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mercredi 5 mars 2025

Hammer d'Enzo G. Castellari (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Avant d'aborder Hammer du réalisateur italien Enzo G. Castellari, une petite mise au point. Après avoir tout récemment découvert le dernier spectacle de l'humoriste français Gérémie Crédeville, je sais maintenant que notre cerveau est régit par deux entités. Nous avons donc tous un Rémi et un Gérard. Et si le premier pense avec sa tête, le second, lui, le fait avec sa queue. Pour compléter l'hypothèse de Crédeville, j'irais même jusqu'à dire que certains ont sans doute un Raoul qui de son côté pense avec ses muscles. Alors, très chers amis, ne m'en veuillez surtout pas si jamais l'article qui suit dérape quelque peu. Cela ne sera pas de ma faute mais plus sûrement celle de Gérard............... Tiger, Shark et maintenant Hammer. Dans la série des prénoms qui déchirent tout sur leur chemin, on tient sans doute l'un des plus explicites. Marteau, donc, arrive à la Jamaïque après que son meilleur ami ait été écrasé sous un container après lui avoir avoué qu'il y avait rencontré des soucis. Enfin, plutôt après qu'il ait été convié par son boss à prendre quinze jours de vacances. Concernant cette dernière affirmation, le spectateur l'apprendra autrement que lors d'une séquence entre notre héros et son employeur. En effet, après que Hammer ait poursuivi l'assassin de son ami dans un aéroport, et surtout après que l'homme en question ait fait des victimes parmi les voyageurs tandis que notre sympathique flic semblait essayer par tous les moyens d'assassiner un pilier en béton (incapable de viser juste, le Hammer!), voici le protagoniste principal projeté dans un aéroport jamaïcain. Grâce à une ellipse de la mort intersidérale du futur antérieur de l'infini, Enzo G. Castellari économise de la thune sur le rôle du boss en question et donc sur son potentiel interprète. Car à moins que la version qui fut entre mes mains n'ait été purgée de quelques séquences jugées inutiles, le transfert de notre héros des États-Unis vers cette île supposément paradisiaque s'effectue avec cette même finesse qui caractérise ici certains dialogues se terminant à base de ''Fils de pute'' ! En mode ''Gérard'' (le G de Enzo G. Castellari, peut-être ?), le réalisateur italien inclus quelques jolies interprètes féminines que notre sympathique Gégé jugerait sans doute de band#@tes si seulement votre serviteur ne lui avais pas ici imposé de filtre mais dont on ne pourra s'empêcher de remarquer les silhouettes particulièrement... alléchantes !


Entre courses-poursuites à pieds, en voiture, à moto ou sur les mers et bagarres entre bodybuildeurs au timbre de voix témoignant d'une surconsommation de testostérones, Hammer est un film d'action qui tourne comme souvent autour d'une question d'argent. Le long-métrage est donc principalement interprété par Daniel Greene dont l'un des plus fameux faits d'armes aura été de faire partie du casting d'Atomic Cyborg de Sergio Martino un an auparavant. Un cinéaste avec lequel il aura d'ailleurs l'occasion de tourner à plusieurs reprises. Mais en attendant, le voici armé d'un courage hors pair mais aussi et surtout d'une voix rauque qui très certainement lui sert à impressionner ses ennemis. Le mec me rappelle d'ailleurs un fameux jour de juillet, il y a fort longtemps. Alors que mes parents, ma sœur et moi nous promenions dans les allées d'une église de je ne sais plus quelle ville française, le curé se mit à nous hurler dessus, indiquant que l'accès à l'église était interdit... avant que l'une de ses paroissiennes ne nous rassure en précisant que s'il gueulait, c'était parce qu'il était sourd. Et bien, Daniel Greene, ou du moins celui qui le double, devrait penser à aller consulter un oto-rhyno-laryngologiste. Parce que le bonhomme passe son temps à hurler d'une voix de demeuré en intercalant chacune de ses interventions avec une injure ou une onomatopée. Avec Hammer, Enzo G. Castellari repousse tellement loin les limites de la caricature qu'il semble se moquer du style qui caractérise justement sa propre approche du cinéma ! D'un autre côté, que pouvions-nous attendre de plus de la part d'un interprète au charisme de tailleur de pierre décérébré ? Son regard bleu azur suffira-t-il à faire accepter ce rôle de gros bras qui fonce dans le tas à la manière de Bud Spencer et Terrence Hill mais sans l'humour du célèbre duo ? Si Hammer semble être l'une des œuvres parmi les plus ''propres'' d'Enzo G. Castellari, on prend malgré tout moins de plaisir devant les péripéties du héros que devant celles des protagonistes des Guerriers du Bronx ou de Striker. De l'action pure et dure, des personnages on ne peut plus bourrins et vulgaires. Bref, le genre de long-métrage qui mérite largement le tampon ''Nanar'' ! De nos jours, à part fouiller sur le net pour l'y trouver, la seule façon de découvrir Hammer reste semble-t-il de dénicher un exemplaire de l'édition René Château sortie il y a de nombreuses années sur support VHS...

