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mardi 16 juillet 2024

La Planète des Singes : Le Nouveau Royaume de Wes Ball (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Pour certains, La planète des singes est et restera à tout jamais l’œuvre culte de Franklin Schaffner sortie les écrans en 1968 et adapté du roman de l'écrivain français Pierre Boulle. Pour d'autres, le meilleur de la franchise aura sans doute été atteint dès 2005 et jusqu'en 2017 grâce au trois longs-métrages intitulés Les origines, L'affrontement et sous forme d'apothéose, Suprématie. Les deux derniers ayant été réalisés par le très talentueux Matt Reeves, l'on pouvait espérer le voir reprendre une troisième fois les rennes de la saga, mais depuis occupé sur le tournage de The Batman sorti en 2022 et de sa future séquelle dont la diffusion sur les écrans de cinéma est prévue pour 2026, l'auteur du formidable Let me in (remake du tout aussi remarquable Morse du réalisateur suédois Tomas Alfredson) a laissé la place à son compatriote Wes Ball qui jusqu'ici s'est fait connaître dans le monde entier grâce à la trilogie Le labyrinthe dont il a réalisé les trois volets en 2014, 2015 et 2018. Alors que son prochain projet basé sur l'univers du jeu vidéo The Legend of Zelda est en cours de développement et devrait une fois dans les salles obscures attirer des millions de fans de la franchise, Wes Ball a donc accepté le périlleux projet de relancer la franchise la planète des singes avec ce dixième long-métrage intitulé Le nouveau royaume. Effaçant du coup la présence du charismatique César évoqué pour la toute première fois en 1971 dans Les Évadés de la planète des singes de Don Taylor, l'intrigue se déroule plusieurs générations après que le fils de Bright Eyes ait disparu. Contrairement à ce qu'aurait pu laisser supposer la bande annonce, La planète des singes : Le nouveau royaume n'est pas le remake de l’œuvre originale à laquelle semblent pourtant se référer les images. Car en 2024 comme en 1968, les singes règnent en maîtres sur la planète tandis que l'homme est retourné à l'état sauvage. On se souvient encore très bien de la rencontre entre l'astronaute George Taylor (l'acteur Charlton Heston) et des humains s'exprimant à l'aide de borborygmes et vêtus de peaux de bêtes.


Des hommes et des femmes qui semblent recouper avec celles et ceux qui l'on découvre dans ce nouveau long-métrage. Sauf qu'ici, nulle trace d'une navette s'étant écrasée sur le sol de notre planète. Ici, le véritable héros de l'histoire s'appelle Noa (Owen Teague). Il s'agit d'un chimpanzé, fils de Koro (Neil Sandilands), le chef d'un village constitué de dresseurs d'aigles, lequel découvre lors d'une collecte d’œufs au cœur de nids appartenant à des rapaces aux côtés de ses amis Anaya (Travis Jeffery) et Soona (Lydia Peckham), la présence d'un humain qui devrait se trouver dans une zone interdite aux singes et qui pourtant a pris le risque de s'approcher de leur territoire. De retour au village les bras chargés d’œufs qui serviront pour le rituel de passage à l'âge adulte, le soir-même Noa découvre que l'humain s'est introduit dans la réserve de nourriture. En prenant la fuite, celui-ci frappe Noa au ventre, lequel perd l’œuf qui aurait dû lui servir pour le rite. Bien décidé à s'en procurer un autre, le valeureux chimpanzé part de nuit et tombe en chemin sur une tribu de guerriers masqués (un clan dominé par des gorilles et des chimpanzés asservissant leurs propres congénères) qui sous prétexte de se battre au nom de César mettent à feu et à sang les villages qu'ils croisent sur leur route. Bientôt, ceux-ci parviennent jusqu'au village de Koro qu'ils détruisent là encore, laissant pour mort Noa, assassinant le chef du camp et kidnappant le reste des habitants. Noa n'a alors plus qu'une idée en tête. Se lancer à la poursuite des singes masqués afin de libérer ses amis Anaya et Soona ainsi que le reste des habitants du village... Ôtez leurs poils à Noa et Raka, un orang-outang qui cherche à perpétuer les valeurs de César et que le héros rencontre en cours de route, et l'on se retrouve devant l'un de ces innombrables films d'aventures constitués de quêtes diverses et variées mais dont le fond est souvent (voire toujours) le même.


