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samedi 3 décembre 2016

Zone Rouge de Robert Enrico (1986)



Claire Rousset, professeur de français, rend visite à son ex-mari Pierre qui vit seul dans un minuscule village dans la région lyonnaise. Lorsqu'elle arrive, il n'y trouve pas âme qui vive. Pierre, lui, ne se sent pas très bien. D'ailleurs, si Claire avait bien regardé lorsqu'elle est arrivée, elle aurait sans doute remarqué le chien étendu sur le sol à l'entrée du village. Et peut-être même ces dizaines de cadavres de grenouilles qui tapissent les pavés. Pierre en témoigne : les autres habitants eux aussi sont malades. Comme le dira plus tard Claire, le village a l'air d'être mort. Sur ses propres conseils elle ordonne à Pierre d'aller se coucher. Le corps parcouru de pustules, Pierre ne le sait pas encore, mais il est condamné.
Alors que Claire prend une douche, l'eau froide est coupée. Quelques minutes passent et dehors, il se met à pleuvoir. Mais pas de l'eau. De l'essence. La demeure de Pierre prend feu, ainsi que le village tout entier. Claire parvient à fuir l'enfer qui a pris possession des lieux mais pas Pierre qui lui, meurt dans l'incendie. Lorsqu'elle monte à bord de son véhicule, elle remarque la présence d'un homme habillé d'une étrange combinaison. Le pare-brise arrière de sa voiture explose et la jeune femme abandonne alors le village sous les flammes...

Réalisé en 1986 par le cinéaste français Robert Enrico, Zone Rouge est une critique féroce mettant à l'honneur mensonges et manipulations. Claire Rousset, c'est l'actrice Sabine Azéma, qui l'année précédente tournait auprès d'Alain Resnais dans L'Amour à Mort et l'année suivante dans Mélo du même auteur. Après Pialat et Police, Richard Anconina rejoint donc l'actrice française dans ce film diabolique dans lequel toute recherche de la vérité de la part de son héroïne va se révéler infructueuse. Anconina, lui, est d'abord une petite vermine, responsable du recouvrement dans une grande entreprise. Bien que son supérieur lui indique de laisser tomber l'affaire en cours (et qui concerne Pierre, l'époux de Claire), Jeff comme Richard Anconina se nomme dans Zone Rouge va pourtant outrepasser ses droits et tenter de se faire un peu « d'argent de poche ». C'est ainsi que les deux personnages se rencontrent. D'abord sur un fâcheux malentendu, ils vont ensuite collaborer pour tenter de savoir pourquoi « on » a incendié tout un village.

Transport de produits hautement toxiques, manipulation des témoins, falsifications de preuves, tout y est pour cacher la vérité. Entre un Jean Bouise qui préfère toucher 300 000 mille francs plutôt que rechercher la vérité et une Sabine Azéma qui ira jusqu'au bout, quitte à mettre sa vie en danger, le torchon brûle. Le petit escroc tenu par Anconina finit par s'affranchir et devient d'une aide miraculeuse. Robert Enrico ne ménage pas ses personnages, quitte à en sacrifier certains, mêmes parmi les fondamentaux. Comme durant cette fin pessimiste qui nous promet malheureusement hors intrigue, une enquête beaucoup plus sérieuse menée de la part du commissaire Mercier, l'excellent Jean-Pierre Bisson. Le cinéaste cultive l’ambiguïté de ses personnages sans que l'on ne sache réellement sur lequel Claire va pouvoir compter.

Zone Rouge est une vision réaliste et plutôt glaçante des médias et des différentes autorités. Le village ayant servi de décor au film est celui du hameau de Celle sur le lac du Salagou dans le département de l'Hérault. D 'ailleurs, le village en a gardé des séquelles puisque l'on peut y voir des traces d'incendie marquant les murs des différentes bâtisses. A noter les présences au générique d'Hélène Surgère (dans le rôle de la mère de Claire), de Jacques Nolot (Pierre), ou encore de Jean Reno qui l'année précédent le tournage de Zone Rouge jouait dans l'excellent Subway de son ami Luc Besson...

mardi 15 mars 2016

Le Quart d'heure américain de Philippe Galland (1982)



Ferdinand conduit sa vieille voiture sur une autoroute. Sans femme et sans boulot, il a choisi de quitter la France pour la Thaïlande. En route, il est collé de près par une voiture de la station Radio 1. Il entend Bonnie, l'animatrice d'un jeu dans lequel les auditeurs peuvent gagner de l'argent, épeler le numéro de sa plaque d'immatriculation. Trop heureux d'avoir été choisi, il se rabat sur le coté de la route mais sa voiture tombe dans un fossé et se retrouve le quatre fers en l'air. Malgré le choc, il se rue tout de même vers la voiture de Radio 1 et choisit l'une des enveloppes que lui tend Bonnie et qui renferment toutes une somme d'argent. Soixante francs, c'est tout ce que touche le pauvre Ferdinand qui fait bonne figure, surtout devant l'ampleur des dégâts concernant sa voiture.

