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mardi 20 janvier 2026

Trapped : Le Village de la mort de William Fruet (1982) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L'Amérique profonde et rurale fut pendant longtemps le terreau fertile de nombre de productions outre-atlantiques poisseuses et dérangeantes dont deux des portes-étendards demeurent encore actuellement Deliverance de John Boorman et The Texas Chainsaw Massacre de Tobe Hooper. Ce dernier ayant réalisé par la suite Eaten Alive et son propriétaire de motel fou jetant ses victimes dans les eaux entourant son établissement où baigne un crocodile. Quant à lui, Wes Craven décrivit à travers The Hills Have Eyes le calvaire d'une famille d'américains moyens confrontés à une tribu consanguine dégénérée, retournée à l'état sauvage en s'attaquant aux voyageurs de passage et en pratiquant le cannibalisme. Dans un même esprit que ce dernier et celui de John Boorman, l'on peut notamment citer Just Before Dawn de Jeff Lieberman, Straw Dogs de Sam Peckinpah ou bien Death Weekend de William Fruet... L'on pourrait en réalité citer des dizaines d'autres longs-métrages mettant en scène des vacanciers et autres voyageurs égarés dans des contrées hostiles habitées par des culs-terreux dégénérés mais de ce dernier et dans le genre Survival, l'on retiendra sans doute surtout Trapped qu'il réalisa en 1982. Bien loin d'atteindre les qualités du formidable Southern Comfort de Walter Hill auquel il ressemble sur certains points, le long-métrage de William Fruet n'en est pas moins une expérience plutôt intéressante. Mettant en scène quatre jeunes gens venus se ressourcer durant le week-end dans une région des États-Unis reculée, ils vont être les témoins du meurtre d'un homme qui eut la mauvaise idée de coucher avec la femme du chef d'un petit village placé au sommet d'une colline. Humilié, séquestré, battu puis recouvert de plumes et de goudron, l'homme parviendra à prendre la fuite avant d'être rattrapé au beau milieu de la forêt environnante. Moqué une fois encore par une dizaine de culs-terreux tous à la solde d'un certain Henry Chatwill (l'acteur Henry Silva), ce dernier finit par l'abattre d'un coup de bâton en plein crâne et ce, devant les yeux épouvantés de Roger, Diana, Caroline et Lee qu'interprètent respectivement Nicholas Campbell, Gina Dick, Joy Thompson et Ralph Benmergui. Quatre jeunes étudiants venus se détendre pour quelques jours et qui ne vont avoir de cesse que de fuir le danger. Représenté par Henry Chatwill dont la sœur Miriam (Barbara Gordon) réprouve certaines méthodes, le village est sous ses ordres. Craintifs, les habitants de ce trou perdu acceptent alors sans broncher de suivre Henry dans sa traque des quatre jeunes gens afin de les faire disparaître maintenant qu'il sait qu'ils sont mes témoins gênants de l'assassinat dont il s'est rendu coupable...


Sorti chez nous sous le titre, Trapped : Le Village de la mort, le long-métrage de William Fruet porte très bien son nom et encore mieux la marque du Survival en milieu rural dans lequel la civilisation moderne n'a pas de prise. Et même si certains autochtones s'opposent aux méthodes employées par leur chef sur les bases de règles selon lui édictées par Dieu à l'image de sa propre sœur Miriam, peu ont véritablement le courage de l'affronter. Et pas même le shérif (l'acteur John Rutter) qui s'avère être le demi-frère de Henry et qui par conséquent prévient ce dernier et lui conseille de cacher le corps de la victime avant qu'il ne se lance véritablement dans l'enquête. Sauvage et particulièrement violent, Trapped : Le Village de la mort décrit une communauté emplie de culs-terreux pas très finauds, aux dents gâtées, sales et aux coutumes de vie arriérées. Et parmi eux, la jeune et très sexy Amy, compagne de Henry. D'apparence normale en comparaison des autres villageois, son interprète, Danone Camden, notamment vue dans une centaine d'épisodes de la mythique série télévisée Dallas ou dans Matt Houston et Shérif, fais-moi peur ! excite de part son attitude et ses tenues très légères les hommes de cette petite communauté vivant recluse et édictant ses propres lois. Face au comportement des villageois, William Fruet et le scénariste John Beaird opposent quatre jeunes gens de la ville dont l'un d'entre eux, Roger Michaels, jeune homme pragmatique et leader du groupe, confiant en la justice mais contraint d'abandonner ses convictions, finit par voir sa conscience se heurter à son instinct de survie. Généralement associé aux rôles de méchants, Henry Silva campe un autre type de leader, charismatique, dépassant d'une tête tous les autres protagonistes. Trapped : Le Village de la mort décrit l'inéluctable effondrement de la civilisation à travers les habitants de cette Amérique profonde et dégénérée face à laquelle de jeunes citadins sont contraints d'opérer des compromis s'ils veulent survivre. À ce titre, le long-métrage de William Fruet est dans la longue lignée de Survival opposant la civilisation à une forme de régression sociologique, morale et éducative rencontrée généralement dans ce genre de productions typiques des années 70/80...

