Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Rednecks. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rednecks. Afficher tous les articles

mercredi 21 janvier 2026

Gaitor Bait de Beverly et Ferd Sebastian (1973) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Gator Bait ou Les marais de la haine de Beverly et Ferd Sebastian est une œuvre méconnue qui appartient au genre Hicksploitation. Un courant du cinéma d'exploitation qui connut son heure de gloire dans les années soixante-dix avec Deliverance de John Boorman, The Texas Chain Saw Massacre de Tobe Hooper, Two Thousand Maniacs! de Herschell Gordon Lewis, Walking Tall de Phil Karlson ou encore The Hills Have Eyes de Wes Craven. Films situant généralement leur action dans les endroits les plus reculés de l'Amérique profonde s'agissant du cinéma outre-atlantique, ils mettent couramment en scène ce que l'on nomme là-bas, des Rednecks. Terme que l'on peut traduire chez nous sous celui de Culs-Terreux, de Bouseux, de Ploucs, de Villageois arriérés ou de nombreux autres substantifs tout aussi péjoratifs... Gator Bait n'échappe évidemment pas à cette appellation puisque les personnages dans leur grande majorité représentent le summum en la matière. Au nombre de neuf si l'on compte celui qui meurt très rapidement d'un accident de fusil, tous ou presque semblent être atteints de tares intellectuelles. Au mieux l'on écartera de la fange le shérif Joe Bob Thomas (interprété par Bill Thurman) et son fils et adjoint Billy Boy (Clyde Ventura) même si très vite il devient évident que l'héroïne du récit ne pourra pas compter sur leur aide durant la chasse dont elle deviendra la proie. Elle-même issue d'une famille dont le père et la mère sont absents (le premier n'est que très rarement évoqué tandis que l'on apprend que la seconde est décédée), Désirée Thibodeau (Claudia Jennings) pratique le braconnage dans les marais afin de subvenir aux besoins en nourriture de son frère muet Big T. (Tracy Sebastian) et de sa sœur Julie (Janit Baldwin) avec lesquels elle vit au cœur des marais. Alors qu'elle s'apprête à capturer illégalement un crocodile retenu dans l'un des pièges qu'elle a tendu au milieu des eaux, Désirée est aperçue par Billy Boy et son ami Ben Bracken (l'acteur Ben Sebastian). Parvenant à fuir en canot, la jeune femme est poursuivie puis est rattrapée par les deux hommes. Afin de leur échapper, elle leur jette un sac rempli de serpents venimeux qu'elle a chassé plus tôt. Effrayé, l'adjoint du shérif tire en direction des serpents qui se trouvent à bord de son bateau mais tue accidentellement son ami Ben...


Alors que Désirée a pris la fuite, désemparé, Billy Boy décide de rentrer en ville jusqu'au bureau du shérif et de faire croire à son père que c'est elle qui a tué son ami d'une balle dans la tête. Contraint de prévenir les membres de la famille Bracken constituée du père T.J. Bracken (Sam Gilman), de Pete Bracken (Don Baldwin, lequel n'a aucun rapport avec la célèbre famille d'acteurs du même nom) et de Leroy (Douglas Dirkson, étonnant sosie de l'acteur français Jean-François Balmer qui consacrera le plus gros de sa carrière à des séries télévisées américaines), le shérif et son fils/adjoint acceptent malgré eux d'aider le clan Bracken à retrouver Désirée afin de lui faire payer la mort de Ben... Avec un budget estimé à cent-cinquante mille dollars, Gator Bait est un petit film de Hicksploitation/Survival qui profite de ses faibles moyens financiers pour renforcer l'aspect dégénéré des personnages et celui, crapoteux, de l'univers dans lequel ils évoluent. Une sacrée galerie de personnages tous plus dérangés les uns que les autres. Surtout du côté des Bracken et des deux fils, véritables obsédés sexuels. Si Leroy a de bonnes raisons de vouloir mettre la main sur Désirée depuis qu'elle lui a littéralement coupé les couilles lors d'un viol, Pete n'est pas en reste en terme de corruption puisqu'on le verra notamment tenter de violer sa propre sœur Laura Lee (l'actrice Kacie Kippenbrock) vers le début du récit ! Sous ses allures de petite production fauchée manquant drastiquement de moyens techniques, Gator Bait demeure cependant l'un des films de Hicksploitation parmi les plus représentatifs du genre. Son grain dégueulasse, sa morale viciée par la testostérone et la corruption, son interprétation pas toujours très juste, son décor humide et infesté de bestioles en tous genres (crocodiles, serpents, tatous, etc...), ses ploucs en salopettes crasseuses ou encore sa bande musicale, entre folk sudiste et country principalement constituée de banjo, de guitare et d'harmonica, le long-métrage de Beverly et Ferd Sebastian est une invitation assez saisissante dans l'univers plutôt oppressant des rednecks parmi les plus tordus de la planète ''Cinéma''. Notons qu'une ''suite'' fut à nouveau signée en 1988 par Beverly et Ferd Sebastion sous le titre Gator Bait II: Cajun Justice et traduite chez nous sous celui de La Vengeance de la femme au serpent...

