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lundi 9 mars 2026

The Substitute de Robert Mandel (1996) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Parmi les longs-métrages mettant en scène jeunesse et gangs américains, certains s'illustrent à travers l'environnement dans lequel évoluent leurs personnages. Riches de faits-divers qui ont sans doute plus ou moins inspiré réalisateurs et scénaristes, l'on pu notamment voir évoluer James Belushi dans The Principal de Christopher Cain en 1987, Michelle Pfeiffer dans Dangerous Minds de John N. Smith en 1995, ou encore Samuel L.Jackson dans One Eight Seven de Kevin Reynolds deux ans plus tard. Entre ces deux derniers exemples est venu s'incarner dans le rôle d'un ancien militaire devenu mercenaire, l'acteur Tom Beranger. Premier volet d'une quadrilogie dans lequel celui-ci interprète le rôle de Jonathan Shale, The Substitute  de Robert Mandel débute son action alors qu'il mène auprès de ses hommes une mission à l'étranger. Mais alors que celle-ci s'est couronnée de succès, le groupe se retrouve malgré tout au chômage. Au même moment, la compagne de Jonathan est agressée par l'un des membres d'un gang dirigé par Juan Lacas. Un étudiant violent que Jane Hetzko (l'actrice Diane Venora) tente de faire renvoyer après qu'elle ait été menacée par ce voyou tandis que le principal de la Columbus High School où la jeune femme enseigne estime qu'il n'y a pas suffisamment de preuves pour le mettre à la porte. Ancien policier, Claude Rolle (Ernie Hudson) refuse donc de renvoyer Juan Lucas qui envoie donc l'un des membres de son gang attaquer l'enseignante. Fort heureusement, Jonathan arrive au moment opportun afin d'éviter le pire pour sa compagne. Mais le mal est fait : la jeune femme se retrouve malgré tout avec la jambe plâtrée et incapable de faire cours à ses élèves. Préoccupé par la situation de danger qui plane au dessus d'elle, Jonathan décide de se faire passer pour un professeur bardé de diplômes afin d'intégrer la Columbus High School et ainsi se retrouver à donner des cours aux élèves de Jane. Si les débuts sont difficiles, ce prof de substitution de la classe va pourtant rapidement happer l'attention de ses élèves. Du moins d'une grande partie d'entre eux puisque au fond de la classe, Juan Lacas ne l'entend pas de cette oreille... Dans cet excellent film dramatique mâtiné d'une bonne dose d'action qu'est ce premier volet de la saga The Substitute, Tom Beranger campe le personnage idéal. Charismatique et doté de facultés physiques accumulées lors de son expérience dans l'armée, l'homme va non seulement s'opposer à la virulence de son jeune élève mais en outre démasquer un vaste réseau de drogue... Charismatique, certes, mais également doté d'une assurance qui va permettre au personnage de ne pas se laisser impressionner ou intimider par une partie de la faune qui arpente les couloirs du lycée...