Ici, l'initiation passe par l'enseignement d'un César convaincu à son époque que le singe et l'homme pouvaient vivre en harmonie. Raka rappelle d'ailleurs très justement cette époque révolue sans pour autant évoquer celle où l'humain dominait seul le monde. Si dans le fond l'histoire se répète éternellement, la forme est telle qu'il est presque impossible de décrocher. La Montion-Capture atteignant un niveau de qualité au moins égal aux volets de la précédente trilogie, le réalisme des visages ou des animations propres aux créatures animales du film demeure encore une fois tout simplement bluffant. Plus l'histoire de La planète des singes dans sa globalité avance et moins les traces de civilisation humaines sont visibles. Le récit prêche donc moins la technologie que les préceptes édictés par le premier Ancien, César, couchés dans des manuscrits servant de témoignages d'un passé remontant à trois siècles en arrière. Depuis, les choses ont bien changées et ça n'est pas tant l'humain qui se dresse en grand méchant du récit que le singe lui-même ! Tout n'est donc histoire que de recyclage pour cette planète des singes : Le nouveau royaume qui fait malgré tout le taf. Entre l'aventure propre à Noa et Raka (Peter Macon), les fantastiques décors, entre rares vestiges de l'humanité et forêts luxuriantes, les quelques moments de forte émotion (comme Noa se penchant au dessus du cadavre de son père ou la traversée du pont) ou de franche rigolade (l'évocation de l'odeur forte dégagée par la jeune Nova rencontrée en chemin), ce nouvel opus de la franchise La planète des singes mérite très certainement ses cent-soixante cinq millions de dollars de budget bien qu'en comparaison des deux volets précédemment réalisés par Matt Reeves celui-ci peine à se hisser à leur hauteur. Reste que La planète des singes : Le nouveau royaume demeure un formidable spectacle au message sociétal forcément contemporain. Une œuvre de plus de cent-trente cinq minutes qui donne envie que la franchise se poursuive une fois encore avec aux commandes, sait-on jamais et pourquoi pas, le retour de Matt Reeves... ?

 

dimanche 19 mai 2024

Le choc des titans de Desmond Davis (1981) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Parmi toutes les œuvres cinématographiques évoquant la mythologie grecque, deux marquèrent en particulier les esprits des spectateurs dans le courant du siècle dernier. Jason et les argonautes de Don Chaffey ainsi que Le choc des titans de Desmond Davis. En 1963, le premier se pencha sur le mythe de Jason et de la Toison d'or. Quant au second, il s'intéressa à Persée, fils de Danaé et du Dieu Zeus. Jetés à la mer par le roi d'Argos, Acrisios, la mère et l'enfant seront malgré tout sauvés de la noyade et arriveront jusqu'au rivage de l'île de Sérifos où grandira Persée jusqu'à ses vingt ans. Deux décennies plus tard, le fils de Thétis, Calibos, était jusqu'à maintenant voué à épouser la princesse Andromède, fille de la reine Cassiopée. Mais ayant fait tuer le troupeau de chevaux volants de Zeus, massacre dont seul Pégase survécu, le Dieu transforma Calibos en une créature hideuse afin d’empêcher son mariage avec la magnifique princesse. Depuis, chaque prétendant au trône doit résoudre une énigme s'il veut prendre la main d'Andromède. À défaut de quoi, il mourra sur le bûcher. Lorsqu'après un long voyage Persée arrive en ville, il se présente devant la reine en affirmant vouloir relever le défi. Le jeune homme parvient à résoudre l'énigme et gagne donc les faveurs de la reine et de sa fille. Mais alors que durant la cérémonie Cassiopée ose comparer la beauté de sa fille à celle de la déesse Thétis, une représentation de celle-ci ordonne à ce qu'Andromède soit offerte en sacrifice au Kraken d'ici les trente prochains jours. Persée va alors se lancer dans une longue et périlleuse aventure afin de sauver la vie de celle qu'il vient tout juste de faire sienne... Si l'on ne devait comparer les deux longs-métrages que sur un seul point, nous évoquerions sans doute la difficulté qu'a le second a conserver son impact visuel de nos jours. Pourtant plus récent de dix-huit ans que Jason et les argonautes, certains effets-spéciaux du Choc des titans ont malheureusement pris un sacré coup de vieux. Tandis qu'en 1963 l'on pouvait critiquer l'aspect relativement kitsch des décors mettant en scène les divinités grecques, en 1981, la désuétude semble s'être généralisée avec ceux des différentes cités où se déroule l'action.


