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samedi 21 décembre 2024

La folle mission du docteur Schaeffer de Theodore J.Flicker (1967) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Second long-métrage du réalisateur originaire du New Jersey Theodore J.Flicker, La folle mission du docteur Schaeffer met en scène en 1967 l'acteur James Coburn qui quelques années plus tard jouera avec des explosifs à base de nitroglycérine dans Il était une fois... la révolution de Sergio Leone, incarnera le shérif qui abattu l'un des plus célèbres hors-lal-loi de l'Ouest américain dans Pat Garrett et Billy le Kid en 1973 ou interprétera un sergent nazi dans Croix de fer de Sam Peckinpah en 1977. Mais d'ici là, il campe dans cette comédie d'espionnage insuffisamment approfondie pour pouvoir prétendre rivaliser avec un certain James Bond 007, le rôle-titre du Docteur Sidney Schaefer, un psychanalyste renommé qui va voir sa vie chamboulée dès lors qu'il est contacté par l'un de ses patients qui s'avère être un agent de la CIA chargé de lui confier la mission de s'occuper de la santé du Président des États-Unis ! Une fonction qu'il accepte sans broncher avec pour seule contrainte de devoir déménager pour s'installer dans des appartements situés au cœur même de la Maison Blanche. Un système d'alarme ayant été installé à l'intérieur, le docteur Scheaffer aura pour obligation de se rendre dans ceux du président chaque fois que celui-ci aura besoin de lui parler. La mission devient très rapidement pesante. Jour et nuit, Sidney est sans cesse contraint de se rendre auprès du président. De plus, parlant dans son sommeil, la présence de sa compagne Nan Butler (l'actrice Joan Delaney) lui est désormais refusée...


Le ton humoristique imprimé à La folle mission du docteur Schaeffer est immédiat. Et s'il n'est pas évident de rire aux éclats devant les péripéties de ce psychanalyste dont les confidences du premier homme des États-Unis attireront des agents étrangers venant d'Afrique, de Russie, d'Angleterre ou même de France, on passe un moment relativement agréable. Rien de véritablement transcendant ne se dégage pourtant de cette œuvre devant laquelle on ne s'ennuie cependant jamais vraiment. L'on y découvre que l'espionnage s'étend bien au delà de certaines institutions et que le commun des mortels, quel que soit son âge, peut cacher un espion. Tourné en pleine période Hippie, James Coburn y côtoie notamment une communauté de beatniks musiciens, et participe même à l'un de leurs concerts grimé en joueur de tambour (une prédisposition à laquelle il est rattaché d'ailleurs dès le départ avec le gong dont il fait usage dans son cabinet) lors duquel ils croiseront les ''clones'' des Beatles et des Rolling Stones...


Celles et ceux qui s'attendent à une certaine rigueur en matière d'espionnage risquent de déchanter devant La folle mission du docteur Schaeffer qui caricature surtout la chose sur un ton qui se veut enjouée tout en laissant le sentiment d'être une critique acerbe vis à vis des institutions qui nous surveillent. Ici, le monde entier à les yeux et les oreilles rivés sur nous. Le Docteur Sidney Schaefer symbolise ce sentiment d'oppression qui mène à la paranoïa à laquelle lui-même et malgré sa fonction, ne peut échapper. L'un des principaux atouts de La folle mission du docteur Schaeffer est d'y retrouver le charme de la fin des années soixante. D'emblée, on reconnaît la patte toute personnelle du compositeur et chef-d'orchestre américano-argentin Lalo Schifrin qui à quelques encablures près signe ici une partition musicale proche de celles qu'il composera une décennie plus tard notamment pour le premier volet de la franchise Dirty Harry connu chez nous sous le titre L'Inspecteur Harry (réalisé par Don Diegel). Courses-poursuite, paranoïa, espionnage mais donc également humour sont au cœur de cette folle mission du docteur Schaeffer qui sans être inoubliable permet de passer un agréable moment de détente...

 

lundi 9 août 2021

OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire de Nicolas Bedos (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avec ses plus de deux-cent cinquante romans dont un peu plus du tiers furent écrits par son créateur l'écrivain français Jean Bruce entre 1949 et 1963 avant que ne reprenne le relais son épouse Josette à sa mort puis à partir de 1987, leurs propres enfants Martine et François.... Avec ses dix-longs-métrages officiels (dont le téléfilm OSS 117 tue le taon réalisé par André Leroux en 1971 et trois autres qui ne purent utiliser le nom du fameux agent pour des raisons de droits, il est presque impossible de n'avoir jamais entendu parler de Hubert Bonisseur de La Bath. Du moins, sous son célèbre nom de code OSS 117. Né quatre avant que la plume de Ian Fleming ne donne naissance à James Bond avec Casino Royale, connaître OSS 117 est une chose, mais avoir vu ne serait-ce qu'une seule de ses adaptations cinématographiques en est une autre. Pas chauvin pour un sou, il n'y avait pas de raisons pour que je lui accorde davantage d'attention que pour l'agent 007 dont j'ai toujours volontairement ignoré l'existence jusqu'à maintenant (sauf à l'occasion de la ressortie de Moonraker de Lewis Gilbert dans le milieu des années quatre-vingt dans la capitale française. Mais ça, c'est une autre histoire...). Objectivement, à part la première heure de OSS 117 : Le Caire, nid d'espion, je ne connais du personnage que l'acteur qui l'interprète désormais officiellement depuis quinze ans. Tout ça pour dire qu'avant de venir me ''chier dans les bottes'' en invoquant le fait (bien réel) que je ne connais pas suffisamment le personnage, c'est avec l'esprit vierge de toute connaissance en ce domaine que j'ai découvert tout récemment OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire...


