourt à Paris. Le cinéaste André Hunebelle qui a beaucoup fait jouer l'acteur Jean Marais avec lequel à joué Louis de Funès dans la trilogie Fantômas, offre aux Charlots Jean-Guy Fechner, Gérard Filipelli, Gérard Rinaldi et Jean Sarrus leur premier film de cape et d'épée.

Beaucoup de costumes donc, et des gags moins nombreux et sans doute un peu moins lourds que par le passé. Les quatre comiques vont se voir offrir l'opportunité de porter de nombreux costumes donc, et de devoir par conséquent jouer sur plusieurs registres tout en conservant ce qui fait la particularité de leur personnage. D'abord Valets des célèbres mousquetaires créés par Alexandre Dumas, il vont se fondre au cœur d'une intrigue en revêtant des habits de gouvernantes, d'hommes d'église et même de mousquetaires. 


Les Quatre Charlots Mousquetaires mêle roman historique et comédie, et même si tout cela ne vole jamais très haut, on passe un moment relativement plaisant. Que les fans des Charlots qui n'auraient pas encore vu celui-ci se rassurent : si dans un premier temps, il est vrai qu'on ne les voit que très rarement à l'image, ils deviennent ensuite la pièce centrale du film,épaulés en cela par la très amusante prestation de l'acteur Paul Préboist dans le rôle du Père Joseph et qui illumine les scènes de sa présence et de son parler si particulier.

Outre ce dernier, le film de André Hunebelle compte pas mal d'acteurs connus puisqu'au générique, on peut noter la présence de Daniel Ceccaldi dans le rôle du Roi Louis XIII, Bernard Haller dans celui du Cardinal de Rochefort, Jacques Legras en Alexandre Dumas, Bernard Menez en Gouverneur par Intérim de la Bastille, et une fois encore, Jacques Seiler qui décidément demeure fidèle aux Charlots. De cette œuvre naîtra en cette même année 1974 une suite intitulée À nous quatre, Cardinal ! Toujours interprétée par les Charlots et par la distribution de ce premier film conjoint entre le cinéaste et les comiques...

jeudi 30 juin 2022

Ils sont fous ces sorciers de Georges Lautner (1978) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Georges Lautner... ce grand, cet immense bonhomme qui se cacha derrière des œuvres aussi fondamentales pour le cinéma dramatique, policier ou comique français que Le septième juré en 1961, Les tontons flingueurs en 1963, Les seins de glace en 1974, Le professionnel en 1981 ou La maison assassinée semble avoir régulièrement cédé au chants des sirènes de la médiocrité. Lui avec lequel ont collaboré, Mireille Darc, Bernard Blier, Paul Meurisse, Lino Ventura, Francis Blanche, Michel Serrault, Louis de Funès, Alain Delon et Jean-Paul Belmondo s'est laissé aller à quelques légèreté en plus de quarante ans de carrière et autant de longs-métrages. Quelques défaillances techniques qu'on ne lui reprochera pas forcément et dont certaines, cependant, ont carrément flirté avec le nanar. Et parmi celles-ci, Ils sont fous ces sorciers dont le titre à lui seul reflète cette folle appréhension que l'on ressent devant une œuvre supposée dégager ce même parfum âcre qu'exhalent les pires comédies franchouillardes des années soixante-dix. Mais si, vous savez, celles qui commettaient toutes l'erreur d'inviter sur leurs plateaux de tournage les mêmes figures d'un cinéma irrémédiablement rance dont on ne peut encore aujourd'hui goûter la saveur si particulière qu'après quelques verres dans le nez : Alice Sapritch, Patrick Prejean, Sim, Paul Préboist, Henri Tisot, Luis Rego, Jacky Sardou et j'en oublie beaucoup volontairement... Encarté entre un Delon (Mort d'un pourri en 1977) et trois Belmondo (Flic ou Voyou en 1978, Le guignolo en 1980 et Le professionnel l'année suivante), Ils sont fous ces sorciers met en scène Jean Lefebvre, Henry Guybet, Renée Saint-Cyr, Daniel Ceccaldi, Catherine Lachens et l'inénarrable Julien Guiomar dans une comédie dont les dialogues sont aussi légers que la mise en scène et l'interprétation. Une comédie presque... fantastique puisque les deux héros de ce récit, Julien Picard et Henri Berger, se retrouvent à l'île Maurice. L'un pour le travail, l'autre pour son plaisir. Alors que les deux hommes se lient d'amitié et finissent ensemble un soir accoudés au zinc d'un bar en compagnie de Marie-Louise Précy-Lamont (Renée Saint-Cyr), une envie pressente d'uriner les pousse à s’exécuter au plus vite mais les deux hommes ne s'aperçoivent pas qu'ils sont en train de se soulager au pied d'un Totem ! Furieux, les dieux lancent alors sur Julien et Henri une malédiction qui les poursuivra jusqu'à leur retour dans la métropole...


