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samedi 6 décembre 2025

Cannibalis, au Pays de l'Exorcisme de Umberto Lenzi (1972)



Le photographe John Bradley quitte Londres pour la Thaïlande d'où il compte ramener des photos de la faune. Après avoir connu quelques soucis dans un bar, il quitte la civilisation et longe le principal fleuve du pays en compagnie de son guide. Prenant des photos sous-marines, John s'enfonce de plus en plus dans l'inconnu. Alors qu'il se repose dans l'embarcation, à son réveil, le guide a disparu. Jetant un œil au loin, le photographe l'aperçoit, une flèche traversant sa gorge. Lorsque John s'approche du corps, il tombe dans un piège.
Le voilà prisonnier d'une tribu sauvage qui visiblement a suivit l'embarcation durant plusieurs jours puisque John est pris pour une sorte d'homme-poisson. Lorsqu'il est ramené au camp, il est enfermé. Une jeune et jolie femme, Maraya, l'a remarqué. Alors que le sort de John semble être scellé, Maraya demande à ce que le photographe soit épargné.

Au fil des jours et des semaines, John s'habitue à vivre au milieu de cette tribu aux coutumes étranges. Il essaie tout d'abord de fuir, puis accepte son sort et fini par faire partie intégrante du village. Au point même d'accepter d'épouser Maraya...

Considéré comme le toute premier film de cannibales, Umberto Lenzi avec ce Cannibalis, au Pays de l'Exorcisme a lancé un nouveau genre de films d'aventures centrés sur ces tribus aux mœurs particulières. Un type de films auxquels Umberto Lenzi lui-même a participé à plusieurs reprises. On lui doit effectivement La Secte de Cannibales ainsi que le très connu Cannibal Ferox. Moins connu que le glauquissime Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato, Cannibalis lui demeure cependant nettement supérieur, et ce, à tout point de vue.
Contrairement à ce qu'écrivent certains, la tribu sur laquelle tombe le héros ne pratique pas le cannibalisme. On ne rencontre d'ailleurs des anthropophages que durant quelques minutes, justifiant ainsi le titre du film.

Beaucoup mieux interprété que la majeure partie des œuvres qui sont consacrées au genre, le film de Umberto Lenzi a ceci de reprochable qu'il accumule les scènes d'atrocités dont de nombreux animaux font réellement les frais. Serpents, singes, alligators... on assiste impuissants à un véritable carnage, pratique habituelle dans le cinéma horrifique transalpin des années soixante-dix. Les protecteurs des animaux risquent de ne pas aimer la vision de créatures égorgées, éventrées et éviscérées, tout cela sans qu'elles aient été préalablement tuées.

En dehors de ces scènes parfaitement choquantes, on appréciera l’œuvre qui outre ces abominations se révèle finalement timides en terme d'horreur. A part quelques membres coupés, on assiste surtout aux us et coutumes de cette tribu au départ plutôt inquiétante mais qui se révèle finalement inoffensive au regard de celles tapies plus loin dans la forêt. Cannibalis, au Pays de l'Exorcisme est donc un excellent film de « cannibales », du moins l'un des plus intéressants, et demeure sans doute comme l'une des meilleures productions qu'ait signé son auteur...

vendredi 14 février 2025

La Casa 3 : Ghost House d'Umberto Lenzi (1988) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Étrange histoire qui concerne la série de longs-métrages intitulés La Casa en Italie. Sept films qui paraissent avoir tous un lien entre eux mais qui en dehors de leur titre n'ont absolument rien en commun..... D'abord, parce qu'au fil des récits l'on se rend compte que ceux-ci n'entretiennent déjà entre eux, aucun point de vue similaire si ce n'est celui de faire interagir des personnages avec les dites maisons des titres. Ensuite, nous remarquerons que les deux premiers et les deux derniers, contrairement au trois du milieu ne sont pas d'origine italienne mais sont originaires des États-Unis. Et s'il en demeure encore pour douter de cette affirmation qui veut que chaque long-métrage ou presque ait eu une existence indépendante de celle des autres, cela est très facilement vérifiable. En effet, sous les titres La Casa et La Casa 2 se cachent en réalité les deux premiers volets de la franchise Evil Dead que Sam Raimi réalisa en 1981 et 1986. Quant aux deux derniers volets qui concluent cette fausse franchise qui se voudrait donc une collaboration italo-américaine, derrière les titres La Casa 6 et La Casa 7 se cachent les second et troisième opus d'une autre franchise d'origine elle aussi américaine débutée en 1986 avec l'excellent House de Steve Miner. Pour résumer, les longs-métrages intitulés La Casa 1, 2, 6 et 7 sont en réalité et respectivement, Evid Dead 1 et 2 de Sam Raimi ainsi que House 2: The Second Story d'Ethan Wiley sorti en 1987 et House 3: The Horror Show de James Isaac sorti à son tour en 1989. S'agissant des trois autres films qui pour le coup sont eux, bien d'origine italienne, c'est une toute autre histoire. Mais commençons avec La Casa 3 : Ghost House d'Umberto Lenzi qui vit le jour en Italie le 11 août 1988, soit, deux mois après sa sortie sur le territoire français qui elle, eut lieux le 1er juin de la même année sous le titre La maison du cauchemar.....