 

samedi 8 février 2025

Colpi di Luce/Light Blast de Enzo G. Castellari (1985) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 

 


Alors là, avec Colpi di Luce du réalisateur italien Enzo G. Castellari, on tient du lourd. Du très, très, très lourd que les amateurs de nanars vont aimer, adorer, aduler au point d'en faire, peut-être durant un temps, leur messe du vendredi soir après une semaine de travail éreintante. Le genre de réjouissance à mater entre potes sur un vieux poste de télévision à tube cathodique et sur support magnétique. Enzo G. Castellari, lequel a tâté du western (Tuez-les tous... et revenez seul! En 1968), du film de guerre (Sur ordres du Führer en 1969), de la comédie (La grande débandade en 1972), du film d'aventures fantastiques (Sinbad of the Seven Seas en 1989) mais aussi et surtout, de la science-fiction post-apocalyptique avec les deux volets de la franchise Les guerriers du Bronx en 1982 et en 1983 ou le film d'horreur avec le sous-Jaws, La mort au large. Renommé à l'internationale sous le titre Light Blast (que l'on traduira chez nous par Explosion lumineuse), Colpi di Luce met en scène l'acteur américain Erik Estrada. Et si ce nom ne parlera pas forcément à tout le monde, les plus anciens reconnaîtront sans mal celui qui interpréta le rôle de Francis ''Ponch'' Poncherello dans la série policière américaine CHIPs ! Désormais orphelin de son compagnon Jonathan ''Jon'' Baker (l'acteur Larry Wilcox) et abandonnant sa célèbre moto, c'est sous le nom de l'Inspecteur Ronn Warren qu'il enfourchera désormais des voitures de tous types lors de courses-poursuite aussi peu effrénées qu'interminables. Cela semble d'ailleurs ici l'un des principaux fonds de commerce du réalisateur italien, lequel consacre au moins la moitié de son long-métrage à faire traverser à son héros les rues de San Francisco...


On ne sait pas pas si Enzo G. Castellari a voulu faire son ''Henri Verneuil'' qui en 1971 avait semble-t-il établi un record de durée avec sa course-poursuite en voiture dans les rues d'Athènes d'une dizaine de minutes entre Jean-Paul Belmondo et Omar Sharif dans Le casse, mais à côté de cette mythique séquence, celles qu'accumule Colpi di Luce font vraiment peine à voir. La plus notable demeurant également la plus ennuyeuse d'entre toutes puisqu'elle clôt quasiment l'intrigue en s'étalant sur huit longues et très pénibles minutes. Le récit s'articule autour de l'ancien professeur de l'Université de San Francisco Yuri Svoboda qui depuis est devenu quelque peu ''zinzin'' et a conçu une sorte de canon laser capable de faire fondre tout type de matériaux ainsi que n'importe quel organisme vivant. Menaçant de détruire la ville si les autorités ne lui remettent pas rapidement une très grand somme d'argent, l'inspecteur Ronn Warren va donc se lancer à sa poursuite. Un canon à l'efficacité plus que redoutable. D'où quelques séquences gore (oui, oui) qui ne dégoûteront pas grand monde mais qui par contre risqueront d'en faire rire beaucoup d'autres. Les effets-spéciaux sentent le film fauché à plein nez. À dire vrai, des mannequins d'exposition auxquels ont été ajoutés diverses prothèses (sans doutes conçues à l'aide de cire) et qui une fois exposés à la chaleur font leur petit effet. Bien entendu, le résultat est comme le reste de l'intrigue : parfaitement raté. Daté, nanti d'une bande musicale ultra répétitive signée de Guido De Angelis et de Maurizio De Angelis typique des années quatre-vingt, la présence d'Erik Estrada n'offre absolument pas à Colpi di Luce un quelconque avantage par rapport à la concurrence. Son interprétation est plate, sans émotion (la mort de son épouse).