Un film qui, semble-t-il, n'a pas fait l'unanimité mais qui m'aura au moins appris une chose : que Nicolas Bedos, le fils de..., n'est pas QUE scénariste, écrivain et humoriste mais qu'il est également réalisateur. Et ce, depuis maintenant quatre années puisque avant le troisième volet du Reboot de la franchise OSS 117, il a lui-même réalisé Monsieur et Madame Adelman en 2017 ainsi que La Belle Epoque deux ans plus tard. Mon ''logiciel'' n'étant pas vraiment à jour, c'est donc avec un certain scepticisme non dénué d'un certain rejet (sans fondements particuliers) pour Nicolas Bedos que j'ai choisi de faire les choses à l'envers et de commencer l'aventure OSS 117 à l'envers en débutant par sa dernière adaptation. Et quelle ne fut pas ma surprise que de découvrir un long-métrage plutôt sympathique et divertissant, avec un Jean Dujardin séducteur et maladroit, en tout cas beaucoup moins ringard que les personnages de has-been qu'interprète en général Franck Dubosc. Mais surtout, ce qui semble le plus appréciable dans cet univers aseptisé dans lequel nous vivons, c'est le choix pour le réalisateur et scénariste d'avoir volontairement omis de foutre un filtre sur les dialogues. Le discours est donc cynique, avec un Jean Dujardin/OSS 117 qui en voulant bien faire les choses ne peut s'empêcher de gaffer et de révéler au fond, des vérités qu'il est de bon ton de taire.


Mais alors que Hubert Bonisseur de La Bath apparaît comme un individu macho et raciste, le film le révèle tel qu'il semble être en réalité : bourré de préjugés, et notamment sur le peuple africain. Tourné au Kenya, OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire est une relative bonne surprise même si les gags ne fonctionnent pas tous comme en témoignent des rires qui dans la salle ne résonnent pas systématiquement. Jean Dujardin cabotine beaucoup, surtout avec la gente féminine à laquelle Nicolas Bedos rend hommage à travers le personnage de Micheline Pierson qu'interprète Natacha Lindinger. Plus drôle que la moyenne des comédies françaises actuelles (suivez mon regard ===> Le dernier Mercenaire) et parfois agréablement dépaysant, on aurait pu craindre que l'arrivée de Pierre Niney et de son personnage (Serge, l'agent OSS 1001) n'étouffe quelque peu celui incarné par Jean Dujardin (surtout qu'il surjoue lors de sa première apparition) mais tout va bien, chacun restant bien à sa place. À côté des deux agents secrets, on retrouve notamment l'actrice franco-sénégalaise Fatou N'Diaye ainsi que le regretté Wladimir Yordanoff qui nous a quitté l'année dernière et interprétait là son dernier rôle au cinéma. Entre film d'aventures, espionnage et comédie ''noire'', OSS 117 : Alerte rouge en Afrique est la promesse d'un long moment de détente. Après, pas sûr que l'on ressente l'envie ou le besoin de le revoir une seconde fois...

 

dimanche 4 juillet 2021

Blow Out de Brian De Palma (1981) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Témoin de ce qui semble être un accident de voiture, le preneur de son Jack Terry qui était en train d'enregistrer des bruits dans un environnement naturel se jette dans le lit d'une rivière alors qu'un véhicule est en train de s'enfoncer dans ses eaux profondes. Il en extrait Sally Badina, jeune et jolie call-girl qu'il transporte ensuite à l’hôpital. Là-bas, c'est l'effervescence. En effet, Sally était la passagère d'un véhicule conduit par un gouverneur de Pennsylvanie dont le corps sans vie a été transféré à l’hôpital. L'annonce fait grand bruit mais les médias ignorent encore qu'il était accompagné de la jeune prostituée. Cependant, des hommes proches du gouvernement s'intéressent à Jack et lui demandent de bien vouloir taire cette information connue de lui seul. Le jeune homme finit par accepter mais de retour chez lui, et après avoir consciencieusement écouté les enregistrements qu'il a effectué, il découvre que l'accident n'en était peut-être pas un. En effet, en tendant l'oreille, il distingue ce qui semble être un coup de feu précédent l'éclatement de l'un des pneus de la voiture. Jack décide alors de mener l'enquête... Certains considèrent Blow Out comme le meilleur film de Brian De Palma quand d'autres peuvent lui préférer Pulsions, Scarface ou Mission Impossible. Remake du Blow-Up de Michelangelo Antonioni dans lequel le personnage principal incarné par David Hemmings n'était non pas preneur de son mais photographe et inspiré par Conversation secrète de Francis Ford Coppola dont le héros, l'acteur Gene Hackman interprétait le personnage du détective Harry Caul, Blow Out est très objectivement, un excellent film.