 

dimanche 15 mai 2022

Les guerriers du Bronx 2 (Fuga dal Bronx) d'Enzo G. Castellari (1983) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

''Veuillez quitter le Bronx. Je répète, veuillez quitter le Bronx. Le secteur a été déclaré zone insalubre. Le quartier est promis à la démolition. Évacuez immédiatement. Évacuez les lieux. Il ne vous sera fait aucun mal. Le Gouvernement s'engage à vous reloger. Dans des conditions d'habitat et de salubrité décents. Veuillez quitter le Bronx...''

 

Il valait mieux ne pas avoir pris des somnifères et être en pleine forme lorsqu'au petit matin, des hommes en combinaison grises armés de lances-flammes s'apprêtèrent à éliminer les réfractaires qui refuseraient de quitter les lieux. AU LANCE-FLAMMES !!! Ouais, vous ne rêvez pas. D'emblée, le réalisateur italien Enzo G. Castellari fait la preuve que Les guerriers du Bronx 2 (Fuga dal Bronx) n'est pas là pour faire dans la dentelle. Ce qui en soit n'est pas, mais alors pas du tout, un problème. Bien au contraire. Comme dans tout bon nanar italien souvent inspiré de certains classiques de l'anticipation américaine (Mad Max de George Miller, New York 1997 de John Carpenter, Soleil vert de Richard Fleischer), la suite du cultissime Les guerriers du Bronx (dont le lointain lien de parenté avec l'excellent Les guerriers de la nuit de Walter Hill n'est pas dû au hasard) fait d'entrée de jeu l'étalage des conditions financières qui furent les siennes. Ces charmants petits détails qui font toute la différence et sont la promesse d'un moment de détente avoisinant les quatre-vingt dix minutes. Sont-y pas beaux nos représentants de la loi, armés de combinaisons gris métallisé surmontées de casques de moto (!?!) ? L'acteur Mark Gregory (qui contrairement à ce que son nom laisse penser n'est pas d'origine anglo-saxonne mais italienne) est de retour. Toujours affublé de sa longue coiffure ''stallonnienne'' (dans le plus pur style de Rambo) et se faisant une fois de plus appeler Trash, le bonhomme aux muscles (pas tout à fait aussi) saillants (que ceux de Sylvester Stallone ou d'Arnold Schwarzenegger) va devoir combattre un criminel engagé par une multinationale ayant le projet de détruire le quartier du Bronx afin de reconstruire sur ses ruines des logements ultramodernes...


''Vous savez comment on qualifie vos méthodes ? On appelle ça un génocide !''

(Le président Henry Clark)


Un type violent et sans morale qu'interprète l'acteur américain Henri Silva (dans le rôle de Floyd Wrangler). Le Bronx est non seulement le foyer d'honnêtes gens et de squatters, mais également d'un gang local qui, comme l'on s'en doute assez rapidement, ne veut pas dégager les lieux ! Les guerriers du Bronx 2, c'est tout un univers. Des criminels à l'accent portugais, du cuir, des bracelets de force cloutés, des bandeaux autour de la tête mais aussi et surtout, une faune que l'on croirait directement empruntée au célèbre directeur de cabaret français, Michou. Et dont certains représentants n'ont toujours pas compris qu'un fusil s'avère beaucoup plus efficace lorsqu'il est utilisé de manière classique que comme d'une arme contondante ! Apparement doublé par l'acteur français Alain Dorval (celui-là même qui durant des années fut la voix officielle française de Sylvester Stallone), Mark Gregory (de son vrai nom Marco De Gregorio) s'avère d'apparence relativement gaguesque. Un sous-Rambo pas vraiment charismatique que l'on aurait plutôt imaginé comme membre du groupe suédois de métal-FM Europe (The Final Countdawn, ça ne vous dit rien?). Tourné en partie dans certains quartiers de de New York complètement détruis mais également dans les célèbres studios de cinéma Cinecittà situés à Rome, un détail qui ne paraît pas forcément évident à l'image contraria le réalisateur. En effet, entre les deux volets de la franchise, Mark Gregory ayant perdu pas mal de masse musculaire, Enzo G. Castellari lui imposa le port du blouson durant une très grande partie du long-métrage...


