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mercredi 14 août 2024

I Predatori di Atlantide (Les prédateurs du futur) de Ruggero Deodato (1983) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Sacré Ruggero Deodato... Après avoir signé l'un des films d'horreur les plus malsains et les plus controversés de l'histoire du cinéma en 1980 avec Cannibal Holocaust, voici que trois ans plus tard il revenait avec un authentique nanar intitulé dans son pays I Predatori di Atlantide, à l'internationale Atlantis Interceptors et chez nous sous le très pompeux titre, Les prédateurs du futur. Un titre à l'effarant anachronisme si l'on tient compte du fait que les antagonistes du récit proviennent en théorie de la légendaire île de l'Atlantide évoquée près de trois-cent cinquante ans avant Jésus Christ dans les Dialogues du philosophe Antique Platon, Timée et Critias... C'est donc du passé que viennent ces derniers et non pas d'un futur évoqué par la traduction française ou par l'affiche qui promet que l'intrigue se déroule en 1994 à Miami alors que le film fut tourné en 1983. Tout commence (ou presque) à bord d'une plate-forme de recherche océanographique où le docteur Cathy Rollins (l'actrice Gioia Scola) étudie une étrange rune de l'époque précolombienne découverte alors qu'une équipe de scientifiques terminaient les travaux d'extraction d'un sous-marin nucléaire d'origine soviétique. Cependant, durant l'analyse de l'objet, un phénomène extraordinaire se produit très exactement sous la plate-forme. En effet, un immense dôme de verre surgit de l'océan et fait chavirer les installations. Les rares survivants sont heureusement secourus par trois hommes qui faisaient du bateau non loin de là. Ces derniers, prénommés Mike, Washington et Manuel sont incarnés à l'écran par John Vasallo, Tony King et surtout Christopher Connelly. Si le premier n'a tourné dans aucun autre long-métrage et si le second est apparu dans le film de Blaxploitation Shaft, les nuits rouges de Harlem de Gordon Parks en 1971, dans Le Parrain de Francis Ford Coppola l'année suivante sans pour autant y être crédité ou en 1984 dans un épisode de la série Magnum, le troisième demeure l'acteur le plus connu à avoir joué dans Les prédateurs du futur. Interprète d'origine américaine, il s'est notamment illustré à l'échelle mondiale pour son rôle de Norman Harrington dans la série Peyton Place qu'il incarna pas moins de quatre-cent quatre-vingt dix fois.


Mais pour les amateurs de cinéma bis horrifico-fantastique, Christopher Connelly demeurera connu pour avoir joué dans La Malédiction du pharaon de Lucio Fulci en 1982, Les Guerriers du Bronx d'Enzo G. Castellari la même année ou encore Strike Commando : Section d'assaut de Bruno Mattei en 1987 ! Nous noterons également la présence de Michele Soavi qui en ce temps là n'avait pas encore tourné son Giallo culte, Bloody Bird et qui dans ce film incarne le rôle de James... Dans l'imaginaire de tout un chacun, l'Atlantide est un lieu mythique et englouti à l'architecture très particulière. Quant à ses habitants, les atlantes, leur apparence diverge souvent mais une chose est certaine : jamais ils n'auraient ressemblé aux antagonistes de ces Prédateurs du futur dont le look est décidément la marque de fabrique des costumiers du cinéma fantastique, horrifique et d'anticipation italien des années quatre-vingt ! Qu'il s'agisse des travaux effectués sur les costumes par Adriana Spadaro pour 2019 après la chute de New York de Sergio Martino, par Elda Chinellato pour Les rats de Manhattan de Bruno Mattei, par Mario Giorsi pour Les nouveaux barbares d'Enzo G. Castellari, par Luciana Marinucci pour Les Exterminateurs de l'an 3000 de Giuliano Carnimeo ou comme ici par Giuliana Serano, heureusement que le ridicule ne tue pas car parmi les rangs de l'équipe technique et parmi les interprètes, il y aurait sans doute eut moins de survivants que parmi les personnages du film ! Écrit par Vincenzo Tomassi et Dardano Sacchetti (ce dernier est resté célèbre pour avoir côtoyé une partie des œuvres de Dario Argento, Umberto Lenzi, Mario Bava et bien sûr, Lucio Fulci), Les prédateurs du futur est étonnamment creux. Malgré une toute première partie riche de promesses, la suite n'est vraiment pas à la hauteur avec une succession de fusillades et de courses-poursuites très en deçà de Mad Max 1 et 2 de George Miller auxquels se réfère inconsciemment ou non le long-métrage de Ruggero Deodato. Nos héros se confrontent en permanence à des hommes et des femmes montés sur des motos ou se déplaçant à pieds, accoutrés de manière souvent ridicule (toujours cette histoire de costumes). Mais surtout, la promesse d'une Atlantide surgissant des eaux est loin de tenir sa promesse. Rien ne ressemblant plus à un film post-apocalyptique italien qu'un autre film post-apocalyptique italien, rien ne distingue vraiment Les prédateurs du futur de ses congénères transalpins. Moche et répétitif, niveau Acting, là encore, y'a du boulot ! Concernant la bande originale composée par Guido et Maurizio De Angelis, je ne vous ferai pas l'affront de décrire cette bouillie FM et infâme dans le détail Bref, les amateurs de nanars vont se régaler. Les autres passeront sans doute leur chemin...

