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mercredi 19 août 2026

Le furet de Jean-Pierre Mocky (2003) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pour ce nouvel article consacré à Jean-Pierre Mocky, nous nous déplaçons jusqu'en 2003, année relativement peu faste pour le cinéaste si l'on veut rester polis, courtois et respectueux vis à vis de sa très longue carrière. Il n'est d'ailleurs pas inconcevable d'imaginer qu'il aurait probablement continué à tourner des films puisque c'est bien son décès survenu le 8 août 2019 qui mit un terme à la réalisation et à l'écriture de longs-métrages. Cette année là, il réalisa d'ailleurs le tout dernier d'entre eux, intitulé Tous Flics. Concernant Le furet, il s'agissait là de l'unique collaboration entre le cinéaste français et l'acteur Jacques Villeret qui tient le rôle-titre de cette comédie criminelle et policière dans laquelle l'on retrouve également deux très fidèles interprètes de Jean-Pierre Mocky puisque Michael Lonsdale et Michel Serrault apparaîtront tous les deux dans divers œuvres alignant l'un et l'autre une dizaine de collaborations. Comme à son habitude, Jean-Pierre Mocky réunit quelques vedettes du cinéma français auxquelles l'on peut ajouter Robin Renucci qui six ans plus tard apparaîtra dans Colère, quelques seconds rôles parmi de très grands habitués du réalisateur tels que Dominique Zardi ou Jean Abeillé ou, encore plus étonnant, des personnalités qui viennent d'univers qui n'ont pas véritablement de lien direct avec le septième art. On pense bien évidemment au chanteur de rock Dick Rivers, ancienne vedette de la chanson française qui connut tout d'abord le succès avec son groupe Les Chats Sauvages dans les années soixante avant qu'il ne se lance dans une carrière solo ou bien l'animateur de télévision Karl Zéro, de son vrai nom Marc Tellenne, dont la période la plus faste se concentra probablement lors de ses différentes participations aux émissions Nulle Part Ailleurs et Le Vrai Journal sur Canal+ entre 1994 et 2006... Le furet du titre est donc ce tueur à gages insaisissable qui donne du mal à la police ainsi qu'au truand Don Salvadore (Michael Lonsdale). L'une et l'autre ne rêvant que d'une chose. Stopper net sa carrière d'assassin. En effet, lorsque cette adaptation du roman Le furet dans le métro de l'écrivain et illustrateur de bandes dessinées américain Lou Cameron débute, le meurtrier en est déjà à sa quatrième victime. Mais l'homme ne s'en prend pas à n'importe qui : celui-ci semble avoir un effet une prédisposition pour les petites crapules, les voyous, les dealers... Mais ce que l'on découvre rapidement, c'est que l'homme ne tue pas selon son unique volonté puisqu'il exécute en réalité des contrats commandités par un certain Anzio (Michel Serrault) qui lui promet sans cesse de lui faire rencontrer enfin Don Salvatore...


Ayant toujours un prétexte pour repousser les présentations entre le mafieux et le tueur à gages qu'incarne donc à l'écran Jacques Villeret, ce dernier rêve de devenir riche, de conduire de belles voiture et d'avoir toutes les femmes qu'il désire malgré qu'il soit marié et père de deux fils. Véritable anguille qui glisse entre les mailles du filet, le furet se cache sous l'apparat du sympathique petite serrurier, grand amateur de films d'action et qui lors des contrats qu'il est chargé d'exécuter a l'habitude de passer par les égouts et par les tunnels du métro parisien... Le furet met en scène l'actrice (et reine de beauté !!!) Patricia Barzyk dans le rôle du médecin légiste Karadin. Son personnage entretiendra une relation privée avec l'inspecteur Bart chargé d'enquêter sur la série de meurtres qui endeuille les réseaux criminels et qu'incarne de son côté Robin Renucci. Quant à eux, Dick Rivers, Jean Abeillé et Karl Zéro interprètent des bandits. Les deux premiers étant à la solde de Don Salvatore tandis que le troisième est le neveu poltron d'Anzio. Doté d'un budget d'un peu moins d'un million d'euros, Le furet reste une œuvre relativement intéressante s'agissant d'un film de Jean-Pierre Mocky s'inscrivant dans une période charnière où s'enchaînent quelques bonnes surprises mais aussi des longs-métrages presque ''impropres'' à la consommation. On ne reviendra évidemment pas sur l'interprétation souvent calamiteuse de certains grands fidèles acteurs du réalisateur, le film étant évidemment tout d'abord porté par un Jacques Villeret également à la production qui choisit de financer le film car le script de Jean-Pierre Mocky lui plaît beaucoup. L'acteur aurait même réussit à convaincre Jean-Pierre Mocky de retourner certaines séquences qu'il jugeait de mauvaise qualité. Le plus décevant restant ici l'incarnation de Michel Serrault qui, il faut bien le reconnaître est mauvais, voire même pathétique. Mais dans l'ensemble, le film reste très plaisant à regarder. Notons enfin que la bande musicale est l’œuvre du compositeur franco-roumain Vladimir Cosma qui bien longtemps après avoir écrit la musique du Grand blond avec une chaussure noire, des Aventures de Rabbi Jacob ou de celle de L'aile ou la cuisse a ici franchement perdu de sa superbe....

