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mercredi 22 mai 2019

L'Ordinateur des Pompes Funèbres de Gérard Pirès (1976) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Curieux film que cet Ordinateur des Pompes Funèbres avec un Jean-Louis Trintignant étonnant, atypique, passant d'une femme à l'autre. D'une épouse qu'il est bien décidé à éliminer, à une secrétaire-maîtresse un peu cruche, en passant par la femme dont un collègue aimerait bien se débarrasser. La vie d'un petit informaticien sans envergure qui à l'aide de son petit ordinateur portable de marque Hewlett-Packard modèle HP65 va entrer les coordonnées personnelles de sa femme (l'actrice italienne, Lea Massari qui l'année précédente fut la première victime du tueur fou de Peur sur la Ville de Henri Verneuil, avec Jean-Paul Belmondo), afin de trouver le moyen idéal de la tuer. Non seulement Gloria est insupportable, mais sa mort permettra à Fred de passer beaucoup plus de temps avec Charlotte, sa secrétaire (la sublime Mireille Darc). Invité par l'un de ses collègues (Bernard Fresson, dans le rôle de Delouette) à venir faire la connaissance de son épouse, Fred tombe sous le charme de Louise. Mais alors qu'il avait fait la promesse à Delouette de l'en débarrasser, c'est ce dernier qui va finalement faire les frais de l'invention de Fred. Décédé d'une crise cardiaque alors que l'informaticien l'avait confié aux bons soins de Charlotte, maintenant que Delouette n'est plus, Fred peut enfin retrouver Louise. Mais alors, que faire de Charlotte ? Les deux femmes connaissant la relation qu'elles entretiennent mutuellement avec Fred, elles s'accordent pour se le partager. Mais la routine s'installe...

Vous êtes perdus? Rassurez-vous, c'est pourtant simple à comprendre. Le casting de ce long-métrage signé Gérard Pirès auquel on doit notamment Fantasia chez les Ploucs en 1971, L'Entourloupe en 1980, Taxi en 1998 ou encore Double Zéro en 2004 (le lecteur constatera d'ailleurs la lente dégradation d'une filmographie glissant vers une pente dangereusement glissante..) est lui-même très étonnant. Outre Jean-Louis Trintignant, Lea Massari, Mireille Darc et Bernadette Lafont, on retrouve parmi les interprètes plus ou moins impliqués, Claude Piéplu (qui incarne le supérieur de Fred), Bernard Fresson (dans le rôle de Delouette), mais aussi quelques figurants, telle la regrettée Anémone qui nous a quitté récemment, ou encore Michel Blanc ainsi que Coluche.

Même si l'outil que met le réalisateur entre les mains de son héros (la calculatrice programmable à cartes magnétiques HP65, un modèle authentique) se révèle un détail pratiquement insignifiant de nos jours, à l'époque, il permet au long-métrage de revêtir un aspect visionnaire puisque de nos jours, les ordinateurs ont pris une place conséquentes dans la vie de tous les jours. Sauf qu'en la matière, et derrière ses allures de comédie pas toujours drôle malheureusement, L'Ordinateur des Pompes Funèbres prend des allures de dystopie vaguement cynique qui accuse son âge. Pas vraiment réputé pour son art de la mise en scène, Gérard Pirès adaptait là le roman Probability Factor de l'écrivain américain Walter Kempley qui sortit chez nous dans la collection Série noire de l'éditeur Gallimard en 1973 sous le même titre que le long-métrage du cinéaste français. Au final, le spectateur se retrouve devant un drôle d'objet filmique pourtant parfaitement identifiable. A ranger aux côtés d'un autre O.F.N.I sorti la même année en France: Le Graphique de Boscop de Sotha et Georges Dumoulin...

mercredi 10 octobre 2018

Ma Femme s'appelle Reviens de Patrice Leconte (1982) - ★★★★★★★☆☆☆



Bernard Fizet s'est fait plaquer par sa femme. Nadine par son mec. Lui est médecin, elle photographe et tous les deux sont voisins. Unis dans un même chagrin, ils vont apprendre à se connaître et à s'apprécier. Lui est incarné par Michel Blanc et elle par Anémone. La même année, ils tourneront ensemble Viens chez Moi, j'habite chez une Copine, réalisé lui aussi par Patrice Leconte, lequel participera en grande partie au succès de l'équipe du Splendid en les faisant tourner dans l'adaptation de leur propre pièce de théâtre Amour, Coquillages et Crustacés en 1978. Pour l'heure, le cinéaste tourne une comédie sympathique aussi drôle que tendre qui verra un écho l'année suivante avec Le Quart d'Heure Américain dans lequel Anémone connaîtra une histoire compliquée avec le personnage de Ferdinand, incarné cette fois-ci par Gérard Jugnot, l'un des fondateurs de l'équipe du Splendid.
Inutile de dire que les spectateurs sont en terrain connu. Difficile de ne pas adhérer au style de Patrice Leconte qui à l'époque et d'une certaine manière, produisait à peu de chose près le même type de long-métrage à chaque fois. Les dialogues de Michel Blanc font mouche à chaque fois et Anémone est amusante dans le rôle de cette jeune femme délaissée par un jeune musicien prénommé Terry et interprété par le tout jeune Christophe Malavoy. En dehors de ce dernier et des deux principaux interprètes, l'occasion est donnée d'apercevoir à l'écran l'acteur Xavier Saint-Macary (Les Hommes Préfèrent les Grosses, avec Josiane Balasko), qui dans la peau de Philippe, le meilleur ami de Bernard, doit supporter son ami dépressif. Un mal-être qui d'ailleurs s'exprime relativement rarement au vu de sa situation, contrairement à une Anémone qui passe de l'anorexie à la boulimie avec une certaine aisance... suivie de crampes d'estomacs !