Des colonnes aux bâtisses en passant par les grottes, tout ou presque semble provenir de chutes de la série originale Star Trek réalisée entre 1966 et 1969. De ce point de vue là, Le choc des titans s'avère donc plutôt cheap, voire carrément ringard. Fort heureusement, le film de Desmond Davis possède d'autres qualités qui permettent de passer outre son visuel architectural souvent irréaliste. À commencer bien entendu par l'immense apport des effets visuels créés par Ray Harryhausen. Car tout comme pour Jason et les argonautes, ce spécialiste de la Stop Motion fut l'auteur de quelques mémorables séquences pour ce qui s'avérera son dernier long-métrage en tant que concepteur d'effets-spéciaux (il ne demeurera en effet que consultant sur Mighty Joe Young de Ron Underwood en 1998). Pourtant, si l'on devait une fois de plus comparer les deux œuvres, c'est bien Jason et les argonautes qui remporterais le combat. Et ce, malgré des animations qui dans le cas du Choc des titans s'avèrent en général quasiment parfaites (Pégase, Calibos (incarné par Meil McCarthy) ou encore la superbe confrontation entre Persée et la Gorgone Médusa) tandis que d'autres font peine à voir (le Kraken). Mais alors, que ressort-il de ce mythique Choc des titans si dans des domaines aussi fondamentaux que ceux des effets-spéciaux d'animation ou des décors le film reste critiquable ? Et bien, son histoire. Car dans ce domaine, le récit du choc des titans dépasse de loin celui de Jason et les argonautes. Si l'un comme dans l'autre nous convient à des aventures pleines de péripéties fantastiques, il faut reconnaître que le script de Beverley Cross dépasse de très loin celui que le scénariste avait déjà eu la charge d'écrire aux côtés de Jan Read dix-huit ans auparavant. Si le déroulement des aventures mettant en scène le personnage de Jason s'avérait somme toute assez linéaire, la combinaison de sous-intrigues dans le cas du choc des titans permet à ce dernier de livrer un récit beaucoup plus riche. En 2010 sortira sur les écrans Le choc des titans version Louis Leterrier. Preuve que les effets-spéciaux ne font pas tout. Une œuvre d'ailleurs très inférieure à son ancêtre...

 