 

mercredi 29 mars 2023

Agent trouble de Jean-Pierre Mocky (1987) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Commençons par une anecdote qui n'a pas de relation directe avec le film. À voir Catherine Deneuve affublée d'une coiffure qui ne la met pas vraiment physiquement en valeur, je me suis demandé si elle portait une perruque. C'est alors que je me suis rendu sur Google pour y taper Catherine+Deneuve+Perruque. Obtenant ainsi parmi une foule de portraits de l'actrice nantie de diverses coiffures, quelques résultats étonnants. Telle cette foufoune dite ''A la portugaise'' du plus mauvais goût. Aussi pittoresque que puisse paraître la chose, elle rejoint par contre l’œuvre de Jean-Pierre Mocky en ce sens où le réalisateur français signait en 1987 avec Agent trouble, un bien curieux thriller. Le ridicule se penchant sur le moindre petit détail. Cette mèche grise qu'arbore Richard Bohringer, cette coiffure fauve qu'affiche Dominique Lavanant (aggravée par des tenues excentriques), ce bandeau qui enserre le crâne de Tom Novembre... Jean-Pierre Mocky était un bien curieux personnages n'ayant pas la langue dans sa poche. Un univers tout personnel qui malheureusement se dégrada au fil du temps, gangrenant les intrigues même les plus limpides. Pour comprendre et aborder Agent trouble de la manière la plus claire, il faudra sans doute se reporter à ces deux phrases que cite Catherine Deneuve après soixante-quinze minutes de récit : ''J'narrive pas à comprendre exactement les mobiles de ces gens... Ni à expliquer la nécessité pour eux de tuer tous ces innocents...'' Et c'est justement ce que l'on ressent devant cette histoire remarquablement intrigante dans ses premiers instants mais dont l'intérêt se délite au fil du temps. Qu'on le veuille ou non, Jean-Pierre Mocky gâche le matériau d'origine en insufflant à son œuvre cette folie douce dont il est coutumier mais qui n'était sans doute pas nécessaire ici. Lui que l'on aurait aimé voir traiter pour une fois avec un peu plus de sérieux cette adaptation du roman The man who loved zoos de l'écrivain américain Malcom Bosse ne peut donc s'empêcher d'y joindre une partie des freaks qui l'accompagnent généralement dans des situations ubuesques !


