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mardi 28 avril 2020

Rendez-vous chez les Malawas de James Huth (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆



Contre la sinistrose, rien de mieux qu'une comédie. Bonne ou mauvaise, qu'importe. L'essentiel est de se vider la tête, rire un bon coup et pourquoi pas, en conserver un bon souvenir. On évitera donc d'avoir la dent trop dure contre le dernier long-métrage de James Huth, auteur auparavant de Brice de Nice, de Lucky Luke ou d'Un Bonheur n'arrive jamais Seul. Rien de transcendant, donc à part pour celles et ceux qui édifièrent une stèle autour du personnage incarné par Jean Dujardin, le fameux Brice en question. Si Rendez-vous chez les Malawas se digère relativement bien, cette petite comédie dans l'air du temps, avec ses gags grabataires et son contexte voilant à peine ses références télévisuelles, déroule son récit sans qu'aucune aspérité ne vienne gripper le train-train d'un cinéma français humoristique qui se mord la queue à force de toujours copier/coller le même concept. Il sera facile pour certains d'évoquer l'image d'une Afrique primitive comme élément de caricature. Mais ne l'oublions pas, si l’œuvre de James Huth évoque forcément la remarquable émission présentée par Frédéric Lopez (puis plus tard par Raphaël de Casabianca) Rendez-vous en terre inconnue, il n'y a aucune raison valable de n'y voir que le côté sombre des éternels clichés dont se font les pourfendeurs les marchands de la bien-pensance. Car qui oserait critiquer la dite émission ? Certainement pas ceux qui pourraient par contre éventuellement s'acharner sur l’œuvre de James Huth...

A dire vrai, ceux que le réalisateur/scénariste moque réellement dans ce long-métrage qui confronte quatre ''célébrités'' à un peuple d'Afrique, ce ne sont pas ces malawas que l'on aurait aimé voir réellement exister mais bien ce journaliste en perte de vitesse, animateur d'un ''télé-achat'' et leader autoproclamé. Cette actrice de sitcom dont aucun film n'a vu le jour sur grand écran. Cet humoriste qui parvient péniblement à remplir les salle de spectacle. Ou bien ce footballeur professionnel pas vraiment finaud. On le comprends assez rapidement : le réalisateur n'a pas choisi de faire dans la finesse et semble n'avoir pas la moindre tendresse pour ses ''héros''. Ici, le message tiendra dans quelques toutes petites phrases laissées derrière eux par celle et ceux qui par la force des choses sont devenus les vedettes préférées des français. James Huth a beau tourner son film sur des terres africaines absolument magnifiques, il n'en exploite malheureusement le potentiel que très superficiellement. Ou comment gâcher une opportunité en ne concentrant son intrigue qu'autour de son quatuor de pantins.

Sylvie Testud, Michaël Youn, Ramzy Bédia et Christian Clavier font ce qu'on leur demande et ils le font bien. Pascal Elbé incarne quant à lui l'alter ego de Frédéric Lopez en la personne de Léo Poli tandis que François Levantal interprète le cameraman Géronimo. La plus grosse déception de Rendez-vous chez les Malawas se situe dans son manque flagrant de profondeur. Ça n'est pas parce que le réalisateur a voulu une fois encore emprunter le terrain de la comédie que cela doit forcément l'empêcher à chaque fois d'y imposer une certaine dimension. D'autant plus qu'avec la référence télévisuelle que se traîne derrière lui son dernier long-métrage, le script co-écrit par James Huth, Michaël Youn et Sonja Shillito possédait des bases solides qui ne manquaient plus qu'un tout petit effort d'imagination de la part de ses auteurs. En l'état, Rendez-vous chez les Malawas est une comédie sympathique, drôle à certaines occasions si rares soient-elles, mais manquant, je le répète d'une certaine profondeur. Si son peuple imaginaire ne laisse pas indifférent, James Huth semble très rapidement s'en désintéresser pour ne concentrer son récit que sur son carré de vedettes. Un choix malheureux pour une comédie qui une fois encore, ne parvient pas à s'extraire du lot...

