Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Gary Oldman. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gary Oldman. Afficher tous les articles

dimanche 2 mars 2025

Enfant 44 de Daniel Espinosa (2015) - ★★★★★★☆☆☆☆



Enfant 44, c'est d'abord un ouvrage. Celui de l'écrivain Tom Rob Smith qui avec ce premier roman connaît un succès retentissant auprès du public et de la critique. C'est ensuite son adaptation sur grand écran par le cinéaste suédois Daniel Espinosa, lequel signera deux ans plus tard en 2017 le sous-alien Life : Origine Inconnue. C'est enfin actuellement, l'une des dernières adaptations (juste avant L'Impossible Définition du Mal de Maud Tabachnick en 2017) d'un fait divers sordide et authentique survenu entre le 22 décembre 1976 et le tout début des années quatre-vingt dix. L'un des plus brillants exercices en la matière demeure encore le Citizen X que réalisa en 1995 le cinéaste Chris Gerolmo. Si pour les profanes, Enfant 44 s'apparente à une mise en abyme du système mis en place durant des décennies en Union Soviétique doublé d'une intéressante enquête policière, pour les autres, l’œuvre de de Daniel Espinosa ressemblera davantage à une simple mise à jour du propos évoqué à l'origine par Robert Cullen dans l'ouvrage qu'il a consacré au tueur en série Andreï Tchikatilo, L'Ogre de Rostov. Mieux vaut d'ailleurs ne pas avoir déjà vu le long-métrage de Chris Gerolmo car même si Enfant 44 demeure effectivement un film plutôt réussi dans l'ensemble, on est quand même loin d'atteindre la qualité du film réalisé vingt ans auparavant.

Mais tout n'étant qu'une histoire de goût et certains préférant peut-être assister à l'adaptation du fait divers à travers l'interprétation du duo formé par Tom Hardy et Gary Oldman (sans oublier l'actrice Noomi Rapace dans le rôle de Raïssa) qu'à travers celle de l'excellent duo formé par Stephen Rea et Donald Sutherland en 1995, chacun y trouvera son compte.

Enfant 44 s'attaque tout d'abord à l'effarant témoignage d'une Union Soviétique refusant l'hypothèse qu'un tueur en série puisse roder dans un pays dirigé d'une main de fer par l'un des plus grands dictateurs anticommunistes au monde, Joseph Staline. Un détail qui explique alors pourquoi les autorités auront mis quinze ans pour arrêter Andreï Tchikatilo, membre du Parti s'étant servi du système afin de tuer en toute impunité une cinquantaine d'enfants dont il avoua avoir dévoré certaines parties du corps. Si Daniel Espinosa a choisi de conserver le nom réel de l'homme qui enquêta puis mis fin aux agissements de l'Ogre de Rostov (l'agent Leo Demidov du Comité pour la Sécurité de l'État, soit le KGB), il décide par contre de ne pas conserver celui du tueur (ici, l'acteur Paddy Constantine incarne le personnage de Vladimir Malevich) alors même que le film retrace avec un certain respect de la réalité, la méthodologie du tueur et de l'enquêteur ainsi que les lieux.

Le film, notamment tourné à Pragues, à Kladno et à Ostrava, respecte d'une certaine manière le climat opaque d'une Union Soviétique exécutant à tours de bras les traîtres de la nation. Même si la réalisation demeure parfois quelconque, le réalisateur parvient à retranscrire l'ambiance de paranoïa qui régnait alors à Moscou et dans les faubourgs alentours. L'interprétation est juste, avec un duo Hardy-Rapace convainquant. Quant à Gary Oldman, eu égard à son immense talent, l'acteur britannique me semble malheureusement sous-exploité et n'arrive jamais à se hisser à la hauteur de l'excellent Donald Sutherland dans Citizen X. Chez nous, les spectateurs retiendront la présence d'un Vincent Cassel en Major Kuzmin plutôt insignifiant vu le tableau de chasse de cet excellent acteur français. Au final, Enfant 44 est une adaptation sympathique d'un fait diver authentique abominable dont ont fait les frais plusieurs dizaines d'enfants, mais parfaitement inutile alors que tout semblait avoir été abordé dans l'excellent film de Chris Gerolmo...

