Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Liam Neeson. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Liam Neeson. Afficher tous les articles

jeudi 12 mars 2026

Cold Storage de Jonny Campbell (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Cold Storage de Jonny Campbell ou comment faire l'expérience d'une œuvre cinématographique dont son auteur assume mal les répercussions irrévérencieuses et audacieuses que son script aurait pu susciter. Un scénario moins barge à l'écran que sur le papier et l'intervention (étonnante et anachronique) d'un Liam Neeson qui semble s'être perdu sur le plateau de tournage d'un film qui ne sied pas vraiment au phénomène de castration dont son personnage est affublé ''terminent'' ce qui aurait pu sur le court, moyen ou long terme, devenir un film culte. Mais non, sans doute trop périlleux pour Jonny Campbell dont le seul fait d'arme sur grand écran fut le pourtant sympathique Alien Autopsy en 2006 tandis qu'il poursuivit majoritairement sa carrière à la télévision. Vingt ans après son premier long-métrage, voici que le cinéaste s'intéresse à nouveau à un phénomène issu de l'espace.Un organisme ayant accompagné la chute de Skylab, cet authentique laboratoire spatial américain qui connut une irrémédiable chute jusqu'à la surface de notre planète où il vint s'abîmer dans les eaux de l'océan indien le 11 juillet 1979 lors de son entrée dans l'atmosphère. À cet événement bien réel, le réalisateur ainsi que le scénariste et écrivain David Koepp (lequel s'est ici inspiré de son propre roman) ajoutent donc une nouvelle forme de vie microscopique prenant de très inquiétantes proportions. Tout comme l'infection se propage en général de manière relativement foudroyante dans la majeur partie des cas de films dits d'infectés, les champignons, dans Cold Storage, prolifèrent à vitesse grand V pour un résultat dont l'efficacité et les conséquences s'avèrent redoutables. Là encore, il s'agit d'une hypothèse qui n'est malheureusement confirmée qu'à une échelle plutôt réduite puisque sous ses allures de petite production dont le budget est difficile à évaluer faute d'informations à son sujet, le long-métrage de Jonny Campbell est une assez grande déception. Quelques effets gores plutôt ''sympatoches'' mais une mise en scène et une interprétation plutôt mollassonne.  
 
Pas de quoi sauter au plafond alors qu'au même moment Sam Raimi revient à ses premières amours avec son excellent Send Help ! Liam Neeson semble avoir pris un sérieux coup de vieux dans cette nouvelle (et pseudo) itération de l'ancien membre des Forces Spéciales américaines qu'il incarna dans Taken de Pierre Morel en 2008, ici transformé en ancien militaire ayant participé près de quatre décennies auparavant à la recherche et à la découverte d'un micro-organisme d'origine extraterrestre. Mettant ainsi à nue grâce à des capacités exceptionnelles de construction psychologique, la personnalité d'Abigail (Ellora Torchia), sous-fifre de l'armée américaine lors d'un échange téléphonique qui va devenir dans l'ombre, son alliée lorsqu'il devra retrouver un échantillon du champignon enfermé dans la pièce principale d'un laboratoire dissimulé aux yeux de tous derrière l'un des murs d'un entrepôt de stockage. Lieu principal de l'intrigue où travaillent Naomi (Georgina Campbell) et Travis (Joe Keery), deux jeunes adultes un peu trop curieux qui vont être en partie la cause d'une fuite du micro-organisme de type cryptogamique. Car en effet, plus que de se propager rapidement, le champignon en question va avoir de drôles de répercussions sur quiconque entre en contact avec lui. Et pas seulement les humains, mais les animaux également comme le démontreront un chat (celui de Naomi) et, plus curieux encore, un cerf ! Les attentes et la surprise ne faisant pas plus d'effets qu'un pétard mouillé après moins d'une demi-heure, Cold Storage semble en revanche multiplier les références même s'il faut être très observateur (ou dérangé du ciboulot) pour s'en apercevoir. Prenons par exemple le comportement de Naomi et de Travis. Après avoir vu, revu et re-revu en large et en travers le film culte de Dan O'Bannon Le retour des morts-vivants, il m'est par exemple difficile de ne pas évoquer l'échange entre les personnages de Frank et de Freddy lorsque le 3 juillet 1984 le premier parla au second d'une commande arrivée par erreur dans l'entrepôt de fournitures médicales d'Uneeda où les deux hommes travaillaient. Comparez donc la séquence où Frank évoquait à l'époque l'existence des fûts renfermant des morts-vivants et leur découverte par Freddy dans la cave à celle où Naomi et Travis décident de descendre dans un ancien complexe scientifico-militaire..... Hum ? Tout comme la scène d'intro, d'ailleurs, qui ne peut que renvoyer qu'à celle du classique de la science-fiction que réalisa en 1972 le cinéaste Robert Wise, The Andromeda Strain. En cherchant, bien on pourra rallonger la liste de quelques autres exemples. Mais au fond, en dehors de ces sympathiques petites anecdotes et quelques rares séquences gores et rythmée, Cold Storage, qui se veut être une comédie d'horreur n'est jamais vraiment drôle. Et cela, en raison d'une écriture relativement terne. Le film tourne en boucle et malgré sa courte durée il paraît parfois bien long. Au final, Cold Storage se regarde sans réel déplaisir mais il s'oubliera malheureusement très vite...