Plus qu'un banal film d'action qui ne reposerait que sur l'affrontement perpétuel entre un ancien soldat caché sous une fausse identité (celle du professeur d'histoire James Smith) et un groupe d'individus parfois surarmés, The Substitute ne prend jamais son public pour un imbécile et le scénario de Roy Frumkes, Rocco Simonelli et Alan Ormsby développe un véritable récit autour de son large panel de protagonistes. Du groupe de mercenaires qui orbitent autour du personnage central. Quatre individus ayant chacun leurs spécificités. Quatre personnages interprétés par d'excellents acteurs, William Forsythe incarne un électron libre relativement instable à travers Hollan, un spécialiste des explosifs. Raymond Cruz joue le rôle de Joey Six, l'expert en armes du groupe. Luis Guzmán campe celui de Rem, un tireur d'élite. Quant à Richard Brooks, il incarne le personnage de Wellman qui dans The Substitute et au sein du groupe est chargé de la coordination et de la logistique. Surtout, leur implications évitent les écueils du film bourrin dans lequel le Héros pourrait à lui seul défaire une organisation criminelle. Notons également que le script développe la relation entre Jane et Jonathan même si là encore, le réalisateur le fait de manière réfléchie, subtile, évitant ainsi l'engourdissement du récit. Et puis, il y a évidemment celles et ceux qui vivent au quotidien le rapprochement avec le problème qui intéresse directement le personnage interprété par Tom Beranger. À commencer par Glenn Plummer qui incarne le professeur Darrell Sherman, ou encore ces deux élèves que sont Jerome Brown (Shar-Ron Corley) et Lisa Rodriguez (Maria Celedonio). Deux personnages types qui veulent s'en sortir et qui donnent un peu d'espoir là où l'on pense que tout est foutu. Action, violence, drame, mais aussi comédie puisque parfois le script se laisse aller à quelques fantaisies comme la fameuse séquence des ''fibres'' mettant en scène Cliff De Young dans le rôle de Matt Wolfson ou cette caricature ultra-revendiquée de ce pseudo-personnage de film d'action matérialisé à l'écran par l'acteur Willis Sparks dans le rôle de John Janus. Notons enfin, pour les amateurs de Hip-Hop, une bande sonore majoritairement consacrée à ce genre musical dont la sélection brille de nombreuses pépites. Bref, un film pour tous. Un régal permanent. Une œuvre beaucoup plus fine et intelligente qu'elle ne pouvait le laisser présager au départ...

 

jeudi 27 juin 2019

Sharkman de Michael Oblowitz (2005) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Dans la ''Collection Mutants'', nous poursuivons cette fois-ci l'aventure avec Sharkman de Michael Oblowitz (à ne pas confondre avec le film éponyme réalisé quatre ans auparavant par Brian Meece). Produit, réalisé et distribué dans un même intervalle de deux ans que les cinq autres longs-métrages du cycle, après un Mosquitoman mixant un moustique et un homme et un Predatorman hybridant un autre spécimen de notre espèce à ce qui s'apparentait tout d'abord à un reptile, désormais, la créature qui baigne dans l'immense aquarium d'une île isolée sur laquelle mène des recherches sur le cancer un scientifique dont le fils est mort de la maladie voilà plusieurs années s'avère être mi-homme, mi-requin...

Parce que selon lui, ces animaux marins sont immunisés contre le cancer. C'est donc dans le secret d'un laboratoire aux contours mégalomaniaques que l'on fait la connaissance avec un Jeffrey Combs qui depuis le succès du Re Animator de Stuart Gordon en 1985 n'a pas joué que dans des classiques du fantastique et de l'horreur. L'acteur s'est en effet vu offrir un certain nombres de rôles dans des purges, tel ce Sharkman qui dans la mouvance des ''requins mutants'' trône en bonne place...

Pourquoi se faire chier avec la recherche contre le cancer et se délester de quelques deniers au profit de la fondation ARC (pour Association pour la Recherche sur le Cancer) alors qu'il suffirait de remplir sa valise d'un maillot de bain et de vêtements légers pour se rendre sur l'île du docteur Preston King. Blagues à part, l'idée paraît complètement... ''conne'' (?) et pourtant, c'est avec tout le sérieux du monde que des chercheurs américains ont effectivement découvert que si les requins n'ont pas de cancers, ''c'est grâce à l'évolution de deux de leurs gènes'' (Anne-Sophie Tassart le 02.02.2017 à 13h09 sur le site Science et Avenir). Par contre, ce qui semble tout à fait grotesque et que le cinéaste Michael Oblowitz appréhende sans sourciller, c'est l'hypothèse selon laquelle en croisant des gènes de requin à ceux de l'homme, ce dernier pourrait vaincre cette maladie. Surtout que Michael Oblowitz, habituellement concerné par les documentaires plutôt que par ce genre de productions horrifico-nazes n'y va pas avec le dos de la cuillère et fait preuve d'une sensibilité de body-builder !

