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dimanche 1 juin 2025

Promotion canapé de Didier Kaminka (1990) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Mon dieu... Après avoir découvert Le Postier de l'écrivain américain Charles Bukowski dans les années 80 et Promotion canapé du réalisateur et scénariste français Didier Kaminka la décennie suivante, j'aurais pu très facilement rejeter l'idée de me plonger dans l'univers de ces femmes et de ces hommes ''de lettre'' qui chaque jours entreprennent tout pour qu'arrive dans nos boites aux lettres, factures, publicités, colis et autres plis personnels. Promotion canapé, justement... Cette caricature (presque) éhontée de cette véritable institution française qu'est La Poste dont on remplace maladroitement l'intitulé par Les Postes... Comme un aveu à peine simulé de la part du réalisateur et de Claude Zidi (ici, à l'origine de l'idée du récit), bourré de clichés et qui trente-cinq ans plus tard apparaît comme une vision faisandée du principal opérateur de services postaux hexagonal qui en près de cinq-cent cinquante ans d'existence en a sans doute vu des vertes et des pas mûres avant de devenir en 1991, soit un an après la sortie de Promotion canapé, une entreprise autonome. Fondée par Louis XI en 1477, c'est moins son histoire qui intéresse ici le réalisateur et son scénariste que l'image qu'elle pouvait renvoyer il y a des décennies et qui persistent de manière cependant moins outrancière de nos jours. Pour l'avoir vécu de loin et avoir même été tenté par une supérieur de m'y laisser tenter, cette expression ô combien familière signifiant l'obtention de privilèges professionnels contre des relations sexuelles existe bel et bien. Auteur d'une poignée de longs-métrages dont aucun n'est véritablement devenu un classique de la comédie française, Didier Kaminka plonge ainsi ses protagonistes au sein d'une institution nationale qui même si elle ne porte pas tout à fait le même nom est reconnaissable entre toutes, à travers ses bureaux, ses guichets et ses arrière-salles où étaient authentiquement cantonnés nos concitoyens originaires des Dom-Tom. Le film met en scène les délicieuses Margot Abascal et Grace de Capitani dans les rôles de Françoise et Catherine. Deux filles de la campagne qui depuis toujours rêvent de monter sur Paris et de devenir fonctionnaires. À leur arrivée, elles sont accueillies par des cadres qui vont les instruire à la manière de l'armée française. Aïe ! Ça démarre mal. Non seulement pour nos héroïnes mais aussi pour les spectateurs qui d'emblée vont avoir l'occasion de constater en seulement quelques minutes combien le film a vieilli.


Car si à l'époque, au tout début des années quatre-vingt dix, l'aspect grinçant de cette comédie pouvait prêter à sourire, de nos jours, la plupart des gags semblent davantage se revendiquer de l'humour potache, franchouillard et nanadesque d'une certaine catégorie de comédies françaises ! Si Promotion canapé avait vu le jour ces dernières années, il aurait probablement donné du grain à moudre aux néo-féministes tant l'homme y est décrit comme un gros porc patriarcal ne fonctionnant qu'avec sa queue. Affichant à l'écran une galerie de seconds rôles parmi lesquels l'on retrouve notamment Pierre Richard, Eddy Mitchell, Romain Bouteille, Martin Lamotte, ou Patrice Melennec, aucun ou presque de ceux qui interprètent des personnages plus importants ne vient sauver l'honneur de la gente masculine. De Claude Rich en inspecteur principal, Jean-Pierre Castaldi en employé de bureau amant de la très jalouse Zabou, Patrick Chesnais dans le rôle d'André en passant par Michel Sardou dans celui de Bernard, il n'y a guère que Thierry Lhermitte pour laisser entrevoir à travers le personnage du ministre des Postes François Loubeau d'autres prérogatives que la simple idée de mettre une femme dans son lit. Et encore... Pour réussir, il faut coucher. C'est ce que revendique la comédie de Didier Kaminka. Pratique à laquelle se laisse aller l'héroïne Françoise, transformant ainsi cette naïve ''campagnarde'' en une jeune femme désormais libre et ambitieuse. Humour gras, sexualisé et faisant rarement preuve de finesse sont donc au rendez-vous. C'est lourd même si parfois il peut arriver que certaines répliques fassent sourire. Mais après tant d'années, Promotion canapé apparaît comme un nanar français parfois presque aussi affligeant que s'il avait été signé de Philippe Clair ou Max Pécas. L'infâme bande originale pourtant signée du chanteur et compositeur Louis Chedid confirmant cette impression. Bref, les amateurs de nanars se réjouiront sans doute devant cette critique absurde de l'une des plus grandes entreprises françaises, poussant ses employé(e)s au vice, au chômage ou même à la prostitution comme le prouve Anne Roumanoff dans le petit rôle d'une ancienne contractuelle des Postes virée avant d'être récupérée par deux proxénètes incarnés par Georges Beller et Xavier Gélin...

