Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Joseph Cotten. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Joseph Cotten. Afficher tous les articles

samedi 13 avril 2024

L'Isola degli Uomini Pesce (Le Continent des hommes poissons) de Sergio Martino (1978) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Auteur de nombreux longs-métrages dont plusieurs gialli et films d'horreur, le réalisateur italien Sergio Martino est au même titre que Dario Argento, Michele Soavi, Mario Bava, Luigi Cozzi, Lucio Fulci, Bruno Mattei ou encore Umberto Lenzi l'un des cinéastes transalpins les plus reconnus par les amateurs de cinéma fantastique ou d'épouvante des années 60, 70 et 80. L'Isola degli Uomini Pesce sorti chez nous sous le titre Le Continent des hommes poissons fait partie de ces œuvres dont le titre est devenu peu ou prou légendaire mais dont le contenu n'est pas toujours à la hauteur de sa réputation. Mais qu'il s'agisse de La montagna del dio cannibale ou de Assassinio al Cimitero Etrusco, tout ce qui touche de loin ou de près au cinéma de Sergio Martino mérite un moment d'attention... qui devra cependant perdurer au delà d'une première moitié de récit que l'on pourrait évoquer de terriblement ennuyeuse. En effet, durant trente ou quarante bonnes minutes, l'intrigue s'appesantit sur ses personnages en ne laissant que peu d'alternatives au sujet qui plus tard préoccupera notamment le docteur Claude de Ross (l'acteur Claudio Cassinelli) qui au départ du récit était en route pour le bagne de Cayenne lorsque le navire qui les transportait lui et un certain nombre de futurs bagnards fit naufrage sur la côte d'une petite île dirigée de main de fer par l'immonde Edmond Rackham. Ce dernier, incarné par l'acteur britannique Richard Johnson tente de maintenir en vie le professeur Ernest Marvin (Joseph Cotten). Ancien biologiste radié de l'ordre des médecins pour avoir osé se lancer dans des expériences visant à pratiquer d'étranges mutations entre hommes et animaux, ce dernier évoque très sensiblement le roman de l'écrivain britannique H. G. Wells qui en 1895 écrivit l'essai The Limits of Individual Plasticity avant de prolonger sa théorie sur l'expérimentation animale en publiant l'année suivante l'une de ses œuvres les plus célèbres, The Island of Dr. Moreau ! Roman de science-fiction ayant connu nombre d'adaptations au cinéma, à la télévision et même en littérature, l'ouvrage pénètre littéralement les esprits des spectateurs lorsque sont décrites, assez grossièrement d'ailleurs, les expériences menées par le professeur Ernest Marvin.


Les hommes-poissons du film demeurant donc comme l'un des fruits de ses recherches même si certaines affirmations semblent aller en totale contradiction avec plusieurs propos tenus notamment par Edmond Rackham, individu avare, peu scrupuleux et ne possédant pas une once de morale lorsqu'il s'agit de faire du profit ! L'idée principale de Sergio Martino n'étant pas de se contenter de reprendre le concept de l'écrivain britannique, le réalisateur et ses scénaristes Sergio Donati, Cesare Frugoni et Luciano Martino intègrent un sujet qui a fait et continue de faire fantasmer et parler de lui. Un sujet inépuisable malgré son grand âge puisque sa première évocation semble remonter à l'époque de Platon lors de l'écriture des dialogues Timée et Critias plus de quatre-cent ans avant Jésus Christ. On parle là de l'Atlantide, une île qui se situerait au delà des montagnes délimitées par le détroit de Gibraltar et qui aurait été engloutie lors d'un cataclysme provoqué par Zeus. Si Sergio Martino se désintéresse du récit propre à sa construction dans l'antiquité, il permet au principal antagoniste de L'Isola degli Uomini Pesce de justifier ''l'incarcération'' du professeur Ernest Marvin qu'il utilise à des fins strictement pécuniaires. Ayant localisé le site situé sous les fondations de son île, l'homme utilise une substance créée par le professeur afin de garder le contrôle sur des créatures amphibiennes auxquelles il ordonne de récupérer les trésors enfouis sous l'océan dans ce qu'il juge être justement l'Atlantide. Richard Johnson incarne un individu véritablement affreux, amoral, détenant un certain pouvoir et maintenant de force auprès de lui, la propre fille du professeur, Amanda Marvin. Incarnée par Barbara Bach, la jeune femme nourrit les créatures à l'aide de l'étrange substance, laquelle peut être comparée à une drogue. Si dans un premier temps le film de Sergio Martino s'avère on ne peut plus inintéressant, au fil de l'aventure, l'attention du spectateur finit par se focaliser autour de Claude de Ross, de la jeune femme et de leur... ''geôlier'' ! L'Isola degli Uomini Pesce gagne alors en intensité même si d'un point de vue strictement technique, on est loin du blockbuster et très proche du cinéma Z. Mais ce qui empêche le film de tomber dans de basses besognes est la générosité du cinéaste à multiplier les actes de bravoure. Et même si ses créatures font plus généralement pouffer de rire par leur esthétique foireuse que par réellement faire peur, on quitte l'aventure avec la conviction d'avoir passé un très agréable moment de cinéma bis...

