Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Francis Veber. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Francis Veber. Afficher tous les articles

mercredi 30 mars 2022

La doublure de Francis Veber (2005) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Si jusqu'à présent le personnage de François Perrin n'est pas réapparu depuis Le jaguar de son créateur Francis Veber en 1996, François Pignon, lui, a continué son petit bonhomme de chemin jusqu'en 2014. Dernière œuvre en date : la version théâtrale du Placard dans lequel l'acteur et humoriste Élie Semoun reprenait le rôle qu'interprétait douze ans en arrière en 2001 Daniel Auteuil. Avant cela, Gérard Jugnot interpréta le personnage en 2012 dans la pièce Cher Trésor alors que quatre ans auparavant, nous découvrions le remake de L'emmerdeur, Jacques Brel y étant remplacé par Patrick Timsit et Lino Ventura par Richard Berry. Malgré tout le bien que l'on peut penser de ces nouveaux interprètes de François Pignon et de Ralf Milan, la comparaison entre l’œuvre originale de 1973 et cette nouvelle version relativement navrante s'arrête là ! Encore un peu plus tôt dans le temps, en 2005, Francis Veber imaginait remettre le couvert pour la septième fois après la pièce Le contrat, la version de L'emmerdeur réalisée par d’Édouard Molinaro, Les compères, Les fugitifs, Le dîner de cons et Le placard en mettant cette fois-ci en scène non plus Jacques Brel, Pierre Richard, Jacques Villeret ou Daniel Auteuil mais... l'humoriste Gad Elmaleh. Devenu très populaire en France à l'époque grâce à ses One-Man-Show et le film de Merzak Allouache Chouchou, les téléspectateurs et amateurs de cinéma français bouffaient à l'époque du Gad Elmaleh au petit déjeuner, au déjeuner ainsi qu'au dîner. Il était donc apparemment logique dans l'esprit de Francis Veber de lui offrir le rôle de François Pignon dans son nouveau long-métrage daté de 2005...


Un choix plus ou moins absurde si l'on tient compte des différentes incarnations passées et à venir du personnage. Loin d'égaler notre Pierre Richard national ou même Jacques Villeret, Gad Elmaleh s'offrait tout de même ainsi l'opportunité d'entrer dans la légende de l'un des François les plus célèbres du cinéma hexagonal. Que l'on apprécie ou non les facéties de Dany Boon, le voir apparaître en meilleur ami de François Pignon et donc au second plan nous ferait presque regretter que le rôle ne lui ai pas été offert plutôt qu'à un Gad Elmaleh rigide, voire inexpressif. C'est à se demander si ce dernier fut habité par le personnage auquel le réalisateur et scénariste à taillé un costard ou s'il fut tout simplement incapable d'exprimer à l'écran la moindre émotion. À sa décharge, nous évoquerons sans doute ces tenues ridicules que son personnage endosse et qui participent de la caractérisation de cette nouvelle cuvée estampillée ''François Pignon''. Personnalité étriquée mais néanmoins attachante qui sans doute incarnée par Dany Boon aurait pris un visage bien différent. Comme il est en outre étonnant de découvrir Daniel Auteuil dans un rôle qui probablement aurait parfaitement sied à Richard Berry qui comme Dany Boon se retrouve au second plan. Face à ces quatre bonshommes, deux actrices de taille. Tout d'abord Kristin Scott Thomas, cette britannique naturalisée française au charme fou, interprétant l'épouse de Pierre Levasseur (Daniel Auteuil) qu'elle soupçonne de la tromper avec Elena Simonsen, sublime mannequin qu'interprète quant à elle la magnifique Alice Taglioni...


Pris en photos ''la main dans le sac'', Levasseur et sa maîtresse ont eu heureusement pour eux, la chance de poser involontairement aux côtés de François Pignon qui passait par là par hasard. L'occasion pour le chef d'entreprise de faire croire à sa femme que la jeune mannequin n'était pas avec lui mais avec cet inconnu... La doublure, c'est donc François Pignon qui contre la promesse de se voir offrir une rondelette somme d'argent qu'il pourra donner à celle qu'il aime et qui en a besoin (la charmante Virginie Ledoyen), accepte d'accueillir chez lui la belle Elena. Faisant ainsi croire qu'ils s'aiment et vivent ensemble... si le synopsis est plutôt séduisant, le résultat n'est vraiment pas à la hauteur de ce qu'à réalisé et écrit jusque là Francis Veber. Un réalisateur et scénariste qui, fut un temps, privilégia la mise en scène et l'interprétation (L'emmerdeur) ou l'écriture (Le dîner de cons), mais qui dans le cas de La doublure dérive quelque peu et signe une comédie relativement banale. On appréciera tout de même la beauté de ses interprètes féminines, la présence de Michel Jonasz dans le rôle d'André Pignon, le père de François, ou encore celle de Michel Aumont dans celui du médecin un peu ''perché'' et père d’Émilie qu'interprète Virginie Ledoyen. Comme de coutume chez Francis Veber, les fans du réalisateur retrouveront quelques têtes bien connues de son cinéma. Quant à la musique, elle est signée d'Alexandre Desplat dont la carrière de compositeur pour le cinéma s'est accélérée depuis le début des années quatre-vingt dix...

