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jeudi 20 novembre 2025

Les cadeaux de Raphaële Moussafir et Christophe Offenstein (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Premier long-métrage réalisé en commun par Raphaële Moussafir et Christophe Offenstein, Les cadeaux est une comédie chorale dans laquelle les différents membres d'une même famille sont filmés à quelques jours de se retrouver pour le repas de Noël. Commençons par la tante Rivka (Liliane Rovère), survivante de l'holocauste, son neveu Jérôme (Max Boublil) rêve de la présenter à sa petite amie Océane (Vanessa Guide), chanteuse pour enfants à succès qui vient de sortir son nouvel album. Françoise (Chantal Lauby) et Michel Stein (Gérard Darmon) sont les parents de Jérôme mais également ceux de Julie (Mélanie Doutey) et de Charlotte (Camille Lellouche). La première vit avec Adrien (l'acteur, écrivain et rappeur Gringe) avec lequel elle a eu une fille prénommée Juliette (Charlie Yeramian). La seconde vit seule, n'a pas de compagnon et ne se trouve pas spécialement jolie. Ajoutons à ce casting hétéroclite l'acteur et humoriste Jean-Jacques Vannier que les plus anciens connaissent pour l'avoir notamment découvert dans l'émission La Classe dans les années quatre-vingt et qui ici incarne le rôle du psychiatre Di Ferrazzino. Détaillons maintenant certains personnages. Le père Michel est hypocondriaque. Persuadé qu'il va mourir au même âge et à la même heure que l'un des membres de sa famille disparu à soixante-quatorze ans, il passe le plus clair de son temps à faire des analyses et à acheter des médicaments (ce qui n'est semble-t-il pas pour déplaire à sa pharmacienne qui paraît avoir trouvé en la personne de ce fidèle client un juteux filon financier). Son épouse Françoise prépare les festivités tout en redoutant de recevoir pour la énième fois le même cadeau de la part de sa mère (à côté de laquelle personne ne veut jamais s'asseoir car elle passe son temps à péter). En effet, celle-ci lui offre chaque année un pyjama ! Julie et Adrien rencontrent des difficultés de couples qui dégénèrent lorsque l'un et l'autre ont un point de vue différent s'agissant des caprices de leur fille Juliette. Comme nombre d'enfants, celle-ci est fan de la chanteuse Océane. Une jeune femme blonde fort jolie mais très finaude et qui donc accumule involontairement les gaffes ! Quant à Charlotte, après avoir été ''piégée'' par ses amis qui lui ont fêté par surprise son anniversaire alors qu'elle rentrait chez elle après une journée de travail et après avoir notamment reçu comme cadeau un strip-tease effectué par un certain Dan (interprété par l'acteur, humoriste et chanteur Tom Leeb, lequel n'est autre que le fils de Michel Leeb), la jeune femme va employer ce derier afin qu'il se fasse passer pour son petit ami lors du repas de Noël à venir...


Voilà l'essentiel ou presque de ce qu'il faut savoir sur la plupart des personnages. Maintenant, concernant la mise en scène et l'écriture du scénario dont sont les auteurs Raphaële Moussafir et Stéphane Kazandjian, Les cadeaux est une surprise relativement bonne si l'on tient compte des a priori que pouvaient laisser présager le titre, le sujet (maintes fois vu et remanié en comédie française) et même, oui, le casting... Cependant, l'alchimie fonctionne plutôt bien et les deux scénaristes parviennent à rendre amusantes la plupart des situations. Entre le père hypocondriaque, la vieille tante au fort accent juif et à l'humour parfois corrosif (Liliane Rovère incarnant ici le pendant féminin de l'humoriste Popeck). L'on pouvait notamment craindre la présence de Camille Lellouche, habituellement connue davantage pour sa grande vulgarité que pour son talent. Ce que semblent d'ailleurs confirmer les premières séquences qui la mettent en scène, portant ainsi sur son visage et dans son attitude toute la trivialité qui la caractérise. Mais heureusement, Raphaële Moussafir et Christophe Offenstein réduisent cette forte personnalité à quelques plans avant de lui offrir un rôle qui au final lui ira comme un gant sans pour autant la contraindre à déverser son habituel lot d'insanités. En chanteuse blonde (trait physique ici poussé au dernier retranchement de la caricature), Vanessa Guide incarne une Océane apparemment plus gourde encore qu'un Kakapo (un oiseau originaire de Nouvelle-Zélande) mais qui au fond est assez touchante de part ce mélange entre bévues et désir sincère de vouloir faire le bien autour d'elle. Les cadeaux est forcément caricatural et entre dans cette catégorie de comédies françaises dont certaines comme Un air de famille ou cuisine et dépendances ont imposé un tel niveau d'exigence que toute comparaison est évidemment impossible. Le long-métrage de Raphaële Moussafir et Christophe Offenstein demeure malgré tout une sympathique comédie et au final plutôt drôle...