 

mardi 1 août 2017

L'Abominable Docteur Phibes de Robert Fuest (1971) - ★★★★★★★☆☆☆



Ne pouvant supporter le décès de son épouse survenu au cours d'une opération chirurgicale, le docteur Anton Phibes décide de venger sa mort en invoquant les dix plaies d’Égypte. Lorsque le corps de deux chirurgiens sont retrouvés morts dans des circonstances étranges, l'enquête est confiée au détective de Scotland Yard, l'inspecteur principal Trout. La première victime est morte de nombreuses piqûres de guêpes et la deuxième est retrouvée exsangue, vidée de son sang par plusieurs vampires (on parle bien entendu ici de l'animal de la sous-famille des Desmodontinae qui se nourrissent en général de sang animal). Lorsqu'une troisième victime est retrouvée morte étranglée par le masque qu'elle portait lors d'un bal masqué, Trout fait le rapprochement entre les victimes et les Dix plaies d’Égypte (la première mort évoquant Les furoncles. La seconde, probablement la mort des troupeaux. Et la troisième, les Grenouilles). En enquêtant sur les trois hommes, Trout constate qu'en plus de travailler tous les trois dans le domaine médical, ils ont tous travaillé aux côtés d'un certain Docteur Vesalius, lui-même chirurgien. 
Les trois mort, Vesalius, ainsi que cinq autres spécialistes ont tous en commun d'avoir participé à l'opération de Victoria Phibes qui s'est terminée tragiquement. Alors que Trout évoque l'idée d'une vengeance orchestrée par le docteur Phibes, Vesalius lui annonce que la chose est impossible : en effet, Anton Phibes est mort quatre années auparavant dans un accident de voiture. Afin de s'assurer que la chose est acquise, Trout, le sergent Tom Schenley ainsi qur le Docteur Vesalius se rendent dans la crypte où sont censés reposer Phibes et sa femme. A l'ouverture des tombes, les cendres de Phibes sont bien présentes tandis que le corps de Victoria, lui, a disparu. Convaincu que les cendres ne sont peut-être pas celles de Phibes, Trout décide d'investir la demeure du docteur prétendument mort. Pendant ce temps là, les morts se multiplient, les victimes connaissant toutes un sort horrible...

Lorsqu'il interprète le rôle-titre en cette année 1971, l'acteur Vincent Price a déjà une solide carrière derrière lui et s'apprête à tourner pour une bonne vingtaine d'années supplémentaires. L'Abominable Docteur Phibes n'est peut-être pas le meilleur film de ce géant du cinéma d'épouvante mais il demeure une excellente alternative au renouveau du cinéma de genre qui commence à faire des petits depuis la toute fin des années soixante. Le genre vient en effet de connaître un grand bouleversement avec la sortie de La Nuit des morts-vivants de George Romero et s'apprête à recevoir de plein fouet l'électrochoc L'Exorciste de William Friedkin. Contrairement à ce que l'on pourrait supposer, le film de Robert Fuest n'est pas une œuvre produite par la Hammer Film Productions à laquelle on pourrait fort logiquement rapprocher l'acteur Vincent Price. Robert Fuest n'est pas un inconnu en matière de cinéma d'épouvante puisqu(après avoir réalisé le classique Les Hauts de Hurlevent en 1970, il s'est ensuite spécialisé dans l'épouvante (puis dans la science-fiction en réalisant Les Décimales du Futur) et a notamment tourné La Pluie du Diable en 1975, mais aussi, trois ans auparavant, la suite du film dont on parle ici, Le Retour de l'abominable Docteur Phibes
Les premières aventures du Docteur Phibes, en comparaison de la tendance que prenait le cinéma d'épouvante en ce début des années soixante-dix, demeure tout de même assez plaisant à découvrir. Bien qu'en ayant immédiatement pris un coup de vieux de part son ambiance et son approche 'à l'ancienne', l’œuvre de Fuest demeure tout à fait appréciable même si, force est de constater que le film tourne autour de deux principes relativement simples : d'un côté, l'enquête de l'inspecteur Trout (l'acteur Peter Jeffrey), et de l'autre, la série de meurtres commis par le Docteur Anton Phibes. Peu de sang au programme, mais des meurtres originaux dont celui perpétré à l'aide de sauterelles et devenu, depuis, un classique incontournable lorsqu'il s'agit d'évoquer le film. Quarante-six ans après sa création, L'Abominable Docteur Phibes demeure un très bon film d'épouvante avec ce soupçon de baroque cher au cinéma britannique de l'époque. A voir ou.. à revoir...