Toute l'absurdité du propos délivre alors son message à base de phénomènes inexplicables. Julien ne renvoie plus aucun reflet dans les miroirs et un poil long et dru lui pousse sur tout le corps quand vient la nuit. Henri, lui, n'est pas mieux loti puisque au même moment, ce sont deux énormes crocs qui surgissent d'entre ses lèvres. Les deux hommes ont deux points en communs. Il n'apparaissent plus sur les photos et peuvent communiquer à distance par transmission de pensée. Ne manquerait plus au tableau qu'Aldo Maccione débarque au beau milieu du récit, histoire de boucler cette bouffonnerie sans queue ni tête. Sans réel scénario non plus puisque dès lors nous n'aurons plus droit qu'à une succession de phénomènes parmi lesquels, un Henry Guybet lévitant à l'horizontale et un Jean Lefebvre à la verticale. Accompagné de ses fameux éclats de rire, Henry Guybet parvient sans mal à communiquer sa joie de vivre. Heureusement car il n'y a là, pas matière à s'esclaffer autrement que par dépit. Albert Kantoff n'étant pas Michel Audiard, on se contente de dialogues superflus, revus à la baisse et indignes du cinéma de Georges Lautner. Ce qui sauve peut-être le film du naufrage tient moins de l'expression désabusée de Jean Lefebvre et les interminables séances de rires de Henry Guybet que les présences de Renée Saint-Cyr, Catherine Lachens (allez savoir pourquoi mais cette actrice m'a toujours foutu le trouillomètre à zéro) ainsi que celle de Julien Guilomar, cet immense et indispensable second rôle du cinéma français qui nous régala notamment dans les rôles de Jacques Tricatel dans L'aile ou la cuisse et Le commissaire Bloret dans Les ripoux, tout deux réalisés par Claude Zidi ou dans celui de Camille dans L'incorrigible de Philippe de Broca. Des rôles taillés à sa mesure. Dans Ils sont fous ces sorciers, aussi stupide que puisse apparaître la dernière partie, voir celui qui incarne le patron de Jean Lefebvre se plier en quatre pour son subalterne à tout de même quelque chose d'irrésistiblement savoureux. Pour le reste, on a vraiment l'impression que Georges Lautner a tout entreprit pour saborder le projet. Jusqu'à même faire appel au pourtant talentueux Philippe Sarde pour la musique, lequel signe une bande originale nanardesque...

 

