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samedi 19 juillet 2025

La Ch'tite Famille de Dany Boon (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆



Ne vous y fiez pas, malgré son rapport aux habitants du nord de la France, La Ch'tite Famille n'entretient aucun rapport avec Bienvenue chez les Ch'tis, le second long-métrage réalisé par Dany Boon en 2008. Bien que l'on y retrouve cet accent onomatopéique typique du nord de l'hexagone, ainsi qu'une petite partie du casting du plus grand succès cinématographique du pays en les personnes de Line Renaud (troisième participation de l'actrice dans une œuvre réalisée par l'acteur-réalisateur-humoriste) et de Guy Lecluyse (la quatrième), La Ch'tite Famille intervertit le cadre du 'sudiste' quittant Salon-de-Provence pour se rendre dans le Nord, pour plonger une famille de ch'tis dans la capitale française, là où vit justement l'un de ses membres, lequel a coupé les ponts avec les siens au profit d'une carrière de designer. Hautement caricaturale, la famille constituée du père Joseph (Pierre Richard), de la mère Suzanne, de l'un de ses fils Gustave, de sa belle-fille Louloute, et de sa petite-fille Britney, est nanti d'un très fort accent ch'ti, en inadéquation totale avec la vie parisienne. Stéréotypés au point de les placer dans un véhicule customisé reflétant une certaine idée de la 'beauf attitude', si la consanguinité n'est pas évoquée, cela n'empêchera cependant pas le personnage de Constance Brandt, la compagne de Valentin D., incarnée à l'écran par Laurence Arné (Dépression et des Potes, Mais qui a Retué Pamela Rose, ou encore Radin ! avec Dany Boon) de considérer plus tard son petit ami de 'con comme ses pieds', comme si le simple fait de parler dans son patois d'originr le rendait moins intelligent.

Si Dany Boon, originaire d’Armentières dans le Nord, n'était pas lui-même un ch'ti, la caricature aurait pu passer avec beaucoup plus de difficulté à l'écran. Un peu à l'image de l'humour dont seules certaines communautés semblent avoir le droit d'user sans être traitées de racisme. D'ailleurs, Dany Boon ayant largement prouvé son attachement à la région qui l'a vu naître, on ne pourra pas taxer son œuvre d'opportunisme anti-ch'tis. Cependant, la grande question demeure dans le fait de reconnaître ou pas l'utilité d'un film usant de ressorts déjà éprouvés dix ans plus tôt. Car si les deux longs-métrages de Dany Boon explorent des scénarii qui diffèrent l'un de l'autre, il demeure dans La Ch'tite Famille une évidente redondance dans la manière qu'à l'acteur-réalisateur d'exploiter le contraste entre les gens du Nord et les culs-serrés de la capitale française.

A ce sujet, Dany Boon force là encore le trait, permettant aux 'deux équipes' d'égaliser. Car face à l'aspect quelque peu bouffon de cette famille au demeurant chaleureuse, lui sont opposés des parisiens qui peuvent rougir de leur caractère hautement narcissique et superficiel. L'essentiel demeurant dans les situations comiques, élément que recherchera avant toute autre chose le spectateur, La Ch'tite Famille tient-il sa promesse en ce domaine, lui dont le budget a triplé depuis Bienvenue chez les Ch'tis ? Oui... mais non ! Le principal soucis du dernier long-métrage de Dany demeure dans la vacuité de situations déjà vues mille fois auparavant. Alors bien entendu, le film conserve quelques scènes rigolotes (dont une grand partie nourrissait la bande-annonce), mais à part cela, La Ch'tite Famille ressemble à la majorité des comédies qui sortent depuis une bonne dizaine d'années : aussi vite vue, aussi vite oubliée...

mercredi 13 mars 2024

Dany Boon - Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon (2008) - ★★★★★★★☆☆☆