samedi 31 mars 2018

Sélection de 3 films à voir, à revoir... ou à éviter (10)

Il y eut en 2006, un remake au classique de George Romero, La Nuit des Morts-Vivants, Night of the Living Dead 3D. En fait, il s'agissait du second remake puisque seize ans auparavant, le maquilleur de génie Tom Savini en avait déjà proposé une version colorisée d'excellente facture. L’œuvre signée Jeff Broadstreet se révélait donc ainsi aussi inutile qu'opportuniste. En 2013, le cinéaste américain réitère l'expérience en ne réalisant plus cette fois-ci un remake, mais une préquelle à son propre long-métrage. Naît ainsi Night of the Living Dead 3D : Re-Animation. En fouillant même sur la toile, le fan complétiste découvrira qu'il existe un projet assez curieux mais ô combien original intitulé Night of the Living Dead: Reanimated, lequel reprend le scénario de George A. Romero et John A. Russo en lui appliquant le style de plusieurs artistes spécialisés dans le cinéma d'animation (j'y reviendrai dans un prochain article). On pourra également évoquer le projet Rise of the Living Dead qui n'est autre qu'une préquelle au classique de George Romero, réalisée par... George Cameron Romero, le fils de l'illustre cinéaste. Mais pour l'instant, il s'agit donc de parler de Night of the Living Dead 3D : Re-Animation, cet espèce d'étron cinématographique dont l'unique intérêt est de respecter l'amorphe allure de créatures décharnées. Ici, donc, pas d'infectés sprintant à la recherche de viande fraîche. Les macchabées déambulent lentement. A l'image d'une intrigue qui pourrait aisément suffire à un court-métrage d'une dizaine de minutes. Car l'un des principaux problèmes du film de Jeff Broadstreet demeure dans son incapacité à garder le spectateur éveillé, concentré, ou même simplement intéressé devant ce que l'on pourrait considérer comme un véritable monument d'ennui. On aura en effet rarement ressenti ailleurs l'impression d'assister à la projection d'un long-métrage mis en position 'arrêt sur image'. Le récit se traîne sur des dizaines de minutes lors desquelles il ne se passe absolument rien de bien excitant. Et la présence de Jeffrey 'Re-Animator Combs, malheureusement, n'y change rien.
Jeff Broadstreet s'autorise quelques références à George Romero et à son œuvre mais rien ne peut sauver son projet du naufrage. A part quelques morts-vivants apparaissant furtivement, le film se contente de nous proposer d'interminables conversations. D'un côté, celle opposant les frères Gerald et Harold Tovar (respectivement Andrew Divoff et Jeffrey Combs), et de l'autre, les trois employés de la morgue des Tovar, DyeAnne, la gothique, Russel, l'assistant de Gerald, et Cristie, la nouvelle recrue. Si Night of the Living Dead 3D : Re-Animation vous plombe une soirée, ça n'est certainement pas grâce aux scènes d'horreur qui se compteraient presque sur les doigts d'un manchot si l'on voulait être plus sévère envers le film qu'il ne le mérite. Non, si le film de Jeff Broadstreet est assommant, c'est parce qu'il est aussi mal interprété que dirigé. Les dialogues sont aussi ineptes que ceux d'un soap opera. La photographie et la lumière sont immondes. Quant à l'interprétation, que voulez-vous : lorsqu'un cinéaste a décidé de laisser s'exprimer ses interprètes sans véritablement les diriger, le résultat ne peut être, comme ici, que catastrophique. Night of the Living Dead 3D : Re-Animation mérite de trôner parmi les trois ou quatre plus mauvais films consacrés aux morts-vivants. C'est dire s'il est mauvais...❤❤💔💔💔💔💔💔💔💔

