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vendredi 1 août 2025

Superman de Richard Donner (1978) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Ahhh, Superman.... Ce super-héros légendaire qui a si peu de fierté en lui qu'il ose se présenter à nous vêtu d'un slip rouge porté au dessus de son costume. Fallait oser. Et ses créateurs l'ont fait ! Très chers fans de films de super-héros en général et de celui-ci en particulier, veuillez me pardonner ce ton sarcastique avec lequel je risque d'évoquer le premier volet de l'une des plus célèbres franchises héroïques de l'histoire du cinéma mais derrière ce que vous pourriez imaginer être une totale absence de respect envers ses auteurs et ses aficionados se cache en réalité une alternative aux méconnaissances qui sont les miennes en la matière... Parce que oui, ce genre qui depuis maintenant un certain nombre d'années est revenu en force et a charrié d'innombrables longs-métrages n'est en général pas ma tasse de thé ! Imaginez un bébé, épargné par ses parents de la destruction de sa planète Krypton, enfermé dans un amas de cristaux renfermant une somme inouïe de connaissances et qui après un long voyage de plusieurs années s'écrase sur notre bonne vieille Terre. Imaginez ensuite qu'il ne puisse à aucun moment se servir de ses pouvoirs. Comme celui de courir plus rapidement qu'un train lancé à vive allure, d'envoyer un ballon si loin dans les airs que l'on peut se demander s'il n'est jamais retombé au sol, ou d'autres capacités que le spectateur découvrira au fil du récit mais qui pourtant demeurera impuissant face au décès de celui qui à son arrivée sur Terre l'accueilli chez lui et l'éleva... Encore adolescent, Clark Kent quitte la ferme familiale et abandonne sa mère vieillissante. Lors de son périple, il découvre ses origines kryptoniennes, son véritable prénom et apprends de la bouche de son véritable père (incarné par Marlon Brando) qu'il n'appartient pas à l'espèce humaine. Envoyé afin de servir l'humanité par son père d'origine, nous le découvrons ensuite directement sous son célèbre apparat. Puis quelques années passent et sous le nom que lui ont donné ses parents adoptifs, nous le retrouvons comme nouvel employé au Daily Planet de Métropolis, journal où travaille la jolie Lois Lane (Margot Kidder, sinistre paire de jumelles du morbide Sœurs de sang de Brian De Palma quelques années en arrière) qui nous a été subrepticement présentée quelques minutes plus tôt alors qu'elle n'était qu'une enfant voyageant dans un train que Clark s'était amusé à dépasser...



C'est là qu'apparaît l'acteur Christopher Reeves, lequel prends donc le relais à Jeff East. Planqué sous l'allure d'un pigiste à lunettes rondes, aux cheveux gominés, au costard-cravate, qui pourrait donc se douter que l'individu possède toutes les capacités qui lui permettraient de sauver le monde ? Déboule ensuite un certain Lex Luthor incarné par le génial Gene Hackman. Mais nous le reverrons plus tard. En attendant, le premier véritable moment de bravoure du long-métrage survient pile au milieu de l'histoire lorsque Superman sauve d'une mort certaine Lois Lane au sommet du building abritant le Daily Planet lors d'un accident d'hélicoptère. S'enchaînent alors toute une série d'actes héroïques qui transforment rapidement ce drôle de bonhomme volant en super-héros ! Retour ensuite de Lex Luthor, personnage mégalomane vivant dans une immense demeure faite à son image. Bref, tout y est incroyablement démesuré ! L'homme a pour projet de submerger la partie ouest de la Californie afin d'enrichir les terres désertiques qu'il vient de s'approprier ! Va alors s'engager un combat entre Superman et Lex Luthor... Mis en scène par le futur réalisateur de la série de longs-métrages L'arme fatale Richard Donner, Superman a franchement pris un sérieux coup de vieux. Surtout lorsque le récit fait appel au effets-spéciaux faisant mettant en scène des décors qui aujourd'hui s'avèrent être kitchissimes. Quand à certains effets consistant à mettre en scène notre super-héros en pyjama bleu et rouge lors de certains déplacement, là encore, il n'est pas interdit de sourire devant des techniques aujourd'hui dépassées.



Qu'il vole ou qu'il se déplace à vive allure à la manière de la démarche de l'acteur italien Aldo Maccione improvisée sur le tournage de L'aventure c'est l'aventure de Claude Lelouch, là encore les différents effets peuvent prêter à sourire. Superman n'en demeure pas moins un classique du film de super-héros qui multiplie les scènes cultes comme lors de ce vol dans les airs entre le kryptonien et la journaliste Loïs Lane. Le film contient en outre une bonne dose d'humour et ce, notamment grâce à l'intervention de l'acteur Ned Beatty dont le personnage de Bobby Trippe avait été contraint en 1972 dans le survival Délivrance de John Boorman de faire la truie par des rednecks particulièrement belliqueux et qui ici incarne le rôle d'Otis, l'un des deux assistants de Lex Luthor. Notons également pour les téléphages amateurs de Columbo la présence de Jackie Cooper dans le rôle de Perry White, personnage récurrent du rédacteur en chef du Daily Planet à Métropolis et qui dans la fameuse séries interprétée par Peter Falk interpréta le rôle du tueur dans l'épisode Candidat au crime. Au final, si Superman a vieilli, il n'en demeure pas moins un classique du film de super-héros. Une œuvre qui rencontrera un immense succès en totalisant un score de trois-cent millions de dollars pour un budget de cinquante-cinq ! Notons qu'une première suite fera son apparition sur les écrans deux ans plus tard sous la houlette de Richard Lester. Cette séquelle reprendra une idée au départ pressentie pour ce premier volet et lors de laquelle intervenaient les trois généraux Zod, Ursa et Non de la planète Krypton qui après avoir été reconnus coupables de crimes avaient été condamnés à errer indéfiniment dans la Zone fantôme. Un concept de dimension proche du vide spatial qui sera donc repris dans la version féminine de Superman, Supegirl (de Jeannot Swarc en 1984) et beaucoup plus tard dans Man of Steel (de Zack Snyder en 2013)...