C'est toujours avec un réel plaisir que l'on retrouve nos deux acteurs. Les dialogues finement ciselés de Michel Blanc collent parfaitement au dialogue qu'il a écrit en compagnie de Patrice Leconte sur la base d'un scénario original écrit par Joseph Morhaim. La bande musicale est l’œuvre du chanteur et compositeur William Sheller tandis que la chanson "C'est peut-être aussi bien comme ça" est interprétée par la chanteuse Marie-Paule Belle.


Ma Femme s'appelle Reviens remplit parfaitement son contrat en instaurant une belle complicité entre les deux comédiens qui nous livrent une comédie qui ne fait jamais vraiment l'impasse sur l'émotion même si tout est évidemment à prendre au second degré. Au détour de quelques scènes, Patrice Leconte convoque des têtes bien connues des cinéphiles et autres amateurs de comédies puisqu'apparaissent à l'écran l'acteur-chanteur Patrick Bruel, l'actrice-réalisatrice et humoriste Charlotte de Turckheim, le fidèle Guy Laporte, ou encore le metteur en scène, scénariste et réalisateur Jean-Michel Ribes. On y découvre même la jeune Pascale Rocard que les amateurs de séries de l'été auront pu voir six ans plus tard dans le rôle de Nicole Châtel dans l'excellent feuilleton Le Vent des Moissons de Jean Sagols. On pourra noter que pour l'une des premières fois de sa carrière (et là, j'évoque seuls les films dans lesquels il tient un rôle important), Michel Blanc n'incarne non pas le beauf tant attendu mais un personnage au contraire, plutôt responsable de ses actes, véritable ange protecteur auprès d'une Anémone complètement perdue. Malgré les années qui séparent Ma Femme s'appelle Reviens de sa sortie sur les écrans français le 27 janvier 1982, l'oeuvre de Patrice Leconte a su conserver toutes ses qualités. Un film que l'on prend toujours autant de plaisir à redécouvrir...

mercredi 18 octobre 2017

Je Vais Craquer de François Leterrier (1980) - ★★★★★★★☆☆☆



Jérôme Ozendron est un jeune cadre, dynamique et ambitieux. Marié à Brigitte, ils sont tous les deux les parents de trois enfants. Jérôme croise un jour la route de Christian, un ancien camarade de fac avec lequel il accepte de passer la soirée après lui avoir présenté sa famille. Au détour d'une rue, Christian lui présente Natacha, une belle blonde qui fréquente les boites de nuit. Jérôme suit Christian et la jeune femme jusqu'au club privé Chez Castel puis Chez Régine. La soirée se termine ensuite dans l'appartement que prête un ami américain à Christian. Alors que ce dernier est très occupé à faire l'amour à la belle Malika, Jérôme se prend un four auprès de Natacha et décide de finalement rentrer chez lui, à cinq heures du matin.
Quelques temps après, il est viré de l'entreprise pour laquelle il travaille depuis de nombreuses années et profite de l'occasion, selon les propos qu'il tient à Brigitte, pour changer de vie. Décidé à mettre à contribution les six mois qui viennent pour écrire enfin le roman dont il rêve, il loue une chambre de bonne afin de travailler dans le silence. Mais comme l'inspiration tarde à venir, Jérôme sort prendre l'air et croise la route de Liliale, une jeune artiste hippie un peu paumée qui va dès lors, ne plus lui laisser le moindre répit. Un jour, et alors qu'il tente par tous les moyens de se débarrasser de la collante Liliane, Jérôme croise à nouveau la route de Natacha. A nouveau, le voici plongeant dans l'univers des boites de nuit, au bras de Natacha et approchant même un producteur de cinéma qui lui propose d'écrire pour lui le scénario d'un film à venir. Pendant ce temps là, Brigitte, reste seule à la maison avec leurs enfants...

« Elle a une sale gueule mais un beau cul...
J'la saute vite fait et j'me casse. »

Elle, c'est l'actrice Anémone. Qui de sa présence dans ce film signé François Leterrier justifie à elle seule l'intérêt que l'on peut porter à Je Vais Craquer. Ce qui n'enlève bien évidemment rien à celui que l'on porter à l'interprétation de Christian Clavier qui en ancien cadre d'entreprise désirant s'intégrer dans un mode de vie qui lui est totalement étranger incarne le beauf dans toute sa splendeur. Lunettes, tenues, coiffure, et surtout, comportement. Tout semble avoir été étudié pour faire du célèbre acteur comique français, LE prototype du Con avec un grand C. A n'en point douter, Je Vais Craquer est bel et bien une comédie. Mais dans cet étalage permanent d'hypocrisie où l'apparence est reine, il demeure un sentiment de malaise. Fort heureusement contrebalancé par les diverses apparitions d'une Anémone qui interprète le personnage de Liliane. Jeune fille plutôt laide ne pouvant compter que sur ses fesses et sa poitrine.
François Leterrier abord le phénomène de rejet tout en gardant en tête que l'on est surtout là pour rire. Clavier et Anémone forment le couple idéal. Une baba-cool glutineuse comme un sparadrap sur une plaie béante. La plaie, c'est bien évidemment Christian Clavier, qui du haut de son nouveau statut de chômeur se cherche une identité propre à l'intégrer dans une société marginale et nocturne qui n'a surtout pas besoin de lui, sauf en cas d'urgence (Natacha voulant se débarrasser de son amant un peu trop collant).