Quoi de mieux pour débuter un cycle consacré à Dany Boon que de démarrer par son plus grand succès ? Durant plus de quarante années, La grande vadrouille de Gérard Oury avec plus de dix-sept millions d'entrées est demeuré numéro un au box-office français avant d'être détrôné en 2008 par Bienvenue chez les Ch'tis, second long-métrage du réalisateur, scénariste, producteur et humoriste Dany Boon qui encore aujourd'hui détient le records d'entrées sur notre territoire avec plus de vingt millions de tickets vendus. Plus que les réelles qualités de cette comédie familiale, les raisons de son succès reposent sans doute sur la popularité du long-métrage auprès du public originaire du Nord qui s'est fort logiquement pressé à l'entrée des salles de cinéma dans la région Nord de notre pays. En effet, le second film réalisé et interprété par Dany Boon deux ans après La maison du bonheur rend hommage aux habitants du bassin minier et de l'ancien Pas-de-Calais connus sous le nom de Ch'tis. Une œuvre que l'on classifiera pour commencer en parallèle à la carrière d'humoriste de son auteur, lequel rendra tout d'abord hommage aux gens du Nord avec son spectacle Dany Boon : A s'baraque et en ch'ti en 2003. L'aventure commence en 2006 lorsqu'il imagine une œuvre se déroulant dans le pays qui l'a vu grandir. Originaire d'Armentières dans ce que l'on a désormais communément l'habitude de nommer Les Hauts-de-France, il passe un an sur le script de sa future comédie avant de s'adjoindre les services des scénaristes Franck Magnier et Alexandre Charlot. À l'origine, Kad Merad n'était pas le premier acteur pressenti pour interpréter le rôle de Philippe Abrams mais José Garcia. Aux côtés de l'ancien complice d'Olivier Baroux du duo Kad et O, l'acteur franco-algérien compose avec une petite troupe d'interprètes fort sympathiques dont Line Renaud qui pour la seconde fois après La maison du bonheur travaillait aux côtés de Dany Boon. Zoé Félix, Anne Marivin, Philippe Duquesne et surtout le très fidèle Guy Lecluse (que l'on retrouvera notamment dans Rien à déclarer, Supercondriaque et La Ch'tite famille eux aussi réalisés par l'humoriste en 2011, 2014 et 2018) rejoignent le projet qui débute un an plus tard, en 2007. Comme l'évoque le personnage de Philippe Abrams, quelques séquences furent tournées à Salon-de-Provence où travaille tout d'abord l'un des deux principaux protagonistes du récit avant que l'équipe toute entière ne se déplace jusqu'à Bergues dans Les Hauts-de-France.


Le récit de Bienvenue chez les Ch'tis nous conte l'histoire du directeur d'une agence de La poste située à Salon-de-Provence désirant se rapprocher de la Méditerranée. Sous la pression de son épouse Julie (Zoé Félix), il tente un coup de bluff lors d'un entretien en se faisant passer pour un homme en fauteuil roulant afin de convaincre M. Lebic (Jérôme Commandeur), un inspecteur du travail, de lui accorder le poste qu'il convoite. Malheureusement pour lui, le pot-aux-roses est découvert et le voilà désormais contraint d'accepter une mutation dans le Nord pour les deux prochaines années. Refusant de l'accompagner dans ses nouvelles fonctions, Julie et leur fils Raphaël (Lorenzo Ausilia-Foret) restent donc dans le Sud. Convaincu que son départ pour le Nord sera une véritable épreuve (l'échange entre Kard Mérad et le grand-oncle de son épouse excellemment interprété par Michel Galabru semble d'ailleurs lui donner raison), Philippe Abrams va découvrir que les habituels clichés liés à cette région supposée ici inhospitalière ne rentrent pas vraiment dans le cadre des rencontres qu'il y fera... Avec tout l'humour qui le caractérise, celui consistant à s'auto-parodier, Dany Boon, dans le rôle du facteur et du carillonneur Antoine Bailleul mais surtout dans celui de réalisateur et scénariste s'amuse des stéréotypes qu'il mettra en scène lors de la première partie. Une fois évacuées les banalités, le film montre la petite ville de Bergues sous un jour très positif. Véritable laboratoire d'une population très accueillante mais aux coutumes gastronomiques parfois étonnantes comme celle de plonger dans le café une tranche de pain tartinée de Maroilles, les clichés s'envolent à tel point que notre héros tout d'abord réfractaire s'y sentira très rapidement chez lui. Drôle, parfois caricatural mais jamais vulgaire, Dany Boon prend un malin plaisir à se moquer non pas des autochtones mais de ceux qui en ont une image faussée. Ajoutée au portrait de cette ville du Nord et de ses sympathiques habitants, il se crée une relation avec la charmante guichetière et comptable Annabelle Deconninck qu'incarne la délicieuse Anne Marivin. Quant à Guy Lecluse et Philippe Dusquesne, ils arborent tous les deux les oripeaux des rares postiers de Bergues. À le redécouvrir aujourd'hui et bien des années après l'engouement de la presse et du public, seize ans après sa sortie sur les écrans internationaux, Bienvenue chez les Ch'tis a plutôt bien vieilli...