 

samedi 18 décembre 2021

C'est la vie de Julien Rambaldi (2019) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Entre l'annonce de sa production, sa sortie en salle et ce moment tant redouté qui consiste à faire le déplacement pour aller la découvrir, la vie d'une comédie française n'est pas toujours de tout repos. Surtout depuis pas mal d'années. La faute à cet incessant ballet qui voit moult longs-métrages sortir les uns après les autres sans jamais rien ne proposer de neuf. Des comédies insipides calquant leur scénario, leur mise en scène, leur interprétation, leurs décors et leur musique sur des œuvres qui elles-mêmes s'avéraient déjà peu enclines à devenir des classiques du genre. Exception faites de quelques coups de génies qui viennent ponctuellement contredire l'idée que l'un des genres les plus populaires du cinéma français n'a plus grand chose à dire. Savoir garder son calme, rester objectif et oser parler d'une œuvre qui d'emblée, on le sait, connaîtra plus de rejet que de satisfaction auprès des critiques est un exercice délicat qui à force de s'en prendre plein la gueule rebute à l'idée d'écrire une note à son attention. Troisième comédie du français Julien Rambaldi après Les meilleurs amis du monde en 2010 et Bienvenue à Marly-Gomont en 2016, C'est la vie est sans doute à ce jour le meilleur film de son auteur. Aussi léger que ses prédécesseurs mais gagnant une profondeur sans doute moins superficielle, il n'est pas inenvisageable qu'une fois de plus certains s'amusent à désapprouver le concept. Simple, il est vrai, d'une maternité accueillant le même jour cinq femmes qui s'apprêtent à accoucher. Et autant de destins que Julien Rambaldi et ses interprètes nous invitent à contempler. Léa Drucker, Alice Pol, Sarah Stern, Mélodie Richard et Florence Loiret-Caille incarnent respectivement Manon Laval, la PDG de l'agence de programme spatial Arespace, Sophie Castro, future mère esseulée, Estelle, une jeune femme couvée par une mère baba-cool, Lan, une homosexuelle accompagnée de sa petite amie (l'actrice Fadily Camara) et du géniteur de son futur enfant (Thomas Scimeca dans le rôle de Gaëtan) et enfin Chloé Fontaine qui elle, doit accoucher d'un bébé prématuré...


Des trajectoires différentes pour cinq femmes dont le but prochain est le même : donner la vie. C'est la vie situe la quasi totalité de son intrigue dans les couloirs et les chambres d'une maternité tenue d'une poigne de fer par Dominique (Josiane Balasko), la plus ancienne sage-femme de l'établissement. La clinique reçoit la visite du tout jeune et tout nouveau médecin Antoine Moretti. Les présentations commencent mal entre Dominique qui outrepasse ses responsabilités en s’immisçant ''un peu trop'' dans la vie de ses patientes et le nouveau responsable du service, un brin trop orgueilleux. Pourtant, ils vont ensemble et avec l'aide des proches de leurs cinq nouvelles patientes, tout faire pour que les accouchements se déroulent dans les meilleures conditions. Le réalisateur français signe avec C'est la vie une franche réussite. Drôle et émouvant à la fois, le film parvient en l'espace d'un peu plus de cent minutes à rendre attachante une foule de personnages. Entre les futures mère, leurs conjoints ou les parents, Julien Rambaldi et son scénariste Thomas Perrier parviennent même à y ajouter quelques savoureuses séquences situées en dehors des murs de la clinique. Là où interviendra notamment la toujours excellente Julia Piaton dans le rôle de Sandrine, une jeune femme qui vient tout juste de perdre son père et qui aux côtés de l'acteur Antoine Gouy (lequel interprète le rôle de l'époux d'Estelle) formera un temps un duo sympathique perdu sur les routes menant jusqu'à la clinique...


Parmi les autres seconds rôles, rappelons la présence de Tom Leeb en arbitre de football et père du futur bébé de Sophie/Alice Pol. Celle d'Anne Benoît dans le rôle de l'étouffante et psychédélique mère d'Estelle, Mamoune. Ou encore de Youssef Hadji qui campe quant à lui l'époux de Manon/Léa Drucker, Nathan Laval, ici ''fin psychologue'' auprès de quelques ''âmes perdues''. C'est la vie est typiquement le genre de comédie que l'on regarde sans complexe et dont on peut vanter les mérites sans honte. Un moment de fraîcheur qui ne souffre d'aucun temps mort. Drôle et émouvant. Caractérisant ses personnages avec justesse. Une authenticité que leur rendront bien leurs interprètes respectifs. Josiane Balasko y tient le rôle précieux de la sage-femme proche de ses patientes et particulièrement attentionnée. Les histoires de chacun nous vont droit au cœur sans que le film ne se lamente jamais sur leur sort. On en ressort séduits, conquis d'avoir partagé avec cette vingtaine de personnages ces quelques jolis moments de grâce et d'intimité. Pas un chef-d’œuvre mais une sympathique comédie qui nous rassure tout de même sur l'état de santé du cinéma humoristique français...