Haute Tension, c'est la seconde réalisation d'Alexandre Aja, fils d'Alexandre Arcady, qui réalisait là son tout premier film d'horreur avant de s'envoler aux États-Unis pour y aller tourner le remake de La Colline a des Yeux. Avec Haute Tension, Alexandre Aja nous offre enfin un film gore français digne d'intérêt. Le premier d'une vague qui déferlera bientôt sur le territoire hexagonal. En effet, si l'on ne tient pas compte du Baby Blood déjà âgé de dix-sept ans lorsque sort le film d'Alexandre Aja, les Frontière(s) et autre Martyrs ne sont que les descendants de ce petit film qui peine à atteindre l'heure et demi. Un format relativement court qui à la décharge du film lui procure un rythme soutenu. Le cinéaste n'y va pas avec le dos de la cuillère lorsqu'il s'agit d'abattre ses cartes en matière de scènes d'horreur. Sans distinction aucune, il charge l'imposant Philippe Nahon (sorti quatre ans plus tôt d'un Carne réaliste et sordide) d'exécuter sans la moindre morale une famille toute entière. Un couple de quinquagénaire et leur gamin d'à peine neuf ou dix ans. Seules survivront à cette première partie en forme de 'home-invasion', deux amies. La fille du couple et sa copine venue pour une nuit, dormir à la campagne. Pas de chance pour la pauvre Cécile de France qui du coup, va vivre un calvaire aussi long que dure le film. Pourchassant le tueur avant qu'il ne tue sa copine Alex. Le spectateur pourra apprécier l'aspect bricolé du long-métrage. Son image granuleuse, ses éclairages vifs et saignants, ses cadrages bancals et son montage nerveux. L'horreur y est graphique. Le sang gicle, au sol, sur les murs, et même jusqu'au plafond. Nahon y est filmé tel un prédateur sans morale, que la caméra tarde à filmer dans les yeux et auquel le scénario n'offre pas la parole durant la première moitié du film. Un tueur pervers, à l'imagination débordante lorsqu'il s'agit de perpétrer des meurtres. On retiendra l'égorgement de la mère de famille filmé en vue subjective à travers les fines ouvertures d'un placards, ou mieux encore, l'originale décapitation de son époux.
D'aspect bricolé, Haute Tension emporte tout sur son passage. C'est crade, parfois hystérique, mais ça fait du bien de voir qu'en France, on en capable de rivaliser avec le cinéma 'redneck' en provenance des États-Unis. Le film d'Alexandre Aja transpire la même sueur malodorante que celle de la famille frappadingue imaginée longtemps auparavant par le regretté Tobe Hooper. Certains reprochèrent au cinéaste d'avoir pompé son histoire sur celle de Intensity que le cinéaste Yves Simoneau réalisa cinq ans auparavant. Il est vrai qu'à la lecture du synopsis de ce dernier, on peut douter que le scénario de Aja et de Grégory Levasseur soit purement le fruit de leur imagination. Autre fait marquant dans Haute Tension, la scène située dans les chiottes pour le moins dégueulasses de la station-service. Tout rappelle en cet instant dramatique la scène culte se déroulant dans le métro new-yorkais du chef-d’œuvre de William Lustig, Maniac. Le film pousse à ce point la ressemblance que son héroïne arbore elle-même un large sourire lorsqu'elle se rend compte que le tueur a quitté les lieux sans découvrir sa présence. Alors que ce détail avait un sens dans Maniac (la victime pouvant penser que tout n'était que le fruit de son imagination), le sourire de Cécile de France demeure, lui, tout à fait déplacé. A part quelques petits défauts de cet acabit, Haute Tension est un film d'horreur efficace qui comblera les fans du genre...❤❤❤❤❤💔💔💔