 

samedi 23 mai 2020

Non-Stop de Jaume Collet-Serra (2014) - ★★★★★★★★☆☆



Auteur en 2016 de l'un des meilleurs longs-métrages mettant en scène un requin-tueur avec The Shallows, le réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra s'est constitué depuis une quinzaine d'années une filmographie de qualité. Passant de l'épouvante avec Esther en 2009, jusqu'au film d'action parmi lesquels Non-Stop en 2014 pour lequel il offrait à l'acteur irlando-britannico-américain Liam Neeson, le rôle principal pour la seconde fois dans l'un de ses films. Avec tout ce que cela suppose de caricatural (le musulman et quelques types à la gueule patibulaire faisant les frais d'une suspicion), Jaume Collet-Serra réalise un film d'action particulièrement efficace en terme de retournements de situation, de rythme, et d'action. Si faire tenir sur la longueur un récit se déroulant exclusivement à bord d'un avion de ligne n'était pas un pari gagné d'avance, le scénario de John W. Richardson et Christopher Roach compile tellement d'événements qu'il est pratiquement impossible d'être blasé devant le spectacle permanent de ce marshall convaincu qu'il y a à bord du vol New York – Londres, un terroriste qui menace de tuer un passager toutes les vingt minutes si cent-cinquante millions de dollars ne sont pas transférés sur son compte en banque...

Toute la difficulté face à laquelle se trouve le réalisateur espagnol est de rendre concrète toute une série d'événements qui placés côte à côtes évitent au long-métrage de tomber dans le grotesque. Mais si la frontière qui mène à la grandiloquence et parfois malheureusement franchie à plusieurs occasions, fixant pour l'éternité Non-Stop dans la catégorie des récits improbables, Jaume Collet-Serra possède ce don inné de pouvoir faire passer (presque) n'importe quelle pilule à un spectateur noyé sous une avalanche de retournements de situations. En observant le comportement de certains passagers ou se faisant plus simplement une idée toute faite de leur apparence, le spectateur fonce forcément tête baissée, droit dans le mur. Jaume Collet-Serra conçoit son œuvre comme un habile puzzle dont les pièces son reconstituées au fil de l'intrigue. En semant le doute en permanence, le réalisateur provoque le doute dans la tête du spectateur qui hésite même parfois à se demander si le héros, formidablement interprété par Liam Neeson ne serait pas lui-même l'auteur de cet extravagant coup monté...

Surtout, Non-Stop rouvre des blessures qui n'ont jamais vraiment cessé de saigner. Sans vouloir trop en dévoiler au risque de faire des révélations qui mineraient l'intérêt du film pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu, l’œuvre de Jaume Collet-Serra nourrit le récit de divers traumas avec, en parallèle, l'implication logique des réseaux sociaux et des divers médias audiovisuels. Si certaines séquences virent presque involontairement au burlesque en prenant des raccourcis un peu trop faciles (pour exemple, l'avion est victime à deux reprises de secousses qui arrangent les actes du terroriste au moment opportun), Jaume Collet-Serra parvient à faire passer le tout grâce à un sens de la mise en scène remarquable. Le réalisateur et son équipe technique exploitent parfaitement l'environnement de l'avion ainsi que la réaction de ses passagers réagissant au grès des événements. Mais le fait que Non-Stop soit un thriller bourré d'action n'empêche pas une certaine émotion. À diverses reprises, l'espagnol parvient effectivement à transmettre quelques messages forts qui contrebalancent avec ce huis-clos situé dans les airs, pas toujours crédible, il est vrai, mais diablement efficace. Aux côtés de Liam Neeson, on retrouve notamment l'actrice Julianne Moore dans le rôle de la passagère Jen Summers, Michelle Dockery dans celui de l'hôtesse Nancy Hoffman, ou encore Corey Stoll dans la peau du flic Austin Reilly. Avec Non-Stop, Jaume Collet-Serra ne laisse au spectateur, pas une minute de répit. Et c'est finalement tout ce qu'on lui demande...