 

samedi 1 juin 2024

GIALLO - La Coda dello Scorpione (La Queue du scorpion) de Sergio Martino (1971) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Pour démarrer ce nouveau cycle consacré au Giallo, nous allons évoquer La Coda dello Scorpione du réalisateur italien Sergio Martino, l'un des spécialistes du genre qui avant celui-ci réalisa Lo Strano Vizio della Signora Wardh avant de poursuivre en 1972 avec Tutti i colori del buio ainsi que Il tuo Vizio è una Stanza Chiusa e solo io ne ho la Chiave. Des titres à rallonge pour des œuvres comptant parmi les meilleures du genre. Réalisé un an auparavant, La Coda dello Scorpione (La Queue du scorpion) se déroule en partie à Londres avant de se poursuivre à Athènes, en Grèce. Œuvre italo-espagnole écrite à huit mains par les scénaristes Ernesto Gastaldi, Eduardo Manzanos Brochero et Sauro Scavolini, le long-métrage de Sergio Martino convie des interprètes issus des quatre coins de la planète. C'est ainsi que l'on découvre tout d'abord l'actrice italienne Ida Galli qui dans le rôle de Lisa Baumer interprète l'épouse d'un homme qui vient de mourir dans un tragique accident d'avion. Celui-ci avait contracté une assurance-vie à hauteur d'un million de dollars dont Lisa est la bénéficiaire exclusive. Au décès de Kurt Bauman, beaucoup de monde s'intéresse à la jeune femme. À commencer par Philip, une ancienne relation toxicomane qui la fait chanter grâce à une lettre qu'elle lui avait écrite il y a un an et dans laquelle Lisa confiait son désir de se débarrasser de son mari. Femme adultère, elle est également suivie par Peter Lynch (l'acteur britannico-uruguayen George Hilton), un enquêteur qui travaille pour la société d'assurance Intercontinental Limited qui doit prochainement verser à Lisa la somme de un million de dollars. D'autres personnages vont encore se greffer au récit. Comme la journaliste Cleo Dupont qu'interprète l'actrice suédoise Anita Strindberg, un agent d'Interpol en la personne de John Stanley (l'acteur argentin Alberto de Mendoza), Lara Florakis (la française Janine Reynaud) ou encore Sharif qu'incarne l'acteur espagnol Luis Barboo. Tout ce petit monde s'intéresse de très près à la jeune femme... ainsi qu'un mystérieux assassin tout de noir vêtu qui, les uns après les autres, élimine tout ceux qui approchent Lisa. Malgré l'hypothétique confusion qui pourrait régner au sein de ce récit où les personnages se bousculent et où l'intrigue ne cesse d'accumuler les rebondissements pour mieux noyez le poisson, tout est en fait parfaitement limpide.