Mais bon, faut quand même avouer que l'on se marre (involontairement) beaucoup devant cette bobine qui a bien mal vieilli. Du bon gros Z italien comme on les bichonne. Des gunfights en veux-tu, en voilà avec à la clé, des victimes sans distinction de sexe et une explosion de tête originale lors d'un braquage de banque réalisé en ouverture de programme. Face à Erik Estrada, le grand méchant du film se nomme donc Yuri Soboda. C'est l'acteur italien Ennio Girolami qui l'interprète et malheureusement, le pauvre, l'antagoniste du récit manque franchement de charisme. Tout comme d'ailleurs Michael Pritchard qui incarne quant à lui le collègue de Ronn Warren, Swann. Et puis, quitte à évoquer des personnages dont le charme ne saute pas directement aux yeux, évoquons une fois de plus ce hold-up en ouverture de film et son braqueur carrément inapproprié. La promesse immédiate d'un long-métrage totalement nanardesque. Ce que viendra de surcroît confirmer le ''sublime'' doublage en français. Un modèle du genre pour tout amateur de séries Z et de nanars en puissance. Dans le genre, Colpi di Luce/ Light Blast ne fait peut-être pas partie des plus connus mais il demeure un essentiel que tout amateur se doit d'avoir découvert au moins une fois dans son existence. Vous êtes maintenant prévenus et n'avez donc plus aucune excuse...

 

dimanche 15 mai 2022

Les guerriers du Bronx 2 (Fuga dal Bronx) d'Enzo G. Castellari (1983) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

''Veuillez quitter le Bronx. Je répète, veuillez quitter le Bronx. Le secteur a été déclaré zone insalubre. Le quartier est promis à la démolition. Évacuez immédiatement. Évacuez les lieux. Il ne vous sera fait aucun mal. Le Gouvernement s'engage à vous reloger. Dans des conditions d'habitat et de salubrité décents. Veuillez quitter le Bronx...''

 

Il valait mieux ne pas avoir pris des somnifères et être en pleine forme lorsqu'au petit matin, des hommes en combinaison grises armés de lances-flammes s'apprêtèrent à éliminer les réfractaires qui refuseraient de quitter les lieux. AU LANCE-FLAMMES !!! Ouais, vous ne rêvez pas. D'emblée, le réalisateur italien Enzo G. Castellari fait la preuve que Les guerriers du Bronx 2 (Fuga dal Bronx) n'est pas là pour faire dans la dentelle. Ce qui en soit n'est pas, mais alors pas du tout, un problème. Bien au contraire. Comme dans tout bon nanar italien souvent inspiré de certains classiques de l'anticipation américaine (Mad Max de George Miller, New York 1997 de John Carpenter, Soleil vert de Richard Fleischer), la suite du cultissime Les guerriers du Bronx (dont le lointain lien de parenté avec l'excellent Les guerriers de la nuit de Walter Hill n'est pas dû au hasard) fait d'entrée de jeu l'étalage des conditions financières qui furent les siennes. Ces charmants petits détails qui font toute la différence et sont la promesse d'un moment de détente avoisinant les quatre-vingt dix minutes. Sont-y pas beaux nos représentants de la loi, armés de combinaisons gris métallisé surmontées de casques de moto (!?!) ? L'acteur Mark Gregory (qui contrairement à ce que son nom laisse penser n'est pas d'origine anglo-saxonne mais italienne) est de retour. Toujours affublé de sa longue coiffure ''stallonnienne'' (dans le plus pur style de Rambo) et se faisant une fois de plus appeler Trash, le bonhomme aux muscles (pas tout à fait aussi) saillants (que ceux de Sylvester Stallone ou d'Arnold Schwarzenegger) va devoir combattre un criminel engagé par une multinationale ayant le projet de détruire le quartier du Bronx afin de reconstruire sur ses ruines des logements ultramodernes...


''Vous savez comment on qualifie vos méthodes ? On appelle ça un génocide !''