lundi 22 juillet 2019

Men In Black: International de F. Gary Gray (2019) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



En général, j'arrive assez rapidement à me faire un jugement sur les qualités d'une œuvre sans avoir pour autant besoin d'aller jusqu'au bout. Sauf que dans la plupart des cas et de façon réglementaire, il est obligatoire de visionner jusqu'à son terme le film incriminé pour avoir objectivement le droit d'en faire la critique. Ici, pas la peine d'espérer voir évoluer positivement le dernier long-métrage du cinéaste américain F. Gary Gray (auteur en 2017 de Fast & Furious 8 et bientôt de deux adaptations des jeux vidéo Kane & Lynch et de Saint Rows... enfin bref, vous avez compris de quoi il retourne) au delà de la première heure. Men In Black: International ne semble avoir d'autre légitimité que de rajeunir une franchise incarnée auparavant par le vieillissant mais néanmoins incontournable Tommy Lee Jones. Si les pitreries de son acolyte Will Smith pouvaient s'avérer agaçantes à la longue, l'émulsion entre les agents K et L demeurait en partie ce qui faisait le sel des trois premiers volets d'une saga qui donc, retourne sur la ligne de départ pour nous proposer un reboot qui, espérons-le, tuera cette nouvelle vision des hommes en noir dans l’œuf.

Parce qu'à vrai dire, ce Men in Black version 2019 est aux antipodes des trois premiers volets précédemment réalisés par le cinéaste Barry Sonnenfeld qui depuis, n'a pas fait grand chose (un long-métrage en 2016 et puis, POUF !!! Disparition des grands écrans et passage par la petite lucarne). En réalité, la seule qualité que l'on pourrait prêter au long-métrage de F. Gary Gray est peut-être (du moins, espérons-le) d'avoir à lui seul réconcilié les spectateurs auprès desquels Men in Black 1, 2 et 3 ne furent pas en odeur de sainteté à l'époque de leur sortie. Car à côté de ces trois là, le dernier-né est une engeance qui dans tous ses compartiments rate le coche. En fait, le film qui lui ressemble le plus et qu'il évoque à toutes les entournures, c'est le reboot (humpf!) de SOS Fantômes sorti en 2016, autre franchise qui, n'en déplaise à celles et ceux qui n'apprécièrent pas vraiment le style pittoresque des personnages issus des volets réalisés en 1984 et 1989 par Ivan Reitman, demeure cultissime. Un reboot qui cette fois-ci, tablait non pas sur le rajeunissement de ses protagonistes mais plutôt sur la féminité de ses principales interprètes. Jeunisme et féminisme ne font donc pas forcément l'unanimité, surtout sur grand écran.

Tommy Lee Jones et Will Smith ne faisant donc plus partie du voyage, ils sont remplacés dans ce quatrième épisodes, oups, reboot, par Chris Hemsworth et Tessa Thompson, le personnage incarné par Liam Neeson semblant vouloir évacuer en douceur l'image impérissable de celui qui incarnait l'agent K jusque sept ans en arrière. Une vague référence pour cet acteur capable, du meilleur (l'immense Batman Begins de Christopher Nolan) comme du pire (l'affreusement laid et épileptique Taken 3 d'Olivier Megaton). Anecdotique. Les véritables héros de ce reboot sont donc bien Chris Hemsworth et Tessa Thompson qui dans la peau respective des agents H et M vont tenter de faire oublier leurs... ancêtres (?)... sans pourtant JAMAIS y parvenir. Que l'on apprécie Jone et Smith ou qu'on les déteste, il faut reconnaître que leurs succédanés ne sont carrément pas à leur place. Le duo est inefficient au possible. Le problème provient d'abord des dialogues constitué de répliques et de punchlines poussifs. Si Chris Hemsworth n'est pas le plus mauvais dans ce domaine, Tessa Thompson frise le ridicule à force de vouloir faire oublier Will Smith dans une catégorie qui ne lui sied jamais. Les deux héros sont perclus d'attitudes clipesques insupportables. Leurs aventures communes débutant traditionnellement par leur rencontre dans le quartier général des MIB, les scénaristes Art Marcum et Matt Holloway tentent une approche similaire à celle du premier volet dans lequel l'agent J avait eu le malheur de toucher une sorte de balle provoquant un véritable cataclysme entre les murs de l'édifice. Cette fois-ci, l'agent M entre en contact avec une créature extraterrestre se démultipliant au moindre contact physique. Cette séquence est emblématique de ce reboot : elle n'offre aucun intérêt !