Bien que Sergio Martino et ses scénaristes se soient donné la peine d'écrire et de réaliser une œuvre nettement plus étoffée que dans la moyenne des longs-métrages de ce type, le Giallo ayant généralement comme base d'investigation trois types de visages, l'on s'attend à ce que le récit évoque une enfance traumatique, un cas typique de vengeance ou une simple histoire de gros sous. Tout porte à croire que le coupable est Peter Lynch. Son lien avec les futures victimes le désignent bien entendu un peu trop facilement. Certains événements inattendus relancent l'intrigue et permettent à de nouveaux personnages de se greffer au récit. L'un des points forts de l'intrigue concerne les différentes incarnations car même si la caractérisation des uns et des autres des protagonistes n'est pas des plus remarquable, chaque personnage a son importance dans le déroulé du récit. La précision de l'écriture permet d'éviter toute séquence inutile et chaque intervention, qu'il s'agisse de la journaliste, des différents enquêteurs ou bien même de cet inquiétant couple que forment Lara Florakis et l'avocat véreux Sharif, permet de tendre une toile d'araignée autour des différents protagonistes. Évoquons maintenant les meurtres. Majoritairement perpétrés au couteau par un homme masqué et ganté comme le veut la grande tradition du Giallo, égorgements, bassins perforés et autres énucléation sont effectués avec un certain sadisme parfaitement retranscrit à l'image. Les meurtres s'avèrent donc particulièrement graphiques, les victimes rendant leur dernier souffle dans un bain de sang... La Coda dello Scorpione souffre malgré tout de petites imperfections. Comme lors de cette courte séquence durant laquelle Cleo et Peter s'ébattent tandis qu'un voisin les regarde à travers une fenêtre. En observateur, le spectateur comprend qu'il est tard puisque dehors la nuit est tombée... alors qu'une poignée de secondes plus tard, il fait jour. Ici, pas d'ellipse même si ces dernières sont relativement nombreuses durant tout le récit. Juste un faux raccord... Bref, La Coda dello Scorpione est une excellente mise en bouche pour ce nouveau cycle consacré à un genre typiquement transalpin mais auquel s'essaieront pourtant des cinéastes venus d'autres contrées dans les années à venir...

 

vendredi 19 novembre 2021

Folie Meurtrière (Mio Caro Assassino) de Tonino Valerii (1972) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Folie Meurtrière ou Mio Caro Assassino de Tonino Valerii. Mais qui c'est celui-là ? Tout le monde ne le sait peut-être pas précisément mais en grattant un peu en profondeur, on découvre que le bonhomme fut en 1973, l'auteur de Mon nom est personne dans lequel il dirigea les acteurs Terence Hill et Henry Fonda. Un classique du western-spaghetti, genre dans lequel il baigna durant une partie de sa carrière. D'ailleurs, si l'on creuse encore davantage et que l'on remonte à ses débuts au cinéma, on découvre également que l'immense Sergio Leone fit appel à lui en tant qu'assistant-réalisateur sur ses deux premiers westerns Pour une poignée de dollars et Et pour quelques dollars de plus. On peut donc considérer que le type n'est pas un manchot et qu'il mérite qu'on lui accorde toute notre attention concernant cette folie meurtrière qui semble à priori s'être emparée d'une région du pays (ici, l'Italie) depuis la mort d'un agent d'assurance retrouvé étendu sur le sol d'une carrière, décapité par une pelleteuse. L'inspecteur Luca Perreti (l'acteur britannique d'origine uruguayenne George Hilton) est chargé de l'enquête. Une affaire qui semble débuter sous les meilleures auspices puisque très rapidement, le coupable du meurtre est retrouvé pendu dans une grange. Un suicide ? Non, car comme le découvre très vite l'inspecteur Luca Peretti, des éléments laissent à penser que la victime ne s'est pas pendue elle-même mais y a été contrainte par une tierce personne. C'est alors le début d'une longue enquête pour ce policier qui va en outre être confronté à une vieille affaire d'enlèvement...


