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mercredi 7 mai 2025

A nous la victoire de John Huston (1981) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Ce sport que j'exècre, ce ballon rond comme on l'appelle parfois et dont je contourne ironiquement le vrai nom sous le terme très péjoratif de Foutreball, et bien aujourd'hui, voilà la seconde fois que m'est offerte l'opportunité de lui redorer le blason en l'évoquant sous sa véritable appellation : Football ! La première fois, c'était à travers l'excellent Coup de tête de Jean-Jacques Annaud dont le banquet offert par le héros incarné par Patrick Dewaere à un tas de fumiers et d'hypocrites est demeuré dans toutes les mémoires. Et la seconde, désormais, c'est A nous la victoire de John Huston que je la dois. Non pas que le film soit un chef-d’œuvre ni qu'il soit dénué de défauts. Bien au contraire. Car tout ce qui précède le match qui doit en outre permettre à une équipe formée autour d'un certain nombre d'alliés de la seconde guerre mondiale enfermés dans le camp de Gensdorf de jouer contre une équipe allemande s'avère plutôt décevant. Qu'il s'agisse du quotidien des prisonniers, de la furtive rencontre entre le capitaine américain Robert Hatch (Sylvester Stallone) et la résistante Renée (Carole Laure) ou de l'entraînement des joueurs eux-mêmes, John Huston ne semble avoir pas eu le temps de consacrer à toutes ces étapes du récit, le temps nécessaire. Le long-métrage approchant les deux heures, le réalisateur va pourtant consacrer les trois quarts du temps à ces diverses facettes de l'intrigue. Près de quatre-vingt dix minutes qui pourtant ne seront jamais suffisantes dans un contexte où il aurait sans doute été nécessaire d'étayer certains propos. Chaque phase du récit étant traité avec un peu trop de légèreté, on a du mal à croire à l'issue heureuse qu'affichera le coup de sifflet final lors du match. À quoi a-t-on assisté lors de l'entraînement ? À quelques tirs au but, rien d'autre. Renée s'affole, tremble devant les coups que reçoit le capitaine Robert Hatch de la part de l'équipe adverse ? Leurs interprètes respectifs n'auront pourtant partagé jusque là que très peu de séquences en commun. Quant au sort des prisonnier, celui-ci est traité avec un certain dédain. Au point que l'ennemi apparaît sous une forme presque ''angélique'' en comparaison de ce que l'on sait de l'enfer que furent les camps de concentration !


Tout ceci est d'autant plus dommage que A nous la victoire est incarné par un nombre plutôt important de grands acteurs. À commencer par Michael Cain qui dans le rôle du Capitaine (militairement et sportivement parlant) John Colby va accepter la proposition du Major Karl von Steiner consistant en un match opposant soldats allemands et alliés. Un officier de la Wehrmacht de son côté interprété par l'immense acteur suédois Max von Sydow. Parmi les interprètes un peu plus secondaires, le public hexagonal sera sans doute surpris de découvrir les acteurs français Amidou et Jean-François Stévenin dans le rôle des résistants André et Claude ou bien même le Roi du Football, le brésilien Pelé dans ce qu'il a toujours su faire de mieux : taper dans le ballon. Le point d'orgue du long-métrage reste évidemment le match tant attendu entre les deux équipes. Alors que dans les égouts de la ville où se déroule la compétition (Paris), la résistance s'active pour atteindre le vestiaire des alliés qui à l'issue de la première mi-temps ont pour projet de s'évader, ceux-ci encaissent devant un public hétéroclite constitué de supporters français et d'une partie des représentants de l'armée allemande (des soldats armés et accompagnés de chiens occupent les contours du terrain tandis que dans la foule, des officiers de la Wehrmacht assistent au match). L'on tient devant nos yeux ce qui demeurera sans doute comme la plus impressionnante succession de tacles perpétrés ici par l'équipe allemande. L'arbitre étant très visiblement du côté de cette dernière, on ne donne pas cher de la peau de nos alliés. Au coup de sifflet, ceux-ci sont menés 4 à 1. Une fois dans les vestiaires, il est temps de s'échapper par le trou qu'ont pratiqué les résistants durant la première partie du match. Pourtant, convaincus de pouvoir remonter le score et de remporter la victoire, les joueurs décident de retourner sur le terrain. A nous la victoire étant effectivement un pur produit de divertissement, on devine très en avance l'issue du combat ! Que l'on aime la discipline ou non, difficile de ne pas ressentir un certain frisson et une certaine émotion devant la remontée inespérée des alliés ainsi qu'un véritable élan de patriotisme au chant de la Marseillaise...