En pleine période de déconfiture pour le cinéma d'horreur et d'épouvante italien, celui-ci agit presque tout d'abord comme un bain de jouvence. Alors que l'on s'apprêtait à découvrir un énième DTV filmé au format numérique tel qu'il allait déferler dès son arrivée sur le marché deux ans plus tard, La Casa 3 : Ghost House est doté d'une patine ''bienveillante'' en ce sens où le film de cinéma de genre s'y reconnaît aisément. Un sympathique grain 16mm qui fait du bien à voir et qui surtout permet au spectateur de débuter la projection du film dans ''d'optimales'' conditions. D'autant plus que l'intrigue commence bien. Nous sommes en 1967 et la jeune Henrietta Baker (Kristen Fougerousse) est enfermée dans la cave de la maison familiale par son père lorsque celui-ci constate que sa fille vient de tuer un chat à l'aide d'une paire de ciseaux. Alors que la gamine se retrouve seule en compagnie d'une poupée à l'effigie d'un clown, à l'étage, ses parents sont tous les deux assassinés par un intrus dont l'origine reste pour le moment inconnue ! Le script écrit par Umberto Lenzi déplace ensuite l'intrigue vingt ans plus tard, lorsque de chez lui, l'opérateur de radio amateur Paul Rogers (Greg Scott) entend des cris suivis d'une étrange berceuse diffusés à travers l'antenne de son poste-radio cibi ! Accompagné par sa petite amie Martha (Lara Wendel), tous deux se dirigent vers l'antenne émettrice se situant dans une autre ville où ils sont accueillis par un vieil homme (Donald O'Brien dans le rôle de Valkos). Là, le couple tombe sur une vieille demeure d'où fut donc émis l'inquiétant message et qui n'est autre que celle qui vingt ans en arrière abrita la famille Baker. Une fois sur place, Martha et Paul font connaissance avec Mark, Susan, Jim et Tina. Des vacanciers qui à bord de leur camping-car ont choisi de s'arrêter pour quelques temps dans la région...


La même année que Minaccia d'Amore de Ruggero Deodato dans lequel l'héroïne incarnée par Charlotte Lewis était émoustillée alors même qu'elle prenait un bain dans une baignoire remplie de ce qui paraissait être de la pisse, cette fois-ci, c'est au tour de l'un de l'un des personnages masculins de tomber dans un trou au fond duquel stagnent des milliers de litres d'une substance laiteuse visuellement proche du liquide séminal ! Beurk ! En fait, une séquence qui se réfère probablement à la macabre scène du trou dans la cave dans Amityville : La Maison du diable de Stuart Rosenberg dans lequel un père de famille (James Brolin dans le rôle de George Lutz) se retrouvait plongé dans une mare poisseuse de sang humain en 1979 ou celle de la piscine de Poltergeist que réalisa Tobe Hooper trois ans plus tard et dans laquelle l'un des membres d'une famille d'américains moyens se retrouvait à patauger au beau milieu d'une eau boueuse remplie de cadavres totalement décharnés ! Bien mieux que nombre de productions transalpines à avoir vu le jour à la même période, La Casa 3 : Ghost House (qui à son tour fut à un moment donné honteusement distribué sous le titre de Evil Dead 3 mais plus officiellement sous celui de Ghosthouse sur le territoire américain) pâtit surtout d'une grosse baisse de régime qui ne cessera plus de ruiner tous les espoirs du spectateur. Après un démarrage en grandes pompes, le film devient effectivement très (trop) bavard. Tout comme la concurrence, Umberto Lenzi relance en permanence des personnages qui plus tôt que de prendre leurs jambes à leur cou semblent prendre un malin plaisir à retourner sans cesse sur les lieux des différents drames qui y vont avoir lieu. L'on a ainsi droit à quelques meurtres sympathiques même si l'hémoglobine est assez rare. À l'image de cette jeune fille coupée en deux qui retrouvera sa forme initiale quelques instants plus tard avant que nous soit révélée la vérité quant à son retour à son intégrité physique. Le récit martèle en permanence sa berceuse, ce qui au bout d'un temps peut causer quelques migraines ou quelque états de nervosité. Notons qu'à la production nous retrouvons la société de production cinématographique italienne Filmirage fondée par Joe D'Amato au tout début des années quatre-vingt. La même année sera produit La Casa 5 de Fabrizio Laurenti tandis que le cinquième opus sera réalisé par Claudio Fragasso en 1990...

 

mercredi 10 avril 2024

Fou à lier (La Spiaggia del Terrore) de Harry Kirkpatrick (Umberto Lenzi) (1989) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

''Des vacances avec vue sur la mort''. Voilà un slogan qui donne très envie de voir ce qui se cache derrière ce Fou à lier qu'il ne faut surtout pas confondre avec Fou à tuer du réalisateur et scénariste américain David Schmoeller avec en vedette, l'acteur allemand Klaus Kinski. Derrière Fou à lier se cache en réalité La Spiaggia del Terrore d'Umberto Lenzi qui, si les distributeurs français s'en étaient donné la peine, aurait conservé son sens réel dans notre langue et se serait appelé La plage de la terreur ! Nous sommes en 1989 et une bande de jeune motards silencieux attend apparemment à proximité d'une prison l'exécution imminente d'un type aux cheveux gominés vers l'arrière du crâne, au visage grêlé et au regard carrément dément... Le condamné, Edward Santor dit ''Diablo'' hurle son innocence devant un parterre de témoins qui assisteront à son exécution. Après un dernier coup de téléphone de la part du directeur de la prison, le bourreau fait ce pour quoi il est payé et le condamné grille... après avoir juré de revenir se venger... Malgré un générique qui annonce Harry Kirkpatrick comme auteur de ce slasher ultra commun s'y cache effectivement derrière l'un des réalisateurs italiens les plus emblématiques du cinéma d'exploitation des années soixante-dix et quatre vingt. Auteur de gialli parmi lesquels Le Tueur à l'orchidée en 1972 et Spasmo en 1974 ou de films d'horreur cultes tels que L'Avion de l'apocalypse en 1980 et Cannibal Ferox l'année suivante, Umberto Lenzi signait donc son second long-métrage sous le pseudonyme de Harry Kirkpatrick un an après Fureur primitive. Il y aurait d'ailleurs polémique quant aux origines du nom s'affichant au générique... Contrairement à ce qu'indique la page française de Wikipedia dont on sait que le site charrie pas mal d'informations erronées, le film ne s'articule pas autour d'un ancien motard exécuté à la chaise électrique et revenant se venger de ses tortionnaires et de tous ceux qui participèrent à son arrestation ainsi qu'à son exécution. Ce serait trop facile, allons...