 

vendredi 10 mars 2023

Corrective Measures de Sean Patrick O'Reilly (2022) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Heuuuu, j'aimerais que l'on m'explique un truc ! Des criminels dotés de supers-pouvoirs arrivent en prison lorsque l'un des gardiens chargés de leur surveillance leur indique ceci après que l'une de ses collègues ait utilisé une arme contre l'un d'eux : '' C'est un équipement anti-pouvoirs. EAP ou ''Annulard'' (Ouais... je sais... c'est juste... pathétique). Y'en a dans les lumières, l'eau et votre nourriture. Dehors vos supers-pouvoirs vous rendent invincibles. Mais ici, vous êtes comme tout le monde...''. J'veux bien, mais il me semble que deux minutes auparavant, un détenu protégé derrière un grillage avait les mains électrifiées !!! Oh, les gars, c'est bien beau de nous balancer un concept mais faudrait voir à vous relire avant de l'appliquer au cœur du récit, hum ? Et le film ne vient que de commencer. Ah ! Et puisque l'on parle d'incohérences, citons l'extraordinaire bagarre (je plaisante, bien sûr) qui ouvre le bal et lors de laquelle un mutant résiste aux balles mais pas à la raclée infligée par celui qui deviendra l'un des protagonistes du récit... C'est amusant mais qui parmi les amateurs de films de supers-héros eut connaissance de l'existence de Corrective Measures l'année passée ? Vu que le genre est encombré depuis maintenant pas mal d'années, à moins d'être un acharné du genre, le film de Sean Patrick O'Reilly est forcément passé sous les radars. Il faut dire qu'avec ses faux airs de X-Men fauché comme les blés, la chose avait peu de chance de pouvoir rivaliser avec les grandes figures de chez Marvel et DC ! Ici, toute forme de finesse est abandonnée au profit d'un récit qui ne change guère de ce que nous offrent pas mal de films situant leur action dans l'univers carcéral. Mais là où le long-métrage de Sean Patrick O'Reilly diffère de la majorité portant sur le sujet, c'est l'implication de personnages ''théoriquement'' dotés de supers-pouvoirs. Théorique puisque le moyen que semble avoir trouvé le réalisateur afin de pallier aux limites budgétaires fut d'évoquer un procédé visant à démunir les dangereux criminels enfermés dans la prison de San Tiburon de leurs pouvoirs acquis à la suite d'une impulsion. La Pulse comme tous la nomment. Parmi les taulards condamnés à plus ou moins long terme l'on retrouve le type qui tabassa un mutant en début de programme et qui dans l'enceinte de l'établissement va se faire un devoir d'envoyer en Enfer le plus de co-détenus possible. L'une des particularités de Corrective Measures (traduit chez nous sous le ridicule titre Mutants surpuissants) est de n'avoir en son sein aucun véritable personnage positif. Bref, que des antagonistes se frottant les uns aux autres, usant d'un langage de charretier auquel s'adonnent également les gardiens de prison, tel l'officier Morales qu'interprète l'actrice Kat Ruston. Seule clarté dans ce tableau plutôt sombre, le personnage du Docteur Isabelle Joseph dont Hayley Sales endosse l'uniforme...


Du sous X-Men, donc, avec tout ce que cela peut engendrer de défauts. Absence quasi-totale d'effets-spéciaux vu que les mutants du film ont été dépouillés de leur don, méli-mélo de sous intrigues qui rendent confus le récit principal, mise en scène ultra balisée dans la sphère du cinéma dont la vocation est de commencer et finir ses jours sur les plateformes VOD, interprétation pitoyable et caractérisation revue à la baisse. Ici, les amateurs de séries Z seront en terrain connu. Des films comme Corrective Measures, le septième art en charrie chaque année à la pelle. De la malbouffe cinématographique comparable aux chaînes de restauration rapide ou aux musiques jetables qui gangrènent le monde du quatrième art ! Aussi vite vu, aussi vite oublié. N'en déplaise aux fans de Bruce Willis ou à ceux de Michael Rooker (Henry, Portrait of a Serial Killer de John Mc Naughton), le long-métrage de Sean Patrick O'Reilly n'offre rien de vraiment passionnant. Dans ce film qui réunit à nouveau les deux acteurs après le White Elephant de Jesse V. Johnson, Michael Rooker campe un directeur de prison avide de vider les comptes en banque du ''Lobe'' qu'incarne Bruce Willis. Un individu lui-même enfermé en prison et qui possède l'enviable pouvoir de contrôler l'esprit de ses concitoyens. Un pouvoir dont l'ironie ne cesse d'ailleurs de grandir à mesure que l'état de santé de l'acteur se détériore au fil des mois ! Adapté du manga éponyme de Grant Chastain et Fran Moyano, Corrective Measures est une œuvre insipide qui se croit sans doute très sérieuse dans sa démarche mais qui à force d'accumuler les défauts finit par devenir pittoresque en ce sens où le rire se fait involontaire. C'est d'ailleurs bien là la seule attitude raisonnable qu'aura le spectateur face à l'indigence généralisée qui n'honore pas le manga d'origine. Notons que jusque là, Sean Patrick O'Reilly œuvra dans le cinéma d'animation et qu'il fut notamment producteur de bons gros bousins comme la trilogie d'Edward Drake Detective Knight ou de Deadlock de Jared Coh, lui-même interprété par Bruce Willis... Corrective Measures restera donc sans doute comme le meilleur film de supers-héros de 2022... pour qui déteste viscéralement le genre...

 

vendredi 16 avril 2021

Thunder Force de Ben Falcon (2021) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

 

C'est amusant.... comme Thunder Force ravive quelques récents souvenirs de cette télé-poubelle sur laquelle je me vautre parfois lorsque mes neurones décident de prendre quelques dizaines de minutes de congés. Voir l'hystérique Solveig Halloin délirer sur les plateaux télévisés. Se prendre pour une virulente porte-parole de l’antispécisme, des Femen ou de l'écoféminisme, qui selon moi servent d'abord à regrouper celles et ceux qui n'ont aucune passion, aucun désir, bref, qui s'emmerdent dans la vie (et nous emmerdent à la même occasion), alors même que cette dégénérée ''bonne à enfermer'' ne peut en réalité obtenir que le rejet pur et dur des femmes et des hommes normalement constitués d'un point de vue intellectuel chaque fois qu'elle s'exhibe lors de ses diverses confrontations qui tiennent de la radicalisation. Quel rapport avec Thunder Force ? C'est bien simple : comme nous l'avait imposé en 2016 le réalisateur Paul Feig avec la demi-(et même aux trois-quart)-purge Ghostbusters, film féministe si l'en est, ainsi que quelques autres de cet acabit, Ben Falcon propose sa vision 100% féminine du film de super-héro....înes !