Pour le cinéphile et exclusivement pour celui-ci, Les guerriers du Bronx 2 apparaîtra souvent logiquement comme une belle petite merde. Mais pour l'amateur de nanars ou le cinéphage totalement décomplexé, il s'agira plutôt d'une sympathique perle du genre à avoir absolument dans sa vidéothèque (le top du top n'étant pas d'acquérir le film en DVD ou Blu-Ray mais plutôt au format d'une bonne vieille VHS). La bande musicale de Francesco De Masi (en lieu et place de celle de Walter Rizzati dans le premier volet) et le son de saxophone qui l'accompagne fait parfois ressembler l'ambiance sonore à celle d'un porno des années soixante-dix. Outre la présence à l'image de Mark Gregory, Les guerriers du Bronx 2 est aussi l'occasion de retrouver quelques trognes du cinéma bis italien parmi lesquelles les amateurs de fantastique et d'horreur reconnaîtront celle de l'acteur Paolo Malco vu les années précédentes dans deux classiques du gore réalisés par Lucio Fulci, La maison près du cimetière en 1981 ainsi que L'éventreur de New York l'année suivante. Ennio Girolami réapparaîtra deux ans plus tard dans le toujours aussi nanardesque Light Blast de Enzo G. Castellari aux côtés de l'acteur américain Erik Estrada. Apparaissent également à l'écran Giancarlo Prete ou le souvent ''très très méchant'' Henry Silva (mais ça, vous le savez déjà) ! Si le budget des guerriers du Bronx premier du nom était à hauteur de cinq-cent mille dollars, on peut supposer que pour cette suite le réalisateur n'a pas bénéficié de beaucoup plus de billets verts. On comprends qu'Enzo G. Castellari ait recruté son interprète principal vu la caractérisation généralement plate de Mark Gregory. Ses mimiques de souffrances sont aussi convaincantes qu'imaginer Sim dans le rôle Leatherface et Annie Cordy dans celui de sa victime Sally Hardesty !!! Bref, si même Les guerriers du Bronx 2 est souvent à pisser de rire, écrit par un scénariste amputé des deux mains, interprété avec le talent de bouchers/charcutiers se lançant dans la pâtisserie, dialogué par des bikers (ou des chauffeurs poids-lourds, c'est selon) le film n'en est pas moins généreux en terme d'action. Des gunfights filmés au ralenti, des corps qui s'embrasent sous l'action des lances-flammes, d'autres qui explosent, et des victimes sans distinction d'âge ou de profession, dans des décombres néo-gothiques. Le réalisateur a l'honnêteté de ne pas faire de différence entre photographes, journalistes, criminels, marginaux et pauvres erres... Culte !

 

samedi 22 septembre 2018

Ghost Dog: The Way of the Samurai de Jim Jarmusch (1999)



Pour son septième long-métrage Ghost Dog: The Way of the Samurai, le cinéaste américain Jim Jarmusch choisissait une voie très particulière en mêlant culture japonaise, hip-hop, et gangstérisme. Incarné par l'emblématique acteur Forest Withaker, Ghost Dog se pose en apôtre de la 'Zen Attitude', celle de son personnage principal, alors qu'il est lui-même confronté à un monde fait de violence. Le 'Ghost Dog', c'est ce tueur à gages invisible dont seul son 'Maître' connaît le visage. Rescapé d'une mort certaine huit ans auparavant, il voue pour celui qui l'a sauvé, un respect sans limites. Le 'Ghost Dog' est un samouraï des temps modernes qui ne vit non pas au temps du Japon Féodal dans le pays d'origine de cette classe guerrière qui le dirigea entre le douzième et le dix-septième siècle, mais à la toute fin des années quatre-vingt dix, époque où Jim Jarmusch tourna son film. Capable de tendresse envers ses dizaines de pigeons voyageurs (le personnage incarné par Forest Withaker préfère en effet utiliser un mode de transmission de messages remontant à l'antiquité) tout comme de commettre des assassinats sur contrats avec un naturel déconcertant, le 'Ghost Dog' étudie depuis le sauvetage dont il a bénéficié de la part de Louie, un membre de la Mafia italienne, l'Hagakure, qui est un ouvrage spirituel à l'attention du guerrier tel qu'il se définie lui-même.

