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samedi 6 décembre 2025

Cannibalis, au Pays de l'Exorcisme de Umberto Lenzi (1972)



Le photographe John Bradley quitte Londres pour la Thaïlande d'où il compte ramener des photos de la faune. Après avoir connu quelques soucis dans un bar, il quitte la civilisation et longe le principal fleuve du pays en compagnie de son guide. Prenant des photos sous-marines, John s'enfonce de plus en plus dans l'inconnu. Alors qu'il se repose dans l'embarcation, à son réveil, le guide a disparu. Jetant un œil au loin, le photographe l'aperçoit, une flèche traversant sa gorge. Lorsque John s'approche du corps, il tombe dans un piège.
Le voilà prisonnier d'une tribu sauvage qui visiblement a suivit l'embarcation durant plusieurs jours puisque John est pris pour une sorte d'homme-poisson. Lorsqu'il est ramené au camp, il est enfermé. Une jeune et jolie femme, Maraya, l'a remarqué. Alors que le sort de John semble être scellé, Maraya demande à ce que le photographe soit épargné.

Au fil des jours et des semaines, John s'habitue à vivre au milieu de cette tribu aux coutumes étranges. Il essaie tout d'abord de fuir, puis accepte son sort et fini par faire partie intégrante du village. Au point même d'accepter d'épouser Maraya...

Considéré comme le toute premier film de cannibales, Umberto Lenzi avec ce Cannibalis, au Pays de l'Exorcisme a lancé un nouveau genre de films d'aventures centrés sur ces tribus aux mœurs particulières. Un type de films auxquels Umberto Lenzi lui-même a participé à plusieurs reprises. On lui doit effectivement La Secte de Cannibales ainsi que le très connu Cannibal Ferox. Moins connu que le glauquissime Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato, Cannibalis lui demeure cependant nettement supérieur, et ce, à tout point de vue.
Contrairement à ce qu'écrivent certains, la tribu sur laquelle tombe le héros ne pratique pas le cannibalisme. On ne rencontre d'ailleurs des anthropophages que durant quelques minutes, justifiant ainsi le titre du film.

Beaucoup mieux interprété que la majeure partie des œuvres qui sont consacrées au genre, le film de Umberto Lenzi a ceci de reprochable qu'il accumule les scènes d'atrocités dont de nombreux animaux font réellement les frais. Serpents, singes, alligators... on assiste impuissants à un véritable carnage, pratique habituelle dans le cinéma horrifique transalpin des années soixante-dix. Les protecteurs des animaux risquent de ne pas aimer la vision de créatures égorgées, éventrées et éviscérées, tout cela sans qu'elles aient été préalablement tuées.

En dehors de ces scènes parfaitement choquantes, on appréciera l’œuvre qui outre ces abominations se révèle finalement timides en terme d'horreur. A part quelques membres coupés, on assiste surtout aux us et coutumes de cette tribu au départ plutôt inquiétante mais qui se révèle finalement inoffensive au regard de celles tapies plus loin dans la forêt. Cannibalis, au Pays de l'Exorcisme est donc un excellent film de « cannibales », du moins l'un des plus intéressants, et demeure sans doute comme l'une des meilleures productions qu'ait signé son auteur...