Je Vais Craquer n'est peut-être pas le film auquel l'on se réfère systématiquement dès que l'on aborde le cinéma comique français des années quatre-vingt et pourtant, le film de François Leterrier est dans le genre, assez énorme. Multipliant les situations aussi gênantes que cocasses, le cinéaste y dresse un inventaire éloquent du snobisme parisien de l'époque. Ce monde souterrain, codé, et surtout superficiel qu'il arrive à retranscrire avec une certaine aisance. Bourré de répliques et de scènes cultes, Je Vais Craquer est dans le genre, une perle. Des différentes apparitions d'Anémone comme écrit plus haut, jusqu'aux interventions en voix-off de Christian Clavier, on rit et sourit assez régulièrement. Aux côtés des deux interprètes, on a la joie de retrouver la belle et talentueuse Nathalie Baye, Marc Porel dans le rôle de Christian, Maureen Kerwin dans celui de Natacha, Jean-François Derec en artiste de rue, le belge André Valardy en ancien collègue de travail de Jérôme ainsi que le chanteur Eddy Mitchell dans son propre rôle. Quant à François Leterrier, il allait réaliser l'année suivante une autre comédie française culte : Les babas-Cool, toujours avec Anémone et Christian Clavier... entre autres interprètes...

samedi 7 mai 2016

Ma Femme s'appelle Maurice de Jean-Marie Poiré (2002)



L'agent immobilier Georges Audefey file le parfait amour en compagnie de sa maîtresse Emmanuelle Mortaux, en séjour à Venise. Depuis des mois, il promet de l'épouser mais la jeune femme découvre qu'il n'a jamais divorcé de sa femme Marion. Après avoir pris la fuite et avoir abandonné Emmanuelle sans même avoir payé la réservation de leur chambre d’hôtel, de retour chez lui à Paris, Georges s'apprête à recevoir la visite de sa fiancée, furieuse d'avoir été trompée, et qui a bien l'intention de tout révéler à Marion sur la relation que le couple adultère entretient depuis longtemps.

Ne sachant comment faire pour éviter la confrontation, Georges demande à un inconnu, un certain Maurice Lappin, employé à mi-temps par la poste et bénévole dans une association caritative, de se déguiser en femme et de se faire passer pour sa femme. Mais alors qu'Emmanuelle va bientôt arriver, Johnny Häs, l'époux de celle-ci est bien décidé à venir régler son compte à Georges. Vont bientôt arriver également Claire et Jean-Bernard Trouaballe qui ont prévu d'acheter l'appartement mis en vente par le couple Audefey...

Adaptation de la pièce éponyme mise en scène par Jean-Luc Moreau, écrite par le réalisateur d'origine arménienne Raffy Shart, et déjà interprétée par le duo de comiques Chevalier et Laspalès, Ma Femme s'appelle Maurice, est à l'heure actuelle l'avant-dernier long-métrage du cinéaste Jean-Marie Poiré qui connu un immense succès dans les années quatre-vingt, quatre-vingt dix avec des œuvres comiques devenues des films culte et souvent interprétées par tout ou une partie de la célèbre bande du Splendid (Le Père Noël est une Ordure, Papy Fait de la Résistance, Mes Meilleurs Copains et bien sûr, Les Visiteurs, premier du nom). Depuis quelques années, le cinéaste enchaîne les échecs commerciaux, publics et critiques. En effet, depuis Les Visiteurs en Amérique et son dernier méfait, Les Visiteurs : La Révolution, le cinéma de Jean-Marie Poiré est en chute libre. Et Ma Femme s'appelle Maurice ne dérogeant pas à la règle, nous voilà devant une comédie franchouillarde vraiment légère.

Chevalier et Laspalès font ce qu'ils peuvent pour élever le niveau de cette successions de gags éculés et parviennent parfois malgré tout à faire sourire. Dès le générique, on a de quoi se faire du mouron. Guy Marchand, Virginie Lemoine, Jean-Pierre Castaldi et même le fils de ce dernier, Benjamin, peut-être à l'aise dans son rôle d'animateur d'émissions de télé-réalité (ou télé-poubelle), mais surtout pas dans celui d'acteur de quinzième zone. En quelques phrases, il donne toute la mesure de son absence de talent. Un casting de haute tenue qui rappelle de sombres heures pour le comique français. L'époque où Sim, Alice Sapritch, Paul Préboist, Jacques Balutin, parmi tant d'autres, ornaient de leur présence d'affreuses bouses cinématographiques que certains considèrent aujourd'hui comme des œuvres cultes !

