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vendredi 1 mars 2024

Un plan parfait de Pascal Chaumeil (2012) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Si l'on se fie strictement à l'affiche et à l'air de benêt qu'y arbore l'acteur, réalisateur, scénariste et humoriste Dany Boon, Un plan parfait pourrait s'envisager comme une comédie française simplement bête et innocente. Si l'apparente invraisemblance de certains sentiments véhiculés par le récit se joue entre le charme de l'actrice Diane Kruger et la physionomie nettement plus ''brute de décoffrage'' de Dany Boon, le regretté Pascal Chaumeil qui deux ans auparavant aura réussi le coup parfait avec L'arnacœur prouve qu'une ''Belle'' et une ''Bête'' ont tout autant le droit et la possibilité de s'aimer que n'importe quel autre couple. C'est d'ailleurs une habitude pour Dany Boon chez qui le contraste entre les différents personnages qu'il incarne sur grand écran et ceux auxquels il se frotte est parfois étonnant. Dans le cas de Un plan parfait, il s'agit tout d'abord de briser une malédiction. Celle qui en général touche tous les membres de la famille d'Isabelle. Chaque premier mariage se soldant par un divorce, celle qui prévoit d'épouser dans un mois son compagnon Pierre (l'acteur Robert Plagnol) a décidé de défier en duel le mauvais sort en épousant tout d'abord le premier venu, puis de divorcer pour enfin épouser en seconde noce l'homme de sa vie. Une vie d'ailleurs bien rangée. Isabelle et Pierre sont tous les deux dentistes, travaillent dans le même cabinet, partagent absolument tout et vivent l'un et l'autre vingt-quatre heures sur vingt-quatre. On devine alors que sa rencontre avec Jean-Yves, employé du Guide du Routard va changer bien des choses dans la future perspective de vie du couple formé par la très belle jeune femme et son compagnon. Mais d'ici là, beaucoup d'eau aura coulé sous les ponts. Le récit étant développé sous forme de flash-back, l'occasion y est notamment offerte de découvrir dans des rôles secondaires les acteurs Jonathan Cohen et Étienne Chicot ainsi que les actrice Alice Pol, Laure Calamy et Bernadette Le Saché.


Lesquels participent tous à un dîner organisé par la maîtresse de maison (un brin froide et rigide) et lors duquel chacun va tenter de réconforter Valérie (Laure Calamy) qui vient d'être quittée par son petit ami. Ensemble, ils vont lui raconter l'aventure qu'a vécu Isabelle au bras de Jean-Yves. Les scénaristes Laurent Zeitoun et Yoann Gromb sur la base d'une histoire écrite par Philippe Mechelen développent un récit autour de deux personnages qui n'ont absolument rien à voir l'un avec l'autre. D'un côté, une jeune et très belle dentiste aux revenus et à l'existence fort satisfaisant. De l'autre, un célibataire apparemment bourru et endurci passant son temps sur les routes. C'est sur ce point que l'invraisemblance de cette romance à venir est éclipsée au profit d'une réalité : la monotonie du couple ravageant la passion, c'est ailleurs qu'Isabelle trouvera finalement l'amour. Ce n'est pas révéler un secret d'état que d'afficher au milieu de cet article ce que tout le monde aura deviné par avance. Surtout que derrière les oripeaux de la perfection que semble afficher le personnage interprété par Robert Pagnol, un détail viendra bientôt gripper la relation qu'il entretient avec celle qu'il doit épouser dans un mois. Savoureuse comédie romantique, Un plan parfait sera l'antépénultième long-métrage cinématographique de Pascal Chaumeil qui malheureusement mourra d'un cancer à l'âge de cinquante-quatre ans le 27 août 2015. Le couple Diane Kruger/Dany Boon fonctionne à merveille et même si l'on peut douter de la véracité des sentiments de la première envers le second, on plonge, littéralement. Au delà de l'humour qui ne faillit jamais vraiment, le film se montre également parfois touchant. Surtout lors du dernier tiers. Le réalisateur et toute son équipe n'ont semble-t-il pas ménagé leurs efforts puisque ils se déplaceront, ainsi que le principal duo, jusqu'à Moscou, en Russie, ainsi qu'au Kenya, au cœur d'un petit village Maasaï ! Des cadres dépaysants pour la sensuelle et séduisante Isabelle mais aussi pour le public qui se prend à rêver d'une idylle de cette ampleur... Bref, Un plan parfait est une bonne surprise, divertissante, amusante et parfois émouvante. Sans doute en deçà de L'arnacœur, il est vrai, mais ne boudons pas notre plaisir de redécouvrir cette sympathique comédie romantique qui affiche désormais les douze ans d'âge...

