Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Guy Lecluse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Guy Lecluse. Afficher tous les articles

mercredi 13 mars 2024

Dany Boon - Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon (2008) - ★★★★★★★☆☆☆




Quoi de mieux pour débuter un cycle consacré à Dany Boon que de démarrer par son plus grand succès ? Durant plus de quarante années, La grande vadrouille de Gérard Oury avec plus de dix-sept millions d'entrées est demeuré numéro un au box-office français avant d'être détrôné en 2008 par Bienvenue chez les Ch'tis, second long-métrage du réalisateur, scénariste, producteur et humoriste Dany Boon qui encore aujourd'hui détient le records d'entrées sur notre territoire avec plus de vingt millions de tickets vendus. Plus que les réelles qualités de cette comédie familiale, les raisons de son succès reposent sans doute sur la popularité du long-métrage auprès du public originaire du Nord qui s'est fort logiquement pressé à l'entrée des salles de cinéma dans la région Nord de notre pays. En effet, le second film réalisé et interprété par Dany Boon deux ans après La maison du bonheur rend hommage aux habitants du bassin minier et de l'ancien Pas-de-Calais connus sous le nom de Ch'tis. Une œuvre que l'on classifiera pour commencer en parallèle à la carrière d'humoriste de son auteur, lequel rendra tout d'abord hommage aux gens du Nord avec son spectacle Dany Boon : A s'baraque et en ch'ti en 2003. L'aventure commence en 2006 lorsqu'il imagine une œuvre se déroulant dans le pays qui l'a vu grandir. Originaire d'Armentières dans ce que l'on a désormais communément l'habitude de nommer Les Hauts-de-France, il passe un an sur le script de sa future comédie avant de s'adjoindre les services des scénaristes Franck Magnier et Alexandre Charlot. À l'origine, Kad Merad n'était pas le premier acteur pressenti pour interpréter le rôle de Philippe Abrams mais José Garcia. Aux côtés de l'ancien complice d'Olivier Baroux du duo Kad et O, l'acteur franco-algérien compose avec une petite troupe d'interprètes fort sympathiques dont Line Renaud qui pour la seconde fois après La maison du bonheur travaillait aux côtés de Dany Boon. Zoé Félix, Anne Marivin, Philippe Duquesne et surtout le très fidèle Guy Lecluse (que l'on retrouvera notamment dans Rien à déclarer, Supercondriaque et La Ch'tite famille eux aussi réalisés par l'humoriste en 2011, 2014 et 2018) rejoignent le projet qui débute un an plus tard, en 2007. Comme l'évoque le personnage de Philippe Abrams, quelques séquences furent tournées à Salon-de-Provence où travaille tout d'abord l'un des deux principaux protagonistes du récit avant que l'équipe toute entière ne se déplace jusqu'à Bergues dans Les Hauts-de-France.


Le récit de Bienvenue chez les Ch'tis nous conte l'histoire du directeur d'une agence de La poste située à Salon-de-Provence désirant se rapprocher de la Méditerranée. Sous la pression de son épouse Julie (Zoé Félix), il tente un coup de bluff lors d'un entretien en se faisant passer pour un homme en fauteuil roulant afin de convaincre M. Lebic (Jérôme Commandeur), un inspecteur du travail, de lui accorder le poste qu'il convoite. Malheureusement pour lui, le pot-aux-roses est découvert et le voilà désormais contraint d'accepter une mutation dans le Nord pour les deux prochaines années. Refusant de l'accompagner dans ses nouvelles fonctions, Julie et leur fils Raphaël (Lorenzo Ausilia-Foret) restent donc dans le Sud. Convaincu que son départ pour le Nord sera une véritable épreuve (l'échange entre Kard Mérad et le grand-oncle de son épouse excellemment interprété par Michel Galabru semble d'ailleurs lui donner raison), Philippe Abrams va découvrir que les habituels clichés liés à cette région supposée ici inhospitalière ne rentrent pas vraiment dans le cadre des rencontres qu'il y fera... Avec tout l'humour qui le caractérise, celui consistant à s'auto-parodier, Dany Boon, dans le rôle du facteur et du carillonneur Antoine Bailleul mais surtout dans celui de réalisateur et scénariste s'amuse des stéréotypes qu'il mettra en scène lors de la première partie. Une fois évacuées les banalités, le film montre la petite ville de Bergues sous un jour très positif. Véritable laboratoire d'une population très accueillante mais aux coutumes gastronomiques parfois étonnantes comme celle de plonger dans le café une tranche de pain tartinée de Maroilles, les clichés s'envolent à tel point que notre héros tout d'abord réfractaire s'y sentira très rapidement chez lui. Drôle, parfois caricatural mais jamais vulgaire, Dany Boon prend un malin plaisir à se moquer non pas des autochtones mais de ceux qui en ont une image faussée. Ajoutée au portrait de cette ville du Nord et de ses sympathiques habitants, il se crée une relation avec la charmante guichetière et comptable Annabelle Deconninck qu'incarne la délicieuse Anne Marivin. Quant à Guy Lecluse et Philippe Dusquesne, ils arborent tous les deux les oripeaux des rares postiers de Bergues. À le redécouvrir aujourd'hui et bien des années après l'engouement de la presse et du public, seize ans après sa sortie sur les écrans internationaux, Bienvenue chez les Ch'tis a plutôt bien vieilli...