Chose donc bien amusante. Surtout à l'air du ''tout intégré'' en matière de ''grand n'importe quoi'' civilisationnel. Quand d'un côté l'on veut vous imposer les restrictions totalement grotesques de l'écriture inclusive et que de l'autre on vous annonce un film majoritairement interprété par des femmes ou, pourquoi pas, et au vu de certaines évolutions, le retour prochain de la blaxploitation (chose qui n'est au demeurant pas pour me déplaire), y'a de quoi y perdre, le nord, son latin et la tête ! De quoi aussi, dans le cas présent, sentir de curieux fourmillements dans le bras et de passer du gentil petit citoyen au machiste, misogyne ou sexiste le plus virulent ! Mais en réalité, on s'en fiche que les deux interprètes ''principaualesx'' soient deux femmes (ici, Melissa McCarthy et Octavia Spencer). Ce qui compte avant tout, c'est l'histoire, la mise en scène, le jeu des interprètes, les décors, le rythme ou les effets-spéciaux. Un bon animateur, un bon dessinateur et hop ! On remplace les deux donzelles par deux cockers ou deux siamois ! Le résultat sera le même. Et peut-être meilleur à vrai dire...


Bon, si vous n'avez toujours pas saisi l’allusion avec l'autre foldingue, je m'explique : Sans l'aigreur du petit salarié qui jalouse la vieille rombière portant fourrure et sac Vuitton... sans une once d'antipathie pour nos semblables du sexe opposé, je me demande comment un type comme Ben Falcon peut à ce point bénéficier de budgets pour tourner ses films. La réponse tient sur quatre mots : On the day productions. Une société de production fondée par le réalisateur lui-même ainsi que son épouse et actrice Melissa McCarthy (tiens ! Justement l'une des principales interprètes de Ghostbusters version 2016). Un moyen simple et efficace de financer leurs propres films et ainsi faire absolument tout ce qu'ils veulent... quitte à faire de la merde, d'ailleurs...Et donc, le rapport avec la Solveig tient dans ''les qualités'' de Thunder Force qui mieux que de forcer le respect des cinéphiles aurait plutôt tendance à leur faire penser que les super-héros, ça n'est franchement pas une histoire de femmes. Moins catégorique, j'aurais surtout tendance à exprimer le fait qu'il ne faut surtout pas confier ce genre de production à n'importe qui. Et surtout pas à un Ben Falcon dont les épaules ne sont pas assez large. Oui mais voilà, le chéquier et le scénario en main, l'épouse comme vedette et le bonhomme autoproclamé réalisateur de la chose, que voulez-vous (lui) faire ? Un procès ? Sans une once d'originalité, Ben Falcon se la joue revival eighties... comme des dizaines, voire des centaines avant lui.


Pire : Thunder Force semble se voir comme le X-Men du pauvre. Des mutants au rabais qui, si dans la saga cinématographique initiée en 2000 par le réalisateur Bryan Singer en comptait un nombre important, dans le cas présent se chiffrent sur les doigts d'une seule main. Bobby ''Le King'' Cannavale possède le dixième du charisme de Ian ''Magneto'' McKellen seulement. Entouré d'une Pom ''Laser'' Klementieff qui en détient bien davantage, son clan puérilement surnommés les malfaisants n'étant constitué que de deux mutants, on a l'impression d'un film de super-héroïnes au rabais. Et si les effets-spéciaux ne sont pas trop mauvais, ils ne sont que l'éternelle répétition d'un même procédé qui consiste en un tir de laser de la part de la malfaisante du même nom, avec explosions à l'appui. Mais quelques bagarres, scènes d'action et longs discours stériles plus tard, le constat est clair : Thunder Force est mauvais. Des dialogues insipides, des scènes qui se voudraient amusantes mais qui demeurent pitoyables, un duo d'actrices tout sauf charismatiques, un grand méchant plutôt ridicule accompagné d'une Laser qui à elle seule aurait pu relancer l'intérêt et un Crabe (l'acteur Jason Bateman) absolument saugrenu et dont le concept se voudrait sans doute humoristique mais dont l’efficience est aux abonnés absents. On frise là la catastrophe industrielle mais Thunder Force trouvera pourtant sans doute son public parmi les moins exigeants ou en tout cas, les néophytes en matière de films de super-héros. Pour les autres, inutile de perdre son temps devant cette œuvre de science-fiction qui choisi de solder à peu près tout ce qu'elle entreprend...

samedi 15 février 2020

Green Lantern de Martin Campbell (2011) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Connu comme celui qui mis fin aux agissements de l'entité maléfique Parallax, c'est pourtant bien à cause de ce dernier qui vient de s'échapper de sa prison que Abin Sur, blessé, se retrouve contraint de rechercher sur Terre le pilote d'avion Hal Jordan afin de lui transmettre son anneau de pouvoir et de lui permettre de combattre Parallax, lequel se dirige actuellement vers notre planète afin d'effacer toute trace de l'espèce humaine. Peu de temps après, le corps sans vie de Abin Sur est découvert sur une rive. Alors que le professeur Hector Hammond est dépêché dans un laboratoire secret afin d'y autopsier le corps de l'extraterrestre, voilà qu'il est contaminé par un organisme étranger malveillant qui vivait jusque là à l'intérieur de Abin Sur. Désormais pourvu de pouvoirs télékinétiques et télépathiques, le professeur Hector Hammond va s'en servir pour faire le mal autour de lui. Pendant ce temps là, le casse-cou Hal Jordan apprend à maîtriser les facultés de l'anneau et de son nouveau costume de super-héros afin d'utiliser prochainement les bienfaits de la Force Verte de la Volonté face à Parallax qui lui, se sert de la Force Jaune de la Peur pour vaincre ses adversaires...

Pour celles et ceux qui auraient le désagréable sentiment qu'avec un tel synopsis Green Lantern risque de se fourvoyer dans un esprit très ''Cheap'', voire, carrément ringard, qu'ils se rassurent.... Ils ne se trompent guère. L’œuvre du réalisateur néo-zélandais Martin Campbell, pourtant auteur de l'excellent Goldeneye mais aussi et surtout du pathétique Absolom 2022, est le genre de long-métrage qu'il est conseillé de voir en couple, entre amis, mais surtout pas en solitaire, à moins d'avoir un coup dans le nez. Si l'intrigue semble se dérouler dans le présent ou tout au plus dans un futur relativement proche (en témoigne l'absence d'une évolution significative de notre environnement), le film, LUI, semble avoir été réalisé il y a une bonne trentaine d'années, à l'époque où les effets-spéciaux numériques n'étaient pas encore connus sous le nom de CGI et alors que Steven Spielberg et son Jurassic Park n'avaient pas encore fait un grand bond dans ce domaine. Dès les premières images, on sent bien que le film va ressembler davantage à une longue cinématique de jeu vidéo qu'à une œuvre de science-fiction aux effets-spéciaux numériques photo-réalistes. Le principe de Green Lantern le veut peut-être ainsi, mais il devient alors assez complexe de s'immerger dans un univers où tout sembler sonner faux.

