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samedi 19 juillet 2025

La Ch'tite Famille de Dany Boon (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆



Ne vous y fiez pas, malgré son rapport aux habitants du nord de la France, La Ch'tite Famille n'entretient aucun rapport avec Bienvenue chez les Ch'tis, le second long-métrage réalisé par Dany Boon en 2008. Bien que l'on y retrouve cet accent onomatopéique typique du nord de l'hexagone, ainsi qu'une petite partie du casting du plus grand succès cinématographique du pays en les personnes de Line Renaud (troisième participation de l'actrice dans une œuvre réalisée par l'acteur-réalisateur-humoriste) et de Guy Lecluyse (la quatrième), La Ch'tite Famille intervertit le cadre du 'sudiste' quittant Salon-de-Provence pour se rendre dans le Nord, pour plonger une famille de ch'tis dans la capitale française, là où vit justement l'un de ses membres, lequel a coupé les ponts avec les siens au profit d'une carrière de designer. Hautement caricaturale, la famille constituée du père Joseph (Pierre Richard), de la mère Suzanne, de l'un de ses fils Gustave, de sa belle-fille Louloute, et de sa petite-fille Britney, est nanti d'un très fort accent ch'ti, en inadéquation totale avec la vie parisienne. Stéréotypés au point de les placer dans un véhicule customisé reflétant une certaine idée de la 'beauf attitude', si la consanguinité n'est pas évoquée, cela n'empêchera cependant pas le personnage de Constance Brandt, la compagne de Valentin D., incarnée à l'écran par Laurence Arné (Dépression et des Potes, Mais qui a Retué Pamela Rose, ou encore Radin ! avec Dany Boon) de considérer plus tard son petit ami de 'con comme ses pieds', comme si le simple fait de parler dans son patois d'originr le rendait moins intelligent.

Si Dany Boon, originaire d’Armentières dans le Nord, n'était pas lui-même un ch'ti, la caricature aurait pu passer avec beaucoup plus de difficulté à l'écran. Un peu à l'image de l'humour dont seules certaines communautés semblent avoir le droit d'user sans être traitées de racisme. D'ailleurs, Dany Boon ayant largement prouvé son attachement à la région qui l'a vu naître, on ne pourra pas taxer son œuvre d'opportunisme anti-ch'tis. Cependant, la grande question demeure dans le fait de reconnaître ou pas l'utilité d'un film usant de ressorts déjà éprouvés dix ans plus tôt. Car si les deux longs-métrages de Dany Boon explorent des scénarii qui diffèrent l'un de l'autre, il demeure dans La Ch'tite Famille une évidente redondance dans la manière qu'à l'acteur-réalisateur d'exploiter le contraste entre les gens du Nord et les culs-serrés de la capitale française.

A ce sujet, Dany Boon force là encore le trait, permettant aux 'deux équipes' d'égaliser. Car face à l'aspect quelque peu bouffon de cette famille au demeurant chaleureuse, lui sont opposés des parisiens qui peuvent rougir de leur caractère hautement narcissique et superficiel. L'essentiel demeurant dans les situations comiques, élément que recherchera avant toute autre chose le spectateur, La Ch'tite Famille tient-il sa promesse en ce domaine, lui dont le budget a triplé depuis Bienvenue chez les Ch'tis ? Oui... mais non ! Le principal soucis du dernier long-métrage de Dany demeure dans la vacuité de situations déjà vues mille fois auparavant. Alors bien entendu, le film conserve quelques scènes rigolotes (dont une grand partie nourrissait la bande-annonce), mais à part cela, La Ch'tite Famille ressemble à la majorité des comédies qui sortent depuis une bonne dizaine d'années : aussi vite vue, aussi vite oubliée...

mercredi 7 août 2024

La famille Hennedricks de Laurence Arné (2024) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