 

mardi 16 novembre 2021

Pourris gâtés de Nicolas Cuche (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Nicolas Cuche, pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, ce fut peut-être avant tout le scénariste des Apprentis de Pierre Salvadori en 1995 ou de Charité biz'ness de Thierry Barthes et Pierre Jamin trois ans plus tard. Au beau milieu d'une filmographie en grande partie consacrée à la télévision, il fut l'auteur ponctuel de trois longs-métrages sortis sur les écrans entre 2002 et 2014 (Jojo la frite, La chance de ma vie et Prêt à tout) avant de revenir cette année avec Pourris gâtés. Le genre de comédie française assez légère pour que l'on craigne tout d'abord d'aller la voir en salle de peur d'être une fois de plus, déçus par son contenu. C'est alors évidemment parce que Gérard Jugnot y tient la vedette que l'espoir renaît. Car au fond, une comédie avec l'un des anciens membres de la troupe du Splendid ne peut être que sympathique diront les plus optimistes. Après Michel Blanc et Docteur ? de Tristan Séguéla, en 2019, c'est donc au tour de l'un des acteurs les plus attachants du cinéma français de croiser la route de l'humoriste Artus qui depuis ces dernières années multiplie les apparitions sur grand écran. À côté des deux hommes, l'actrice, musicienne et chanteuse Camille Lou ainsi que Louka Meliava complètent ensemble les quatre membres d'une famille aisée installée à Monaco. Les Bartek. Et comme on l'imagine aisément, Gérard Jugnot y incarne le patriarche. Le patron d'une entreprise de construction dans le domaine du bâtiment et des travaux public qui a fait fortune et dont les trois rejetons profitent volontiers de l'argent qu'il a amassé à la force du poignet. Trois cancrelats qui ne travaillent pas mais par contre, dépensent sans compter...


Tout va cependant changer le jour où Francis Bartek va être poursuivi par la justice pour fraude fiscale. Les comptes de toute la famille sont alors bloqués et sans le sou, le père de famille ainsi que ses enfants Stella, Philippe et Alexandre prennent la fuite vers Marseille où il trouvent refuge dans un appartement en piteux état. Dès lors, Francis va devoir compter sur le soutien de ses trois enfants afin de subvenir aux besoins de la famille. Et autant dire que Stella et ses frères ne sont pas vraiment chauds à l'idée de se mettre pour la toute première fois de leur existence au travail... Comédie familiale par excellence, Pourris gâtés est à certains endroits, un film plus profond qu'il n'y paraît au premier abord. On y cause des difficultés de communication entre un père qui a voué sa vie à son métier ainsi qu'à sa réussite au détriment de ses trois enfants. Pour autant, passés ces quelques rares séquences où le sérieux s'impose, le long-métrage de Nicolas Cuche s'avère objectivement très drôle. Dans un univers qui tranche radicalement avec l'existence idyllique qui était la leur avant que tout ne s'effondre, les trois enfants de Francis s'en donnent à cœur joie lors de joutes verbales sinon subtiles, du moins très amusantes. Il n'est en effet pas rare que l'on rigole sans la moindre retenue. Chacun des personnages revenant sur les défauts des autres lors de matchs de ping-pong verbaux parfois jouissifs. Et ça n'est rien en comparaison de leur confrontation respective avec le monde du travail.


Entre une Stella en serveuse/plongeuse se mesurant par exemple à un client ignoble et un Philippe en took-took confronté à un concurrent lui ''volant'' les siens, Alexandre, lui, fait montre de certaines capacités jusqu'ici demeurées dans l'ombre. Contrairement à beaucoup de comédies françaises observant nos concitoyens à la loupe de manière caricaturale et archaïque et dont Philippe de Chauveron semble s'être fait le porte-drapeau (la trilogie Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? ou À bras ouverts), Pourris gâtés s'avère bien moins assommant en terme d'idées reçues même si parfois, Nicolas Cuche se permet quelques tentatives plutôt réussies dans le domaine. Personnages attachants. Relations familiales ou inter-sociaux-communautaires réfléchies... Pourris gâtés, c'est l'assimilation inversée à la manière de Nicolas Cuche et de son scénariste Laurent Turner sans le désagrément des messages démagogiques. Seule petite ombre au tableau. Ce très court passage qui montre l'associé de Francis, Ferrucio (excellent François Morel) dans une situation qui ne cache malheureusement pas les véritables intentions du scénario. Notons également la présence de l'acteur, chanteur et humoriste (!?!) Tom Leeb (oui, oui, le fils de...) qui excelle dans le petit rôle de l'argentin Juan Carlos, le petit ami de Stella... Sympathique !

 

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