 

mardi 20 janvier 2026

Trapped : Le Village de la mort de William Fruet (1982) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L'Amérique profonde et rurale fut pendant longtemps le terreau fertile de nombre de productions outre-atlantiques poisseuses et dérangeantes dont deux des portes-étendards demeurent encore actuellement Deliverance de John Boorman et The Texas Chainsaw Massacre de Tobe Hooper. Ce dernier ayant réalisé par la suite Eaten Alive et son propriétaire de motel fou jetant ses victimes dans les eaux entourant son établissement où baigne un crocodile. Quant à lui, Wes Craven décrivit à travers The Hills Have Eyes le calvaire d'une famille d'américains moyens confrontés à une tribu consanguine dégénérée, retournée à l'état sauvage en s'attaquant aux voyageurs de passage et en pratiquant le cannibalisme. Dans un même esprit que ce dernier et celui de John Boorman, l'on peut notamment citer Just Before Dawn de Jeff Lieberman, Straw Dogs de Sam Peckinpah ou bien Death Weekend de William Fruet... L'on pourrait en réalité citer des dizaines d'autres longs-métrages mettant en scène des vacanciers et autres voyageurs égarés dans des contrées hostiles habitées par des culs-terreux dégénérés mais de ce dernier et dans le genre Survival, l'on retiendra sans doute surtout Trapped qu'il réalisa en 1982. Bien loin d'atteindre les qualités du formidable Southern Comfort de Walter Hill auquel il ressemble sur certains points, le long-métrage de William Fruet n'en est pas moins une expérience plutôt intéressante. Mettant en scène quatre jeunes gens venus se ressourcer durant le week-end dans une région des États-Unis reculée, ils vont être les témoins du meurtre d'un homme qui eut la mauvaise idée de coucher avec la femme du chef d'un petit village placé au sommet d'une colline. Humilié, séquestré, battu puis recouvert de plumes et de goudron, l'homme parviendra à prendre la fuite avant d'être rattrapé au beau milieu de la forêt environnante. Moqué une fois encore par une dizaine de culs-terreux tous à la solde d'un certain Henry Chatwill (l'acteur Henry Silva), ce dernier finit par l'abattre d'un coup de bâton en plein crâne et ce, devant les yeux épouvantés de Roger, Diana, Caroline et Lee qu'interprètent respectivement Nicholas Campbell, Gina Dick, Joy Thompson et Ralph Benmergui. Quatre jeunes étudiants venus se détendre pour quelques jours et qui ne vont avoir de cesse que de fuir le danger. Représenté par Henry Chatwill dont la sœur Miriam (Barbara Gordon) réprouve certaines méthodes, le village est sous ses ordres. Craintifs, les habitants de ce trou perdu acceptent alors sans broncher de suivre Henry dans sa traque des quatre jeunes gens afin de les faire disparaître maintenant qu'il sait qu'ils sont mes témoins gênants de l'assassinat dont il s'est rendu coupable...


Sorti chez nous sous le titre, Trapped : Le Village de la mort, le long-métrage de William Fruet porte très bien son nom et encore mieux la marque du Survival en milieu rural dans lequel la civilisation moderne n'a pas de prise. Et même si certains autochtones s'opposent aux méthodes employées par leur chef sur les bases de règles selon lui édictées par Dieu à l'image de sa propre sœur Miriam, peu ont véritablement le courage de l'affronter. Et pas même le shérif (l'acteur John Rutter) qui s'avère être le demi-frère de Henry et qui par conséquent prévient ce dernier et lui conseille de cacher le corps de la victime avant qu'il ne se lance véritablement dans l'enquête. Sauvage et particulièrement violent, Trapped : Le Village de la mort décrit une communauté emplie de culs-terreux pas très finauds, aux dents gâtées, sales et aux coutumes de vie arriérées. Et parmi eux, la jeune et très sexy Amy, compagne de Henry. D'apparence normale en comparaison des autres villageois, son interprète, Danone Camden, notamment vue dans une centaine d'épisodes de la mythique série télévisée Dallas ou dans Matt Houston et Shérif, fais-moi peur ! excite de part son attitude et ses tenues très légères les hommes de cette petite communauté vivant recluse et édictant ses propres lois. Face au comportement des villageois, William Fruet et le scénariste John Beaird opposent quatre jeunes gens de la ville dont l'un d'entre eux, Roger Michaels, jeune homme pragmatique et leader du groupe, confiant en la justice mais contraint d'abandonner ses convictions, finit par voir sa conscience se heurter à son instinct de survie. Généralement associé aux rôles de méchants, Henry Silva campe un autre type de leader, charismatique, dépassant d'une tête tous les autres protagonistes. Trapped : Le Village de la mort décrit l'inéluctable effondrement de la civilisation à travers les habitants de cette Amérique profonde et dégénérée face à laquelle de jeunes citadins sont contraints d'opérer des compromis s'ils veulent survivre. À ce titre, le long-métrage de William Fruet est dans la longue lignée de Survival opposant la civilisation à une forme de régression sociologique, morale et éducative rencontrée généralement dans ce genre de productions typiques des années 70/80...

 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...