 

dimanche 2 octobre 2022

Le limier (Sleuth) de Joseph L. Mankiewicz (1972) - ★★★★★★★★☆☆

 


En vingt-six ans de carrière, le réalisateur, scénariste et producteur américain Joseph L. Mankiewicz aura réalisé vingt et un longs-métrages pour le grand écran. Une assez bonne moyenne comptant quelques grands chefs-d’œuvre du septième art. À lui seul, Cléopâtre étant représentatif de son génie. C'est en 1972 que Joseph L. Mankiewicz met un point final à sa carrière en adaptant pour le cinéma la pièce de théâtre Sleuth du romancier et dramaturge britannique Anthony Shaffler. À l'écran, Le limier reprend le concept en mettant en scène deux personnages. Celui d'Andrew Wyke, richissime écrivain de romans policiers qui convoque chez lui l'amant de sa femme Milo Tindle. Vouant une passion pour le jeu et pour les automates qui recouvrent l'intégrale de sa demeure, Andrew Wyke entame alors une conversation avec son rival et lui propose de se rendre mutuellement service. Possédant un coffre renfermant des bijoux pour une valeur se montant à plusieurs centaines de milliers de livres, l'écrivain propose au costumier de les lui dérober et de les revendre à un receleur de sa connaissance. Le méfait accompli permettra à Andrew Wyke d'empocher l'argent de l'assurance et à Milo Tindle d'assurer le confortable train de vie auquel est habituée la future ex-épouse de l'écrivain. Après mûre réflexion, le jeune amant accepte sans malheureusement se rendre compte qu'il s'agit d'un piège. Déguisé en clown, il comprend que tout n'est que stratagème de la part de Wyke qui pour rendre crédible le cambriolage décide finalement de tuer Tindle... Deux jours ont passé et alors que l'écrivain s'apprête à s'offrir des toasts tartinés de caviar, sonne à la porte l'inspecteur Doppler. Celui-ci enquête sur la disparition supposée du jeune costumier. Son principal suspect : le célèbre écrivain Andrew Wyke lui-même...


Divisé en deux parties, Le limier est l'un de ces films pernicieux qui établissent une manœuvre visant à tromper les spectateurs au même titre que l'un des personnages. Brillamment campés par Laurence Olivier et Michael Caine, les deux principaux protagonistes du récit se jaugent à grands coups de phrases judicieusement choisies. C'est bien là l'un des points fondamentaux d'un récit situant son action presque exclusivement au cœur de la luxueuse demeure d'un génie de la littérature policière dont l'intérieur décrit parfaitement son état d'esprit. Un décor riche et passablement enfantin dans lequel l'homme affiche son statut ainsi que son goût pour l'exubérance. Face à lui, un artisan, simple, mais dont l'un des plus grands défauts, du moins aux yeux du romancier, est d'être l'amant de sa femme. Viennent alors des propos blessant qui participeront de l'élaboration d'une seconde partie incroyablement diabolique. Entre vengeance et rancœur, l'élève semble avoir dépassé le maître au point d'avoir haussé le principe à des hauteurs vertigineuses. Les deux interprètes se révèlent formidables, aidés en cela par des dialogues savoureux, entre cynisme et sérieux. Abordant le mépris des basses classes et l'esprit de vengeance, Le limier est un grand film qui reprend peu ou prou l'esprit théâtral de la pièce d'origine. Personnage à part entière, le décor fourmille de détails participant directement à l'intrigue. Bien que le sujet du film semble avoir été traité avec une certaine légèreté, la cruauté incarnée par Laurence Olivier noirci drastiquement un tableau originellement divertissant. Et si ce dernier aspect perdure, c'est parfois avec une certaine gêne que l'on assiste aux suppliques éplorées d'un Michael Caine/Milo Tindle humilié. Le caractère dérangeant de certaines situations perdure d'ailleurs durant le second acte et ira même jusqu'à se prolonger jusqu'à cette conclusion amèrement vécue par nos deux protagonistes. Notons que Michael Caine revivra dix ans plus tard le même genre d'expérience avec l'adaptation sur grand écran de la pièce d'Ira Levin, Deathtrap, sous le titre Piège Mortel face à l'acteur Christopher Reeve. Son rôle sera cependant inversé...