Sorti aux states sous le nom de Hammerhead et retitré chez nous sous celui de Sharkman (sans doute pour le bien de la ''Collection Mutants''), ce TV-film est digne de trôner parmi les Mosquitoman, Predatorman, et autres Snakeman (que j'évoquerai sans doute dans un prochain article) de piètre qualité. A en juger par les premiers instants, on aurait tendance à le mettre au dessus des autres. Seulement voilà, après dix petites minutes pas trop mal fichues, on retombe une fois de plus dans ce qui fait défaut à ce genre de productions : à budget réduit, effet-spéciaux, décors, mise en scène et interprétation à égale valeur. Question casting, en dehors de Jeffrey Combs auquel le cinéaste offre un ersatz du rôle qui le rendit célèbre vingt ans en arrière, William Forsythe n'est pas le moins connu puisqu'il a derrière lui une carrière conséquente débutée sur grand écran au milieu des années quatre-vingt. Aux côtés des deux hommes, le botox et les implants mammaires sont rois et l'actrice Hunter Tylo en est la plus fière (et défigurée) représentante. On notera également la présence de l'actrice (et ancien mannequin) française Lydie Denier... Si tout comme moi, son nom ne vous évoque rien, c'est normal puisqu'elle a quitté le pays au bon moment pour aller faire une carrière d'actrice essentiellement constituée d'apparitions à la télévision américaine... Mais le véritable héros de cette aventure, c'est bien entendu le Sharkman du titre, qui tantôt se présente sous la forme d'un requin humanoïde sous le costume duquel se planque l'acteur Anton Argirov, et qui tantôt est visible en images de synthèses d'un autre âge.

Sur son île, le docteur Preston King invite un groupe d'individus dont celle qui aurait dû être sa belle-fille si son fils Paul n'était pas mort d'un cancer. En fait, l'invitation est un prétexte pour Preston King de se venger de ceux qu'il considère avoir volé ses travaux voilà des années. Alors qu'il les fait enfermer dans une salle qui peu à peu se rempli de l'eau dans laquelle trempe le Sharkman, Tom, Amélia, Jane et les autres parviennent à prendre la fuite. C'est alors qu'une fois à l'extérieur, il leur faut trouver un moyen d'échapper aux hommes de main de Preston King mais également à un Sharkman qui tient en fait davantage du requin que de l'homme. Plus rien de commun ou presque en effet avec Paul (qui, vous l'aurez sans doute compris, n'est pas mort d'un cancer mais a servi de sujet d’expérience à son père). Impliqués dans leur interprétation, certains s'en sortent avec les honneurs (William Forsythe, Arthur Roberts, et Jeffrey Combs qui pourtant a tendance à en faire un peu trop dans le théâtral). Par contre, et c'est sans misogynie aucune que j'ai relevé ce détail, l'actrice (mdr!) Maria Ignatova est absolument remarquable d'inexpressivité. Sans déconner, je n'avais jamais vu (ou alors très rarement) une interprète feindre la trouille avec aussi peu de détermination (la jeune et appétissante Julie paraît jouir des morsures que lui inflge le Sharkman au moment de rendre son dernier souffle). On comprendra alors que sa présence à l'écran n'est certainement dû qu'à sa plastique, soit dit en passant, plutôt agréable à contempler.

Lorsque l'on a subit Predatorman tout en conservant son intégrité physique et intellectuelle, tenir jusqu'à l'issue des quatre-vingt huit minutes que dure Sharkman s'avère alors être une véritable promenade de santé. Le rythme est plutôt enjoué, l'action peu avare et Jeffrey Combs toujours aussi ''dérangé''. Il faudra juste au spectateur supporter une interprétation miteuse, des effets-spéciaux dignes de ceux du siècle dernier et une mise en scène qui n'a d'autre ambition que de contenter les TELEspectateurs américains...