Le long-métrage est accompagné par une bande musicale relativement pénible à écouter ou même simplement à entendre et outre les quelques infâmes titres pop-rock fm que le spectateur est contraint d'ingurgiter, celle-ci fut composée par l'illustre Claudio Simonetti, tête pensante du groupe culte Goblin auquel on doit notamment les bandes originales de Profondo Rosso et de Suspiria de Dario Argento ou du Dawn of the Dead de George Romero. Profitant du traditionnel Spring Break américain lors duquel les étudiants font relâche et s'éclatent littéralement entre sexe et alcool, Umberto Lenzi déploie un scénario tout riquiqui qui semble prendre des proportions assez exceptionnelles dans un contexte qui isole en général les protagonistes dans des lieux habituellement plus ou moins confinés. Ici, des centaines d'adolescents décérébrés adeptes de concours de tee-shirts mouillés font la fête tandis qu'une bande de loubards chevauchant des motos sème la terreur malgré l'intervention régulière de Strycker, le shérif ''un brin'' corrompu de la ville et en partie responsable de l'arrestation de celui qui se faisait appeler Diablo avant de mourir sur la chaise électrique. John Saxon incarne ce flic pourri jusqu'à la moelle et dont le seul intérêt est d'éviter sur ordre du maire toute panique lors des festivités alors même qu'un tueur en série s'amuse à reproduire les conditions de mort de Diablo (Tony Hidalgo). En résulte une série de meurtres particulièrement graphiques lors desquels les victimes subissent d'atroces brûlures lors d'incendies ou d'électrocutions causées par un ingénieux système hébergé par la moto que chevauche le meurtrier. Fou à lier (dont le titre américain est Nightmare Beach) fut tourné à Miami et demeure un slasher de très piteuse qualité essentiellement constitué d'une succession d'images relatant les festivités entourant le Spring Break. Exemple typique d'un cinéma horrifique transalpin alors en plein déclin, Umberto Lenzi profite des festivités pour exhiber les poitrines mouillées de quelques jolies figurantes américaines mais à part la présence de la sensuelle actrice du cru Sarah Buxton dans le rôle de la serveuse Gail Jackson, de Nicolas de Toth dans celui de Skip Banachek, de John Saxon dans le rôle du flic ''vénère'' ou de Lance LeGault dans celui du révérend Bates, Fou à lier reste dans le genre, une œuvre relativement anecdotique...

jeudi 9 août 2018

La Secte des Cannibales de Umberto Lenzi (1980)



Un sample sonore de L'au-delà, un autre de L'Enfer des Zombies. Plus tard, la reprise d'un thème musical de Cannibal Holocaust. Umberto Lenzi ne fait pas dans la dentelle et produit une œuvre s'inspirant du « classique » de Ruggero Deodato. Si la majorité des œuvre traitant de l'anthropophagie demeurent de pauvres bandes vidéos sans grand intérêt, La Secte des Cannibales n'a pas la chance de trôner au sommet. En effet, le film de Lenzi ressemble trop aux précurseurs pour pouvoir prétendre renouveler le genre à sa sortie. Sortant en 1980 alors même que Cannibal Holocaust vient tout juste de choquer le monde entier en prétendant par un judicieux coup de bluff que les morts y sont réelles, La Secte des Cannibales est mal réalisé, mal écrit et surtout, mal interprété.

Alors oui, c'est vrai, l'actrice suédoise Janet Agren est jolie. Mais aussi expressive qu'une enclume s'apprêtant à recevoir des coups de marteau, la jeune et ravissante blonde campe une héroïne tout sauf convaincante. Et ce ne sont certainement pas ses appétissantes formes qui nous sont exposées à différents endroits du films qui convaincront les spectateurs que l'on tient là la perle du film de cannibales. Quant à l'histoire, elle est loin d'être originale :

Sheila Morris n'a plus de nouvelles de sa sœur Diana. Alors, lorsque la police la convoque dans ses locaux pour lui apprendre qu'un film dans lequel elle apparaît a été découvert dans l'appartement d'un homme qui a commis plusieurs meurtres avant de mourir écrasé par un camion, Sheila décide de partir à sa recherche. Sur la bande, elle découvre que Diana est en présence d'une secte se faisant appeler la Secte de la Purification, dirigée par un certain Melvyn Jonas. Le but du gourou étant de revenir aux fondamentaux et de rejeter la civilisation dans sa forme occidentale.
Parvenue jusqu'en Nouvelle-Guinée, Sheila propose au déserteur Mark Butker, qui depuis sa fuite s'est réfugié là-bas, de l'aider à retrouver sa sœur...

