L'Amérique profonde et
rurale fut pendant longtemps le terreau fertile de nombre de
productions outre-atlantiques poisseuses et dérangeantes dont deux
des portes-étendards demeurent encore actuellement Deliverance
de John Boorman et The Texas Chainsaw Massacre
de Tobe Hooper. Ce dernier ayant réalisé par la suite Eaten
Alive
et son propriétaire de motel fou jetant ses victimes dans les eaux
entourant son établissement où baigne un crocodile. Quant à lui,
Wes Craven décrivit à travers The Hills Have
Eyes le
calvaire d'une famille d'américains moyens confrontés à une tribu
consanguine dégénérée, retournée à l'état sauvage en
s'attaquant aux voyageurs de passage et en pratiquant le
cannibalisme. Dans un même esprit que ce dernier et celui de John
Boorman, l'on peut notamment citer Just Before
Dawn
de Jeff Lieberman, Straw Dogs de
Sam Peckinpah ou bien Death Weekend
de William Fruet... L'on pourrait en réalité citer des dizaines
d'autres longs-métrages mettant en scène des vacanciers et autres
voyageurs égarés dans des contrées hostiles habitées par des
culs-terreux dégénérés mais de ce dernier et dans le genre
Survival,
l'on retiendra sans doute surtout Trapped
qu'il réalisa en 1982. Bien loin d'atteindre les qualités du
formidable Southern Comfort de
Walter Hill auquel il ressemble sur certains points, le long-métrage
de William Fruet n'en est pas moins une expérience plutôt
intéressante. Mettant en scène quatre jeunes gens venus se
ressourcer durant le week-end dans une région des États-Unis
reculée, ils vont être les témoins du meurtre d'un homme qui eut
la mauvaise idée de coucher avec la femme du chef d'un petit village
placé au sommet d'une colline. Humilié, séquestré, battu puis
recouvert de plumes et de goudron, l'homme parviendra à prendre la
fuite avant d'être rattrapé au beau milieu de la forêt
environnante. Moqué une fois encore par une dizaine de culs-terreux
tous à la solde d'un certain Henry Chatwill (l'acteur Henry Silva),
ce dernier finit par l'abattre d'un coup de bâton en plein crâne et
ce, devant les yeux épouvantés de Roger, Diana, Caroline et Lee
qu'interprètent respectivement Nicholas Campbell, Gina Dick, Joy
Thompson et Ralph Benmergui. Quatre jeunes étudiants venus se
détendre pour quelques jours et qui ne vont avoir de cesse que de
fuir le danger. Représenté par Henry Chatwill dont la sœur Miriam
(Barbara Gordon) réprouve certaines méthodes, le village est sous
ses ordres. Craintifs, les habitants de ce trou perdu acceptent alors
sans broncher de suivre Henry dans sa traque des quatre jeunes gens
afin de les faire disparaître maintenant qu'il sait qu'ils sont mes
témoins gênants de l'assassinat dont il s'est rendu coupable...
Sorti
chez nous sous le titre, Trapped : Le Village de
la mort,
le long-métrage de William Fruet porte très bien son nom et encore
mieux la marque du Survival
en milieu rural dans lequel la civilisation moderne n'a pas de prise.
Et même si certains autochtones s'opposent aux méthodes employées
par leur chef sur les bases de règles selon lui édictées par Dieu
à l'image de sa propre sœur Miriam, peu ont véritablement le
courage de l'affronter. Et pas même le shérif (l'acteur John
Rutter) qui s'avère être le demi-frère de Henry et qui par
conséquent prévient ce dernier et lui conseille de cacher le corps
de la victime avant qu'il ne se lance véritablement dans l'enquête.
Sauvage et particulièrement violent, Trapped :
Le Village de la mort
décrit une communauté emplie de culs-terreux pas très finauds, aux
dents gâtées, sales et aux coutumes de vie arriérées. Et parmi
eux, la jeune et très sexy Amy, compagne de Henry. D'apparence
normale en comparaison des autres villageois, son interprète, Danone
Camden, notamment vue dans une centaine d'épisodes de la mythique
série télévisée Dallas
ou dans Matt Houston
et Shérif, fais-moi peur !
excite de part son attitude et ses tenues très légères les hommes
de cette petite communauté vivant recluse et édictant ses propres
lois. Face au comportement des villageois, William Fruet et le
scénariste John Beaird opposent quatre jeunes gens de la ville dont
l'un d'entre eux, Roger Michaels, jeune homme pragmatique et leader
du groupe, confiant en la justice mais contraint d'abandonner ses
convictions, finit par voir sa conscience se heurter à son instinct
de survie. Généralement associé aux rôles de méchants, Henry
Silva campe un autre type de leader, charismatique, dépassant d'une
tête tous les autres protagonistes. Trapped : Le
Village de la mort
décrit l'inéluctable effondrement de la civilisation à travers les
habitants de cette Amérique profonde et dégénérée face à
laquelle de jeunes citadins sont contraints d'opérer des compromis
s'ils veulent survivre. À ce titre, le long-métrage de William
Fruet est dans la longue lignée de Survival
opposant la civilisation à une forme de régression sociologique,
morale et éducative rencontrée généralement dans ce genre de
productions typiques des années 70/80...

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