Loin de l'univers ''Treekie'' cher aux amoureux de Star Trek, le long-métrage de Martin Campbell offre une vision des populations extraterrestres absolument risible. Engoncés dans des costumes de Green Lantern au même titre que le personnage incarné par Ryan Reynolds (que l'on retrouvera cinq ans plus tard dans la peau du beaucoup plus convaincant Deadpool de Tim Miller en 2016), on y croise des créatures humanoïdes au faciès de poisson, de troll, d'insectes et de tout un tas de bestioles que l'on a parfois du mal à imaginer être l'ultime étape dans l'évolution de leur espèce. Les couleurs bavent et ce vert, si représentatif de la Force Verte de la Volonté, gâte le décor en dégueulant littéralement sur une image déjà très ''abîmée'' par des effets-spéciaux numériques d'un autre âge. Pourtant, bien que le visuel soit souvent désastreux et que le film soit perclus de séquences vulgairement ''testostéronées'', on octroiera quelques bons points au long-métrage de Martin Campbell. Non pas du point de vue de la navrante caractérisation des personnages (qui se soucie de ce qu'il peut advenir de tel ou tel d'entre eux?), mais lorsque justement, le film parvient à se faire sobre et qu'il évite la surcharge en matière de CGI. On appréciera notamment les quelques séquences privilégiant l'agonie du professeur Hector Hammond plutôt bien campé par l'acteur américain Peter Sarsgaard et l'action s'assombrissant nettement vers la fin du film. Pour le reste, Green Lantern est laid, les rapports entre le héros et la belle Carol Ferris (l'actrice américaine Blake Lively) sont anecdotiques, et surtout, le film n'est visuellement pas de tout repos avec sa surenchère visuelle absolument indigeste. Un film de super-héros bas de gamme pourtant nanti d'un budget de 159 millions de dollars (!!!) qui devrait connaître une suite d'ici 2024...

vendredi 13 septembre 2019

Logan de James Mangold (2017) - ★★★★★★★★★☆



Si l'on tient compte uniquement des films regroupant tout ou partie des membres formant le mythe des X-Men, la franchise est constituée de huit longs-métrages. Par contre, si l'on y inclus les spin-off, elle arrive au mirobolant nombre de douze. L'un de ces spin-off est sorti il y a deux ans et se trouve être le second à mettre en vedette le charismatique Wolverine après un long-métrage éponyme réalisé en 2013 par le cinéaste James Mangold qui après quatre années de silence revenait avec le héros fétiche de la franchise avec l'excellent Logan, qui comme tout le monde le sait, porte le (sur)nom du héros James Howlet/Wolverine. Non seulement le réalisateur parvient à s'approprier entièrement le personnage une fois de plus interprété par l'acteur australien Hugh Jackman, mais il se permet également de faire la plus extraordinaire proposition en matière de super-héros en réalisant sans conteste le meilleur épisode de la saga. Un chant du cygne terriblement émouvant touchant deux des personnages les plus importants de la franchise. Une œuvre testamentaire qui n'en demeure pas moins une certaine renaissance avant la tragique chute que vient de connaître l'empire à travers le désastreux X-Men : Dark Phoenix de Simon Kinberg sorti il y a quelques mois.

Entre néo-western crépusculaire, film de super-héros, fantastique et survival mad-maxien, Logan est une œuvre brillante qui mérite amplement l'argent investi par les producteurs (à hauteur de quatre-vingt dix millions de dollars, soit deux fois moins que pour la daube réalisée par Simon Kinberg sortie sur les écrans en juin dernier). Hugh Jackman y reprend le rôle de Logan, et c'est dans un piteux état que le spectateur le retrouve. Vieux et fatigué, il semble de plus être victime d'un empoisonnement lié à l'adamantium qui recouvre l'intégralité de son squelette. Un empoisonnement dont les conséquences sont terrible puisqu'à long terme, il empêche aux cellules de Logan de se régénérer. Planqué aux abord de la frontière américano-mexicaine en compagnie de Charles Xavier (toujours incarné par l'excellent Patrick Stewart) et celle du mutant Caliban (Stephen Merchant), Logan fait la connaissance de l'infirmière Gabriela Lopez (Elizabeth Rodriguez) qui contre la somme de vingt-mille dollars lui demande des les emmener elle et la jeune Laura Kinney (époustouflante Dafne Keen) jusqu'à un lieu appelé ''Eden'' où elle pourra échapper officiellement à son compagnon. Mais en réalité, et alors que la jeune femme meurt avant même qu'il ait pu les aider elle et la gamine, Logan découvre que Laura elle aussi est une mutante. Mieux, il semblerait qu'elle soit sa fille. C'est en compagnie d'un Charles Xavier terriblement diminué que Logan prend alors sur lui d'accompagner Laura jusqu'à l'adresse laissée par l'infirmière avant de mourir. La route ne sera pas de tout repos puisque l'armée, un commando d’Alkali-Transigen dirigé par Donald Pierce (Boyd Holbrook) ainsi que le docteur Zander Rice (Richard E. Grant) qui mena des recherches secrètes sur les gènes mutants sont lancés à leur recherche...

Voici à peu de chose près comment débutent les nouvelles aventure de Wolverine et de Charles Xavier. Sous la poussière et une chaleur aussi écrasante qu'implacable, nos deux X-Men vont devoir tout mettre en œuvre pour aider la jeune Laura dans une œuvre qui repousse les limites du film de super-héros en matière de noirceur (on aura sans doute jamais vu cela depuis les Batman de Christopher Nolan). D'une violence parfois inouïe s'inscrivant lors d'affrontements chorégraphiés au millimètre, Logan est avant tout un formidable hommage rendu à l'un des X-men les plus charismatiques de la franchise mais peut-être plus encore à celui qui le pris sous son aile : Charles Xavier, diminué, proche de la sénilité, ayant perdu de sa superbe, mais n'ayant sans doute jamais été aussi émouvant que dans le cas présent. Ici, le spectateur ne doit surtout pas s'attendre à ce que le réalisateur le ménage. Au contraire, et même si plusieurs périodes de calme vont lui permettre de souffler, Logan est un spectacle incessant où l'hémoglobine coule à flots, et dans lequel les têtes volent dans les airs avant de choir au sol juste devant l'objectif de la caméra. Logan y affrontera une belle brochette de méchants dont une véritable ''bête'' dont je tairai les origines pour ne pas trahir son identité auprès de ceux qui n'auraient pas encore découvert cet authentique chef-d’œuvre. Visuellement, Logan est superbe. Entre les remarquables paysages traversés par nos héros et d'extraordinaires effets-spéciaux, le spectateur n'a pas le temps de de s'ennuyer une seule seconde. Il semble par contre que Wolverine, Logan, ou James Howlet, appelez-le comme vous voulez, apparaisse bien ici pour la dernière fois de son existence. Mais la magie du cinéma étant ce qu'elle est, on ne sait jamais...