vendredi 19 juillet 2024

Le cinquième élément de Luc Besson (1997) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Ben merde alors ! Vingt-sept ans après avoir subit sur grand écran Le cinquième élément au point d'avoir eu un instant l'envie de mettre le feu au cinéma qui l'avait projeté, voilà que le film, selon moi, s'est bonifié avec le temps. Au point de penser qu'il s'agit sans doute de l'un des derniers bons crus de notre Luc Besson national. Vous savez, le bonhomme qui trente ans plus tard s'intéressa une nouvelle fois à la science-fiction en adaptant sur grand écran la série de bandes-dessinées de Pierre Christin, Jean-Claude Mézières et Évelyne Tranlé, Valérian et Laureline, sous le titre Valérian et la cité des mille planètes. Oui, oui, on parle bien de cette bouillie visuelle qui en terme de mise en scène et d'écriture reste tout simplement imbitable. Probablement qu'en revenant dessus dans un peu plus d'un quart de siècle, peut-être l'envisagerai-je d'un tout autre point de vue. Ce qui me semble couru d'avance puisque la seule raison pour laquelle j'ai choisi une fois de plus de m'engager dans le périple du Major Korben Dallas, du Père Vito Cornelius et de Leeloominaï Lekatariba Lamina-Tchaï Ekbat De Sebat que l'on nommera plus simplement Leeloo, fut la présence à l'écran de Bruce Willis, de Ian Holm ou encore de Gary Oldman. D'emblée, et alors qu'à l'époque je n'avais pas eu d'autre choix que d'aller découvrir le film en version française, ma première raison de grincer des dents fut le doublage de Bruce Willis qui selon la volonté de Luc Besson lui-même fut assuré non plus par Patrick Poivery mais par Bernard Métraux. Un choix plutôt étonnant mais que voulez-vous, Sieur Besson le voulut ainsi... Passons ensuite sur les placements de produits avec ces multiples plans montrant l'enseigne McDonald's, l'un des rois de la malbouffe et de la restauration rapide ou cette pseudo-refonte de l'univers propre à Blade Runner de Ridley Scott en version nettement moins sombre et anxiogène.


Un peu à la manière de Stargate ou La porte des étoiles de Roland Emmerich, Le cinquième élément ouvre les hostilités en Égypte au début du vingtième siècle. Là, un archéologue déchiffre une fresque gravée à l'intérieur d'un temple indiquant l'apparition du Mal tous les cinq-mille ans. Seul moyen de contrer ce dernier : cinq éléments dont l'un est représenté par une effigie de forme humanoïde. Cette séquence d'ouverture permet à Luc Besson de détruire l'image de bad boy de l'acteur américain Luke Perry (lequel est devenu mondialement célèbre grâce au rôle de Dylan McKay dans la série Beverly Hills 90210), lequel incarne un assistant dont le trouillomètre affiche un affligeant zéro ! Débarque alors un vaisseau d'assez belle allure conçu par la société d'effets-spéciaux créée quatre ans auparavant par le réalisateur James Cameron, Digital Domain. En sort une poignée d'extraterrestres atteints d'obésité et d'armures (exosquelettes?) venus délivrer un message. Près de trois-cent cinquante ans plus tard, le film met en scène Bruce Willis dans le rôle du chauffeur de taxi Korben Dallas sur le véhicule duquel tombe comme une enclume, Leelo. Jeune et jolie femme conçue à partir de cellules vivantes retrouvées in extremis à l'intérieur d'une main métallique appartenant à une entité extraterrestre. Le cinquième élément, c'est ELLE. Son apparition coïncide avec celle d'un étrange et gigantesque objet qui se promène tranquillou dans l'univers afin de détruire toute forme de vie qui croise son chemin. Et notre planète, malheureusement, semble être sa prochaine destination. Si de prime abord Le cinquième élément semble être une sorte de fourre-tout, Luc Besson vidant ainsi le trop plein d'imagination que contient sa caboche, il faudra sans doute pour certains, un deuxième visionnage pour saisir en grande majorité tout ce que nous conte le script écrit conjointement entre le réalisateur et le scénariste américain Robert Mark Kamen.