Le scénario, écrit par le réalisateur lui-même ainsi que par Bill Mesce Jr. est un petit bijou qui réserve une multitude de surprises. Film d'espionnage, thriller, romance, Brian De Palma y relate le mensonge et la manipulation sous toutes leurs coutures... Des twists par ''dizaines'' et une œuvre qui n'est tendre ni avec les uns, ni avec les autres. Le gouvernement et les médias sont en première ligne, mais pas seulement eux puisque la délicieuse pomme qu'aimerait croquer le héros interprété par John Travolta semble quelque peu pourrie. Car on se rendra compte plus tard que tout ce qui semblait être né du hasard n'est en fait que le fruit de multiples circonstances volontaires. Nancy Allen interprète la charmante Sally Badina six ans avant d'être la coéquipière de Peter Weller dans le classique de la science-fiction Robocop de Paul Verhoeven. Et l'on découvre alors par exemple qu'elle et le photographe Manny karp (excellent Dennis Franz) fomentèrent un coup visant à faire chanter le gouverneur décédé dans l'accident. Exemple de révélation qui se répète à diverses reprises lors d'un récit où le personnage de Jack Terry utilise ses compétences afin de révéler toute la vérité, au péril même de sa propre existence et de celle de Sally. Naissent de celles-ci, des séquences passionnantes, tel le montage vidéo fait à partir de photographies de l'accident publiées et découpées dans un magasine couplées aux enregistrements effectués par le preneur du son au même moment.


On retrouve l'emploi de techniques chères à Brian De Palma comme le split-Screen ou un superbe plan-séquence filmé en travelling circulaire. Trois ans après avoir mis un terme à la discrète passion qui animait les personnages interprétés par Kirk Douglas et Carrie Snodgress dans Fury, Brian De Palma s'acharne une fois de plus à contrarier les amours de ses héros lors d'un final tragique et bouleversant. D'ici là, Blow Out investit toutes les strates de la manipulation gouvernementale dans un thriller d'espionnage politique intense, ultra divertissant, avec un John Travolta qui avant ça avait surtout marqué les esprits pour son double-rôle de Tony et Daniel dans La Fièvre du samedi soir de John Badham et Grease de Randal Kleiser, une Nancy Allen craquante à souhait et un John Lithgow déjà observé dans Obsession de Brian De Palma cinq ans auparavant et qui dans le cas présent interprète un tueur engagé pour se débarrasser de la jeune Sally. Blow Out, c'est aussi un amour inconditionnel du réalisateur pour le cinéma. Comme il le fera plus tard avec Body Double, Brian De Palma ouvre les hostilités en filmant la séquence pré-générique d'un slasher de catégorie Z pour lequel son personnage principal est engagé comme preneur de son et bruiteur. Un classique du septième art...

 

mardi 9 juin 2020

OSS 117 se Déchaîne d'André Hunebelle (1963) - ★★★★★★★☆☆☆



Le personnage de OSS 117 est né de la plume de l'écrivain français Jean Bruce en août 1941. De son vrai nom Hubert Bonisseur de La Bath, il est agent secret. Il travaille tout d'abord pour l'OSS (Office of Strategic Services) avant d'entrer plus tard dans la CIA ( Central Intelligence Agency). Si l'on ne tient compte que des œuvres écrites par Jean Bruce lui-même, elles totalisent le nombre de quatre-vingt huit romans. Mais si l'on y ajoute le nombre vertigineux de 167 ouvrages écrits par plusieurs membres de sa famille à la suite de son décès, le nombre total de romans ayant pour vedette le personnage d'OSS 117 culmine à 255 !!! avec un tel héritage littéraire laissé derrière lui, l’œuvre de Jean Bruce ne pouvait pas raisonnablement laisser indifférent le septième art qui à partir de 1957 s'est lancé dans une série de projets cinématographiques. Le premier d'entre eux, réalisé par Jean Sacha est incarné par l'acteur Ivan Desny dont il s'agira de sa seule participation à la franchise. La suite, c'est le réalisateur André Hunebelle qui s'en chargera en réalisant pas moins de quatre longs-métrages mettant en scène Hubert Bonisseur de La Bath entre 1963 et 1968. À noter qu'entre le troisième et le quatrième d'entre eux, un épisode sera également tourné sous la houlette de Michel Boisrond en 1966...