 

mardi 11 juillet 2023

La tête dans les étoiles d'Emmanuel Gillibert (2023) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Étrange sentiment que de devoir remonter le temps jusqu'en 2005, année de sortie sur les écrans de Un ticket pour l'espace d'Éric Lartigau avec en vedette, le duo d'humoristes formé par Olivier Baroux et Kad Merad aux côtés desquels l'on pouvait retrouver Marina Foïs, André Dussolier ou encore Guillaume Canet. À l'époque, le film fut une surprise plutôt sympathique, projetant dans l'espace un père et époux mythomane profitant de l'occasion pour redorer son blason auprès des siens. Il y a donc un peu des idées de Kad, Olivier et du réalisateur et scénariste Julien Rappeneau dans les début de La tête dans les étoiles, second long-métrage d'Emmanuel Gillibert après la sympathique comédie Les dents, pipi et au lit en 2018. On y retrouve l'acteur Hakim Jemili que l'on découvrait pour la première fois sur grand écran aux côtés de Michel Blanc dans Docteur ? de Tristan Séguéla en 2019. Après une poignée de séries télévisées et de films, le voici qui incarne le livreur Ali, séparé de sa compagne Nathalie (Nawell Madani) depuis quelques années, père d'une charmante petite fille, étant incapable de rembourser la dette qui devait lui permettre de payer la pension alimentaire de son ancienne compagne le voilà contraint d'accepter une improbable mission qui va involontairement le propulser à bord de la station ISS pour un projet à destination de la planète Pluton ! Alors que sur Terre l'équipe chargée de coordonner la mission cherche à cacher sa présence à bord de la station, le monde découvre rapidement sa présence. Devenant officiellement le tout premier clandestin de l'espace (notons que le concept fut déjà évoqué à travers le personnage du Capitaine Jorgen et même des Dupont et Dupond dans la bande-dessinée d'Hergé, On a marché sur la Lune ou dans le long-métrage de Joe Penna Le Passager nº 4 sorti il y a deux ans), Ali va rapidement devenir un symbole sur Terre avant de tenter de fuir à bord d'une capsule de secours lors d'un incident qui se révélera n'être qu'un exercice. Aux côtés de Hakim Jemili l'on retrouve notamment Alice Pol dans le rôle Johanna qui est aux commandes de la mission et qui décidément tourne plus vite que son ombre et sur Terre, dans la salle des opérations, François-Xavier Demaison ou Olivia Côte...


Quatre-vingt dix minutes environ. Voilà le temps qu'il faudra pour notre héros pour passer de statut de phénomène de société à pleutre avant de le voir subitement se muer en authentique héros. S'il on part du principe qu'il s'agit avant tout d'une comédie de science-fiction, il est logique de prendre La tête dans les étoiles avec légèreté. Ce dont fait preuve Emmanuel Gillibert puisque quelle que soit la situation, chaque étape du récit est menée avec l'entrain d'une meute se ruant dans les magasins sur la toute nouvelle console de jeu du marché ! Il faut comprendre que même si la comédie prime sur la science-fiction, cette dernière reposant avant tout sur l'environnement dans lequel vont être plongés Ali et les trois membres officiels de l'expédition, le spectateur était en droit d'assister non pas à cet enchaînement de séquences trop abrupt mais à histoire réalisée, interprétée et montée avec davantage de soin. De là à penser qu'une bonne demi-heure supplémentaire n'aurait pas été de trop afin d'étoffer les quelques aspects du récit qui sans doute auraient mérité de l'être, il n'y a qu'un pas. La mise en scène de La tête dans les étoiles est grossière, poussive et même si le ton humoristique permet en général de passer au dessus de certaines incohérences, voir le visage affligé de ces hommes et de ces femmes qui sur Terre retiennent leur souffle tandis qu'Ali s'apprête à commettre un acte héroïque laissera le spectateur totalement indifférent. Comme Jacques Chirac la consacra dans le milieu des années quatre-vingt, une phrase vient invariablement à l'esprit : Cela nous en touchera une sans faire bouger l'autre ! Sur le papier, La tête dans les étoiles se montre ambitieux mais à l'image, nettement moins. Le compositeur Erwann Chandon (Quand on crie au loup en 2019) signe en outre une partition elle-même relativement ambitieuse qui ne parvient malheureusement pas à tirer le film vers le haut. La mise en scène et le jeu d'acteur rabaissent le long-métrage au seul statut qu'il mérite : celui de n'être qu'une toute petite comédie mal inspirée au niveau des dialogues et, comble du comble, pas drôle du tout. Un film disponible depuis quelques jours seulement sur Prime Video. À réserver à celles et ceux qui n'ont vraiment rien de mieux à faire que de perdre quatre-vingt dix minutes de leur temps...