A contrario, le 'Ghost Dog' est capable de faire des concessions au monde moderne. Car si ce marginal qui ne vit non pas dans la rue mais sur le toit d'un immeuble sur lequel il a installé son propre pigeonnier s'entraîne au sabre, c'est armé d'un flingue et d'un silencieux qu'il élimine ceux que son maître lui demande d'assassiner. Autre concession faite au monde moderne : l'utilisation d'un gadget électronique lui permettant d'ouvrir des serrures (portails, voitures...). Mais à part ces quelques incartades, le 'Ghost Dog' vit tel un ascète, n'exécutant que les tâches qui lui incombent pour survivre puisqu'il faut bien se nourrir. L'histoire de Ghost Dog: The Way of the Samurai aurait tout aussi bien pu s'arrêter à ces quelques considérations existentielles mais le cinéaste en décide autrement.

Car faut-il le rappeler, l’œuvre de Jim Jarmusch s'inscrit également dans le contexte du polar noir. Et même si l'humour y est étonnamment présent, l'affaire qui intéresse ici les protagonistes se révèle particulièrement sombre. En effet, après avoir honoré son dernier contrat, le 'Ghost Dog' est désormais traqué par ceux-là même qui l'on employé. Payé pour tuer un ancien collaborateur de Ray Vargo, l'un des grands pontes de la Mafia italienne, il a laissé derrière lui un témoin. Et ce témoins n'est autre que la fille de Vargo, Louise. Une faute grave qui ne servira en réalité que de prétexte aux membres de la Mafia pour faire éliminer le témoin gênant qu'est devenu le 'Ghost Dog'.

Le casting accompagnant Forest Withaker est on ne peut plus hétéroclite puisque à ses côtés, nous découvrons notamment la présence de l'acteur Henry Silva, habitué à des rôles de bandits, ainsi que l'acteur ivoirien Isaac de Bankolé, désormais basé à New York, mais que le public français découvrit dans un certain nombre de longs-métrages tournés dans l'hexagone dans les années quatre-vingt: L'Addition de Denis Amar en 1984, Les Keufs de Josiane Balasko en 1987, ou encore Vanille Fraise de Gérard Oury en 1989. Ghost Dog: The Way of the Samurai est une excellente surprise. Entre certains de ses aspects plutôt contemplatifs et l'intrigue tournant autour de la Mafia italienne, Jim Jarmusch compose une œuvre profondément touchante, incarnée par un Forest Whitaker lumineux. Un bijou...

samedi 15 juillet 2017

Chained Heat de Paul Nicholas (1983) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆


Linda Blair dans un WIP (Women in Prison). Ouais, pourquoi pas. Dix ans tout rond après avoir joué la gamine possédée de L'Exorciste de William Friedkin, l'actrice a un peu vieilli. La voici désormais adulte, et même si forcément ses traits se sont légèrement durcis, on reconnaît aisément celle qui traumatisa des millions de spectateurs en 1973. Pour ceux qui voudraient qu'on les ménage après l'expérience éprouvante que fut ce monument du cinéma d'épouvante, je ne vous conseillerai guère ce Chained Heat signé et co-écrit par Paul Nicholas. Non pas que le film atteigne un degré d'horreur aussi important que celui de L'Exorciste, mais il demeure parmi les films les plus mauvais qu'il m'ait été donné de voir récemment. Et pourtant, des kilomètres de pellicules, j'en bouffe chaque semaine, chaque mois, et à longueur d'années. Aux États-Unis, lors de son premier week-end en salle, le film rapporte plus de deux millions deux-cent cinquante mille dollars à ses investisseurs. De quoi éprouver des difficultés quant à savoir les raisons qui ont poussé les gens à perdre plus d'une heure trente en salle pour aller voir ce mauvais WIP (quel euphémisme!).