 

samedi 21 juillet 2018

Le Mystère de la chambre jaune de Bruno Podalydès (2002)




Après Maurice Tourneur en 1913, Émile Chautard en 1919, Marcel L'Herbier en 1930, Henri Aisner en 1949, Jean Kerchbron en 1965 et Jean-Jacques Vierne en 1983, le cinéaste français Bruno Podalydès, celui-là même qui met habituellement en scène son frère Denis, acteur de la plupart de ses œuvres, est le dernier en date à avoir adapté le célèbre roman éponyme de Gaston Leroux, Le Mystère de la chambre jaune. Si l'on a d'abord la sensation d'être face à un épisode des Brigades du Tigre, des Cinq Dernières Minutes ou même du célèbre Commissaire Maigret, on est très vite rassuré par la grande maîtrise de Bruno Podalydès qui fait d'une œuvre policière un divertissement grand public à la construction diaboliquement intelligente. 

Afin de donner corps à une intrigue digne des meilleurs écrits d'Agatha Christie, le cinéaste s'entoure d'interprètes de haut vol. A commencer bien sûr par son propre frère Denis, accompagné d'une impressionnante brochette dont Jean-Noël Brouté, Claude Rich, Pierre Arditi, Olivier Gourmet (savoureux), ou encore l'immense Michael Lonsdale, qu'il enferme durant le tournage dans le château de Villemolin, lieu unique ayant servi de décor au film.

Quant à l'intrigue, quelle est-elle ? Et bien il s'agit d'une enquête menée parallèlement aux investigations de l'inspecteur Frédéric Larsan, par le journaliste Joseph Rouletabille, et de son fidèle ami, le photographe Sainclair, au château du Glandier dans l'une des chambres duquel une tentative de meurtre a faillit coûter la vie à la fille du Professeur Stangerson, Mathilde. Toute la question étant de savoir qui a tenté de tuer la jeune femme bien sûr, mais aussi de découvrir par quel ingénieux moyen l'assassin a quitté la chambre de la victime fermée de l'intérieur sans qu'aucun des témoins présents ne s'aperçoive de sa présence...

Outre l'intérêt que l'on porte à l'enquête menée par le héros de cette histoire, Le Mystère de la chambre jaune est surtout une irrésistible comédie servie par des acteurs de talents. Si dans l'esprit, le cadre, l'époque et l'approche semblent avoir quelque peu vieilli, le film compte quelques scènes d'anthologie dont celle de l'horloge n'est pas des moindre. Voir l'assistant de Rouletabille se battre avec sa planque provoque un rire irrépressible.
Dans le paysage cinématographique français, Bruno Podalydès ne se départit jamais de cette constante qualité qui fait un tout de son œuvre dans sa très large majorité (pour ne pas dire la totalité). Ceux qui aimaient déjà le cinéma de l'auteur de Liberté-Oléron et ceux qui lui demeurent toujours fidèles, et ce jusqu'à son dernier long-métrage à ce jour (Comme Un Avion) tomberont forcément sous le charme de ce Mystère que seul l'excellent Denis Podalydès parviendra à résoudre...

dimanche 17 septembre 2017

Je t'Aime, je t'Aime de Alain Resnais (1968) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