 

vendredi 9 juin 2023

Un petit Miracle de (2023) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Dans la série des comédies qui sentent la naphtaline, je voudrais le premier long-métrage réalisé par Sophie Boudre, Un petit miracle. L'avantage avec ce genre de produit formaté pour les publics ayant peu d'exigence, c'est que l'on sait très exactement ce à quoi vont nous convier le récit et ses protagonistes. Autant dire que de gueuler comme un charretier à la fin de la projection ne servirait à rien. Car c'est davantage le spectateur qui devra se remettre en question par rapport à ses choix artistique plutôt qu'à la réalisatrice française de venir s'excuser pour n'avoir offert au public hexagonal que l'épreuve type tirée d'un seul et même moule. Celui de Maison de retraite de Thomas Gilou, des Vieux fourneaux (surtout le 2) de Christophe Duthuron ou l'infâme diptyque de Fabrice Bracq, Joyeuse retraite 1 & 2. Le genre de spectacle éminemment rance qui sent le vêtement enfermé dans un placard et qui a pris l'humidité. De prime abord, on pourrait penser que le long-métrage de Sophie Boudre n'est à conseiller qu'à celles et ceux qui trouvèrent des qualités aux purges de Michèle Laroque (Brillantissime, Chacun chez soi et Alors on danse) en espérant tout de même que celle-ci n'ajoutera pas prochainement une nouvelle plaie au cinéma comique français. Car il est vrai que Un petit miracle est léger. Si léger que l'on peine à croire que le film s'est offert une sortie en salle le 25 janvier dernier. Notamment produit par Orange Studio, cette petite comédie légère n'apporte pas le sang neuf que mériterait notre cinéma qui d'un point de vue humoristique s'avère de plus en plus exsangue. On ne s'étonnera pas de trouver au générique Alice Pol qui du haut de sa joliesse et de sa fraîcheur est typiquement le genre d'actrice qui évolue dans ce type de cinéma lisse, sans aspérités ni le moindre relief. L'histoire se déroule dans un petit village de notre beau pays, la France. Un incendie se déclare à l'intérieur même de l'unique petite école et voilà que l'institutrice Juliette (Alice Pol, donc) et ses élèves se retrouvent ''à la rue''. Grâce à l'aide du maire incarné par l'humoriste Régis Laspalès, la jeune femmes et ses charmantes petites têtes blondes (rien à voir avec la racail... Enfin, j'me comprends) incorporent une maison de retraite dirigée par Antoine (Jonathan Zaccaï), lequel est assisté par Noémie (Emilie Gavois-Kahn)...


L'établissement rencontre actuellement des problèmes depuis que les enfants d'un patient retrouvé mort consécutivement à une crise cardiaque ont décidé de porter plainte contre son directeur. Juliette et Antoine vont faire contre mauvaise fortune bon cœur et après des débuts difficiles, les rapports entre le directeur de la maison de retraite et l'institutrice vont s'améliorer. Tout comme les élèves de cette dernières vont devenir très rapidement indispensables aux yeux des pensionnaires. Bon, que dire si ce n'est que Un petit miracle déroule son intrigue avec le calme d'une belle journée de printemps sans le moindre souffle de vent ni la moindre menace d'un orage. Chacun fait le taf avec le minimum de professionnalisme requis. Pour une fois que les gamins ne sont pas portés au pinacle et nous épargnent leur habituelle et abondante créativité en matière d'arrogance, on ne va pas trop se plaindre. Quant aux vieux, on s'amusera peut-être tout de même de les voir se livrer à l'exercice périlleux des rencontres amoureuses nocturnes, lorsque le soleil se couche et que nos mamies et papy ne se doutent pas que le directeur veille à ce que les ébats qu'il suppose avoir été responsables de la mort de l'un de ses patients ne se reproduisent pas. Pour compléter le tableau, citons parmi la vieille garde le chanteur Eddy Mitchell dans le rôle d'Edouard. Beaucoup moins cynique qu'il ne le fut dans les années quatre-vingt et quatre-vingt dix lors desquelles il multiplia les seconds rôles (Coup de torchon, de Bertrand Tavernier, Promotion canapé, de Didier Kaminka ou La Totale !, de Claude Zidi pour ne citer que ces quelques exemples), son personnage n'apparaît absolument pas indispensable. Notons la participation de Michel Crémadès dont le nom ne parlera pas forcément à tout le monde mais qui lui, fut également un acteur de seconds rôles indiscutablement attachant lors de ces deux mêmes décennies. (Les ripoux et Ripoux contre ripoux de Claude Zidi). Mais c'est l'actrice Anne-Marie Ponsot dont nous nous souviendrons tout d'abord, laquelle incarne la touchante Madeleine. Concernant le film lui-même, les premiers peuvent être rassurés : ils pourront ronfler sans prendre le risque d'être réveillés en sursaut. Les autres, au mieux, seront séduits par les jolies ritournelles mélodiques du compositeur Emmanuel Rambaldi ou par la simplicité de la mise en scène, de l'interprétation et du propos. Bref, une comédie française un peu mièvre mais pas catastrophique non plus. Faites votre choix...

mercredi 5 octobre 2022

C'est Magnifique de Clovis Cornillac (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

 