 

lundi 22 juillet 2019

Kingsman: The Secret Service de Matthew Vaughn (2015) - ★★★★★★★★★☆



A certains égards, il arrive parfois que la frontière qui définit la collaboration entre différentes nations ayant participé à un même long-métrage soit floue. Dans le cas présent, elle n'a jamais été aussi clairement définie. Après notamment Kick-Ass en 2010 et X-men : le Commencement l'année suivante, le réalisateur britannique Matthew Vaughn revenait en 2015 avec les premières aventures de Gary « Eggsy » Unwin, tout jeune homme issu des quartiers défavorisés de Londres, en Angleterre. C'est là-bas qu'il vit auprès de ses rares amis, de sa mère, son frère, et son beau-père alcoolique et violent. Sans emploi et prêt à faire les cent coups, Eggsy se retrouve au commissariat après avoir pris la fuite au volant d'une voiture volée. Depuis que tout petit, il a reçu des mains d'un ancien ami et collègue de travail de son père mort en mission alors qu'il était employé pour l'agence d'espionnage Kingsman, une médaille, le jeune homme en profite pour composer le numéro de téléphone inscrit à l'arrière de celle-ci. Un numéro que l'homme qui lui confia lui avait conseillé de composer le jour où il en aurait réellement besoin. C'est ainsi que dix-sept ans plus tard, et alors qu'un membre de Kingsman vient de mourir, Eggsy fait la connaissance de Harry. Celui-là même qui lui offrit la médaille. Prenant le jeune homme sous son aile, il va l'imposer lors de la sélection obligatoire qui veut que chaque membre de l'agence ayant perdu la vie soit remplacé par une jeune recrue...

Ce premier Kingsman intitulé Kingsman: The Secret Service, et donc sorti il y a quatre ans en arrière, est sans doute dans cette forme d'hybridation qui mêle action, espionnage et blockbuster, ce qui se fait de mieux. De plus scénarisé, de plus divertissant, de mieux interprété et scrupuleusement mis en scène. Impossible en effet de rester de marbre devant ces aventures qui réunissent un casting impeccable. Jugez plutôt : les acteurs britanniques Colin Firth dans le rôle de Harry Hart, Taron Egerton dans celui-ci de Gary « Eggsy » Unwin, Mark Strong incarnant Merlin, ou encore l'immense Michael Caine dans la peau d'Arthur, le grand patron de la société Kingsman. Et parmi eux, le tout aussi prestigieux acteur américain Samuel L. Jackson (nanti d'une casquette de rappeur vissée sur le crâne et d'un ''sssseuveux'' sur la langue). Sans oublier les petites touches féminines personnifiées à l'écran par l'anglaise Sophie Cookson qui interprète ici Roxanne "Roxy" Morton et par la franco-algérienne Sofia Boutella que l'on verra par la suite dans Star Trek : Sans Limites en 2016 ou dans Climax de Gaspar Noé l'année dernière...

Film d'espionnage contenant tous les codes inhérents au genre (armement, flegme britannique, costumes taillés sur mesure, action), Kingsman: The Secret Service est surtout un formidable spectacle mené tambour battant par un Matthew Vaughn qui maîtrise parfaitement la bête, adaptant le scénario qu'il écrivit à quatre mains aux côtés de Jane Goldman et inspiré du comic book The Secret Service de Dave Gibbons et Mark Millar. Personnages attachants, nombreuses séquences survoltées, appuyées par la formidable partition musicale composée par Henry Jackman et Matthew Margeson. C'est à la naissance d'un héros à l'ancienne, sans pouvoirs surnaturels qu'il est question pour le spectateur d'assister. Une œuvre formatée pour devenir un blockbuster mais qui contrairement à beaucoup d'autres ne mise pas tout sur ses effets-spéciaux. Ici, c'est plutôt sur les relations qu'entretiennent les différents personnages auquel s'est attaché le réalisateur. Impossible de rester indifférent à Harry, à Eggsy, à Merlin, Roxy, et même, dans un certain sens, à Richmond Valentine, cet excentrique milliardaire américain qui sur un postulat à l'origine fort honorable, a choisi de se lancer dans un projet mégalomaniaque et génocidaire à l'échelle de la planète.

Sous ses dehors de pur divertissement, Kingsman: The Secret Service oppose également des milieux sociaux s'opposant de manière absolument écrasante. Entre la vie ''crasse'' d'un Eggsy pas encore ''Kingsmanisé'' et un Richmond Valentine vivant dans une extravagante opulence, le film démontre le perpétuel combat entre le Bien et le Mal, ce dernier étant relativement bien retranscrit à travers ce personnage de milliardaire américain auquel tous les pouvoirs sont acquis. Ce que le spectateur retiendra également de cet effarant spectacle aussi délirant qu'inventif, ce sont ces combats chorégraphiés au cordeau d'une classe absolue. La magie du cinéma tient ici dans le placement de LA ou LES caméras. Dans ce choix presque interactif de placer à quelques occasions les spectateurs en mode First Person Shooter pour un confort ultime et au cœur du conflit. Parfois, l'on y songe : lorsque nous reviennent en tête ces purs moment de plaisir coupables venus d'Asie, combats à mains nues et destructions de décors à l'appui, devant ces réjouissantes aventures de Harry, Eggsy et toute la clique, on aurait presque le honteux désir de hurler que les sud-coréens, les philippins ou les japonais peuvent aller se rhabiller. Kingsman: The Secret Service atteint la quintessence en matière de film d'action. Ceux qui baillent devant James Bond mais rêvent de découvrir un vrai bon film d'espionnage, mais assez léger pour ne pas se montrer rébarbatif, peuvent d'ors et déjà se rassurer : une séquelle est sortie sous le titre Kingsman : Le Cercle d'or deux ans plus tard histoire de faire durer le plaisir. En espérant voir débouler un jour les troisièmes aventures de Gary « Eggsy » Unwin sur grand écran...