Pour terminer, un autre film d'horreur français mais qui lui, par contre, se révèle relativement médiocre. La Traque d'Antoine Blossier (à ne pas confondre avec l'excellent long-métrage de Serge Leroy datant de 1975 ou le téléfilm de Laurent Jaoui de 2008) tente en 2011 de renouer avec le genre survival en mixant vaguement le Razorback de Russell Mulcahy à Isolation de Billy O'Brien. Malheureusement, son film n'offre ni les stupéfiants décors et la sublime photographie du premier, ni l'ambiance véritablement oppressante du second. C'est d'autant plus dommage qu'Antoine Blossier fait preuve d'une véritable énergie dans sa mise en scène. Après un premier quart-d'heure ne servant qu'à situer ses personnages, La Traque jette quatre individus en plein cœur d'une forêt dans laquelle se déroulent de bien curieux événements. L'occasion pour le cinéaste d'évoquer succinctement le thème de l'environnement à travers le personnage incarné par l'excellent François Levantal.
Il est d'autant plus dommage de constater que le résultat demeure puéril quand sur le papier, l'intrigue se révélait pleine de promesses. En effet, le mystère entourant le 'suicide' de cerfs s'étant jetés contre une clôture électrifiée puis la découverte par les quatre principaux personnages que des prédateurs tuent tout ce qui se présente dans la forêt avait de quoi aiguiser l'appétit des amateurs de frissons. Si La Traque déborde d'énergie durant l'heure suivante (le film ne dure en effet que quatre-vingt minutes), on pourra trouver agaçant les mouvements de caméra épileptiques qui rendent pénible la visibilité de certains passages. Dès lors que la scène est plongée dans l'obscurité, les attaques des prédateurs qui seront très rapidement identifiés comme étant des sangliers victimes de pollution pétrochimique, deviennent brouillonnes. Antoine Blossier économise ses moyens en filmant ses créatures planquées derrières des buissons secoués énergiquement par ses assistants, ce qui en terme d'effets sanglants risque de décevoir les spectateurs qui se repaîtront avant tout de cadavres d'animaux pourrissant que de victimes humaines d'abord attirées au cœurs d'herbes hautes avant d'être malheureusement tuées en toute discrétion. Autre point qui demeure négatif : la caractérisation des personnages. En faisant de ses héros des individus particulièrement antipathiques, Antoine Blossier laisse les spectateurs indifférents au sort tragique que la nature revancharde leur accorde. A part cela, La Traque se suit sans réel déplaisir mais sans jamais se démarquer d'une concurrence qui lui est éminemment supérieure...❤❤❤❤❤💔💔💔💔💔

vendredi 9 mars 2018

Gangsters de Olivier Marchal (2001) - ★★★★★★★☆☆☆



Je ne sais combien de longs-métrages tournant autour des gardes à vue ont été tournés de part le monde, mais je suis certain d'une chose : l'un des meilleurs représentants demeure chez nous le Garde à Vue que le cinéaste français Claude Miller réalisa en 1981, admirablement interprété par Lino Ventura, Michel Serrault, et accessoirement Guy Marchand. A savoir qu'un remake intitulé Suspicion a été réalisé en 2000 par le cinéaste américain Stephen Hopkins. Le scénariste et réalisateur italien Giuseppe Tornatore s'essaya à l'exercice treize ans plus tard en 1994 en dirigeant Roman Polanski et Gérard Depardieu dans le très curieux Un Pure Formalité, mais c'est en 2001, et avec son premier long-métrage que l'acteur et cinéaste Olivier Marchal a débarqué en force avec Gangsters. Une première œuvre pour un résultat fort satisfaisant qui malgré son intrigue centrée autour de la garde à vue d'un homme et de sa compagne après qu'un massacre ait eu lieu dans une boite de nuit laisse déjà entrevoir le style d'un cinéaste qui ne cessera de peaufiner son œuvre jusqu'au dernier, et excellent, Carbone.

