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jeudi 30 juin 2022

Ils sont fous ces sorciers de Georges Lautner (1978) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Georges Lautner... ce grand, cet immense bonhomme qui se cacha derrière des œuvres aussi fondamentales pour le cinéma dramatique, policier ou comique français que Le septième juré en 1961, Les tontons flingueurs en 1963, Les seins de glace en 1974, Le professionnel en 1981 ou La maison assassinée semble avoir régulièrement cédé au chants des sirènes de la médiocrité. Lui avec lequel ont collaboré, Mireille Darc, Bernard Blier, Paul Meurisse, Lino Ventura, Francis Blanche, Michel Serrault, Louis de Funès, Alain Delon et Jean-Paul Belmondo s'est laissé aller à quelques légèreté en plus de quarante ans de carrière et autant de longs-métrages. Quelques défaillances techniques qu'on ne lui reprochera pas forcément et dont certaines, cependant, ont carrément flirté avec le nanar. Et parmi celles-ci, Ils sont fous ces sorciers dont le titre à lui seul reflète cette folle appréhension que l'on ressent devant une œuvre supposée dégager ce même parfum âcre qu'exhalent les pires comédies franchouillardes des années soixante-dix. Mais si, vous savez, celles qui commettaient toutes l'erreur d'inviter sur leurs plateaux de tournage les mêmes figures d'un cinéma irrémédiablement rance dont on ne peut encore aujourd'hui goûter la saveur si particulière qu'après quelques verres dans le nez : Alice Sapritch, Patrick Prejean, Sim, Paul Préboist, Henri Tisot, Luis Rego, Jacky Sardou et j'en oublie beaucoup volontairement... Encarté entre un Delon (Mort d'un pourri en 1977) et trois Belmondo (Flic ou Voyou en 1978, Le guignolo en 1980 et Le professionnel l'année suivante), Ils sont fous ces sorciers met en scène Jean Lefebvre, Henry Guybet, Renée Saint-Cyr, Daniel Ceccaldi, Catherine Lachens et l'inénarrable Julien Guiomar dans une comédie dont les dialogues sont aussi légers que la mise en scène et l'interprétation. Une comédie presque... fantastique puisque les deux héros de ce récit, Julien Picard et Henri Berger, se retrouvent à l'île Maurice. L'un pour le travail, l'autre pour son plaisir. Alors que les deux hommes se lient d'amitié et finissent ensemble un soir accoudés au zinc d'un bar en compagnie de Marie-Louise Précy-Lamont (Renée Saint-Cyr), une envie pressente d'uriner les pousse à s’exécuter au plus vite mais les deux hommes ne s'aperçoivent pas qu'ils sont en train de se soulager au pied d'un Totem ! Furieux, les dieux lancent alors sur Julien et Henri une malédiction qui les poursuivra jusqu'à leur retour dans la métropole...


Toute l'absurdité du propos délivre alors son message à base de phénomènes inexplicables. Julien ne renvoie plus aucun reflet dans les miroirs et un poil long et dru lui pousse sur tout le corps quand vient la nuit. Henri, lui, n'est pas mieux loti puisque au même moment, ce sont deux énormes crocs qui surgissent d'entre ses lèvres. Les deux hommes ont deux points en communs. Il n'apparaissent plus sur les photos et peuvent communiquer à distance par transmission de pensée. Ne manquerait plus au tableau qu'Aldo Maccione débarque au beau milieu du récit, histoire de boucler cette bouffonnerie sans queue ni tête. Sans réel scénario non plus puisque dès lors nous n'aurons plus droit qu'à une succession de phénomènes parmi lesquels, un Henry Guybet lévitant à l'horizontale et un Jean Lefebvre à la verticale. Accompagné de ses fameux éclats de rire, Henry Guybet parvient sans mal à communiquer sa joie de vivre. Heureusement car il n'y a là, pas matière à s'esclaffer autrement que par dépit. Albert Kantoff n'étant pas Michel Audiard, on se contente de dialogues superflus, revus à la baisse et indignes du cinéma de Georges Lautner. Ce qui sauve peut-être le film du naufrage tient moins de l'expression désabusée de Jean Lefebvre et les interminables séances de rires de Henry Guybet que les présences de Renée Saint-Cyr, Catherine Lachens (allez savoir pourquoi mais cette actrice m'a toujours foutu le trouillomètre à zéro) ainsi que celle de Julien Guilomar, cet immense et indispensable second rôle du cinéma français qui nous régala notamment dans les rôles de Jacques Tricatel dans L'aile ou la cuisse et Le commissaire Bloret dans Les ripoux, tout deux réalisés par Claude Zidi ou dans celui de Camille dans L'incorrigible de Philippe de Broca. Des rôles taillés à sa mesure. Dans Ils sont fous ces sorciers, aussi stupide que puisse apparaître la dernière partie, voir celui qui incarne le patron de Jean Lefebvre se plier en quatre pour son subalterne à tout de même quelque chose d'irrésistiblement savoureux. Pour le reste, on a vraiment l'impression que Georges Lautner a tout entreprit pour saborder le projet. Jusqu'à même faire appel au pourtant talentueux Philippe Sarde pour la musique, lequel signe une bande originale nanardesque...