samedi 17 août 2019

Je n'aime pas les super-héros donc j'adore : Deadpool de Tim Miller (2016) - ★★★★★★★★☆☆



Deadpool ou l'antithèse du super-héros tel que le septième art et les comics les représentaient jusque là. Pour celui ou celle que les films de super-héros laissent totalement indifférent, ce long-métrage sorti en 2016 est une bénédiction. Dans le genre, on pourra le considérer comme le mauvais élève de la classe. Celui qui s'adresse directement au spectateur au risque de le sortir du récit. Celui qui se comporte tel un adolescent boutonneux féru de bons mots. De gros mots, cela va s'en dire. Planqué sous un déguisement proche de celui d'un certain Spiderman, qui ne lui colle pas vraiment à la peau mais qui possède l'avantage de camoufler sa très vilaine apparence. Contrairement aux X-Men qu'il s'efforce de dénigrer à grands renforts de propos fort jubilatoires, la mutation dont il est l'objet n'est pas d'ordre génétique mais est consécutive à d'éprouvantes séances de tortures orchestrées et infligées par l'infâme Ajax, un personnage de l'univers Marvel qui fit sa première apparition dans le numéro 14 du comic Deadpool. C'est sur un ton particulièrement léger que démarre le premier des deux seuls longs-métrages qu'à réalisé jusqu'à maintenant le réalisateur, scénariste et concepteur d'effets-spéciaux Tim Miller (le second, Terminator: Dark Fate, est prévu pour le 23 octobre prochain dans les salles).

Alors que le scénario de Rhett Reese et Paul Wernick va très rapidement bifurquer vers un mélange entre présent et passé, pour le moment, c'est à un festival de punchlines que nous convie ce premier long-métrage mettant en scène le personnage de Wade Wilson qui après avoir subit de terribles souffrances, va devenir Deadpool. Un ''projet'' qui contrairement à ce que le héros incarné à l'écran par l'acteur Ryan Reynolds pensait, devait en faire un esclave selon les propos du très pervers Ajax/Francis. Mais si la ''déconne'' semble faire partie intégrante du récit et que les facultés de cet anti-super-héros sont exposées dès le départ, le long-métrage prend subitement un virage à trois-cent soixante degrés et crée l'un des changements de ton les plus inattendus du cinéma. Car plus que le simple blockbuster pétaradant dans tous les sens pour public juvénile ivre de cascades et d'effet-spéciaux numériques en tous genres, Deadpool recèle un richesse émotionnelle inespéré :

L'humour, la cruauté et l'émotion faisant partie intégrante de l'univers de Wade Wilson/Deadpool, il n'est pas rare que le film passe du rire à une scène physiquement éprouvante, en passant même par quelques séquences absolument désarmantes. Il faut laisser de côté les a priori que parsèment en chemin les premières séquences pour se rendre compte que le personnage principal est beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. S'il se joue de ses ennemis en prenant régulièrement à témoins les spectateurs (le film, plutôt que d'en souffrir, gagne en distraction et en interaction avec le public), on comprend assez rapidement que le héros n'est pas le benêt qu'il semble vouloir faire croire. Amusant, le film devient carrément passionnant dès lors que l'on apprend que le héros est atteint d'un cancer, et que pour s'en débarrasser, il va accepter de subir un traitement qui s'avérera douloureux, même pour le spectateur. Ce dernier se rendra compte plus tard des inconvénients d'être différent. Et même si au commencement, il n'a pas forcément les mêmes attributs que les mutants isolés dans le manoir du Professeur Charles Xavier, Deadpool se rendra vite compte qu'il vaut mieux vivre caché.

Deadpool convie le spectateur à remonter aux origines de cet anti-héros réellement atypique et épris de vengeance. Mais sous ses airs de parodie cynique se moquant allégrement de ses pairs, le long-métrage de Tim Miller est peut-être l'un des Marvel les plus novateurs de ces dernières années: méchant, insolent, vulgaire, remettant le statut du ''super-héros'' en question, le film est de plus nanti de remarquables effets-spéciaux et de scènes d'action et de combats magnifiquement chorégraphiées. Quant à Ryan Reynolds, il incarne un Deadpool tantôt attachant, tantôt agaçant, mais d'une manière générale, totalement salvateur. Ed Skrein interprète quant à lui un Francis/Ajax jubilatoire et remarquablement détestable. Mais heureusement, dans ce monde au fort degré de testostérones est présente l'actrice Morena Baccarin qui dans le rôle de Vanessa, la petite amie du héros, illumine les sinistres décors que parcourent les différents personnages. De quoi réconcilier ceux qui n'apprécient guère le genre... Un must !

lundi 24 juin 2019

Batman Begins de Christopher Nolan (2005) - ★★★★★★★★☆☆



Pas facile d'adapter Batman, héros de Gotham City, et l'un des plus célèbres super-héros de l'univers de DC Comics. Lorsque sort sur les écrans de cinéma Batman Begins, le cinéaste britanico-américain Christopher Nolan n'est pas le premier à mettre les pieds dans le plat. Après une première tétralogie partagée entre Tim Burton et Joel Schumacher (Batman, en 1989, Batman : le Défi, en 1992, Batman Forever, en 1995 et Batman et Robin deux ans plus tard), il fallait un réalisateur de la trempe de l'auteur de Memento sorti cinq ans auparavant pour donner vie à un personnage hyper-charismatique sans tomber dans le ridicule ( le Batman et Robin de Joel Schumacher de triste mémoire). Et qui mieux encore que l'acteur Christian Bale, interprète principal et époustouflant The Machinist de Brad Anderson sorti un an auparavant pour incarner le personnage central ?

