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mercredi 24 mars 2021

Les Rivières Pourpres 2 : Les Anges de l'Apocalypse d'Olivier Dahan (2004) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Deux choses à noter tout d'abord, qui devraient faire fuir n'importe quel cinéphile normalement constitué d'un point de vue intellectuel : la présence au scénario et à la production via sa société EuropaCorp Distribution de Luc Besson. Vu que l'écrivain Jean-Christophe Grangé galère à donner une suite au scénario qu'il écrivit à l'origine avec Mathieu Kassovitz pour le premier volet sobrement intitulé Les Rivières Pourpres, il demande donc à Luc Besson de l'aider à construire une nouvelle histoire autour du commissaire Pierre Niemans qu'incarne toujours Jean Reno. Vincent cassel ayant disparu des radars, il est ''remplacé'' par Benoît Magimel que l'on pu notamment voir auparavant dans La Haine de Mathieu Kassovitz ou Les Enfants du Siècle de Diane Kurys. S'il na apparemment rien à envier au jeu de Vincent Cassel, son remplacent à cependant beaucoup de mal à convaincre dans la peau d'un personnage qui de toute manière est à l'origine relativement peu intéressant. Reconnaissons tout d'abord qu'avec un titre pareil, il y avait peu de chance pour que Les Rivières Pourpres 2 : Les Anges de l'Apocalypse parviennent ne serait-ce qu'à se hisser à la hauteur d'une œuvre originale qui elle-même n'avait rien d'exceptionnelle. Ça sent quand même le bon gros nanar, non ? Et même si cette séquelle n'en est pas vraiment un, on est très clairement face à un thriller de petite envergure. Ah ! Au fait, c'est le réalisateur Olivier Dahan qui signe la chose...


Le type capable d'avoir signé durant la même carrière de réalisateur, La Môme, biopic sur Edith Piaf dont on ne compte plus les récompenses et Les Seigneurs, une petite comédie légère se déroulant dans l'univers footballistique. Les amateurs de celle que l'on appelait la Môme, de Marion Cotillard, de José Garcia ou de Franck Dubosc auront donc eu droit à des œuvre oscillant entre le brillant et le plutôt pas mal, Les Rivières Pourpres 2 : Les Anges de l'Apocalypse ne faisant malheureusement partie ni de l'une ni de l'autre de ces deux catégories. En fait, cette séquelle s'avère relativement indigente. Nombre de seconds rôles demeurent absolument pas convaincants, surjouant leur rôle. On pense notamment à ces types en robe de bure, ou plus exactement certains représentants de l'église dont Serge Riaboukine qui interprète le Père Vincent est encore sans doute celui qui s'en sort le mieux. Dans des décors tantôt somptueux tantôt sinistres, ceux-ci sont ceux qui s'en sortent encore le mieux même si Olivier Dahan, le décorateur Olivier Raoux et le responsable de la photographie Alex lamarque ont imaginé un cadre austère, voire carrément glauque. Sans doute inspirés par certaines visions décharnées et parfois monochromes de l'excellent Seven de David Fincher, les trois hommes semblent avoir abusivement poussé le curseur du morbide afin d'obtenir un long-métrage le plus macabre possible. Tous les codes y demeurent, entre murs décrépits, couleurs sépias, air saturé de poussières et éclairages malades. Même la pluie s'invite lors du dernier quart...


Au passage, le chanteur Johnny Hallyday est convié à interpréter le rôle d'un ermite borgne plutôt sobre tandis que l'acteur britannique Christopher Lee participe au projet dans le rôle de Heinrich von Garten. Olivier Dahan use des mêmes méthodes. Lorsque les premières fourmis d'impatience se font ressentir, il nous assène à grand coups de cuivres orchestrés par le compositeur britannique Colin Towns, des scènes de courses-poursuites qui finissent par toutes se ressembler. Le comble étant tout de même que la meilleure d'entre elles soit visible lors du premier tiers, les suivantes demeurant alors beaucoup moins saisissantes. Plus d'action et donc beaucoup moins de finesse lors de cette seconde enquête du commissaire Pierre Niemans, la faiblesse du script et de la mise en scène finissent d'achever un projet sorti en France le 18 février 2004 et tout juste encastré entre la sortie du roman de l'américain Dan Brown Da Vinci Code un an auparavant et son adaptation en 2006 par le réalisateur Ron Howard. Maintenant, faut-il y voir une simple coïncidence ? À noter qu'un troisième volet fut envisagé par le producteur Alain Goldman. Prévu pour être intitulé Les Rivières Pourpres 3 : les Armes de l'Ombre et confié au réalisateur Florent-Emilio Siri, il sera finalement remplacé par la série éponyme dont le tournage de la saison 4 semble avoir été envisagée...