mercredi 27 mai 2020

Un Témoin dans la Ville d'Édouard Molinaro (1959) - ★★★★★★★☆☆☆



À bord d'un train de nuit, Pierre Verdier jette sa maîtresse Jeanne Ancelin par dessus bord parce qu'elle veut le quitter. Après avoir été soupçonné, il est finalement acquitté par le juge d'instruction. Mais l'époux de Jeanne, persuadé qu'elle ne s'est pas suicidée et que c'est son amant qui l'a tué est bien décidé à venger la mort de sa femme qui l'a pourtant trompée. Ancelin s'introduit chez Pierre Verdier, l'attend, et le tue par pendaison. Mais lorsque l'assassin quitte la demeure, il tombe sur le radio-taxi Lambert, témoin de sa présence sur les lieux. Alors qu'Ancelin tente de se constituer un alibi en payant une prostituée cinq mille francs en la faisant passer pour une conquête auprès d'un collègue chauffeur routier, l'homme n'a cependant qu'une obsession : retrouver et se débarrasser de celui qui l'a vu sortir de chez Verdier. Commence alors une folle aventure, entre la surveillance du domicile de Lambert et sa poursuite dans les rues de la ville...

Lorsque le réalisateur français Édouard Molinaro réalise en 1959 Un Témoin dans la Ville, il a déjà derrière lui toute une série de documentaires et de courts-métrages ainsi que deux longs-métrages, Le Dos au Mur en 1958 et Des Femmes Disparaissent l'année suivante. Un Témoin dans la Ville est une véritable tragédie. Ou comment un homme pourtant trahit par sa femme qui fréquentait l'homme qui finira par la tuer décide de venger sa mort en traquant et tuant son assassin. Édouard Molinaro réalise un troisième long-métrage convainquant incarné par un Lino Ventura formidable dont le personnage de Lancelin personnifie merveilleusement bien les difficultés que peut rencontrer un homme contraint de se débarrasser d'un témoin gênant. C'est ainsi que l'acteur adapte le comportement d'Ancelin en fonction de celui qu'il projette d'assassiner. Autant, l'immense Lino Ventura arbore le visage dur du bras vengeur qui malgré l'adultère de son épouse (l'actrice Françoise Brion) est bien décidé à faire payer l'auteur de son meurtre, autant on le voit défaillir à plusieurs reprises (et notamment lors de la séquence située sur un quai de métro), blêmissant à l'idée de se débarrasser d'un individu auquel, au fond, il ne peut que reprocher d'avoir été au mauvais endroit, au mauvais moment...

Tiraillé par son dégoût de l'acte en lui-même et de la nécessité de se débarrasser du seul homme qui pourrait le faire accuser du meurtre de Pierre Verdier (l'acteur Jacques Berthier), Lino Ventura se retrouve au cœur d'un thriller qui ne le voit non pas traqué à son tour par la police, mais par toute une équipe formée autour des collègues chauffeurs de taxi et standardistes de Lambert. Édouard Molinaro filme une grande partie de Un Témoin dans la Ville de nuit, offrant un caractère parfois sinistre à un récit qui ne l'est pas moins. Le choix fut proposé à la future star Lino Ventura d'incarner le rôle de Lambert. Cependant, l'acteur lui préféra nettement celui d'Ancelin, le rôle du chauffeur de taxi tombant alors entre les mains de l'acteur italien Franco Fabrizzi. Un personnage que tente de rendre attachant le réalisateur et les scénaristes Gérard Oury, Alain Poiré et Georges Tabet en lui offrant une idylle avec l'actrice Sandra Milo qui elle, incarne la standardiste Liliane.

Très bien interprété, Un Témoin dans la Ville est surtout fort d'une mise en scène efficace, d'une interprétation soignée et d'un montage plutôt vigoureux. Mais l’œuvre d'Edouard Molinaro est surtout un thriller efficace, une descente aux enfers pour un homme pas ou peu préparé à ce qui l'attend. C'est toute la subtilité de Lino Ventura que d'avoir su incarner un homme comme tout le monde dans une aventure hors du commun. Adapté de l’œuvre des romanciers Pierre Boileau et Thomas Narcejac, le long-métrage d’Édouard Molinaro signe l'un des premiers rôles vraiment importants de Lino Ventura. Parmi les interprètes secondaires, on notera la présence de Jacques Monod qui au début incarne l'avocat de Verdier, de Daniel Ceccaldi en client de taxi étranger ou plus discrètement, de celle de Robert Castel dans le rôle de Bob la Tenaille...