Comme la plupart des scènes qui ont tendance à ressembler à un immense marché dans lequel les concepteurs d'effets-spéciaux numériques (en tout point remarquables) s'en sont donné à cœur joie en matière de bestiaire extraterrestre. Des dizaines de créatures de toutes tailles, plus ou moins impressionnantes, frôlant même parfois le ridicule comme cet échiquier en trois dimensions recouvert de minuscules extraterrestres personnifiant chacun une pièce, tel l'un pion, ou tel autre, la reine ou le roi... Avec Men In Black: International, le spectateur aura davantage l'impression de se retrouver devant une production Walt Disney Animation Studios, Pixar, ou encore DreamWorks Animation. Le film de F. Gary Gray semble avoir été d'abord pensé pour les tout petits, et ensuite pour les amateurs de blockbusters écervelés (les blockbusters, hein, pas les amateurs............................). Ce petit détail dont la précision aurait permis de ne pas tromper les vrais fans de la première heure leur aurait sans doute permis d'éviter d'aller s'enfermer durant presque deux heures dans les salles obscures pour s'y ennuyer ferme ! Vous êtes prévenus...

lundi 24 juin 2019

Batman Begins de Christopher Nolan (2005) - ★★★★★★★★☆☆



Pas facile d'adapter Batman, héros de Gotham City, et l'un des plus célèbres super-héros de l'univers de DC Comics. Lorsque sort sur les écrans de cinéma Batman Begins, le cinéaste britanico-américain Christopher Nolan n'est pas le premier à mettre les pieds dans le plat. Après une première tétralogie partagée entre Tim Burton et Joel Schumacher (Batman, en 1989, Batman : le Défi, en 1992, Batman Forever, en 1995 et Batman et Robin deux ans plus tard), il fallait un réalisateur de la trempe de l'auteur de Memento sorti cinq ans auparavant pour donner vie à un personnage hyper-charismatique sans tomber dans le ridicule ( le Batman et Robin de Joel Schumacher de triste mémoire). Et qui mieux encore que l'acteur Christian Bale, interprète principal et époustouflant The Machinist de Brad Anderson sorti un an auparavant pour incarner le personnage central ?

Comme son titre l'indique, Batman Begins revient tout d'abord sur les origines du mythe. De la tragédie qui endeuilla le jeune Bruce Wayne qui perdit ses deux parents lors d'un double meurtre commis par un pauvre individu, de ceux que tentait jadis de sortir de la misère le docteur Thomas Wayne (l'acteur Linus Roache), le père de Bruce. Convaincu d'être le responsable de la mort de ses deux parents (Bruce étant affublé d'une peur panique pour les chauve-souris, il contraint ce soir là sa mère et son père d'accepter de quitter une pièce de théâtre, les menant ainsi tout droit dans la ruelle où ils allaient perdre la vie), celui qui n'est encore qu'un enfant est désormais élevé par le majordome et homme de confiance des Wayne, Alfred Pennyworth (excellent Michael Caine). Lorsque quatorze ans plus tard, Bruce apprend que bientôt sera libéré l'homme qui a tué ses parents, il se rend au tribunal pour se faire justice lui-même et ainsi empêcher le criminel de recouvrer la liberté. Sermonné par son amie d'enfance Rachel Dawes (Katie Holmes), il s’exile en Asie où il vit de larcins avant d'être jeté en prison. Là-bas, il tente de survivre et se bat constamment contre certains de ses co-détenus. Mais un jour, il rencontre un individu du nom de Henri Ducart qui se charge alors de le prendre sous son aile et de le former afin de l'intégrer à ''La Ligue des Ombres'' dirigée par un certain Ra's Al Ghul. Lorsque vient le jour pour Bruce de prouver sa fidélité aux membres de la ligue, en désaccord total avec ses ambitions, il trahit Ra's Al Ghul, provoquant son décès et laissant pour mort Henri Ducart. Bruce quitte ainsi cette terre qui l'a accueilli durant un temps indéterminé, et retourne à Gotham afin de remettre de l'ordre dans une ville qui désormais est en proie à la violence et la corruption. C'est là-bas qu'il va notamment retrouver l'inspecteur Jim Gordon qui s'était occupé de l'affaire concernant le meurtre de ses parents, Lucius Fox, un inventeur de génie travaillant dans les sous-sols de l'empire Wayne, mais également Carmine Falcone, un truand qui a depuis toute ces années assis son pouvoir sur la ville...