La popularité des cinéphiles qui entoure l’œuvre d'Alain (Nouvelle Vague, versant Rive Gauche) Resnais demeure pour moi, une énigme. C'est encore plus vrai avec son sixième long-métrage Je t'Aime, je t'Aime sur lequel nous fondions, ma compagne et moi, tous nos espoirs. Ceux de deux amateurs de science-fiction, de voyage dans le temps ou d'expérience cinématographique inédite. Pour cette dernière, nous n'avons pas été déçus. J'imagine qu'à l'époque, rien ne pouvait ressembler davantage à Je t'Aime, je t'Aime que le film lui-même. S'il fallait comparer son montage, peut-être devrions-nous le rapprocher de ces savantes compositions rythmiques générées aléatoirement par des logiciels fabriqués dans des garages et servant de matière à l'IDM. Le film d'Alain Resnais peine à dépasser les quatre-vingt dix minutes. Nous ne lui avons pas tenu rigueur de ne pas étendre son récit plus loin encore, désireux que nous étions d'en finir avec ce récit au demeurant fort intriguant, mais qui au final nous a surtout ennuyé. Il s'agissait, pour moi, en outre, de faire mes adieux et rendre hommage à cet excellent acteur qu'était Claude Rich, disparu le 20 juillet dernier. Et pourquoi pas avec un Resnais ? Cet auteur dont je cherche encore à découvrir les particularités qui attirent tant la critique et un certain public.
L'intérêt de Je t'Aime, je t'Aime est faussé p ar un scénario qui abandonne très vite l'hypothèse de sauver la compagne du héros dont on apprendra très vite que Claude Ridder (Claude Rich) l'a tué de ses mains. Raison pour laquelle l'homme a tenté de se suicider à l'aide d'un pistolet. L'employé de bureau est contacté par des chercheurs dès sa sortie de l’hôpital. Lui qui n'est plus intéressé à l'idée de vire accepte de participer à une expérience menée sur le voyage dans le temps. Claude sera le premier homme à y contribuer directement, des tests n'ayant été effectués jusque là que sur des souris. Les scientifiques ne lui promettent pas un voyage dans le futur, mais dans le passé. Très exactement un an auparavant. Le voyage ne devra durer qu'une minute. Mais alors que Claude accepte de subir diverses injections en intraveineuse afin d'améliorer les conditions de l'expérience et d'être enfermé dans étrange capsule en compagnie d'une souris, le voyage qui ne devait durer que soixante seconde va durer beaucoup plus longtemps...

Avec une telle idée de départ, les possibilités étaient nombreuses. Malheureusement, au final, Je t'Aime, je t'Aime demeure assurément tout sauf un bon film. Ennuyeux, prétentieux, répétitif, il trouve son unique intérêt dans le phénomène de boucle temporelle dans laquelle est plongé le héros. En effet, celui-ci revit tous les événements qui précèdent la mort de sa compagne ainsi que son suicide. De sa rencontre avec Catrine, jusqu'à la mort de celle-ci, en passant par la volonté de Claude d'en finir avec sa propre existence. Ce qu'il manque cruellemen au récité imaginé par le scénariste et romancier Jacques Sternberg, c'est l'éventualité pour le héros de pouvoir changer les choses. Réparer ses erreurs, et ainsi sauver la vie de celle qu'il aime. Mais non, rien de tout cela. On assiste à un récit dont le montage est un puzzle sans véritable cohérence. Si le principe est fort amusant durant les premières minutes, on s'en fatigue à la longue. Le récit demeure finalement très classique. Une histoire toute simple agencée de manière aléatoire, sans ordre établi alors que l'on aurait tant aimé des retours fréquents dans le présent, des examens effectués par les chercheurs sur la personne de Claude. Mais là, encore une fois, rien de tout cela.
Alors que Je t'Aime, je t'Aime s'enlise dans un récit peu passionnant, Alain Resnais semble abandonner tout intérêt pour son personnage dans un final qui n'a aucun sens. Projeté à l'extérieur du centre où sont menées les expériences, Claude Ridder est découvert inanimé sur le sol environnement le bâtiment. Sans autre forme d'explication, le film se clôt presque ainsi. C'est certain, Je t'Aime, je t'Aime possède la particularité d'offrir un spectacle étonnant. Un montage, sans doute à l'époque, inédit. Mais une histoire véritablement gonflante et qui ne propose aucune autre alternative que de suivre de manière alambiquée l'histoire d'un personnage de sa rencontre avec sa future compagne jusqu'à son suicide. Une aventure qui au final se révèle beaucoup trop simpliste pour être convaincante...
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