lundi 25 novembre 2019

Quand Passent les Faisans d'Édouard Molinaro (1965) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Lorsqu'Édouard Molinaro s'accapare le scénario d'Albert Simonin et Jacques Emmanuel, finalement peu inspiré, c'est aidé du dialoguiste Michel Audiard malgré la présence des assistants réalisateurs Philippe Monnier et Patrick Saglio qu'il met en boite son dixième long-métrage (si l'on excepte sa participation au film à sketchs Les Sept Péchés capitaux). Quand Passent les Faisans est dans la grande tradition des longs-métrages ayant vu le jour dans les années 1960 : Georges Lautner, Henri Verneuil et ici Édouard Molinaro à la mise en scène et Michel Audiard à l'écriture des dialogues. Cette époque signe également la présence d'un panel d'interprètes qui émergent plus ou moins et que l'on reverra alors très régulièrement durant les décennies suivantes. Lino ventura, Francis Blanche, Claude Rich, Maurice Biraud, Mireille Darc. Dans le cas présent, aucun d'entre eux, mais Bernard Blier, Paul Meurisse, Michel Serrault et Jean Lefebvre. Le carré idéal pour une histoire d'arnaque dont l'efficience humoristique tournera malheureusement court...

En effet, est-ce la présence d'un Michel Audiard en soutient à la mise en scène, mais Quand Passent les Faisans s'avère relativement décevant. Si la première demi-heure est fort sympathique, le récit s'étiole, s'allonge dans des proportions irraisonnées et ce, sans qu'aucune séquence mémorable ne vienne relancer son intérêt. C'est pourtant avec un certain sens de la mise en scène qu'Édouard Molinaro fait évoluer ses personnages au centre d'une arnaque dont va être la victime un entrepreneur en travaux publics interprété par Michel Serrault. Si la victime c'est lui, l'équipe d'escrocs et donc quant à elle réunie autour de Bernard Blier et Jean Lefebvre qui après avoir tenté d'arnaquer le personnage incarné par Paul Meurisse, lui-même une canaille, collaborent avec ce dernier pour monter un coup fumant...

C'est avec une certaine mollesse que Quand Passent les Faisans déroule son intrigue. Non pas que l'on s'y ennuie (quoique), mais l'intérêt pour son histoire s'efface au profit de personnages qui cabotinent et de scènes parfois proprement ubuesques dont le cinéma français avait à l'époque le secret. En dehors de quelques soubresauts, trop rares pour que l’œuvre d'Édouard Molinaro et les dialogues de Michel Audiard suffisent à satisfaire les amateurs de comédies françaises, Quand Passent les Faisans est une comédie mineure, que pas même Bernard Blier, (pourtant habituellement capable d'élever le pire nanar au rang de film culte grâce à sa seule présence) ne parvient à justifier du moindre intérêt. Bien qu'aidé dans la réalisation, Édouard Molinaro signe ici l'un de ses plus faibles longs-métrages. Pas vraiment à l'aise avec le script, l'auteur de Oscar, L'Emmerdeur, Pour cent Briques, t'as plus Rien ou de Beaumarchais, l'Insolent déçoit...

samedi 16 novembre 2019

La Grosse Caisse d'Alex Joffé (1965) - ★★★★★★★☆☆☆



Après Les Hussards en 1955, Fortunat en 1960, Le Tracassin ou Les Plaisirs de la Ville en 1961, Les Culottes Rouge en 1962 et avant Les Cracks en 1968, année de son dernier long-métrage, le réalisateur français Alex Joffé offrait à l'acteur Bourvil son quatrième et avant dernier-rôle dans l'un de ses longs-métrages. Situant son action dans le métro parisien du milieu des années soixante, La Grosse Caisse est une comédie policière extrêmement plaisante à suivre grâce notamment à l'interprétation de son principal interprète ainsi que de l'antagoniste incarné par l'acteur Paul Meurisse. Loin du sinistre Michel Delassalle du chef-d’œuvre d'Henri-Georges Clouzot Les Diaboliques, ce dernier interprète le personnage de Paul Filippi. Un truand séduisant qui après avoir bénéficié d'un non lieu dans une nouvelle affaire d'escroquerie approche le poinçonneur de RATP Louis Bourdin. Deux individus sans rapports aucun, mais qui vont faire un bout de chemin ensemble après que le second ait contacté le premier pour lui proposer une affaire particulièrement juteuse (le hold-up des six-cent millions d'anciens francs embarqués à bord de la rame des finances passant chaque soir vers minuit).