Le plus tragique dans toute cette histoire d'une adaptation dont l'effet est malheureusement celui d'un pétard mouillé, est d'observer le potentiel du récit et ce qu'en a fait Jean-Pierre Mocky. De sa manière toute personnelle et maladroite d'énumérer l'intrigue et ses personnages, Agent trouble évoque quelque part l'adaptation du roman de Georges-Jean Arnaud Brûlez-les tous ! réalisée en 1986 par Robert Enrico sous le titre Zone Rouge. Film dans lequel l'actrice Sabine Azéma cherchait à comprendre les raisons entourant la mort de son ex-mari et de celle de plusieurs habitants d'un hameau qui ensuite fut au cœur d'un incendie volontaire. Moins enclin à faire de son œuvre une adaptation riche en rebondissements et en sous-intrigues passionnantes, Jean-Pierre Mocky ouvre cependant les hostilités de la manière la plus séduisante, attirant ainsi le chaland à travers cette vision on ne peut plus fantasmagorique d'un bus arrêté dans un décor enneigé et dont tous les passagers sont prostrés dans une attitude d'inexplicable effroi. À la suite de cette séquence d'ouverture alléchante, le réalisateur introduit Tom Novembre, pittoresque personnage marginal prénommé Victorien qui fera les poches des victimes avant d'aller rendre visite à sa tantine Amanda Weber(Catherine Deneuve) et d'être ensuite recherché, poursuivi et enfin assassiné par l'étrange personnage qu'incarne Richard Bohringer, un certain Alex. Sans le talent particulièrement pointu d'un Claude Chabrol mais avec toujours autant de ferveur et de vigueur, Jean-Pierre Mocky persévère dans la critique des hauts dignitaires, jouant avec les codes du thriller tout en laissant une large place à ces personnages étranges qui toujours ont parcouru sa filmographie. Après la mort de Victorien, sa tante mène l'enquête... un peu trop tardivement comme le constatera le spectateur, beaucoup trop tard pour que le réalisateur parvienne à véritablement déployer l'intrigue et pour que les investigations d'Amanda Weber prennent une tournure véritablement passionnante. Reste alors le plaisir de retrouver Sylvie Joly, Pierre Arditi et les habituels trublions du cinéma ''Mockyéen''. Sans oublier la délicieuse Kristin Scott Thomas quasiment au début de sa carrière (à trois ans et une toute petite poignée de rôle près), jeune, belle, sexy, dans le rôle de la prostituée Julie. Laquelle absorbera sans doute l'attention des spectateurs de sexe masculin lorsqu'elle leur révélera sa brune toison. Une foufoune en chassant une autre, voilà donc une jolie épanadiplose...

 

lundi 27 mars 2023

Le deal de Jean-Pierre Mocky (2006) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Sacré Jean-Pierre Mocky, capable du ''meilleur'' (Un drôle de paroissien en 1963, La Cité de l'indicible peur en 1964, La Grande lessive (!) en 1968) comme du pire (Dossier Toroto en 2011 ou Agafia en 2015) et qui signait avec Le deal, l'un de ses plus mauvais films. Et donc, l'un de ses plus essentiels. Du moins, parmi ceux qui sont marqués de l'empreinte du Z (des séries, s'entend, et non pas du célèbre Zorro) et du nanar ou bien encore du sceau de l’inénarrable amateurisme (malgré une carrière longue de dizaines d'années et d'autant de longs-métrages). Le genre de film que l'on n'oserait pas offrir à son pire ennemi ou montrer à celui ou celle que l'on aimerait convaincre du bien fondé de l'entreprise ''Jean-Pierre Mocky''. Nombreuses sont les fin de carrières chez les cinéastes qui se terminent dans des conditions quasi désastreuses tandis que chez notre réalisateur français, c'est presque une marque de fabrique. Un coup de tampon sur toute une partie défaillante de l'aspect technique qui se retrouve généralement dans son œuvre. Que ses fidèles interprètes soient toujours aussi mauvais est un fait. S'acharnant à recourir aux mêmes gueules cassées, difformes et plus généralement admises comme détonnant avec l'image que l'on peut se faire d'une vedette ou d'une star du cinéma, Jean-Pierre Mocky convoque à nouveau Jean Abeillé, Dominique Zardi, Christian Chauvaud ou l'ancienne reine de beauté Patricia Barzyk (et sa fille Sarah). Qu'importe que sa troupe hésite entre deux phrases puisqu'en post-synchronisation, les interprètes de ce Deal commettent de toute manière une véritable boucherie en accordant mal leur doublage avec les images d'origine. C'est aussi ça la ''Jean-Pierre Mocky's touch !''. Même lorsque l'un ou l'autre de ses interprètes bafouille, le réalisateur et scénariste (ici aux côtés du romancier André Ruellan) ne se pose pas la question de savoir si retourner tel ou tel plan serait une idée judicieuse. Que ça passe ou que ça casse, entre les mains d'un autre la chose aurait été impardonnable mais chez notre trublion du cinéma indépendant hexagonal, ça passe crème...