Pour sa première incartade dans l'univers du thriller, Olivier Marchal plonge Franck Chlevski, un petit truand de longue date et sa compagne Nina Delgado, prostituée, au cœur d'une affaire qui intéresse vivement les membres d'un commissariat situé dans le dix-huitième arrondissement de la capitale française. Le principe est clair. D'un côté, Franck et Nina, accusés d'avoir participé au massacre et d'avoir dérobé quatre-vingt millions d'euros de diamants, de l'autre, les commandants Eddy Dahan, Marc Jansen, accompagnés de plusieurs inspecteurs et chargés de faire la lumière sur cette affaire qui a causé la mort de sept personnes dont le truand 'Petit Claude'.. Durs à cuirs, Franck et Nina restent muets quant à leur participation éventuelle au massacre et au vol des diamants. Usant de méthode radicalement différentes, de celle qu'utilise son principal concurrent Dahan, Jansen, après avoir interrogé le deux suspects décide de passer à l'étape suivante et se montre de moins en moins compréhensif envers le couple qu'il commence à maltraité en compagnie de l'inspecteur 'Rocky'. De plus, Franck soupçonne que parmi les flics du commissariat, certains pourraient avoir un rapport direct avec les événements pour lesquels lui et Nina sont accusé...

Pour un premier film, Olivier réussit à tenir le public en haleine. Un huis-clos très efficace qui prend pour cadre un commissariat avec tout ce que cela peut supposer, surtout lorsque la nuit tombe et que certains flics se sentent d'humeur violente. Entre l'intégrité de certains et les ripoux qui gangrènent la profession, difficile au premier abord de savoir qui respecte l'ordre, et qui, malgré son engagement, a choisi de franchir la frontière entre intégrité et criminalité. Surtout que qu'Olivier Marchal s'offre un casting incroyable. De vraies belles gueules de cinéma aux interprétations interchangeables : outre le couple formé par Richard Anconina et Anne Parillaud, Gangsters nous présente des flics aussi flippants que les criminels qu'ils sont chargés de traquer : la froideur de François Levantal, le regard glaçant de Gérald Laroche, le chien fou Francis Renaud, et dans une moindre mesure, l'apathique (et néanmoins excellent) Guy Lecluse. A voir leur personnage respectif s'acharner sur Franck et Nina, le spectateur finit par se demander ce qui peut bien les séparer au fond, d'un truand comme celui qu'interprète l'épatant Jean-Louis Tribes.

On pourra en revanche regretter certains des quelques flash-back qui émaillent le récit et qui révèlent en partie la 'position' de Franck et Nina dans toute cette histoire. Une manière fort peu convenable d'aborder une facette de l'intrigue et qui amenuise l'impact du twist final. Mais à part ça, Gangsters est vraiment un très bon polar français et une belle entrée en matière pour Olivier Marchal...

lundi 29 mai 2017

Raid Dingue de Dany Boon (2017) (2017) - ★★★★★★★☆☆☆



Avec une régularité presque exemplaire mais demeurant beaucoup moins envahissant que certains de ses « collègues » comiques, Dany Boon continue à tracer sa voie au cinéma. Moins présent que d'autres qui accumulent les apparitions sur grand écran, l'acteur, humoriste, scénariste, producteur et réalisateur français revient donc en 2017 avec Raid Dingue, en tant qu'acteur, réalisateur, et comme scénariste aux côtés de Sarah Kaminsky. Bien qu'il y forme auprès de l'actrice française originaire de La Réunion, Alice Pol, le principal duo d'interprètes, Dany Boon s'entoure également de quelques vieilles figures du cinéma ou de la télévision (Sabine Azéma et Alain Doutey dans le rôles des parents d'Edouard Dubarry, futur époux de l'héroïne, ou encore Michel Blanc.) et de quelques humoristes et acteurs de dernière génération tels que Patrick Mille ou bien Florent Peyre que le grand public a pu découvrir grâce à l'émission de Laurent Ruquier, On n'demande qu'à en Rire.
Raid Dingue (jeu de mot faisant référence au fait de tomber follement amoureux d'une personne) met en scène Johanna Pasquali, fille du ministre de l'intérieur et obsédée à l'idée d'intégrer le RAID (Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion). Maladroite, la jeune femme travaille jusqu'à maintenant dans un commissariat où elle est réputée pour accumuler les gaffes. A tel point que ses collègues ne rêvent que d'une chose : qu'elle réussisse le concourt qui lui permettra d'entrer au RAID. Connaissant les dangers potentiels de cette unité d'élite de la Police Nationale, le père de Johanna et le futur époux de celle-ci (interprété par l'acteur franco-portugais Patrick Mille) insistent pour que la jeune femme soit acceptée au sein du RAID tout en imposant une condition. Ceux qui l'auront à sa charge devront la dégouter afin qu'elle n'aie plus envie de faire partie de cette élite.