 

vendredi 15 mars 2019

Quelques Messieurs trop Tranquilles de Georges Lautner (1972) - ★★★★★★☆☆☆☆



En 1972, Georges Lautner réalise Quelques Messieurs trop Tranquilles adapté du roman La nuit des grands chiens malades d'Alain Dreux-Gallou sorti pour la première fois chez Gallimard dans la collection « Série Noire ». Pour son vingtième longs-métrages, l'auteur du Monocle Noir et de ses suites se réserve un espace de détente et de liberté dans le village bien réel de Loubressac dans le département du Lot. C'est là-bas que vivent le patron d'une épicerie Julien Michalon, l'instituteur Peloux, Arsène Cahusac l'adjoint au maire ET fossoyeur au cimetière du village, l'agriculteur Adrien Perrolas et Paul Campana, le garagiste. Une bande de copains qui, il faut l'avouer, s'ennuient à mourir à Loubressac où il ne se passe pas grand chose. Mais comme un signe du destin, voilà que vient s'installer dans un champ de la commune, une bande de hippies à la tête de laquelle un américain prénommé Charles semble être le leader. Très vite découragés par Peloux et ses amis, les nouveaux venus déménagent et s'installent ensuite sur les terres d'une comtesse qui voit d'un mauvais œil leur arrivée. Du moins, jusqu'à ce qu'elle apprenne le retour prochain de Gérard Lorrain, un ancien détenu qui vient de passer cinq années derrière les barreaux et qui pourtant, malgré tout ce temps passé à l'ombre, à loué le château de la comtesse. Peu à peu, Julien, Adrien, Arsène et les autres s'attachent à cette communauté qui vit dans d'étranges constructions, contrairement à Lorrain qui dès son arrivée tente de se débarrasser des nouveaux venus installés sur « son » terrain...

Film en totale roue libre, Quelques Messieurs trop Tranquilles est une comédie surréaliste pour laquelle le cinéaste s'est totalement lâché. Le casting y est des plus hétéroclite : Au sommet, on retrouve la toujours fringante Renée Saint-Cyr, tandis qu'au village, Jean Lefebvre, Michel Galabru, Paul Préboist, Henri Guybet et Bruno Pradal se partagent la vedette. Débarquent alors une tribu de onze individus à la tête desquels on retrouve l'acteur américain Charles Southwood. Parmi ses ouailles se présente la toute jeune Miou-Miou dont la carrière n'a débuté que deux ans auparavant mais qui ne sera véritablement lancée qu'à partir de 1974 et son interprétation dans le mythique Les Valseuses de Bertrand Blier.

Que dire si ce n'est que Quelques Messieurs trop Tranquilles est assez ahurissant. Le scénario y semble anarchique, brouillon, Georges Lautner ne semblant jamais véritablement tenir les rennes d'un récit casse-gueule qui tient pourtant on ne sait par quel miracle. Le film mélange pêle-mêle comédie et policier, on y trouve une vieille comtesse un brin acariâtre, un ancien taulard accompagné de ses sbires et de deux sauterelles à bord d'une Cadillac rose, un mort suspendu au beau milieu d'une falaise, un cadavre exhumé et éventré au cimetière, des hippies motorisés vivants dans de curieux igloos, un flic retors et envahissant, et même une intrigue tournant autour du château. André Pousse incarne Gérard Lorrain, cet ancien détenu plutôt antipathique. Quelques Messieurs trop Tranquilles est très certainement l'occasion pour Georges Lautner de faire la critique d'une société rurale pas encore tout à fait prête à accueillir chez elle des chevelus dont la « couleur » tranche radicalement avec celle de ses habitants. Le film a pas mal vieilli et l'on n'en conservera que quelques souvenirs, telle la poursuite entre les hommes de main de Lorrain et Campana le garagiste. Pour le reste, Quelques Messieurs trop Tranquilles est une petite comédie amusante et loufoque dont l'intérêt se sera émoussé avec le temps...

samedi 22 décembre 2018

Une Souris chez les Hommes (Un Drôle de Caïd) de Jacques Poitrenaud (1964) - ★★★★★★☆☆☆☆



Une souris chez les Hommes possède la curieuse particularité d''exister également sous le titre Un Drôle de Caïd. Allez savoir pourquoi. Peut-être parce que le film de Jacques Poitrenaud allait-il faire la naître la confusion auprès des spectateurs qui confondrait son œuvre avec le roman Des Souris et des Hommes de l'écrivain américain John Steinbeck ? Peut-être. Sans doute, même. Mais quelle idée que ce Drôle de Caïd que l'on aurait sans doute davantage compris s'il avait été au pluriel. Car alors, de qui parle-t-on ? De Louis de Funès ? De Maurice Biraud ? Une souris chez les Hommes est une comédie policière savoureusement interprétée par ce couple de cambrioleurs que forment Marcel Ravelais et Francis Blanchet. Des petits joueurs. Des cambrioleurs à la petite semaine. Sans grande envergure. Découverts par Lucile Baillet, la jeune voisine du directeur d'un magasin cachant l'argent de la recette dans le coffre de son appartement, les deux hommes n'ont plus d'autre choix que de collaborer avec elle. Car non seulement elle les a surpris en train de fracturer la porte du propriétaire du « Bon Marché », mais malheureusement pour Marcel et Francis, Lucille connaît ce dernier. Menaçant les deux hommes de parler s'ils n'acceptent pas le marché qu'elle leur propose, voilà que Lucille fait désormais partie de la bande. A la clé, des cambriolages qui se terminent invariablement par des échecs...