Le genre Cannibales n'est pas une nouveauté pour Umberto lenzi puisque dès 1973, c'est lui inaugura le genre avec Au Pays de l'Exorcisme. Sept ans plus tard il revient donc avec un long-métrage qui pille sans vergogne sur l’œuvre séminale qu'il avait lui-même réalisée. Il est fou d'imaginer que La Secte des Cannibales ait pu un jour être interdit aux moins de dix-huit ans dans notre pays, surtout si l'on met le film en parallèle avec les atrocités auxquelles ont été habituées les dernières générations avides de films gores. A sa décharge, le film de Umberto lenzi propose un nombre intéressant de scènes d'horreur, mais malheureusement toutes plus ennuyeuses les unes que les autres. Souvent filmées hors-champs, il n'y a guère que les sempiternels massacres d'animaux qui nous sont infligés de bout en bout. Crocodiles, serpents et singes sont quelques exemples d'animaux qui font les frais d'une œuvre au contenu finalement assez pauvre en matière d'écriture.

Et comme dans ce genre de production, l'un n'allait pas l'un sans l'autre, l'horreur est accompagnée de quelques scènes de nu déprimantes de stérilité (ce qui est un comble!). Rien d'excitant donc. Au regard de la majorité des œuvres traitant du sujet du cannibalisme, La Secte des Cannibales fait finalement son travail. Ni mieux, ni moins bien qu'un autre. L'aventure n'est vraiment pas palpitante. A noter la présence à l'écran de l'acteur Mel ferrer...

mercredi 24 mai 2017

Paranoïa d'Umberto Lenzi (1970) - ★★★★★★★☆☆☆



Pauvre Carroll Baker. Décidément, le cinéaste italien n'est pas tendre avec son actrice. Après en avoir fait la victime d'une machination dans Orgasmo et une manipulatrice diabolique dans Così dolce... così perversa, voici que dans le troisième volet de la trilogie « giallo-érotique » elle subit une sorte de synthèse des personnages qu'elle interprétait précédemment. Paranoïa clôt avec infiniment plus de brio la trilogie, et que les deux autres volets avaient inauguré pour l'un , et poursuivi pour le second. Une direction d'acteurs en tout point maîtrisée et qui ne fait apparemment plus appel au seul talent des interprètes. Aux côtés de la sensuelle Carroll Baker, le séduisant acteur français Jean Sorel qui tourne en France, mais aussi en grande majorité en Italie, pays d'où est issu ce Paranoïa de très bonne facture.
Tout débute par une course-automobile qui finit dans le décor. A bord d'un bolide accidenté, la jolie Helen qui pour subvenir à ses besoins s'est lancé dans une discipline généralement réservée aux hommes. Ruinée il y a quelques années par un play-boy qu'elle accepta d'épouser, elle reçoit un jour un télégramme de celui-ci l'invitant à venir le rejoindre dans sa luxueuse demeure de bord de mer. Lorsque Helen arrive, elle est surprise de constater que Maurice, le play-boy en question s'est remarié. Mais sa nouvelle femme, Constance, se doutant que Maurice l'a épousée pour son argent, craint qu'il ne finisse par se lasser d'elle pour une autre et fait part à Helen de son désir de le tuer, préférant le voir mourir que de l'imaginer dans les bras d'une autre. Et si Constance fait part de son projet à Helen, c'est parce qu'elle sait que trois ans plus tôt elle-même a tenté de le tuer. Elle espère ainsi donc pouvoir compter sur la jeune femme pour mener à bien son projet de meurtre. Mais rien ne va se dérouler comme elle l'entend...

Umberto Lenzi et la morale, parfois, cela fait deux. Cela dépend de l'angle, du sujet abordé, mais d'une manière générale, et en tout cas en ce qui concerne Paranoïa et les deux autres volets de la trilogie, il lui arrive d'outrepasser la bienséance en matière de sexualité tandis que le meurtre, lui, est obligatoirement mis au banc des accusés par un auteur qui ne supporte pas l'injustice et règle ses comptes avec le meurtrier lors d'un final remettant les pendules à l'heure. En évitant toute forme de démagogie, Umberto Lenzi propose une fin « heureuse » mais parfois post-mortem comme cela est le cas ici. Le messages est clair : on ne tue pas impunément et si tel est le cas, le contrevenant finit forcément par être démasqué. Tout est alors histoire d'inspiration. Paranoïa, outre le fait que son auteur nous propose une intrigue et un suspens fort intéressants, se penche sur toute une série de voies alambiquées afin de perdre le spectateur dans un habituel dédales de suppositions quant aux tenants et aboutissants de ce qui se déroule sous ses yeux. Pourtant, tout est clair, finement interprété par son duo d'acteurs principaux mais également par des personnages secondaires intéressants tels Luis Davilla qui incarne Albert Duchamps, Anna Proclemer qui campe le personnage de Constance, ainsi que la jeune (et marquée par le vice) Lisa Halvorsen qui malgré son entrée en scène tardive parvient à se faire une place importante.
Si Umberto Lenzi condamne ses meurtriers de la manière la plus cynique possible, en matière de sexe, en revanche, il laisse libre cours à des penchants parfois tabous. Hier l'inceste, aujourd'hui, la pédophilie lors de l'évocation d'une ancienne relation entre Maurice et sa belle-fille alors qu'elle n'était âgée que de quinze ans. Carroll Baker, une fois de plus, se dénude devant l'objectif lubrique de la caméra. Des scènes peu osées qui ne nourrissent pas l'intrigue mais plutôt l'imaginaire des spectateurs. Jean Sorel hypnotise de son regard bleu, un peu à l'image d'Alain Delon lorsque celui-ci était plus jeune. Au final, Paranoïa est un excellent giallo, en tout cas le meilleur volet de cette trilogie...