vendredi 13 août 2021

Un tour chez ma fille d'Éric Lavaine (2021) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

À lui seul, Tatie Danielle d’Étienne Chatiliez avait déjà posé les bases du genre dès 1990. Créé et imposé avec cette vieille dame odieuse et tyrannique (extraordinaire Tsilla Chelton) des fondations qui se tiennent encore aujourd'hui fièrement debout, bien au dessus de toute concurrence. Dans un autre style, ce même Étienne Chatiliez était venu nous proposer onze ans plus tard, une alternative moins grinçante mais tout aussi réjouissante avec Tanguy. D'un côté, une arrière grand-mère acariâtre faisait vivre l'enfer à ses petits-neveux interprétés par Catherine Jacob et Eric Prat ainsi qu'à sa ''nounou'' en la personne d'Isabelle Nanty. Beaucoup moins agressif mais néanmoins tout aussi crispant, nous avions droit à Tanguy dans lequel nous assistions à la tentative désespérée de ses parents de décourager leur fils qui prenait racines chez eux. Après ces deux cas d'école, ces classiques de la comédie française, beaucoup s'y sont essayés, mais la majorité d'entre eux s'y sont cassés les dents. Même Étienne Chatiliez n'est jamais parvenu à retrouver la grâce par la suite. Ni avec L'oncle Charles, ni avec Tanguy, le retour, cette purge sortie sur les écrans de cinéma il y a deux ans. Depuis un certain nombre d'années, on le sait, la comédie française bat de l'aile, creusant de plus en plus son déficit en terme d'humour et d'inspiration. Et lorsque l'on n'a pas le moindre échantillon d'imagination sur soi, forcément, qu'est-ce qu'il nous reste d'autre que d'aller piller dans des réserves déjà vides ? En 2016, le réalisateur Éric Lavaine reprend le concept avec cette fille (Alexandra Lamy) qui retourne vivre chez sa mère dans Retour chez ma mère. Passe encore, cette comédie plutôt sympathique même si jamais vraiment irrésistiblement drôle. En 2020, c'est au tour de Michèle Laroque de vouloir proposer sa vision du concept avec Chacun chez soi. Malgré la Covid-19. Mais surtout, malgré son nullissime premier long-métrage Brillantissime sorti trois ans auparavant...