Le trio formé autour de Louis de Funès, Maurice Biraud et Danys Saval est on ne peut plus hétéroclite. Le premier est un brin irascible (on l'entend répéter sans cesse à l'attention de Lucille, « Mais je vais la tuer, moi »), tandis que le second est davantage posé, marié à Sylvie (Dany Carrel) à laquelle il cache sa profession de cambrioleur. Enfin, la troisième, derrière son apparence de jeune fille de bonne famille se révèle une féroce négociatrice s'exprimant dans un français impeccable servi par un timbre aigu parfois pénible. S'inspirant du roman Les Heures Ouvrables de l'écrivain français Francis Ryck, Une souris chez les Hommes ne souffre jamais vraiment de longueurs et n'est qu'une succession de scénettes revigorantes incarnées par le trio principal, mais pas que. Car autour de nos trois cambrioleurs malchanceux sont en orbite un florilège de seconds rôles.

A commencer par Dany Carrel, donc. En bonne épouse ne soupçonnant pas son mari cambrioleur. Robert Manuel en directeur de magasins (lequel jouait ici pour la cinquième et dernière fois auprès de Louis de Funès), Jean Lefebvre en agent de surveillance, Maria Pacôme dans le rôle d'Emma, la tante de Lucie toujours accompagnée de ses deux chiens Marco et polo (une idée que l'on sent déjà provenir de la collaboration de Michel Audiard à l'écriture des dialogues d'Albert Simonin), Philippe Castelli en gardien du Louvre, ou encore Claude Piéplu et Jacques Legras dans les rôles d'inspecteurs chargés d'enquêter sur les cambriolages. Sorti la même année que Le Gendarme de Saint-Tropez dans lequel Louis de Funès interprétait cette fois-ci le rôle-titre, Une souris chez les Hommes est une nouvelle fois l'occasion pour l'acteur de cabotiner dans un registre qui ne change pas d'un iota. Grognant, faignant de se sentir mal (son personnage entend la voix de son acolyte lui enjoindre  de quitter l'appartement de celle dans les bras de laquelle il s'apprête à se jeter au début du film), menaçant sans cesse Lucille de la tuer, le film est un festival à la gloire du plus grand comique français. Si Maurice Biraud est donc très légèrement mis en retrait, son interprétation demeure pourtant au moins égale à celle du Grand Louis. Dany Saval est aussi charmante que son personnage peut se révéler casse-pied. Quant à la musique d'Une souris chez les Hommes, elle est l'oeuvre du compositeur de musiques de films Michel Colombier et du célèbre auteur-compositeur-interprète Guy Béart. Une sympathique comédie « à l'ancienne »...

dimanche 19 août 2018

Le Gendarme à New York de Jean Girault (1965) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après l'incroyable succès que connu le premier des six volets de la saga Le Gendarme de Saint-Tropez en 1964, le cinéaste Jean Girault revenait dès l'année suivante avec Le Gendarme à New York, première séquelle d'une franchise de plus ou moins bonne qualité. Avant le mariage de son principal personnage, le maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot, avant sa rencontre avec des extraterrestres, et avant celle d'un contingent de quatre gendarmettes, Le Gendarme à New York transporte l'équipe constituée de Louis de Funès, Michel Galabru, Jean Lefebvre, Christian Marin, Guy Grosso et Michel Modo jusqu'aux États-Unis, et plus précisément jusqu'à New York où doit avoir lieu un congrès international de la gendarmerie devant réunir des représentants du monde entier. Transportant leur uniforme de cérémonie dans leurs bagages, les six membres de la gendarmerie de Saint-Tropez sont suivis de près par la fille de Cruchot, Nicole, qui contre l'avis de son père a décidé de les suivre secrètement jusqu'en Amérique où elle vivra une riche expérience d'orpheline française rêvant de découvrir les États-Unis. Une fausse identité que couvrira un journaliste américain, les médias s'emparant ainsi du sujet qui fera les gros titres de la presse.

L'une des particularités de ce second volet des aventures de Cruchot, de l'adjudant Gerber, et des gendarmes Fougasse, Merlot, Tricard et Berlicot demeure dans l'absence de Jean Lefebre lors de nombreux passages, son rôle étant cantonné à quelques scènes durant lesquelles le spectateur le découvre malade, alité, et ne participant pratiquement pas aux aventures en terre étrangère de ses acolytes. Les rapports tendus qu'entretinrent l'acteur avec la star Louis de Funès furent-il responsables du temps de réduction de l'apparition de Jean Lefebvre à l'écran ? Vu la personnalité et l'engouement du public pour ce dernier, c'est plus que probable. L'acteur disparaîtra d'ailleurs après le quatrième volet Le Gendarme en Ballade réalisé en 1970 et sera remplacé par Maurice Risch dans les deux derniers épisodes de la saga qui se clôtura en 1982 par Le Gendarme et les Gendarmettes, œuvre relarivement navrante et dernier long-métrage interprété par Louis de Funès qui décédera malheureusement trois mois après la sortie du film en janvier 1983.

Si Le Gendarme à New York s'ouvre sur la fameuse caserne de Saint-Tropez, une grande partie du long-métrage a donc quant à elle été tournée à New York. Au passage, toute l'équipe de tournage fut transportée dans la capitale française, puis au Havre où elle embarqua sur le fameux paquebot Le France, sur lequel furent tournées parmi les séquences les plus intéressantes du film. Le spectateur se souviendra effectivement du cours d'anglais prodigué par Cruchot aux autres membres de la compagnie de gendarme français (lors duquel le maréchal des logis-chef offre de savoureux moments de sournoiserie envers l'adjudant gerber), ou de la séquence durant laquelle ils se perdent dans les coursives du paquebot. La suite est malheureusement un peu moins passionnante malgré quelques passages plutôt drôles (la scène durant laquelle Cruchot a des difficultés avec les écouteurs lors du congrès), et une idée plutôt intéressante lors d'un vol de pièce de boucherie qui se transforme alors en un hommage appuyé à la comédie musicale de Robert Wise et Jerome Robbins West Side Story, et mise, ici, en musique par les compositeurs français Raymond Lefèvre et Paul Mauriat.