Difficile de se faire une place dans l'univers du Giallo lorsque avant soit-même, d'autre s'y sont intéressés avec un talent certain. Des indétrônables maîtres en la matière que furent Mario Bava (Six femmes pour l'assassin, La baie Sanglante, etc...) ou Dario Argento (sa trilogie animale constituée de L'Oiseau au plumage de cristal, Le Chat à neuf queues, Quatre mouches de velours gris), sans oublier d'autres grands pourvoyeurs tels que Lucio Fulci (Le Venin de la peur, La Longue Nuit de l'exorcisme), Sergio Martino (La Queue du scorpion, L'Étrange Vice de madame Wardh, Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé) ou Umberto Lenzi (Le Tueur à l'orchidée, Chats rouges dans un labyrinthe de verre). Une liste forcément non exhaustive pour des films aux titres parfois poétiques. Si Folie meurtrière mérite en un sens d'avoir été traduit sous ce titre, Mio Caro Assassino signifie en réalité Mon cher assassin. Réduit à sa plus simple expression, le film use de certains codes propres au Giallo comme l'absence d'identification du meurtrier avant son terme mais plus encore par son emploi d'armes blanches, ses mains étant toujours gantées de noir. Le sujet de l'enfance, qui n'est pas rare dans ce genre de production, fait écho à l'un des plus grands chefs-d’œuvre du genre qui ne verra cependant le jour que trois ans plus tard : l'immense Frissons de l'angoisse (Profondo Rosso) de Dario Argento qui lui-même reprendra le principe du dessin enfantin mais cette fois-ci représenté sur le mur d'une vieille demeure abandonnée...


L'enquête menée par L'inspecteur Luca Perreti s'avère somme toute classique et nettement moins inoubliable que certaines de celles menées par d'autres confrères de fiction ou par des enquêteurs du dimanche (David Hemmings dans le rôle de Marcus Dally dans Les frissons de l'angoisse encore et toujours). Ce que l'on retiendra en revanche est cette incroyable acuité dont il est doté mais qui n'empêchera cependant pas une cascade de meurtres d'être perpétrée, dont deux particulièrement graphiques sont exécutés l'un à l'aide d'une pelleteuse et le second à l'aide d'une scie circulaire ! Accompagné par une partition signée du compositeur Ennio Morricone qui s'ouvre sur une sorte de berceuse typique du genre Giallo, Folie Meurtrière se conclut à la manière d'un Whodunit façon Hercule Poirot ou Miss Marple (les plus célèbres des détectives créés par la romancière britannique Agatha Christie). Un concept dont profite le réalisateur après s'être débrouillé pour faire de chaque protagoniste un individu susceptible d'être le coupable. Noyé dans une masse folle de Gialli, Folie Meurtrière mérite moins que beaucoup d'autres que l'on s'y attarde. C'est pour cela que l'on conseillera d'abord le film de Tonino Valerii aux indécrottables fans du genre...

 

samedi 21 septembre 2019

Perché quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer de Giuliano Carnimeo (1971) - ★★★★★★☆☆☆☆