jeudi 18 mai 2017

Così dolce... così perversa d'Umberto Lenzi (1969) - ★★★★★★☆☆☆☆


Après avoir réalisé la même année Orgasmo, premier giallo érotique d'une trilogie sans lien apparent mais à laquelle Così dolce... così perversa apporte une certaine continuité, voici donc le retour du cinéaste italien Umberto Lenzi au giallo. Comme l’œuvre précédente, cette dernière ne risque pas de faire de l'ombre aux classiques du film policier italiens rendus célèbres par les romans dont ils s'inspiraient et dont les couvertures s'ornaient d'une couleur jaune significative qui donne son nom au genre. Nous retrouvons l'actrice Carroll Baker, plus séduisante que jamais, en fausse victime et nouvelle locataire d'un appartement se situant juste au dessus de celui d'un couple bourgeois qui contrairement aux apparences ne s'aiment plus. Si Douces, si Perverses, s'il ne nous trompe pas tout à fait sur la marchandise n'est pas non plus totalement représentatif du contenu de ce giallo versant dans la pure machination crapuleuse puisqu'ici, il s'agit encore de mettre la main sur le magot d'un riche industriel.
Et ce dernier, c'est l'acteur Jean-Louis Trintignant qui l'incarne. Sans vouloir faire preuve de chauvinisme envers le fait que l'acteur soit français, sa seule présence, reconnaissons-le, sauve Così dolce... così perversa du naufrage le plus complet. Toutes les attentes des spectateurs sont malheureusement vaines. Le déroulement de l'intrigue se révèle beaucoup moins ténu qu'on l'aurait aimé. Sans vouloir rentrer dans les détails et ainsi éviter de spoiler, on ne peut malgré tout pas faire l'impasse sur le relatif fil rouge qui accompagne les spectateurs après la mort du personnage de Jean Reynaud (non, non, rien à voir avec notre illustre acteur français), l'époux déçu, amant de la belle blonde Nicole Perrier, et victime d'une manigance terrible fomentée par non pas une femme, mais deux, et d'un homme également. Parce que lorsqu'il s'agit de tuer le riche homme d'affaire, c'est à agente masculine que l'on s'adresse.

Dès lors, Umberto Lenzi nous pousse à imaginer de nombreuses pistes aussi diverses que tronquées. Toujours en nous prenant par la main comme si nous, pauvres spectateurs insensibles aux détails les plus infimes, étions incapables de cerner les intentions de ses interprètes et donc, de ses personnages. Pourtant, dans cette façon d'agir se cache quelques minuscules idées qui auraient pu faire leur petit bonhomme de chemin si le scénario n'aidait pas à outrance les spectateurs à suivre une intrigue qui de toute manière demeure au fond, simpliste. L'un des soucis majeurs et que l'on rencontre couramment chez Lenzi, c'est la maigreur du scénario. Ce qui pousse le cinéaste à remplir les vides avec... du néant. Pour autant, il possède tout le talent qu'il faut pour rendre ses histoires, même les plus ineptes, suffisamment intrigantes pour que l'on n'aie pas envie de jeter l'éponge avant la fin. Carroll Baker est toujours aussi délicieuse et nous ferait presque regretter de ne pas la voir nue plus souvent. Elle incarne la douceur du titre tandis que l'actrice brune Erika Blanc (Danielle, l'épouse de Jean) préfigure la perversité. Du moins dans un premier temps puisque comme dans tout bon (ou mauvais) giallo, mieux vaut éviter de se faire une idée toute faite avant le générique de fin.
Œuvre italo-française réalisée en 1969, le film a été tourné à Paris, ville dont Umberto Lenzi, malheureusement, n'aura pas su profiter de la magnificence. Così dolce... così perversa demeure une semi déception. Ni un chef-d’œuvre, ni un navet. Plutôt un long-métrage à l'attention des fans du cinéaste plus que des véritables amateurs de gialli qui ici, risquent de rester sur leur faim...

mardi 16 mai 2017

Orgasmo d'Umberto Lenzi (1969) - ★★★★★★★☆☆☆



Plus connu pour avoir réalisé Sette orchidee macchiate di rosso, c'est pourtant trois ans plus tôt en 1969 que le cinéaste italien Umberto Lenzi a ouvert les hostilités en tournant son premier giallo, Orgasmo, créant d'ailleurs pour l'occasion un sous-genre érotique dont les scènes de nu sont beaucoup plus prononcées dans la version américain du titre, ce qui lui vaudra d'ailleurs là-bas une classification X, le reléguant ainsi dans la même catégorie que les films pornographiques ou certains films ultra-violents. La version ayant ici servi de support à cet article est celle qui fut proposée en vidéo et classé R. Peu de nudité et surtout, un type de giallo qui change radicalement des habitudes puisqu'ici l'intrigue ne tourne pas autour d'une série de meurtres mais plutôt autour d'une riche veuve tombée dans un piège fomentée par le jeune homme qu'elle a eu la courtoisie d'accueillir chez elle alors qu'il est tombé en panne de voiture. Tombant follement amoureuse de ce bel étalon prénommé Peter, le couple nouvellement formé reçoit bientôt la visite d'Eva, la sœur de celui-ci.
Vous ne trouverez pas de tueur masqué, pas de meurtres à l'arme blanche, mais un huis-clos infernal et parfois nauséeux (la troublante relation que vivent Eva et Peter dont on ne saura finalement jamais s'ils sont frère et sœur malgré leur apparente ressemblance). Umberto Lenzi confie à l'actrice américaine Carroll Baker le rôle de Kathryn West, la riche veuve en question, proie d'un couple diabolique qui va, en l'espace de quelques semaines, la détruire physiquement et psychologiquement, l'enfermant ainsi dans sa propre demeure. Le but ultime du duo étant de la pousser au suicide. Pour mener à bien son projet Lenzi n'hésite pas à créer un climat trouble. Des premiers émois sexuels entre son héroïne et son amant jusqu'au dernier acte, ignoble, mais dont l'écho résonne jusqu'aux faits-divers réels les plus sordides.

