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jeudi 12 mars 2026

Cold Storage de Jonny Campbell (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Cold Storage de Jonny Campbell ou comment faire l'expérience d'une œuvre cinématographique dont son auteur assume mal les répercussions irrévérencieuses et audacieuses que son script aurait pu susciter. Un scénario moins barge à l'écran que sur le papier et l'intervention (étonnante et anachronique) d'un Liam Neeson qui semble s'être perdu sur le plateau de tournage d'un film qui ne sied pas vraiment au phénomène de castration dont son personnage est affublé ''terminent'' ce qui aurait pu sur le court, moyen ou long terme, devenir un film culte. Mais non, sans doute trop périlleux pour Jonny Campbell dont le seul fait d'arme sur grand écran fut le pourtant sympathique Alien Autopsy en 2006 tandis qu'il poursuivit majoritairement sa carrière à la télévision. Vingt ans après son premier long-métrage, voici que le cinéaste s'intéresse à nouveau à un phénomène issu de l'espace.Un organisme ayant accompagné la chute de Skylab, cet authentique laboratoire spatial américain qui connut une irrémédiable chute jusqu'à la surface de notre planète où il vint s'abîmer dans les eaux de l'océan indien le 11 juillet 1979 lors de son entrée dans l'atmosphère. À cet événement bien réel, le réalisateur ainsi que le scénariste et écrivain David Koepp (lequel s'est ici inspiré de son propre roman) ajoutent donc une nouvelle forme de vie microscopique prenant de très inquiétantes proportions. Tout comme l'infection se propage en général de manière relativement foudroyante dans la majeur partie des cas de films dits d'infectés, les champignons, dans Cold Storage, prolifèrent à vitesse grand V pour un résultat dont l'efficacité et les conséquences s'avèrent redoutables. Là encore, il s'agit d'une hypothèse qui n'est malheureusement confirmée qu'à une échelle plutôt réduite puisque sous ses allures de petite production dont le budget est difficile à évaluer faute d'informations à son sujet, le long-métrage de Jonny Campbell est une assez grande déception. Quelques effets gores plutôt ''sympatoches'' mais une mise en scène et une interprétation plutôt mollassonne.  
 
Pas de quoi sauter au plafond alors qu'au même moment Sam Raimi revient à ses premières amours avec son excellent Send Help ! Liam Neeson semble avoir pris un sérieux coup de vieux dans cette nouvelle (et pseudo) itération de l'ancien membre des Forces Spéciales américaines qu'il incarna dans Taken de Pierre Morel en 2008, ici transformé en ancien militaire ayant participé près de quatre décennies auparavant à la recherche et à la découverte d'un micro-organisme d'origine extraterrestre. Mettant ainsi à nue grâce à des capacités exceptionnelles de construction psychologique, la personnalité d'Abigail (Ellora Torchia), sous-fifre de l'armée américaine lors d'un échange téléphonique qui va devenir dans l'ombre, son alliée lorsqu'il devra retrouver un échantillon du champignon enfermé dans la pièce principale d'un laboratoire dissimulé aux yeux de tous derrière l'un des murs d'un entrepôt de stockage. Lieu principal de l'intrigue où travaillent Naomi (Georgina Campbell) et Travis (Joe Keery), deux jeunes adultes un peu trop curieux qui vont être en partie la cause d'une fuite du micro-organisme de type cryptogamique. Car en effet, plus que de se propager rapidement, le champignon en question va avoir de drôles de répercussions sur quiconque entre en contact avec lui. Et pas seulement les humains, mais les animaux également comme le démontreront un chat (celui de Naomi) et, plus curieux encore, un cerf ! Les attentes et la surprise ne faisant pas plus d'effets qu'un pétard mouillé après moins d'une demi-heure, Cold Storage semble en revanche multiplier les références même s'il faut être très observateur (ou dérangé du ciboulot) pour s'en apercevoir. Prenons par exemple le comportement de Naomi et de Travis. Après avoir vu, revu et re-revu en large et en travers le film culte de Dan O'Bannon Le retour des morts-vivants, il m'est par exemple difficile de ne pas évoquer l'échange entre les personnages de Frank et de Freddy lorsque le 3 juillet 1984 le premier parla au second d'une commande arrivée par erreur dans l'entrepôt de fournitures médicales d'Uneeda où les deux hommes travaillaient. Comparez donc la séquence où Frank évoquait à l'époque l'existence des fûts renfermant des morts-vivants et leur découverte par Freddy dans la cave à celle où Naomi et Travis décident de descendre dans un ancien complexe scientifico-militaire..... Hum ? Tout comme la scène d'intro, d'ailleurs, qui ne peut que renvoyer qu'à celle du classique de la science-fiction que réalisa en 1972 le cinéaste Robert Wise, The Andromeda Strain. En cherchant, bien on pourra rallonger la liste de quelques autres exemples. Mais au fond, en dehors de ces sympathiques petites anecdotes et quelques rares séquences gores et rythmée, Cold Storage, qui se veut être une comédie d'horreur n'est jamais vraiment drôle. Et cela, en raison d'une écriture relativement terne. Le film tourne en boucle et malgré sa courte durée il paraît parfois bien long. Au final, Cold Storage se regarde sans réel déplaisir mais il s'oubliera malheureusement très vite...

 

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