J'imagine que je ne suis pas un cas isolé. Que dans l'entourage de n'importe quel fan de cinéma, il est des amis ou de simples connaissances qui ponctuellement lui conseillent de découvrir tel ou tel film. Une conversation qui se termine toujours inlassablement par la même phrase : ''Ça a l'air sympa. Faudrait que je le vois...''. Ou : ''Promis, je me le mets de côté pour le week-end prochain'...'. Mais combien de fois tenons-nous vraiment nos promesses ? Ça n'est évidemment pas de la mauvaise volonté ni de la mauvaise foi mais encore faut-il avoir le temps de jongler entre ceux qui attendent depuis des lustres et ceux que l'on nous recommande. Et puis, il y a ces longs-métrages qui servent à remplir des trous. Ceux que l'on n'a pas spécialement envie de voir mais dont le propos s'agite si bien devant notre nez que l'on finit par se laisser tenter. À première vue, C'est magnifique a tout pour ressembler à un ersatz du Fabuleux destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet. Cette beauté angélique et surannée des décors (pour celles et ceux qui connaissent, ça ressemble tout d'abord à du Belle et Sebastien revu à la sauce apiculture!) et cette naïveté qui n'existe que dans les contes les plus fantaisistes. Je ne m'en étais pas aperçu à l'époque, en 2017, mais Belle et Sébastien 3 : Le Dernier Chapitre que ma chère et tendre, ma belle-fille Clémentine et moi avions vu sur grand écran par ERREUR (humpf, j'ai quand même des doutes, n'est-ce pas Clem... ?) était déjà l’œuvre de Clovis Cornillac. N'étant pas un fan de l'acteur ni de ce film relativement mièvre, C'est magnifique aurait pu directement passer à la trappe sans passer par la case ''projection'' ! L'interprétation de celui qui s'y offre d'ailleurs le rôle principal est comment dire... Mince, je ne parviens pas à trouver les mots justes... Pitoyable ? Invraisemblable ? Clovis Cornillac y est terriblement et tout simplement... mauvais ! À moins qu'il ne s'agisse de sa propre direction d'acteur qui elle aussi est aux fraises. Ou plutôt, aux hibiscus... dont son personnage, un quarantenaire qui vit auprès de ses parents dans les montagnes, cultive la fleur. Oui mais voilà. Maman et papa Feuillebois décèdent dans un stupide accident (un arbre tombe sur le toit de leur cabane). Héritier d'une somme d'argent importante, Pierre quitte le milieu rural et arrive en ville sans avoir jamais connu autre chose que la montagne et ses parents. Un chèque de quarante-mille euros en poche et un vieil appartement comme acquisition, Pierre a tout à apprendre de la vie. Lui qui découvre en outre qu'il fut adopté. Totalement égaré dans un monde qui lui est tout à fait étranger, il va heureusement pour lui faire la connaissance d'Anna Lorenzi. Une ancienne alcoolique à laquelle a été retirée la garde de sa fille Lize (Manon Lemoine). Une jeune femme prête à tous pour récupérer la garde de la gamine...


C'est magnifique, c'est un peu comme une préparation culinaire que l'on placerait dans un four et qui mettrait presque une heure avant de ressembler à quelque chose de gourmand. Le principal soucis de ce long-métrage que l'acteur/réalisateur a également écrit en compagnie de Lilou Fogli, Tristan Schulmann est le personnage central lui-même. C'est bien simple, on n'y croit pas une seule seconde. Et pourtant, ça n'est pas faute d'avoir essayé de retrouver mon âme d'enfant, mais rien n'y fait. Clovis Cornillac n'est absolument pas crédible dans le rôle de ce quarantenaire à qui il reste encore tout à apprendre ! Oh, des idées, C'est magnifique en fourmille. Et pas que des mauvaises. Mais le fait est que la seule présence de l'acteur dans la peau de cet homme infiniment plus naïf que le plus innocent des hommes grille toutes les cartouches de cette comédie pourtant sincère. C'est alors que le miracle a lieu. Mais encore faut-il avoir le courage de tenir pendant une heure. Soixante minutes ou presque lors desquelles la crédulité du personnage de Pierre Feuillebois ne prend pas. Ce qui sauve le film, et même, le transforme en petit miracle de poésie, c'est la présence à l'image de l'actrice Alice Pol dont on pourrait pourtant s'agacer de la cadence avec laquelle la jeune femme multiplie les rôles au cinéma depuis quelques années. Elle, mais surtout son personnage. Anna Lorenzi, qu'elle interprète parfois avec une déconcertante gravité pour cette actrice habituée aux rôles en général, plutôt légers. C'est magnifique qui jusque là aurait mérité d'être renommé en ''C'est pathétique'' se mue en conte déjà nettement plus maîtrisé. Voilà que dans sa dernière demi-heure, le film mérite enfin de porter son titre (contrairement au Brillantissime de Michèle Laroque qui de la première à la dernière seconde aura su demeurer insignifiant). On est enfin touché en plein cœur par le personnage d'Anna, confrontée aux problèmes administratifs, à certaines autorités (Véronique Kapoyan dans le rôle de Mme Sennac est délicieusement exaspérante), mais aussi, l'on prend conscience de la grande humanité de certains personnages secondaires à l'origine étouffés par le jeu invraisemblable de Clovis Cornillac. On pense notamment à Gilles Privat dans le rôle du travesti Doria. Et d'autres, auxquels l'on n'aimerait certainement pas se frotter (Laurent Bateau dans le rôle de l'immonde commissaire Marc Rocher). Clovis Cornillac offre à la grande actrice Myriam Boyer le rôle de Félicie Fontaine, la mère supposée du héros. Et puis, de manière inattendue, l'univers prend corps et sens et réussi nous enchanter... C'est magnifique, c'est donc une heure à n'y croire pas un seul instant et une dernière demi-heure absolument remarquable. Dans la balance, malheureusement, celle-ci ne fait presque pas le poids et ce qui aurait pu devenir un grand classique de la comédie poétique française est entaché par deux premiers tiers quasiment imbuvables. Quel dommage...