 

vendredi 15 décembre 2017

Hommage à Johnny... A Tout Casser de John Barry (1967)



Pour ce troisième article consacré à Johnny Hallyday, nous remontons encore le temps de quelques années puisque A Tout Casser fut tourné deux ans avant le western-spaghetti Le Spécialiste. Nous sommes en 1967 et cela fait bientôt dix ans que le plus célèbre des rockeurs français a entamé sa carrière de chanteur lorsque le cinéaste américain John Berry (Ça va Barder, Le Voyage à Paimpol) convie Johnny Hallyday dans son dix-septième long-métrage. L'acteur/chanteur y retrouve l'acteur Eddie Constantine qui par deux fois a déjà tourné avec ce réalisateur. En offrant le rôle de Frankie à un Johnny Hallyday qui semble très à l'aise dans la peau du chef d'une bande de blousons noirs, John Barry réalise ici une comédie pleine d'action. De courses-poursuite à moto en bagarres à répétition, A Tout Casser fait preuve d'une belle énergie et permet à notre rockeur national d'assurer le minimum syndical tout en demeurant beaucoup plus crédible que dans le personnage que lui offrira deux ans plus tard le cinéaste Sergio Corbucci.

L'histoire est on ne peut plus simple : Frankie dirige un groupe de jeunes blousons noirs désirant ouvrir une boite de nuit malheureusement située tout près de la planque d'une bande de gangsters menée par un certain Aldo Morelli (l'acteur Michel Serrault). Une situation fâcheuse pour ce bandit qui a mis en place le vol prochain d'une tiare (couronne de forme haute et d'origine persane) d'une très grande valeur. La présence de Frankie et de ses amis risquant de contrecarrer les plans de Morelli, celui-ci tente par tous les moyens de chasser le jeune blouson noir et lui interdire l'accès des lieux qu'il veut transformer en boite de nuit. Mais heureusement pour lui, Frankie peut compter sur l'aide providentielle d'un certain Ric, lequel accepte de débarrasser le plancher et de laisser mener le projet de Morelli sans encombres si celui-ci lui offre une forte somme d'argent.

Johnny Hallyday et sa belle gueule vont s'en prendre plein la poire. De chutes en moto en menaces de mort ponctuées d'une multitude de gifles et de coups de poings, l'acteur s'en donne à cœur joie. La bande originale est assurée par le musicien américain Mickey Jones, le bulgare Eddie Vartan (lequel écrivit beaucoup pour Sylvie Vartan dont il fut d'ailleurs le frère aîné, ainsi que pour Johnny Hallyday) et par la star du rock elle-même puisque le chanteur interprétera deux titres dont un sur la scène de la fameuse boite de nuit que veut ouvrir son personnage, Cheval d'Acier. On peut notamment entendre la chanson-titre A Tout Casser dès l'ouverture du film et durant le générique de fin. D'une manière générale, la bande originale brasse divers courants musicaux comme le rock, le jazz, et même à plusieurs occasions, quelques airs que l'on aurait davantage imaginé dans des longs-métrages signés des Charlots ou de Darry Cowl. Ces derniers donnent à l'ensemble un curieux aspect. L’œuvre de John Berry prend alors des allures de gaudriole pas sérieuse du tout. Sur fond vert (ou bleu), la scène durant laquelle Eddie Constantine, Johnny Hallyday et Catherine Allégret sont poursuivis par les hommes de main de Michel Serrault à bord d'un chariot est très significative.

Il faut cependant s'armer d'un certain courage pour aller jusqu'au bout de cette œuvre typique des années 60 mais qui n'atteint jamais le niveau d'excellence d'un Georges Lautner, d'un Jean-Pierre Melville ou d'un Henri Verneuil. A vrai dire, la première moitié mérite l'indifférence. L'intérêt se fait jour lors de la seconde partie du long-métrage, un peu moins en roue libre et plus amusante. En dehors du fait que les fans de Johnny Hallyday retrouveront leur idole sur grand écran, on a le plaisir de retrouver un Michel Serrault cabotin nous offrant quelques savoureux moments. Il est d'ailleurs amusant de noter que la scène durant laquelle il prépare le hold-up à l'aide de légumes trouvera un écho dans l'excellent film que réalisera huit ans plus tard Jacques Besnard, C'est Pas Parce qu'on n'a Rien à dire qu'il faut Fermer sa Gueule, lequel sera notamment interprété par Michel Serrault lui-même. Au final, A Tout Casser reste une petite comédie sans prétention. Un petit nanar tout de même plaisant à regarder. Mais juste une fois...