lundi 24 juin 2019

Batman Begins de Christopher Nolan (2005) - ★★★★★★★★☆☆



Pas facile d'adapter Batman, héros de Gotham City, et l'un des plus célèbres super-héros de l'univers de DC Comics. Lorsque sort sur les écrans de cinéma Batman Begins, le cinéaste britanico-américain Christopher Nolan n'est pas le premier à mettre les pieds dans le plat. Après une première tétralogie partagée entre Tim Burton et Joel Schumacher (Batman, en 1989, Batman : le Défi, en 1992, Batman Forever, en 1995 et Batman et Robin deux ans plus tard), il fallait un réalisateur de la trempe de l'auteur de Memento sorti cinq ans auparavant pour donner vie à un personnage hyper-charismatique sans tomber dans le ridicule ( le Batman et Robin de Joel Schumacher de triste mémoire). Et qui mieux encore que l'acteur Christian Bale, interprète principal et époustouflant The Machinist de Brad Anderson sorti un an auparavant pour incarner le personnage central ?

Comme son titre l'indique, Batman Begins revient tout d'abord sur les origines du mythe. De la tragédie qui endeuilla le jeune Bruce Wayne qui perdit ses deux parents lors d'un double meurtre commis par un pauvre individu, de ceux que tentait jadis de sortir de la misère le docteur Thomas Wayne (l'acteur Linus Roache), le père de Bruce. Convaincu d'être le responsable de la mort de ses deux parents (Bruce étant affublé d'une peur panique pour les chauve-souris, il contraint ce soir là sa mère et son père d'accepter de quitter une pièce de théâtre, les menant ainsi tout droit dans la ruelle où ils allaient perdre la vie), celui qui n'est encore qu'un enfant est désormais élevé par le majordome et homme de confiance des Wayne, Alfred Pennyworth (excellent Michael Caine). Lorsque quatorze ans plus tard, Bruce apprend que bientôt sera libéré l'homme qui a tué ses parents, il se rend au tribunal pour se faire justice lui-même et ainsi empêcher le criminel de recouvrer la liberté. Sermonné par son amie d'enfance Rachel Dawes (Katie Holmes), il s’exile en Asie où il vit de larcins avant d'être jeté en prison. Là-bas, il tente de survivre et se bat constamment contre certains de ses co-détenus. Mais un jour, il rencontre un individu du nom de Henri Ducart qui se charge alors de le prendre sous son aile et de le former afin de l'intégrer à ''La Ligue des Ombres'' dirigée par un certain Ra's Al Ghul. Lorsque vient le jour pour Bruce de prouver sa fidélité aux membres de la ligue, en désaccord total avec ses ambitions, il trahit Ra's Al Ghul, provoquant son décès et laissant pour mort Henri Ducart. Bruce quitte ainsi cette terre qui l'a accueilli durant un temps indéterminé, et retourne à Gotham afin de remettre de l'ordre dans une ville qui désormais est en proie à la violence et la corruption. C'est là-bas qu'il va notamment retrouver l'inspecteur Jim Gordon qui s'était occupé de l'affaire concernant le meurtre de ses parents, Lucius Fox, un inventeur de génie travaillant dans les sous-sols de l'empire Wayne, mais également Carmine Falcone, un truand qui a depuis toute ces années assis son pouvoir sur la ville...

Batman Begins évoque donc la naissance du mythe de l'homme-chauve-souris avec une classe folle. Christopher Nolan réunit un casting en béton qui, parmi les interprètes déjà cité plus haut compte également dans ses rangs, Liam Neeson (Henri Ducard / Ra's al Ghul), Gary Oldman (Jim Gordon), Morgan Freeman (Lucius Fox), Rutger Hauer ou encore Cillian Murphy dans le rôle de l'infâme docteur Crane doublé du terrifiant Épouvantail. En comparaison de la majorité des films centrant leur intrigue autour d'un ou de plusieurs héros au pouvoirs plus ou moins surnaturels, Bruce Wayne/Batman profite de l'ingéniosité du département expérimental de la société dirigée par le passé par son propre père. En effet, sans son accoutrement, Batman n'est qu'un homme comme tout le monde qui ne peut compter que sur ses muscles pour se sortir de situations périlleuses (la scène de la poutre dans la demeure des Wayne en feu). Ce qui différencie également Batman Begins des autres productions du genre, c'est la noirceur de son propos. Dans une ville pas ou peu éloignée technologiquement de ce que nous connaissons déjà, Christopher Nolan dépeint un univers pessimiste, violent, désagrégé et nocturne où la pluie tombe presque sans cesse. C'est dans cet univers extrêmement sombre que Batman va s'employer à remettre de l'ordre en ne combattant non pas UN ennemi, mais plusieurs.