En parallèle avec la sortie sur les écrans en avril dernier de Nous, les Leroy de Florent Bernard avec Charlotte Gainsbourg, José Garcia, Lily Aubry et Hadrien Heaulmé dans lequel un couple tentait de se reconstruire après que l'épouse ait annoncé sa décision de divorcer, l'actrice française Laurence Arné s'est quant à elle lancée dans la réalisation et l'écriture de son tout premier long-métrage avec La famille Hennedricks. Une comédie dans laquelle elle interprète l'un des quatre principaux rôles aux côtés de son compagnon Dany Boon qu'elle rencontra sur le tournage de Radin ! de Fred Cavayé en 2016. Depuis, on a pu notamment la découvrir dans deux longs-métrages réalisés par Dany Boon : La Ch'tite Famille en 2018 et le navrant 8 Rue de l'Humanité trois ans plus tard. Pour son premier film, Laurence Arné complète le casting de la famille avec Jehan Renard ainsi que Ferdinand Redouloux. Deux jeunes interprètes dont les carrières ont débuté pour l'un comme pour l'autre en 2021 et qui pour l'un et pour l'autre incarnent ici respectivement le fils de Ludo, le père, et celui de la mère, Justine. Contrairement au long-métrage de Florent Bernard, ici il s'agit moins de faire renaître la passion entre un homme et une femme que de permettre à la mère d'une famille recomposée de redonner le sourire à un fils qui ne pense désormais plus qu'à une chose : partir vivre chez son père (Yannick Choirat dans le rôle de Pierre). En effet, Henri, le fils de Justine ne supporte plus de vivre en campagne, dans la maison d'hôte que sa mère et que son beau-père tentent de faire tourner depuis ces deux dernières années. En pleine nuit, Justine réveille toute la famille et annonce à chacun de ses membres que tous ensemble vont partir pour un road Road Trip. Sans même attendre que le soleil se lève, les voici partis sur les routes, mais avec un problème de taille : Justine vient de recevoir un message lui annonçant qu'un très important prélèvement va être prochainement effecuté sur le compte bancaire de la famille.


Sa carte bleue désormais bloquée, Justine cache au reste de la famille qu'ils n'ont pas d'argent pour dormir à l'hôtel, acheter de quoi se nourrir ou remplir le réservoir de leur voiture. La mère de famille va donc devoir se débrouiller. À côté des croquettes de coquillettes qu'elle cuisine à son époux et ses enfants et qu'elle tentera de vendre auprès des touristes rencontrés sur la route, les autres membres de la famille vont monter un drôle de groupe de musique de rue constitué de Ludo à la guitare, de Joseph au Cajón (percussion d'origine péruvienne) et de Henri à la flûte de pan... Sorti le 26 juin dernier, La famille Hennedricks démarre assez timidement. Amusante, sans plus cette comédie gagne surtout à être connue grâce à l'homogénéité qu'est parvenue à créer Laurence Arné entre les quatre principaux personnages. Sans être d'une finesse absolue, le film est très clairement destiné à un public familial pas trop regardant sur la profondeur de son écriture. Un film estival qui sort à point nommé et que l'on destinera tout d'abord à toutes celles et ceux qui n'ont pas la prétention de donner des leçons de mise en scène ou d'interprétation aux auteurs et à leurs interprètes. On retrouve l'éternel et attachant Dany Boon dont le jeu ne varie pas. Autant dire que ceux qui l'apprécient continueront de suivre ses différentes aventures sur grand écran comme sur scène tandis que les autres trouveront sûrement de ''bons'' prétexte pour trouver à redire. Aux côtés d'un casting plus ou moins hétéroclite (le père de Henri, un brin suffisant et prétentieux, la mère de Joseph, une écolo complètement perchée, ou encore des punks à chiens sans chiens ou un flic dépressif), les deux jeunes interprètes que sont Jehan Renard et Ferdinand Redouloux sont plutôt talentueux. Simple et généreuse, Laurence Arné prend le choix d'offrir une comédie rudimentaire mais où même les quelques ''méchants'' du récit ne le sont jamais tout à fait. Dans l'idéal, La famille Hennedricks (dont le nom fait forcément référence à l'une des légendes du rock, Jimi Hendrix) mérite d'être découvert après une belle journée de randonnée ensoleillée, en plein air si l'occasion se présente, un soda bien frais ou une bonne glace entre les mains...


dimanche 12 juin 2022

Mais qui a re-tué Pamela Rose ? de Kad Merad et Olivier Baroux (2012) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