jeudi 14 décembre 2017

Hommage à Johnny... Point de Chute de Robert Hossein (1970)



Alors qu'il tutoyait déjà les anges et leur marquise auprès de la délicieuse Michèle Mercier dans le romanesque Angélique, Marquise des Anges, l'acteur, metteur en scène, réalisateur, scénariste et dialoguiste français Robert Hossein signait en cette année 1970 son seul long-métrage des seventies. De retour en France après le pittoresque Le Spécialiste de Sergio Corbucci, l'acteur, chanteur et compositeur français Johnny Hallyday allait se voir offrir un rôle à la mesure de son charisme naissant. N'ayant pas encore pris de cette bouteille qui allait construire en partie l'image du plus populaire rocker de notre pays, Johnny passe du héros mal rasé du précédent western-spaghetti au membre d'un trio de malfrats ayant kidnappé une gamine dont la famille est apparemment aisée puisqu'elle prend l'habitude de rentrer des cours à l'arrière d'une voiture luxueuse conduite par le chauffeur personnel de papa-maman.
Si le premier sentiment qui se dégage de la toute première apparition de notre rocker national est aussi mauvais que celui qui le vit descendre de manière relativement grotesque des escaliers dans le film de Sergio Corbucci, que les fans de Johnny Hallyday se rassurent. Le sort que lui a accordé Robert Hossein est sans commune mesure avec le curieux traitement subit par le chanteur dans la peau d'un ersatz de Clint Eastwood. Ici, et bien après que l'auteur du troublant Vampire de Düsseldorf se soit lui-même grimé en monstre humain inspiré des méfaits de l'un des plus épouvantables serial killer allemand des années 30 (Peter Kurten), Johnny Hallyday apparaît frais comme un gardon. Après avoir éveillé la curiosité du spectateur en cachant le visage de l'acteur sous un masque aussi ridicule qu'improbable, c'est avec un certain effarement que l'on découvre un Johnny Hallyday troublant.

Presque un enfant dirons-nous, au regard bleu pénétrant. Un visage duquel ne ressort aucune manifestation physique le reliant au caractère sordide des faits auxquels il a pourtant participé. A ses côtés, l'acteur Albert Minski, et bien entendu, Robert Hossein. Ces deux là servent la soupe à Johnny qui reste le principal interprète. Lui tenant la chandelle, renforçant ainsi les différences d'intérêts que porteront sur leur victime, les trois hommes. Car pour ces derniers, la seule alternative possible est la mort de leur proie après obtention d'une rançon par ses parents. Pour Vlad, surnommé le Roumain par ses deux acolytes, les choses prennent une tournure différente. Car après des premiers soubresauts particulièrement virils de la part de Johnny envers Catherine, la gamine en question interprétée par la jeune et jolie Pascale Rivault, une certaine complicité va s'installer entre les deux principaux protagonistes. A tel point que Hossein et Minski deviennent les antagonistes du récit s'articulant exclusivement autour d'une maison perdue aux abords d'une plage n'accueillant que la houle et les mouettes.

Œuvre à l'atmosphère poétique, romantique, juvénile, et un brin surréaliste, Point de Chute n'est pas le polar auquel les premières images auraient pu laisser présager. L'acteur Robert Dalban qui dans la peau d'un inspecteur de police flâne dans la dite demeure à la recherche d'indices permettant de mettre la main sur les kidnappeurs durant les premières minutes disparaît au profit d'un récit qui remonte le temps. A ce propos, fait étrange, le présent est lu à travers le prisme d'une image toute de noir et blanc vêtue tandis que le passé s'enrobe d'une multitude de couleurs. Comme si Robert Hossein signifiait par avance l'inéluctable tragédie en revêtant son œuvre d'un linceul ou le noir et le blanc ont seuls droit de cité.
Johnny Hallyday endosse le confortable costume d'un kidnappeur tombé sous le charme d'une jeune femme avec laquelle il va entretenir des liens ténus. Plus étonnant, l'acteur se révèle parfois émouvant. Point de Chute demeure par contre relativement lent et attentiste. Ce qui risque de rebuter une partie des spectateurs. Une curiosité qui mérite tout de même que l'on prenne le temps de la découvrir...