vendredi 12 mai 2017

Il Giustiziere Sfida la Città de Umberto Lenzi (1975) - ★★★★★★★☆☆☆



De retour après plusieurs années d'absence, Rambo revient à Milan où il retrouve son ami Pino qui lui offre l'opportunité d'intégrer une police privée se chargeant des affaires que l'autorité légale n'est pas en mesure de régler. Lorsque le fils d'un riche industriel est kidnappé, Pino se charge immédiatement d’enquêter sur sa disparition. Mais alors qu'il est sur le point de découvrir le responsable de cet enlèvement, il est tué par un certain Philip Duval et deux hommes de main. Les trois individus font partie du clan Conti, lequel est responsable de l'enlèvement de l'enfant contre la libération duquel ce parrain de la pègre milanaise exige une rançon d'un million de lires. Dès lors, Rambo prend la décision de se charger lui-même de l'affaire et de libérer le jeune Alberto des mains de Conti et de ses hommes. Pour y parvenir, il va user d'un subterfuge consistant à opposer Conti à un autre parrain local dénommé Paterno, propriétaire d'une salle de jeu florissante et que son principal concurrent aimerait bien lui dérober. Mais alors qu'un combat s'engage entre les deux clans et que'Alberto échappe de justesse à la libération, Rambo se prépare de nouveau à lancer une attaque. D'autant plus que désormais, ses plus proches amis, le fils et l'épouse du défunt Pino ont reçu eux-mêmes des menaces...

La même année que L'uomo della Strada fa Giustizia, le cinéaste italien Umberto Lenzi réalise à nouveau un poliziottesco avec Il Giustiziere Sfida la Città, cette fois-ci interprété par l'acteur Tomas Milian qui dès 1958 et jusqu'en 2014 jouera dans plus de cent-vingt longs-métrages et séries télévisées. Si le héros de ce nouveau néo-polar italien se nomme Rambo, ça n'est pas tout à fait dû au hasard puisque l'on devine derrière ce pseudo, un hommage de Lenzi pour le personnage incarné par l'acteur américain Sylvester Stallone dans la série de films du même nom. Deux autres personnages célèbres du cinéma américain semblent avoir inspiré le cinéaste italien pour réaliser son œuvre. Deux incarnations campées par un seul acteur, le charismatique Clint Eastwood auquel Tomas Milian paraît tenter de rendre hommage. Le Rambo de Il Giustiziere Sfida la Città semble en effet s'identifier à l'homme sans nom de Pour une Poignée de Dollars (on remarquera d'ailleurs l'approche sensiblement similaire des deux longs-métrages en matière de récit) pour sa nonchalance et le cigare qu'il conserve sans cesse coincé entre les lèvres et et l'inspecteur Harry Callahan de Dirty Harry pour ses méthodes expéditives. Retirez les rues vallonnées de San Francisco du premier et le désert mexicain du second et vous obtenez une version rurale et transalpine de ces deux classiques du septième art.
Umberto Lenzi a l'art de mettre en scène des courses poursuite palpitantes et des bagarres énergiques. Tomas Milian possède suffisamment de charisme pour nous faire (presque) oublier les personnages dont le sien s'inspire et l'intrigue est constituée de suffisamment de rebondissements pour que l'on ne s'y ennuie pas une seconde. Bien moins violent et graphiquement sanglant que d'autres poliziottesco, le scénario de Il Giustiziere Sfida la Città est l’œuvre de Vincenzo Mannino. Un excellent polar...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...