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mercredi 14 août 2024

I Predatori di Atlantide (Les prédateurs du futur) de Ruggero Deodato (1983) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Sacré Ruggero Deodato... Après avoir signé l'un des films d'horreur les plus malsains et les plus controversés de l'histoire du cinéma en 1980 avec Cannibal Holocaust, voici que trois ans plus tard il revenait avec un authentique nanar intitulé dans son pays I Predatori di Atlantide, à l'internationale Atlantis Interceptors et chez nous sous le très pompeux titre, Les prédateurs du futur. Un titre à l'effarant anachronisme si l'on tient compte du fait que les antagonistes du récit proviennent en théorie de la légendaire île de l'Atlantide évoquée près de trois-cent cinquante ans avant Jésus Christ dans les Dialogues du philosophe Antique Platon, Timée et Critias... C'est donc du passé que viennent ces derniers et non pas d'un futur évoqué par la traduction française ou par l'affiche qui promet que l'intrigue se déroule en 1994 à Miami alors que le film fut tourné en 1983. Tout commence (ou presque) à bord d'une plate-forme de recherche océanographique où le docteur Cathy Rollins (l'actrice Gioia Scola) étudie une étrange rune de l'époque précolombienne découverte alors qu'une équipe de scientifiques terminaient les travaux d'extraction d'un sous-marin nucléaire d'origine soviétique. Cependant, durant l'analyse de l'objet, un phénomène extraordinaire se produit très exactement sous la plate-forme. En effet, un immense dôme de verre surgit de l'océan et fait chavirer les installations. Les rares survivants sont heureusement secourus par trois hommes qui faisaient du bateau non loin de là. Ces derniers, prénommés Mike, Washington et Manuel sont incarnés à l'écran par John Vasallo, Tony King et surtout Christopher Connelly. Si le premier n'a tourné dans aucun autre long-métrage et si le second est apparu dans le film de Blaxploitation Shaft, les nuits rouges de Harlem de Gordon Parks en 1971, dans Le Parrain de Francis Ford Coppola l'année suivante sans pour autant y être crédité ou en 1984 dans un épisode de la série Magnum, le troisième demeure l'acteur le plus connu à avoir joué dans Les prédateurs du futur. Interprète d'origine américaine, il s'est notamment illustré à l'échelle mondiale pour son rôle de Norman Harrington dans la série Peyton Place qu'il incarna pas moins de quatre-cent quatre-vingt dix fois.


Mais pour les amateurs de cinéma bis horrifico-fantastique, Christopher Connelly demeurera connu pour avoir joué dans La Malédiction du pharaon de Lucio Fulci en 1982, Les Guerriers du Bronx d'Enzo G. Castellari la même année ou encore Strike Commando : Section d'assaut de Bruno Mattei en 1987 ! Nous noterons également la présence de Michele Soavi qui en ce temps là n'avait pas encore tourné son Giallo culte, Bloody Bird et qui dans ce film incarne le rôle de James... Dans l'imaginaire de tout un chacun, l'Atlantide est un lieu mythique et englouti à l'architecture très particulière. Quant à ses habitants, les atlantes, leur apparence diverge souvent mais une chose est certaine : jamais ils n'auraient ressemblé aux antagonistes de ces Prédateurs du futur dont le look est décidément la marque de fabrique des costumiers du cinéma fantastique, horrifique et d'anticipation italien des années quatre-vingt ! Qu'il s'agisse des travaux effectués sur les costumes par Adriana Spadaro pour 2019 après la chute de New York de Sergio Martino, par Elda Chinellato pour Les rats de Manhattan de Bruno Mattei, par Mario Giorsi pour Les nouveaux barbares d'Enzo G. Castellari, par Luciana Marinucci pour Les Exterminateurs de l'an 3000 de Giuliano Carnimeo ou comme ici par Giuliana Serano, heureusement que le ridicule ne tue pas car parmi les rangs de l'équipe technique et parmi les interprètes, il y aurait sans doute eut moins de survivants que parmi les personnages du film ! Écrit par Vincenzo Tomassi et Dardano Sacchetti (ce dernier est resté célèbre pour avoir côtoyé une partie des œuvres de Dario Argento, Umberto Lenzi, Mario Bava et bien sûr, Lucio Fulci), Les prédateurs du futur est étonnamment creux. Malgré une toute première partie riche de promesses, la suite n'est vraiment pas à la hauteur avec une succession de fusillades et de courses-poursuites très en deçà de Mad Max 1 et 2 de George Miller auxquels se réfère inconsciemment ou non le long-métrage de Ruggero Deodato. Nos héros se confrontent en permanence à des hommes et des femmes montés sur des motos ou se déplaçant à pieds, accoutrés de manière souvent ridicule (toujours cette histoire de costumes). Mais surtout, la promesse d'une Atlantide surgissant des eaux est loin de tenir sa promesse. Rien ne ressemblant plus à un film post-apocalyptique italien qu'un autre film post-apocalyptique italien, rien ne distingue vraiment Les prédateurs du futur de ses congénères transalpins. Moche et répétitif, niveau Acting, là encore, y'a du boulot ! Concernant la bande originale composée par Guido et Maurizio De Angelis, je ne vous ferai pas l'affront de décrire cette bouillie FM et infâme dans le détail Bref, les amateurs de nanars vont se régaler. Les autres passeront sans doute leur chemin...