Orgasmo développe le thème de la dépendance, et ce, sous toutes ses formes. Du sexe aux somnifères en passant par l'alcool. On le devine assez vite, le but d'Eva et Peter est lucratif. Mais au delà de l’appât du gain, les deux amants diaboliques font preuve d'une très grande perversité. Cela se voit dans le regard de leurs interprètes respectifs (Lou Castel et Colette Descombes), et même dans les sourires qu'ils échangent. On assiste à la lente dégradation physique et psychologique d'une Kathryn d'abord magnifique mais qui au contact de ses hôtes dépérit à vue d'oeil. Un destin tragique qu'Umberto Lenzi mènera à son terme.
Plus proche du thriller que spécifiquement du giallo, Orgasmo offre une violence psychologique à laquelle il est parfois difficile d'assister en tant que simple spectateur témoin du naufrage dont est victime l'héroïne. En choisissant de ne jamais évoquer l'hypothèse de la paranoïa (terme que la version américaine a choisi de donner au titre du film), Umberto Lenzi choisi au contraire de nous montrer la monstruosité dans toute sa cruauté. On a beau espérer voir son héroïne parvenir à reprendre le dessus et vaincre ses bourreaux, Lenzi pousse le vice à toujours rééquilibrer l'intrigue au profit de ceux-ci et ce, jusqu'à ce que surgissent deux événements post-mortem dont je terrai le contenu pour n'en point dévoiler l'intérêt. Si au final Orgasmo n'arbore pas les atours du giallo tel qu'on à l'habitude d'en voir, il demeure un excellent thriller. Dérangeant, épidermique, et diablement pervers. A noter que sa principale interprète Carroll Baker redonnera de sa personne dans les deux autres Gialli érotiques qu'Umberto Lenzi tournera respectivement la même année en 1969 (Così dolce... così perversa ), ainsi que l'année suivante en 1970 (Paranoïa)...

dimanche 14 mai 2017

Gatti Rossi in un Labirinto di Vetro de Umberto Lenzi (1975) - ★★★★★★★☆☆☆



En vacances à Barcelone, un groupe de touristes américains est peu à peu décimé par un tueur en série qui après chaque méfait extraie l’œil gauche de sa victime et l'emporte avec lui. Le groupe est bientôt rejoint par un certain Mark Burton, ancien amant de l'une des voyageuses Paulette Stone. Parmi les membres de l'expédition se trouve Naiba, une jeune lesbienne accompagnée de son amante, d'un père et de sa fille, d'un couple, ainsi que d'un prêtre. Bientôt, c'est Mark Burton qui est suspecté par la police d'être le meurtrier. Mais rien ne pouvant véritablement l'incriminer, la police doit alors chercher ailleurs. Seule certitude pour l'inspecteur Tudela et son adjoint Lara : le tueur est l'un des voyageurs.
Un tueur perpétrant des meurtres à l'arme blanche, ganté, caché sous un imperméable et derrière un masque. C'est certain, il s'agit bien d'un giallo. Et pour se démarquer de la plupart de ses concurrents, le cinéaste italien Umberto Lenzi dont il ne s'agit pas ici du premier essai en la matière (il réalisa les années précédentes Sette orchidee macchiate di rosso ainsi que Spasmo) affuble d'une tenue entièrement rouge. De la tête aux pieds et ce, jusqu'au gant qui passent donc de la couleur noire habituelle au vermeil. Sans doute ainsi pour appuyer l'aspect particulièrement sanglant des meurtres qui pourtant devant la caméra demeurent timides. En effet, à part celui d'une photographe dont la gorge est tranchée et le sang gicle sur un mur, le contact de la lame avec l'anatomie des victimes qui sont toutes féminines est souvent filmé hors champ.

Relativement peu apprécié des spécialistes du genre, Gatti Rossi in un Labirinto di Vetro se révèle pourtant une assez bonne surprise d'autant plus qu'au contraire de certains gialli, celui-ci est beaucoup moins complexe dans le déroulement de son intrigue et ne donnera aucun fil à retordre aux spectateurs peu habitués au genre. C'est sans doute d'ailleurs en raison de l'aspect simpliste du récit que les amateurs ne s'y sont pas retrouvés. Si l'on n'est pas trop exigeant, Gatti Rossi in un Labirinto di Vetro reste une bonne série B italienne des années soixante-dix avec son lot de meurtres, son enquête qui piétine et qui, si on l'étudie de très loin, ressemble parfois aux énigmes tendues par l'ingénieuse écrivaine Agatha Christie (toutes proportions gardées s'entend).