À l'origine, il faut remonter jusque dans les années quatre-vingt dix lors desquelles, le duo d'humoristes Kad Merad et Olivier Baroux animaient l'émission Rock'n'roll circus sur Oui FM ! Entre 1992 et 1997, il mettent effectivement en scène des sketchs et parmi ceux-ci, une série intitulée Mais qui a tué Paméla Rose ? dont le titre faisait très clairement référence à la série américaine créée par le réalisateur David Lynch, Twin Peaks. Une série humoristique radiophonique qui se transforme ensuite en une série télévisée elle aussi bourrée d'humour lorsque le duo intègre l'équipe de La Grosse émission diffusée sur Comédie !. Deux ans après leur passage sur la chaîne créée à l'origine en 1997 par l'ancien Nuls Dominique Farrugia, Kad Merad et Olivier Baroux se retrouvent au cinéma grâce à l'adaptation de leurs sketchs sur grand écran. C'est le réalisateur Eric Lartigau qui réalise la version cinématographique simplement intitulée Mais qui a tué Pamela Rose, lequel en profite ainsi pour débuter sa carrière au cinéma (on le verra d'ailleurs trois ans plus tard derrière la caméra de Un ticket dans l'espace dans lequel il retrouvera les deux humoristes ainsi que Guillame Canet, André Dussollier, Thierry Frémont ou les deux anciens Robins des Bois, Marina Foïs et Pierre-François Martin-Laval. Quant à Mais qui a tué Pamela Rose, il sera pour Olivier Baroux l'occasion de jouer pour la première fois au cinéma tandis que son comparse avait déjà figuré pour de petits rôles dans une poignée de longs-métrages (Le pharmacien de Garde de Jean Veber ou La beuze de François Desagnat et Thomas Sorriaux). Alors qu'il a déjà réalisé quatre films dont le premier volet de la saga Les Tuche ou l'excellent L'italien (dont il offrit le premier rôle à son binôme humoristique), Olivier Baroux réalise lui-même en 2015 une suite inattendue de l'adaptation de leur série de sketchs sous le titre (absurde mais bien dans le ton de l'humour du duo) Mais qui a re-tué Pamela Rose ?. Si cette fois-ci Eric Lartigau ne fait plus partie de l'aventure, Olivier Baroux ne sera pas seul à la mise en scène puisque Kad Merad qui jusque là n'avait réalisé qu'un seul long-métrage (Monsieur Papa en 2011) sera à ses côtés afin d'assurer une partie de la réalisation. ..


Réalisé presque dix ans après les premières aventures du duo d'agents du FBI Richard Bullit et Douglas Ripper qui en 2003 furent conviés à enquêter sur la mort d'une jeune femme survenue dans la petite localité de Bornsville, les deux hommes ne se sont plus revus depuis très longtemps. Trahit par Ripper qui lui a volé sa petite amie (Laurence Arné dans le rôle de la blonde botoxée, Linda), Bullit vit désormais dans un quartier tranquille, entouré de voisins charmants tandis que Ripper, bedonnant et déprimé depuis qu'à son tour il se soit fait volé le cœur de celle qu'il aime par son supérieur hiérarchique (Laurent Lafitte, égal à lui-même, dans le rôle de David Perkins) continue d'exercer son métier d'agent du FBI. Oui mais voilà, le corps de Pamela Rose ayant disparu après avoir été exhumé, les deux hommes vont se réunir à nouveau afin de se lancer dans une nouvelle enquête. Première constatation : il ne reste plus grand monde du casting d'origine. À dire vrai, si l'on ne tient pas compte du fait que Laurent Lafitte était au générique du premier dans le rôle d'un ambulancier et Lionel Abelanski dans celui d'un lieutenant seuls Kad Merad et Olivier Baroux reprennent du service. Exit donc Gérard Darmon, Jean-Paul Rouve, Bénédicte Loyen, François Cluzet, Alain Chabat qui faisait une très sympathique apparition dans le rôle d'un chanteur de country ou encore Marina Foïs en cliente de pharmacie et Virginie Ledoyen en femme de ménage espagnole. Dans cette séquelle, nous retrouvons donc Audrey Fleurot dans le rôle de la présidente des États-Unis of America, Laurent Lafitte, comme précisé plus haut, Guy Lecluyse dans celui de Steven Kowachek ou Omar Sy dans la peau du garde du corps William Mosby. Sans compter tous les petits rôles composés par François Morel, Alain Doutey, Patrick Bosso ou bien encore le chef-cuisinier Guy Savoy qui interprète son propre rôle...


