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vendredi 10 mars 2023

Corrective Measures de Sean Patrick O'Reilly (2022) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Heuuuu, j'aimerais que l'on m'explique un truc ! Des criminels dotés de supers-pouvoirs arrivent en prison lorsque l'un des gardiens chargés de leur surveillance leur indique ceci après que l'une de ses collègues ait utilisé une arme contre l'un d'eux : '' C'est un équipement anti-pouvoirs. EAP ou ''Annulard'' (Ouais... je sais... c'est juste... pathétique). Y'en a dans les lumières, l'eau et votre nourriture. Dehors vos supers-pouvoirs vous rendent invincibles. Mais ici, vous êtes comme tout le monde...''. J'veux bien, mais il me semble que deux minutes auparavant, un détenu protégé derrière un grillage avait les mains électrifiées !!! Oh, les gars, c'est bien beau de nous balancer un concept mais faudrait voir à vous relire avant de l'appliquer au cœur du récit, hum ? Et le film ne vient que de commencer. Ah ! Et puisque l'on parle d'incohérences, citons l'extraordinaire bagarre (je plaisante, bien sûr) qui ouvre le bal et lors de laquelle un mutant résiste aux balles mais pas à la raclée infligée par celui qui deviendra l'un des protagonistes du récit... C'est amusant mais qui parmi les amateurs de films de supers-héros eut connaissance de l'existence de Corrective Measures l'année passée ? Vu que le genre est encombré depuis maintenant pas mal d'années, à moins d'être un acharné du genre, le film de Sean Patrick O'Reilly est forcément passé sous les radars. Il faut dire qu'avec ses faux airs de X-Men fauché comme les blés, la chose avait peu de chance de pouvoir rivaliser avec les grandes figures de chez Marvel et DC ! Ici, toute forme de finesse est abandonnée au profit d'un récit qui ne change guère de ce que nous offrent pas mal de films situant leur action dans l'univers carcéral. Mais là où le long-métrage de Sean Patrick O'Reilly diffère de la majorité portant sur le sujet, c'est l'implication de personnages ''théoriquement'' dotés de supers-pouvoirs. Théorique puisque le moyen que semble avoir trouvé le réalisateur afin de pallier aux limites budgétaires fut d'évoquer un procédé visant à démunir les dangereux criminels enfermés dans la prison de San Tiburon de leurs pouvoirs acquis à la suite d'une impulsion. La Pulse comme tous la nomment. Parmi les taulards condamnés à plus ou moins long terme l'on retrouve le type qui tabassa un mutant en début de programme et qui dans l'enceinte de l'établissement va se faire un devoir d'envoyer en Enfer le plus de co-détenus possible. L'une des particularités de Corrective Measures (traduit chez nous sous le ridicule titre Mutants surpuissants) est de n'avoir en son sein aucun véritable personnage positif. Bref, que des antagonistes se frottant les uns aux autres, usant d'un langage de charretier auquel s'adonnent également les gardiens de prison, tel l'officier Morales qu'interprète l'actrice Kat Ruston. Seule clarté dans ce tableau plutôt sombre, le personnage du Docteur Isabelle Joseph dont Hayley Sales endosse l'uniforme...


Du sous X-Men, donc, avec tout ce que cela peut engendrer de défauts. Absence quasi-totale d'effets-spéciaux vu que les mutants du film ont été dépouillés de leur don, méli-mélo de sous intrigues qui rendent confus le récit principal, mise en scène ultra balisée dans la sphère du cinéma dont la vocation est de commencer et finir ses jours sur les plateformes VOD, interprétation pitoyable et caractérisation revue à la baisse. Ici, les amateurs de séries Z seront en terrain connu. Des films comme Corrective Measures, le septième art en charrie chaque année à la pelle. De la malbouffe cinématographique comparable aux chaînes de restauration rapide ou aux musiques jetables qui gangrènent le monde du quatrième art ! Aussi vite vu, aussi vite oublié. N'en déplaise aux fans de Bruce Willis ou à ceux de Michael Rooker (Henry, Portrait of a Serial Killer de John Mc Naughton), le long-métrage de Sean Patrick O'Reilly n'offre rien de vraiment passionnant. Dans ce film qui réunit à nouveau les deux acteurs après le White Elephant de Jesse V. Johnson, Michael Rooker campe un directeur de prison avide de vider les comptes en banque du ''Lobe'' qu'incarne Bruce Willis. Un individu lui-même enfermé en prison et qui possède l'enviable pouvoir de contrôler l'esprit de ses concitoyens. Un pouvoir dont l'ironie ne cesse d'ailleurs de grandir à mesure que l'état de santé de l'acteur se détériore au fil des mois ! Adapté du manga éponyme de Grant Chastain et Fran Moyano, Corrective Measures est une œuvre insipide qui se croit sans doute très sérieuse dans sa démarche mais qui à force d'accumuler les défauts finit par devenir pittoresque en ce sens où le rire se fait involontaire. C'est d'ailleurs bien là la seule attitude raisonnable qu'aura le spectateur face à l'indigence généralisée qui n'honore pas le manga d'origine. Notons que jusque là, Sean Patrick O'Reilly œuvra dans le cinéma d'animation et qu'il fut notamment producteur de bons gros bousins comme la trilogie d'Edward Drake Detective Knight ou de Deadlock de Jared Coh, lui-même interprété par Bruce Willis... Corrective Measures restera donc sans doute comme le meilleur film de supers-héros de 2022... pour qui déteste viscéralement le genre...

 

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