Lorsque l'actrice italienne Edwige Fenech tourne Perché quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer (que l'on pourrait traduire chez nous sous le titre Pourquoi ces étranges gouttes de sang sur le corps de Jennifer? et non sous celui que l'on connait et qui n'a ni de près ni de loin de rapport avec la sorcellerie, Les Rendez-Vous de Satan), elle n'en est pas à son premier coup d'essai en matière de giallo puisque un an auparavant elle tournait Lo strano vizio della Signora Wardh auprès de l'un des plus célèbres réalisateurs du genre, Sergio Martino, et avec lequel elle tournera à nouveau trois ans plus tard Nude Per l'Assassino. Se servant de la superbe plastique de l'actrice afin d'honorer un quota de nudité assez précis, le cinéaste Giuliano Carnimeo plonge son interprète dans un récit qui ne dénote pas avec la plupart des gialli.
L'intrigue est on ne peut plus claire: deux jolies femmes, une brune prénommée Jennifer (Edwige Fenech) et une blonde, Marylin (Paola Quattrini), sont conviées à s'installer dans un appartement devenu vacant depuis que son ancienne locataire, une strip-teaseuse couleur ébène y a été retrouvée morte noyée dans sa baignoire. Pas un suicide, mais un meurtre perpétré par un individu qui déjà a fait une victime en la personne d'une prostituée.
Bientôt, c'est un homme qui meurt, tué d'un coup de couteau dans le ventre. La victime n'est autre qu'un ancien compagnon de Jennifer qui la harcèle depuis qu'elle a quitté le cercle d'amis auquel elle appartenait. Andrea Barto (George Hilton), l'architecte qui a proposé à Jennifer et son amie de venir s'installer dans l'appartement commence à être dans le viseur de la police et finit même par devenir le principal suspect de la vague de meurtres qui ensanglante la ville...

Comme bon nombre de cinéastes italients des années soixante-dix, quatre-vingt, Giuliano Carnimeo entretient l’ambiguïté chez certains de ses personnages afin de tromper le spectateur sur l'éventuelle identité de son tueur. Un meurtrier planqué derrière une tenue intégralement noire. De la tête aux pieds, jusqu'au visage recouvert d'une cagoule noire, rien ne peut en effet laisser présager de l'identité de celui qui tue et tue encore et ce, de manières différentes, tout en privilégiant tout de même le couteau, arme généralement utilisée dans ce genre de productions.
Perché quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer est donc un giallo typique, qui fournit les éléments habituels à un scénario et une mise en scène certes, relativement bien exploités tout en demeurant, au regard de bon nombre de gialli, tout à fait dispensables. Mêlant policier, thriller, meurtres sanglant et érotisme discret, l'auteur emploie l'actrice Edwige fenech a des fins parfois mercantiles puisque les scènes de nudités n'apportent pas grand chose à l'intrigue et demeurent relativement sobre en comparaison d'autres pellicules beaucoup plus explicites.

Au sujet de l’ambiguïté qui plane au dessus de la tête de certains personnages, on appréciera tout de même la vieille femme acariâtre et bigote vivant dans l'appartement jouxtant celui des deux nouvelles locataires ou bien la jeune lesbienne vivant au dessus en compagnie de son curieux père. Des personnages qui forcément sèmeront le doute jusqu'à ce que la vérité éclate. Le tueur est-il l'un d'entre eux? Ou bien faut-il cherchez ailleurs? Tous les espoirs mis dans le film de Giuliano Carnimeo fondent presque malheureusement tous comme neige au soleil. Après une scène d'ouverture particulièrement convaincante, Perché quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer le niveau de qualité est sensiblement revu à la baisse. Reste que l'on suit les aventures de Jennifer et Andrea sans sourciller et avec l'immense plaisir de retrouver les superbes accords du célèbre compositeur italien Bruno Nicolai...