(Le président Henry Clark)


Un type violent et sans morale qu'interprète l'acteur américain Henri Silva (dans le rôle de Floyd Wrangler). Le Bronx est non seulement le foyer d'honnêtes gens et de squatters, mais également d'un gang local qui, comme l'on s'en doute assez rapidement, ne veut pas dégager les lieux ! Les guerriers du Bronx 2, c'est tout un univers. Des criminels à l'accent portugais, du cuir, des bracelets de force cloutés, des bandeaux autour de la tête mais aussi et surtout, une faune que l'on croirait directement empruntée au célèbre directeur de cabaret français, Michou. Et dont certains représentants n'ont toujours pas compris qu'un fusil s'avère beaucoup plus efficace lorsqu'il est utilisé de manière classique que comme d'une arme contondante ! Apparement doublé par l'acteur français Alain Dorval (celui-là même qui durant des années fut la voix officielle française de Sylvester Stallone), Mark Gregory (de son vrai nom Marco De Gregorio) s'avère d'apparence relativement gaguesque. Un sous-Rambo pas vraiment charismatique que l'on aurait plutôt imaginé comme membre du groupe suédois de métal-FM Europe (The Final Countdawn, ça ne vous dit rien?). Tourné en partie dans certains quartiers de de New York complètement détruis mais également dans les célèbres studios de cinéma Cinecittà situés à Rome, un détail qui ne paraît pas forcément évident à l'image contraria le réalisateur. En effet, entre les deux volets de la franchise, Mark Gregory ayant perdu pas mal de masse musculaire, Enzo G. Castellari lui imposa le port du blouson durant une très grande partie du long-métrage...


Pour le cinéphile et exclusivement pour celui-ci, Les guerriers du Bronx 2 apparaîtra souvent logiquement comme une belle petite merde. Mais pour l'amateur de nanars ou le cinéphage totalement décomplexé, il s'agira plutôt d'une sympathique perle du genre à avoir absolument dans sa vidéothèque (le top du top n'étant pas d'acquérir le film en DVD ou Blu-Ray mais plutôt au format d'une bonne vieille VHS). La bande musicale de Francesco De Masi (en lieu et place de celle de Walter Rizzati dans le premier volet) et le son de saxophone qui l'accompagne fait parfois ressembler l'ambiance sonore à celle d'un porno des années soixante-dix. Outre la présence à l'image de Mark Gregory, Les guerriers du Bronx 2 est aussi l'occasion de retrouver quelques trognes du cinéma bis italien parmi lesquelles les amateurs de fantastique et d'horreur reconnaîtront celle de l'acteur Paolo Malco vu les années précédentes dans deux classiques du gore réalisés par Lucio Fulci, La maison près du cimetière en 1981 ainsi que L'éventreur de New York l'année suivante. Ennio Girolami réapparaîtra deux ans plus tard dans le toujours aussi nanardesque Light Blast de Enzo G. Castellari aux côtés de l'acteur américain Erik Estrada. Apparaissent également à l'écran Giancarlo Prete ou le souvent ''très très méchant'' Henry Silva (mais ça, vous le savez déjà) ! Si le budget des guerriers du Bronx premier du nom était à hauteur de cinq-cent mille dollars, on peut supposer que pour cette suite le réalisateur n'a pas bénéficié de beaucoup plus de billets verts. On comprends qu'Enzo G. Castellari ait recruté son interprète principal vu la caractérisation généralement plate de Mark Gregory. Ses mimiques de souffrances sont aussi convaincantes qu'imaginer Sim dans le rôle Leatherface et Annie Cordy dans celui de sa victime Sally Hardesty !!! Bref, si même Les guerriers du Bronx 2 est souvent à pisser de rire, écrit par un scénariste amputé des deux mains, interprété avec le talent de bouchers/charcutiers se lançant dans la pâtisserie, dialogué par des bikers (ou des chauffeurs poids-lourds, c'est selon) le film n'en est pas moins généreux en terme d'action. Des gunfights filmés au ralenti, des corps qui s'embrasent sous l'action des lances-flammes, d'autres qui explosent, et des victimes sans distinction d'âge ou de profession, dans des décombres néo-gothiques. Le réalisateur a l'honnêteté de ne pas faire de différence entre photographes, journalistes, criminels, marginaux et pauvres erres... Culte !