Batman Begins évoque donc la naissance du mythe de l'homme-chauve-souris avec une classe folle. Christopher Nolan réunit un casting en béton qui, parmi les interprètes déjà cité plus haut compte également dans ses rangs, Liam Neeson (Henri Ducard / Ra's al Ghul), Gary Oldman (Jim Gordon), Morgan Freeman (Lucius Fox), Rutger Hauer ou encore Cillian Murphy dans le rôle de l'infâme docteur Crane doublé du terrifiant Épouvantail. En comparaison de la majorité des films centrant leur intrigue autour d'un ou de plusieurs héros au pouvoirs plus ou moins surnaturels, Bruce Wayne/Batman profite de l'ingéniosité du département expérimental de la société dirigée par le passé par son propre père. En effet, sans son accoutrement, Batman n'est qu'un homme comme tout le monde qui ne peut compter que sur ses muscles pour se sortir de situations périlleuses (la scène de la poutre dans la demeure des Wayne en feu). Ce qui différencie également Batman Begins des autres productions du genre, c'est la noirceur de son propos. Dans une ville pas ou peu éloignée technologiquement de ce que nous connaissons déjà, Christopher Nolan dépeint un univers pessimiste, violent, désagrégé et nocturne où la pluie tombe presque sans cesse. C'est dans cet univers extrêmement sombre que Batman va s'employer à remettre de l'ordre en ne combattant non pas UN ennemi, mais plusieurs.

Dire que Batman Begins est une franche réussite serait un euphémisme. En réalité, le film de Christopher Nolan est l'un des tout meilleurs du genre. Entre séquences de bravoure, effets-spéciaux remarquable mais jamais tape-à-l’œil, sous-intrigues fascinantes et interprétation magistrale de la part d'un casting de première classe, Batman Begins offre au spectateur, plus qu'un film de super-héros. Il s'invite dans le néo-polar, dans l'espionnage (la découverte des futurs ''gadgets'' dont se servira Batman rappelle furieusement les séquences dans lesquelles James Bond fait connaissance avec ses futures armes dans chaque épisode de la franchise), dans le drame également, avec la mort des parents de Bruce ou lorsque la demeure familiale part en fumée (deux séquences véritablement poignantes) et s'octroie même quelques passages humoristiques (la couse-poursuite en batmobile sur les toits et dans les rues sombres de Gotham) bienvenus dans ce cadre parfois éminemment austère en regard des productions du genre qui parfois s'avèrent outrageusement colorées. L’œuvre de Christopher Nolan est sans conteste un ''blockbusters''. Mais pas de ces grosses machines à fric sans âme qui n'existent que pour attirer les billets verts. Non, Batman Begins est profond, touchant, divertissant et finalement sobre vu le contexte. Une merveille... Un chef-d’œuvre... qui connaîtra deux suites, en 2008 ainsi qu'en 2012. Mais ça, c'est une autre histoire...

dimanche 3 septembre 2017

Non, non, non ! Je ne parlerai pas de Taken 3 (du très mauvais cinéaste Olivier Megaton)