OSS 117 se Déchaîne est donc le premier film d'André Hunebelle consacré au célèbre espion américain dont la famille est française d'origine. Situé dans le sud de la France, en Corse ainsi qu'à Nice, l'intrigue tourne autour de la mort d'un agent secret de l'OSS. William Roos (l'acteur français Jacques Harden). Est envoyé sur place pour enquêter, Hubert Bonisseur de La Bath alias OSS 117. Là-bas, il fait notamment la connaissance de la suédoise Lucia qui depuis trois mois est à la colle avec Nicolas Renotte. En enquêtant parmi une bande de truands, OSS 117 découvre bientôt l'existence d'une grotte à l'intérieur de laquelle, une organisation se charge d'installer un système de détection de sous-marins dont l'usage pourrait avoir des conséquences lourdes sur la planète au moment même où sévit la guerre froide. C'est sans doute pour cette raison que William Roos a été tué pour avoir eu la curiosité de s'en approcher. Et c'est sans doute pour ne pas rencontrer de problèmes avec le Milieu que Nicolas Renotte choisi de mentir lorsqu'il est interrogé, et par la police, et par OSS 117...

Tourné en noir et blanc en 1963, OSS 117 se Déchaîne est le vingt-quatrième long-métrage du réalisateur français André Hunebelle. Lui qui tourna notamment auprès de Jean Marais (Le Bossu, Le Capitan) et de Louis de Funès (Taxi Roulotte et Corrida) avant de les réunir dès 1964 pour la fameuse trilogie Fantômas, lui qui termina quasiment sa carrière aux côtés des Charlots en réalisant auprès d'eux et coup sur coup Les quatre Charlots Mousquetaires et Les Charlots en folie : À nous Quatre Cardinal! en 1974, s'est donc attelé dès 1963 à réaliser quatre longs-métrages consacrés au célèbre espion créé par Jean Bruce. Dans cette première aventure au titre légèrement trompeur (si pour OSS 117 se ''déchaîner'' signifie donner quelques gifles et coups de pieds, alors nous sommes d'accord. Autrement...), il offre à ses interprètes un voyage dans le sud de la France. Des paysages de rêves pour une intrigue semant les morts avec une régularité de métronome. Peu avare, le réalisateur et le scénario qu'il écrivit à huit mains en compagnie de Pierre Foucaud, Richard Caron et Patrice Rondard, inspirés par le roman OSS 117 prend le maquis de Jean Bruce font la part belle aux bagarres et aux règlements de compte. Séducteur invétéré, Hubert Bonisseur de La Bath passe son temps libre à courir le jupon.

Et parmi ceux-ci, celui de la délicieuse Irina Demick, actrice française qui incarne le rôle de la suédoise Lucia. Parfois irritant, surtout dans la première partie où dès qu'il aperçoit une femme il ne peut s'empêcher de la séduire, OSS 117 calme cependant le jeu en cours de route et se concentre sur l'essentiel. Alors que le tout premier James Bond est sorti un an auparavant, le personnage campé par l'acteur américain Kerwin Mathews ne fait pas tout à fait le poids. Ce qui n'empêchera absolument pas le spectateur de le trouver charmant et sympathique. Le long-métrage, malgré son statut de film d'espionnage, ne dénigre jamais un humour qui transpire dans nombre de séquences. En dehors de l'interprète principal et de la charmante actrice qui le colle à partir de la seconde moitié du récit, les spectateurs remarqueront la présence de quelques très intéressantes ''gueules'' du cinéma français, telle celle du chilien Daniel Emilfork que l'on découvrira beaucoup plus tard chez Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro (La Cité des Enfants Perdus en 1995), de Henri-Jacques Huet dans le rôle de Nicolas Renotte, ou encore de Henri Attal dans la peau de Manuel, l'homme de main. Pour une première incartade d'André Hunebelle dans l''univers d'OSS 117, OSS 117 se Déchaîne est une très bonne surprise, fraîche (pour l'époque) et surtout relativement divertissante...

vendredi 13 septembre 2019

Anna de Luc Besson (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆



Anna veut quitter cette vie misérable, celle qu'elle a toujours connue. Mais alors qu'elle a choisi d'en finir en se tailladant le poignet, elle reçoit une étrange proposition de la part d'un membre du KGB. Formée par Alexander Tchenkov, Anna va apprendre l'art du combat, du maniement des armes et de l'espionnage pour son nouvel employeur. Camouflée derrière sa couverture de mannequin, la jeune femme semble jouer un double-rôle. Et peut-être même davantage...
Je ne pensais pas avoir à le dire un jour mais Anna, le dernier long-métrage du cinéaste français Luc Besson est sans doute son meilleur depuis... Léon, en 1994. Autant dire qu'il remonte à loin le temps où la seule évocation de son nom n'était pas encore l'objet de tous les quolibets, de toutes les railleries. Sans doute à jamais tourné en dérision à cause de ses choix artistiques absolument grotesques (Au hasard, les récents Lucy et Valérian et la Cité des Mille Planètes), Luc Besson n'a jamais été que l'auteur de quelques sympathiques pellicules du fin fond des âges de son métier de cinéaste (Ahhh, Subway...), et pourtant, comme un soubresaut inespéré, d'abord contrecarré par une bande-annonce désastreuse compilant en seulement quelques minutes une œuvre qui apparaissait alors comme une pâle copie de Nikita, émerge au final une assez belle surprise. Car si le scénario de Luc Besson ne brille pas toujours par son originalité, le réalisateur français sait y faire en matière de mise en scène.