mercredi 14 août 2024

I Predatori di Atlantide (Les prédateurs du futur) de Ruggero Deodato (1983) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Sacré Ruggero Deodato... Après avoir signé l'un des films d'horreur les plus malsains et les plus controversés de l'histoire du cinéma en 1980 avec Cannibal Holocaust, voici que trois ans plus tard il revenait avec un authentique nanar intitulé dans son pays I Predatori di Atlantide, à l'internationale Atlantis Interceptors et chez nous sous le très pompeux titre, Les prédateurs du futur. Un titre à l'effarant anachronisme si l'on tient compte du fait que les antagonistes du récit proviennent en théorie de la légendaire île de l'Atlantide évoquée près de trois-cent cinquante ans avant Jésus Christ dans les Dialogues du philosophe Antique Platon, Timée et Critias... C'est donc du passé que viennent ces derniers et non pas d'un futur évoqué par la traduction française ou par l'affiche qui promet que l'intrigue se déroule en 1994 à Miami alors que le film fut tourné en 1983. Tout commence (ou presque) à bord d'une plate-forme de recherche océanographique où le docteur Cathy Rollins (l'actrice Gioia Scola) étudie une étrange rune de l'époque précolombienne découverte alors qu'une équipe de scientifiques terminaient les travaux d'extraction d'un sous-marin nucléaire d'origine soviétique. Cependant, durant l'analyse de l'objet, un phénomène extraordinaire se produit très exactement sous la plate-forme. En effet, un immense dôme de verre surgit de l'océan et fait chavirer les installations. Les rares survivants sont heureusement secourus par trois hommes qui faisaient du bateau non loin de là. Ces derniers, prénommés Mike, Washington et Manuel sont incarnés à l'écran par John Vasallo, Tony King et surtout Christopher Connelly. Si le premier n'a tourné dans aucun autre long-métrage et si le second est apparu dans le film de Blaxploitation Shaft, les nuits rouges de Harlem de Gordon Parks en 1971, dans Le Parrain de Francis Ford Coppola l'année suivante sans pour autant y être crédité ou en 1984 dans un épisode de la série Magnum, le troisième demeure l'acteur le plus connu à avoir joué dans Les prédateurs du futur. Interprète d'origine américaine, il s'est notamment illustré à l'échelle mondiale pour son rôle de Norman Harrington dans la série Peyton Place qu'il incarna pas moins de quatre-cent quatre-vingt dix fois.


Mais pour les amateurs de cinéma bis horrifico-fantastique, Christopher Connelly demeurera connu pour avoir joué dans La Malédiction du pharaon de Lucio Fulci en 1982, Les Guerriers du Bronx d'Enzo G. Castellari la même année ou encore Strike Commando : Section d'assaut de Bruno Mattei en 1987 ! Nous noterons également la présence de Michele Soavi qui en ce temps là n'avait pas encore tourné son Giallo culte, Bloody Bird et qui dans ce film incarne le rôle de James... Dans l'imaginaire de tout un chacun, l'Atlantide est un lieu mythique et englouti à l'architecture très particulière. Quant à ses habitants, les atlantes, leur apparence diverge souvent mais une chose est certaine : jamais ils n'auraient ressemblé aux antagonistes de ces Prédateurs du futur dont le look est décidément la marque de fabrique des costumiers du cinéma fantastique, horrifique et d'anticipation italien des années quatre-vingt ! Qu'il s'agisse des travaux effectués sur les costumes par Adriana Spadaro pour 2019 après la chute de New York de Sergio Martino, par Elda Chinellato pour Les rats de Manhattan de Bruno Mattei, par Mario Giorsi pour Les nouveaux barbares d'Enzo G. Castellari, par Luciana Marinucci pour Les Exterminateurs de l'an 3000 de Giuliano Carnimeo ou comme ici par Giuliana Serano, heureusement que le ridicule ne tue pas car parmi les rangs de l'équipe technique et parmi les interprètes, il y aurait sans doute eut moins de survivants que parmi les personnages du film ! Écrit par Vincenzo Tomassi et Dardano Sacchetti (ce dernier est resté célèbre pour avoir côtoyé une partie des œuvres de Dario Argento, Umberto Lenzi, Mario Bava et bien sûr, Lucio Fulci), Les prédateurs du futur est étonnamment creux. Malgré une toute première partie riche de promesses, la suite n'est vraiment pas à la hauteur avec une succession de fusillades et de courses-poursuites très en deçà de Mad Max 1 et 2 de George Miller auxquels se réfère inconsciemment ou non le long-métrage de Ruggero Deodato. Nos héros se confrontent en permanence à des hommes et des femmes montés sur des motos ou se déplaçant à pieds, accoutrés de manière souvent ridicule (toujours cette histoire de costumes). Mais surtout, la promesse d'une Atlantide surgissant des eaux est loin de tenir sa promesse. Rien ne ressemblant plus à un film post-apocalyptique italien qu'un autre film post-apocalyptique italien, rien ne distingue vraiment Les prédateurs du futur de ses congénères transalpins. Moche et répétitif, niveau Acting, là encore, y'a du boulot ! Concernant la bande originale composée par Guido et Maurizio De Angelis, je ne vous ferai pas l'affront de décrire cette bouillie FM et infâme dans le détail Bref, les amateurs de nanars vont se régaler. Les autres passeront sans doute leur chemin...