Malgré certaines scènes fort réussies, Le Gendarme à New York demeure pourtant avec le temps comme l'un des épisodes ayant le moins bien vieilli. La faute à des séquences poussives et inutiles ne servant que de remplissage à un scénario au final, minimaliste. L'actrice Geneviève Grad qui pourtant possède de beaux atouts campe une Nicole dont l'importance du rôle reste encore à définir. Il est vrai que l'on se désintéresse des passages où son personnage intervient et qui casse le rythme d'un film dont l'intérêt repose presque exclusivement sur celui incarné par Louis de Funès. Pour autant, le film se laisse tout de même regarder. Ne serait-ce que pour la star du comique qui malgré l'insuffisance du scenario nous offrait quelques scènes sympathiques en compagnie des autres membres de l'équipe...

mercredi 27 juin 2018

La Septième Compagnie au Clair de Lune de Robert Lamoureux (1977) - ★★★★★★★☆☆☆



Avec La Septième Compagnie au Clair de Lune, l'acteur-réalisateur Robert Lamoureux signait non seulement le troisième et dernier volet de la saga La Septième Compagnie, mais également son septième (!?!) et dernier long-métrage en tant que cinéaste. Désormais, la guerre semble belle et bien terminée pour Pithivier, Tassin et Chaudard. Dans une France occupée par l'envahisseur nazi, chacun a repris ses habitudes. Et notamment l'ancien 'sergent-chef' qui depuis sa démobilisation s'en est retourné auprès de son épouse et de leur quincaillerie. Laquelle, à ce propos, semble avoir été la victime d'un très important glissement de terrain entre les premier et derniers volets de la saga puisque jusqu'à présent, le magasin des Chaudard était situé à Vesoul tandis qu'il semble désormais à plus de trois-cent kilomètres au sud de la préfecture du département de la Haute-Saône. Cette petite erreur géographique n'ayant pas d'incidence particulière sur le déroulement du récit, poursuivons.
Nous sommes donc en 1942, et nous découvrons enfin l'épouse de Paul (anciennement Louis) Chaudard, prénommée Suzanne (anciennement Paulette). Pas très sérieux tout ça, mais continuons. Lorsque réapparaissent Pithivier et Tassin dans la vie de Chaudard, cela fait deux ans que les trois compagnons de guerre ne se sont pas vus. Et c'est exactement à cet instant précis de leurs retrouvailles que débarque dans la cave du couple de quincailliers, le commandant Gilles, l'un des chefs de fil de la résistance. Si Suzanne est au courant, son époux, lui, ignore tout des manigances de sa femme et de son beau-frère Gaston Gorgeton. Il faut dire que Paul ne bénéficie pas vraiment de la sympathie et de la confiance de ce dernier qui, aidé de sa sœur, préfère taire son appartenance à la résistance.
Pourtant, un soir, tout va changer pour nos trois valeureux retraités de l'armée française. Alors qu'ils sont partis chasser le lapin, des circonstances vont les mener sur la route de la résistance. Au point même d'être par erreur, reconnus comme les principaux membres du réseau de résistance 'Attila'...

« Lutter contre les forces judéo-maçonniques »

Avec ce troisième volet, Robert Lamoureux parvient à relancer l'intérêt d'un récit qui aurait autrement pu s’essouffler à force de redondance. C'est ainsi qu'il fait quasiment table rase sur le passé. D'ailleurs, du casting original, le cinéaste ne convoque désormais plus que le trio incarné par Pierre Mondy, Jean Lefebvre et Henri Guybet depuis le second épisode (Aldo Maccione ayant abandonné le rôle de Tassin à l'issue du premier volet). Pierre Tornade et les autres habitués ayant disparu, il fallait bien engager de nouvelles têtes. C'est ainsi que l'on retrouve parmi les interprètes, Patricia Karim dans le rôle de Suzanne, Gérard Jugnot dans celui de Gaston Gorgeton, mais également André Pousse dans le rôle du chef de la milice Lambert aux ordres duquel on retrouve Jean-François Derec dans la peau d'un milicien. A ce propos, il est bon à savoir que la gifle que reçoit ce dernier un peu après la neuvième minutes de la main même d'André Pousse n'était pas feinte. En effet, las de répéter la même scène, celui-ci frappa réellement un Jean-François Derec qui, preuve à l'appui, ne s'y attendait certainement pas.