Ma Femme s'appelle Maurice a tout de même la chance d'être inspiré d'une pièce de théâtre. Les rebondissements sont permanents, les quiproquos nombreux, et le rythme relevé. Mais ces éléments, qui faisaient la force du cinéma de Louis de Funès, tombent ici comme un soufflet sorti trop tôt du four. Les dialogues manquent d'écriture et aucun artiste présent, à part peut-être le duo de comiques, n'est vraiment convainquant. Jean-Marie Poiré signe donc une œuvre insignifiante qui fait regretter l'époque où il enchaînait les succès au cinéma...

vendredi 6 mai 2016

Voyance et Manigance de Eric Fourniols (2001)



Chantal est bien malheureuse. Son fils se blesse lors d'un entrainement la veille d'un match et son mari Roland bien de perdre son emploi. Désemparée, la jeune fonctionnaire de sous-préfecture, sur les conseils de son amie et collègue de travail Jacqueline, décide de consulter un voyant. Elle choisit pour cela, Alban, un médium aux méthodes aussi discutables que les résultats qu'il a l'habitude d'obtenir. En réalité, ce petit escroc ne possède aucun don pour la voyance et ne trouve dans l'exercice de ce métier qu'un moyen de se remplir rapidement et facilement les poches.

C'est ainsi qu'il apprend que Chantal a été envoûtée. Contre la modique somme de treize mille euros, Alban promet à la jeune femme de la désenvoûter en pratiquant sur elle une série de pratique le temps de trois consultations. Lorsque la jeune femme quitte le cabinet du voyant, elle tombe sur Frédéric, qui n'est autre que le demi-frère d'Alban. Mais cela, Chantal l'ignore. Tout comme Frédéric ignore qu'elle vient de quitter le cabinet d'Alban. Alors que le jeune homme a rendu service à Chantal en changeant son pneu crevé, celle-ci accepte d'aller boire un verre en sa compagnie dans un bar PMU ou il a l'habitude de parier pour son demi-frère, des sommes très importantes.

Tout ce que prédit Alban semble se réaliser miraculeusement et pousse Chantal à investir davantage d'argent encore dans ces consultations. Au point même de vider le compte en banque de son propre fils. Quant à Roland, lui et leur voisine Agnès commencent à se fréquenter. Chantal à laquelle Alban affirme qu'une personne l'a envoûtée dernièrement commence à soupçonner la voisine d'être responsables des malheurs que connaît son couple...

On ne va pas se mentir. Le seul et unique film d'Eric Fourniols habituellement assistant-réalisateur auprès d'artistes aussi divers que Jean-Pierre Mocky, les Inconnus ou encore Ariel Zetoun, n'est pas franchement réussi. Pas totalement raté non plus, mais jamais véritablement amusant. Et ce ne sont certainement pas le charme de Emmanuelle Béart, ni la cocasse Valérie Bonneton, ni Dieudonné (qui ici fait du... Dieudonné), ni les présences de Serge Hazanavicius, Zinedine Soualem, et Anémone qui sauveront le film d'un certain désœuvrement.

Force est de constater que l'on ne rit pratiquement jamais (pour ne pas dire pas du tout). Voyance et Manigance est un tout petit film heureusement sans prétentions. Sous couvert de vouloir faire rire sur un sujet qui touche des millions de personnes à travers le monde (faux voyants, marabouts et arnaques en tous genres qui font le profit d'escrocs et le malheur de leurs victimes), Eric Fourniols réalise une petite comédie qui joue notamment sur les quiproquos et sur les coïncidences. On ne s'ennuie pas vraiment. Mais on ne s'amuse pas pour autant. En fait, Voyance et Manigance se regarde du même œil qui parfois nous fait lire des pages entières d'un roman de manière mécanique mais sans en avoir imprimé mentalement le contenu.

En fait, le seul point d'intérêt s'il devait en demeurer ne serait-ce qu'un seul, c'est justement cet aperçu que nous offre le script de voir de quelle manière certains d'entre nous, certainement les plus fragiles, tombent entre les griffes d'escrocs à la petite semaine n'en voulant qu'à leur argent. De ce groupe d'interprète qui semble pourtant s'amuser du sujet, seul Dieudonné apparaît s'en sortir sans trop de bobos. Et c'est justement parce que ses mimiques ici rappellent celles qu'on lui connaît sur scène que ceux qui l'aiment risquent bien d'apprécier au moins un tout petit peu Voyance et Manigance. Pour les autres : Aïe !!!

jeudi 24 mars 2016

Je suis à Vous Tout de Suite de Baya Kasmi (2015)



Hanna Belkacem est jolie, serviable, et directrice des ressources humaines dans une entreprise. Tout comme son père, propriétaire d'une épicerie aux abords d'un grand ensemble HLM, elle ne peut jamais rien refuser. Lorsqu'elle a la désagréable mission d'expliquer à un employé que la boite va devoir se séparer de lui, elle ne peut s'empêcher de coucher avec lui pour le consoler. Amie avec Ébène, une jeune prostituée antillaise, Hanna passe le plus clair de son temps libre avec elle. Son frère, Donnadieu est atteint d'une maladie qui va l'obliger à supporter une greffe de rein. Hanna étant la seule à être compatible avec lui, le jeune homme, récemment converti à l'Islam va cependant refuser l'aide de sa sœur, malgré l'insistance de leur père et de leur mère, Simone.

Entre le frère et la sœur, rien ne va plus. Hanna s'habille trop court et fréquente beaucoup trop d'hommes, quant à Donnadieu, qui exige désormais qu'on l'appelle Hakim, il ne désire plus qu'une seule chose : aller s'installer avec femme et enfants dans un pays qu'il ne connaît pourtant pas, l'Algérie. Hanna fait la connaissance de Paul, un adorable chirurgien persuadé que la jeune femme s'adonne à la prostitution, et dont il va tomber follement amoureux. Tous deux, ils vont tenter de convaincre Donnadieu d'accepter qu'Hanna lui offre son rein même s'ils doivent pour cela le rejoindre jusqu'en Algérie...

