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vendredi 5 juin 2020

Na! de Jacques Martin (1973) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



Alors que certains ont récemment fait part du caractère ''monstrueux'' de l'animateur Jacques Martin qui durant plus de vingt ans fut l'un des présentateurs télé les plus adulés du petit écran. Du Petit Rapporteur et La Lorgnette, jusqu'au Monde est à Vous et Sous vos Applaudissements, en passant par L’École des Fans, Thé Dansant et surtout, en ce qui me concerne, l'émission Incroyable mais Vrai, Jacques Martin était pratiquement devenu un membre de la famille en s'invitant chez nous tous les dimanches après-midi à partir de 1980 avec sa mythique émission Dimanche Martin. C'est drôle, comme certains hasards apparaissent au même moment, constitués par des coïncidences qui restent difficiles à expliquer mais qui nourrissent alors la volonté de les approfondir pour comprendre la raison de leur manifestation. Il n'y a pas si longtemps, c'est à dire quelques jours seulement, deux ''événements'' m'ont rappelé l'existence de Jacques Martin que ma mémoire avait décidé de ranger quelque part dans les méandres de mon système nerveux central. D'abord, la découverte grâce au dénicheur de perles rares Otto Rivers de l'existence d'un long-métrage réalisé par le célèbre animateur, et ensuite, celle de divers témoignages dans lesquels d'anciens ''camarades'' de Jacques Martin se répandent sur sa vie privée, allant même parfois jusqu'à le traiter de ''Monstre''. Qu'il l'eut été est une chose. Mais a-t-on droit de dégueuler des horreurs sur un homme qui depuis presque treize ans est mort et qui par conséquent ne peut plus se défendre ? Et doit-on être autorisé à faire des révélations sur sa vie privée alors que c'est sur sa vie publique qu'il fit jusque là sa renommée ? À moins de satisfaire les amateurs de cancans, les aigris, ou ces journaleux qui se délectent d'informations à sensations, capables de livrer une ''photo gore de la semaine'' comme le fit l'un des rédacteurs du torchon ''Voici'' il y a pas mal d'années suite à la publication d'une photo de Jacques Martin à la plage, en maillot de bain !!!

Bon, vous l'aurez compris, je ne suis pas de ceux qui acceptent que l'on dise du mal de ceux qui ont accompagné mon adolescence. Tout comme Patrick Sébastien, Jacques Martin demeure un intouchable. Que je n'irai pas jusqu'à révérer... mais quand même... Alors, lorsque je lis sur la page Facebook de l'ami Otto que Jacques Martin a réalisé en 1973 un unique long-métrage intitulé Na!, sa simple évocation me renvoie à deux choses. Sa carrière télévisuelle, bien évidemment. Mais aussi à Patrick Sébastien, justement, qui lui aussi réalisa un seul long-métrage intitulé T'Aime en 2000, et qui se fit (et continue) à se faire défoncer par la presse et le public. Une œuvre pourtant pas si mauvaise que certains le prétendent. Non, plutôt un film naïf fait par un homme au grand cœur. Et dont, je l'espère s'il part avant moi, nous n'apprendront pas un jour qu'il battait sa femme. Ou était un tortionnaire avec ses collaborateurs. Vu que c'est la grande mode de la délation, justifiée ou non. Mais je me disperse. Revenons à ce qui nous intéresse ici, même s'il n'y a au fond, pas grand chose à en dire. Na !, comme un cri poussé par un enfant, est donc l'unique long-métrage de Jacques Martin en tant que réalisateur, scénariste et principal interprète. Produit par Jacques Dorfmann, Louis Duchesne et René Thévenet, Na ! demeure, je dois le reconnaître, comme l'une des pires engeances à laquelle ait donné naissance le septième art. Du moins chez nous, en France.

Il n'est pas exagéré de considérer l’œuvre de Jacques Martin comme un sous-produit de la vague déjà pas très glorieuse de la comédie dite ''franchouillarde'' dans laquelle vinrent s'enterrer de vieilles ''gloires'' de l'humour potache hexagonal parmi lesquelles, Sim, Alice Sapritch, Pierre Doris ou Patrick Topaloff. Dans un style proche de Jean Yanne mais sans l'inspiration, Jacques Martin signait en 1973 un film dont la vocation semblait être d'éveiller les encéphalogrammes plats des personnes du troisième âge enfermées dans d'austères maisons de retraites. Incarné par des interprètes dont la moyenne oscille sans doute entre cinq et quatre-vingt ans, Na ! est d'un ennui abyssal, absolument pas drôle, que l'on espérait corrosif mais qui au final ne fait pas plus mal qu'un peu de vinaigre versé sur une plaie. Un traitement que le spectateur serait presque obligé de s'infliger s'il ne veut pas fermer l’œil au bout d'une demi-heure d'un spectacle ''beaufissime'' dont le sujet sert la cause du troisième âge avec la vigueur d'un malade en soins palliatifs ! C'est chiant, jamais vraiment ''osé''. Les Charlots firent bien mieux, Philippe Clair également (c'est dire...). Toute tentative d'humour se solde par un échec et les interprètes, parmi lesquels on retrouve Jacques Martin donc, mais également Henri Crémieux, Roger Lumont et l'ancienne ''pervenche'' Danièle Évenou, ne font rien pour améliorer le tableau d'un échec qui s'avère un désastre artistique. L'on comprend mieux alors que Jacques Martin ait pu ressentir durant toute sa vie professionnelle une certaine frustration de n'avoir jamais pu concrétiser le désir de faire une véritable carrière au cinéma en tant que réalisateur...

