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lundi 10 mars 2025

Lune de miel avec ma mère de Nicolas Cuche (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Maintenant que la pilule Jamais sans mon psy a fait son effet, me voici paré pour affronter l'un de mes pires cauchemars : Michèle Laroque ! Surtout que pour ouvrir les hostilités, nous la découvrons au bras de Kad Merad. Réveillant ainsi de douloureuses blessures. Celles provoquées par une certaine comédie qui contrairement à son titre, Brillantissime, ne l'était absolument pas. Les débuts de réalisatrice d'une actrice qui jusque là ne m'avait jamais donné ni le moindre mal de tête, ni la plus petite nausée mais qui depuis m'est devenue quasi insupportable à force d'accumuler au cinéma des personnages plus ringards les uns que les autres ! D'emblée, Lune de miel avec ma mère démarre par une cérémonie de mariage à l'église qui prend l'eau. Comme si l'attitude du psychiatre de Jamais sans mon psy avait eu raison de l'amour de sa fille Alice et de celui qui aurait dû devenir son beau-fils. Mais ne nous trompons pas. Il ne s'agit ici, ni d'évoquer la suite du long-métrage d'Arnaud Lemort ni de détailler une séquence post-générique qui aurait été offerte aux spectateurs qui seraient restés devant leur film jusqu'à la toute dernière seconde. Acteur d'origine belge, Julien Frison incarne l'un des deux principaux rôles de la dernière comédie de Nicolas Cuche auquel on doit notamment Prêt à tout en 2013 ou Pourris gâtés en 2020. Cinq ans après avoir mis en scène son dernier long-métrage à destination des salles obscures, Lune de miel avec ma mère est désormais directement visible sur la plate-forme de streaming Netflix. Mis à la disposition de ses abonnés le 12 janvier 2025, le film met donc en scène Michèle Laroque dans le rôle de Lily, la mère de Lucas, ce jeune homme qui devant tous ses invités vient de voir sa fiancée quitter l'église où le jeune couple avait prévu de se marier pour aller rejoindre son ancien petit ami. Désemparé, Lucas n'en a pas moins l'intention de partir profiter de l'île paradisiaque où il avait prévu d'emmener la jeune femme à laquelle il avait prévu de mettre la bague au doigt. Le jeune homme propose alors à sa mère l'idée insensée de venir l'accompagner jusqu'à l'île en question en se faisant passer pour un couple fraîchement marié ! Idée absurde qui leur permettra malgré tout de profiter du confort de la chambre la plus luxueuse d'un complexe hôtelier géré par une certaine Gloria (l'actrice Rossy de Palma) et par son assistant. Kad Merad, qui incarne de son côté Michel, l'époux de Lily, restera quant à lui à la maison.


Ce qui d'une certaine manière est plutôt une bonne chose. Lune de miel avec ma mère se concentre essentiellement sur les personnages interprétés par Michèle Laroque et Julien Frison. Et bien que l'étrange manège que vont jouer la mère et son fils puisse dégager des relents d'inceste (Lily n'hésitant pas à embrasser Lucas sur les lèvres à leur arrivée sur l'île), la comédie de Nicolas Cuche n'est absolument ni irrévérencieuse, ni le moins du monde dérangeante. L'idée de réunir une femme et son fils lors de la lune de miel de ce dernier peut sembler tout à fait singulière mais il faut savoir qu'à l'origine du scénario de Nicolas Cuche, Laure Hennequart et Laurent Turner se trouve la comédie espagnole Amor de Madre de Paco Caballero, elle-même directement sortie sur Netflix en 2022 et qui chez nous a été diffusée sous le titre Sous les palmiers, ma mère. Mais alors que nous aurions pu nous attendre au pire, sous ses allures de comédie française bien dans l'air du temps en ce sens où les amateurs n'ont généralement pas grand chose à se mettre sous la dent en terme d'originalité, la présence de Michèle Laroque est, ENFIN, beaucoup moins pesante ici qu'au sein des comédies qu'elle interprète ou réalise depuis maintenant pas mal d'années. De son propre aveu, l'actrice s'y éclate et ça se voit. Et même si le spectateur ne prend pas autant de plaisir à regarder les péripéties de ce faux couple de mariés que Lily profite de la situation pour s'amuser, on a évité le pire. D'autant plus qu'au delà de quelques gags pas vraiment drôles, Nicolas Cuche s'intéresse davantage à la relation entre la mère et le fils. Avec son léger strabisme, son air parfois ahuri et son caractère renfrogné, Julien Frison fait le taf ! Le jeune homme finira par se détendre entre les bras de la jolie Margot Bancihon qui incarne Maya, l'une des employées de l'hôtel tandis que Lily ira se réfugier auprès du méconnaissable Gilbert Melki qui de son côté interprète Peter, un véritable aventurier qui vit sur son voilier. Bref, on passe avec Lune de miel avec ma mère un moment plutôt agréable. Et même si la remarque se révèle redondante, on ne peut s'empêcher d'évoquer le fait que le film de Nicolas Cuche ira rejoindre les légions de comédies vite vues, vite oubliées...