La Septième Compagnie au Clair de Lune, c'est l'occasion une fois encore de retrouver nos trois héros dans des situations toujours plus rocambolesques. Fini les uniformes d'officiers ou de soldats allemands. Il 'incarnent' ni plus ni moins que trois des têtes pensantes de la résistance locale. D'ailleurs, l'une des scènes demeurant sans doute parmi les plus irrésistiblement drôles se situe tout d'abord dans un café-restaurant dont le patron vante auprès de Suzanne et Georges, les 'exploits' de Chaudard et de ses deux amis. Une séquence précédent un plan durant lequel ces derniers sont étendus au sol, hagards, et en tout cas très éloignés de l'image élogieuse faite quelques secondes auparavant en leur faveur. Autre participation savoureuse : celle de Jean Carmet qui dans le rôle du passeur est tout bonnement irrésistible. Bien que demeurant de qualité quasiment égale aux deux volets précédents, La Septième Compagnie au Clair de Lune ne rencontrera malheureusement pas le même succès avec moitié moins de spectateurs dans les salles. Une chute de fréquence qui sans doute reflétait une certaine lassitude pour nos héros. Il était donc temps d'en finir même si très secrètement, l’éventualité d'un quatrième opus aurait sans doute réjouit les fans de la saga...

mardi 26 juin 2018

On a Retrouvé la Septième Compagnie de Robert Lamoureux (1975) - ★★★★★★★☆☆☆



Suite du Franchouillard Mais où est Passée la Septième Compagnie, On a Retrouvé la Septième Compagnie demeure dans le même esprit. Ce prolongement aux aventures des soldats Pithivier, Tassin et du sergent-chef Chaudard est antinomiquement parlant, léger, et lourd(ingue) à la fois. Pourtant, loin d'être aussi péjoratifs qu'ils paraissent être, ces termes n'en font cependant pas une œuvre aussi désespérément vide et assommante que beaucoup de longs-métrages humoristiques de leur époque faisant intervenir notre belle, grande, et valeureuse armée française (voir la série de nanars réalisés par Philippe Clair dans le courant des années soixante-dix). S'il y a pitrerie de la part des interprètes, elles demeurent toute de même assez éloignées des affligeantes répliques vues ça et là dans ces pseudo-comédies, tellement ringardes qu'elles finissent de nous donner le bourdon. Le scénariste, acteur et réalisateur Robert Lamoureux respectant suffisamment ses interprètes et le public, On a Retrouvé la Septième Compagnie se situe entre le pas tout à fait accablant, et le tout de même satisfaisant. Pas assez bien écrit pour pouvoir prétendre être un chef-d’œuvre, mais n'offrant pas des dialogues trop grotesques non plus, le second volet de la Septième Compagnie est devenu au fil du temps, comme l'est également son prédécesseur, une œuvre culte.
Le genre de comédie à réunir une famille toute entière devant son poste de télévision, un dimanche soir de forte canicule ou de froid de canard.


« Le fil vert sur le bouton vert, le fil rouge sur le bouton rouge... »


Désormais, absent de la séquelle, évoquant l'étroitesse du cachet proposé, et par conséquent, ne voulant pas barboter dans une eau en dessous des dix degré, l'acteur Aldo Maccione est remplacé par Henri Guybet. Fondateur du Café de la Gare aux côtés de Romain Bouteille, Coluche ou encore Miou-Miou et Patrick Dewaere, c'est donc lui qui reprend le rôle de Tassin aux côtés de Jean Lefebvre qui continue à endosser celui de Pithivier et Pierre Mondy qui incarne le sergent-chef Chaudard. Tout ce que l'on pourra reprocher à celle suite, c'est d'être arrivée juste après Mais où est Passée la Septième Compagnie. Rien d'inédit donc, mais au regard des péripéties que vont vivre nos trois valeureux militaires d'une aventure que le cinéaste aurait tout aussi bien pu intituler 'Héros malgré eux', ou encore 'Les pieds nickelés de l'évasion', nous demeurons dans la même veine. Des gaudrioles pas très fines mais offertes si généreusement par leurs interprètes que l'on passe un très agréable moment en leur compagnie. Peu avare en situations comiques, ces nouvelles aventures sont l'occasion pour nos deux soldats et leur 'chef' de se balader une fois de plus dans la France profonde. 
Outre l'armée allemande dont il parviendront à se libérer à plusieurs reprises après avoir été fait prisonniers, Chaudard et ses deux hommes vont croiser à nouveau la route de leur compagnie (la septième donc), et ainsi passer pour de véritables héros. Se retrouver dans cette eau qui poussa en partie Aldo Maccionne à refuser de reprendre le rôle de Tassin. Ou encore croiser la route de la gueularde et acariâtre Mère Crouzy (Jackie Sardou). Le spectateur lui, se souviendra longtemps de certains passages devenus cultes au fil des années : Comme Robert Lamoureux incarnant le Colonel Blanchet, chargé de faire sauter plusieurs ponts à l'aide d'explosifs, Chaudard, Tassin et Pithivier troquant leur uniforme de soldats et de sous-officier contre celui d'officiers, et plus plus tard de soldats allemands, l'évasion du château, ou encore l’inénarrable séquence durant laquelle les excellents Pierre Tornade dans le rôle du Capitaine Dumont et Jean Rougerie dans celui du général allemand partagent une partie d'échecs.


"Si j'connaissais l'con qu'a fait sauter l'pont !"