Et de découpage d'ailleurs puisque plutôt que d'emmener le spectateur d'un point A à un point B en ligne droite, Luc Besson prend des détours, explose la chronologie à travers d'incessants retours en arrière qui participent à l'élaboration d'un récit sinon linéaire, mais demeurant du moins fort élémentaire. Le spectateur ne sera jamais noyé sous une tonne d'informations. À dire vrai, il aura sans doute fallut à Luc Besson de répartir les pièces du puzzle dans un ordre antéchronologique, la seule réflexion concernant alors la logique des événements ainsi que leur déroulement à l'écran. Et c'est bien là que Anna tire son épingle du jeu par rapport à Nikita dont la comparaison demeure inévitable. Plusieurs choix s'imposent : soit Luc Besson a perdu la mémoire, soit il a volontairement choisi de remettre à neuf le scénario de l'un de ses meilleurs films en mode 2.0. Ou peut-être a-t-il été simplement en manque d'inspiration, toujours est-il que sa dernière œuvre, surtout durant la première moitié, ressemble exagérément au long-métrage qui mettait à l'époque en vedette Anne Parillaud et Tchéky Karyo. Mais Anna permet surtout de remarquer à quel point sous certains aspects, Nikita a vieilli.

Autour de la délicieuse actrice et mannequin russe Sasha Luss, Luc Besson réunit quelques figures notables du septième art : à commencer par la britannique Helen Mirren qui sous les traits d'une dirigeante du KGB prénommée Olga est parfaitement crédible. Et puis, il y a d'un côté l'agent de la CIA et amant américain d'Anna, Lenny Miller, incarné par l'acteur Cillian Murphy qui joua notamment l'effrayant Dr Jonathan Crane dans l'excellent Batman Begins de Christopher Nolan, et de l'autre, l'acteur Luke Evans qui lui, interprète le personnage d'Alexander Tchenkov, l'autre amant de l'héroïne et formateur de la jeune femme pour le compte du KGB. Il aura sans doute été salvateur pour Luc Besson de travailler avec un budget éminemment moins important que celui de l’infâme Valérian et la Cité des Mille Planètes puisque Anna n'aura coûté ''que'' trente millions d'euros. Film d'action, d'espionnage et thriller, Luc Besson semble y avoir digéré tout un courant du cinéma asiatique et notamment philippin, indonésien ou sud-coréen au travers de combats chorégraphiés au millimètre et dont la séquence se déroulant dans un restaurant deviendra peut-être un jour, espérons-le pour les chorégraphes, le réalisateur et son actrice, un classique du genre. En espérant que pour ses (presque) débuts au cinéma, l'actrice Sasha Luss prendra un virage différent de celui entreprit par l'ancienne compagne et égérie du cinéaste, Milla Jovovich, qui s'est corrompue dans tout un tas de navets (l'adaptation cinématographique du jeu vidéo Resident Evil et consorts...). C'est tout le bien que l'on peut lui souhaiter. Quant à Luc Besson, si Anna est loin d'être le film de la rédemption, le spectateur avouera pouvoir encore espérer un miracle de la part d'un cinéaste qui s'est trop souvent laissé aller à ses rêves de gamin...

samedi 3 août 2019

Imperium de Daniel Ragussis (2016) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



La signification du mot Imperium remonte à l'époque de la Rome Antique et signifie le pouvoir absolu détenu par l'empereur. Dans le cas présent, l'emploi de ce terme dans le titre du premier long-métrage de Daniel Ragussis, producteur et auteur avant ça de plusieurs courts-métrages, signifie celui de la race blanche dite aryenne et s'avère être le titre d'un ouvrage sur lequel travaillera le jeune agent du FBI Nate Foster afin d''intégrer un groupuscule néo-nazi constitué de suprémacistes blancs. D'abord réticent, le jeune homme accepte cette périlleuse mission mais doit d'abord apprendre à se comporter tel l'un de ses membres. C'est donc aux côtés de l'agent Angela Zamparo (l'actrice Toni Collette) qu'il va inlassablement répéter des phrases par cœur constituant le parcours personnel et fictif du personnage qu'il devra incarner auprès de ses futurs et nouveaux ''compagnons''...