vendredi 9 mars 2018

Gangsters de Olivier Marchal (2001) - ★★★★★★★☆☆☆



Je ne sais combien de longs-métrages tournant autour des gardes à vue ont été tournés de part le monde, mais je suis certain d'une chose : l'un des meilleurs représentants demeure chez nous le Garde à Vue que le cinéaste français Claude Miller réalisa en 1981, admirablement interprété par Lino Ventura, Michel Serrault, et accessoirement Guy Marchand. A savoir qu'un remake intitulé Suspicion a été réalisé en 2000 par le cinéaste américain Stephen Hopkins. Le scénariste et réalisateur italien Giuseppe Tornatore s'essaya à l'exercice treize ans plus tard en 1994 en dirigeant Roman Polanski et Gérard Depardieu dans le très curieux Un Pure Formalité, mais c'est en 2001, et avec son premier long-métrage que l'acteur et cinéaste Olivier Marchal a débarqué en force avec Gangsters. Une première œuvre pour un résultat fort satisfaisant qui malgré son intrigue centrée autour de la garde à vue d'un homme et de sa compagne après qu'un massacre ait eu lieu dans une boite de nuit laisse déjà entrevoir le style d'un cinéaste qui ne cessera de peaufiner son œuvre jusqu'au dernier, et excellent, Carbone.

Pour sa première incartade dans l'univers du thriller, Olivier Marchal plonge Franck Chlevski, un petit truand de longue date et sa compagne Nina Delgado, prostituée, au cœur d'une affaire qui intéresse vivement les membres d'un commissariat situé dans le dix-huitième arrondissement de la capitale française. Le principe est clair. D'un côté, Franck et Nina, accusés d'avoir participé au massacre et d'avoir dérobé quatre-vingt millions d'euros de diamants, de l'autre, les commandants Eddy Dahan, Marc Jansen, accompagnés de plusieurs inspecteurs et chargés de faire la lumière sur cette affaire qui a causé la mort de sept personnes dont le truand 'Petit Claude'.. Durs à cuirs, Franck et Nina restent muets quant à leur participation éventuelle au massacre et au vol des diamants. Usant de méthode radicalement différentes, de celle qu'utilise son principal concurrent Dahan, Jansen, après avoir interrogé le deux suspects décide de passer à l'étape suivante et se montre de moins en moins compréhensif envers le couple qu'il commence à maltraité en compagnie de l'inspecteur 'Rocky'. De plus, Franck soupçonne que parmi les flics du commissariat, certains pourraient avoir un rapport direct avec les événements pour lesquels lui et Nina sont accusé...

Pour un premier film, Olivier réussit à tenir le public en haleine. Un huis-clos très efficace qui prend pour cadre un commissariat avec tout ce que cela peut supposer, surtout lorsque la nuit tombe et que certains flics se sentent d'humeur violente. Entre l'intégrité de certains et les ripoux qui gangrènent la profession, difficile au premier abord de savoir qui respecte l'ordre, et qui, malgré son engagement, a choisi de franchir la frontière entre intégrité et criminalité. Surtout que qu'Olivier Marchal s'offre un casting incroyable. De vraies belles gueules de cinéma aux interprétations interchangeables : outre le couple formé par Richard Anconina et Anne Parillaud, Gangsters nous présente des flics aussi flippants que les criminels qu'ils sont chargés de traquer : la froideur de François Levantal, le regard glaçant de Gérald Laroche, le chien fou Francis Renaud, et dans une moindre mesure, l'apathique (et néanmoins excellent) Guy Lecluse. A voir leur personnage respectif s'acharner sur Franck et Nina, le spectateur finit par se demander ce qui peut bien les séparer au fond, d'un truand comme celui qu'interprète l'épatant Jean-Louis Tribes.

On pourra en revanche regretter certains des quelques flash-back qui émaillent le récit et qui révèlent en partie la 'position' de Franck et Nina dans toute cette histoire. Une manière fort peu convenable d'aborder une facette de l'intrigue et qui amenuise l'impact du twist final. Mais à part ça, Gangsters est vraiment un très bon polar français et une belle entrée en matière pour Olivier Marchal...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...