Je suis à Vous Tout de Suite est l'exemple type de film qui prouve qu'il faut parfois mettre de côté ses préjugés. Lorsque l'on ne connaît Ramzy Bedia qu'à travers le duo qu'il partage avec son compagnon de scène Eric Judor et les films dans lesquels ils ont joué ensemble, on imagine déjà le voir faire le pitre devant la caméra. Et bien non. On pourra même affirmer que son talent d'acteur s'exprime enfin devant celle-ci même s'il n'a pas l'un des rôles les plus important du casting. Ensuite, on va forcément penser à la lecture du synopsis que l’œuvre de Baya Kasmi est l'un de ces nombreux films à vocation sociale, et d'ailleurs, à certains égards il l'est.
Mais la bonne surprise, celle qui finalement nous rassure et motive une vision complète du film sans faire la grimace, c'est le mélange des genres et la présence d'un certain humour omniprésent qui nous rappelle qu'au fond, et malgré le message, Je suis à Vous Tout de Suite est également une comédie. Dramatique, mais amusante tout de même.

Vimala Pons interprète le rôle d'Hanna. L'actrice que l'on a pu voir en 2014 dans l'excellent Comme un Avion de Bruno Podalydès, apporte une réelle fraîcheur à un récit qui pose un grand nombre de questions importantes. On y découvre la lente radicalisation d'un homme né d'une mère française et d'un père arabe qui refuse de vivre plus longtemps en France et d'aller s'installer dans un pays qu'il affirme être celui de ses origines. Si dans un premier temps on grince des dents devant le discours inepte d'un homme qui rejette une France, terre de toutes les origines, on comprend mieux ensuite l'amour de la cinéaste Baya Kasmi qui, contrairement aux apparences, lui rend hommage en démontrant que vouloir renier ses origines françaises pour un pays dans lequel vouloir vivre peut se révéler délicat est tout, sauf une chose aisée.

Ceux qui auraient d'ailleurs des a priori face à un Maghreb (et plus précisément une Algérie) d’obédience musulmane, quelques détails viendront corroborer la vision pacifiste qu'a la réalisatrice de ce pays ensoleillé.
Je suis à Vous Tout de Suite aborde également, et avec finesse, le douloureux problème de la pédophilie. Sujet abordé de manière sensible et jamais voyeur, impliquant des répercutions qui nous sont décrites à travers justement la métamorphose du frère et le comportement parfois étrangement léger de sa sœur.
L'actrice Vimala Pons porte littéralement le film sur ses épaule. Pétillante et ravissante, elle est accompagnée de solides interprètes, et notamment de l'acteur belge originaire de Kinshasa au Zaïre, Laurent Capelluto qui campe un médecin doux et ouvert, qui ne s'encombre pas de futiles apparences et accepte son prochain tel qu'il est. Ramzy Bedia, Agnès Jaoui (que l'on retrouvait elle aussi dans le film de Bruno Podalydès), Mehdi Djaadi dans le rôle Donnadieu/Hakim, ainsi que Claudia Tagbo ( Bon Rétablissement !), et même Anémone dans celui de la grand-mère. Le film de Baya Kasmi est une très bonne surprise...

mardi 15 mars 2016

Le Quart d'heure américain de Philippe Galland (1982)



Ferdinand conduit sa vieille voiture sur une autoroute. Sans femme et sans boulot, il a choisi de quitter la France pour la Thaïlande. En route, il est collé de près par une voiture de la station Radio 1. Il entend Bonnie, l'animatrice d'un jeu dans lequel les auditeurs peuvent gagner de l'argent, épeler le numéro de sa plaque d'immatriculation. Trop heureux d'avoir été choisi, il se rabat sur le coté de la route mais sa voiture tombe dans un fossé et se retrouve le quatre fers en l'air. Malgré le choc, il se rue tout de même vers la voiture de Radio 1 et choisit l'une des enveloppes que lui tend Bonnie et qui renferment toutes une somme d'argent. Soixante francs, c'est tout ce que touche le pauvre Ferdinand qui fait bonne figure, surtout devant l'ampleur des dégâts concernant sa voiture.

Se sentant en partie responsable de ce qui arrive à Ferdinand, Bonnie décide de lui venir en aide et tous deux, secourus par des travailleurs portugais, parviennent à retourner la voiture. Patrice, l'homme au volant de la voiture de Radio 1 n'a pas eu la même patience et a laissé la pauvre animatrice en rade. Ferdinand propose donc généreusement de raccompagner Bonnie jusque chez elle. Un petit appartement où il aura tout de même la consolation de pouvoir prendre un bain...

Gérard Jugnot, Anémone, Martin Lamotte, trois des compères de la célèbre bande du Splendid réunis dans une comédie tendre, douce, mais parfois amère par Philippe Galland. Le cinéaste convoquera à nouveau Anémone trois ans plus tard pour Le Mariage Du Siècle dans lequel l'on retrouvera d'autres personnages de la bande, Thierry Lhermitte et Dominique Lavanant .