 

vendredi 22 mai 2020

Le Dernier Monde Cannibale de Ruggero deodato (1977) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Le Dernier Monde Cannibale de Ruggero Deodato. Ou le rital qui n'a pas attendu de tourner son célèbre Cannibal Holocaust pour exhiber à l'écran d’écœurantes scènes de meurtres d'animaux qui n'ont rien de commun avec le septième art. Ici, on est davantage dans la complaisance, comme chez son compatriote Umberto Lenzi qui signera quatre ans plus tard un Cannibal Ferox totalement gratuit. Autant dans les actes perpétrés par les cannibales en questions que par deux trafiquants d'émeraudes qui tuaient et violaient en toute impunité. Mais avant tout cela, il y eut Au pays de l'Exorcisme d'Umberto Lenzi en 1972. Et s'il attendra jusqu'en 180 et La Secte des Cannibales pour s'approcher une nouvelle fois du mythe, d'autre s'en sont emparés entre temps. Ruggero Deodato est parmi les réalisateurs italiens spécialisés dans l'horreur qui s'y sont plongés corps et âme, vendant cette dernière à l’immoralité de séquences dont la seule évocation donne la nausée. Donnez un couteau à un amoureux des animaux, et il accordera au bonhomme le sort que l'un de ses sauvages à infligé en cinémascope à un pauvre alligator. Dépecé vivant, devant une caméra qui jamais ne tremble, ne nous épargnant rien de cette abjection.

Et tout ça pour quoi ? RIEN ! Ou peut-être juste parce que Ruggero Deodato pensait inévitable de devoir étayer le message selon lequel son long-métrage est inspiré de faits réels en montrant justement, quelques atrocités qui ne font pas appel aux effets-spéciaux de maquillage à base de latex, de sirop de maïs et de colorant alimentaire. C'est à se demander pour quelle raison Cannibal Holocaust continue d'être considéré aujourd'hui comme l’œuvre ultime du genre puisque Ruggero Deodato ne fera qu'y reprendre la recette déjà employée trois ans plus tôt. Oh, il y a bien quelques différences qui éviteront à celui-ci de trop ressembler à son aîné. Terminés les reporters disparus dans la jungle amazonienne réapparaissant au détour d'une vidéo témoignant du sort que des cannibales avides de vengeance et de chair humaine leur ont accordé. L'aventure du réalisateur dans l'univers moite et purulent des anthropophages s'ouvrait sous la forme d'un survival ponctué de scènes gores plutôt réussies dont le dépeçage d'un corps humain, lui, fabriqué de toutes pièces par des spécialistes en effets-spéciaux de maquillage...