Le chef du RAID (le toujours excellent François Levantal) confie Johanna à son meilleur homme, Eugène Froissard. Depuis quelques temps, certains de ses collègues le surnomment poissard. Depuis le départ de sa femme avec son frère, Eugène est en effet victime d'une série d'événements malchanceux. Son chef espère qu'en lui confiant la formation de Johanna, il parviendra à reprendre confiance en lui. Mais il y a un hic : Froissard est un abominable macho qui ne supporte pas l'idée qu'une femme puisse intégrer le RAID. De plus, en ville, des attaques sont perpétrées par une bande de dangereux criminels responsables de plusieurs gros braquages. Eugène va devoir ronger son frein et accepter la présence de Johanna qui seule, accepte désormais de travailler en binôme auprès de l'agent malchanceux...

Un an après avoir interprété le rôle de Pascal dans l'excellente comédie (oui, oui !) d'Yvan Attal Ils Sont Partout, Dany Boon offre à son tour à celui-ci l'opportunité de jouer dans Raid Dingue et d'endosser le(s) costume(s) de Viktor, personnage énigmatique que l'on découvre à la mi-parcours et dont le rôle demeure au moins aussi important que ceux d'Alice Pol et Dany Boon. Ca n'est pas la première fois que l'humoriste joue aux côtés de la jolie réunionnaise puisque l'on a pu notamment les découvrir côte à côte dans Supercondriaque en 2014. L'idée du film n'est pas récente puisque depuis dix ans environ, Dany Boon rêve d'endosser le costume d'un policier gaffeur intégrant une police d'élite. Il confiera cependant le rôle à une femme, Alice Pol donc, ajoutant au caractère « Pierrerichardien » de son personnage, le côté macho de son instructeur. Raid Dingue mêle l'humour à l'action car derrière les scènes drôles le film propose un scénario tournant également autour d'une affaire qui défraye la chronique parisienne. Yvan Attal y interprète le rôle totalement fou de Viktor, personnage sans doute le plus emblématique du film. Il permet surtout de relancer une intrigue qui sans lui, aurait sans doute tourné en rond.
Le film a été tourné dans les locaux du RAID, Dany Boon s'étant beaucoup documenté sur ce service. Il a, de plus, eu l'occasion de participer à l'entraînement de véritables agents du RAID et s'est lui-même beaucoup entraîné afin d'être prêt à jouer le rôle d' Eugène Froissard. Raid Dingue demeure donc une sympathique comédie française qui permet de passer un agréable moment de détente...

mardi 26 janvier 2016

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Christine et Léa Papin - Les Blessures Assassines de Jean-Pierre Denis (2000)



De la fiction...

Après avoir travaillé dans plusieurs grandes maisons comme bonne, Christine Papin est employée chez Mme Lancelin qui vit auprès de son époux et de leur fille Geneviève. La jeune femme parvient après quelque temps à faire embaucher sa sœur cadette Léa. Une situation qui ravit Christine qui rêve de pouvoir l'arracher à leur mère avec laquelle elle entretient des rapports compliqués. En effet, plus jeune, et alors qu'elle exprimait le désir d'entrer au couvent, elle se voit réprimander par sa mère à laquelle elle répond par la suite vouloir retrouver son père parti sur le front. C'est là que sa mère la menace de prévenir la police et de le faire enfermer au retour de la guerre, lui qu'elle accuse d'être un violeur. C'en est trop pour Christine et les rapports entre mère et fille ne seront plus jamais les mêmes.