La Grosse Caisse, c'est l'alternative choisie par un honnête poinçonneur, amoureux de sa jolie collègue de travail Angélique (la charmante Françoise Deldick), auteur d'un manuscrit dans lequel il détaille le hold-up de la rame des finances. Un ouvrage dont il confie la lecture à la belle Angélique qui s'empresse de lui confier après avoir passé la nuit à lire le manuscrit, tout le bien qu'elle en pense. La grosse tête et les chevilles qui enfle, Louis se voit déjà publié par un éditeur de renom. Mais alors que le manuscrit lui revient en retour après l'avoir envoyé à différentes maisons d'édition, il décide de prendre sa revanche en prouvant que contrairement aux affirmations de ces dernières qui évoquent l’invraisemblance du récit, le hold-up est possible. C'est donc ainsi que Louis cherche à confier son projet à un criminel d'envergure. Après une tentative qui s'est soldée par un méchant coup de pied aux fesses, il tombe sur un article dans un quotidien dans lequel le rédacteur évoque le non-lieu dont a bénéficié le truand Paul Pilippi. Louis décide donc de faire appel à ce dernier...

C'est un réel plaisir que de retrouver pour la quatrième fois l'acteur Bourvil dans un long-métrage signé d'Alex Joffé. Œuvre en noir et blanc, La Grosse Caisse fait la part belle au métro parisien puisqu'une grande majorité des scènes sont tournées dans quelques-unes des stations du Métropolitain traversées par des rames Sprague-Thomson qui furent les premières à être entièrement conçues en métal. On notera quelques passages situés dans la station Arsenal qui à l'époque avait déjà été abandonnée depuis plus de vingt-cinq ans et qui sert depuis à la formation des agents du département de maintenance des équipements. Elle sert dans La Grosse Caisse de point névralgique au braquage de la rame des finances, décorée de vieux modèles de voitures exposées sur les quais de la station.

Bourvil et Paul Meurisse campent un tandem d'antagonistes savoureux. D'un côté, on retrouve un Bourvil tantôt amoureux, tantôt prétentieux (l'hypothétique édition de son roman lui donnant des ailes), parfois trouillard mais en général, surtout drôle et attachant. De l'autre, un Paul Meurisse suave, classe et posé. Un gangster à l'ancienne, respectueux de certaines traditions (son personnage reconnaîtra notamment s'être servi du poinçonneur afin que ce dernier échappe à la prison). Le plaisir est donc réel, teinté de séquences parfois très amusantes, tel le passage dans le bar-restaurant durant lequel Louis tente de faire lire à un type qui vient tout juste de sortir de prison sa proposition écrite de hold-up. Outre les deux principaux interprètes, on retrouve également à l'écran tout un panel de seconds rôles savoureux eux aussi : Roger Carel interprète le chef de station Monsieur Souverstre, Daniel Ceccaldi le collègue de Louis Bourdin, Pignol. Quant à Tsilla Cheldon, on la retrouve neuf ans avant son rôle de dame pipi des toilettes de la gare de l'est dans la comédie de Jacques Besnard C'est pas parce qu'on a rien à Dire qu'il faut Fermer sa Gueule, mais dans le rôle d'une marchande de journaux. Une très sympathique comédie...

samedi 29 juin 2013

Le Tour de France: Le Vélo de Ghislain Lambert de Philippe Harel (2001)


Petit cycle consacré au cyclisme avec, pour commencer, Le Vélo De Guislain Lambert de Philippe Harel...