samedi 16 septembre 2017

L'Assassino è Costretto ad Uccidere Ancora de Luigi Cozzi (1973) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Je ne comprends pas l'engouement de certains critiques pour ce film réalisé par le cinéaste italien Luigi Cozzi qui sept ans plus tard allait signer le nanardesque et cultissime Contamination. Mince, quoi. L'Assassino è Costretto ad Uccidere Ancora est une daube, point final. Affirmer qu'il s'agit de l'un des meilleurs film du genre giallo est en soit une infamie. Mais le comparer à Hitchcock est selon moi, encore pire. Pourtant tout avait si bien commencé. En effet, contrairement à beaucoup de gialli, l'identité des criminels (le tueur ainsi que celui qui l'engage pour tuer son épouse) sont connus d'avance. Donc, ici, pas de grand plan sur une arme blanche. Pas de gants, de masque ou d'uniforme noir. Sans vouloir être particulièrement grossier, je me fais pourtant un honneur d'affirmer que je me suis fais royalement chier. Presque de bout en bout. En fait, seuls le début et la fin m'ont véritablement intéressé. Une ouverture et une fermeture à la Columbo. Et d'ailleurs, la date de sortie du long-métrage de Luigi Cozzi me permet d'évoquer l'éventualité que le bonhomme se soit inspiré de deux épisodes de la célèbre série américaine. Datant tout deux e 1971. Soit deux années avant la sortie de L'Assassino è Costretto ad Uccidere Ancora.
Pour bien comprendre où je veux en venir, commençons par résumer l'histoire. L'architecte du nom Giorgio Mainardi assiste un soir à la mise en scène d'un faux accident perpétré par un tueur qui à l'habitude de maquiller ses meurtres. Trouvant ainsi un moyen de le faire chanter, Mainardi propose un marché à celui qui se fait appeler Michel Antoine. Son silence contre le meurtre de son épouse qui refuse de lui donner l'argent dont il a besoin pour mener à bien ses projets. L'homme accepte, et c'est ainsi qu'il pénètre la demeure des Mainardi pendant que Giorgio, lui, se fabrique l'alibi parfait en participant à une soirée donnée par des amis. Les fans de Columbo comprendront certainement où je veux en venir. En effet, cette première partie, qui demeure finalement l'un des rares moments véritablement intenses de L'Assassino è Costretto ad Uccidere Ancora a de faux airs de ressemblance avec l'épisode Plein Cadre de la série américaine.

A tel point que l'on peut se demander dans quelle mesure Luigi Cozzi s'est inspiré (ou pas, finalement) de l'excellente intrigue mettant en scène l'acteur Ross Martin pour justifier l'alibi de son propre personnage campé par l'acteur d'origine hurugueyenne,George Hilton. Apparition lors d'une soirée au cours de laquelle bon nombre de convives pourront témoigner de sa présence. Participation active du personnage lors de ladite soirée pour que les invités impriment sans doute possible le personnage dans leur esprit. Une coïncidence ? Difficile d'y répondre lorsque l'on n'est pas obligatoirement coutumier de l'inspecteur à l'imperméable froissé. On peut même juger douteuses cette affiliation. Mais alors qu'en toute fin d'intrigue, Luigi Cozzi nous ressert une scène qui elle aussi semble avoir été inspirée par un second épisode de Columbo, le doute n'a plus sa place.
Concernant l'intrigue de L'Assassino è Costretto ad Uccidere Ancora, l'une des plus ingénieuses idées du cinéaste est d'embarquer les spectateurs dans une balade au cœur de laquelle, le tueur, censé faire croire à l'enlèvement de l'épouse Mainardi se fait voler la voiture à l'arrière de laquelle il vient de cacher le corps. S'ensuit donc une course-poursuite, longue, très longue. Une soirée, une nuit et une matinée seront nécessaires pour que Michel Antoine parvienne jusqu'à la demeure où se sont installé ces Bonnie and Clyde du dimanche qui se sont rendus responsable du vol. Et ce, sans même se douter qu'à l'arrière un cadavre attend qu'on le fasse définitivement disparaître. Durant celle longue nuit de traque, on assiste à des scènes classiques mais toujours aussi efficace (le flic arrêtant les voleurs au bord de la route), le tout baigné d'une exaspérante lenteur et de scènes érotiques tout sauf excitantes. De quoi remplir le cahier des charges d'un film qui, sinon, ne tiendrait pas sur la longueur.
Arrive alors la fin, que je ne divulguerai pas mais que les fans de Columbo devineront lorsqu'ils sauront, qu'elle se rapproche sensiblement de celle de l'épisode Faux Témoins avec Robert Culp dans le rôle du tueur. Une similitude qui laisse une fois encore supposer que le cinéaste italien s'est inspiré de la série américaine. Avec ou sans cela, qu'il s'agisse d'une certitude ou non, L'Assassino è Costretto ad Uccidere Ancora se révèle terriblement plat. Du moins, au regard de son intrigue demeure-t-il d'une affligeante médiocrité ? L'un des meilleurs gialli ? Certainement pas. Et ce n'est sûrement pas la présence de l'anguleux Antoine Saint-John (L'Au-Delà de Lucio Fulci) qui changera l'impression d'un beau gâchis...

