Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Isaac de Bankolé. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Isaac de Bankolé. Afficher tous les articles

dimanche 10 décembre 2023

Vanille Fraise de Gérard Oury (1989) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Une fois encore, Gérard Oury nous refait le coup de la comédie d'aventures. Si le réalisateur et scénariste s'était montré particulièrement efficace en 1965 avec Le corniaud, c'était déjà beaucoup moins évident avec La vengeance du serpent à plumes dix-neuf ans plus tard. Mais alors, avec Vanille Fraise, nous touchons véritablement le fond. Catherine Deneuve, à ce sujet, eu le nez fin en refusant d'interpréter le rôle que s'est empressée ensuite d'accepter à sa place Sabine Azéma. L'avantage avec des films tels que Vanille Fraise est que l'on peut vaquer à d'autres occupations sans avoir vraiment à se concentrer sur l'intrigue vu que son intérêt se situe entre 1 et 2 sur une échelle de 20 ! Monter le son pour s'en servir de toile de fond, voilà qui devrait suffire ! Auquel cas, profitons-en pour faire un peu de ménage, dresser la liste des courses à faire le jour même, vérifier notre solde bancaire ou, dans le meilleur des cas, nous endormir pour n'être réveillés qu'une fois le générique de fin achevé. À une époque pas si lointaine puisque ne remontant qu'à trois ou quatre heures, je n'aurais pas parié un kopeck sur le fait que Gérard Oury pouvait tomber encore plus bas qu'avec La vengeance du serpent à plumes ou La soif de l'or. Et pourtant, tel est le cas avec cette comédie aussi peu innovante que pourrait l'être le retour de la cassette audio sur le marché de la musique. Avec ses violons synthétiques dignes de figurer parmi les chutes de la bande-originale de Bad Taste, sa tribu d'acteurs secondaires qu'on imaginerait plutôt découvrir dans de minables sitcoms (le couple de touristes attablé devant une glace) ou ses principaux interprètes venus prendre ici le risque de mettre leur carrière en péril, on tient sans doute avec Vanille Fraise le plus mauvais film de son auteur. Le long-métrage révèle au moins une chose fondamentale : qu'il ne faut surtout pas confier à Pierre Arditi la lourde tâche d'incarner à l'écran un homme pris de boisson. En effet, il suffit de le voir se faire passer pour un époux ivre pour comprendre que quelque chose ici ne va pas. Comment même un authentique interprète comme lui peut-il être mauvais à ce point ?


Aux côtés des époux Boulanger qu'il forme avec Sabine Azéma l'on retrouve l'acteur ivoirien Isaach de Bankolé qui dans les années eu son heure de gloire auprès du public français avec Black Mic-Mac de Thomas Gilou et Les keufs de Josiane Balasko. Bien qu'il se soit apparemment fait rare au cinéma, il suffit d'aller consulter sa filmographie pour constater qu'il n'en est rien. Bien au contraire puisqu'il fut notamment au générique du formidable Ghost Dog : la voie du samouraï de Jim Jarmusch en 1999, de Miami Vice : Deux flics à Miami de Michael Mann en 2006 ou dans les deux films de ''Blaxploitation'' américains signés de Ryan Coogler, Black Panther et Black Panther: Wakanda Forever signés en 2018 et en 2022 ! Ou comment avoir réussi à se refaire une santé dans le cinéma, le vrai, après s'être fourvoyé dans la comédie la plus niaise que le cinéma français soit capable de charrier. Inspiré d'un fait-divers authentique ayant eu lieu le 10 juillet 1985 et lors duquel le navire amiral de Greenpeace connu sous le nom de Rainbow Warrior finissait sa carrière sous les eaux du port d’Auckland à la suite d'une explosion criminelle, Vanille fraise ressemble davantage à une autre comédie française sortie sur les écrans deux ans plus tard. La totale ! de Claude Zidi qui, sans être un classique, demeure malgré tout très au dessus de l’œuvre de Gérard Oury. Vingt-quatre ans après Le corniaud, Gérard Oury reprend la route pour l'Italie mais signe cette fois-ci une triste comédie, très anachronique et donc largement dépassée. Un ersatz plus proche du théâtre de boulevard où les interprètes (surtout Pierre Arditi, encore lui) en font des caisses, tentant ainsi vainement d'amuser la galerie. Bourré de clichés qu'aujourd'hui personne n'oserait mettre en avant de peur d'être ''décoré'' de tout un tas de pompeux substantifs (pour exemple, le personnage de Hippolyte N'Go qu'incarne Isaach de Bankolé est, EVIDEMMENT, polygame). Deux ou trois ans en arrière, nous pouvions encore nous poser des questions quant aux capacités réelles de Gérard Oury à se renouveler. Mais cette fois-ci, c'est certain : le bonhomme, à l'orée des années quatre-vingt dix semble bloqué dans le passé. Navrant...