samedi 18 décembre 2021

C'est la vie de Julien Rambaldi (2019) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Entre l'annonce de sa production, sa sortie en salle et ce moment tant redouté qui consiste à faire le déplacement pour aller la découvrir, la vie d'une comédie française n'est pas toujours de tout repos. Surtout depuis pas mal d'années. La faute à cet incessant ballet qui voit moult longs-métrages sortir les uns après les autres sans jamais rien ne proposer de neuf. Des comédies insipides calquant leur scénario, leur mise en scène, leur interprétation, leurs décors et leur musique sur des œuvres qui elles-mêmes s'avéraient déjà peu enclines à devenir des classiques du genre. Exception faites de quelques coups de génies qui viennent ponctuellement contredire l'idée que l'un des genres les plus populaires du cinéma français n'a plus grand chose à dire. Savoir garder son calme, rester objectif et oser parler d'une œuvre qui d'emblée, on le sait, connaîtra plus de rejet que de satisfaction auprès des critiques est un exercice délicat qui à force de s'en prendre plein la gueule rebute à l'idée d'écrire une note à son attention. Troisième comédie du français Julien Rambaldi après Les meilleurs amis du monde en 2010 et Bienvenue à Marly-Gomont en 2016, C'est la vie est sans doute à ce jour le meilleur film de son auteur. Aussi léger que ses prédécesseurs mais gagnant une profondeur sans doute moins superficielle, il n'est pas inenvisageable qu'une fois de plus certains s'amusent à désapprouver le concept. Simple, il est vrai, d'une maternité accueillant le même jour cinq femmes qui s'apprêtent à accoucher. Et autant de destins que Julien Rambaldi et ses interprètes nous invitent à contempler. Léa Drucker, Alice Pol, Sarah Stern, Mélodie Richard et Florence Loiret-Caille incarnent respectivement Manon Laval, la PDG de l'agence de programme spatial Arespace, Sophie Castro, future mère esseulée, Estelle, une jeune femme couvée par une mère baba-cool, Lan, une homosexuelle accompagnée de sa petite amie (l'actrice Fadily Camara) et du géniteur de son futur enfant (Thomas Scimeca dans le rôle de Gaëtan) et enfin Chloé Fontaine qui elle, doit accoucher d'un bébé prématuré...


Des trajectoires différentes pour cinq femmes dont le but prochain est le même : donner la vie. C'est la vie situe la quasi totalité de son intrigue dans les couloirs et les chambres d'une maternité tenue d'une poigne de fer par Dominique (Josiane Balasko), la plus ancienne sage-femme de l'établissement. La clinique reçoit la visite du tout jeune et tout nouveau médecin Antoine Moretti. Les présentations commencent mal entre Dominique qui outrepasse ses responsabilités en s’immisçant ''un peu trop'' dans la vie de ses patientes et le nouveau responsable du service, un brin trop orgueilleux. Pourtant, ils vont ensemble et avec l'aide des proches de leurs cinq nouvelles patientes, tout faire pour que les accouchements se déroulent dans les meilleures conditions. Le réalisateur français signe avec C'est la vie une franche réussite. Drôle et émouvant à la fois, le film parvient en l'espace d'un peu plus de cent minutes à rendre attachante une foule de personnages. Entre les futures mère, leurs conjoints ou les parents, Julien Rambaldi et son scénariste Thomas Perrier parviennent même à y ajouter quelques savoureuses séquences situées en dehors des murs de la clinique. Là où interviendra notamment la toujours excellente Julia Piaton dans le rôle de Sandrine, une jeune femme qui vient tout juste de perdre son père et qui aux côtés de l'acteur Antoine Gouy (lequel interprète le rôle de l'époux d'Estelle) formera un temps un duo sympathique perdu sur les routes menant jusqu'à la clinique...


Parmi les autres seconds rôles, rappelons la présence de Tom Leeb en arbitre de football et père du futur bébé de Sophie/Alice Pol. Celle d'Anne Benoît dans le rôle de l'étouffante et psychédélique mère d'Estelle, Mamoune. Ou encore de Youssef Hadji qui campe quant à lui l'époux de Manon/Léa Drucker, Nathan Laval, ici ''fin psychologue'' auprès de quelques ''âmes perdues''. C'est la vie est typiquement le genre de comédie que l'on regarde sans complexe et dont on peut vanter les mérites sans honte. Un moment de fraîcheur qui ne souffre d'aucun temps mort. Drôle et émouvant. Caractérisant ses personnages avec justesse. Une authenticité que leur rendront bien leurs interprètes respectifs. Josiane Balasko y tient le rôle précieux de la sage-femme proche de ses patientes et particulièrement attentionnée. Les histoires de chacun nous vont droit au cœur sans que le film ne se lamente jamais sur leur sort. On en ressort séduits, conquis d'avoir partagé avec cette vingtaine de personnages ces quelques jolis moments de grâce et d'intimité. Pas un chef-d’œuvre mais une sympathique comédie qui nous rassure tout de même sur l'état de santé du cinéma humoristique français...