Dire que Batman Begins est une franche réussite serait un euphémisme. En réalité, le film de Christopher Nolan est l'un des tout meilleurs du genre. Entre séquences de bravoure, effets-spéciaux remarquable mais jamais tape-à-l’œil, sous-intrigues fascinantes et interprétation magistrale de la part d'un casting de première classe, Batman Begins offre au spectateur, plus qu'un film de super-héros. Il s'invite dans le néo-polar, dans l'espionnage (la découverte des futurs ''gadgets'' dont se servira Batman rappelle furieusement les séquences dans lesquelles James Bond fait connaissance avec ses futures armes dans chaque épisode de la franchise), dans le drame également, avec la mort des parents de Bruce ou lorsque la demeure familiale part en fumée (deux séquences véritablement poignantes) et s'octroie même quelques passages humoristiques (la couse-poursuite en batmobile sur les toits et dans les rues sombres de Gotham) bienvenus dans ce cadre parfois éminemment austère en regard des productions du genre qui parfois s'avèrent outrageusement colorées. L’œuvre de Christopher Nolan est sans conteste un ''blockbusters''. Mais pas de ces grosses machines à fric sans âme qui n'existent que pour attirer les billets verts. Non, Batman Begins est profond, touchant, divertissant et finalement sobre vu le contexte. Une merveille... Un chef-d’œuvre... qui connaîtra deux suites, en 2008 ainsi qu'en 2012. Mais ça, c'est une autre histoire...

vendredi 14 décembre 2018

The Swarm de Irwin Allen (1978)



Lorsque le Général Thalius Slater, le Major Baker et leurs hommes pénètrent l'enceinte d'une base américaine militaire secrète, ils y découvrent les corps d'un nombre important de soldats. Seuls parmi ces derniers, six hommes sont encore en vie dont deux s'apprêtent à mourir malgré les soins prodigués par le Docteur et Capitaine, Helena Anderson. Les deux officiers y trouvent également dans les couloirs de l'édifice, l'entomologiste Bradford Crane.

Si les militaires mettent en doute les propos de celui-ci, Crane affirme que les hommes sont morts victimes de piqûres d'abeilles mutantes originaires d'Afrique. Un très haut gradé de l'armée américaine impose au Général Thalius Slater et au Major Baker de se plier aux recommandations de Crane dont les connaissances en matières d'insectes sont mondialement reconnus. Une cellule de crise est créée au sein même de la base américaine. Armée, médecins et scientifiques travaillent ensemble à la mise en échec d'un immense essaim qui a déjà commencé à s'attaquer à des civiles en tuant un homme et son épouse, leur fils échappant de peu à la mort. Alertés, les habitants d'une petite ville située non loin de la base militaire fait bientôt les frais de la présence des abeilles tueuses...

Réalisé par l'un des maîtres ès catastrophes, Irwin Allen auquel on doit tout de même en tant que producteur les classiques L'Aventure du Poséidon en 1972 (la suite, c'est lui qui la réalisera sept ans plus tard), La Tour Infernale en 1974, ou encore Le Sous-marin de l'apocalypse en 1961 en tant que réalisateur, The Swarm (renommé chez nous L'Inévitable Catastrophe) est une œuvre qui dans la longue tradition du genre convoque un grand nombre de stars américaines et britanniques de l'époque. Michael Caine, Katharina Ross, Richard Widmark, Henry Fonda, Richard Chamberlain, Olivia de Havilland, Ben Johnson, Lee Grant, Bradoford Dillman ou encore José Ferrer.


Si l'on est loin d'atteindre le niveau d'excellence des plus grandes œuvres du genre (Tremblement de Terre pour ne citer que celui-là), le film n'est pas non plus une catastrophe (sans mauvais jeu de mots). La version ayant servi à l'écriture de cet article étant celle qui vit le jour sur support dvd au début des années 2000, impossible donc d'avoir un avis objectif sur la version cinéma qui fut expurgée de plus d'une demi-heure de séquences jugées nuisibles à l'époque de la sortie du film en 1978.

