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lundi 15 juin 2026

Marsupilami de Philippe Lacheau (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

En 1952, le dessinateur belge André Franquin crée le Marsupilami. Créature totalement imaginaire qui selon son auteur n'est pas forcément et directement inspirée par des animaux existant même s'il en a retiré certains traits physiques ou comportementaux. On peu donc imaginer que certains singes l'ont inspiré à travers l'usage de sa queue préhensile tandis que son pelage et les tâches sombres qui le composent se réfèrent plus probablement à certains fauves parmi lesquels, le guépard... Une quarantaine de bandes-dessinées le mettent en scène depuis sa première apparition dans Spirou et les Héritiers l'année de sa création. Comme beaucoup de personnages de bandes-dessinées strictement liés à des créatifs originaires du vieux continent, le Marsupilami eut les honneurs de connaître une adaptation à la télévision sous la forme d'une première série belgo-américaine simplement intitulée Marsupilami, en vingt-huit épisodes et produite par Walt Disney Television Animation. Au tout début du vingtième siècle, une seconde série est produite par Marathon Média et diffusée sur France 3. Enfin, l'année dernière la série Les Marsupilamis produite par Ellipse Animation et Belvision contient cinquante-deux épisodes diffusés sur Gulli... Nous passerons ensuite sur les quelques jeux qui furent créés pour différentes plateformes pour passer au grand format. Le cinéma, porte d'entrée pour des personnages de fiction, imaginés par des dessinateurs de talents, qui trouvent parfois le moyen de ''prendre'' vie dans des longs-métrages live. S'agissant du Marsupilami, de par sa constitution, la créature d'André Franquin est un pur produit issu du talent des concepteurs en images de synthèse et non pas endossé par un acteur caché sous un costume ridicule. En 2012 sort sur les écrans Sur la piste du Marsupilami d'Alain Chabat, dont on connaît le talent s'agissant d'adapter une bande-dessinée en live (Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre). Une comédie mi-figue, mi-raisin bien loin d'égaler les meilleures œuvres de son auteur. Principalement incarné par Jamel Debbouze, par Alain Chabat lui-même ainsi qu'une galerie de personnages pittoresques, le film s'avère relativement dispensable.


Alors, lorsque sort quatorze ans plus tard Marsupilami, certains détails laissent à penser qu'il pourrait s'agir d'une séquelle alors que les deux adaptations n'entretiennent que peu de rapport en dehors de la présence évidente du Marsupilami et de... Pablito Camaron, qu'incarnait déjà en 2012 Jamel Debbouze et que l'acteur reprend donc quatorze ans plus tard. Cette fois-ci, le film ne tourne pas principalement autour de son personnage ni de celui interprété par Alain Chabat mais davantage autour d'une galerie de protagonistes que les fans de la Bande à Fifi composée de Philippe Lacheau (ici une fois de plus aux manettes de la réalisation, de l'écriture et dans le rôle de David Ticoule), Tarek Boudali, Julien Arruti, Elodie Fontan et Reem Kherici connaissent très bien... Marsupilami est donc d'abord et avant tout une comédie typique de cette bande prête à tout et surtout, à toutes les facéties, quitte même à faire preuve d'une vulgarité très coutumière chez elle avec ces gags redondants placés sous la ceinture et entre les jambes d'un ou deux protagonistes. Une trivialité qui ne doit cependant pas contraindre les parents à voiler le visage de leur progéniture lors de ces rares écarts puisque le film de Philippe Lacheau est d'abord et avant tout une œuvre familiale, plutôt drôle, enchaînant les gags à une vitesse vertigineuse, avec une équipe dont les différents membres se connaissent sur le bout des doigts et traînant à ses côtés quelques sympathiques seconds rôles. Parmi lesquels, Gérard Jugnot en capitaine de paquebot de croisière, Alban Ivanov en douanier, Jean Reno dans le rôle de Jeffrey Malone et même Didier Bourdon dans le rôle du père de Pablito... Au final, Marsupilami est une comédie fraîche, divertissante et nettement plus réjouissante que certaines autres adaptations de l'univers d'André Franquin tels les très mauvais Gaston Lagaffe de Pierre-François Martin-Laval et Les Aventures de Spirou et Fantasio d'Alexandre Coffre tous deux sortis en 2018...