Une lubie, un caprice de ''star'' qui n'atteindra malheureusement que la dernière place d'un classement avec Chacun chez soi, tout juste au dessus de son premier méfait... Cinq ans après Retour chez ma mère, le réalisateur Eric Lavaine revient avec la suite et surtout à l'esprit, l'idée de reprendre le concept en inversant les rôles. Cette fois-ci, ça n'est plus la fille qui s'incruste chez sa mère mais l'inverse. On reprend PRESQUE tous les mêmes interprètes, à part Alexandra Lamy qui aura eu ''la bonne idée'' de n'apparaître qu'à travers sa voix, l'actrice ayant elle-même averti Eric Lavaine que le film risquait d'être trop proche du précédent volet si une fois de plus étaient confrontés les personnages de Jacqueline et Stéphanie Mazerin. En lieu et place de l'actrice, c'est donc Mathilde Seigner qui incarnait sa sœur à l'écran dans Retour chez ma mère qui se retrouve désormais sur le devant de la scène avec en prime, une Josiane Balasko terriblement étouffante. On parle évidemment de son personnage et non pas de l'interprète elle-même. Également fidèle au rôle qu'il a déjà tenu dans le premier volet, l'acteur et humoriste Jérôme Commandeur reprend le rôle d'Alain Bordier, le compagnon de Carole. Une présence qui logiquement devrait être synonyme de fous rires puisque sa seule présence sauve en général des œuvres qui flirtent avec le naufrage artistique et qui devrait donc suffire à offrir à Un tour chez ma fille, son comptant de séquences drôles. Sauf que de vouloir en faire une généralité n'est pas vraiment conseillé. Surtout lorsque l'on a subi sur grand écran, cette purge absolue de la comédie française sortie le 14 juillet dernier dans laquelle jouait justement Jérome Commandeur, un navet intitulé Mystère à Saint Tropez.


Une daube monumentale signée de Nicolas Benamou dont le seul intérêt aura permis à Brillantissime de monter d'un cran dans le classements des pires comédies hexagonales et d'apaiser le dégoût de ses plus virulents détracteurs... En guest, on a droit à la présence de Line Renaud dans le rôle de Mamoune, la mère de Josiane ou de Jean-François Cayrey en artisan-plombier et électricien d'origine polonaise. Un personnage qui cache mal son rapport avec le duo qu'interprétèrent en leur temps Zinedine Soualem et Laurent Gamelon dans La maison du bonheur de Dany Boon et que le scénario d'Éric et Bruno Lavaine et d'Hector Cabello Reyes pompe ''joyeusement''. Ici, en moins drôle, bien évidemment... C'est d'ailleurs une constante dans Un tour chez ma fille. Malgré la présence et le talent de Josiane Balasko, de Mathilde Seigner ou de Jérome Commandeur auxquels on sert des dialogues relativement plats qui ne réinventent rien et puisent dans le passé. Le pire, c'est que vu le niveau de qualité drastiquement bas de la comédie française actuelle, on se contentera malgré tout d'Un tour chez ma fille. Encore faudra-t-il considérer vaut le coup de payer le prix d'une place de cinéma. Divertissant, sans plus...

 

mardi 30 avril 2019

La Croisière de Pascale Pouzaloux (2010) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



Avant de fouler le sable chaud de La Plage Sanglante, j'ai pensé qu'il serait intéressant d'y parvenir à bord d'un bateau de croisière. Et même deux, pourquoi pas. Deux gros nanars qui m'avaient laissé des aigreurs d'estomac qui ont mis des jours à se dissiper lorsque j'eus la très mauvaise idée de consacrer trois heures à les visionner. Deux représentants d'un comique franchouillard pitoyable que je croyais définitivement révolu. Le premier d'entre eux, c'est La Croisière de Pascale Pouzaloux dont il s'agissait en 2010 du troisième long-métrage. Un casting sympathique formé notamment par Charlotte De Turckheim, Antoine Duléry, Line Renaud, Marilou Berry ou encore Jean Benguigui et Armelle pour un résultat... navrant !
Le principal soucis de cette Croisière apparemment très inspirée par la célèbre série créée par le producteur américain Aaron Spelling, La Croisière s'amuse, c'est qu'elle n'amuse justement pas du tout. On s'y ennuie même terriblement. Les personnages sont stéréotypés au possible et aucun ne parvient à tirer son épingle du jeu. Lorsque l'on connaît le talent de chacun, on ne peut alors reprocher leur interprétation catastrophique qu'à la réalisatrice Pascale Pouzaloux qui n'utilise aucune de leurs possibilités et en fait des pantins sans âme et sans talent.