mercredi 3 janvier 2018

Erotissimo de Gérard Pirès (1969)- ★★★★★★☆☆☆☆



Un an après la grande révolte de Mai 68 durant laquelle des grèves de grande ampleur et des manifestations ont eu lieu sort sur les écrans de cinéma français le premier long-métrage du cinéaste Gérard Pirès, Erotissimo. En vedette, la belle Annie Girardot, Jean Yanne, et Francis Blanche. En entame, les événements de Mai 68. Le film s'inscrit donc directement à l'issue des émeutes et propose une vision très moderne de l'émancipation de la femme à travers l'exploitation de son potentiel érotique par la presse et la publicité. Alors que Philippe (Jean Yanne) est contrôlé par l'inspecteur des finances Butor (Francis Blanche), ce riche PDG d'une entreprise spécialisée dans les accessoires pour bébés délaisse peu à peu son épouse (Annie Girardot), accaparé qu'il est par ce polyvalent qui va, dès lors, éplucher la totalité de ses comptes professionnels et personnels. Sur le ton de l'humour, Erotissimo décline le scénario écrit à six mains par Nicole de Buron, Gérard Pirès et Pierre Sisser sur un mode tout à fait étonnant. En roue libre, le long-métrage ressemble à un collage plus ou moins cohérent de scènes aux multiples aspirations. Du couple qui se délite sous le poids des responsabilités du président directeur général d'une entreprise, jusqu'au questionnement de son épouse qui se demande devant la distance prise par son mari si elle est encore à la hauteur.

Arrive alors à point nommé la réponse à ses turpitudes : la femme moderne se doit d'être sexy. Et même si dehors, certains haranguent les épouses délaissées et refusent l'image de ces femmes soumises au dictât du mâle et des médias, Annie va tout faire pour se reconquérir Philippe.Nouvelle coiffure, passage obligé chez l'esthéticienne, nouvelles robes. Le ravalement de façade une fois accompli, c'est avec désespoir qu'au retour de Philippe, Annie constate que rien n'a changé. Obsédé par le contrôle fiscal dont il est l'objet, le mari ignore sa femme. Aiguillée par une amie dont les avis sont plus ou moins avisés, Annie ne sait plus quoi faire pour attirer l'attention de Philippe. A moins qu'un amant...

Erotissimo, presque cinquante ans après sa sortie, continuera de demeurer un objet filmique non identifié. Ou presque puisque derrière un humour pas toujours immédiat, Gérard Pirès dresse le portrait d'un couple miné par les responsabilités de l'époux. La vie professionnelle prenant le dessus sur la vie privée, ça n'est certes pas nouveau, mais à revoir ce film datant de 1969, année très érotique sublimée en son temps par un certain Serge Gainsbourg qui apparaît justement à la sortie d'un cinéma porno, le style contemporain de l'époque paraît avoir bien vieilli. Les chemises à fleurs ont disparu. Du moins, celles à la mode en cette période très près-Woodstock, festival qui accueillera un demi million d'adeptes de musique folk et rock deux mois après la sortie du long-métrage de Gérard Pirès. Une œuvre contestataire qu'aurait pu finalement réaliser lui-même Jean Yanne, surtout qu'il réalisera lui-même quelques brûlots contestataires particulièrement jouissifs dont le scandaleux (pour l'époque), Tout le Monde il est Beau, Tout le Monde il est Gentil.
Erotissimo est aussi l'occasion aujourd'hui pour l'amateur, de retrouver des gueules bien connues du grand et du petit écrans : Rufus dans le rôle du comptable de Jean Yanne, l'acteur italien Venantino Venantini dans celui de (l'amant) Sylvio, les animateurs Jacques Martin et Fabrice, les chanteurs Nicole Croisille, Jacques Higelin et Serge Gainsbourg, donc, ou encore Daniel Prevost et jacques Balutin.

Le montage est parfois ultra-nerveux. Les situations sont souvent pittoresques. Annie Girardot est magnifique (le film est l'occasion de la voir porter une grande panoplie de robes), Jean Yanne toujours aussi savoureusement bougon, Francis Blanche délicieusement retors. Une œuvre sur le couple, ses déchirements (ici traités sur un ton beaucoup moins triste que n'aurait pu le laisser supposer le sujet), les médias, la société. Un long-métrage incongru, atypique, contemporain en son temps, mais aujourd'hui, quelque peu anachronique. A voir pour son originalité et ses interprètes...
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