 

jeudi 4 octobre 2018

Je vais Mieux de Jean-Pierre Améris (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆



Les dépressifs et les hypocondriaques, ça n'est pas nouveau au cinéma. Souvent traités sous le mode de la comédie, on a pu en découvrir certains cas dans Ça se Soigne ? de Laurent Chouchan en 2007, Une Petite Zone de Turbulences d'Alfred Lot deux ans plus tard, ou encore Supercondriaque de (et avec) Dany Boon en 2014. L'année dernière, c'était au tour du réalisateur Jean-Pierre Améris (Les Émotifs Anonymes) d'aborder le sujet avec Je Vais Mieux, l'histoire de Laurent, qui du jour au lendemain se retrouve avec un mal de dos tenace et très handicapant. Cet architecte d'une cinquantaine d'années incarné par l'acteur Eric Elmosnino (Gainsbourg (Vie Héroïque), Le Cœur des Hommes 3) a beau consulter un médecin généraliste, un kinésithérapeute, passer des radios et un scanner ou louer les services d'une magnétiseuse, rien n'y fait car dans le cas de Laurent, tout est dans la tête. Il faut dire que le quotidien de cet employé d'une maison d'architecte de prestige n'est pas des plus facile: son supérieur direct le harcèle sans cesse depuis des semaines, il risque le licenciement après avoir agressé ce dernier, et Élise (Judith El Zein que l'on a notamment pu voir dans Le Prénom) s'apprête à lui annoncer qu'elle désire divorcer. Heureusement Laurent peut compter sur le soutien de son ami dentiste Édouard (Ary Abittan, qui partageait déjà la vedette avec Eric Elmosnino dans Hôtel Normandy de Charles Nemes en 2013) et de sa compagne Sylvie (Valérie Decobert, Caméra Café). C'est pourtant sa rencontre avec Pauline (Alice Pol, Joséphine, Raid Dingue) et un projet de passerelle dans une petite ville de Seine Saint Denis qui vont donner un tournant significatif à l'existence de Laurent...

Petite comédie sympathique, Je Vais Mieux repose essentiellement sur le jeu désabusé d'Eric Elmosnino qui en fait des tonnes dans le registre de la comédie burlesque. Adapté du roman éponyme écrit en 2013 par le romancier français David Foenkinos (dont la ressemblance avec l'un des seconds rôles incarné par l'acteur d'origine russe Sacha Bourdo est troublante), le long-métrage de Jan-Pierre Améris est davantage une succession de sketchs qu'une œuvre au récit linéaire. Car en effet, en multipliant les séquences n'ayant que comme unique fil conducteur le personnage central, Je Vais Mieux peut se voir comme un film à sketch dont chaque segment est relié par cet unique personnage dont le mal de dos accapare toutes les pensées. Malgré un casting brillant (auquel il faudra ajouter les participations de Lise Lamérite et Henri Guybet dans le rôle des parents de Laurent), et la sympathie qui émane d'une grande partie des scènes, Je Vais Mieux souffre de n'avoir pas été traité plus en profondeur. L'idylle entre le héros et Pauline se révèle en effet assez plate, tout comme les rapports qu'il entretient avec Élise. La plupart des interprètes (et donc des personnages) sont délaissés au profit du personnage principal et l'on aurait sans doute aimé que plus de dimension soit apportée aux personnages incarnés par Ary Abittan ou Judith El Zein, et ce, même si Jean-Pierre Améris leur accorde tout de même quelques séquences. Pas toujours très drôle, le film traîne quelques scènes casse-gueules comme la pseudo-engueulade réconciliatrice entre Laurent et Élise, celle qui oppose Eric Elmosnino et Valérie Decobert alors en pleine séance d'adultère ou encore un final loin d'être aussi touchant qu'il aurait dû. Pourtant, Je Vais Mieux n'est pas un désastre. Loin de là. Il s'y dégage une bonne humeur. Celle pourtant très peu communicative de son héros et de ceux qui l'entourent. A noter la participation de François Berléand dans le rôle du patron de Laurent, auquel le cinéaste a accordé un rôle plutôt intéressant. Au final, le film de Jean-Pierre Améris se laisse voir sans déplaisir mais ne sera pas celui qui réconciliera définitivement le public français avec une Comédie se révélant moribonde depuis quelques années au cinéma...