 

mardi 21 mars 2017

Nella Terra dei Cannibali de Bruno Matteï (2003) - ★★★★★☆☆☆☆☆


Tout d'abord, je voudrais remercier l'immense David Didelot (qui n'est autre que Monsieur Videotopsie, tout de même !) pour m'avoir inspiré la vision de ce long-métrage. C'est en effet en regardant une vidéo qu'il a consacré au grand bonhomme qu'était Bruno Matteï que m'est venue l'envie de découvrir ce Nella Terra dei Cannibal. Et pour cela, je l'en remercie... Vous pouvez aller faire un tour sur sa page facebook. Pour cela, cliquez sur le bouton ci-dessous...

https://www.facebook.com/Videotopsie/

Cela faisait bien deux ans que je n'avais pas abordé le cinéma de Bruno Matteï après ses deux plus célèbres et nanardesques pellicules Virus Cannibale et Les Rats de Manhattan. Jusqu'à sa mort d'une tumeur au cerveau survenue le 21 mai 2007, ce cinéaste italien emblématique connu pour être l'un des fleurons en matière de séries Z n'aura cessé de tourner. Nella Terra dei Cannibali plus connu chez nous sous le titre Horror Cannibal ou Land of Death date de 2003. Ceux qui ne connaissent pas Bruno Matteï, qui détestent les nanars, ou qui vouent un véritable culte au film de John McTiernan Predator, risquent de connaître quelques aigreurs d'estomac à la vision de cette œuvre ringarde, mal, interprétée, aux effets-spéciaux éculés, et ne sachant même pas profiter des superbes décors thaïlandais qui ont servi de cadre à l'intrigue. Il faut croire même, qu'ils jetteront l'éponge après seulement quelques minutes.
Et pourtant... une partie de l'intérêt de Nella Terra dei Cannibali se situe justement dans le repompage pratiquement intégral de l’œuvre de John McTiernan. En effet, certaines actions y sont communes aux deux longs-m étrages. Pour n'en citer que quelques-unes, nous retiendrons la découverte des corps dépecés dans la jungle, l'indien accompagnant l'équipe de soldats ressentant une présence prônant une posture similaire à celle de Sonny landham qui interprétait le rôle de Billy Sole, ou bien pire encore, le sort infligé au lieutenant Wilson (l'acteur Lou Randall, jumeau improbable de notre Bernard Campan national) dont la mort rappelle invariablement celle de Dillon, personnage incarné par l'acteur noir Carl Weathers dans Predator.

On pourra argumenter et dire que mis côte à côte, Nella Terra dei Cannibali fait peine à voir au regard du petit chef-d’œuvre signé John McTiernan. Sauf qu'en matière de relativité, on peut tout aussi bien considérer l’œuvre de Bruno Matteï comme une totale réussite. Qui certes, pique un peu les yeux lorsque l'on se retrouve face à une image aussi dégueulasse que celle des innombrables soap-opera américains. L’accoutumance faisant son œuvre après dix ou quinze minutes, le miracle semble avoir lieu. Du moins pour ceux qui n'ont pas au milieu de leurs cellules grises, ce petit mécanisme d'auto-défense qui leur fera haïr le film quoi qu'il arrive.
Car Nella Terra dei Cannibali a beau être tragiquement mal interprété, c'est sans doute en partie grâce à cela que tient tout l'intérêt du projet. La touche Matteï faisant office de point de repère, on savoure un film sur la pédale de l’accélérateur duquel Bruno MatteÎ s'est... assoupi ! On ne s'ennuie pas. Et même si ses indigènes ne sont pas davantage effrayants qu'une bande d'adolescents boutonneux hurlant dans une cour de récréation, on se gausse parfois de l'hystérie générale dont ils font preuve. En matière de gore, Bruno Matteï se contente du minimum en proposant de la barbaque achetée chez le boucher du coin. Encore a-t-elle le mérite d'apparaître fraîche devant la caméra quand on sait les températures qu'il doit faire dans ce pays.

Avec prudence (et même pudeur), on ne parlera pas d'hommage, mais si Predator semble très largement avoir servi de référence au cinéaste italien, il n'est pas le seul. On y distingue en effet très nettement quelque plagiats dont l'un des plus marquants entourant le mythe du cannibalisme, je veux bien entendu parler du Cannibal Holocaust de l'italien Ruggero Deodato et de cette fameuse scène durant laquelle un indigène châtie son épouse lors d'une cérémonie (Morita, Mojita...?) punissant l'adultère. Presque du copier-coller, comme tout ce que Bruno Matteî empruntera à d'autres. Autre détail très amusant, qui cette fois-ci, n'ayons pas peur de le dire, apparaît comme un hommage à divers personnages représentatifs du cinéma fantastico-horrifique puisque l'on découvre que certains pseudonymes font directement référence à de grands noms du septième art qu'ils soient fictifs ou non. Romero (Claudio Morales) rappelle évidemment le cinéaste George Romero (dont je ne vous ferai pas l'affront de citer le moindre de ses longs-métrages), le sergent Cameron (Silvio Jimenez) évoque le réalisateur James Cameron (Terminator (le premier, hein?) pour ne citer que mon préféré), ou encore Kruger (Sanit Larrauri), faisant inévitablement penser au crochu Freddy Krueger créé dans les années quatre-vingt par le cinéaste Wes Craven.

Tous les amateurs de nanars et les fans de Bruno Matteï se doivent de découvrir impérativement Nella Terra dei Cannibali car s'il n'est pas le meilleur de son auteur, le film reste très largement regardable. A savoir que le cinéaste a profité de sa présence en Thaïlande pour tourner dans la foulée un Mondo Cannibale qui n'est pas véritablement une suite au premier mais dans lequel on retrouve les acteur et actrice Claudio Morales et Cindy Jelic...

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