Les films traitant du néo-nazisme sous toutes ses formes sont légions, mais ceux qui abordent ce délicat sujet sous un angle véritablement sérieux sont plus rares. À titre d'exemple, on pense notamment à American History X de Tony Kaye réalisé en 1998, ou à La Main Droite du Diable de Costas Gavras qui lui, traitait plus spécifiquement d'une formation d'extrême-droite parmi des paysans du Midwest apparentée au célèbre Ku Kux Klan (KKK). Imperium semble donc être à ce jour le dernier long-métrage à oser s'attaquer à un sujet particulièrement sulfureux. Pourtant, plutôt que le brûlot auquel le public aurait pu s'attendre, le film de Daniel Ragussis, dont le réalisateur a signé l'écriture du scénario en compagnie de Michael German, est loin d'être aussi passionnant et dérangeant qu'il aurait dû être. Sans doute le réalisateur aurait-il dû commencer sa carrière en optant pour un sujet moins fort et plus simple à mettre en scène car Imperium est perclus de défauts rédhibitoires.

Si l'emploi de Daniel Radcliffe dans le rôle principal n'est pas une mauvais idée en soit, l'acteur ne semble pas encore véritablement taillé pour interpréter ce genre de personnage. Et le fait qu'il ait rasé son crâne ou qu'il porte assez bien le ''costume'' du néo-nazi n'y change rien. Mais la faute n'est très certainement pas à mettre sur le dos de l'acteur rendu célèbre pour son rôle éponyme de Harry Potter. L'acteur qui s'est depuis affranchi de ce personnage pour interpréter des individus qui sortent parfois de l'ordinaire (il incarne le Diable dans Horns d'Alexandre Aja et un cadavre ''pétomane'' durant l'intégralité de Swiss Army Man de Dan Kwan et Daniel Scheinert) a beau donner du cœur à l'ouvrage, on a du mal à croire à cette histoire apparemment tirée d'un fait divers réel dans laquelle son personnage intègre donc un groupuscule néo-nazi afin de contrer un plan visant à fabriquer une bombe radioaxtive. D'abord, et cela n'a par contre rien à voir avec les éventuels défauts de la mise en scène ou de l'interprétation, mais Imperium s'avérera sans doute plus confortable à découvrir dans sa langue originale car le doublage effectué sur les principaux protagonistes Daniel Radcliffe et Toni Collette est tout simplement désastreux. Simon Praat et Isabelle Bechstein possèdent un timbre insupportable qui empêchent le spectateur de s'immerger totalement dans le récit.

Un récit qui d'ailleurs manque de profondeur (mon dieu, ce que le scénario peut être simpliste !!!) et qui dénote de l'incapacité du réalisateur à diriger ses interprètes malgré la fatuité du scénario. De plus, et là encore, le problème n'est pas à mettre sur le compte de Daniel Radcliffe, mais divers éléments empêchent de croire à ce récit. À commencer par le peu de charisme du personnage de Nate Foster. Un gringalet, peu sûr de lui, tremblant chaque fois que lui en est donnée l'occasion, incapable de montrer la moindre assurance, bref, le genre de responsabilité qu'on verrait plutôt confiée à un homme d'expérience. De plus, son intégration parmi les membres de suprémacistes blancs s'effectue de manière beaucoup trop rapide et irréaliste alors qu'il semble honorable d'imaginer qu'il lui faudrait passer des tests afin de montrer son engagement envers eux. Non, quelques phrases prononcées lors de sa première rencontre avec l'un des chefs du groupuscule suffiront malgré la méfiance de l'un d'eux. D'ailleurs, à propos de méfiance, alors que tout semble joué pour le héros, apparemment ''découvert'' par le membre d'un second groupuscule, Nate Foster s'en sort miraculeusement grâce à une pirouette absolument invraisemblable. Le genre dont il bénéficie d'ailleurs à plusieurs occasions, le film frôlant ainsi parfois le ridicule. Du piètre intérêt qu'offre Imperium demeure pourtant une certaine vision des groupuscules néo-nazi. À part cela, le film de Daniel Ragussis est absolument indigeste...

mercredi 24 juillet 2019

Kingsman : Le Cercle d'or de Matthew Vaughn (2017) - ★★★★★★★☆☆☆



C'est avec une certaine appréhension que je me lançais juste après la projection de Kingsman: The Secret Service de Matthew Vaughn, dans celle de Kingsman : Le Cercle d'or, la suite réalisée deux ans plus tard en 2017. Une appréhension liée à la disparition des personnages de Harry Hart et Richmond Valentine tout deux respectivement interprétés par Colin Firth et Samuel L. Jackson. Si j'apprenais assez rapidement que le premier allait heureusement refaire surface tandis que le second faisait définitivement partie de passé (en dehors de quelques flash-back issus d'images tirées du premier film), la présence de Taron Egerton s'avérait rassurante (l'acteur refusera cependant d'apparaître dans le troisième volet des aventures de Eggsy prévu pour l'année 2022, The King's Man : Première Mission). Par contre, le reste du casting pourrait faire pencher la balance du mauvais côté en prenant des allures de foire d'empoigne où chacun aurait le réflexe de tirer la couverture à lui : Julianne Moore, Halle Berry, Elton John (!!!), Jeff Bridge, Emily Watson et j'en passe... auraient pu ruiner tout l'intérêt de cette séquelle en se donnant du coude... Alors, que vaut Kingsman : Le Cercle d'or comparé au brillantissime premier volet ?