Le deal met notamment en scène quelques vedettes toutes plus bigarrées les unes que les autres mais se revendiquant malgré tout de par leur jeu ou par leur attitude de ce cinéma transgenres. Visionnaire et précédant sans doute bien involontairement l'avenir du cinéma, Jean-Pierre Mocky convoque un couple de lesbiennes, histoire plus d'une décennie en avance sur la concurrence de se conformer à ce que nous dictera la bien-pensance dans le courant des années 2010 et 2020 ! D'autres fidèles du réalisateur aux carrières nettement plus confortables répondent à l'appel. Jean-Claude Dreyfus, Jean-François Stévenin, Jackie Berroyer et, plus étonnant, l'actrice américaine Alison Arngrim qui, comme son nom ne l'indique peut-être pas, interpréta la peste Nellie Oleson dans la série culte La petite maison dans la prairie entre 1974 et 1981. Dans la langue de Molière qu'elle ne maîtrise pas forcément, Alison et son immense regard happent tout d'abord l'objectif de la caméra, nous ensorcelle, avant d'agacer nos oreilles, de nous vriller les tympans d'un rire qui ne s’asséchera que dans les derniers instants. Il faudra d'ailleurs sans doute se munir d'un décodeur, surtout dans la première partie durant laquelle il sera difficile de déchiffrer des lignes de dialogues étouffées sous l'accent fort prononcé de l'actrice américaine. Elle incarne Édith, l'épouse de Victor Anselme (Jean-François Stévenin), lequel se la joue John Travolta période Blow Out de Brian de Palma en photographiant une altercation entre le député Hervé Radius (Jean-Claude Dreyfus) et sa maîtresse Priscilla (Patricia Barzyk) se terminant par la mort de celle-ci. Tout d'abord victime d'un chantage de la part du photographe, radius se retrouve avec sur les bras, le cadavre de Victor après que celui-ci se soit électrocuté dans la baignoire du député ! S'ensuit un imbroglio lors duquel Radius tente de se constituer un alibi pour le jour de la disparition de sa maîtresse tandis que l'inspecteur Castang (Jackie Berroyer dans l'un de ses meilleurs rôles) enquête auprès de lui et de son entourage. Malgré le concept, Le deal est terriblement raté. Mal joué, mal dirigé, techniquement et artistiquement à la ramasse, le film est typique de ce cinéma ''Mockyéen'' qui se la joue un peu trop modeste et foutraques dans ses aptitudes. Les fans seront ravis. Les autres pourront passer leur chemin...

 

samedi 14 août 2021

Dossier Toroto de Jean-Pierre Mocky (2011) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 


Il y a, dans le visionnage du cinquante-quatrième long-métrage de Jean-Pierre Mocky, quelque chose de rassurant qui nous pousse à penser qu'après ça, n'importe quelle purge fera l'affaire même pour le spectateur le plus exigeant. Le genre d'épreuve qui, si elle est accomplie jusqu'au terme des soixante-trois minutes que dure la chose, nous permettra ensuite d'avaler n'importe quelle pilule. Le réalisateur atteignant là l'un des points culminants de sa carrière en terme de foutage de gueule, le bonhomme nous prévient d'entrée de jeux. Oui, Jean-Pierre Mocky, apparemment agacé par les conneries que nous proposent grand et petit écran, a pris lui-même la décision très consciente de réaliser une connerie dont la seule différence et le seul intérêt est selon sa propre expérience qu'il sait qu'il s'agit bien de mettre en scène une connerie. Avec ça, nous voilà bien avancés. Il nous refait le coup de Laurent Baffie qui avec l'affiche de son film Les clés de bagnole annonçait la couleur avec son accroche d'un genre très spécial : ''N'y allez pas, c'est une merde !''. Un conseil qu'une grande partie du public suivra puisque seuls deux-cent mille fidèles de l'humoriste se déplaceront pour aller voir son unique long-métrage en salle. Résultat des courses, pour un budget de quatre millions d'euros environ, le film n’en engrangera que le quart malgré ses indéniables qualités. Loin de ces considérations budgétaires, Jean-Pierre Mocky qui en 2011 passe le relais en revendant le célèbre cinéma Brady à Paris pour racheter le cinéma Action Écoles avant de le rebaptiser Le Desperado peut tout à fait distribuer dans son antre n'importe quelle merde qu'il aura au préalable réalisé. Sauf qu'à prendre les gens pour ce qu'ils ne sont pas forcément, il risquait là non pas de perdre de l'argent, mais de fidèles adeptes de son œuvre...