Sans doute la notoriété de Linda Blair n'a-t-elle pas été étrangère à tout ceci. Ou bien la présence de Sybil Danning, de John Vernon, ou bien encore de Henry Silva ont-il contribué à l'aura d'une œuvre en tout point ratée. En effet, Chained Heat accumule les tares. Déjà, le sujet ô combien rabattu de l'innocent que l'on enferme en prison par erreur (ou de manière abusive comme cela est le cas ici) est traité de manière simpliste. Le récit s'articule autour de Carol Henderson (Linda Blair) qui parce qu'elle a tué un homme accidentellement alors qu'elle était au volant de sa voiture se retrouve en prison. Mais pas n'importe laquelle des géôles puisque celle-ci renferme une autorité au moins aussi dangereuse et pervertie que les prisonnières elles-mêmes.
Le danger étant partout, la pauvre Carole ne peut se fier qu'à elle-même. Ou presque puisqu'elle pourra compter sur le soutient de Val (l'actrice Sharon Hugues), sa seule amie en prison. A part cette dernière, Chained Heat dresse le portrait peu reluisant d'un établissement carcéral où se déroulent de bien étonnantes pratiques. Les prisonnières, lorsqu'elles ne sont pas les victimes d'abus sexuels de la part de leurs co-détenues servent de viande fraîche à de vieux messieurs qui n'hésitent pas un seul instant à abuser d'elles. Il est également question de drogue, et de conflits raciaux entre blancs et noirs, les deux chefs rivales étant quant à elles interprétées par Sybil Danning et Tamara Dobson.

Pour couronner le tout, même les gardiens participent aux ébats. Les détenues n'hésitent pas à se dévêtir devant l'objectif de la caméra. Linda Blair elle-même en fait les frais. Le directeur de la taule est aussi dingue et pervers que les autres et rien n'y personne ne semble tourner rond. Malgré toutes ces appétissantes friandises, Chained Heat est d'un ennui abyssal. Je ne vous parle même pas de la version française doublée à la truelle. On sent bien qu'aucun des interprètes ne se sent investit par le rôle qui lui a été confié. L'interprétation est si mauvaise, qu'à aucun moment on a envie d'arracher ces pauvres femmes aux conditions infamantes qui leurs sont imposées. Une série B à éviter...

mercredi 10 mai 2017

L'uomo della Strada fa Giustizia de Umberto Lenzi (1975) - ★★★★★★★☆☆☆



Entre 1972 et le début des années quatre-vingt, le cinéaste italien Umberto Lenzi s'est fait connaître chez nous grâce à quelques pépites Z dont deux ou trois longs-métrages consacrés au mythe du cannibale. Si Au pays de l'exorcisme, La Secte des cannibales, Cannibal Ferox et surtout le cultissime nanar L'Avion de l'apocalypse sont tous de lui, Umberto Lenzi a d'abord surfé sur le succès des gialli du cinéaste Dario Argento dont on ne compte plus les grandes œuvres. Lenzi apporte sa pierre à l'édifice avec quelques perles dont le mythique Spasmo en 1974. il créera même un sous-genre érotique en réalisant trois gialli teintés d'érotisme (et que j'espère avoir le temps de traiter prochainement sur Cinémart) : Orgasmo, Così Dolce... Così Perversa et Paranoïa. Mpais c'est dans le poliziottesco (néo-policier) que l'italien trouvera son rythme de croisière en signant un certain nombre de films du genre dont ce L'uomo della strada fa giustizia principalement interprété par l'acteur new-yorkais Henry Silva qui débuta sa carrière majoritairement dans des rôles de méchants avant de la poursuivre en Europe jusque dans les années quatre-vingt.
Ici, il est question de vengeance, d'auto-défense et d'autorité inefficace face à la violence qui gangrène le pays. Henry Silva n'est pas le seul interprète qui ne soit pas d'origine italienne puisqu'à plusieurs reprises il est confronté au commissaire Bertone, celui-là même qui est chargé de l'affaire qui touche ce père de famille dont la petite fille est morte assassinée lors d'un braquage de banque. Bertone, c'est l'acteur français Raymond Pellegrin que l'on a pu voir dans plus de cent-vingt films et qui tourna aussi bien en France qu'aux États-Unis et donc, ici, en Italie.