S'il en reste sans doute encore pour considérer que la disparition d'Aldo Maccione au générique ne permet pas à On a Retrouvé la Septième Compagnie de se hisser à la hauteur du premier volet, c'est mal évaluer la performance d'Heni Guybet qui dans l'humour n'a rien à envier à l'acteur italien. On pourra préferer le rire hautement communicatif de ce dernier, mais en terme d'interprétation, les deux se valent très largement. Une bonne partie du film a été tournée dans le Val-d'Oise, sur la rive droit de l'Oise à Jouy-le-Moutier, ainsi que près de Paris, à Cormeilles-en-Parisis, mais surtout au Château de Vigny, dans la commune éponyme, toujours dans le Val-d'Oise. Le casting et l'équipe technique se sont également déplacés en région Normandie. A Gasny plus précisément pour la scène de la rivière, ainsi qu'à Villars-Santenoge en Haute-Marne pour la scène finale située le long d'une voie de chemin de fer. Le plaisir de suivre les mésaventures du trio est un plaisir constant que l'on prend toujours autant de plaisir à revivre. Après un volet réalisé en 1974 et cette suite l'année suivante, Robert Lamoureux allait mettre un terme aux aventures de Tassin, Pithivier, Chaudard et de leur compagnie en 1977 avec : La Septième Compagnie au clair de lune...


lundi 31 octobre 2016

Le Gendarme En Ballade de Jean Girault (1970)



Le maréchal des logis chef Cruchot et ses compagnons de la Gendarmerie Nationale ont été mis à la retraite de force par la hiérarchie. Remplacé par de jeunes recrues et aux méthodes modernes, l'ancienne brigade s'ennuie. Malgré les efforts de son épouse Josépha pour le divertir, Ludovic ne sait pas comment occuper ses journées. Sa belle lui offre alors un immense système de sécurité autour du parc et à l'intérieur de leur château afin de divertir Ludovic mais rien n'y fait. Ce dernier a même créé un musée à la gloire des anciens de la Gendarmerie de Saint6tropez.
Alors que Gerbier et son épouse tombent dans l'un des pièges rattachés au système de sécurité, Merlot s'invite et annonce à ses anciens supérieurs que Fougasse est devenu amnésique après avoir tenté de s'interposer entre un brigand et sa victime. Toute l'équipe, Cruchot, Gerbier, Merlot, Tricrat et Berlicot se réunissent et « kidnappent » Fougasse, alors de repos dans un établissement spécialisé, afin de lui faire recouvrer la mémoire...

Quatrième et antépénultième épisode de la saga Le Gendarme de Saint-Tropez, Le Gendarme En Ballade est l'un des trois plus mauvais segment de la série. La faute à un scénario qui ne fait que reprendre certaines idées déjà vues comme la chasse aux nudistes. Nos héros vont même jusqu'à se grimer en babas-cool et se retrouver embarquer dans une communauté hippie ! Louis de Funès ne tournera par la suite qu'une dizaine de film avant de disparaître.

Pas grand chose à dire sinon que Le Gendarme En Ballade est d'un ennui profond. Il ne s'y passe en effet pas grand chose d'intéressant. Les dialogues sont pathétiquement pauvres. Louis de Funès et toute sa clique ont beau s'agiter devant la caméra, on cherche encore les moments de rire. Jean Girault n'a en fait plus rien à raconter et ne fait que réemployer une recette qui connut son heure de gloire des années auparavant.
C'est parfois tellement navrant que l'on s'attend à voir débarquer sur la petite plage du sud de la France les pires représentants de ce cinéma qu'il était péjoratif de nommer le « comique franchouillard ». Pourtant, pas de Sim, de Henri Genès, de Jacques Balutin, de Robert Castel, de Pierre Doris ou de Katia Tchenko, l'équipe de Girault se suffisant à elle-même pour cela.

Le cinéaste continuera malgré tout à tourner deux autres épisodes, incluant dans le suivant des Extraterrestres de pacotille et dans le dernier, des gendarme...ttes !!! Louis de Funès quand à lui nous gratifiera heureusement encore de quelques grands moments de fous rires à l'image de L'Aile ou la Cuisse, Les Aventure de Rabbi Jacob ou encore Jo...

jeudi 27 octobre 2016

Le Gendarme Se Marie de Jean Girault ((1968)



C'est le début des grandes Vacances. Demain, c'est le premier juillet. Les touristes vont affluer dans la région de Saint-Tropez et l'adjudant Jérôme Gerbier veut que tout se déroule sans incident. C'est pourquoi il demande au maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot et à ses hommes, Fougasse, Merlot, Tricart et Berlicot de s'assurer du bon déroulement d'une opération visant à surveiller les axes routiers. Vêtus de tenues civiles, les hommes de la Gendarmerie de Saint-Tropez surveillent le comportement des automobilistes avec, pour certains, un peu trop de zèle. Alors qu'échappent à la vigilance de Merlot et Fougasse les contrevenants, les deux hommes étant trop occupés à tenir compagnie à deux jolies suédoises, Cruchot se lance à la poursuite d'un chauffard roulant à très vive allure sur la nationale. Un chauffard qui se révèle être une femme et que le maréchal des logis-chef retrouve assise derrière le bureau de l'adjudant Gerbier.
Alors que Cruchot s'en prend immédiatement à la jeune femme, il apprend que celle-ci se prénomme Josépha et qu'elle est la veuve du colonel de gendarmerie LeFrançois. Pour se faire pardonner d'avoir été la cause d'un tel chambardement, la jeune femme propose à Cruchot de venie la retrouver le lendemain dans sa splendide demeure située sur les hauteurs de Saint-Tropez.

Sans le savoir, l'un et l'autre vont tomber sous le charme. Un vrai coup de foudre. Josépha fait la connaissance de Nicole, la fille de Ludovic et pousse ce dernier à se présenter à un concours qui lui permettra de prendre de l'avancement...