En effet, Luc Besson a tendance à remplir son film jusqu'à la gueule de personnages secondaires plus ou moins utiles, bien qu'en y réfléchissant, la majorité d'entre eux demeurent objectivement nécessaires à l'intrigue. Servant l'imaginaire parfois débridé de son auteur, si l'on entre dans la tête de cet homme sans doute trop inspiré, la présence de la Diva Plavalaguna (Maïwenn) a du sens. Comme celle de l'acteur et humoriste Chris Tucker qui dans le rôle de l'animateur radio Ruby Rhod est surtout là pour faire le show ! Aux côtés du personnage principal interprété par Bruce Willis l'on retrouve le Père Vito Cornelius, interprété par Ian Holm (l'androïde de Alien, le huitième passager de Ridley Scott), ainsi que Milla Jovovich dont la carrière débuta une dizaine d'années en arrière par quelques téléfilms et séries télévisées dont un épisode de Mariés, deux enfants et un autre de Parker Lewis ne perd jamais... Après avoir expérimenté les fonds marins avec Le grand Bleu, Luc Besson se montre déjà nettement plus timide lorsqu'il s'agit d'explorer l'espace qui nous entoure puisque la majeure partie des séquences sont tournées en intérieur dans des décors conçus par le chef décorateur et directeur artistique français, Dan Weil. Et ce malgré le fait que certaines zones de l'univers aient été théoriquement prospectées. Fidèle à Luc Besson depuis son court-métrage L'avant dernier en 1981, l'on retrouve une nouvelle fois aux commandes de la bande musicale Eric Serra, lequel crée notamment à cette occasion un court extrait d'opéra futuriste relativement plaisant. Avec ses soixante-quinze millions d'euros (soit trois fois moins que pour le futur Valérian et la cité des mille planètes), Luc Besson s'amuse déjà comme un gamin auquel l'on aurait confié les manettes d'un jeu vidéo en mode ''vies illimitées''. Il offre pour la seconde fois le rôle de l'antagoniste principal à Gary Oldman après l'avoir engagé sur le tournage de Léon trois ans auparavant. Un personnage haut en couleurs, affublé d'un costume ridicule comme beaucoup d'autres d'ailleurs et dont la conception fut confiée au styliste et couturier français Jean-Paul Gaultier. Souvent épuisant, un brin ringard, voire même parfois nanardesque mais moins bordélique qu'il ne m'était apparu à l'époque, Le cinquième élément gagne finalement à être redécouvert aujourd'hui...

 