Olivier Baroux et Kad Merad demeurent une fois de plus à l'écriture, toujours accompagnés par le scénariste Julien Rappeneau. Si le premier long-métrage réunissant les personnages de Bullit et Ripper avait été exclusivement tourné dans l'hexagone, une partie du second fut par contre réalisée sur le territoire américain et plus précisément à Washington où se situe la Maison Blanche. Les deux acteurs/réalisateurs expliqueront d'ailleurs la présence de faux raccords par la volonté de vouloir exploiter au maximum les prises de vue exécutées devant le célèbre monument. On retrouve bien entendu l'humour typique du duo même si en comparaison cette séquelle est un peu plus faible que le premier volet en terme de comique. Mais qui a re-tué Pamela Rose ? mêle une fois de plus comédie et policier et les gags naviguent entre absurde et grotesque. Que le film n'ait pas la portée des sketchs d'antan ne fait aucun doute mais il n'en bénéficie pas moins de quelques séquences plutôt amusantes comme l'interrogatoire mené par un Bullit en mode ''pervers'' auprès d'une jeune femme dans une église, le coup de la porte qui claque, le combat de catch ou la visite de l'avion présidentiel Air Force One. Malheureusement, le long-métrage a du mal à tenir sur la longueur et souffre de la présence de séquences inutiles dont l'humour tombe à plat. Mais pour une alternative française à l'esprit des ZAZ, Mais qui a re-tué Pamela Rose ? ne s'en sort pas trop mal. Et puis, c'est à cette époque là, toujours un plaisir que de voir se recomposer le fameux duo Kad et O. À noter que les aventures de deux des agents du FBI les plus maladroits ne se sont pas terminées avec la sortie de ce film puisque fin 2020, Kad Merad et Olivier Baroux ont créé un concept de film audio basé sur leur célèbre duo. La chose se nomme Bullit et Riper et a été diffusée pour la première fois sur Canal+ le 25 décembre de cette même année...

 

samedi 23 octobre 2021

8 rue de l'humanité de Dany Boon (2021) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

En général, lorsque j'examine mon portable au bout de cinq minutes seulement après le début d'une projection pour vérifier si je n'ai pas récupéré une ou deux vies à Candy Crush, c'est plutôt mauvais signe. Mais alors, si je baille, puis m'endors pour me réveiller trois heures plus tard, cela confirme une chose : soit que j'avais du temps de sommeil à rattraper, soit que le film que j'ai lancé plus tôt dans la soirée est vraiment ennuyeux. Remercions tout d'abord Dany Boon pour nous avoir épargné un déplacement dans les salles obscures et surtout de dépenser le prix d'un ou de plusieurs billets en ayant accepté que 8 rue de l'humanité soit rendu disponible sur la plate-forme de streaming Netflix. Absent à la réalisation depuis trois ans et La Ch'tite famille, acteur peu prolixe ces dernières années puisqu'en 2019 il n'a tourné que deux films et un seul en 2000, 8 rue de l'humanité semble faire œuvre de parent pauvre dans une carrière de cinéaste qui n'a au fond connu que de rares envolées. Sans être un chef-d’œuvre, La maison du bonheur reste une comédie fort plaisante à redécouvrir, surtout grâce aux présences de Daniel Prévost, Michel Vuillermoz, Zinedine Soualem (et son ''regard salace'') ou encore Laurent Gamelon. Mais après... ? Bienvenue chez les Ch'tis ? Certainement pas, non. Un film selon moi, surestimé. Quant à Rien à déclarer, Supercondriaque, Raid dingue et la suite de son plus gros succès, chaque fois ma compagne et moi avons naïvement plongé corps et âme en achetant notre place, ravis, je l'avoue (ce piège que tend toujours le plaisir de nous retrouver dans l'obscurité d'une salle de cinéma), mais au final, déçus sur le moyen terme pour ne pas dire totalement indifférents sur le long. La différence, ici, est de taille. Pas de salle de cinéma et donc pas de regrets à avoir pris la voiture pour nous y rendre. Tout loisir est donc offert durant la projection de vaquer à diverses occupations comme de jouer sur son portable, consulter sa messagerie ou manger une pizza, un plat de pâtes ou des sushis sans que cela ne gêne en rien un quelconque voisin de siège...