Tout d'abord, que l'on se rassure : Matthew Vaughn est toujours aux commandes de cette suite tandis qu'il s'est une fois de plus chargé d'écrire le scénario auprès de la fidèle écrivaine, animatrice de télévision et scénariste britannique Jane Goldman qui a travaillé auprès du réalisateur sur à peu près tous ses films. On retrouve également à l'écran, le charismatique Mark Strong qui interprétait déjà le personnage de Merlin et Sophie Cookson qui elle, campait une Roxanne plutôt discrète. Désormais, le cinéaste transporte son équipe jusqu'aux États-Unis où les personnages vont faire connaissance avec leurs homologues américains connus sous le nom de Statesmen mais également en Italie et au Cambodge. Pour pallier à l'absence du milliardaire mégalomane divinement incarné par Samuel L. Jackson dans Kingsman: The Secret Service, Matthew Vaughn engage Julianne Moore pour interpréter le personnage de Poppy Adams, chef du plus grand réseau de drogue au monde.

Un grand coup de balai dans le film d'espionnage ''à la Papa''.

Kingsman : Le Cercle d'or parvient-il a maintenir cet essentiel rajeunissement d'un genre qui faisait tout ou partie de l'intérêt du premier long-métrage de la franchise ? Sans aucun doute, oui, et ce, même si l'effet de surprise est désormais atténué. Car en réalité, on peut désormais se demander où se situe l'intérêt de cette séquelle qui ne fait que prolonger la thématique de l'épisode précédent sans apporter une plus-value assez forte pour faire oublier Kingsman: The Secret Service. Question scénario, on ne peut pas dire que Matthew Vaughn et Jane Goldman se soient foulés puisqu'ils ne font que reproduire celui du premier long-métrage en l'augmentant de toute une série de séquences à effets-spéciaux malheureusement pas toujours convaincantes. Ce qui manque tout d'abord dans cette séquelle, c'est le charme britannique de Colin Forth qui, ''revenu d'entre les morts'' a perdu de sa superbe, surtout que durant une bonne partie des deux heures et vingt et une minutes que dure Kingsman : Le Cercle d'or, l'action se situe sur le territoire américain. On assiste donc ici à une version 2.0 moins subtile dans laquelle le flegme britannique et les parapluies ont laissé place aux winchesters et aux lassos.

Mais attention, Kingsman : Le Cercle d'or n'est pas le film médiocre que pourraient le laisser prétendre les quelques phrases ci-dessus. Non content de s'offrir un casting presque flambant neuf et d'excellente facture, Matthew Vaughn réactualise son œuvre précédente et y intègre de nouvelles séquences de combats magistralement orchestrées. Bien que la durée de ce second opus soit presque égale à celle du premier, il arrive que l'on s'y ennuie à quelques occasions. Moins rythmé mais diablement mis en scène, les scènes de bravoures sont bluffantes. Qu'il s'agisse de celle à bord du téléphérique ou de l'incroyable séquence du siège situé au Cambodge, le spectateur en a pour son argent. Quant à l'humour, qui est indissociable du phénomène Kingsman, il demeure présent pour notre plus grand bonheur. Au final, si Kingsman : Le Cercle d'or n'innove jamais vraiment en comparaison de l'épisode précédent (même si les technologies employées par les protagonistes et les antagonistes ont fait un bond de géant en l'espace de deux ans), il demeure ce qui se fait de mieux dans le domaine de l'espionnage et renouvelle perpétuellement le genre. C'est avec fébrilité qu'il faudra donc patienter trois ans encore avant de pouvoir découvrir les troisièmes aventures des Kingsmen en espérant tout de même cette fois-ci que l'action s'appuiera davantage vers un certain esprit britannique comme ce fut le cas lors du premier volet...

lundi 22 juillet 2019

Kingsman: The Secret Service de Matthew Vaughn (2015) - ★★★★★★★★★☆



A certains égards, il arrive parfois que la frontière qui définit la collaboration entre différentes nations ayant participé à un même long-métrage soit floue. Dans le cas présent, elle n'a jamais été aussi clairement définie. Après notamment Kick-Ass en 2010 et X-men : le Commencement l'année suivante, le réalisateur britannique Matthew Vaughn revenait en 2015 avec les premières aventures de Gary « Eggsy » Unwin, tout jeune homme issu des quartiers défavorisés de Londres, en Angleterre. C'est là-bas qu'il vit auprès de ses rares amis, de sa mère, son frère, et son beau-père alcoolique et violent. Sans emploi et prêt à faire les cent coups, Eggsy se retrouve au commissariat après avoir pris la fuite au volant d'une voiture volée. Depuis que tout petit, il a reçu des mains d'un ancien ami et collègue de travail de son père mort en mission alors qu'il était employé pour l'agence d'espionnage Kingsman, une médaille, le jeune homme en profite pour composer le numéro de téléphone inscrit à l'arrière de celle-ci. Un numéro que l'homme qui lui confia lui avait conseillé de composer le jour où il en aurait réellement besoin. C'est ainsi que dix-sept ans plus tard, et alors qu'un membre de Kingsman vient de mourir, Eggsy fait la connaissance de Harry. Celui-là même qui lui offrit la médaille. Prenant le jeune homme sous son aile, il va l'imposer lors de la sélection obligatoire qui veut que chaque membre de l'agence ayant perdu la vie soit remplacé par une jeune recrue...