Comme son titre l'indique, Batman Begins revient tout d'abord sur les origines du mythe. De la tragédie qui endeuilla le jeune Bruce Wayne qui perdit ses deux parents lors d'un double meurtre commis par un pauvre individu, de ceux que tentait jadis de sortir de la misère le docteur Thomas Wayne (l'acteur Linus Roache), le père de Bruce. Convaincu d'être le responsable de la mort de ses deux parents (Bruce étant affublé d'une peur panique pour les chauve-souris, il contraint ce soir là sa mère et son père d'accepter de quitter une pièce de théâtre, les menant ainsi tout droit dans la ruelle où ils allaient perdre la vie), celui qui n'est encore qu'un enfant est désormais élevé par le majordome et homme de confiance des Wayne, Alfred Pennyworth (excellent Michael Caine). Lorsque quatorze ans plus tard, Bruce apprend que bientôt sera libéré l'homme qui a tué ses parents, il se rend au tribunal pour se faire justice lui-même et ainsi empêcher le criminel de recouvrer la liberté. Sermonné par son amie d'enfance Rachel Dawes (Katie Holmes), il s’exile en Asie où il vit de larcins avant d'être jeté en prison. Là-bas, il tente de survivre et se bat constamment contre certains de ses co-détenus. Mais un jour, il rencontre un individu du nom de Henri Ducart qui se charge alors de le prendre sous son aile et de le former afin de l'intégrer à ''La Ligue des Ombres'' dirigée par un certain Ra's Al Ghul. Lorsque vient le jour pour Bruce de prouver sa fidélité aux membres de la ligue, en désaccord total avec ses ambitions, il trahit Ra's Al Ghul, provoquant son décès et laissant pour mort Henri Ducart. Bruce quitte ainsi cette terre qui l'a accueilli durant un temps indéterminé, et retourne à Gotham afin de remettre de l'ordre dans une ville qui désormais est en proie à la violence et la corruption. C'est là-bas qu'il va notamment retrouver l'inspecteur Jim Gordon qui s'était occupé de l'affaire concernant le meurtre de ses parents, Lucius Fox, un inventeur de génie travaillant dans les sous-sols de l'empire Wayne, mais également Carmine Falcone, un truand qui a depuis toute ces années assis son pouvoir sur la ville...

Batman Begins évoque donc la naissance du mythe de l'homme-chauve-souris avec une classe folle. Christopher Nolan réunit un casting en béton qui, parmi les interprètes déjà cité plus haut compte également dans ses rangs, Liam Neeson (Henri Ducard / Ra's al Ghul), Gary Oldman (Jim Gordon), Morgan Freeman (Lucius Fox), Rutger Hauer ou encore Cillian Murphy dans le rôle de l'infâme docteur Crane doublé du terrifiant Épouvantail. En comparaison de la majorité des films centrant leur intrigue autour d'un ou de plusieurs héros au pouvoirs plus ou moins surnaturels, Bruce Wayne/Batman profite de l'ingéniosité du département expérimental de la société dirigée par le passé par son propre père. En effet, sans son accoutrement, Batman n'est qu'un homme comme tout le monde qui ne peut compter que sur ses muscles pour se sortir de situations périlleuses (la scène de la poutre dans la demeure des Wayne en feu). Ce qui différencie également Batman Begins des autres productions du genre, c'est la noirceur de son propos. Dans une ville pas ou peu éloignée technologiquement de ce que nous connaissons déjà, Christopher Nolan dépeint un univers pessimiste, violent, désagrégé et nocturne où la pluie tombe presque sans cesse. C'est dans cet univers extrêmement sombre que Batman va s'employer à remettre de l'ordre en ne combattant non pas UN ennemi, mais plusieurs.

Dire que Batman Begins est une franche réussite serait un euphémisme. En réalité, le film de Christopher Nolan est l'un des tout meilleurs du genre. Entre séquences de bravoure, effets-spéciaux remarquable mais jamais tape-à-l’œil, sous-intrigues fascinantes et interprétation magistrale de la part d'un casting de première classe, Batman Begins offre au spectateur, plus qu'un film de super-héros. Il s'invite dans le néo-polar, dans l'espionnage (la découverte des futurs ''gadgets'' dont se servira Batman rappelle furieusement les séquences dans lesquelles James Bond fait connaissance avec ses futures armes dans chaque épisode de la franchise), dans le drame également, avec la mort des parents de Bruce ou lorsque la demeure familiale part en fumée (deux séquences véritablement poignantes) et s'octroie même quelques passages humoristiques (la couse-poursuite en batmobile sur les toits et dans les rues sombres de Gotham) bienvenus dans ce cadre parfois éminemment austère en regard des productions du genre qui parfois s'avèrent outrageusement colorées. L’œuvre de Christopher Nolan est sans conteste un ''blockbusters''. Mais pas de ces grosses machines à fric sans âme qui n'existent que pour attirer les billets verts. Non, Batman Begins est profond, touchant, divertissant et finalement sobre vu le contexte. Une merveille... Un chef-d’œuvre... qui connaîtra deux suites, en 2008 ainsi qu'en 2012. Mais ça, c'est une autre histoire...

dimanche 18 février 2018

X-Men de Bryan Singer (2000) - ★★★★★★★☆☆☆



"Au pays des mutants, comme dans tous les pays... on s'amuse, on pleure, on rit, il y a des méchants et des gentils..." et l'on ne parle pas ici de l'homme dont les extraordinaires capacités génocidaires nous sont suggérées durant la scène d'introduction de cette première incartade cinématographique des X-Men, mais d'un groupe d'individus possédant d'incroyables pouvoirs physiques et/ou mentaux. A ce titre, on peut dorénavant considérer ces êtres d'exceptions contraints de vivre dans la clandestinité comme des individus propres à rendre caduque l'aura de pouvoirs jusqu'ici demeurés extraordinaires et faisant partie non plus de la simple fiction mais servant parfois d'outils à de vrais, mais surtout de faux, spécialistes en la matière. Que deviennent à côtés d'un Wolverine, d'un Cyclope ou d'une Tornade, des êtres investis de pouvoirs tels que la télépathie ou la télékinésie ? Même si ces derniers restent à prouver, les phénoménales performances dont sont nantis les X-Men permettent de relativiser sur celles du commun des mortels qui débarrassé de ses armes de destructions massives apparaît bien faible. Outre certains des personnages de la bande-dessinée originale datant des années soixante, on retrouve dans ce premier long-métrage plusieurs de ceux qui apparurent durant les années année soixante-dix. Ainsi que le personnage de Malicia qui elle, fut créée par le scénariste Chris Claremont et le dessinateur Michael Golden au tout début des années quatre-vingt pour le comic book The Avenger Annual numéro 10.