Dès les premières minutes on sait que l'expérience sera rude. La Croisière semble dater de plusieurs décennies alors même qu'elle n'a pas dix ans au compteur. Même la série dont elle semble s'inspirer a conservé plus de fraîcheur que cette œuvre grabataire où les bons mots n'ont apparemment pas leur place. Les gags tentent de s'enchaîner à une vitesse aussi vertigineuse que celle des classiques du type des Bronzés mais sans jamais y parvenir. C'est lourd, très lourd, et surtout peu crédible. En cela, on n'en voudra pas à Marilou Berry de jouer les hystériques montées sur de hauts talons-aiguilles, à Nora Arnezeder de tenter de séduire (et d'y parvenir !) l’aumônier du navire, à Antoine Duléry de se planquer derrière robes et perruque, ou à Charlotte De Turkheim de finalement tomber amoureuse de celui-ci à force de ne plus mettre la main sur Pierrick son époux qui, apparemment, a disparu. Le jeu de Jean Benguigui est passéiste, celui d'Armelle, inexistant, et quant à Stéphane Debac, cet ersatz protéiforme de l'acteur américain Bruce Willis, le voir déambuler dans de longues coursives avec ses hommes est effarant et grotesque.

Navrant, oui, La Croisière l'est. Le genre de long-métrage qui vous ruinerait une carrière d'acteur. C'est finalement Line Renaud qui s'en sort le mieux... et encore. Elle demeure finalement la moins exubérante de tous en demeurant telle qu'on la connaît. En singeant leur personnage respectif, les autres interprètes on faillit à leurs qualités d'actrices et acteurs. L’œuvre de Pascale Pouzaloux est une comédie bas de gamme et pourrait finalement nous pousser à revoir notre jugement sur quelques-uns des plus gros nanars français du genre tant celui-ci atteint le fond. Le seul véritable intérêt demeure dans son pouvoir d'endormissement. En effet, il m'aura fallut presque une dizaine de projection pour mettre bout à bout tous les passages (je n'allais tout de même pas à chaque fois relancer le film au début) et assister à l'intégralité du film...

lundi 27 août 2018

Ripoux contre Ripoux de Claude Zidi (1989) - ★★★★★★★☆☆☆



Cinq ans après le succès obtenu par Les Ripoux, le cinéaste français remet le couvert avec une suite intitulée Ripoux contre Ripoux. Contrairement à ce que pourrait laisser envisager le titre, cette séquelle ne confronte non pas nos deux héros l'un contre l'autre, mais les place face à deux nouveaux venus, plus corrompus qu'ils ne le sont eux-mêmes. Car tombés dans le piège d'une boutiquière qui va leur faire payer à tous les deux le sort que René lui a accordé il y a de nombreuses années en arrière, ils vont devoir rendre leur insigne et leur arme durant l'enquête qui devra ou non, démontrer leur intégrité au sein de la police française. Enfermés derrière les barreaux de leur propre commissariat, René Boisrond et François Lesbuche voient défiler cinq des commerçants qu'ils rackettent depuis des années. Et si ceux-ci se sont déplacés jusqu'au commissariat, c'est pour témoigner des agissements des deux flics ripoux.