Comme le dit si bien la voix-off (Antoine de caunes) au début du film, Le Vélo De Guislain Lambert ne raconte en rien l'histoire d'un champion de cyclisme mais plutôt celle d'un homme passionné et avide de gloire et de reconnaissance. Il vit de petits métiers qu'il n'éprouve aucune honte à exercer mais qui sont loin de le contenter. Maurice Focodel un jour le rencontre sur une route de campagne et lui propose d'intégrer son équipe de cyclistes.
Un jour, alors qu'il fait du porte à porte, il fait la connaissance de Babette qui vit chez sa vieille mère et dont il va instantanément tomber sous le charme. Sa mère le présente comme le vendeur qu'il est alors que Ghislain lui, va très vite rectifier le tire en se présentant plutôt comme un cycliste.

La vie en compagnie des autres cyclistes de l'équipe ne semble pas vraiment l'enchanter.De plus il réalise que les courses amateurs n'ont que très peu de rapports avec celles des professionnels. Sur les routes de campagne il est régulièrement poussé par la voix puissante de son premier fan, son frère Claude.Lors de la toute première course, il croisera sur le chemin le regard de la jeune Babette rencontrée un peu plus tôt et, déconcentré, finira dans un fossé. Lui qui rêve d'être premier sur les podiums réalise que les dirigeants de l'équipe misent avant tout sur un certain Fabrice, leader prétentieux du groupe.

C'est après être allé chez un ancien cycliste chez qui il s'est rendu accompagné d'un coéquipier afin d'acheter des "boyaux" que l'idée de prendre des substances dopantes lui vient à l'idée. Enfermés dans les toilettes d'une habitante d'un petit village dans lequel doit débuter une nouvelle course, Ghislain sera dopé par son ami qui lui injectera une dose massive de drogue. Totalement speed, il va démarrer la course en trombe, la menant avec une très large avance pendant une bonne partie du trajet jusqu'au moment ou il finira allongé sur le bord de la route. Lors des courses suivantes, il prendra l'habitude de se doper dans des proportions beaucoup plus raisonnables trouvant divers subterfuges lors des tests d'urine et montera même quelques fois sur le podium.

Lassé d'être considéré comme la cinquième roue du carrosse et de ne pas recevoir le fruit de ses efforts qui à son détriment servent la cause du leader,lors d'une banale partie de carte jouée en compagnie de Fabrice, le sus-dit leader, et contre deux hommes d'une équipe adverse Ghislain s'évertuera à mal jouer pour qu'une fois son coéquipier soit défait face à un concurrent adverse. Un comportement qui verra son aboutissement dès le lendemain lors de l'étape du jour au cours de laquelle il tentera de nuire à Fabrice. Malheureusement pour Ghislain, au terme de cette course folle, il sera convoqué pour un test d'urine lors duquel il sera convaincu de dopage. Il sera finalement viré de l'équipe et c'est alors que son frère Claude prendra la décision de prendre les choses en main concernant sa carrière de cycliste...

Benoit Poelvoorde qui interprète le rôle de Ghislain lambert nous avait habitué à des rôles plutôt comiques et même si parfois l'on sourit face à certaines situations, c'est surtout la tragédie d'un petit homme qui aimerait en devenir un grand qui retient l'attention. Ghislain Lambert semble se chercher dans cette volonté permanente de réussir qui le mène le plus souvent à la désillusion. José Garçia qui interprète lui le rôle du frère apparemment exigeant mais qui se révèle en réalité un petit escroc est toujours parfait et prouve une fois de plus qu'il est un excellent acteur. On notera que la musique, dont la relative discrétion donne un certain sens au réalisme des différentes situations, ne manque pas vraiment.Philippe Harel, auteur d'une quinzaine de longs métrages et acteur parfois étonnant voire énervant réalise un film superbe de simplicité, sans artifice et qui mise avant tout sur un jeu d'acteur convainquant...Mission réussie.
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