 

jeudi 18 novembre 2021

Gli Occhi Freddi della Paura (Les yeux froids de la mort) d'Enzo G. Castellari (1971) - ★★★★★☆☆☆☆☆


Gli Occhi Freddi della Paura... Voilà un titre qui fleure bon le giallo. Et pourtant, rien à voir avec ce genre florissant sur le territoire de la botte dans les années soixante-dix. Respectueusement traduit chez nous sous le titre Les yeux froids de la mort et à l'internationale sous celui de Cold Eyes of Fear, le huitième long-métrage du réalisateur italien Enzo G. Castellari (auteur de plusieurs westerns ainsi que de thrillers, de comédies, de films d'aventure mais également du cultissime nanar 1990: I guerrieri del Bronx (Les guerriers du Bronx) est en fait plus proche du Home Invasion. Tout débute dans un bar d'où prend la fuite l'avocat Peter Flower (l'italien Gianni Garko) au bras duquel se tient la belle Anna (l'actrice italienne Giovanna Ralli), échappant ainsi au vieil homme qui la courtisait il y a un instant seulement. Tous les deux partent se réfugier dans la demeure que le jeune homme partage avec son père Juez (l'acteur espagnol Fernando Rey), Anna et Peter tombent alors sur le cadavre du majordome Hawkins (l'italien Leonardo Scavino) que les Flower employaient jusqu'ici puis sur Quill (l'espagnol Julián Mateos), l'homme qui vient de l'abattre. Armé d'un pistolet, il les menace s'ils tentent quoi que ce soit et les retient prisonniers. Tout ce petit monde est bientôt rejoint par un certain Arthur Welt (l'acteur américain Frank Wolff) qui sous son uniforme de policier se cache en réalité un criminel, complice de Quill, et avec lequel ils ont décidé de faire la peau à Juez, le juge qui les a lui-même envoyé en prison. Anna et Peter s'apprêtent à passer une longue nuit auprès de leurs ravisseurs...


Gli Occhi Freddi della Paura n'est donc pas un giallo (même si l'astucieuse ouverture du film laisse en premier lieu envisager la chose), se rapproche du Home Invasion et rappelle de très près certaines séries télévisées britanniques parmi lesquelles l'excellente série d'anthologie à suspens Thriller créée par Brian Clemens et d'abord diffusée en Grande-Bretagne à partir de 1973 et jusqu'en 1976. L’œuvre de Enzo G. Castellari tente de maintenir une certaine tension durant un peu moins d'une heure et trente minutes mais très rapidement, le film montre ses limites. Mise en scène plate. Jeu des acteurs moribond. Il n'y a guère que la musique stridente signée du compositeur italien Ennio Morricone pour parvenir à nous maintenir en éveil. Dans le genre, on a vu beaucoup plus cru et violent. La même année verra la venue sur les écrans du Straw Dogs (Les chiens de paille) de Sam Peckinpah, Ruggero Deodato signera au tout début de l'année suivante le similaire La Casa sperduta nel Parco (La Maison au fond du parc) et quant au réalisateur autrichien Michael Haneke, il battra à plate couture toute la concurrence en 1997 avec son glaçant Funny Games ! À dire vrai, les Home Invasion se comptant par paniers de dix, il est facile de tomber sur plus avantageux que cet Gli Occhi Freddi della Paura relativement insignifiant, et ce, rien qu'en piochant dans le tas les yeux fermés. Restent les beaux yeux de Giovanna Ralli qui pour notre plus grand plaisir ira même jusqu'à se dévêtir devant la caméra.


On l'aura compris, Gli Occhi Freddi della Paura est une collaboration internationale entre l'Italie, l'Espagne,et même l'Angleterre pour la participation de l'acteur Frank Wolff même si le film n'a été financé que par les deux premiers. À noter que si le film fut officiellement tourné dans ses deux principales langues que sont l'italien et l'espagnol, il semblerait que les interprètes s'expriment pourtant bien en anglais comme le soulignent les mouvements de lèvres. Film brutal sans être choquant, parfois psychédélique ou ''cauchemardesque'', le scénario de Gli Occhi Freddi della Paura écrit à six mains par le réalisateur lui-même ainsi que par Tito Carpi et Leo Anchóriz ne nous garantit malheureusement aucun sentiment d'angoisse ou de peur. Une curiosité, rare, sans être indispensable...