L'un des principaux atouts demeure dans la partition musicale composée par l'italien Bruno Nicolai, auquel on doit les bandes-originales de très nombreux longs-métrages dans les années soixante et soixante-dix dont celle du Caligula de Tinto Brass ou encore sa participation à celles de Le Bon, la Brute et le Truand et Et pour Quelques Dollars de Plus, tout ceux réalisés par Sergio Leone. Il imprime au film d'Umberto Lenzi une ambiance vraiment particulière, mystérieuse et parfois angoissante. Outre la série de meurtres, le cinéaste profite de la relation homosexuelle de deux de ses personnages féminins pour les dévêtir à plusieurs reprises. Au final, Gatti Rossi in un Labirinto di Vetro est donc un petit giallo plaisant à regarder...

vendredi 12 mai 2017

Il Giustiziere Sfida la Città de Umberto Lenzi (1975) - ★★★★★★★☆☆☆



De retour après plusieurs années d'absence, Rambo revient à Milan où il retrouve son ami Pino qui lui offre l'opportunité d'intégrer une police privée se chargeant des affaires que l'autorité légale n'est pas en mesure de régler. Lorsque le fils d'un riche industriel est kidnappé, Pino se charge immédiatement d’enquêter sur sa disparition. Mais alors qu'il est sur le point de découvrir le responsable de cet enlèvement, il est tué par un certain Philip Duval et deux hommes de main. Les trois individus font partie du clan Conti, lequel est responsable de l'enlèvement de l'enfant contre la libération duquel ce parrain de la pègre milanaise exige une rançon d'un million de lires. Dès lors, Rambo prend la décision de se charger lui-même de l'affaire et de libérer le jeune Alberto des mains de Conti et de ses hommes. Pour y parvenir, il va user d'un subterfuge consistant à opposer Conti à un autre parrain local dénommé Paterno, propriétaire d'une salle de jeu florissante et que son principal concurrent aimerait bien lui dérober. Mais alors qu'un combat s'engage entre les deux clans et que'Alberto échappe de justesse à la libération, Rambo se prépare de nouveau à lancer une attaque. D'autant plus que désormais, ses plus proches amis, le fils et l'épouse du défunt Pino ont reçu eux-mêmes des menaces...

La même année que L'uomo della Strada fa Giustizia, le cinéaste italien Umberto Lenzi réalise à nouveau un poliziottesco avec Il Giustiziere Sfida la Città, cette fois-ci interprété par l'acteur Tomas Milian qui dès 1958 et jusqu'en 2014 jouera dans plus de cent-vingt longs-métrages et séries télévisées. Si le héros de ce nouveau néo-polar italien se nomme Rambo, ça n'est pas tout à fait dû au hasard puisque l'on devine derrière ce pseudo, un hommage de Lenzi pour le personnage incarné par l'acteur américain Sylvester Stallone dans la série de films du même nom. Deux autres personnages célèbres du cinéma américain semblent avoir inspiré le cinéaste italien pour réaliser son œuvre. Deux incarnations campées par un seul acteur, le charismatique Clint Eastwood auquel Tomas Milian paraît tenter de rendre hommage. Le Rambo de Il Giustiziere Sfida la Città semble en effet s'identifier à l'homme sans nom de Pour une Poignée de Dollars (on remarquera d'ailleurs l'approche sensiblement similaire des deux longs-métrages en matière de récit) pour sa nonchalance et le cigare qu'il conserve sans cesse coincé entre les lèvres et et l'inspecteur Harry Callahan de Dirty Harry pour ses méthodes expéditives. Retirez les rues vallonnées de San Francisco du premier et le désert mexicain du second et vous obtenez une version rurale et transalpine de ces deux classiques du septième art.
Umberto Lenzi a l'art de mettre en scène des courses poursuite palpitantes et des bagarres énergiques. Tomas Milian possède suffisamment de charisme pour nous faire (presque) oublier les personnages dont le sien s'inspire et l'intrigue est constituée de suffisamment de rebondissements pour que l'on ne s'y ennuie pas une seconde. Bien moins violent et graphiquement sanglant que d'autres poliziottesco, le scénario de Il Giustiziere Sfida la Città est l’œuvre de Vincenzo Mannino. Un excellent polar...

mercredi 10 mai 2017

L'uomo della Strada fa Giustizia de Umberto Lenzi (1975) - ★★★★★★★☆☆☆



Entre 1972 et le début des années quatre-vingt, le cinéaste italien Umberto Lenzi s'est fait connaître chez nous grâce à quelques pépites Z dont deux ou trois longs-métrages consacrés au mythe du cannibale. Si Au pays de l'exorcisme, La Secte des cannibales, Cannibal Ferox et surtout le cultissime nanar L'Avion de l'apocalypse sont tous de lui, Umberto Lenzi a d'abord surfé sur le succès des gialli du cinéaste Dario Argento dont on ne compte plus les grandes œuvres. Lenzi apporte sa pierre à l'édifice avec quelques perles dont le mythique Spasmo en 1974. il créera même un sous-genre érotique en réalisant trois gialli teintés d'érotisme (et que j'espère avoir le temps de traiter prochainement sur Cinémart) : Orgasmo, Così Dolce... Così Perversa et Paranoïa. Mpais c'est dans le poliziottesco (néo-policier) que l'italien trouvera son rythme de croisière en signant un certain nombre de films du genre dont ce L'uomo della strada fa giustizia principalement interprété par l'acteur new-yorkais Henry Silva qui débuta sa carrière majoritairement dans des rôles de méchants avant de la poursuivre en Europe jusque dans les années quatre-vingt.
Ici, il est question de vengeance, d'auto-défense et d'autorité inefficace face à la violence qui gangrène le pays. Henry Silva n'est pas le seul interprète qui ne soit pas d'origine italienne puisqu'à plusieurs reprises il est confronté au commissaire Bertone, celui-là même qui est chargé de l'affaire qui touche ce père de famille dont la petite fille est morte assassinée lors d'un braquage de banque. Bertone, c'est l'acteur français Raymond Pellegrin que l'on a pu voir dans plus de cent-vingt films et qui tourna aussi bien en France qu'aux États-Unis et donc, ici, en Italie.