Se sentant en partie responsable de ce qui arrive à Ferdinand, Bonnie décide de lui venir en aide et tous deux, secourus par des travailleurs portugais, parviennent à retourner la voiture. Patrice, l'homme au volant de la voiture de Radio 1 n'a pas eu la même patience et a laissé la pauvre animatrice en rade. Ferdinand propose donc généreusement de raccompagner Bonnie jusque chez elle. Un petit appartement où il aura tout de même la consolation de pouvoir prendre un bain...

Gérard Jugnot, Anémone, Martin Lamotte, trois des compères de la célèbre bande du Splendid réunis dans une comédie tendre, douce, mais parfois amère par Philippe Galland. Le cinéaste convoquera à nouveau Anémone trois ans plus tard pour Le Mariage Du Siècle dans lequel l'on retrouvera d'autres personnages de la bande, Thierry Lhermitte et Dominique Lavanant .

Peut-être moins populaire que Les Bronzés 1&2 ou Le Père Noël Est Une Ordure, Le Quart D'Heure Américain n'en demeure pas moins une très bonne comédie française. Il ne faut assurément pas s'attendre à un flot de répliques drôles aussi important que dans les classiques du Splendid, car si le film de Philippe Galland est bien une comédie, il y a tout de même quelques passages moins amusants. L'amertume d'un homme qui a tout perdu et vit d'un rêve inaccessible, et que sa nouvelle « petite amie » rechigne à présenter à ses amis. Ce qui donne quelques scènes qui, il faut l'avouer, peuvent mettre mal à l'aise.
Comme celle durant laquelle Gérard Jugnot est humilié dans le bistrot où il a donné rendez-vous à Anémone après s'être donné la peine d'acheter un smoking qui, il est vrai, lui va comme une tenue de serveur.

Autour de ces deux principaux acteurs, une ribambelle de second rôles. L'acteur, scénariste et réalisateur Martin Lamotte que l'on a pu voir entre autre sous le masque de Super Résistant dans Papy Fait de la Résistance et dans un tout petit rôle dans l'unique film qu'il a réalisé lui-même, l'excellent Ça Reste Entre Nous. L'inégalable et irremplaçable Jean-François Balmer dans le rôle d'un directeur des programmes totalement barré. Jean-Pierre Bisson dans celui de Patrice (et inquiétant personnage du superbe polar à la française, Mort un Dimanche De Pluie de Joel Santoni).

lundi 21 octobre 2013

Spéciale Série: Sueurs Froides




Sueurs Froides est une série française datant de 1988 et basée sur le recueil de nouvelles Crimes Parfaits Et Imparfaits de Louis C. Thomas. Elle fut diffusée entre février et juin 1988 sur la quatrième chaîne Canal+. Disponible en un triple dvd regroupant l'intégralité des 18 épisodes, elle avait comme particularité d'être chaque fois introduite par le cinéaste Claude Chabrol. Si dans le fond les histoires revêtaient l'apparence de courts métrage policiers, certains baignaient dans une aura fantastique et surréaliste assez bluffants pour l'époque.
Afin d'honorer une série qui marqua la jeunesse des quarantenaire et quinquagénaires actuels, voici un petit résumé de quelques épisodes d'une série devenue culte au fil des années...


Le Chat Et La Souris
Ce tout premier épisode pose les bases de ce que sera la série. Soit un épisode au climat inquiétant, presque irréel, où les ombres ont presque autant d'importance que les éclairages. Interprété par le duo Thierry Lhermitte-Véronique Genest, le scénario de Le Chat Et La Souris est pourtant des plus basique. Un pharmacien découvre que sa femme le trompe. Et comme celle-ci ne veut pas donner le nom de son amant à son époux, ce dernier use d'un stratagème particulièrement inventif pour obtenir ce qu'il désire. Plongé dans une ambiance sombre, l'épisode rode plutôt bien la série et donne envie d'en découvrir d'autres. On remarquera la discrète présence de Jean-Guy Fechner des Charlots dans le rôle d'un policier.


La Sublime Aventure
Interprété par Guy Marchand, cet épisode démarre en trombe avec une ambiance glauque et moite. S'ensuit une série d'images surréalistes filmées en un lieu imprécis que l'on devine être un hôpital psychiatrique. Murs blancs, infirmiers en blancs, malades en blanc. Le pauvre héros de cette histoire se retrouve engoncé dans une camisole après avoir affirmé à la police que sa femme a disparu après s'être sublimée ! La suite est à l'avenant de la stupeur qui entoure le scénario. Fernand découvre que son épouse a été victime d'un virus qui commence à faire des ravages : la sublimite ! Mais personne ne semble vouloir l'entendre ni l'écouter. Malgré les preuves qui l'innocentent, Fernand reste enfermé ! A moins qu'il ne s'agisse d'un rêve ? 