Dossier Toroto est peut-être LE plus mauvais film qu'ait réalisé le cinéaste français. De son concept insensé pourtant terriblement séduisant sur le papier, Jean-Pierre Mocky accouche d'un monstre sans appareil reproducteur et où les mots d'esprit bataillent durs pour se faire entendre dans un méli-mélo invraisemblable. En fait, du grand n'importe quoi qui va jusqu’à recycler certains décors de son cinquante-deuxième long-métrage Les insomniaques, à croire qu'il en a simplement réutilisé des bouts de bobines pour consolider son Dossier Toroto dont la durée n’excède que de très peu le tour complet de la grande aiguille d'un cadran d'horloge. Jean-Pierre Mocky investit la comédie burlesque, surréaliste avec son gamin né sans sexe qui grâce à son ami le professeur Toroto (Jean Abeillé) va pouvoir boire un peu de l'étrange élixir qu'il a inventé dans son ''laboratoire'' afin de faire grossir les légumes. L'expérience s'avère positive et Riri (Romain Gontier) se voit désormais affublé d'un pénis long de plus de cinquante centimètres. L'épouse d'un brigadier (Olivier Hémon) profite de son absence pour transformer leur appartement en lupanar, permettant ainsi aux femmes insatisfaites de prendre du plaisir auprès du jeune garçon. Dès lors, Riri fait des jaloux parmi la communauté des ''gros calibres'' qui décident de se réunir et d'aller régler son compte au professeur Toroto. D'autres s'intéressent quant à eux à la formule qu'il a mis au point et sont bien décidés à s'en emparer...


Un brigadier qui se retrouve avec une verge de plus de deux mètre quarante. Un allemand passant son temps sur une table de massage tandis que derrière lui, des types font de la varap entièrement nus. Une paire de scientifiques chelous. Un Riri dont l'âge reste à déterminer si l'on veut accepter le fait que les relations sexuelles qu'il entretient avec les femmes du village ne virent pas à la pédophilie... Dossier Toroto propose une succession de séquences totalement délirantes et parfois vulgaires. Tout ça pour un résultat pathétique. Totalement en roue libre, le réalisateur semble ne pouvoir s'empêcher de caricaturer le clergé en faisant systématiquement des prêtres des pédophiles et se charge même d'en rajouter une couche envers les pieux qui dès le départ son décrits comme des nigauds. Pas drôle pour un sou et comme à son habitude chez le réalisateur et scénariste, joué avec les pieds, Dossier Toroto est une purge qui se moque sans scrupules et avec une gratuité effarante et sans profondeur de tout ce qui dérange son auteur. Un Jean-Pierre Mocky méprisant sans aucun finesse ni talent des femmes qu'il voit comme des ménagères obsédées par l'impressionnant pénis de Riri. En n'intervenant qu'au début et à la fin du film, Jean-Pierre Mocky semble vouloir se désolidariser de ses compagnons d'aventure en n'apparaissant que subrepticement et en les laissant agir à leur guise devant la caméra. En résulte une purge qui malgré sa courte durée est d'un insondable ennui. Il est donc conseillé d'utiliser son temps à des tâches beaucoup plus saines que de perdre une heure devant cet infect projet. Jean-Pierre Mocky a voulu réaliser une ''connerie'' ? Il a en l'occurrence donné naissance à une ''merde''... !