Les seules qualités d'une petite comédie française qui s'offre à vrai dire le ''luxe'' d'être parmi les pires qui aient vues le jour en cette année 2021. 8 rue de l'humanité souffre d'un défaut majeur (en dehors d'entendre en ouverture l'insupportable voix de Macron) qui est celui d'être sorti sur les écrans beaucoup trop tard. Imaginez que vous aillez reçu dans votre boite aux lettres le script d'un long-métrage quelconque à lire d'urgence une semaine avant sa première diffusion sur votre poste de télévision... C'est un peu l'effet que produit le dernier film de Dany Boon. Cette désagréable impression de connaître par cœur et d'avance toutes les situations qui vont se produire. Car quel que soit notre âge et la conjoncture qui mena chacun d'entre nous à nous réfugier entre les quatre murs de nos appartements comme si une épidémie de peste s'était déclarée sur notre territoire, nous avons toutes et tous vécu à des échelles et degrés différents cette pandémie du Covid-19. Si le principe consistant à reprendre toutes les manies auxquelles chacun d'entre nous s'est plus ou moins accoutumé depuis presque deux ans s'avère une excellente idée, on ne peut s'empêcher de penser que Dany Boon a totalement raté le coche. Ça n'est pourtant pas faute d'avoir engagé dans ses rangs François Damiens, Laurence Arné (récemment vue dans l'excellente mini-série Une affaire Française de Jérémie Guez et Alexandre Smia dans le rôle de Jeanne Lombardie) ou l'increvable Liliane Rovère (Pause Café, Buffet Froid, Business Family) mais les gags sont malheureusement plats et comme l'indiquait ma compagne, on a surtout l'impression d'être devant une sitcom du genre Nos chers voisins ou Fais pas ci, fais pas ça mais en nettement moins amusant...


Après une heure environ, soit même pas la moitié du long-métrage qui dure tout de même deux heures, six minutes et vingt-huit secondes (vous verrez que même ces dernières ont leur importance...), on se rend compte de l'ampleur du désastre. C'est lourd, mou, très ennuyeux et l'on désespère qu'il s'y passe quelque chose avant que le générique de fin ne débarque... Et c'est justement à ce moment là que j'ai fermé l’œil, après cette première heure... pour ne le rouvrir que trois heures plus tard. J'ai donc patienté jusqu'à maintenant pour reprendre le fil de l'histoire, sans bien sûr avoir eu recours à un quelconque résumé vue l'inintérêt de la chose. Le récit se partage entre les différents appartements d'un immeuble parisien et sa cours intérieure. C'est là que vivent en bon couple de français moyens Martin/Dany Boon et son épouse Claire/Laurence Arné. Au nombre des voisins, ils peuvent compter sur les présences de Tony/François Damiens, Louise/Liliane Rouvère, Isabelle/Myriam Bourguignon (l'épouse de Tony), ou encore Yvan Attal dans le rôle du professeur Jean-Paul Gabriel. Lequel semble finalement s'en sortir un peu mieux que les autres dans ce rôle de scientifique un brin excentrique tentant des expériences visant à trouver un vaccin contre le virus tandis que propriétaires et locataires tentent de s'adapter à leur nouvelle condition. Entre ironie et film de propagande pro(ou anti)-vaccin (tout cela n'est pas vraiment clair), hommage absurde à des concitoyens enfermés pendant des semaines comme des animaux de laboratoire et humour discount (un ou deux rires seulement ne font pas les grandes comédies), 8 rue de l'humanité épuise à force de n'être pas drôle, file des maux de têtes tandis que ses personnages forcent la caricature et provoque des problème de motricité ou d'élocution à force de rendre débile le spectateur que Dany Boon croit capable de tout accepter. Au final, si le film ne vous refilera pas le Covid, il vous donnera la migraine...