La Chute
Jacques Chalmont reçoit un coup de téléphone de sa fille Fanny. La jeune femme n'en peut plus. Son mari a été une fois de plus violent et l'a battue. Elle se réfugie alors avec leur fille chez son père. Dès le lendemain, le mari vient récupérer leur fille et menace Fanny au téléphone, et l'oblige à revenir chez eux. La raccompagnant jusqu'à son domicile, Jacques sent bien qu'elle est en danger. C'est alors qu'il décide de se débarrasser de son beau-fils. Michel Galabru et Zabou Breitman sont les principaux interprètes de cette vicieuse machination dont les conséquences vont être lourdes pour le père de Fanny.
Bon épisode, beaucoup moins aventureux que les deux précédents mais voir Michel Galabru cabotiner comme il le fit deux ans plus tôt dans le Kamikaze de Didier Grousset.

Dernier week-end
Arielle Dombasle, Philippe Khorsand, Monique Tarbès et Philippe Brizard sont les interprètes de cette campagnarde histoire de vengeance. Un couple installé dans une cabane de pêcheur. Un lac. Une voisine un peu trop envahissante. Deux pêcheurs. Et l'amant de la femme. Le mari a cessé de boire depuis un très grave accident qui a coûté les jambes à sa femme. Julie est bien décidée à faire payer à Philippe cette tragédie. Mais seule elle ne peut rien faire. Alors Maurice, son amant, va l'aider à se débarrasser de son mari en faisant croire à un accident de pêche.
Une idée sympathique et un twist final intéressant pour une interprétation tout juste acceptable de la non-actrice Arielle Dombasle. Heureusement, la présence de l'excellent Philippe Khorsand relève un peu l’intérêt.
La Belle Ouvrage
Le secrétaire général du PDL Étienne Varlon est retrouvé mort dans son bureau par son ami et député Jacques Sange, . L'homme s'est suicidé a l'aide d'un revolver après avoir laissé une lettre expliquant on geste. Ayant détourné des fonds dans les caisses du parti, il s'est retrouvé dans l'incapacité de les rembourser. Enfin, c'est ce que voudrait faire croire Henri Descouet, le secrétaire de Varlon. Car ce qui apparaît comme étant un suicide est en réalité un assassinat mis en scène par Descouet. C'et lui qui a tapé les faux aveux. Lui qui a tué d'une balle dans la tête son patron. Lui qui s'est arrangé pour que son meurtre ressemble à un suicide. Mais c'était sans compter sur l'arrivée de Jacques chez son ami. Alors que Descouet quitte la demeure, Jacques tombe sur le corps de son ami. En tombant sur les faux aveux de Varlon, il refuse que l'on sache qu'il s'est suicidé. Il prend l'arme et la lettre d'aveux avec lui et s'en va. Descouet qui a assisté à toute la scène décide de suivre Jacques qui vient de compromettre ses projets en faisant disparaître les fausses preuves du suicide de Varlon.
Excellent épisode où se côtoient des acteurs de la trempe de Jean-Pierre Bisson, Roger Dumas et Christian Clavier. Sur fond de politique, on découvre un Clavier assassin qui voit son stratagème tomber à l'eau à cause d'un ami et député un peu trop zélé. Une intéressante interprétation pour un scénario diabolique.
 
Toi, Si Je Voulais
Philippe Breugnot est un être adorable, gentil... Tellement même qu'il a tendance à se faire marcher sur les pieds sans dire un mot. Mais un jour, alors qu'il roule sur une départementale, il est stoppé par deux gendarmes à moto qui vérifient le bon fonctionnement de son véhicule. Lorsque l'un d'eux demande où Philippe a l'intention de se rendre, celui-ci refuse de répondre. Le gendarme l'accuse alors d'avoir fait du 160 kilomètres-heure alors que Philippe affirme n'avoir pas dépassé les 80. Le gendarme lui met une contravention. Révolté, Philippe s’énerve pour la toute première fois de son existence et lui lance un "crève salaud" de circonstance.
Le gendarme meurt, ainsi que son collègue. Philippe possède désormais le don extraordinaire de tuer par simple volonté, et il ne va pas se gener pour éliminer tous ceux qui vont se mettre en travers de son chemin...
Totalement absurde mais ô combien jubilatoire, cet épisode aborde un registre quelque peu usité dans cette série fantastique. Gérard Jugnot, Julie Jézéquel, Wladimir Yordanoff campe les rôles principaux de cet excellent exercice de style qui rappelle indéniablement le film Kamikaze avec Michel Galabru.

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