mercredi 13 décembre 2017

Hommage à Johnny... Le Spécialiste de Sergio Corbucci (1969)



« Continue de boire. Ça me rend nerveux qu'on arrête de boire quand j'arrive... ». Tel sont les premiers mots prononcés par un Johnny Hallyday/Hud pris entre les tenailles d'un village qui tout entier, a lynché son frère parce qu'il a volé l'argent de la banque, des bandits entourant leur chef El Diablo, et l'ombre du grand Clint Eastwood qui plane au dessus du plus populaire chanteur français, mort la semaine dernière des suites d'un cancer du poumon. Après une très courte apparition (non créditée) dans Les Diaboliques de Henri-Georges Clouzot en 1955 et dans Dossier 1413 d'Alfred Rode en 1962, Johnny Hallyday entame une vraie carrière d'acteur à partir du film à sketches Les Parisiennes dans lequel il côtoie Catherine Deneuve, Danièle Evenou, et Dominique Zardi dans le segment Sophie. En 1967 il tourne dans le long-métrage franco-italien A Tout Casser, une comédie policière réalisée par le cinéaste américain John Berry avant de tourner son premier western-spaghetti, Le Spécialiste de Sergio Corbucci, dont il est question ici. Dès la première apparition de Johnny Hallyday à l'écran, le mimétisme du personnage qu'il interprète à l'écran à du mal à cacher sa filiation avec ceux de Joe, le Manchot et Blondin que jouait quelques années auparavant Client Eastwood dans les classiques du western spaghetti réalisés par l'immense Sergio Leone que sont respectivement Pour une Poignée de Dollars, Et Pour Quelques Dollars de Plus, Le Bon, la Brute et le Truand. Première impression : on ne sait s'il faut rire ou pleurer lorsque descend les escaliers le héros de cette aventure qui trouvera son flamboyant écho quatre ans plus tard dans l'un des plus grands westerns de tous les temps, L'Homme des Hautes Plaines, joué et réalisé (une fois encore) par l'américain Clint Eastwood.

Monté sur ressorts, nuque sur roulement à billes, Johnny tente de s'imposer la carrure du justicier crotté, mal rasé, suant à grosses gouttes, signes que l'on est bien chez les transalpins et non pas chez un John Ford privilégiant les grands espaces et les personnages féminins. Ici, cette dernière est souvent reléguée au rang de prostituée, de barmaid, ou de femme violentée. Johnny malingre, jouant pourtant assez habillement du flingue, stetson vissé sur le crâne, favoris lui bouffant la moitié du visage et répliques cinglantes. Même pas peur, le sans amis est venu régler ses comptes avec les poltrons de Blackstone, petite bourgade paumée en plein désert, et dont les notables se sont rués sur le frère du héros afin de le lyncher pour avoir osé voler l'argent qu'ils avaient confié aux bons soins de Virginia Pollywood, délicieuse Françoise Fabian, actrice française bien connue chez nous et qui joue de ses atouts pour séduire la gente masculine. Dont un shérif, l'acteur italien Gastone Moschin, parfois si gauche que certains passages prêtent davantage à sourire. N'étant pas Clint Eastwood qui veut, notre illustre Johnny galère beaucoup. Un rôle taciturne, à l'image d'un personnage qui répète inlassablement qu'il n'a pas d'amis. Le genre torturé. Mais pas auquel on aurait envie de proposer son épaule pour pleurer mais davantage auquel on donnerait une petite tape à l'arrière du crâne en le remerciant de nous avoir bien fait rire.

Caricature semble être le terme adapté au jeu de l'acteur/chanteur qui en post-production ne parvient même pas à rattraper son infligeant jeu d'acteur. À trop vouloir imiter son illustre source d'inspiration (et n'allez pas me dire que les rapports qu'entretiennent Hud avec les personnages campés par Easwood ne sont que le fruit du hasard), Johnny s'enlise dans l’auto-parodie, faisant du film de Sergio Corbucci, pourtant spécialiste du genre, une œuvre hautement nanardesque. C'est peut-être là que recèle tout son potentiel Le Spécialiste. On ne reprochera pas uniquement au chanteur de vouloir trop se rapprocher de son « idole » auquel il demeure fort inférieur. Ajoutez à cela un manque de charisme accentué, de plus, par une post-synchronisation (pourtant assurée par Johnny Hallyday lui-même) abominable et vous obtenez une version franco-italienne ringarde des classiques de Sergio Leone. Une œuvre à réserver aux fans du chanteur français, aux aficionados des westerns-spaghetti ou aux amateurs de nanars. Drôle d'hommage tout de même. Vous êtes avertis...