Ce premier Kingsman intitulé Kingsman: The Secret Service, et donc sorti il y a quatre ans en arrière, est sans doute dans cette forme d'hybridation qui mêle action, espionnage et blockbuster, ce qui se fait de mieux. De plus scénarisé, de plus divertissant, de mieux interprété et scrupuleusement mis en scène. Impossible en effet de rester de marbre devant ces aventures qui réunissent un casting impeccable. Jugez plutôt : les acteurs britanniques Colin Firth dans le rôle de Harry Hart, Taron Egerton dans celui-ci de Gary « Eggsy » Unwin, Mark Strong incarnant Merlin, ou encore l'immense Michael Caine dans la peau d'Arthur, le grand patron de la société Kingsman. Et parmi eux, le tout aussi prestigieux acteur américain Samuel L. Jackson (nanti d'une casquette de rappeur vissée sur le crâne et d'un ''sssseuveux'' sur la langue). Sans oublier les petites touches féminines personnifiées à l'écran par l'anglaise Sophie Cookson qui interprète ici Roxanne "Roxy" Morton et par la franco-algérienne Sofia Boutella que l'on verra par la suite dans Star Trek : Sans Limites en 2016 ou dans Climax de Gaspar Noé l'année dernière...

Film d'espionnage contenant tous les codes inhérents au genre (armement, flegme britannique, costumes taillés sur mesure, action), Kingsman: The Secret Service est surtout un formidable spectacle mené tambour battant par un Matthew Vaughn qui maîtrise parfaitement la bête, adaptant le scénario qu'il écrivit à quatre mains aux côtés de Jane Goldman et inspiré du comic book The Secret Service de Dave Gibbons et Mark Millar. Personnages attachants, nombreuses séquences survoltées, appuyées par la formidable partition musicale composée par Henry Jackman et Matthew Margeson. C'est à la naissance d'un héros à l'ancienne, sans pouvoirs surnaturels qu'il est question pour le spectateur d'assister. Une œuvre formatée pour devenir un blockbuster mais qui contrairement à beaucoup d'autres ne mise pas tout sur ses effets-spéciaux. Ici, c'est plutôt sur les relations qu'entretiennent les différents personnages auquel s'est attaché le réalisateur. Impossible de rester indifférent à Harry, à Eggsy, à Merlin, Roxy, et même, dans un certain sens, à Richmond Valentine, cet excentrique milliardaire américain qui sur un postulat à l'origine fort honorable, a choisi de se lancer dans un projet mégalomaniaque et génocidaire à l'échelle de la planète.

Sous ses dehors de pur divertissement, Kingsman: The Secret Service oppose également des milieux sociaux s'opposant de manière absolument écrasante. Entre la vie ''crasse'' d'un Eggsy pas encore ''Kingsmanisé'' et un Richmond Valentine vivant dans une extravagante opulence, le film démontre le perpétuel combat entre le Bien et le Mal, ce dernier étant relativement bien retranscrit à travers ce personnage de milliardaire américain auquel tous les pouvoirs sont acquis. Ce que le spectateur retiendra également de cet effarant spectacle aussi délirant qu'inventif, ce sont ces combats chorégraphiés au cordeau d'une classe absolue. La magie du cinéma tient ici dans le placement de LA ou LES caméras. Dans ce choix presque interactif de placer à quelques occasions les spectateurs en mode First Person Shooter pour un confort ultime et au cœur du conflit. Parfois, l'on y songe : lorsque nous reviennent en tête ces purs moment de plaisir coupables venus d'Asie, combats à mains nues et destructions de décors à l'appui, devant ces réjouissantes aventures de Harry, Eggsy et toute la clique, on aurait presque le honteux désir de hurler que les sud-coréens, les philippins ou les japonais peuvent aller se rhabiller. Kingsman: The Secret Service atteint la quintessence en matière de film d'action. Ceux qui baillent devant James Bond mais rêvent de découvrir un vrai bon film d'espionnage, mais assez léger pour ne pas se montrer rébarbatif, peuvent d'ors et déjà se rassurer : une séquelle est sortie sous le titre Kingsman : Le Cercle d'or deux ans plus tard histoire de faire durer le plaisir. En espérant voir débouler un jour les troisièmes aventures de Gary « Eggsy » Unwin sur grand écran...
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