Peut-être moins populaire que Les Bronzés 1&2 ou Le Père Noël Est Une Ordure, Le Quart D'Heure Américain n'en demeure pas moins une très bonne comédie française. Il ne faut assurément pas s'attendre à un flot de répliques drôles aussi important que dans les classiques du Splendid, car si le film de Philippe Galland est bien une comédie, il y a tout de même quelques passages moins amusants. L'amertume d'un homme qui a tout perdu et vit d'un rêve inaccessible, et que sa nouvelle « petite amie » rechigne à présenter à ses amis. Ce qui donne quelques scènes qui, il faut l'avouer, peuvent mettre mal à l'aise.
Comme celle durant laquelle Gérard Jugnot est humilié dans le bistrot où il a donné rendez-vous à Anémone après s'être donné la peine d'acheter un smoking qui, il est vrai, lui va comme une tenue de serveur.

Autour de ces deux principaux acteurs, une ribambelle de second rôles. L'acteur, scénariste et réalisateur Martin Lamotte que l'on a pu voir entre autre sous le masque de Super Résistant dans Papy Fait de la Résistance et dans un tout petit rôle dans l'unique film qu'il a réalisé lui-même, l'excellent Ça Reste Entre Nous. L'inégalable et irremplaçable Jean-François Balmer dans le rôle d'un directeur des programmes totalement barré. Jean-Pierre Bisson dans celui de Patrice (et inquiétant personnage du superbe polar à la française, Mort un Dimanche De Pluie de Joel Santoni).

samedi 21 juin 2014

Viens Chez Moi J'Habite Che Une Copine de Patrice Leconte (1981)



Guy est ce que l'on appelle un bon copain, du moins, tant qu'il ne vient pas s'installer chez son seul et unique ami. Et ce n'est pas Catherine et son compagnon qui diront le contraire. Guy travaille dans une station-service. Du moins, travaillait, jusqu'à ce qu'un client porte plainte auprès de son patron après l'avoir pris sur le fait alors qu'il tentait de l'arnaquer. Le seul et unique ami de Guy, c'est Daniel. Un bon gars Daniel. Comme Françoise, sa petite amie. Toujours prêts à rendre service, ils acceptent de loger Guy durant quelques jours. Deux, trois, quatre, pas plus. Juste le temps qu'il trouve un appartement. Et pourquoi pas, un boulot. Daniel travaille dans une entreprise de déménagement ? Pourquoi Guy ne tenterait-il pas de s'y faire engager ?

Les jour passent. Les semaines aussi. Guy s'incruste. Dort dans le salon sur un vieux matelas qu'il a récupéré chez la fameuse Catherine, une ancienne amie qui avant Françoise et Daniel a eut le malheur de lui offrir le gîte et le couvert. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si Guy n'avait pas tendance à foutre le souk chez ses amis. Une employée de l'ANPE plutôt jolie. Une assistante de Trapéziste nympho. Guy emmène chez Françoise et Daniel ses aventures d'un soir. Évidemment, sans jamais demander la permission. Et si Daniel ose lui faire la moindre réflexion, Guy lui oppose toujours un argument qui ne souffre d'aucune comparaison.

Guy est un parasite. Un gentil gars, mais qui va provoquer une avalanche d'emmerdes dans la vie intime de Daniel, ainsi que dans son travail. Comment le couple va-t-il pouvoir se débarrasser de cet attachant, mais ô combien désespérant compagnon ?

Viens Chez Moi J'Habite Chez Une Copine est la troisième collaboration entre Patrice Leconte et Michel Blanc après les deux premiers volets des Bronzés. Michel Blanc, c'est évidemment ce personnage collant, sans gêne, catastrophiste et frêle. Avec un tel sujet, Leconte est certain de taper dans le mille. On touche ici à la fibre familiale, celle qui aime rire le soir et regarder à la télé des comédies aux prétentions raisonnables. Le film n'est pas un chef-d’œuvre mais la simplicité, le casting et les innombrables gags en font un film véritable culte que l'on ne se lasse jamais de revoir.

Le trait est grossi, mais avouons-le, on a tous un « Guy » dans la vie, qu'il s'agisse d'un membre de la famille ou d'un ami, même s'il porte un prénom différent. Il atteint ici un degré d'insouciance et de « sans gêne » que ça en devient presque dérangeant. Un boulet, un vrai. Ouvrez-lui la porte, il entrera chez vous avec plaisir mais oubliera très vite le chemin de la sortie. Françoise et Daniel ont bien du courage, et pour personnifier ces deux personnages qui ont commis l'erreur de leur vie en acceptant d'ouvrir leur porte à Guy, Leconte à fait appel à Thérèse Liotard et Bernard Giraudeau (Patrice Leconte embauchera ce dernier par deux fois encore pour Les Spécialistes et Ridicule).

Outre ces trois principaux interprètes, on découvre une Anémone qui, même si son passage dure moins de dix minutes, sait se faire inoubliable. En assistante bancale d'un trapéziste, elle est irrésistible. Viens Chez Moi J'Habite Chez Une Copine est une excellente comédie qui se voit et se revoit sans jamais lasser. Et si d'aventure certains ne l'ont toujours pas vu, qu'ils se dépêchent de rattraper leur retard, ils ne le regretteront pas...

jeudi 8 août 2013

Le Père Noel Est Une Ordure de Jean-Marie Poiré (1982)



SOS Détresse-Amitié est une permanence téléphonique qui consacre ses effort à soutenir les plus démunis. En cette veille de Noël, Madame Musquin confie les rennes à ses deux plus proches collaborateurs, Thérèse et Pierre Mortez. Ce dernier étant en retard, Madame Musquin patiente jusqu'à son arrivée avant de partir retrouver sa famille pour le réveillon. Lorsque Pierre arrive, Madame Musquin prend l'ascenseur mais se retrouve piégée à l'intérieur lorsqu'il tombe subitement en panne. Thérèse et Pierre se retrouvent donc seuls dans l'appartement qui sert de locaux à SOS Détresse-Amitié. Chacun a prévu un petit cadeau pour l'autre. Les appels téléphoniques sont rares et à par celui d'un certain "Katia" qui parvient à se faire inviter à venir rendre visite à Thérèse et Pierre et un second d'un homme qui injure Thérèse dans le combiné, c'est le calme plat.