Troisième épisode de l'hexalogie consacrée au Gendarme de Saint-Tropez, Le Gendarme Se Marie est peut-être jusqu'à maintenant le meilleur, bien que le premier soit considéré encore comme le plu connu d'entre tous. Si ce troisième opus se démarque, c'est peut-être parce que l'on ne s'ennuie pas une seule seconde. Pourtant, la saga a toute les allures de la bonne série z franchouillarde.

Arrive dans cette troisième aventure l'actrice Claude Gensac, une habituée des films de Louis de Funès puisqu'elle jouera dans pas moins de dix films avec son compagnon de fiction. Jount de ses faux airs de bourgeoise coquine, l'actrice est savoureuse et séduisante. On s'amuse de découvrir un Cruchet tendre et amoureux.
On savoure également la partie consacrée au concours et à la promotion du maréchal des logis-chef, devenant pour l'occasion Adjudant-chef, soit un grade au dessus de celui de Gerbier. De quoi donner lieu à des scènes d'anthologie qui, malheureusement, seront absentes. A se demander où peut être l'intérêt d'une telle démarche puisque alors que Cruchot vient d'être nommé à son nouveau grade, il n'a pas vraiment le temps de l'exploiter à l'écran qu'il est déjà déçu. On aurait aimé le voir jouer de son pouvoir, lui déjà si dur envers ses subalternes. Mais non, on revient très vite à ce qui semble être le principal sujet de cet épisode : la bluette entre le gendarme et s nouvelle conquête Josépha.

Le film tourne comme d'habitude autour de Louis de Funès, offrant une part belle à l'interprétation de Claude Gensac et mettant un peu de coté le reste du casting qui ici, ne sert qu'à alimenter le scénario exclusivement écrit autour des deux principaux personnages. Devant le succès du Gendarme Se Marie, le cinéaste Jean Girault réaliser trois films encore consacrés à la brigade de gendarmerie. Deux ans plus tard avec Le Gendarme en Ballade, puis en 1978 avec Le Gendarme et les Extraterrestres, et enfin en 1982 avec Le Gendarme et les Gendarmettes. Dernier film du cinéaste et de Louis de Funès qui terminent leurs carrières respectives avec une œuvre des plus navrante...

mercredi 26 octobre 2016

Mais où est donc passée la septième compagnie ? de Robert Lamoureux (1973) - ★★★★★★★☆☆☆



Alors que les soldats Tassin, Pithivier et le sergent-chef Chaudard sont partis en éclaireurs, la septième compagnie dont ils font partie vient d'être faite prisonnière par les allemands. En effet, alors que les trois hommes surveillent les parages d'un cimetière dans lequel ils ont pris possession, le fil du téléphone qui les relie à leur compagnie est découvert par l'armée allemande et celle-ci n'a alors plus qu'à remonter jusqu'à sa source. Cachés dans la forêt, les trois hommes installent un feu de camp dans l'intention de repartir dès le lendemain matin. Mais alors que le sergent-chef Chaudard visite la ferme d'une vieille femme afin d'approvisionner ses hommes et lui en nourriture, il fait la connaissance du lieutenant Duvauchel dont l'avion a été abattu plus tôt dans la journée. Dès lors, celui-ci prend le commandement des trois hommes dans l'intention de remonter vers le front.
Sur le chemin, ils croisent une dépanneuse allemande dans un petit village, mais une maladresse de Pithivier oblige Tassin à tuer les allemands qui en étaient les propriétaires. C'est à bord de la dépaunneuse que Tassin, Pithivier, le sergent-chef Chaudard et le lieutenant Duvauchel vont reprendre la route jusqu'à retrouver par hasard la septième compagnie que l'armée allemande s'apprête à transporter jusqu'en Allemagne...

Si l'on se réfère à ce qui demeure sans doute comme la comédie française de référence en matière d'humour 'militaire', je veux bien sur parler de 'La Grande Vadrouille' de Gérard Oury , force est de reconnaître que Mais où est donc passée la septième compagnie ? ressemble davantage l'un de ces nombreux nanars qui ont pullulé durant les années soixante-dix, quatre-vingt. Philippe Clair, ça ne vous dit rien ? Et les Charlots, alors ? Sans des œuvres de l'acabit des Bidasse en Folie, du Führer en folie ou encore de Comment se Faire Réformer, Mais où est donc passée la septième compagnie ? demeurerait sans doute la référence en la matière. Mais de la matière justement, le film de Robert Lamoureux en possède fort heureusement pour lui. Et même si l'on est loin d'atteindre la qualité du classique de Gérard Oury, admirablement interprété par Bourvil et Louis de Funès, Mais où est donc passée la septième compagnie ? n'est pas lui non plus devenu un classique de la comédie française pour rien.

D'abord, Robert Lamoureux a su choisir des interprètes et une thématique forcément intéressants. Jean Lefebvre, Pierre Mondy, Aldo Maccione, et la Seconde Guerre Mondiale. Des seconds rôles également attanchants : Robert Lamoureux lui-même dans le rôle du Colonel Blanchet, Jacques Marin en épicier affable envers l'envahisseur mais réfractaire lorsqu'il s'agit de nourrir les hommes censés servir son propre pays, le toujours excellent Pierre Tornade dans le rôle du Capitaine Dumont, ou encore Robert Dalban en fermier, Erik Colin interprétant le Lieutenant Duvauchel, ou encore Alain Doutey en soldat. La seconde guerre mondiale quant à elle, si elle semble avoir été le sujet d'innombrables longs-métrages donc plusieurs consacrés à la parodie, lorsque sort Mais où est donc passée la septième compagnie ? sur les écrans, il n'y a guerre que Les Bidasses en Folie de Claude Zidi avec les Charlots pour avoir abordé le sujet avec humour en 1971 dans notre pays.