jeudi 17 août 2017

Cycle les Frères Coen: Arizona Junior de Joel et Ethan Coen (1987) ★★★★★★☆☆☆☆



Le deuxième long-métrage des frères Coen est cette fois-ci une comédie. Le duo abandonne en effet le thriller et réalise une œuvre absurde dont le récit fonce sur les chapeaux de roue. Un peu à la manière d'un Alex de la Iglesia avant l'heure, Joel et Ethan Coen reviennent donc trois ans après Blood Simple. Œuvre mineure de leur filmographie, Arizonia Junior a ceci d'amusant qu'elle rappelle sans cesse l'esprit des dessins animés de Tex Avery. Déjà auteurs du scénario du déjanté Mort sur le Grill de leur copain Sam Raimi, les frangins convoquent cette fois-ci Nicolas Cage, John Goodman (qui à ce jour totalise six participations à la filmographie des Coen), M. Emmet Walsh qui offre une minuscule participation en tant que collègue de travail du héros H.I. McDunnough. Quant aux actrices Holly Hunter et Frances McDormand, les rôles sont cette fois-ci inversés puisque la première tient l'un des deux principaux rôles tandis que la seconde campe celui d'une amie du couple McDunnough.Joel et Ethan auraient pu choisir l'option dramatique mais préfèrent traiter l'histoire de ce couple auquel la nature a interdit d'engendrer un enfant et auquel l'administration refuse d'en confier un à l'adoption.

Délaissée par son compagnon, l'officier de police Edwina, dites "Ed", tente de sécher ses larmes tandis qu'elle prend en photo contre un mur le prisonnier Herbert I. "Hi" McDunnough. Ca n'est pas la première fois que ce dernier franchi les murs de cette prison. Étant un habitué des hold-up, Hi se fait régulièrement coincer et finit systématiquement au trou. Un récidiviste qui à force de croiser Ed va tomber amoureux de la policière. Dès sa nouvelle sortie de prison, Hi demande Ed en mariage. Ce que la jeune femme accepte. Malheureusement, après plusieurs tentatives, le couple est forcé de rendre à l'évidence. Ils ne pourront pas avoir d'enfant car Ed est stérile. Ils tentent bien sûr d'en adopter un mais le casier judiciaire surchargé de Hi leur ferme la porte à cette opportunité.
Il apprennent bientôt que l'épouse du président directeur général de la plus grande entreprise de vente de meubles bruts prêts à être peints vient de mettre au monde quintuplés. Plus qu'il ne leur en fallait comme le relate la presse. Pour Ed et Hi, c'est peut-être l'occasion, enfin, d'avoir leur propre enfant. C'est armés d'une échelle que le couple se rend chez Florence et Nathan Arizona, les parents des cinq bébés pour leur en dérober un. Parmi Harry, Larry, Barry, Garry et Nathan Jr., Hi se saisit tout à fait par hasard de ce dernier et part retrouver Ed qui l'attend dans la voiture. Junior est accueilli chez les McDunnough comme un Prince. Alors que tout s'est parfaitement déroulé, tandis que les parents du petit Nathan Junior pleurent son enlèvement, deux anciens co-détenus de Hi viennent semer la zizanie chez Ed et Hi après s'être fait la malle. De plus, Nathan Arizona vient d'embaucher le motard Leonard Smalls afin de retrouver la piste des kidnappeurs. Les jours qui vont suivre ne seront pas de tout repos pour les nouveaux parents...

Arizona Junior est un film de rednecks remplis de beaufs. Entre un Nicolas Cage amorphe et une Holly Hunter désœuvrée, un John Goodman et un William Forsythe crottés se réfugiant chez les McDunnough, ou encore le couple d'abrutis formé de Sam McMurray et Frances McDormand dont la progéniture n'a rien à envier en terme d'absurdité, les frères Coen ont de quoi faire. Le spectacle aurait pu et dû être jouissif, explosif et drôlissime. Il n'a pas, dans la majeure partie des séquences, davantage l'air d'une comédie à l'humour poussif et rarement amusant. Les interprètes ont beau cabotiner du début à la fin, il est rare que le film nous arrache le moindre sourire. Quant à parler de rire aux éclats, n'y pensons même pas. Pour autant, le film des frères Coen se regarde sans véritable déplaisir. Mais alors qu'ils avaient amorcé leur carrière de manière brillante, voilà que le soufflet retombe. Aurait-on un peu trop vite misé sur le duo de cinéastes ? La décennie qui allait s'ouvrir à eux allait nous prouver de manière définitive que la confiance mise en eux n'était pas que de la poudre aux yeux. Arizona Junior demeure donc faiblard au regard de leur belle carrière de cinéastes. Une œuvre à réserver aux fans purs et durs...
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