Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


jeudi 26 février 2026

Sirāt d'Oliver Laxe (2025) - ★★★★★★★★★★

 


 

Au pied des montagnes situées dans le sud marocain, une rave-party a lieu lorsque Luis, un père de famille, accoste les participants afin de leur demander s'ils ont vu sa fille. En effet, depuis plusieurs mois qu'elle n'a pas donné de ses nouvelles, son père a décidé de prendre la route vers le Maroc et précisément lors du déroulement de cette fête principalement dédiée aux rythmes binaires où il a entendu dire que sa fille y serait peut-être. Accompagné de son fils Estéban (le jeune Bruno Núñez Arjona), Luis va faire la connaissance d'un groupe de ''ravers'' qu'il va suivre sur le chemin d'un autre événement prévu loin de là dans l'espoir d'y retrouver sa fille, parcourant avec eux un désert qui va s'avérer beaucoup moins accueillant que prévu... Dire que Sirāt, le dernier long-métrage réalisé par Oliver Laxe est un choc est un euphémisme. Autant j'ai tendance à me méfier de ce genre de ''superlatif'' qui n'est me semble-t-il pas toujours vraiment approprié, autant ici le terme employé va comme un gant à cette expérience qui offre à peu près tout ce que l'on peut attendre du septième art. L'intensité des regards, l'immensité des décors espagnol et marocains, cette musique également, entêtante, obsédante, hypnotique et agissant donc comme une drogue inoffensive et pourtant formidablement ''immergeante''. Les fondations, solides, de Sirāt tiennent bien évidemment tout d'abord à travers la mise en scène d'Oliver Laxe qui depuis ses débuts rend hommage à notre planète ainsi qu'aux cultures diverses et variées qui la composent. Le contraste est d'ailleurs ici relativement saisissant. Confrontant le ''Beat Techno'' à des paysages sauvages, rudes, mais d'une beauté à couper le souffle. Ouvrant le récit à travers la préparation d'un événement consacré à la techno, musique ici répétitive et sombre due au musicien et DJ français Kangding Ray, pseudo sous lequel se cache David Letellier. Lequel signe une bande-son en total accord avec le sujet. Beat régulier, nappes discrètes, noires, et dont l'ampleur résonne encore très longtemps après la fin du récit. D'un point de vue scénaristique, Sirāt peut paraître très sommaire. En effet, le script d'Oliver Laxe et de Santiago Fillol se résume en quelques mots seulement. Un père de famille part à la recherche de sa fille dans le désert et suit les pas d'un petit groupes de technophiles...


Mais là où le scénario fait preuve d'assez peu d'originalité, c'est bien dans la mise en scène, dans l'interprétation et dans le caractère stupéfiant des décors et des interprètes que le film tire toute son essence. Une interprétation si juste et réaliste des compagnons de route de l'acteur espagnol Sergi López (qui incarne donc le rôle de Luis) que l'on a souvent l'impression que Stefania Gadda, Tonin Janvier, Jade Oukid, Joshua Liam Herderson et Richard Bellamy ne sont rien de plus, rien de moins que de véritables teufeurs amateurs de rassemblements technos... Véritable Road-trip...pant, Sirāt est une invitation au voyage, dans des contrées dont la beauté n'a d'égal que le danger pernicieux qui parfois rode notamment au détour d'une route étroite située à des dizaines de mètres de hauteur. Si les héros de cette traversée du désert promue parfois au parcours du combattant savent très bien ce qu'ils risquent en employant certains chemins de traverse, le spectateur n'est par contre absolument pas préparé aux événements tragiques qui vont parsemer le parcours de nos sept personnages. Reparti du festival de Cannes avec le très mérité Prix du Jury de 2025, le long-métrage d'Oliver Laxe est une onde de choc qui se répercute au delà des festivals ou des salles de cinéma, résonnant à plus ou moins long terme sur des spectateurs savoureusement ''choqués'' par le spectacle qui s'est étalé devant leurs yeux. Entre émerveillement dû à des paysages à couper le souffle et à des séquences nocturnes d'une intensité hors du commun, effroi et sidération imputables à des événements tragiques (pratiquement) inattendus, ou effet de transe attribué à cette musique enveloppante qui marque chaque séquence d'une intensité folle, OUI, Sirāt est un choc. Sans doute LE choc de l'année qui s'est écoulée. Un film dont on n'oubliera sans doute pas l'univers sonore et visuel mais aussi la parfaite incarnation et la sublime émulsion qui naît entre chacun des personnages/interprètes. Bref, une expérience ultime, intense, belle, touchante et parfois effroyable. À découvrir absolument...

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...