lundi 10 septembre 2018

Les Vieux Fourneaux de Christophe Duthuron (2018) - ★★★★★★★★☆☆




Lorsque l'on entre dans une salle de cinéma, c'est dans la nature humaine de choisir un film en fonction du nom du réalisateur, des interprètes, ou bien même de l'histoire. Concernant Les Vieux Fourneaux (inspiré de la bande dessinée franco-belge du même nom de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet), il devient très vite évident que le choix du spectateur s'est tout d'abord porté sur le noms des acteurs. Et même si le récit tourne autour de trois vieux compagnons, le spectateur pourra élargir son champ d'intérêt non pas seulement autour de Pierre Richard, d'Eddy Mitchell ou de Roland Girault, mais également de Myriam Boyer et de Henri Guybet. L’œuvre de Christophe Duthuron, dont il s'agit ici de la première réalisation pour le grand écran, même s'il est avant tout centré sur ses trois principaux personnages, peut être vu comme un hommage à une partie de la vieille garde du cinéma français à une époque où le jeunisme est roi. Lequel sera ici uniquement incarné par l'actrice Alice Pol qui dans le cadre, se fond plutôt bien. Ici, il ne faudra chercher d'originalité que dans la réunion de trois acteurs qui n'avaient jamais joué ensemble. Car tout commence comme dans bon nombre de longs-métrages.
Un enterrement. Celui de Lucette, épouse d'Antoine. C'est l'occasion ou jamais pour Mimile et Pierrot de retrouver celui qu'il avaient perdu de vue depuis des années. L'occasion également de sortir Mimile de sa maison de retraite et d'écarter pour un moment le réactionnaire Pierrot de sa routine de délinquant à la petite semaine s'en prenant au système en bouchant notamment les serrures des institutions capitalistes !


Malgré l'âge de ses interprètes, Les Vieux Fourneaux est un souffle d'air relativement frais qui ne fait pas l'impasse sur une catégorie des spectateurs en ne visant que les plus jeunes d'entre eux. La preuve que même les anciens ont encore des choses à raconter même s'ils n'ont plus rien à prouver depuis longtemps. A commencer par Pierre Richard qui retrouve le personnage qu'il se façonna durant le courant des années soixante-dix. Celui du Distrait, de Je sais rien, Mais je dirai Tout... un doux rêveur. Un gaffeur. Mais réactionnaire avant tout, n'hésitant jamais à dire ce qu'il pense des institutions, surtout lorsqu'il s'agit des politiques, de l'Armée, ou de l’Église. Le cheveu fou, le regard myope, et cette éternelle capacité à s'agiter comme si les années n'avaient pas de prise sur lui, il mène la danse avec brio, nous replongeant très loin en arrière. Le Pierre Richard que l'on aime et qui s'était peut-être un peu effacé au bénéfice d'une interprétation non moins excellente (le superbe Un Profil pour Deux de Stéphane Robelin).

A ses côtés, Eddy Mitchell. Le chanteur. L'acteur, surtout. Qui oserait oublier le Nono de Coup de Torchon de Bertrand Tavernier, Albert Grelleau de La Totale de Claude Zidi, Gérard Tilier, de Le Bonheur est dans le Prè d’Étienne Chatiliez, ou encore (oserais-je), Frank du cultissime nanar Frankenstein 90 d'Alain Jessua ? Mais aussi, qui a vraiment envie de se rappeler du navrant L'Oncle Charles, signé lui aussi par Étienne Chatiliez ? Ici, il incarne le personnage de Mimile, un individu que l'on considérerait presque d'anecdotique en comparaison de ses deux compagnons, certains critiques ayant fait l'amalgame entre son interprétation forcément moins volubile que celle de Pierre Richard ou Roland Girault, et la mollesse de son personnage. Une évidence pourtant si l'on considère qu'Eddy Mitchell y incarne un personnage ayant moins bien vieilli que ses deux comparses.


 Et puis, en face de ces deux excellents interprètes, Roland Girault. Le Pierre de Trois Hommes et un Couffin de Coline Serreau, ou le personnage principal de La Vie dissolue de Gérard Floque de Georges Lautner pour ne citer que ces seuls exemples. Un acteur rare. N'apparaissant plus que très ponctuellement sur grand écran.

Les Vieux Fourneaux n'est pas qu'un prétexte pour réunir ces trois monolithes du septième art. C'est également l'occasion pour Christophe Duthuron de nous offrir une comédie émouvante, et surtout largement plus poétique que celles dont nous abreuve un cinéma français qui en la matière s’appauvrit dangereusement depuis quelques années malgré quelques coups d'éclats (Tout le Monde Debout de et avec Franck Dubosc, Le retour du Héros de Laurent Tirard tous deux sortis cette année). Le cinéaste possède cette capacité d'offrir aux spectateurs, autant d'occasions de rire que de verser des larmes. Et c'est là, alors, que le scénario entre en jeu. Car ce qui n'aurait pu être qu'un road movie pour club du troisième âge se transforme en un conte magnifiquement mis en images (quelques merveilleux effets visuels accompagnent le sujet), et surtout interprété par quelques seconds rôles au moins aussi importants que les trois cités plus haut. Henri Guybet, dans la peau de Garan-Servier, un drôle de personnage libidineux, sénile, mais ô combien attachant. Puis celle que l'on regrettera de n'avoir pas vu plus longtemps à l'écran : l'actrice Myriam Boyer, qui dans le rôle de Berthe, portera en partie sur ses épaules la douloureuse responsabilité d'une tragédie qui aura marqué tout un village avant d'émouvoir une salle de cinéma toute entière... Un petit bijou de tendresse où le rire et l'émotion se mêlent merveilleusement bien...