Claude Zidi relance l'intérêt en exploitant le face à face qui va opposer deux ripoux à deux autres flics corrompus. Si Philippe Noiret et Thierry Lhermitte sont toujours au rendez-vous, le casting a cependant été bouleversé depuis le premier long-métrage puisque si Grace de Capitani incarne toujours à l'écran la belle Natasha, Régine a abandonné le rôle de la compagne de René, Simone. Remplacée par Line Renaud, qui dans la peau de l'ancienne prostituée se voit offrir un rôle beaucoup plus consistant que dans Les Ripoux. Julien Guiomar lui aussi a disparu du casting puisque le rôle du commissaire Bloret est assuré dans cette séquelle par le tout aussi excellent Michel Aumont. L'une des très bonnes idées de Claude Zidi est donc d'avoir opposé à nos deux ripoux, deux SUPER-ripoux. Deux flics qui vont rançonner les commerçants du quartier de manière beaucoup plus radicale, laissant ces derniers dépités et regrettant le temps où René et François venaient prélever leurs « impôts ». Dans ce second chapitre des aventures des Ripoux, le personnage interprété par Philippe Noiret y est décrit comme un vieux flic proche de la retraite. Même ceux auxquels il prélève malhonnêtement de l'argent depuis des années n'ont plus peur de lui. Pire, il leur fait pitié (Roger Jendly dans le rôle d'Albert, dit 'le Fourgue'). On retrouve quelques-uns des rôles secondaires du premier opus (tel le restaurateur), mais de nouvelles têtes apparaissent : Jean Benguigui dans le rôle du propriétaire de cabaret Césarini, Christian Bouillette dans celui du bijoutier, ou encore Jean-Claude Brialy dans la peau d'un Banquier pas si honnête qu'il en a l'air.

Tout cela pour en venir à l'essentiel : la présence à l'écran du duo de flics pourris formé par Jean-Pierre Castaldi et Guy Marchand. Et autant dire que dans le genre, les deux acteurs font preuves d'un talent hors pair pour rendre leur personnage respectif détestable. Claude Zidi trompe le public en invitant le personnage incarné par Thierry Lhermitte à collaborer avec les deux nouveaux venus. L'occasion pour René, de retourner à la campagne, chez un ancien collègue (et ripoux) qui depuis est à la retraite. De quoi l'éloigner des tentations ? Certainement pas !!!

Ripoux contre Ripoux est constitué de nombreux gags qui font mouche à tous les coups. Entre un Jean Benguigui homosexuel, lâche, et dénonciateur, des Guy Marchand et Jean-Pierre Castaldi pourris jusqu'à l'os, un Michel Aumont totalement désabusé, une Line Renaud touchante, et tout un tas de seconds rôles fort amusants (Michel Crémadès réapparaît dans cette séquelle dans le même rôle de criminel à la petite semaine), Philippe Noiret et Thierry Lhermitte campent à merveille ce duo de policiers corrompus chassés de leur territoire par deux flic pires qu'eux. Ripoux contre Ripoux n'est pas le genre de comédie où l'on rit à tout bout de champ. Par contre, il s'agit d'un excellent divertissement, dont le scénario écrit par Claude Zidi, Simon Michaël et Didier Kaminka tient parfaitement la route. Curieusement, malgré le succès mérité du premier volet et la qualité de cette suite, Ripoux contre Ripoux n'a pas fait l'unanimité puisqu'il a attiré dans les salles à l'époque de sa sortie, deux fois moins de spectateurs en France. Allez savoir pour quelle raison...

lundi 21 mars 2016

Chaos de Coline Serreau (2001)



Paul et Hélène font route à bord de leur véhicule lorsqu'ils sont percutés en pleine rue, un soir, par une jeune prostituée poursuivie par trois hommes qui lui veulent visiblement du mal. Prête à accueillir la jeune femme à bord de la voiture, Hélène constate que Paul est d'un tout autre avis. Il bloque l'ouverture des portières et démarre alors même que la prostituée est rattrapée par les trois hommes qui la passent à tabac sous les yeux effarés d'Hélène. Paul dirige sa voiture jusqu'à une station de lavage fin de faire disparaître les traces de sang laissées par la jeune femme et le couple rentre chez lui comme si de rien n'était.
Mais si lui parvient à reprendre le court de sa vie normale, Hélène à quant à elle des remords. Ainsi, elle téléphone et se renseigne auprès des urgences afin de savoir où a été transportée la jeune femme. Une fois le nom de l’hôpital mentionné, elle s'y précipite afin de rendre visite à la blessée tombée depuis, dans le coma. Chaque jour, Hélène va veiller sur celle qui se fait appeler Noémie. De son réveil, jusqu'à ses premières paroles, prenant ainsi le risque de tomber nez à nez avec ceux qui ont mis Néomie dans cet état.