lundi 8 février 2016

Lo Strano Vizio Della Signora Wardh de Sergio Martino (1971)



Julie, épouse du diplomate Neil Wardh, revient d'un voyage à l'étranger et découvre qu'au pays, un dangereux maniaque sexuel s'en prend aux femmes en les égorgeant à l'aide d'un rasoir. Alors qu'elle est conviée par sa meilleure amie Carol à participer à une soirée, elle croise le regard de son ancien amant Jean. Un homme qui la terrifie et qu'elle cherche désormais à fuir. Avec lui, Julie entretenait des rapports intimes particulièrement violents auxquels elle prenait cependant beaucoup de plaisir. Aujourd'hui qu'elle est mariée à Neil, tout semble aller pour cette jolie jeune femme. Sauf que le retour de Jean va tout compliquer. Elle reçoit chez elle des bouquets de fleurs accompagnés de menaces signées par son ancien amant. Lors de la soirée organisée par Carol, Julie a fait la connaissance de son cousin George qui depuis ne cesse de vouloir entretenir une relation intime avec elle.

Pendant ce temps là, le tueur fou continue à accumuler les victimes. Carol finit même par tomber dans ses filets et meurt alors même qu'elle se rendait à un rendez-vous à la place de Julie dans lequel elle devait rencontrer un homme l'ayant menacée de révéler à Neil sa nouvelle relation avec George.

Ne pouvant compter sur son qui passe son temps hors du foyer, Julie se réfugie tout naturellement dans les bras de George et sous les menaces proférées par Jean, accepte même de quitter le pays pour l'Espagne. Là-bas, Julie se croyant en sécurité, la jeune femme se sent enfin heureuse. Malheureusement pour elle, George n'est pas le seul à avoir fait le voyage jusqu'en Espagne. Celui qu'elle redoute tant semble en effet avoir suivi le couple...

Le fait même que le commandement nous dises « tu ne tueras point », il nous rend conscients que nous descendons d'une chaîne ininterrompue de générations d'assassins dont l'amour pour le meurtre était dans leur sang comme il l'est peut-être dans le notre...

Lo Strano Vizio Della Signora Wardh de Sergio Martino s'ouvre sur cette citation énigmatique citation de Sigmund Freud. Au vu de l'oeuvre qui nous est présentée ici, on peut se demander qu'elle en est l'utilité si ce n'est pour justifier la série de meurtres qui entoure l'intrigue principale et qui ne demeure en fait qu'un détail (qui a tout de même son importance) a coté de ce qui va nous être révélé à la toute fin du film. Sergio Martino signe là un excellent Giallo. Sans doute parmi les meilleur mêmes si d'autres ont déjà bien marqué l'esprit des amateurs du genre. Ne fut-ce que pour le regard envoûtant et la silhouette superbe d'Edwige Fenech, Lo strano vizio della Signora Wardh vaut à n'en point douter le coup d'être visionné. La mise en scène et le scénario frôlent la perfection, surtout lorsque l'on pense aux limites inhérentes au genre.

Comme tout bon giallo, l’œuvre de Sergio Martino offre quelques plans de nus, ici relativement rares, que les amateurs de la délicieuse actrice naturalisée italienne mais née en Algérie ne manqueront pas de remarquer. Celle qui donnera plus tard de sa personne dans des comédies érotiques est surtout connue pour avoir joué dans quelques grands classiques du giallo, et notamment aux cotés de l'illustre Mario Bava dans L’Île de l’Épouvante ou encore avec Sergio Martino, l'année qui suivi ce Lo Strano... avec l'excellent Tutti i colori del buio. On pourra d'ailleurs préférer ce dernier qui sous ses aspects gothico-mystique en font une véritable curiosité.