dimanche 14 juillet 2024

Dawn of the Planet of the Apes de Matt Reeves (2014) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Alors qu'en 2011 Rise of the Planet of the Apes de Ruppert Wytatt revenait sur les origines qui constituèrent les prémices de ce qu'allait devenir l'humanité décrite dans le chef-d’œuvre de Franklin Schaffner quarante-trois ans auparavant, désormais, et grâce ou à cause du sérum ALZ-112 qui au départ fut conçu afin de soigner la maladie d'Alzheimer, les singes ont acquis une intelligence telle qu'ils se sont révoltés contre l'homme pour finir par se réfugier à la fin du récit dans la forêt de Muir, autour de César. Personnage emblématique de la franchise La planète des singes qui faisait ainsi son retour après être apparu pour la toute première fois en 1972 dans La Conquête de la planète des singes de J. Lee Thompson et ''sous les traits'' de l'acteur Roddy McDowall. Désormais remplacé par Andy Serkis qui assurera dorénavant le rôle dans les trois volets de cette seconde série de longs-métrages s'étalant entre 2011 et 2017, César vit donc auprès des siens au dehors de toute civilisation. Il n'aura pas fallut bien longtemps pour que l'humanité s'auto-anéantisse comme l'exprime assez justement l'ouverture de Dawn of the Planet of the Apes cette fois-ci réalisé par le très talentueux réalisateur, scénariste et producteur américain Matt Reeves. En effet, plus que d'avoir doté les singes d'une intelligence hors du commun, le sérum ALZ-112 semble avoir également été à l'origine d'un virus qui décima une grande partie de la population mondiale. Tandis qu'autour de César s'est développé un groupe soudé vivant de chasse et de pêche, le taux de mortalité chez l'homme a vu sa civilisation s'effondrer. Dawn of the Planet of the Apes démarre dix ans après les précédents événements. Reprendre le flambeau derrière Ruppert Wytatt n'est pas du genre à faire reculer Matt Reeves qui d'une manière générale n'a pas peur de prendre des risques. Après avoir fait sensation avec le Found-footageCloverfield en 2008, l'américain osa signer le remake de l'un des tout meilleurs films de vampires.


D'origine suédoise, Låt den Rätte Komma in de Tomas Alfredson n'avait certainement pas besoin d'être adapté à la sauce américaine et pourtant, Matt Reeves su en conserver toute la beauté et toute la profondeur en signant un Let me in tout aussi remarquable. Depuis, le réalisateur américain n'a eu de cesse que de reprendre des concepts préexistants puisqu'après cette formidable adaptation, il s'est donc attaqué à deux projets basés sur l'univers de La planète des singes en 2014 et 2017 suivis de The Batman en 2022 dont la suite risque de ne pas voir le jour avant une bonne paire d'années. On le sait désormais, Matt Reeves est un formidable metteur en scène, capable de créer des séquences visuellement étourdissantes. Dès Cloverfield et sa mise en scène caméra à l'épaule façon reportage, le spectateur était plongé au cœur d'un événement d'ampleur cataclysmique. Concernant Dawn of the Planet of the Apes qui chez nous est sorti sous le titre La planète des singes : l'affrontement, le film nous en met plein la vue. Il faut dire qu'avec un budget sept fois plus important que pour son précédent long-métrage, il eu, sur la base d'un scénario écrit par Mark Bomback, Rick Jaffa et Amanda Silver, de quoi créer un univers propre à la mythologie dont le concept reposait à l'origine sur le roman La planète des singes de l'écrivain français Pierre Boulle. Suivant la préquelle signée en 2011 par Ruppert Wyatt, et bien que cette suite situe son action dix ans plus tard, le scénario ne rejoint toujours pas le récit de l'œuvre de 1968 dont l'intrigue se situait de toute manière en 3978. Dans Dawn of the Planet of the Apes, l'homme n'est pas encore retourné à l'état sauvage et ce qu'il reste de l'humanité n'a pas encore été asservi par les singes. Regroupés dans un San Francisco en ruines, ceux qui ont survécu au virus (comparable à l'authentique orthopoxvirose simienne dont le premier cas chez l'homme fut découvert en 1970 au Zaïre à l'hôpital de Basankusu) sont désormais menés par Dreyfus (Gary Oldman), le chef de la communauté.