Les deux femmes vont apprendre peu à peu à se connaître, se liant même d'amitié au point d'échauder un plan afin de faire tomber le réseau de maquereaux lancés à la poursuite de Noémie. Mais rien n'est facile lorsque l'on fait partie d'une famille dont les préoccupations sont tout autres...

Lorsque l'on découvre Chaos de Coline Serreau, il est étonnant de s'apercevoir qu'il ne s'agit ni de son premier, ni de son second film mais bien de son huitième long-métrage. Car si la femme qui se cache derrière des merveilles telles que Romuald et Juliette, La Crise ou La Belle Verte profite une fois encore de son sujet pour œuvrer dans le social, on s'étonne de n'y entendre aucun dialogue de la force d'écriture de celle des films cités juste au dessus.
La cinéaste met en parallèle l'histoire de deux femmes qui n'ont certainement pas la vie dont elles rêvaient. Entre Hélène (Catherine Frot), épouse d'un chef d'entreprise (Vincent Lindon), mère d'un fils copie conforme d'un époux qui n'a d'intérêt que pour son travail, et Noémie/Malika (Rachida Brakni), fille d'un père qui la réservée à un homme beaucoup plus âgé qu'elle mais qui prendra la fuite afin d'échapper à son triste sort avant d'en connaître un autre tout aussi peu enviable en tombant dans la drogue et la prostitution.

Chaos fourmille de bonnes idées et de bonnes intentions. Et comme a l'air de l'affirmer cette œuvre jusque dans son titre, le monde dans lequel nous vivons n'est que désordre. Comme l'est le scénario aussi touffu que (volontairement?) désordonné. Si l'on peut s'étonner de n'y trouver là, rien d'autre qu'un rapport avec une première et maladroite tentative, c'est parce que les invraisemblances sont légion. Entre une Noémie qui raconte, flash-back à l'appui, comment piéger de riches milliardaires, et ce coup de foudre de la part d'un Vincent Lindon qui jusqu'ici ne s'intéressait qu'à son boulot, Chaos est maladroit dans sa façon d'aborder certaines thématiques tandis que d'autres paraissent avoir été réfléchies avant d'être mises en images (la condition des femmes musulmanes dans les quartiers difficiles).

Le film se découpe véritablement en trois parties. On distingue la première qui met en scène le duo formé par Vincent Lindon et Catherine Frot, déjà au bord de l'implosion et qui éclate véritablement avec l'apparition de Noémie/Rachida. La seconde développe les rapports entre ces deux femmes que tout semblait pourtant séparer, avec la vision sous-jacente de leurs familles respectives. La dernière partie demeure sans doute la plus farfelue du récit. Noémie n'est plus une simple prostituée d'origine maghrébine arrachée au milieu social qui était le sien jusqu'à la terrible décision de son père de la donner à un homme beaucoup plus âgé qu'elle. Elle se transforme en une escort-girl manigançant un stratagème efficace (mais peu crédible) afin de soutirer des richesses de vieux milliardaires. Tout devient encore plus grotesque lorsque le personnage de Paul tombe raide dingue de cette jeune femme s'évanouissant à ses côtés au milieu d'un couloir d'aéroport. Impossible d'y croire un seul instant. C'est même tellement risible que l'on ne peut réagir autrement qu'en se disant que tout a été mûrement réfléchi par la réalisatrice/scénariste elle-même. Coline Serreau semble donc se jouer des spectateurs et elle y réussit très bien. Au final, Chaos restera comme un bon film, pas le meilleur de son auteur, mais très frais tout de même. Il a de plus permis à l'actrice Rachida Brakni de remporter plusieurs récompenses dont le César du meilleur espoir féminin...
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