Le voisin d'à côté qui fait tourner sa perceuse durant des heures, le vent sifflant dans les volets comme un air d'Ennio Morricone mal interprété par un mauvais imitateur d'Alessandro Alessandroni, et ce satané repas du soir qui me pèse sur l'estomac. Par vomir, je vais finir. M'évanouir, je ne vais pas tarder. Pioncer, il me reste à espérer. Mais certainement pas devant Taken 3, vais-je me poser. Car trop de plans, tuent l'intérêt et constituent un poison violent pire qu'une colite aiguë en phase d'approche. On la sent venir sans rien pouvoir y faire. Et tandis qu'elle nous dévore l'intestin, le colon ou l’œsophage, l'immonde et prétentieux film d'Olivier Megaton, déjà responsable du précédent volet et de quelques autres longs-métrages tout aussi insignifiants, voudrait un tant soit peu venir définitivement nous pourrir la vie. Taken, premier du nom se suffisait à lui-même. Olivier Megaton n'est pas Pierre Morel et ses suites foncent tout droit dans le mur. On reprend les mêmes acteurs, quelques rides en sus, on leur colle un scénario dont les pages ont jaunies avant même que le premier clap aie retentit, et on filme tout ça à l'aide d'un shaker géant. Taken 2 n'avait pas grand chose à nous offrir. Rassurez-vous : le trois n'en a pas davantage sous la botte.

A la vérité, tout ce que l'on pouvait espérer arrive durant le premier quart d'heure : Famke Janssen meurt enfin. Du moins le personnage qu'elle incarne, Lenore Mills. Cette conne prétentieuse qui n'a jamais vraiment accepté que son ancien époux préfère la fuir au profit de son métier. Faut le comprendre. Avec une jolie (mais carrément insupportable) femme comme elle à la maison, le bonhomme avait de quoi prétendre vouloir bosser auprès de ses amis plutôt que de s'occuper de sa propre enfant. Une gamine fort jolie, mais intellectuellement pas si différente des autres puisqu'en contrevenant aux ordres de son père, celle-ci s'offrait une éducation sexuelle inattendue dans les bras de différents hommes (je rassure les plus prudes d'entre vous : hors caméra et hors contexte) lors de son enlèvement. En désobéissant au paternel, la charmante Kim (Maggie Grace) se voyait punie de fort belle manière. De quoi la contraindre à vie d'écouter les autres et de cesser de n'en faire qu'à sa tête. Désormais rangée (?), cheveux teints, et rondeurs assumées (n'a-t-elle pas effectivement un peu forci?), elle continue cependant à provoquer le malaise en refusant de boire un coup à sa propre santé alors que papa débarque chez elle, une bouteille de champagne (excusez du peu) ) à la main. Renvoyé dans ses pénates avec pour seul lot de consolation, l'immense peluche qu'il avait prévu d'offrir à sa fille chérie, le héros Bryan Mills dont la phrase suivante est demeurée culte auprès des amateurs :
  • « Je ne sais pas qui vous êtes. Je ne sais pas ce que vous voulez. Si c’est une rançon que vous espérez, dites-vous bien que je n’ai pas d’argent, par contre ce que j’ai, c’est des compétences particulières, que j’ai acquises au cours d’une longue carrière. Des compétences qui font de moi un véritable cauchemar pour vous. Si vous relâchez ma fille maintenant, ça s’arrêtera là. Si vous ne la relâchez pas, je vous chercherai, je vous trouverai et je vous tuerai. »
Ça avait quand même de la gueule à l'époque. Et même aujourd'hui d'ailleurs, lorsque l'on (re)découvre le film de Pierre Morel. Liam n'est pas seul à avoir vieilli. Le récit de ce troisième épisode sent tellement le réchauffé que de voir ce très charismatique interprète dans une telle galère fait mal aux yeux, à la tête, et au cœur. J'ai l'air d'avoir une dent contre Olivier Megaton ? Ouais, effectivement. Et pas pour la plus insignifiante des raisons mais parce que ce tout petit cinéaste s'est sans doute pris pour un grand tel qu'Oliver Stone. Celui-là même qui réalisa plus de vingt ans auparavant Natural Born Killer dont la somme de plans donnait le vertige mais montrait à quel point le cinéaste maîtrisait son sujet. Megaton, lui, ne donne qu'envie de vomir. La surenchère de plans n'excédant par les quelques dixièmes de secondes est éprouvante. Visuellement, c'est du grand n'importe quoi, et nerveusement, cela demeure insupportable. blu-ray et dvds de Taken 3 devraient obligatoirement être vendus avec des sacs vomitoires. Testez-le, et dites-moi ensuite si j'en ai trop écrit ou si au contraire, j'aurai dû me montrer encore plus virulent...


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...