 

dimanche 6 novembre 2016

Radin! de Fred Cavayé (2016)



Fred Cavayé, on le connaît surtout à travers ses thrillers Pour Elle, A Bout Portant et Mea Culpa. Et même lorsqu'il se lance dans la comédie en 2012 avec Les Infidèles, l’œuvre se révèle en réalité plutôt sinistre et son humour particulièrement déplacé. Mais cela demeurant juste une histoire de goût et de morale, c'est avec un certain étonnement que je découvre alors que Radin ! son dernier long-métrage, n'est ni réalisé, ni scénarisé par son acteur principal Dany Boon. Le synopsis du dernier Cavayé est on ne peut plus simple. Dany Boon y interprète le rôle de François Gautier qui depuis son plus jeune âge est d'une exceptionnelle avarice. Économisant jusqu'au moindre centime, ne s'éclairant qu'à la faveur des lampadaires extérieurs et échappant à la collecte d'un collègue partant à la retraite, cet excellent violoniste est relativement peu apprécié des voisins du quartier où il habite, et des autres musiciens de l'orchestre symphonique dont il fait partie, à part peut-être la nouvelle violoncelliste Valérie qui très vite va tomber sous le charme de François. Tellement radin pourtant, qu'il ne faut pas s'étonner de voir débarquer dans sa vie, Laura, sa fille dont il ignorait l'existence. La mère de l'adolescente a envoyé sa fille faire la connaissance de François tout en lui ayant fait croire depuis sa plus tendre enfance que son père était un homme bon et généreux qui donnait de son temps pour une œuvre caritative dont les les bénéfices profitaient à des enfants mexicains.
Sauf que tout est faux. Et pour ne pas être découvert, François va non seulement continuer à cultiver malgré lui son défaut, mais être également obligé de mentir à sa fille, ses voisins ainsi qu'à ses collègues de travail...

Rarement aurais-je entendu une salle de cinéma rire avec autant d'enthousiasme et avec une telle régularité. C'est bien simple, dès le générique qui, il faut l'avouer très honnêtement, a été parfaitement conçu dans ce sens, on rigole à voir Dany Boon, dont le personnage est non seulement un radin patenté mais également d'une prodigieuse ingéniosité dans sa manière d'aborder le problème, tenter de survivre dans un monde où économiser le moindre sou est un emploi à plein temps. Radin ! fourmille d'idées savoureuses qui nous font découvrir ce personnage qui contrairement ce à quoi l'on pourrait s'attendre, n'est jamais véritablement détestable. Du Tee-shirt « Vivagel », seul vêtement trônant au milieu d'une penderie vide jusqu'à sa manière d'économiser la moindre ressource alimentaire au risque de se nourrir de denrées dont la date de péremption est dépassée depuis de nombreuses années, le film dresse une liste presque exhaustive des tics de l'avarice dont devraient s'inspirer tous les grippe-sous de la planète.

Au côtés de Dany Boon on retrouve l'actrice Laurence Arné que l'on a pu voir dans Dépression et des potes de Arnaud Lemort dans lequel elle interprétait le rôle d'une goy aveugle fiancée au fils d'un opticien, la jeune Noémie Schmidt qui interprète ici son troisième rôle au cinéma, ou encore Patrick Ridremont, Anne-Sophie Girard et Stéphan Wojtowicz. Si Radin ! est une excellente comédie finalement assez piètrement appréciée par la critique spécialisée française (la presse lui ayant visiblement préféré Le Coût de la Vie de Philippe Le Guay à l'époque de sa sortie), le film de Fred Cavayé permet également aux spectateurs de découvrir un Dany Boon émouvant, sachant toucher la corde sensible. Malgré les avis mitigés des critiques, nul doute que le film est une belle réussite, le meilleur des témoignages demeurant les rires ininterrompus du public qui étaient ce soir-là dans la salle...
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