Plusieurs membres sont envoyés dans la forêt afin de retrouver une ancienne centrale hydraulique dans le but de la relancer afin de produire de l'électricité. Le fils de César et l'un de ses amis tombent nez à nez sur l'un des hommes du groupe (Kirk Acevedo dans le rôle de Carver), lequel, terrifié, le blesse. Débarquent alors César et des dizaines d'autres singes qui renvoient les hommes chez eux. Plus tard, Malcolm (Jason Clarke) ose braver l'interdit et retourne en forêt jusqu'à trouver le village des singes afin de demander à César l'autorisation de se rendre avec quelques coéquipiers jusqu'à la centrale afin de la relancer. Le singe accepte, mais comme dans tout bon ou mauvais film du genre, on se doute bien que le récit ne sera pas une promenade de santé. L'éternel combat entre le Bien et le Mal est encore une fois au cœur du sujet. Avec sa jolie petite brochette d'abrutis construits à l'image de l'homme (en ce sens, Kirk Acevedo remplit parfaitement son rôle), c'est donc encore une fois du côté de l'humanité que tout déraille. Car si certains comportements peuvent peu ou prou se justifier (celui de Dreyfus, chez les hommes et celui de Koba chez les singes), l'affrontement du titre devient fatalement inévitable. Et donc, bien que les scénaristes s'y soient mis à trois pour concevoir le script, rien de vraiment surprenant ne viendra altérer le récit. Une histoire d'ailleurs très écologiste dans le fond et dans la forme, avec sa poignée d'humains dont font partie Malcolm ou Ellie (Keri Russell). Aux commandes des remarquables effets-spéciaux l'on retrouve le studio Weta Digital dont les artisans avaient avant cela notamment œuvré sur la trilogie Le seigneur des anneaux de Peter Jackson, Avatar de James Cameron ou encore le premier volet de cette nouvelle trilogie, La Planète des singes : Les Origines. Visuellement, le film de Matt Reeves est techniquement remarquable. Couplé à une mise en scène qui offre parfois des séquences absolument bluffantes comme l'entrée sous le feu nourri des armes des singes en ville. Le film bat le chaud et le froid, entre ceux qui veulent la paix et ceux qui veulent au contraire déclencher la guerre. Bref, si le scénario sent parfois le réchauffé, le spectacle est bien là. En attendant un troisième volet mis en scène une fois encore par Matt Reeves, lequel enfoncera le clou en réalisant le meilleur opus de la trilogie avec La Planète des singes : Suprématie (War for the Planet of the Apes)

 

lundi 24 juin 2019

Batman Begins de Christopher Nolan (2005) - ★★★★★★★★☆☆



Pas facile d'adapter Batman, héros de Gotham City, et l'un des plus célèbres super-héros de l'univers de DC Comics. Lorsque sort sur les écrans de cinéma Batman Begins, le cinéaste britanico-américain Christopher Nolan n'est pas le premier à mettre les pieds dans le plat. Après une première tétralogie partagée entre Tim Burton et Joel Schumacher (Batman, en 1989, Batman : le Défi, en 1992, Batman Forever, en 1995 et Batman et Robin deux ans plus tard), il fallait un réalisateur de la trempe de l'auteur de Memento sorti cinq ans auparavant pour donner vie à un personnage hyper-charismatique sans tomber dans le ridicule ( le Batman et Robin de Joel Schumacher de triste mémoire). Et qui mieux encore que l'acteur Christian Bale, interprète principal et époustouflant The Machinist de Brad Anderson sorti un an auparavant pour incarner le personnage central ?

Comme son titre l'indique, Batman Begins revient tout d'abord sur les origines du mythe. De la tragédie qui endeuilla le jeune Bruce Wayne qui perdit ses deux parents lors d'un double meurtre commis par un pauvre individu, de ceux que tentait jadis de sortir de la misère le docteur Thomas Wayne (l'acteur Linus Roache), le père de Bruce. Convaincu d'être le responsable de la mort de ses deux parents (Bruce étant affublé d'une peur panique pour les chauve-souris, il contraint ce soir là sa mère et son père d'accepter de quitter une pièce de théâtre, les menant ainsi tout droit dans la ruelle où ils allaient perdre la vie), celui qui n'est encore qu'un enfant est désormais élevé par le majordome et homme de confiance des Wayne, Alfred Pennyworth (excellent Michael Caine). Lorsque quatorze ans plus tard, Bruce apprend que bientôt sera libéré l'homme qui a tué ses parents, il se rend au tribunal pour se faire justice lui-même et ainsi empêcher le criminel de recouvrer la liberté. Sermonné par son amie d'enfance Rachel Dawes (Katie Holmes), il s’exile en Asie où il vit de larcins avant d'être jeté en prison. Là-bas, il tente de survivre et se bat constamment contre certains de ses co-détenus. Mais un jour, il rencontre un individu du nom de Henri Ducart qui se charge alors de le prendre sous son aile et de le former afin de l'intégrer à ''La Ligue des Ombres'' dirigée par un certain Ra's Al Ghul. Lorsque vient le jour pour Bruce de prouver sa fidélité aux membres de la ligue, en désaccord total avec ses ambitions, il trahit Ra's Al Ghul, provoquant son décès et laissant pour mort Henri Ducart. Bruce quitte ainsi cette terre qui l'a accueilli durant un temps indéterminé, et retourne à Gotham afin de remettre de l'ordre dans une ville qui désormais est en proie à la violence et la corruption. C'est là-bas qu'il va notamment retrouver l'inspecteur Jim Gordon qui s'était occupé de l'affaire concernant le meurtre de ses parents, Lucius Fox, un inventeur de génie travaillant dans les sous-sols de l'empire Wayne, mais également Carmine Falcone, un truand qui a depuis toute ces années assis son pouvoir sur la ville...