Le cinéaste et producteur américain Bryan Singer nous refait le coup du Petit Chaperon Rouge à la mode Marvel. Cette fois-ci, la jeune enfant ne porte plus de chaperon rouge, mais vert, et sa rencontre avec le loup (Wolverine) n'est plus située dans la demeure de sa mère-grand mais dans un bar sinistre où le charismatique mutant dans sa forme humaine et sous le nom de Logan participe à des combats pour subvenir à son existence. Trois ans après la publication du premier volet de Harry Potter de J. K. Rowling (mais une année seulement après son adaptation sur grand écran), les scénaristes David Hayter et Christopher McQuarrie imaginaient à leur tour un établissement accueillant des « phénomènes » d'un genre nouveau. Des super-héros reclus dans une luxueuse propriété dirigée par le Professeur télépathe Charles Xavier, loin du regard d'une humanité se méfiant d'eux au point d'invoquer le droit (et l'obligation) de les recenser.
Mais ils ne sont pas les seuls à regarder l'humanité d'un mauvais œil. D'autres mutants dirigés par un certain Erik Lehnsherr dit « Magnéto » forment la Confrérie des Mutants afin d'accomplir des objectifs au profit des mutants et contre les hommes dont il a gardé de bien mauvais souvenirs depuis la Seconde Guerre Mondiale où il a été séparé de ses parents emmenés de force dans un camp d’extermination.

Si Charles Xavier peut compter sur l'aide de Cyclope, de Tornade ou du Dr. Jean Grey (la télépathie et la télékinésie faisant partie de ses pouvoirs) pour défendre leur espèce et éduquer les jeunes recrues (bientôt rejointes par Malicia et Wolverine), la première forme que prend au cinéma La Confrérie des mauvais Mutants, celle de Magnéto, est constituée de Mystique, Dent-de-Sabre et du Crapaud. Mystique possède sa propre confrérie, Crapaud lui également, lequel aura auparavant rejoint celle de Mystique. Lui mais également Dent-de-Sabre, pour la saga Dreams End.

Au cœur de ce premier long-métrage, un projet fou : celui de Magnéto qui est d'utiliser une machine de sa fabrication qui, combinée avec ses capacités magnétiques générant un champ de radiation, va lui permettre d'induire des mutations chez les hommes dits normaux. Un combat va alors s'engager non plus entre ceux-ci et les membres de La Confrérie des Mutants mais contre ces derniers et leurs congénères entourant le pacifiste Professeur Charles Xavier.
Pour sa première incartade au cinéma, l'univers des X-Men tient là une belle réussite. On est encore très loin des bouillies digitales désormais conventionnelles imposées par un public toujours plus gourmand en matière d'effets-spéciaux et de moins en moins regardant en terme d'écriture. Une donnée à laquelle échappe fort heureusement la franchise. Un premier volet duquel se dégage déjà le personnage de Wolverine. Sans conteste, le mutant le plus charismatique de la saga. Admirablement interprété par l'acteur australien Hugh Jackman, l'homme se bat avec style tout en conservant la part d'animal qui sommeille en ce mutant dont l'ossature est entièrement constituée d'adamantium (métal imaginaire constitué de métaux dont l'origine demeure inconnue). Wolverine n'est que la conséquence d'un projet gouvernemental canadien, le Weapon X, dont le but principal est de modifier des hommes afin d'en faire des super-soldats. Accompagné de personnages tout aussi intéressants d'un point de vue performances physiologiques, le canadien est entouré de Patrick Stewart (Star Trek : La Nouvelle Génération) qui endosse le rôle du Professeur Charles Xavier, de Ian McKellen, dans celui du grand méchant, Magnéto, de Famke Janssen, de la méconnaissable Halle Berry dans le rôle de Tornade, ou encore de Bruce Davison, qui endosse le costume du très antipathique sénateur Robert Kelly, acteur qui tourne tout de même depuis la toute fin des années soixante. Et j'en oublie. Une belle brochette d'interprètes pour une œuvre dont les effets-spéciaux demeurent aussi sobres que remarquables. Le film délivre son lot de messages dont un antiracisme et un droit à la différence traités sous un angle, forcément, inédit.

Outre différentes nominations, le film de Bryan Singer remportera son lot de récompenses, tels plusieurs Saturn Awards (récompenses de cinéma et de télévision américaines décernées par l'Academy of Science Fiction Fantasy and Horror Films), le prix littéraire américain Hugo Award du meilleur film, plusieurs autres pour les MTV Movie & TV Awards décernant des récompenses cinématographiques et télévisuelles chaque année, ou bien le Prix Nebula du meilleur scénario accordé par la Science Fiction and Fantasy Writers of America. Bryan Singer allait lui-même réaliser trois ans plus tard, la suite des aventures de nos héros sous le sobre titre X-Men 2...

mercredi 20 septembre 2017

Supermen Dönüyor ou, Turkish Superman de Kunt Tulgar (1979) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Alors que Biri Beni Gözlüyor aka Turkish Shining se prenait beaucoup trop au sérieux tout en demeurant l'une des plus grosses daubes du septième art en général et peut-être même de Turquie en particulier, Supermen Dönüyor aka Turkish Superman transpire la bonne humeur tout en préservant un certain respect pour le super-héros dont le film de Kunt Tulgar s'inspire. Le bien nommé Superman. L'homme aux collants bleus, aux chaussettes et au slip rouges, et à la poitrine ornée d'un énorme S. En Turquie on ne s'embarrasse pas de la moindre formalité administrative afin d'officialiser l'utilisation d'une icône de la bande-dessinée américaine de l'univers DC. Non. On préfère consacrer son temps à copier l’œuvre originale, quitte à réinventer partiellement l'histoire de ce héros débarqué tout jeune de la planète Krypton pour atterrir dans le jardin d'un couple de turcs dont les traditions semblent fortement ancrées chez eux puisque l'on découvre par exemple Tayfun (l'alter ego du Clark Kent original) se signer en présence de ses parents, et notamment de son père qui a une très importante révélation à lui faire. Peut-être certains d'entre vous ne le savent pas encore, mais l'écrivain français Frédéric Beigbeder, avant de se faire connaître à travers plusieurs ouvrages littéraires a d'abord été acteur. C'est lui qui en effet prête ses traits au héros de Supermen Dönüyor...

Non, évidemment, je déconne. Mais la ressemblance entre ce dernier et l'acteur turc Tayfun Demir est comment dire, troublante. Affirmer que chacun d'entre nous possède au moins un sosie de part le monde est ici un euphémisme. Outre ce détail amusant, le film de Kunt Tulgar, qui ne dépasse par les soixante-huit minutes (du moins, dans la version que j'ai eu entre les mains) mêle l'humour à la science-fiction. Le suspens (tout relatif), à l'action. Une bande de méchants bonhommes dont le grand chef, ivre de pouvoir, veut absolument mettre la main sur un cristal de kryptonite ainsi que sur une formule écrite de la main de la jeune et jolie journaliste travaillant aux côtés de Tayfun lorsque celui-ci n'est pas contraint de revêtir le célèbre costume de Superman.

