Parmi les longs-métrages
mettant en scène jeunesse et gangs américains, certains
s'illustrent à travers l'environnement dans lequel évoluent leurs
personnages. Riches de faits-divers qui ont sans doute plus ou moins
inspiré réalisateurs et scénaristes, l'on pu notamment voir
évoluer James Belushi dans The Principal
de Christopher Cain en 1987, Michelle Pfeiffer dans Dangerous
Minds de
John N. Smith en 1995, ou encore Samuel L.Jackson dans One
Eight Seven de
Kevin Reynolds deux ans plus tard. Entre ces deux derniers exemples
est venu s'incarner dans le rôle d'un ancien militaire devenu
mercenaire, l'acteur Tom Beranger. Premier volet d'une quadrilogie
dans lequel celui-ci interprète le rôle de Jonathan Shale, The
Substitute de Robert Mandel débute
son action alors qu'il mène auprès de ses hommes une mission à
l'étranger. Mais alors que celle-ci s'est couronnée de succès, le
groupe se retrouve malgré tout au chômage. Au même moment, la
compagne de Jonathan est agressée par l'un des membres d'un gang
dirigé par Juan Lacas. Un étudiant violent que Jane Hetzko
(l'actrice Diane Venora) tente de faire renvoyer après qu'elle ait
été menacée par ce voyou tandis que le principal de la Columbus
High School
où la jeune femme enseigne estime qu'il n'y a pas suffisamment de
preuves pour le mettre à la porte. Ancien policier, Claude Rolle
(Ernie Hudson) refuse donc de renvoyer Juan Lucas qui envoie donc
l'un des membres de son gang attaquer l'enseignante. Fort
heureusement, Jonathan arrive au moment opportun afin d'éviter le
pire pour sa compagne. Mais le mal est fait : la jeune femme se
retrouve malgré tout avec la jambe plâtrée et incapable de faire
cours à ses élèves. Préoccupé par la situation de danger qui
plane au dessus d'elle, Jonathan décide de se faire passer pour un
professeur bardé de diplômes afin d'intégrer la Columbus
High School
et ainsi se retrouver à donner des cours aux élèves de Jane. Si
les débuts sont difficiles, ce prof de substitution de la classe va
pourtant rapidement happer l'attention de ses élèves. Du moins
d'une grande partie d'entre eux puisque au fond de la classe, Juan
Lacas ne l'entend pas de cette oreille... Dans cet excellent film
dramatique mâtiné d'une bonne dose d'action qu'est ce premier volet
de la saga The Substitute,
Tom Beranger campe le personnage idéal. Charismatique et doté de
facultés physiques accumulées lors de son expérience dans l'armée,
l'homme va non seulement s'opposer à la virulence de son jeune élève
mais en outre démasquer un vaste réseau de drogue... Charismatique,
certes, mais également doté d'une assurance qui va permettre au
personnage de ne pas se laisser impressionner ou intimider par une
partie de la faune qui arpente les couloirs du lycée...
Plus
qu'un banal film d'action qui ne reposerait que sur l'affrontement
perpétuel entre un ancien soldat caché sous une fausse identité
(celle du professeur d'histoire James Smith) et un groupe d'individus
parfois surarmés, The Substitute
ne prend jamais son public pour un imbécile et le scénario de Roy
Frumkes, Rocco Simonelli et Alan Ormsby développe un véritable
récit autour de son large panel de protagonistes. Du groupe de
mercenaires qui orbitent autour du personnage central. Quatre
individus ayant chacun leurs spécificités. Quatre personnages
interprétés par d'excellents acteurs, William Forsythe incarne un
électron libre relativement instable à travers Hollan, un
spécialiste des explosifs. Raymond Cruz joue le rôle de Joey Six,
l'expert en armes du groupe. Luis Guzmán campe celui de Rem, un
tireur d'élite. Quant à Richard Brooks, il incarne le personnage de
Wellman qui dans The Substitute
et au sein du groupe est chargé de la coordination et de la
logistique. Surtout, leur implications évitent les écueils du film
bourrin dans lequel le Héros pourrait à lui seul défaire une
organisation criminelle. Notons également que le script développe
la relation entre Jane et Jonathan même si là encore, le
réalisateur le fait de manière réfléchie, subtile, évitant ainsi
l'engourdissement du récit. Et puis, il y a évidemment celles et
ceux qui vivent au quotidien le rapprochement avec le problème qui
intéresse directement le personnage interprété par Tom Beranger. À
commencer par Glenn Plummer qui incarne le professeur Darrell
Sherman, ou encore ces deux élèves que sont Jerome Brown (Shar-Ron
Corley) et Lisa Rodriguez (Maria Celedonio). Deux personnages types
qui veulent s'en sortir et qui donnent un peu d'espoir là où l'on
pense que tout est foutu. Action, violence, drame, mais aussi comédie
puisque parfois le script se laisse aller à quelques fantaisies
comme la fameuse séquence des ''fibres'' mettant en scène Cliff De
Young dans le rôle de Matt Wolfson ou cette caricature
ultra-revendiquée de ce pseudo-personnage de film d'action
matérialisé à l'écran par l'acteur Willis Sparks dans le rôle de
John Janus. Notons enfin, pour les amateurs de Hip-Hop, une bande
sonore majoritairement consacrée à ce genre musical dont la
sélection brille de nombreuses pépites. Bref, un film pour tous. Un
régal permanent. Une œuvre beaucoup plus fine et intelligente
qu'elle ne pouvait le laisser présager au départ...
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