Batman Begins évoque donc la naissance du mythe de l'homme-chauve-souris avec une classe folle. Christopher Nolan réunit un casting en béton qui, parmi les interprètes déjà cité plus haut compte également dans ses rangs, Liam Neeson (Henri Ducard / Ra's al Ghul), Gary Oldman (Jim Gordon), Morgan Freeman (Lucius Fox), Rutger Hauer ou encore Cillian Murphy dans le rôle de l'infâme docteur Crane doublé du terrifiant Épouvantail. En comparaison de la majorité des films centrant leur intrigue autour d'un ou de plusieurs héros au pouvoirs plus ou moins surnaturels, Bruce Wayne/Batman profite de l'ingéniosité du département expérimental de la société dirigée par le passé par son propre père. En effet, sans son accoutrement, Batman n'est qu'un homme comme tout le monde qui ne peut compter que sur ses muscles pour se sortir de situations périlleuses (la scène de la poutre dans la demeure des Wayne en feu). Ce qui différencie également Batman Begins des autres productions du genre, c'est la noirceur de son propos. Dans une ville pas ou peu éloignée technologiquement de ce que nous connaissons déjà, Christopher Nolan dépeint un univers pessimiste, violent, désagrégé et nocturne où la pluie tombe presque sans cesse. C'est dans cet univers extrêmement sombre que Batman va s'employer à remettre de l'ordre en ne combattant non pas UN ennemi, mais plusieurs.

Dire que Batman Begins est une franche réussite serait un euphémisme. En réalité, le film de Christopher Nolan est l'un des tout meilleurs du genre. Entre séquences de bravoure, effets-spéciaux remarquable mais jamais tape-à-l’œil, sous-intrigues fascinantes et interprétation magistrale de la part d'un casting de première classe, Batman Begins offre au spectateur, plus qu'un film de super-héros. Il s'invite dans le néo-polar, dans l'espionnage (la découverte des futurs ''gadgets'' dont se servira Batman rappelle furieusement les séquences dans lesquelles James Bond fait connaissance avec ses futures armes dans chaque épisode de la franchise), dans le drame également, avec la mort des parents de Bruce ou lorsque la demeure familiale part en fumée (deux séquences véritablement poignantes) et s'octroie même quelques passages humoristiques (la couse-poursuite en batmobile sur les toits et dans les rues sombres de Gotham) bienvenus dans ce cadre parfois éminemment austère en regard des productions du genre qui parfois s'avèrent outrageusement colorées. L’œuvre de Christopher Nolan est sans conteste un ''blockbusters''. Mais pas de ces grosses machines à fric sans âme qui n'existent que pour attirer les billets verts. Non, Batman Begins est profond, touchant, divertissant et finalement sobre vu le contexte. Une merveille... Un chef-d’œuvre... qui connaîtra deux suites, en 2008 ainsi qu'en 2012. Mais ça, c'est une autre histoire...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...