Un film déjà bien embarrassant dans la vision qu'il imprime des peuplades de sauvages qui doivent donc ''forcément'' pratiquer la dégustation de chair humaine. Avec leur look d'hommes et de femmes des cavernes, le film serait resté tout sauf ''excitant'' si l'une des sauvages en question n'avait pas arboré un si joli minois sous les traits de l'actrice britannico-birmane Me Me Lai. Dont le héros incarné à l'écran par l'italien Massimo Foschi profitera des atouts, comme de bien entendu ! Si la première avait déjà côtoyé des cannibales en 1972 dans Au Pays de l'Exorcisme d'Umberto Lenzi, celui-ci la débauchera à nouveau huit ans plus tard avec La Secte des Cannibale. La carrière de Me Me Lai ne fera pas long feu. Ce qui n'empêchera pas le danois Lars von Trier de lui offrir un rôle dans son tout premier long-métrage Element of Crime en 1984. Rôle qui sera le dernier pour l'actrice. À ses côtés donc, l'italien Massimo Foschi dont la carrière fut ponctuée d'apparitions et de disparitions sur grand écran. Une carrière en dent de scie qui semble avoir pris fin en 2016 puisque depuis, plus de nouvelles. Pour revenir au Dernier Monde Cannibale, non, franchement, c'est pas ma came. Voir des bêtes crever pour de vrai devant la caméra pour alimenter un film en scènes d'horreur, ça manque franchement de style. D'autant plus que le film est scénaristiquement plutôt vide. À bannir...

jeudi 9 août 2018

La Secte des Cannibales de Umberto Lenzi (1980)



Un sample sonore de L'au-delà, un autre de L'Enfer des Zombies. Plus tard, la reprise d'un thème musical de Cannibal Holocaust. Umberto Lenzi ne fait pas dans la dentelle et produit une œuvre s'inspirant du « classique » de Ruggero Deodato. Si la majorité des œuvre traitant de l'anthropophagie demeurent de pauvres bandes vidéos sans grand intérêt, La Secte des Cannibales n'a pas la chance de trôner au sommet. En effet, le film de Lenzi ressemble trop aux précurseurs pour pouvoir prétendre renouveler le genre à sa sortie. Sortant en 1980 alors même que Cannibal Holocaust vient tout juste de choquer le monde entier en prétendant par un judicieux coup de bluff que les morts y sont réelles, La Secte des Cannibales est mal réalisé, mal écrit et surtout, mal interprété.

Alors oui, c'est vrai, l'actrice suédoise Janet Agren est jolie. Mais aussi expressive qu'une enclume s'apprêtant à recevoir des coups de marteau, la jeune et ravissante blonde campe une héroïne tout sauf convaincante. Et ce ne sont certainement pas ses appétissantes formes qui nous sont exposées à différents endroits du films qui convaincront les spectateurs que l'on tient là la perle du film de cannibales. Quant à l'histoire, elle est loin d'être originale :

Sheila Morris n'a plus de nouvelles de sa sœur Diana. Alors, lorsque la police la convoque dans ses locaux pour lui apprendre qu'un film dans lequel elle apparaît a été découvert dans l'appartement d'un homme qui a commis plusieurs meurtres avant de mourir écrasé par un camion, Sheila décide de partir à sa recherche. Sur la bande, elle découvre que Diana est en présence d'une secte se faisant appeler la Secte de la Purification, dirigée par un certain Melvyn Jonas. Le but du gourou étant de revenir aux fondamentaux et de rejeter la civilisation dans sa forme occidentale.
Parvenue jusqu'en Nouvelle-Guinée, Sheila propose au déserteur Mark Butker, qui depuis sa fuite s'est réfugié là-bas, de l'aider à retrouver sa sœur...

Le genre Cannibales n'est pas une nouveauté pour Umberto lenzi puisque dès 1973, c'est lui inaugura le genre avec Au Pays de l'Exorcisme. Sept ans plus tard il revient donc avec un long-métrage qui pille sans vergogne sur l’œuvre séminale qu'il avait lui-même réalisée. Il est fou d'imaginer que La Secte des Cannibales ait pu un jour être interdit aux moins de dix-huit ans dans notre pays, surtout si l'on met le film en parallèle avec les atrocités auxquelles ont été habituées les dernières générations avides de films gores. A sa décharge, le film de Umberto lenzi propose un nombre intéressant de scènes d'horreur, mais malheureusement toutes plus ennuyeuses les unes que les autres. Souvent filmées hors-champs, il n'y a guère que les sempiternels massacres d'animaux qui nous sont infligés de bout en bout. Crocodiles, serpents et singes sont quelques exemples d'animaux qui font les frais d'une œuvre au contenu finalement assez pauvre en matière d'écriture.