Déjà, à l'époque, les implications environnementales semblent être au cœur de l'intrigue. En effet, certains dialogues offrent une confrontation vigoureuse entre l'entomologiste (Michael Caine) qui refuse l'emploi d'armes chimiques qui auraient pour conséquence de tuer bien plus d'espèces animales que les seules abeilles tueuses, et le Général Thalius Slater, qui au contraire, fait peu de cas des conséquences écologiques que pourrait entraîner l'usage de telles armes.

On a évidemment droit à une bluette amoureuse un peu superficielle, cette fois-ci non pas entre un homme et une femme, mais entre cette dernière et deux hommes qui vont tout faire pour s'attirer les faveurs de la « belle ». Cent cinquante-six minutes de long-métrage, ça fait long. Il faut donc, pour que le public ne s'endorme pas, investir dans le projet, des scènes d'actions efficace et un tant soit peu crédibles. Ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas (comment la centrale électrique a-t-elle pu exploser?). Le rendu de l'essaim est plutôt bien fichu, l'interprétation est appréciable (logique lorsque l'on a entre les mains un tel panel d'actrices et d'acteurs de grande renommée mondiale), scénario assez bien mené, mais les trop longues scènes de dialogue (celles qui justement furent couper dans la version cinéma) nuisent un peu trop à la cohésion de l'ensemble. The Swarm ne demeure finalement qu'un gros projet ayant englouti plus de vingt millions de dollars et n'ayant même pas rapporté dans son pays la moitié de son investissement. Le film d'Irwin Allen ressemble surtout à un gros gâchis commercial et financier. Dommage...

dimanche 28 janvier 2018

Dressed to Kill de Brian de Palma (1980) - ★★★★★★★☆☆☆



C'est sans doute l’apanage de beaucoup d’œuvres, et Dressed to Kill (connu chez nous sous le titre Pulsions) ne déroge pas à la règle, mais ce long-métrage de Brian de Palma daté de 1980 a bien faillit arborer un autre visage que ceux de Michael Cain et d'Angie Dickinson puisqu'à leur place étaient respectivement prévus l'américain Sean Connery dans la peau du psychiatre Robert Elliot et la norvégienne Liv Ullmann dans celle de Kate Miller. Mais le premier ayant d'autres engagements (au hasard Meteor de Ronald Neame et Outland : Loin de la Terre de Peter Hyams) et la seconde considérant le scénario de Brian de Palma par trop violent, c'est donc Michael Cain et Angie Dickinson qui prirent leur place. Une situation qui bénéficiera finalement aux spectateurs car le britannique et l'américaine ont su parfaitement intégrer leur personnage dans une œuvre qui une fois de plus chez Brian de Palma, rend hommage à l'illustre Alfred Hitchcock. Ici, les sources d'inspiration du cinéaste américain dont la période la plus intéressante, selon les goûts de tel ou tel spectateur, pourra s'échelonner de 1973 avec Sisters, que beaucoup considèrent avoir bien mal vieilli, jusqu'à Raising Cain datant de 1992 (d'autres argumenteront surtout au bénéfice de l'adaptation cinématographique de la série Mission Impossible qu'il réalisera quatre ans plus tard) lorgne du côté de Sueurs Froides et de Psychose, ce dernier auquel le cinéaste rend hommage par deux fois à travers une scène d'ouverture et une conclusion en forme d'épanadiplose. La fameuse scène de la douche de l’œuvre d'Hitchcock prenant ici une forme éthérée à travers des travellings toujours plus lents.

 
Brian de Palma, encore une fois, use de techniques dont il a très vite appris à se servir. Le split screen étant l'un des principes dont il s'est fait une spécialité afin de mettre en scène des actions située dans un espace-temps concordant. C'est la seconde fois en cette année 1980 que Brian de Palma tourne au cinéma et la seconde fois également qu'il offre un rôle à l'actrice new-yorkaise Nancy Allen, que l'on verra une fois encore chez Brian de Palma dès l'année suivante dans le remake du Blow-Up de Michelangelo Antonioni intitulé Blow Out, laquelle interprétera le rôle de Sally aux côtés de John Travolta. Plus tard, on retrouvera l'actrice dans deux longs-métrages qui compteront comme parmi les plus importants de sa carrière : Philadelphia Experiment de Stewart Raffill en 1984 et Robocop de Paul Verhoeven en 1987. Michael Cain sort du tournage de l'assez navrante suite de L'Aventure du Poséidon qu'avait réalisé en 1972 le cinéaste Ronald Neame (Le Dernier Secret du Poseidon d'Irwin Allen, 1979) et de L'Île sanglante de Michael Ritchie, quant à l'actrice Angie Dickinson, on la vit précédemment dans L'Homme en Colère de Claude Pinoteau aux côtés de Lino Ventura et Klondike Fever de Peter Carter.