Polar assez nerveux, L'uomo della strada fa giustizia concentre une bonne partie de son attention sur la violence qui prend ici des formes diverses allant du simple vol de sac à main jusqu'au grand banditisme, en passant par les braquages de banque. Face à elle, un commissariat surchargé en besogne qui sous le poids des affaires doit faire des choix et en privilégier certaines au grand dam de Davide Vannucchi, le père de la gamine, qui alors ne peut que se résoudre à se faire vengeance lui-même. D'autant plus qu'il est tenté par un groupe qui, si dans le fond peut se comprendre et dans la forme se révéler douteux, lui propose de l'intégrer afin de l'aider à mettre la main sur les quatre voyous qui ont tué sa fille.
Umberto Lenzi ouvre les hostilités de manière fort brutale avec cet homicide totalement gratuit et poursuit ses investigations dans le monde de la presse, de groupuscules spécialisés dans l'auto-défense, se fait l'écho d'une police qui traîne des pieds et place en héros un père au cœur qui saigne mais à la volonté farouche et prêt à prendre les armes pour éliminer la lie de la cité. Au point de se transformer parfois en une sorte d'Inspecteur Harry des ménagères (voir sa tentative désespérée pour arrêter les voyous qui s'en prennent à sa voiture vers le début du film). L'uomo della strada fa giustizia est dans le genre poliziottesco une assez belle réussite, avec un Henry Silva à contre-emploi, au charme suranné, et à la violence parfois exacerbée. On aurait peut-être préféré davantage de scènes d'action et un peu moins de bavardage mais ne boudons pas notre plaisir puisque c'est avec ce L'uomo della strada fa giustizia que Cinémart ouvre les hostilités en proposant ce premier article consacré au genre poliziottesco...

dimanche 27 novembre 2016

Cannibal Ferox de Umberto Lenzi (1981)



Niant l'existence des tribus cannibales, la jeune étudiante en anthropologie Gloria Davis se rend en Amazonie en compagnie de son frère Rudy et de leur amie Pat Johnson. Alors que leur jeep s'est embourbée, le trio prend la route à pied à travers la forêt et tombe nez à nez avec les corps mutilés d'un homme et d'une femme. Débarquent alors Mike Logan et Joe Costolani, deux hommes qui fuient une tribu de cannibales qui a déjà fait une victime en la personne du « portugais », un guide qui devait les emmener jusqu'à un filon de rubis.
Malgré le récit que les deux hommes font des événements, le groupe nouvellement formé s'enfonce un peu plus dans la jungle et part à la découverte du village cannibales. Le spectacle qu'y découvrent Gloria, Rudy et Pat est affreux. Le cadavre du « portugais » est méconnaissable. Il a en effet été dépecé et emasculé. Un second cadavre repose au sol, éventré. Heureusement pour le groupe, les hommes du village sont partis chasser. Gloria et ses amis ont tout intérêt à partir u plus vite avant de se retrouver piégés dans ce village qui sent la mort.
Pourtant, malgré les apparence, les cannibales ne sont pas les plus dangereux à craindre dans cet univers hostile et perdu au milieu de nulle part...

Réalisé par Umberto Lenzi profite de l'engouement du cinéma d'horreur italien pour le cannibalisme et le succès d'un film tel que Cannibal Holocaust pour apporter sa touche personnelle au genre. Cannibal Ferox est en effet représentatif de cette vague de shockersqui inonda les salles de cinéma transalpins.
Tout comme son prédécesseur Ruggero Deodato, Umberto Lenzi (qui tourna quelques policiers particulièrement violents) filme un groupe de jeune gens pas vraiment préparés à ce qu'ils vont devoir affronter. Tout comme pour Cannibal Holocaust on pourra reprocher à Cannibal Ferox le massacre d'animaux pour les biens du film. De quoi tourner quelques plans saignants sans avoir recours au moindre effet spécial. La méthode est plus que reprochable et n'apporte pas grand chose à une œuvre au départ sans trop d'intérêt. En effet, le film de Umberto Lenzi s'enlise dans un scénario spectaculairement mince, voire inexistant.

Fort heureusement, on a droit à quelques passages plutôt croustillants. Non pas les quelques scènes de nudité visiblement obligatoires pour ce genre de productions à l'époque, mais les plans horrifiques avouons-le, plutôt bien fichues.
Comment ne pas retenir cette sympathique émasculation d'un personnage un brin dérangé et la suspension par les seins à l'aide de crochets d'une non moins stupide accompagnatrice ? Graphiquement ces deux scènes ont de quoi bouleverser les estomacs les moins avertis mais auront peut-être un peu de mal à contenter ceux qui auront vu l'abominable séance de massacre finale de l’œuvre de Ruggero Deodato.
Cannibal Ferox demeure, parmi le grand nombre de films sur le sujet, comme l'un des meilleurs exemples. Ce qui ne veut malheureusement pas dire qu'il s'agisse là d'un chef-d’œuvre, bien au contraire.

A noter la présence de Giovanni Lombardo Radice, acteur aperçu notamment dans le Frayeurs de l'immense Lucio Fulci...
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