L'atout majeur de Lo Strano Vizio Della Signora Wardh est sans aucun doute ce twist final auquel on ne s'attend pas forcément, et qui rassure finalement sur quelques détails demeurés improbables jusque là. Mai ce qui fait la force de Sergio Martino, c'est justement cette capacité à nous faire avaler des couleuvres parfois plus grosses que ses personnages et parvenir à maintenir un intérêt qui ne faiblit pas jusqu'à ce que le mot fin imprègne la pellicule. Une très belle réussite.

dimanche 1 juin 2014

Tutti I Colori Del Buio de Sergio Martino (1972)



Jane est victime d'affreux cauchemars dans lesquels elle se voit attaquée par un homme mystérieux aux yeux bleus. Un personnage qu'elle rencontre à nouveau mai cette fois-ci dans la réalité puisque l'homme semble chercher la jeune femme. Jane vit avec Richard, son compagnon. Le couple n'est pas marié mais Jane est follement éprise de celui qui, pourtant, à causé la perte de ce qui aurait dû être leur premier enfant. Alors, la jeune femme est tombée dans une grave dépression. Elle rêve toutes les nuits de sa fausse couche. Dans son cauchemars, elle y croise une étrange vieille femme aux dents cariées et revit l'accident de voiture qui a couté la vie à son futur bébé.

Ne parvenant pas à faire aboutir leur ébats sexuels, Richard, représentant en pharmacologie lui fait prendre des calmants quotidiennement. Ce qui n'est pas du goût de Barbara, la sœur de Jane qui conseille d'aller consulter le médecin-psychiatre dont elle est l'assistante.
Plus tard, une troisième option s'offre à Jane lorsqu'elle fait la connaissance de Mary, une voisine qui habite quelques étages plus bas et qui lui propose de participer à une messe noire le soir même, dans un château...

Tutti I Colori Del Buio de Sergio Martino est sans doute l'un des tout meilleurs gialli. Du moins, l'un dont l'histoire et dont le déroulement de l'intrigue parviennent le mieux à retenir l'attention. Pour cela, il fait appel à une égérie du giallo qui n'en n'est pas à son premier coup d'essai : la superbe Edwige Fenech dont la superbe plastique nous est montrée ici sous (preque) toutes les coutures. Un regard félin, des courbes sublimes, mais un grave problème depuis que son personnage à perdu son enfant. De quoi plonger dans la psyché d'une jeune femme victime d'un des pires maux de notre société : la solitude. Aimée par on compagnon et d'une toute autre manière par sa sœur. Suivie par un psychiatre et aidée par sa nouvelle amie, mais qu'est-ce qui peut donc rendre aussi fragile cette superbe jeune femme ?

Cela, le cinéaste Sergio Martino va le garder pour lui jusqu'à la fin du film. Il y a toujours un moment ou l'on doute de la sincérité des personnages, qu'il s'agisse de la sœur, de Mary ou bien de Richard. Puis arrive cette séance de messe noire assez particulière, mêlant sacrifice rituel et orgie sexuelle. On se dit alors que Jane est tirée d'affaire, prise en main par cette bande d'illuminés, en tout ça les seuls vers laquelle elle semble pouvoir trouver un remède à sa « maladie ». La pauvre jeune femme tombe en réalité dans un piège prévu de longue date. Un scénario millimétré pour une histoire passionnante. Entre l'hypnotique regard d'Edwige Fenech et la musique envoûtante de Bruno Nicolai qui participe grandement à l'ambiance du film, on se retrouve là, devant un très grand giallo, assez bien interprété (du moins dans sa version originale).

On ne pouvait en attendre autrement d'un cinéaste de la trempe de Sergio Martino qui signa avant ce Tutti I Colori Del Buio deux classique du giallo L’étrange Vice de Madame Wardh et La Queue du Scorpion...

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