Avec Pulsions, Brian de Palma prolonge son goût du suspens en offrant des scènes dont la longueur frise l'hypnotisme, à l'image de celle durant laquelle il explore le personnage incarné par Angie Dickinson jouant au chat et à la souris avec un inconnu avec lequel elle aura ensuite une relation adultère. Une étrange sensation parcourt l'échine. Entre le jeu de séduction, l'acte assez peu avouable où l'on découvre une Kate un brin nymphomane et cette dérangeante rupture de ton qui fait passer ce moment d'intimité romanesque pour un acte sale appuyé par la révélation d'un courrier adressé à l'inconnu et lui signifiant qu'il a contracté une maladie sexuellement transmissible. Un fait que se révélera finalement insignifiant au regard du tragique événement qui viendra mettre un terme à la collaboration d'Angie Dickinson au long-métrage de Brian de Palma. Le cinéaste joue avec un malin plaisir sur le ressenti du spectateur en battant le froid et le chaud avec une régularité bien à lui. La bande originale composée par le fidèle Pino Donnagio a beau planer au dessus de l'oeuvre du cinéaste, cela n'empêche pas à Pulsions d'aborder des sujets aussi délicats que certains troubles de l'identité sexuelle. Transsexualité ! Le mot est lâché. Une maladie traitée sous l'angle de la folie par un Brian de Palma qui aime ses interprètes et se complaît parfois à les filmer durant de longues minutes. Parmi la petite trentaine de longs-métrages du cinéaste, Pulsions est souvent considéré comme l'un de ses tout meilleurs. Et il est vrai que celui-ci est excellent. De par l'interprétation (n'oublions pas les présences de Dennis Franz dans le rôle de l'inspecteur Marino et de Keith Gordon, qui fut le très marquant Arnie Cinningham de Christine, dans celui de Peter Miller, le fils de Kate) et la minutie avec laquelle Brian de Palma a exploité sa mise en scène. A noter que cette œuvre fut inspirée par la jeunesse du cinéaste lui-même. Un classique...

jeudi 24 septembre 2015

Hysteria de Brad Anderson (2014)



Hysteria est le dernier film en date du cinéaste américain Brad Anderson qui depuis ses débuts n'a commis que très peu de fautes de goût puisqu'à part son très décevant L'Empire des Ombres, il n'a tourné que d'excellents films. Pour sa dernière œuvre, il convoque des artistes aussi confirmés que Ben Kingsley (qu'on verra auparavant dans le Transsiberian de Anderson) et Michael Caine. A leurs cotés, Kate Beckinsale et Jim Sturgess leur tienne la chandelle avec leurs indéniables qualités d'interprètes.
Jim Sturgess est un jeune docteur fraîchement diplômé qui vient parachever sa formation d’aliéniste à l’hôpital psychiatrique de Stonehearst oû l'attend le Docteur Silas Lamb et toute son équipe. Brad Anderson plonge ses acteurs à une époque où l'homosexualité et l’épilepsie étaient encore considérées comme des troubles mentaux. On connaît le soucis du détail du cinéaste qui met en place un environnement réaliste et fourmillant de détails que n'aurait pas renié l'esthète Peter Greenaway. Comme à son habitude, Anderson développe son sujet sans vraiment en fournir les clés bien que dès le départ l'on découvre l'horrible vérité sur cet immense édifice qu'est Stonehearst.

En effet, il nous révèle assez vite que les médecins ne sont pas ceux que l'on pensait et que les geôles souterraines renferment de bien inquiétants secrets. A ce titre, un phénomène bien particulier se produit : Alors qu'en temps normal la frontière entre le bien et le mal est sans équivoque, ici, on a bien du mal à choisir son camp. D'un coté, un "médecin" mégalomane qui rêve de régner sur ce désastreux empire qu'il est en train de fonder sur les cendres de ce qui fut un asile tenu par une équipe de psychiatres et d'infirmières aux méthodes discutables. De l'autre, ces derniers, enfermés dans des cages insalubres et lentement voués à la mort. Si l'on est d'abord acquis à la cause des vrais médecins et infirmières, les propos tenus par le "Docteur" Lamb ont de quoi nous faire réfléchir. Choisissant des méthodes douces pour soigner la folie de ses congénères, son personnage dénote un comportement qui mêle à la fois l'irresponsabilité et l'humanité.

Librement inspiré de la nouvelle de l'écrivain Edgar Allan Poe Le Système du Docteur Goudron et du Professeur Plume, Hysteria semble en avoir déçu certains. S'il est vrai que le film connaît des ruptures de tons assez inégales c'est parce que le film de Brad Anderson tutoie des genres aussi divers que le drame, le thriller, et parfois même l'épouvante. Le quatuor d'interprètes Ben Kingsley, Michael Caine, Kate Beckinsale et Jim Sturgess porte littéralement le film sur ses épaules. En transposant son œuvre à la toute fin du dix-neuvième siècle, le cinéaste impose un climat très particulier qu'il n'aurait sans doute jamais pu obtenir autrement.