Polar assez nerveux, L'uomo della strada fa giustizia concentre une bonne partie de son attention sur la violence qui prend ici des formes diverses allant du simple vol de sac à main jusqu'au grand banditisme, en passant par les braquages de banque. Face à elle, un commissariat surchargé en besogne qui sous le poids des affaires doit faire des choix et en privilégier certaines au grand dam de Davide Vannucchi, le père de la gamine, qui alors ne peut que se résoudre à se faire vengeance lui-même. D'autant plus qu'il est tenté par un groupe qui, si dans le fond peut se comprendre et dans la forme se révéler douteux, lui propose de l'intégrer afin de l'aider à mettre la main sur les quatre voyous qui ont tué sa fille.
Umberto Lenzi ouvre les hostilités de manière fort brutale avec cet homicide totalement gratuit et poursuit ses investigations dans le monde de la presse, de groupuscules spécialisés dans l'auto-défense, se fait l'écho d'une police qui traîne des pieds et place en héros un père au cœur qui saigne mais à la volonté farouche et prêt à prendre les armes pour éliminer la lie de la cité. Au point de se transformer parfois en une sorte d'Inspecteur Harry des ménagères (voir sa tentative désespérée pour arrêter les voyous qui s'en prennent à sa voiture vers le début du film). L'uomo della strada fa giustizia est dans le genre poliziottesco une assez belle réussite, avec un Henry Silva à contre-emploi, au charme suranné, et à la violence parfois exacerbée. On aurait peut-être préféré davantage de scènes d'action et un peu moins de bavardage mais ne boudons pas notre plaisir puisque c'est avec ce L'uomo della strada fa giustizia que Cinémart ouvre les hostilités en proposant ce premier article consacré au genre poliziottesco...

samedi 30 mai 2015

L'incroyable Alligator de Lewis Teague (1980)


A Chicago, un laboratoire pratique dans le plus grand secret, des expériences sur les hormones de croissances. Afin de mener à bien ces recherches, les scientifiques font appel à Luke Gutchel, un vendeur d'animaux qui n'hésite pas à les approvisionner en chiots lors de ses pérégrinations à la fourrière.
Lorsque le cadavre démembré d'un homme est retrouvé dans une station d'épuration des eaux, l'inspecteur David Madison est en charge d'enquêter sur sa mort. Il découvre l'existence du laboratoire où sont sacrifiés des animaux au nom de la science et avec l'aide inespérée de la jeune herpétologiste Marisa Kendall, Madison commence à comprendre que l'homme a peut-être été tué par un immense alligator dont la taille dépasse de loin celle des spécimens les plus grands découverts jusqu'ici.

La police et l'armée finissent par intervenir ensemble afin de mettre la main sur la mystérieuse bête enfouie sous les égouts et qui multiplie les victimes humaines. Malgré tous leurs efforts, les autorités décident de faire appelle à Brock, célèbre chasseur et peut-être unique espoir pour la ville de Chicago de mettre un terme au massacre.

Mais les conseils avisés de Madison et Marisa laissent Borck indifférent. L'homme se met tout de suite en chasse, aidé de trois jeunes hommes noirs. Malgré son expérience de chasseur, il termine entre les immenses mâchoires de l'alligator.

La bête, désormais furieuse, hante les ruelles de la ville en quête de victime et de sources d'eau...


Réalisé en 1980 par Lewis Teague, L'Incroyable Alligator est typique de ces films d'horreur qui pullulaient déjà au cinéma à l'époque. Particulièrement efficace, l’œuvre est interprétée par d'honnêtes acteurs dont Robert Forster (Vigilante, Magnum), Robin Riker, Sydney Lassick (Vol Au Dessus D'Un Nid De Coucou) et Henry Silva, habitué des rôles de méchants (Le Marginal, Nico). Lorgnant du côté des Dents De La Mer (dont il reprend vaguement le thème musical), L'Incroyable Alligator offre d'assez agréables effets-spéciaux gores et une ambiance quelque peu crapoteuse que l'environnement cradingue des égouts de la ville facilite beaucoup. On quitte les plages familiales pour un univers beaucoup plus sombre. Celui des trottoirs d'une ville gangrenée.

On se passionne pour cette enquête qui mène un flic au passé professionnel difficile et une jeune et très jolie jeune herpétologiste dans le monde de la corruption. Une décadence qui sera finalement punie par le résultat lui-même de recherches scientifiques particulièrement subversives. Et même si certaines situations apparaissent quelque peu exagérées (le maire de la ville et le boss du laboratoire se faisant dévorer par la bête aussi facilement que si elle les avait surpris en plein sommeil), on s'en fichent puisque l'essentiel est là. Un spectacle sanguinolent efficace. Une interprétation tangible, un rythme qui ne souffre pratiquement pas de temps morts, et des effets-spéciaux qui après plus de trente ans n'ont pas à rougir face à ceux d'aujourd'hui.
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