lundi 29 mai 2017

Raid Dingue de Dany Boon (2017) (2017) - ★★★★★★★☆☆☆



Avec une régularité presque exemplaire mais demeurant beaucoup moins envahissant que certains de ses « collègues » comiques, Dany Boon continue à tracer sa voie au cinéma. Moins présent que d'autres qui accumulent les apparitions sur grand écran, l'acteur, humoriste, scénariste, producteur et réalisateur français revient donc en 2017 avec Raid Dingue, en tant qu'acteur, réalisateur, et comme scénariste aux côtés de Sarah Kaminsky. Bien qu'il y forme auprès de l'actrice française originaire de La Réunion, Alice Pol, le principal duo d'interprètes, Dany Boon s'entoure également de quelques vieilles figures du cinéma ou de la télévision (Sabine Azéma et Alain Doutey dans le rôles des parents d'Edouard Dubarry, futur époux de l'héroïne, ou encore Michel Blanc.) et de quelques humoristes et acteurs de dernière génération tels que Patrick Mille ou bien Florent Peyre que le grand public a pu découvrir grâce à l'émission de Laurent Ruquier, On n'demande qu'à en Rire.
Raid Dingue (jeu de mot faisant référence au fait de tomber follement amoureux d'une personne) met en scène Johanna Pasquali, fille du ministre de l'intérieur et obsédée à l'idée d'intégrer le RAID (Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion). Maladroite, la jeune femme travaille jusqu'à maintenant dans un commissariat où elle est réputée pour accumuler les gaffes. A tel point que ses collègues ne rêvent que d'une chose : qu'elle réussisse le concourt qui lui permettra d'entrer au RAID. Connaissant les dangers potentiels de cette unité d'élite de la Police Nationale, le père de Johanna et le futur époux de celle-ci (interprété par l'acteur franco-portugais Patrick Mille) insistent pour que la jeune femme soit acceptée au sein du RAID tout en imposant une condition. Ceux qui l'auront à sa charge devront la dégouter afin qu'elle n'aie plus envie de faire partie de cette élite.

Le chef du RAID (le toujours excellent François Levantal) confie Johanna à son meilleur homme, Eugène Froissard. Depuis quelques temps, certains de ses collègues le surnomment poissard. Depuis le départ de sa femme avec son frère, Eugène est en effet victime d'une série d'événements malchanceux. Son chef espère qu'en lui confiant la formation de Johanna, il parviendra à reprendre confiance en lui. Mais il y a un hic : Froissard est un abominable macho qui ne supporte pas l'idée qu'une femme puisse intégrer le RAID. De plus, en ville, des attaques sont perpétrées par une bande de dangereux criminels responsables de plusieurs gros braquages. Eugène va devoir ronger son frein et accepter la présence de Johanna qui seule, accepte désormais de travailler en binôme auprès de l'agent malchanceux...

Un an après avoir interprété le rôle de Pascal dans l'excellente comédie (oui, oui !) d'Yvan Attal Ils Sont Partout, Dany Boon offre à son tour à celui-ci l'opportunité de jouer dans Raid Dingue et d'endosser le(s) costume(s) de Viktor, personnage énigmatique que l'on découvre à la mi-parcours et dont le rôle demeure au moins aussi important que ceux d'Alice Pol et Dany Boon. Ca n'est pas la première fois que l'humoriste joue aux côtés de la jolie réunionnaise puisque l'on a pu notamment les découvrir côte à côte dans Supercondriaque en 2014. L'idée du film n'est pas récente puisque depuis dix ans environ, Dany Boon rêve d'endosser le costume d'un policier gaffeur intégrant une police d'élite. Il confiera cependant le rôle à une femme, Alice Pol donc, ajoutant au caractère « Pierrerichardien » de son personnage, le côté macho de son instructeur. Raid Dingue mêle l'humour à l'action car derrière les scènes drôles le film propose un scénario tournant également autour d'une affaire qui défraye la chronique parisienne. Yvan Attal y interprète le rôle totalement fou de Viktor, personnage sans doute le plus emblématique du film. Il permet surtout de relancer une intrigue qui sans lui, aurait sans doute tourné en rond.
Le film a été tourné dans les locaux du RAID, Dany Boon s'étant beaucoup documenté sur ce service. Il a, de plus, eu l'occasion de participer à l'entraînement de véritables agents du RAID et s'est lui-même beaucoup entraîné afin d'être prêt à jouer le rôle d' Eugène Froissard. Raid Dingue demeure donc une sympathique comédie française qui permet de passer un agréable moment de détente...

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