 

vendredi 10 novembre 2017

Grabuge ! de Jean-Pierre Mocky (2005) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Grabuge ! ? un film de Mocky. Pas le meilleur, pas le pire non plus. Juste dans la moyenne. Une comédie policière qui furète davantage dans la seconde catégorie que dans la première. Les gags, eux ? Rares, lourds. Des blagues Carambar que l'on se raconte au détour d'un verre. Une interprétation tout juste acceptable. De quoi saisir distinctement l'intrigue construite autour du scénario écrit par le réalisateur français lui-même ainsi que par André Ruellan, mais certainement pas au point de tomber en admiration devant des actrices et acteurs qui rament terriblement. Jean-Pierre Mocky n' a pas l'air d'être le genre de cinéaste à tourner de trop nombreuses fois la même scène. D'ailleurs, qui lui en voudrait ? Ses fans ? Certainement pas. Vu le score pitoyable qu'atteignent la majorité de ses film depuis un certain nombre d'années au box-office, pourquoi le bonhomme irait, en plus du sang et de la sueur, dépenser davantage de pognon pour un résultat qui serait malgré tout ses efforts, à peu de chose près identique à celui qu'il obtient habituellement. Même si Jean-Pierre Mocky engueule ses interprètes, il doit bien les aimer. Un amour qu'ils doivent partager sinon comment expliquer qu'ils reviennent toujours vers lui ? Ce petit cercle de fidèles collaborateurs serait-il masochiste ?

L'intrigue de Grabuge ! agirait presque comme un somnifère. Le cinéaste autoproclamé « underground » depuis le naufrage d'Une Nuit à l'Assemblée Nationale en 1988 s'imagine seize ans plus tard tourner une comédie policière sur fond de drame social en abordant le pourtant difficile sujet de l'immigration de masse, des clandestins, et des filières mafieuses qui en découlent en négociant à prix fort la vente de cartes de séjour et de travail.
D'où le personnage interprété par Charles Berling, ici dans la peau de Maurice, employé au service des étrangers à la préfecture de police de Paris. Témoin d'un meurtre dont à été victime un ami danseur à lui, il n'est pas au bout de ses surprises lorsque meurt à son tour, l'épouse de la première dépouille. Ainsi débarque par la suite, le commissaire Lancret, incarné par le fidèle Michel Serrault qui n'en est alors pas à sa première collaboration avec le cinéaste. Les deux hommes vont s'unir de découvrir pourquoi il y a eu meurtres. C'est ainsi qu'ils trouvent une piste les menant sur un trafiques de cartes de séjours de grande ampleur à laquelle seraient directement mêler les supérieurs hiérarchiques de Maurice...

Vu comme cela, on se dit que Grabuge ! aurait pu faire un sacré bon film. Un scénario solide, un sujet brûlant (qui a dit opportuniste?), mais, car il y a un mais (et même plusieurs), jean-Pierre Mocky abandonne toute forme d'ambition en dirigeant ses interprètes à la truelle. Comme à son habitude, il peut compter sur son cercle de fidèles interprètes dont les gueules sont la ma rque de fabrique du cinéaste. Outre Dominique Zardi, qui demeure encore dans le lot comme le meilleur de sa catégorie, on retrouve l'ancien Deschiens François Toumarkine qui jusqu'à maintenant à tourné à quatorze reprises aux côtés de Jean-Pierre Mocky, Christian Chauvaud (dix-neuf fois), ou encore Jean Abeillé qui détient le record de participation et de longévité avec quarante-huit apparitions !
Même Charles Berling et Michel Serrault sont sous-exploités. Avant tout humains, ils sont capables comme n'importe quel acteur de faire des erreurs de prononciation. Mais de cela, Jean-Pierrre Mocky n'en a cure. Avec lui, Grabuge ! A l'air de ne reposer que sur trois termes : « Moteur ! », « action ! », « coupez ! ». Tout le reste de demeurant alors que du superflu dont l'auteur semble se ficher royalement.
Au final, Grabuge ! (merde, avec un tel titre on aurait pu s'attendre à justement, plus de grabuge) se révèle éreintant d'ennui. Et pourtant, on n'arrive jamais à reprocher ses piètres qualités de cinéaste à Jean-Pierre Mocky qui, parfois, possède l'éclair de génie qui sort l'une des ses œuvres du lot. Et puis, il ne faut pas oublier qu'il demeure encore aujourd'hui, LE meilleur représentant français en matière de nanars. Et ça n'est pas rien...
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