Du moins pour un temps puisque peu de temps après, Thérèse reçoit un appel de son amie Zézette, jeune femme désœuvrée, et qui vit avec Félix, un chômeur long-durée qui pour l'occasion s'est affublé d'un costume de Père Noël afin d'amadouer les gens dans la rue et leur refourguer des billets d'entrée pour le réveillon-surprise du "Pigallos". Entre Zézette et lui c'est la crise. N'en pouvant plus de cette vie de galère, la jeune femme prend la poudre d'escampette et part se réfugier auprès de Thérèse dans les locaux de SOS Détresse-Amitié.

Entre temps, Thérèse et Pierre se sont échangé les cadeaux. La première offre un "splendide" gilet que Pierre lui promet d'utiliser pour descendre les poubelles, et ce dernier offre à Thérèse une toile qu'il a peinte et représentant un près dans lequel Thérèse, nue, est poursuivie par un porc.
La soirée ne fait que commencer. Madame Musquin est toujours enfermée dans l'ascenseur, Zézette déboule comme une furie, très vite rattrapée par Félix, Katia, l'homme du téléphone montre enfin son visage. Et, cerise sur le gâteau, le voisin d'en dessous, Monsieur Preskovitch, sonne à la porte et invite Thérèse et Pierre à goûter les fameuses spécialité de Sofia : les doubitchous...
Le Père Noël Est Une Ordure fut d'abord une pièce de théâtre irrésistible écrite et interprétée par Gérard Jugnot et Thierry Lhermitte. Accompagnés du reste de la troupe du splendid, le seul qui manquait à l'appel était Michel Blanc. Dans le long-métrage d'ailleurs, on ne le voit pas. Tout juste prête-il sa voix au pervers qui insulte Thérèse (Anémone) au téléphone. Le film devait au départ s'appeler Le père Noël s'est tiré une balle dans le cul mais on lui préféra celui qu'on lui connaît. Le personnage de Madame Musquin (Josiane Balasko) est un rôle qui fut écrit pour le grand écran car à l'origine son personnage n'existait pas. L'équipe prit des risques puisqu'elle tourna la scène d'ouverture sans autorisation et en pleine période de Noël.
Avant d'être l'une des comédies françaises les plus culte,


Il y a de notables différences entre la pièce et le film, et notamment les fins qui diffèrent radicalement. Le Père Noël Est Une Ordure compte tellement de répliques cultes qu'il est pratiquement impossible de les comptabiliser de mémoire. Et c'est ce qui fait la force de cette comédie magistrale, comme c'était déjà le cas avec les deux premiers volets des Bronzés. Incalculables mais forcément inoubliables puisqu'il suffit d'entendre autour de soit quelqu'un évoquer les premières syllabes d'une réplique pour que la suite nous revienne instantanément en mémoire.

Notons qu'en bonne patrie hypocrite, la France n'a pu s'empêcher à l'époque d'intervenir sur certains points que l'on jugera d'insipides. Certains cinémas jugeant le titre trop provocateur, il fut modifié pour ne surtout pas choquer les bien-pensants... Certains critiques osèrent même omettre des réserves sans aucun doute exagérées (il faut bien justifier de son salaire). A croire qu'il faut absolument respecter certains codes, même pour une comédie aussi délirante que Le Père Noël Est Une Ordure, pour avoir les faveurs de la presse papier.

Toujours est-il que le public français, lui, ne s'est ps trompé. Il continue à révérer ce film qui passe régulièrement à la télévision et qui, n'en doutons pas, continue de faire de nouveaux émules...

lundi 27 août 2012

Les Bronzés, Le Père Noël, Papy et les autres 2/2



C'est Jean-Marie Poiré qui poursuit l'aventure du "Splendid" en réalisant l'adaptation cinématographique du "Père Noël Est Une Ordure". Clavier, Lhermitte, Jugnot, Chazel et Anémone en sont les principaux interprètes. Balasko, lamotte, Moynot et Claire Magnin (qui, si elle n'est pas la plus connue fait partie intégrante de la troupe du Splendid) font quand à eux partie du casting mais n'ont qu'un petit rôle. Michel Blanc n’apparaît même pas dans le film mais prête sa voix à l'obsédé sexuel au téléphone. Est-ce parce que le second volet des "Bronzés" n'a pas eu le même succès que le premier ? "Le Père Noël Est Une Ordure" lui aussi n'attirera pas plus d'un million et demi de spectateur. Pourtant le film est extraordinairement drôle. Les répliques fusent en permanence. Anémone et Lhermitte sont pathétiques. Jugnot et Chazel sont explosifs et déjantés.

