Les mythes ont la vie
dure. Tout comme le désastreux diptyque consacré au personnage
d'Aladin (Les Nouvelles Aventures d'Aladin
d'Arthur Benzaquen en 2017, Alad'2 de
Lionel Steketee l'année
dernière), Cendrillon, le personnage retranscrit par Charles
Perrault à partir de version orales en 1697 a lui aussi connu les
misères d'une adaptation calamiteuse. Cette fois-ci, le responsable
de cette infamie qui ferait passer la filmographie des Charlots pour
de véritables chefs-d’œuvre cinématographiques est... heu...
ben... Lionel Steketee. Comme quoi. Pourquoi tenter de faire mieux
lorsque l'on peut faire pire ? Le plus fou est d'imaginer que
l'on puisse accepter de produire une chose pareille. En même, temps,
on ne sait jamais à l'avance à quoi ressemblera le produit. Financé
par Daniel Tordjman, lequel a également produit les deux volets
d'Aladin, Les Nouvelles Aventures de Cendrillon
part d'un principe simple : adapter de façon libre l’œuvre
de Charles Perrault en y injectant tous les poncifs à la mode.
Que
l'on soit d'accord ou pas avec le principe consistant à aborder des
thèmes aussi courants que délicats que le communautarisme,
l'homosexualité, ou que sais-je encore, l'oeuvre de Lionel Steketee
tente avec humour de s'emparer sans la moindre finesse de
quelques-uns de ces sujets que certains considèrent avec démagogie
comme de véritables brûlots, alors qu'il ne faudrait point n'y voir
d'autre que des tentatives, certes maladroites, d'appropriation de
thématiques à la mode. Noyées, bien entendu, dans un récit
convenu par avance. Ou comment faire du neuf avec du vieux. Quoique
en matière de neuf, Lionel Steketee et son scénariste Daive Cohen
(déjà à l'action sur les deux volets d'Aladin,
c'est dire si le cinéaste devrait penser à changer de scénariste)
ont bien du mal à nous intéresser à ce sujet mainte fois remanié
au cinéma, au théâtre, à la télévision ou en littérature.
Pourtant,
au départ, tout semblait partir sur de bonnes bases. Malgré un duo
réalisateur/scénariste dont la présence au générique pouvait dès
le départ inquiéter l'amateur de comédies françaises, le casting
suffisait à convaincre certains de faire le premier pas vers les
salles obscures le jour de la sortie du film : Marilou Berry et
sa mère Josiane Balasko, mais également Arnaud Ducret, Didier
Bourdon, Vincent Desagnat et Jérôme Commandeur pour les principaux
interprètes. La première dans le double rôle de Julie et
Cendrillon, la seconde dans ceux de la voisine de l'héroîne et la
belle-mère de Cendrillon, et les suivant incarnant respectivement
Marco et Le Prince Marco, le patron de Julie et le Roi, Gilbert et le
Prince Gilbert, et le dernier interprétant le rôle unique du Duc.
Lionel Steketee n'amuse que lui en intégrant un caméo de Kev Adams
en Aladin sous la forme d'une pauvre photo, ou le personnage de
Blanche Neige et de sept nains renommés pour l'occasion en Vénère,
Relou, Péteur (quelle finesse de l'entendre émettre des
flatulences), Feignasse, Boloss, Teubé et Cécoin.
Les Nouvelles
Aventures de Cendrillon
passe de la vie un brin tristounette de Julie au conte qu'elle adapte
pour l'enfant que le fils de son patron lui confie pour la soirée.
Une reconstitution haute en couleurs mais pas vraiment convaincante.
Tout y étant de carton-pâte, on supposera que le réalisateur
prévoyait de concentrer toute son attention sur le jeu de ses
interprètes. Sauf qu'ici, tout sonne faux, et de toute manière, le
récit est tellement connu et rabâché qu'il faut vraiment avoir des
nerfs d'acier pour tenir jusqu'au bout. Pas drôle pour un sou malgré
la présence d'un Arnaud Ducret bien dans son élément, Les
Nouvelles Aventures de Cendrillon
est de surcroît assez vulgaire et désobligeant. Le réalisateur
nous assène quelques séquences façon « comédie
musicale » parfaitement
insipides. Au mépris de ses spectateurs, futurs téléspectateurs et
acheteurs éventuel du dvd, Lionel Steketee signe l'une des pires
comédies françaises de 2017. Et même l'une des pires tout court... A
éviter...




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