L'intrigue de Mais où est donc passée la septième compagnie ? est basée sur l'expérience vécue par Robert Lamoureux lui-même lors de la débâcle de juin 1940. La grande force du film ne se situe pas au niveau de l'écriture mais bien dans la joie communicative dans laquelle les trois acteurs principaux ont l'air d'avoir baigné. De nombreuses situations humoristiques viennent émailler ce road-movie campagnard et militaire fustigeant quelque peu une armée française à ce point incompétente qu'une compagnie toute entière va tomber entre les mains d'une poignée de soldats allemands. Tout cela à cause d'un câble téléphonique. Mais où est donc passée la septième compagnie ?, malgré la légèreté du propos se révèle un immense succès du cinéma français, et qui à chaque passage télévisé fait un score tout à fait honorable en matière d'audimat. Robert Lamoureux donnera d'ailleurs naissance à deux suite presque tout aussi remarquables. On notera cependant l'absence d'Aldo Maccionne dès On a retrouvé la septième compagnie, ainsi que dans La Septième Compagnie au clair de lune, certains étant déçus par l'arrivée d'Henri Guybet dans le rôle de Tassin qui pourtant parviendra sans mal à reprendre le rôle de Tassin dans un registre sensiblement moins 'clownesque'...

jeudi 8 novembre 2012

Du Mou Dans La Gâchette de Louis Grospierre (1967)


Nicolas Pappas et Léon Dubois sont deux truands de petite envergure qui vivent tout deux dans une caravane rose. A la recherche d'un emploi, ils montent sur Paris et font la connaissance de Jo Laguerre qui leur offre l'occasion de se faire un peu d'argent en escortant ses hommes durant un hold-up visant un fourgon rempli d'argent. Une fois celui-ci tombé aux mains des hommes de Jo, Nicolas et Léon suivent le véhicule mais finissent par perdre sa trace. Malgré eux, ils retrouvent le véhicule, mais cette fois-ci entre les mains de la police. Décidés à prendre la fuite à bord de leur caravane rose, les deux piètres bandits sont "invités" par l'homme de main de Jo à retourner voir celui-ci. Ils apprennent que les hommes, auxquels ils ont été forcés de donner un coup de main pour récupérer l'argent n'étaient pas de vrais policiers mais bien les hommes d'un gang concurrent de celui de Jo. Ce dernier est furieux car d'après la description que fait Nicolas de celui qui s'avère être celui qui commandait la patrouille de faux policiers, il s'agirait de Raoul Bertrand, le bras droit de "Magnum", son pire ennemi.

 Afin de se venger de l'affront qui lui a été fait, Jo confie à Nicolas et Léon la périlleuse mission de tuer Raoul Bertrand. Armés chacun d'un silencieux, les deux hommes se rendent dans le quartier où vit leur future victime. Celle-ci ayant l'habitude d'y promener son chien, ils mettent au point un stratagème censé être infaillible. Mais comme Nicolas et Léon sont aussi mauvais tireurs que gardes du corps, le coup rate. Et c'est sur une coïncidence extraordinaire que l'homme qu'il étaient chargés de tuer meurt. En effet, le chien de Raoul Bertrand parvient à se défaire de sa laisse grâce à un tir malheureux de Nicolas. C'est en tentant de rattraper son animal que la proie de Nicolas et Léon meurt sous les roues d'une voiture.
Jo est aux anges. Persuadé que l'accident de Raoul Bertrand a été manigancé par Nicolas et Léon, il les paie grassement et leur offre même un nouveau contrat visant à déterminer les projets de "Magnum"...

Réalisé par Louis Grospierre en 1967, Du Mou Dans La Gâchette est une comédie essentiellement interprétée par Bernard Blier et Jean Lefebvre. Les deux homme travaillèrent déjà ensemble sur le classique Les Tontons Flingueurs de Georges Lautner. Les deux acteurs y croisent Francis Blanche, Michel Serrault ainsi que Gastone Moschin dans le rôle de Jo Laguerre. Si Bernard Blier et Jean Lefebvre portent le film sur leurs épaules, ils ne faut surtout pas s'attendre à un film de la trempe du chef-d'œuvre de Lautner. Le scénario est des plus léger et confronte les acteurs à une série de péripéties toutes similaires. Des contrats qui, à défaut d'être menés à bien, profitent de la chance miraculeuse des deux hommes. Deux poltrons qui véhiculent une image forte auprès de leur ami "La Prudence" mais pas forcément auprès de la jeune mauvaise graine, déjà aguérrie à des techniques modernes et qui se gausse des leçons prodiguées par les spécialistes.

Le film, déjà, paraissait d'un autre âge. Alors, qu'en penser aujourd'hui? Louis Grospierre pensait sans doute qu'en employant les plus belles gueules du banditisme cinématographique d'alors, cela suffirait à faire de son film une comédie aussi honorable que celle dont il semble s'inspirer. Sauf que l'absence de scénario, le fainéant et mollasson jeu des acteurs, l'insipide musique et la réalisation cheap ruinent tout espoir; Reste que Du Mou Dans La Gâchette reste une honnête comédie qui se regarde sans véritable déplaisir, ne serait-ce que pour la présence de ces acteurs pour lesquels nous vouons toujours autant d'attachement.
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