Et comme dans ce genre de production, l'un n'allait pas l'un sans l'autre, l'horreur est accompagnée de quelques scènes de nu déprimantes de stérilité (ce qui est un comble!). Rien d'excitant donc. Au regard de la majorité des œuvres traitant du sujet du cannibalisme, La Secte des Cannibales fait finalement son travail. Ni mieux, ni moins bien qu'un autre. L'aventure n'est vraiment pas palpitante. A noter la présence à l'écran de l'acteur Mel ferrer...

mardi 13 septembre 2016

Spasmo de Umberto Lenzi (1974)



Alors qu'Umberto Lenzi a tourné son tout premier long-métrage consacré aux cannibales deux ans plus tôt avec Il paese del sesso selvaggio et a signé le plutôt médiocre Sette orchidee macchiate di rosso (un giallo pourtant assez connu, genre qui connu un grand succès en Italie dans les années 60-70), il revient en 1974 avec Spasmo. Si le titre parle forcément aux amateurs du genre, le film est cependant assez différent de ce que l'on a l'habitude de voir dans le genre. Véritablement porté par une charge psychologique, il dispose d'un scénario alambiqué qui perd parfois les spectateurs dans une accumulation de scènes en théorie construites de manières à produire un suspens constant mais qui, malheureusement, est désamorcé par un trop grand nombre d'incohérences.

Christian et sa petite amie découvrent le corps d'une jeune femme allongé sur le sable d'une plage alors même que plus tôt, un mannequin a été retrouvé pendue près de ruines. Mais à la grande surprise de Christian, la jeune femme n'est pas morte. Prenant assez rapidement la fuite, la jeune femme laisse derrière elle un flacon portant le nom de Tucania. S'agissant du même nom que celui que porte un bateau, il s'y rend en compagnie de sa petite amie et retrouve Barbara, la jeune femme de la plage qui cette fois-ci est en compagnie de son Alex. Elle et Christian décident de partir ensemble, abandonnant chacun leur compagnon et prennent la route jusqu'à l'hôtel où a réservé une chambre Barbara. Alors que le couple nouvellement formé s'apprête à faire l'amour, la jeune femme demande à Christian de bien vouloir se raser avant. C'est alors qu'il est enfermé dans la salle de bain que Christian reçoit la visite d'un homme qui tente de le tuer. Prenant le dessus sur son agresseur, il le laisse pour mort...

Voici donc le pitch de départ d'une œuvre qui contrairement à beaucoup de gialli demeure très avare en matière d'érotisme. Alors qu'Umberto Lenzi avait au départ choisi de ne pas montrer les meurtres afin de préserver le mystère jusqu'au bout, les producteur américains, inquiets à l'idée que le public puisse être perdu dans un récit confus décida que l'oeuvre devait au contraire bénéficier de ces scènes manquantes. D'après certains témoignages, le cinéaste George Romero, auteur des classiques Night of the Living-Dead et Zombie aurait été embauché pour tourner lui-même ces scènes supplémentaires.

Umberto Lenzi peut se vanter d'avoir au générique le compositeur italien Ennio Morricone car sa musique à elle seule donne un sens à son œuvre. Spasmo est confus, irréaliste et parfois même complétement tordu. C'est sans doute ce qui fait l'originalité de ce film mais on peut ne pas apprécier son aspect brouillon qui mine une bonne partie de son intrigue. Relativement bien interprété, le film pêche malheureusement par un doublage français catastrophique. Il demeure donc une évidence que le film devrait être découvert dans sa langue d'origine, l'italien. Spasmo tient surtout pour son final assez étonnant que nous ne révélerons bien entendu pas ici. Une curiosité...

lundi 8 février 2016

Lo Strano Vizio Della Signora Wardh de Sergio Martino (1971)