 

lundi 4 décembre 2017

La Mort au Large de Enzo G. Castellari (1981)



Depuis la sortie (et le succès) des Dents de la Mer de Steven Spielberg en 1975 (et 1976 en France), nombreux sont ceux qui ont profité de l'engouement du public pour ce genre de films pour réaliser eux-mêmes leur version du mythe avec, pourquoi pas, une consécration à la clé. Des dizaines de longs-métrages, forcément, à chaque fois, comparés aux Dents de la Mer. Comme s'il fallait absolument juger de ces œuvres en les mettant côté à côte, comme les suspects dans une affaire de meurtre, le dos collé au mur d'un commissariat lors d'une identification. Outre les suites officielles, une pléthore de longs-métrages ont vu le jour. Beaucoup de nanars, assumant plus ou moins leur paternité (l'une des perles en la matière demeurant le Cruel Jaws que Bruno Matteï titra tout d'abord Jaws 5 en référence au titre original du film de Spielberg, Jaws, avant de se prendre les foudres des propriétaires de la licence en pleine gueule ayant porté plainte pour usurpation d'identité), des suites donc, une, deux, puis trois. Et surtout, un grand nombre de longs-métrages allant piocher dans le bestiaire marin pour y prélever des créatures autres que le grand requin blanc et ainsi arguer de produire des œuvres autonomes, originales, du moins sans commun rapport avec Les Dents de la Mer premier du nom. Et pas que des petits cinéastes sans envergures connus que des seuls amateurs de séries Z.

Enzo G. Castellari est un scénariste, acteur, réalisateur et producteur forcément bien connu des amateurs de nanars puisqu'après avoir tourné bon nombre de westerns spaghettis, cet italien originaire de Rome se lança dans l'aventure du plagiat à travers quelques films considérés comme des classiques du genre. Au programme, Les Nouveaux Barbares et les deux volets des Guerriers du Bronx. Trois longs-métrages à l'attention des amateurs d’œuvres post-apocalyptiques bricolées maison. Pas de quoi se pâmer d'admiration mais de quoi rire un bon coup devant des effets-spéciaux défaillants, une réalisation pas vraiment à la hauteur, et surtout une interprétation totalement risible. Avant ces trois exemples de plagiats, Enzo G. Castellari réalisa donc cet Ultimlo Squalo (titré chez nous La Mort au Large), qui dans le genre copie presque conforme se tient en bonne place. De l'histoire proposée, jusqu'aux personnages, son film fait cruellement penser à un brouillon des Dents de la Mer.

Au générique duquel on retrouve l'acteur James Franciscus. Pas un inconnu puisque dès le milieu des années cinquante et jusqu'en 1985, on a pu le voir dans plus de trente longs-métrages dont (tout de même), Le Chat à Neuf Queues de Dario Argento en 1971, L'Invasion des piranhas de Antonio Margheriti en 1979 (œuvre qui n'a rien à voir avec le diptyque Piranhas), Le Jour de la Fin du Monde l'année suivante, et donc, La Mort au Large dont le titre colle parfaitement à l'intrigue. Car vous l'aurez compris, le récit tourne autour des attaques d'un requin blanc aux dimensions plus qu'appréciables. Face à lui, Peter benton et Ron Hamer. Ce dernier est interprété par l'acteur américain Vic Morrow qui lui non plus n'est pas un inconnu puisqu'il interpréta de nombreux rôles dont une grande majorité dans des séries télévisées telles que Alfred Hitchcock présente, Bonanza, Les Incorruptibles, Mission impossible, ou encore Magnum. Le film étant assez mal perçu aux États-Unis du fait qu'il s'agisse d'un plagiat évident, La Mort Au Large semble ne pas avoir connu de sortie en DVD sur le territoire américain. Il faut dire que Enzo G. Castellari s'est allégrement inspiré du film de Spielberg pour construire son histoire. Le personnage incarné par Vic Morrow rappelle furieusement celui qu'interprétait alors Robert Shaw, lui-même apparemment très inspiré du capitaine Achab du roman Moby Dick écrit par Herman Melville au milieu du dix-neuvième siècle. Un détail qui, par contre, là, ne semblait déranger personne. Au final, La Mort Au Large se révèle être une petite bande horrifique plutôt sympathique. Pas de quoi soulever les foules, cependant...
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