 

mardi 16 novembre 2021

Pourris gâtés de Nicolas Cuche (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Nicolas Cuche, pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, ce fut peut-être avant tout le scénariste des Apprentis de Pierre Salvadori en 1995 ou de Charité biz'ness de Thierry Barthes et Pierre Jamin trois ans plus tard. Au beau milieu d'une filmographie en grande partie consacrée à la télévision, il fut l'auteur ponctuel de trois longs-métrages sortis sur les écrans entre 2002 et 2014 (Jojo la frite, La chance de ma vie et Prêt à tout) avant de revenir cette année avec Pourris gâtés. Le genre de comédie française assez légère pour que l'on craigne tout d'abord d'aller la voir en salle de peur d'être une fois de plus, déçus par son contenu. C'est alors évidemment parce que Gérard Jugnot y tient la vedette que l'espoir renaît. Car au fond, une comédie avec l'un des anciens membres de la troupe du Splendid ne peut être que sympathique diront les plus optimistes. Après Michel Blanc et Docteur ? de Tristan Séguéla, en 2019, c'est donc au tour de l'un des acteurs les plus attachants du cinéma français de croiser la route de l'humoriste Artus qui depuis ces dernières années multiplie les apparitions sur grand écran. À côté des deux hommes, l'actrice, musicienne et chanteuse Camille Lou ainsi que Louka Meliava complètent ensemble les quatre membres d'une famille aisée installée à Monaco. Les Bartek. Et comme on l'imagine aisément, Gérard Jugnot y incarne le patriarche. Le patron d'une entreprise de construction dans le domaine du bâtiment et des travaux public qui a fait fortune et dont les trois rejetons profitent volontiers de l'argent qu'il a amassé à la force du poignet. Trois cancrelats qui ne travaillent pas mais par contre, dépensent sans compter...


Tout va cependant changer le jour où Francis Bartek va être poursuivi par la justice pour fraude fiscale. Les comptes de toute la famille sont alors bloqués et sans le sou, le père de famille ainsi que ses enfants Stella, Philippe et Alexandre prennent la fuite vers Marseille où il trouvent refuge dans un appartement en piteux état. Dès lors, Francis va devoir compter sur le soutien de ses trois enfants afin de subvenir aux besoins de la famille. Et autant dire que Stella et ses frères ne sont pas vraiment chauds à l'idée de se mettre pour la toute première fois de leur existence au travail... Comédie familiale par excellence, Pourris gâtés est à certains endroits, un film plus profond qu'il n'y paraît au premier abord. On y cause des difficultés de communication entre un père qui a voué sa vie à son métier ainsi qu'à sa réussite au détriment de ses trois enfants. Pour autant, passés ces quelques rares séquences où le sérieux s'impose, le long-métrage de Nicolas Cuche s'avère objectivement très drôle. Dans un univers qui tranche radicalement avec l'existence idyllique qui était la leur avant que tout ne s'effondre, les trois enfants de Francis s'en donnent à cœur joie lors de joutes verbales sinon subtiles, du moins très amusantes. Il n'est en effet pas rare que l'on rigole sans la moindre retenue. Chacun des personnages revenant sur les défauts des autres lors de matchs de ping-pong verbaux parfois jouissifs. Et ça n'est rien en comparaison de leur confrontation respective avec le monde du travail.


Entre une Stella en serveuse/plongeuse se mesurant par exemple à un client ignoble et un Philippe en took-took confronté à un concurrent lui ''volant'' les siens, Alexandre, lui, fait montre de certaines capacités jusqu'ici demeurées dans l'ombre. Contrairement à beaucoup de comédies françaises observant nos concitoyens à la loupe de manière caricaturale et archaïque et dont Philippe de Chauveron semble s'être fait le porte-drapeau (la trilogie Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? ou À bras ouverts), Pourris gâtés s'avère bien moins assommant en terme d'idées reçues même si parfois, Nicolas Cuche se permet quelques tentatives plutôt réussies dans le domaine. Personnages attachants. Relations familiales ou inter-sociaux-communautaires réfléchies... Pourris gâtés, c'est l'assimilation inversée à la manière de Nicolas Cuche et de son scénariste Laurent Turner sans le désagrément des messages démagogiques. Seule petite ombre au tableau. Ce très court passage qui montre l'associé de Francis, Ferrucio (excellent François Morel) dans une situation qui ne cache malheureusement pas les véritables intentions du scénario. Notons également la présence de l'acteur, chanteur et humoriste (!?!) Tom Leeb (oui, oui, le fils de...) qui excelle dans le petit rôle de l'argentin Juan Carlos, le petit ami de Stella... Sympathique !

 

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