La folie est dispensée à grande échelle au cœur d'une population d'aliénés ayant pris le pouvoir. Brad Anderson démontre surtout qu'avec l'espoir et la motivation les plus sincères, la folie ne peut mener à bien son projet et qu'elle est vouée à l’échec. Hysteria est une fois de plus une belle réusite de la part du cinéaste américain, et on ne lui en voudra pas de ces quelques dernières minutes durant lesquelles il met un terme à son histoire. Inutile, un peu grotesque, et tellement en deçà de tout ce qui a précédé...


dimanche 16 décembre 2012

Semaine Fin Du Monde: Les Fils De L'Homme de Alfonso Cuaron (2006)



Cycle Fin Du Monde:

- Troisième guerre mondiale: Damnation Alley
- La femme, avenir de l'homme: Les Fils De L'Homme
- Prophéties Maya: 2012
- Paranoïa et peur liée aux attaques terroristes: Miracle Mile
- Sectarisme et survie en milieu hostile: The Omega Man
- Cannibalisme et survie en milieu hostile: The Road
- Comète, quarantaine et road-movie: Meteor Apocalypse

 
Dans un monde post-apocalyptique dévasté ou les ressources mondiales ont fini par se retrouver épuisées, aucune naissance n'est survenue depuis presque vingt ans. Aujourd'hui le monde entier apprends la mort de la plus jeune d'entre toutes les femmes au moment même ou Théo est "faussement" kidnappé par un groupe d'hommes armés afin de rencontrer une amie qu'il n'a plus revue depuis vingt ans, Julian, qui lui demande alors un service : Se procurer les papiers nécessaires qui permettront à une jeune réfugiée de quitter le pays et d'être confiée au "Renouveau Planétaire". Une zone franche fantasmée par de nombreuses personnes qui voient en ce lieu rêvé une chance de retrouver le monde qu'ils ont connu dans le passé.

Tombés dans un piège tendu par certains des hommes de Julian, cette dernière va mourir dans les bras de Théo. Commence pour lui et pour Kee, la jeune réfugiée, un voyage en pleine guerre opposant l'armée aux milliers de réfugiés révoltés par le sort qui leur est réservé, leurs compatriotes étant enfermés dans des cages tels des bêtes sauvages.

Théo comprends quel mystère entoure le vif intérêt que porte le groupuscule terroriste pour la jeune Kee: Celle-ci en effet porte un enfant qui bientôt va naître, le premier à venir au monde depuis dix-huit ans. Cette dernière voit en Théo le seul homme en qui faire confiance et suivra à la lettre chacune de ses recommandations. Tout d'abord accompagnés par Miriam, sage-femme et amie de Kee, ils finiront seuls leur chemin de croix qui les mènera jusqu'à l’éden tant désiré. Le fameux "Renouveau Planétaire"...

Le film du mexicain Alfonso Cuaron peut être assimilé à de l'anticipation et bien que l'aspect général du film l'éloigne fortement du Blade Runner de Ridley Scott, certaines références leur sont communes à tout deux. Mais ici, point d'androïdes et encore moins de navettes spatiales. Le réalisme des situations rends effroyable l'épopée du "chevalier" Théo et de la jeune "princesse" Kee sur laquelle repose sans doute l'avenir de l'homme.

Dans un monde où l'horreur montre son visage à chaque coin de rue on ne donne pas cher de celui-ci. Londres (dans laquelle se situe l'intrigue) est devenue un vaste camp militaire avec ses zones de combats, ses camps de concentration, ainsi que ses espaces de retranchement vers lesquels se tournent les réfugiés rappelant de manière furtive le New-York déshumanisé du "New-York 1999" De John Carpenter.


Les longs plan-séquences du film impressionnent par leur mise en scène magistrale comme celle de la voiture ou encore lorsque Théo et Kee, épuisée et portant son bébé à bout de bras se réfugient dans un immeuble abritant de nombreux réfugiés que l'armée britannique pilonne sans cesse. Les décors sont d'un réalisme parfois insoutenable tel ce camp de prisonniers dans lequel sont emmenés les deux personnages au milieu du film et qui rappelle fortement les camps de concentration nazis.

Les effets-spéciaux eux, sont loin de ceux que les gros blockbusters américains ont l'habitude d'étaler sur nos écrans. Ils sont réalistes et renforcent l'aspect documentaire du film. Ce dernier semble être filmé caméra à l'épaule comme l'aurait fait une équipe de reporters pour mieux nous plonger dans l'horreur d'une guerre atroce au beau milieu de laquelle une histoire d'amour merveilleuse pour la vie est en train de se jouer.
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