 

samedi 22 septembre 2018

Ghost Dog: The Way of the Samurai de Jim Jarmusch (1999)



Pour son septième long-métrage Ghost Dog: The Way of the Samurai, le cinéaste américain Jim Jarmusch choisissait une voie très particulière en mêlant culture japonaise, hip-hop, et gangstérisme. Incarné par l'emblématique acteur Forest Withaker, Ghost Dog se pose en apôtre de la 'Zen Attitude', celle de son personnage principal, alors qu'il est lui-même confronté à un monde fait de violence. Le 'Ghost Dog', c'est ce tueur à gages invisible dont seul son 'Maître' connaît le visage. Rescapé d'une mort certaine huit ans auparavant, il voue pour celui qui l'a sauvé, un respect sans limites. Le 'Ghost Dog' est un samouraï des temps modernes qui ne vit non pas au temps du Japon Féodal dans le pays d'origine de cette classe guerrière qui le dirigea entre le douzième et le dix-septième siècle, mais à la toute fin des années quatre-vingt dix, époque où Jim Jarmusch tourna son film. Capable de tendresse envers ses dizaines de pigeons voyageurs (le personnage incarné par Forest Withaker préfère en effet utiliser un mode de transmission de messages remontant à l'antiquité) tout comme de commettre des assassinats sur contrats avec un naturel déconcertant, le 'Ghost Dog' étudie depuis le sauvetage dont il a bénéficié de la part de Louie, un membre de la Mafia italienne, l'Hagakure, qui est un ouvrage spirituel à l'attention du guerrier tel qu'il se définie lui-même.

A contrario, le 'Ghost Dog' est capable de faire des concessions au monde moderne. Car si ce marginal qui ne vit non pas dans la rue mais sur le toit d'un immeuble sur lequel il a installé son propre pigeonnier s'entraîne au sabre, c'est armé d'un flingue et d'un silencieux qu'il élimine ceux que son maître lui demande d'assassiner. Autre concession faite au monde moderne : l'utilisation d'un gadget électronique lui permettant d'ouvrir des serrures (portails, voitures...). Mais à part ces quelques incartades, le 'Ghost Dog' vit tel un ascète, n'exécutant que les tâches qui lui incombent pour survivre puisqu'il faut bien se nourrir. L'histoire de Ghost Dog: The Way of the Samurai aurait tout aussi bien pu s'arrêter à ces quelques considérations existentielles mais le cinéaste en décide autrement.

Car faut-il le rappeler, l’œuvre de Jim Jarmusch s'inscrit également dans le contexte du polar noir. Et même si l'humour y est étonnamment présent, l'affaire qui intéresse ici les protagonistes se révèle particulièrement sombre. En effet, après avoir honoré son dernier contrat, le 'Ghost Dog' est désormais traqué par ceux-là même qui l'on employé. Payé pour tuer un ancien collaborateur de Ray Vargo, l'un des grands pontes de la Mafia italienne, il a laissé derrière lui un témoin. Et ce témoins n'est autre que la fille de Vargo, Louise. Une faute grave qui ne servira en réalité que de prétexte aux membres de la Mafia pour faire éliminer le témoin gênant qu'est devenu le 'Ghost Dog'.

Le casting accompagnant Forest Withaker est on ne peut plus hétéroclite puisque à ses côtés, nous découvrons notamment la présence de l'acteur Henry Silva, habitué à des rôles de bandits, ainsi que l'acteur ivoirien Isaac de Bankolé, désormais basé à New York, mais que le public français découvrit dans un certain nombre de longs-métrages tournés dans l'hexagone dans les années quatre-vingt: L'Addition de Denis Amar en 1984, Les Keufs de Josiane Balasko en 1987, ou encore Vanille Fraise de Gérard Oury en 1989. Ghost Dog: The Way of the Samurai est une excellente surprise. Entre certains de ses aspects plutôt contemplatifs et l'intrigue tournant autour de la Mafia italienne, Jim Jarmusch compose une œuvre profondément touchante, incarnée par un Forest Whitaker lumineux. Un bijou...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...