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samedi 14 mars 2026

Les Nouvelles Aventures de Cendrillon de Lionel Steketee (2017) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Les mythes ont la vie dure. Tout comme le désastreux diptyque consacré au personnage d'Aladin (Les Nouvelles Aventures d'Aladin d'Arthur Benzaquen en 2017, Alad'2 de Lionel Steketee l'année dernière), Cendrillon, le personnage retranscrit par Charles Perrault à partir de version orales en 1697 a lui aussi connu les misères d'une adaptation calamiteuse. Cette fois-ci, le responsable de cette infamie qui ferait passer la filmographie des Charlots pour de véritables chefs-d’œuvre cinématographiques est... heu... ben... Lionel Steketee. Comme quoi. Pourquoi tenter de faire mieux lorsque l'on peut faire pire ? Le plus fou est d'imaginer que l'on puisse accepter de produire une chose pareille. En même, temps, on ne sait jamais à l'avance à quoi ressemblera le produit. Financé par Daniel Tordjman, lequel a également produit les deux volets d'Aladin, Les Nouvelles Aventures de Cendrillon part d'un principe simple : adapter de façon libre l’œuvre de Charles Perrault en y injectant tous les poncifs à la mode.
Que l'on soit d'accord ou pas avec le principe consistant à aborder des thèmes aussi courants que délicats que le communautarisme, l'homosexualité, ou que sais-je encore, l'oeuvre de Lionel Steketee tente avec humour de s'emparer sans la moindre finesse de quelques-uns de ces sujets que certains considèrent avec démagogie comme de véritables brûlots, alors qu'il ne faudrait point n'y voir d'autre que des tentatives, certes maladroites, d'appropriation de thématiques à la mode. Noyées, bien entendu, dans un récit convenu par avance. Ou comment faire du neuf avec du vieux. Quoique en matière de neuf, Lionel Steketee et son scénariste Daive Cohen (déjà à l'action sur les deux volets d'Aladin, c'est dire si le cinéaste devrait penser à changer de scénariste) ont bien du mal à nous intéresser à ce sujet mainte fois remanié au cinéma, au théâtre, à la télévision ou en littérature.

Pourtant, au départ, tout semblait partir sur de bonnes bases. Malgré un duo réalisateur/scénariste dont la présence au générique pouvait dès le départ inquiéter l'amateur de comédies françaises, le casting suffisait à convaincre certains de faire le premier pas vers les salles obscures le jour de la sortie du film : Marilou Berry et sa mère Josiane Balasko, mais également Arnaud Ducret, Didier Bourdon, Vincent Desagnat et Jérôme Commandeur pour les principaux interprètes. La première dans le double rôle de Julie et Cendrillon, la seconde dans ceux de la voisine de l'héroîne et la belle-mère de Cendrillon, et les suivant incarnant respectivement Marco et Le Prince Marco, le patron de Julie et le Roi, Gilbert et le Prince Gilbert, et le dernier interprétant le rôle unique du Duc. Lionel Steketee n'amuse que lui en intégrant un caméo de Kev Adams en Aladin sous la forme d'une pauvre photo, ou le personnage de Blanche Neige et de sept nains renommés pour l'occasion en Vénère, Relou, Péteur (quelle finesse de l'entendre émettre des flatulences), Feignasse, Boloss, Teubé et Cécoin.

Les Nouvelles Aventures de Cendrillon passe de la vie un brin tristounette de Julie au conte qu'elle adapte pour l'enfant que le fils de son patron lui confie pour la soirée. Une reconstitution haute en couleurs mais pas vraiment convaincante. Tout y étant de carton-pâte, on supposera que le réalisateur prévoyait de concentrer toute son attention sur le jeu de ses interprètes. Sauf qu'ici, tout sonne faux, et de toute manière, le récit est tellement connu et rabâché qu'il faut vraiment avoir des nerfs d'acier pour tenir jusqu'au bout. Pas drôle pour un sou malgré la présence d'un Arnaud Ducret bien dans son élément, Les Nouvelles Aventures de Cendrillon est de surcroît assez vulgaire et désobligeant. Le réalisateur nous assène quelques séquences façon « comédie musicale » parfaitement insipides. Au mépris de ses spectateurs, futurs téléspectateurs et acheteurs éventuel du dvd, Lionel Steketee signe l'une des pires comédies françaises de 2017. Et même l'une des pires tout court... A éviter...

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