Réalisé en 1979, Supermen Dönüyor est plutôt plaisant à regarder. Contrairement au catastrophique Biri Beni Gözlüyor dont j'ai gardé de mauvais souvenirs et une énorme migraine. Les dialogues sont parfois savoureux et le long-métrage est à ranger aux côtés d'illustres plagiat originaire de Turquie, tels Turkish Star Wars ou Turkish Star Trek pour ne citer que les plus connus. Le son est foireux, comme l'image d'ailleurs. Mais pour ne pas froisser le réalisateur de cette perle ainsi que toute l'équipe technique, nous mettrons cela sur le compte des années qui ont passées depuis sa sortie à la toute fin des années soixante-dix. Comme cela est très souvent le cas dans ce genre de productions, une fois de plus, son auteur s'est servi dans l'immense listing des bandes originales de films américains à succès pour nourrir son œuvre de quelques plages musicales plutôt plaisantes. Faisant ainsi de Biri Beni Gözlüyor, une œuvre cinématographique interactive. Un quiz musical dans lequel les plus attentifs reconnaîtront certainement quelques airs issus de Goldfinger, de Midnight Express ou encore de la mythique série Cosmos 1999.
Un mélange étonnant qui bizarrement fonctionne assez bien. Concernant la mise en scène, l'interprétation et les effets-spéciaux, on ne va pas se mentir. Le résultat est comment dire... pitoyable. Mais on s'en fiche. Le spectacle nanardesque est au rendez-vous et c'est tout ce qui compte. Il ne faut cependant partir avec aucun a priori sur ce sous-genre sinon l'addition risque d'être salée pour les non-initiés. Pour les autres, c'est du pur bonheur...

jeudi 31 août 2017

L’Homme Araignée de E. W. Swackhamer (1977) - ★★★★★☆☆☆☆☆







Premier long-métrage mettant en scène le célèbre Spider-Man au cinéma, L’Homme Araignée date de l'année 1977. Alors que le mythe du tisseur de toiles est l’œuvre du scénariste Stan Lee et du dessinateur Steve Ditko, il voit le jour sous forme de bande-dessinée dans le comic book Amazing Fantasy numéro quinze datant de 1962. Il faudra donc attendre quinze années pour découvrir le personnage de Peter Parker sur grand écran. Fils de Richard et Mary Parker, tout deux tués alors qu'ils travaillaient pour le gouvernement, le jeune homme étudie les sciences naturelles alors qu'il participe à une expérience durant laquelle, une araignée est génétiquement modifiée par erreur. Mordu, Peter développe alors un certain nombres de facultés dont la capacité de marcher sur les murs grâces aux infimes poils qui recouvrent désormais ses paumes. Bien que ce détail ne nous soit pas révélé lors de cette première aventure cinématographique qui, à dire vrai, a été en premier lieu conçue pour la télévision. En effet, L’Homme Araignée fut à l'origine diffusé sur le petit écran sous la forme d'un épisode pilote de série. Réalisé par le cinéaste E.W. Swackhamer (lequel réalisera durant sa carrière des épisodes de Bonanza, Ma Sorcière Bien Aimée, Un Shérif à New-York ou encore l'excellent épisode de Columbo, Criminologie Appliquée), L’Homme Araignée a ceci de particulier qu'il connut une sortie nationale et exclusive dans notre pays. Bien que le résultat à l'écran demeure au final assez navrant, le film eut pourtant un certain succès avec pas moins de sept-cent mille entrées.
L’Homme Araignée, c'est d'abord l'occasion de découvrir la genèse de ce super-héros au moins aussi célèbre que Batman et Superman. Un étudiant en sciences-naturelles donc, mais également un journaliste-photographe amateur qui a bien du mal à se faire une place dans le métier. Surtout auprès de son supérieur, J. Jonah Jameson, vieil homme bourru qui ne cesse de critiquer son incompétence et rêve d'en être débarrassé. L'apparition de l’homme araignée en ville, que plusieurs témoins ont d'abord vu gravir puis descendre un mur à mains nues va aider le jeune homme dans sa quête de reconnaissance. Affirmant pouvoir procurer une photo de l’homme araignée dont personne ne connaît encore l'identité, Peter Parker va se mettre en scène et se prendre lui-même en photo dans l'espoir d'apparaître enfin crédible aux yeux de son supérieur.

En parallèle, L’Homme Araignée développe un scénario entourant le personnage d'Edward Byron (l'acteur Thayer David), sorte de gourou techno-criminel utilisant un procédé de contrôle télépathique afin de diriger la conscience de ses 'patients' et ainsi les forcer à commettre toute une série d'actes criminels en ville. L'occasion pour Peter Parker d'exercer ses nouveaux pouvoirs. Ce qui donne lieu à des scènes franchement amusantes même si l'on ne sourit pas toujours pour les bonnes raisons. Si sa façon de se mouvoir, de regarder sans cesse autour de lui, et de trébucher lors de ses premières tentatives sont volontairement drôles, tout se gâte lorsque l'intrigue fait appel à l'action. Les combats entre l’homme araignée et les trois asiatiques est épouvantablement mise en scène. Afin que l'acteur se cachant sous les traits de Peter Parker (Nicholas Hammond) ne prenne pas un mauvais coup de bâton, ses adversaire frappes à plusieurs dizaines de centimètres au dessus de son visage, et cela se voit à l'écran. Autre détail, celui-ci de taille, qui ruine un peu (et même beaucoup) l'intérêt de cette première incartade du super-héros en salle se situe au niveau des effets-spéciaux souvent catastrophiques ; Pour pallier au manque de moyens et d'imagination, il est fait appel à des techniques plutôt laides lorsqu'il s'agit de simuler un Spider-Man s'agrippant aux murs. Soit l'acteur est solidement arrimé à des câbles et se retrouve tracté vers le haut des immeubles tout en essayant de se mouvoir au rythme des techniciens qui tirent sur les câbles, soit Nicholas Hammond se déplace sur des posters grandeur nature d'immeubles dont l'aspect est trop proche de ce qu'ils sont réellement pour que l'on y croit vraiment. A quelques rares occasions, la maquette d'un immeuble respectant les dimensions réelles et placée horizontalement sert de base au personnage pour se mouvoir, mais dans l'ensemble, les responsables des effets-spéciaux ne se sont contentés que du strict minimum en terme de création. Au final, L’Homme Araignée ne ressemble à rien d'autre que ce qu'il était à l'origine : un téléfilm. Et certainement pas à un film destiné à sortir sur grand écran. Amusant, sans plus...
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