vendredi 20 octobre 2017

Conseil de Famille de Costa-Gavras (1986) - ★★★★★★☆☆☆☆



L'homme derrière Z, L'Aveu, Le Couperet, fait une petite pause en cette année 1986. Non pas que le cinéaste originaire de Grèce ait mit de côté sa carrière au cinéma mais l'intrigue de Conseil de Famille, qui sort trois ans après l'histoire de Hanna K., jeune avocate installée à Jérusalem défendant pour sa première affaire un réfugié palestinien, et deux années avant La Main Droite du Diable narrant l'intégration d'un agent du F.B.I dans le milieu du Ku Klux Klan, paraît plus légère. En tout les cas, un récit qui ne se prête en aucune manière à une quelconque polémique.
Au centre de cette histoire tournant autour d'une famille de français moyens, le chanteur Johnny Hallyday, qui prête ses traits à Louis, le père, marié à Marianne (Fanny Ardant), la mère, lesquels sont les parents de François (Laurent Romor puis Rémi Martin), le fils et de Martine (Juliette Rennes puis Caroline Pochon), la fille. Louis vient de sortir de prison où il a purgé une peine de cinq ans pour cambriolage avec Maximilien Faucon (Guy Marchand), son plus vieil ami. Dès leur sortie, les deux hommes ne pensent qu'à une chose : retourner à leurs activités de malfaiteurs. Le point de vue choisi par le cinéaste Costa-Gavras est celui du fils, qui parvenu à l'âge adulte raconte l'histoire de cette famille peu commune, de sa plus tendre enfance jusqu'à ce moment décisif où il décidera de voler de ses propres ailes, se détachant ainsi de l'emprise de son père qui veut que son fils prenne la relève.

Tout commence par l'admiration d'un fils pour son père. Le jeune François se souvient davantage des années de prison qu'à effectué géniteur que du mensonge proféré par sa mère qui pour protéger ses deux enfants préféra inventer une histoire bien différente de la réalité. Fanny Ardant, c'est cette jeune mère aimante, protégeant son fils et sa fille des dangers inhérents au métier qu'exercent Louis et Max. Johnny Hallyday se défait un instant de son image de rockeur charismatique en débarquant en survêtement. Pas de quoi affoler les midinettes, d'autant plus que dans le rôle de l'époux amoureux de sa femme, les baisers échangés lors de leurs retrouvailles ne sont pas vraiment convaincants. Mais on oublie assez vite ces petits détails et même si le chanteur est bien meilleur dans la profession qui l'a rendu célèbre dans notre pays que comme acteur, il ne se débrouille finalement pas si mal que cela par la suite. Vient ensuite Guy Marchand. Moins séducteur qu'à l'accoutumée, il conserve toujours cette collante étiquette de beauf qui lui sied à ravir au cinéma. Fanny Ardant dénote quelque peu dans cette étrange famille de cambrioleurs directement ou indirectement impliqués. Une beauté froide, très classe, sans doute mystérieuse. Une impression qui demeure davantage ancrée après le passage oublié dans la demeure familiale entretenue par un frère et sa progéniture dont la bourgeoisie dégoulinante fait froid dans le dos.

Suivent ensuite les jeunes Juliette Rennes et Laurent Romor qui davantage que leur homologues plus âgés qui prendront la relève un peu plus loin dans le récit demeurent impeccables. On s'attache assez rapidement à ce frère et cette sœurs, très attachés l'un à l'autre, Costa-Gavras évoquant même parfois une attirance de la part de Martine dépassant les limites imposées par la raison. Conseil de Famille est une comédie, et pourtant, rares sont les opportunités où rire nous sont offertes. Le film se révèle parfois plus triste que réellement amusant. Johnny Hallyday ne cabotine jamais mais heureusement, la fraîcheur de ses jeunes interprètes donne un coup de fouet à un récit qui sinon, aurait eu tendance à s'enfoncer dans un certain ennui. Les cambriolages n'étant finalement pas vraiment au centre de l'intrigue, Costa-Gavras les filme assez mollement et ne leur prête pas suffisamment d'attention. On notera la participation de l'acteur Fabrice Luchini dans le rôle de l'avocat véreux. Au final, Conseil de Famille est une œuvre sympathique mais qui ne transcende jamais le genre. Une petite chronique familiale qui fait tout de même pâle figure dans la filmographie de son auteur...
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