samedi 13 avril 2024

L'Isola degli Uomini Pesce (Le Continent des hommes poissons) de Sergio Martino (1978) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Auteur de nombreux longs-métrages dont plusieurs gialli et films d'horreur, le réalisateur italien Sergio Martino est au même titre que Dario Argento, Michele Soavi, Mario Bava, Luigi Cozzi, Lucio Fulci, Bruno Mattei ou encore Umberto Lenzi l'un des cinéastes transalpins les plus reconnus par les amateurs de cinéma fantastique ou d'épouvante des années 60, 70 et 80. L'Isola degli Uomini Pesce sorti chez nous sous le titre Le Continent des hommes poissons fait partie de ces œuvres dont le titre est devenu peu ou prou légendaire mais dont le contenu n'est pas toujours à la hauteur de sa réputation. Mais qu'il s'agisse de La montagna del dio cannibale ou de Assassinio al Cimitero Etrusco, tout ce qui touche de loin ou de près au cinéma de Sergio Martino mérite un moment d'attention... qui devra cependant perdurer au delà d'une première moitié de récit que l'on pourrait évoquer de terriblement ennuyeuse. En effet, durant trente ou quarante bonnes minutes, l'intrigue s'appesantit sur ses personnages en ne laissant que peu d'alternatives au sujet qui plus tard préoccupera notamment le docteur Claude de Ross (l'acteur Claudio Cassinelli) qui au départ du récit était en route pour le bagne de Cayenne lorsque le navire qui les transportait lui et un certain nombre de futurs bagnards fit naufrage sur la côte d'une petite île dirigée de main de fer par l'immonde Edmond Rackham. Ce dernier, incarné par l'acteur britannique Richard Johnson tente de maintenir en vie le professeur Ernest Marvin (Joseph Cotten). Ancien biologiste radié de l'ordre des médecins pour avoir osé se lancer dans des expériences visant à pratiquer d'étranges mutations entre hommes et animaux, ce dernier évoque très sensiblement le roman de l'écrivain britannique H. G. Wells qui en 1895 écrivit l'essai The Limits of Individual Plasticity avant de prolonger sa théorie sur l'expérimentation animale en publiant l'année suivante l'une de ses œuvres les plus célèbres, The Island of Dr. Moreau ! Roman de science-fiction ayant connu nombre d'adaptations au cinéma, à la télévision et même en littérature, l'ouvrage pénètre littéralement les esprits des spectateurs lorsque sont décrites, assez grossièrement d'ailleurs, les expériences menées par le professeur Ernest Marvin.


Les hommes-poissons du film demeurant donc comme l'un des fruits de ses recherches même si certaines affirmations semblent aller en totale contradiction avec plusieurs propos tenus notamment par Edmond Rackham, individu avare, peu scrupuleux et ne possédant pas une once de morale lorsqu'il s'agit de faire du profit ! L'idée principale de Sergio Martino n'étant pas de se contenter de reprendre le concept de l'écrivain britannique, le réalisateur et ses scénaristes Sergio Donati, Cesare Frugoni et Luciano Martino intègrent un sujet qui a fait et continue de faire fantasmer et parler de lui. Un sujet inépuisable malgré son grand âge puisque sa première évocation semble remonter à l'époque de Platon lors de l'écriture des dialogues Timée et Critias plus de quatre-cent ans avant Jésus Christ. On parle là de l'Atlantide, une île qui se situerait au delà des montagnes délimitées par le détroit de Gibraltar et qui aurait été engloutie lors d'un cataclysme provoqué par Zeus. Si Sergio Martino se désintéresse du récit propre à sa construction dans l'antiquité, il permet au principal antagoniste de L'Isola degli Uomini Pesce de justifier ''l'incarcération'' du professeur Ernest Marvin qu'il utilise à des fins strictement pécuniaires. Ayant localisé le site situé sous les fondations de son île, l'homme utilise une substance créée par le professeur afin de garder le contrôle sur des créatures amphibiennes auxquelles il ordonne de récupérer les trésors enfouis sous l'océan dans ce qu'il juge être justement l'Atlantide. Richard Johnson incarne un individu véritablement affreux, amoral, détenant un certain pouvoir et maintenant de force auprès de lui, la propre fille du professeur, Amanda Marvin. Incarnée par Barbara Bach, la jeune femme nourrit les créatures à l'aide de l'étrange substance, laquelle peut être comparée à une drogue. Si dans un premier temps le film de Sergio Martino s'avère on ne peut plus inintéressant, au fil de l'aventure, l'attention du spectateur finit par se focaliser autour de Claude de Ross, de la jeune femme et de leur... ''geôlier'' ! L'Isola degli Uomini Pesce gagne alors en intensité même si d'un point de vue strictement technique, on est loin du blockbuster et très proche du cinéma Z. Mais ce qui empêche le film de tomber dans de basses besognes est la générosité du cinéaste à multiplier les actes de bravoure. Et même si ses créatures font plus généralement pouffer de rire par leur esthétique foireuse que par réellement faire peur, on quitte l'aventure avec la conviction d'avoir passé un très agréable moment de cinéma bis...

 

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