Julie, épouse du diplomate Neil Wardh, revient d'un voyage à l'étranger et découvre qu'au pays, un dangereux maniaque sexuel s'en prend aux femmes en les égorgeant à l'aide d'un rasoir. Alors qu'elle est conviée par sa meilleure amie Carol à participer à une soirée, elle croise le regard de son ancien amant Jean. Un homme qui la terrifie et qu'elle cherche désormais à fuir. Avec lui, Julie entretenait des rapports intimes particulièrement violents auxquels elle prenait cependant beaucoup de plaisir. Aujourd'hui qu'elle est mariée à Neil, tout semble aller pour cette jolie jeune femme. Sauf que le retour de Jean va tout compliquer. Elle reçoit chez elle des bouquets de fleurs accompagnés de menaces signées par son ancien amant. Lors de la soirée organisée par Carol, Julie a fait la connaissance de son cousin George qui depuis ne cesse de vouloir entretenir une relation intime avec elle.

Pendant ce temps là, le tueur fou continue à accumuler les victimes. Carol finit même par tomber dans ses filets et meurt alors même qu'elle se rendait à un rendez-vous à la place de Julie dans lequel elle devait rencontrer un homme l'ayant menacée de révéler à Neil sa nouvelle relation avec George.

Ne pouvant compter sur son qui passe son temps hors du foyer, Julie se réfugie tout naturellement dans les bras de George et sous les menaces proférées par Jean, accepte même de quitter le pays pour l'Espagne. Là-bas, Julie se croyant en sécurité, la jeune femme se sent enfin heureuse. Malheureusement pour elle, George n'est pas le seul à avoir fait le voyage jusqu'en Espagne. Celui qu'elle redoute tant semble en effet avoir suivi le couple...

Le fait même que le commandement nous dises « tu ne tueras point », il nous rend conscients que nous descendons d'une chaîne ininterrompue de générations d'assassins dont l'amour pour le meurtre était dans leur sang comme il l'est peut-être dans le notre...

Lo Strano Vizio Della Signora Wardh de Sergio Martino s'ouvre sur cette citation énigmatique citation de Sigmund Freud. Au vu de l'oeuvre qui nous est présentée ici, on peut se demander qu'elle en est l'utilité si ce n'est pour justifier la série de meurtres qui entoure l'intrigue principale et qui ne demeure en fait qu'un détail (qui a tout de même son importance) a coté de ce qui va nous être révélé à la toute fin du film. Sergio Martino signe là un excellent Giallo. Sans doute parmi les meilleur mêmes si d'autres ont déjà bien marqué l'esprit des amateurs du genre. Ne fut-ce que pour le regard envoûtant et la silhouette superbe d'Edwige Fenech, Lo strano vizio della Signora Wardh vaut à n'en point douter le coup d'être visionné. La mise en scène et le scénario frôlent la perfection, surtout lorsque l'on pense aux limites inhérentes au genre.

Comme tout bon giallo, l’œuvre de Sergio Martino offre quelques plans de nus, ici relativement rares, que les amateurs de la délicieuse actrice naturalisée italienne mais née en Algérie ne manqueront pas de remarquer. Celle qui donnera plus tard de sa personne dans des comédies érotiques est surtout connue pour avoir joué dans quelques grands classiques du giallo, et notamment aux cotés de l'illustre Mario Bava dans L’Île de l’Épouvante ou encore avec Sergio Martino, l'année qui suivi ce Lo Strano... avec l'excellent Tutti i colori del buio. On pourra d'ailleurs préférer ce dernier qui sous ses aspects gothico-mystique en font une véritable curiosité.

L'atout majeur de Lo Strano Vizio Della Signora Wardh est sans aucun doute ce twist final auquel on ne s'attend pas forcément, et qui rassure finalement sur quelques détails demeurés improbables jusque là. Mai ce qui fait la force de Sergio Martino, c'est justement cette capacité à nous faire avaler des couleuvres parfois plus grosses que ses personnages et parvenir à maintenir un intérêt qui ne faiblit pas jusqu'à ce que le mot fin imprègne la pellicule. Une très belle réussite.
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