L'année suivante, Poiré tourne à nouveau avec le Splendid "Papy Fait De La Résistance", film lui aussi inspiré d'une pièce de théâtre écrite par Christian Clavier et Martin Lamotte. Outre les acteurs et actrices habituels, on y croise Jacqueline Maillan en célèbre cantatrice, dont l'époux (Jean Carmet) est tué par l'explosion d'une grenade. Roland Giraud campe un officier allemand, le Général Spontz, épris de Bernadette Bourdelle (Dominique Lavanant), la fille de la cantatrice. Quand à Jacques Villeret, il est le maréchal Ludwig Von Apfelstrudel et accessoirement le demi-frère d'Adolf Hitler. Un détail intéressant entoure le casting du film. En effet, même le rôle le moins important est interprété par un acteur connu, ce qui permet de retrouver Bernard Giraudeau, Jean-Claude Brialy, Roger Carel, Jean yanne ou bien encore Jacques François pour de très courtes apparitions. Quatre millions de fans iront assister aux nouvelles aventures de la bande, faisant de "Papy Fait De La Résistance" le second plus gros succès du Splendid.


En 1984 Michel Blanc et Gérard Jugnot passent derrière la caméra. Le premier réalise "Marche A L'Ombre" et y joue aux cotés de Gérard Lanvin, quand au second il met en scène "Pinot simple Flic" Avec l'actrice Fanny Bastien. Josiane Balasko réalise sa première œuvre l'année suivante avec "Sac De nœuds"
avec Isabelle huppert, farid Chopel et Jean Carmet dans les principaux rôles. Anémone accompagne Jugnot dans "Le Quart D'Heure Américain" en 1982 et Thierry Lhermitte dans "Le Mariage Du Siècle" en 1985 avant de jouer pour Michel Deville dans "Péril En La demeure" la même année et Jean-Loup Hubert dans "Le Grand Chemin" 1986.

François Leterrier réalise "Tranches De Vie" en 1985. Une comédie à sketchs dans laquelle on retrouve la majeure partie de la bande. Au Hazard : Un interprète de piètre qualité galère au moment de traduire les propos de hauts dignitaires russe et africain. Durant une mission spatiale, un couple s'engueule et la compromet. Interview d'un couple de paysans sur la révolution sexuelle... Le film est basé sur la bande dessinée du même nom signée Gérard Lauzier mais l'entreprise se révèle médiocre malgré le très large panel d'acteurs et d'actrices français employés.


Thierry Lhermitte tourne dans le premier volet des "Ripoux" de Claude Zidi en compagnie de Philippe Noiret. Led succès est au rendez-vous. En 1985, le cinéaste fait encore appel au comique pour son film "Les Rois Du Gag", une œuvre très moyenne mais qui se regarde malgré tout sans trop de déplaisir. Dominique Lavanant traine sa silhouette dans quelques œuvres marquantes ("Trois Hommes Et Un couffin", "Quelques Jours Avec Moi") mais retient toute l'attention dans l'excellent polar de Joel Santoni "Mort Un Dimanche De Pluie" dans lequel elle interprète une jeune désaxée mariée à un infirme tout aussi dérangé qu'elle et qui veut faire payer son handicap à celui qu'il estime être responsable de l'accident dont il a été victime. En 1988 Claude sautet l'engage pour son très touchant "Quelques Jours Avec Moi". L'actrice est en fait très discrète mais sait parfois s'entourer des bonnes personnes.

En 1985, la pièce de théâtre "Nuit D'Ivresse" sort sur les planches du Théâtre du Splendid. Mise en scène et interprétée par Michel Blanc et josiane balasko, on y voit Simone et Jacques Belin, un animateur télé passablement bourré, passer une soirée entre deux tables d'un bistrot tenu par l'excellent Jean-François Derec. La pièce est un régal et les comédiens irrésistibles. La pièce est adaptée l'année suivant mais le rôle de Blanc est cette fois-ci interprété par Thierry Lhermitte. Contrairement à la pièce, le film manque de finesse. Il se révèle même souvent vulgaire. Les lieux eux-mêmes sont différents. Le bistrot ne sert plus qu'à l'introduction des personnages et l'histoire s'étend vers des lieux aussi divers qu'un parking de supermarché souterrain, une soirée, ou bien même dans la rue.


Jusqu'en 2006, les membres du Splendid vont se partager bon nombres de films allant du meilleur ("Twist Again A Moscou" et "Grosse Fatigue"), au pire ("La Vengeance D'Une Blonde" et "Les sœurs Soleil"). Cette année là, Patrice Leconte réuni à nouveau les personnages des bronzés pour un troisième volet. Vingt-sept ans après le second, "Les Bronzés 3 : Amis Pour La Vie" paraît bien fade. C'est même le moins drôle des épisodes. Les acteurs ont vieilli. L'action située dans une aire contemporaine ne sied pas vraiment à l'aspect ringard des portraits qui nous étaient présentés il y a presque trente ans. Aujourd'hui les préoccupations de chacun ont changé mais ne sont pas forcément le signe un bienfaiteur renouvellement. L'écriture est faible, les gags téléphonés et sans doute déjà entendu dans des œuvres plus anciennes. Depuis, l'équipe du Splendid n'a plus donné signe de vie. Chacun est retourné à ses occupations, certains se retrouvant parfois dans un même film pour une collaboration de courte durée ("L'Auberge Rouge" et "Musée Haut, Musée Bas").
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