Alors, lorsque Léa, bien des années plus tard, entre aux services des Lancelin, les deux sœurs sont heureuses. Malgré l'intransigeance de leur employeur, Christine et Léo ont droit à quelques moments de tranquillité et dorment dans la même chambre, sous les toits de la luxueuse demeure des Lancelin. Christine ne vivant qu'à travers sa sœur, Léa accapare toutes ses pensées. Se rendant elle-même malade au point d'être tétanisée par l'angoisse, Christine va commettre l'impensable, un soir, alors qu'elle et Léa se croyaient seules chez les lancelin...

Cinq ans après l'immense La Cérémonie de Claude Chabrol avec les non moins extraordinaires Sandrine Bonnaire et Isabelle Huppert, le cinéaste Jean-Pierre Denis donne une vision beaucoup plus proche du fait divers célèbre au cœur duquel furent présentées Christine et Léo Papin. Les Blessures Assassines n'est pas une œuvre de divertissement. Elle s'attache avec beaucoup de réalisme et de pudeur à décortiquer le récit d'un drame qui selon le déroulement de l'intrigue apparaissait comme inévitable.
L'un des principaux atouts du film de Jean-Pierre Denis est de justement révéler tout ce que le procès des sœurs Papin avait jugé bon d'ignorer. De l'enfance des deux héroïnes, et notamment celle de Christine, jusqu'au mensonge de la mère au sujet du père et que l'on jugera ou non comme l'événement marquant dans l'existence de la jeune femme, ce qui expliquera sans doute son désir de protéger sa sœur Léa. Qui mieux que Sylvie Testud aurait pu relever ce challenge difficile, aux côtés d'une Julie-Marie Parmentier elle aussi fantastique dans le rôle de Léa ?

A lire froidement le récit des événements dans un quelconque ouvrage, rien n'aurait pu nous bouleverser autant que l'admirable interprétation des deux actrices merveilleusement mises en scène par Jean-Pierre Denis. L'histoire des sœurs Papin fut maintes fois abordée en littérature et au cinéma. Jean-Pierre Denis en donne une vision juste et profondément humaine. Comme le sont justement ces deux sœurs liées par l'amour dans tout ce qu'il peut exprimer de beau et de sincère, nous les rendant attachantes même après leurs méfaits. Les Blessures Assassines est une merveille à ranger précieusement aux côtés de l’œuvre de Claude Chabrol...


... à la réalité

Christine Papin est née en 1905. Sa jeune sœur Léo, en 1911. connues sous le nom des Sœurs Papin, elles se rendirent célèbres en tuant leurs employeurs, une mère et sa fille. Contrairement au film de Jean-Pierre Denis qui demeure assez sobre, les événements qui surgirent dans la demeure des Lancelin le jeudi 2 Février 1933 furent d'une exceptionnelle violence, le médecin légiste chargé d'examiner les corps les ayant décrit comme de la bouillie sanglante. Les deux victimes furent énucléées, frappées à coups de couteaux et de marteaux avant d'être « ciselées » comme des lapins. Chrstine et Léa furent retrouvées par la police assises au fond du lit dans lequel elles dormaient après le travail. Lors du procès, Christine fut condamnée à mort avant d'être graciée. Elle écopa finalement d'une peine de travaux forcés à perpétuité. Sombrant dans la folie, elle fut internée à l'asile public d'aliénés de Rennes où elle mourut en 1937. Léa quant à elle fut condamnée à dix années de travaux forcés et retrouva sa mère avec laquelle elle vécu jusqu'à la mort de celle-ci. Léa s'installe alors dans un couple qui l'accueille et la fait passer pour la troisième grand-mère de leurs enfants. Elle y meurt le 24 juillet 2001 à l'âge de 89 ans.

Documentaire sur l'affaire des Sœurs Papin 
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