 

dimanche 5 mai 2024

Comment tuer sa mère de David Diane et Morgan Spillemaecker (2017)) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Dans le plus pur style du Boulevard, le premier long-métrage de Morgan Spillemaecker et de David Diane est donc une comédie remplie de situations qui l'inscrivent dans le contexte de l'humour noir. Deux frères et une sœur vont ainsi durant un peu moins de quatre-vingt minutes, tenter d'assassiner leur mère incarnée à l'écran par l'humoriste et actrice française Chantal Ladesou. En France, elle est rendue célèbre grâce à sa participation à l'émission humoristique La Classe diffusée entre 1983 et 1994 sur FR3. À ses côtés l'on retrouve l'acteur et animateur radio Vincent Desagnat (fils de Jean-Pierre Desagnat et frère de François Desagnat) qui devient populaire aux côtés de Michael Youn sur le plateau de l'émission Morning Live sur M6 entre 2000 et 2003. Julien Arruti, lui, fait partie de la Bande à Fifi auprès de Philippe Lacheau et du reste du groupe et est notamment apparu dans Babysitting et sa suite en 2014 et 2015. Fille du batteur Philippe Draï qui collabora avec le chanteur Alain Bashung, Joséphine Draï est quant à elle majoritairement apparue dans des comédies parmi lesquelles Si j'étais un homme d'Audrey Dana en 2017, le pathétique Les Nouvelles Aventures de Cendrillon de Lionel Steketee la même année ou encore plus récemment, le nullissime BDE de et avec Michael Youn. Ajoutons au quatuor l'acteur franco-algérien Fatsah Bouyahmed, interprète lui aussi d'un grand nombre de comédies dont la plupart méritent de rester sous silence vues leurs piètres qualités (Les Kaïra de Franck Gastambide en 2012, Les Nouvelles Aventures d'Aladin de Arthur Benzaquen en 2015, Le Dernier Mercenaire de David ''Tâcheron'' Charhon en 2021 ou le tout aussi mauvais Le Médecin imaginaire d'Ahmed Hamidi la même année... Autant dire que ça part plutôt mal pour Comment tuer sa mère, comédie écrite par Morgan Spillemaecker et Amanda Sthers (scénariste de près de sept-cent épisodes de la série télévisée Caméra café). Dans un contexte où Nico Mauret (Vincent Desagnat) est financièrement aux abois tandis qu'il entretient son frère Ben (Julien Arruti), dessinateur raté de bandes-dessinées portées sur le sujets des gladiateurs et sa sœur Fanny (Joséphine Draï), lors d'un repas organisé chez le premier et auquel va participer leur mère (Chantal Ladesou), les trois enfants vont fomenter un plan afin de se débarrasser d'elle. Du moins, Nico puisque Fanny et Ben le rejoindront plus ou moins tardivement dans son projet d'assassinat !


Avec un tel sujet, forcément, nous pouvions nous attendre à une comédie noire, féroce, une tentative de matricide passant par toutes une séries de tentatives de meurtres avortées et pourtant, la faiblesse de l'écriture se distingue certes non seulement au niveau des dialogues mais certainement plus encore concernant la manière d'aborder l'acte en lui-même. Avec tout ce que recèle d'armes par destination une maison, qu'il s'agisse du simple couteau de cuisine ou de la paire de ciseaux, en passant par certains outils de bricolage ou pour ceux qui possèdent un jardin, une tronçonneuse, une hache ou une serpe, il y avait de quoi nous concocter un catalogue, sans doute non exhaustif, mais du moins beaucoup plus large que le seul emploi d'un ''cocktail'' empoisonné au dératisant ! À l'origine de Comment tuer sa mère l'on trouve la pièce de théâtre d'Amanda Sthers et Morgan Spillemaecker., Conseil de famille. Une origine qui se ressent très clairement à travers le long-métrage qui en très grande partie situe donc son action dans la propriété de Nico, lequel est très fier de présenter son nouvel espace détente entièrement construit de ses propres mains dont on sait qu'il aura plus tard son importance. L'autre importance est donc celle qui normalement contraint ce genre de production limitée dans ses choix environnementaux à contrebalancer la présence d'un décor unique par des dialogues savoureux. Ceux-là même qui manquent ici cruellement. Si le long-métrage de David Diane et Morgan Spillemaecker n'est pas fondamentalement déplaisant à regarder, on a vu BEAUCOUP mieux ailleurs. N'est pas Francis Veber, Alexandre de La Patellière, Matthieu Delaporte ou Albert Dupontel qui veut. Les dialogues sont malheureusement assez pauvres et le spectateur ne devra compter que sur la gueule stupéfaite et enfarinée des uns et l'habituel timbre de Chantal Ladesou pour extraire du concept quelques scènes plutôt insolentes. Dans le genre, on se tournera donc davantage vers le cinéma de l'espagnol Alex De La Iglesia qui dans le genre reste l'un des maîtres-étalons...

 

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