 

lundi 28 mars 2022

Le jaguar de Francis Veber (1996) - ★★★★★★★☆☆☆

 


Après avoir fait un passage vers les États-Unis le temps de deux longs-métrages (le remake des Fugitifs, Three Fugitives ainsi que Sur la corde raide), le réalisateur et scénariste français Francis Veber est revenu à ses premières amours en remettant en scène l'un de ses deux personnages les plus iconiques, François Perrin. Après Pierre Richard (le diptyque du Grand Blond, Le jouet, On aura tout vu et La chèvre), Patrick Dewaere (Coup de tête) et Jean-Pierre Marielle (Cause toujours... tu m'intéresses), c'est au tour de Patrick Bruel de jouer le jeu. Loin d'incarner le héros gaffeur cher à Pierre Richard, ce nouveau venu dans la famille Veber interprète un François Perrin aux abois. Poursuivi par les hommes de mains d'un certain Matecamu (incarné par l'acteur François Perrot) qui a racheté sa dette se montant à cinq-cent mille francs ! On retrouve d'ailleurs lors de cette dernière apparition de François Perrin au cinéma, une autre des nombreuses créations de personnages du cinéaste en la personne de Campana. Celui-là même qu'interprétait quinze ans avant Le jaguar un certain... Gérard Depardieu dans La chèvre. Même nom mais profession différente puisque l'on passe là du détective privé qui partait à la recherche de la fille du PDG d'une grande entreprise en compagnie du comptable malchanceux François Perrin, à l'interprète d'un chef indien d'Amazonie prénommé Wanù. L'acteur qui l'incarne et qui contre toute attente n'est pas d'origine indienne mais bien un acteur français, n'a malheureusement pas fait de grande carrière au cinéma. En effet, à part quatre téléfilms, Harrison Lowe n'a eu la chance d'apparaître sur grand écran que dans ce seul long-métrage réalisé et écrit par Francis Veber. Un personnage qui rappelle d'emblée le célèbre chef du peuple Kayapo Ropni Metyktire qui fit beaucoup parler de lui pour avoir lutté pour la préservation de la forêt amazonienne, popularisé ensuite par sa rencontre avec le chanteur Sting...


Mais dans le cas du Jaguar, il n'est nul question de sauver la forêt amazonienne de la déforestation mais plutôt de venir en aide à Wanù auquel l'âme a été volée par un certain Kumaré (l'acteur américain Danny Trejo que l'on a surtout coutume de voir dans des rôles de taulards ou en tout cas, dans toute une série de films particulièrement musclés). Le personnage qu'interprète Patrick Bruel est selon lui, l'élu. Le seul capable de sauver son âme. Et ça tombe bien car est offerte à François Perrin l'occasion de quitter la France et ainsi s'éloigner du danger pour suivre Campana qu'incarne désormais l'acteur Jean Reno. Si Le jaguar est considéré par certains comme le remake de La chèvre, ne nous y trompons pas. François Perrin et Campana ont beau s'y côtoyer, les deux films n'entretiennent en réalité aucun autre rapport.Tourné cette fois-ci dans la jungle Brésilienne, il confronte deux modes de vies. La superficialité et la spiritualité. D'un côté, François Perrin. Un individu au fond, moins attachant que celui qu'avait pu incarner à diverses reprises Pierre Richard. Matérialiste dans l'âme. Face à lui, un Grand petit homme, basant son existence sur les coutumes liées à son peuple. Le jaguar est l'occasion de transporter le parisien François Perrin dans un monde dont il ne détient aucune clé et sans doute, pas moins dangereux que ce qui l'attend si jamais il décide de rester à Paris. Sans être tout à fait du niveau de la célèbre trilogie interprétée à l'époque par Pierre Richard et Gérard Depardieu, le septième long-métrage de Francis Veber demeure tout de même relativement attachant. Harrison Lowe y est criant de vérité et même si les dialogues n'ont que rarement la force comique que l'on connaissait jusque là de Francis Veber, le voyage dans la jungle brésilienne vaut tout de même le détour. Un récit exotique, et la rencontre d'un peuple de guerriers dépaysant. Sans oublier la magnifique actrice et mannequin vénézuélienne Patricia Velásquez qui interprète la délicieuse Maya. Quant à Jean Reno, il incarne lui-même un Campana savoureux...

 

vendredi 11 juin 2021

Tais-toi ! de Francis Veber (2002) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Alors qu'une exposition est consacrée au dialoguiste et scénariste Michel Audiard au musée du cinéma et de la photographie Jean Delannoy de Bueil dans l'Eure jusqu'à la fin octobre, il sera peut-être temps un jour de revenir sur la carrière de l'un de nos plus grands dialoguistes. Sur un ton sans doute moins argotique et familier que l'auteur des dialogues d'Un taxi pour Tobrouk de Denys de La Patellière, Les Tontons flingueurs de Georges Lautner ou de Mortelle Randonnée de Claude Miller, Francis Veber a su marquer de sa patte toute personnelle mais néanmoins identifiable chez d'autres (Le prénom d'Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte aurait tout aussi bien pu être né de la plume de l'auteur de la trilogie La chèvre/Les compères/Les Fugitifs), le cinéma comique français. Avec une intelligence dans les dialogues que ne partagent malheureusement que peu de réalisateurs ou scénaristes. Et pourtant, de La chèvre en passant par Le Dîner de cons et jusqu'à Tais-toi ! au moins, le principe fut toujours le même. L'opposition de deux personnages qui n'ont absolument rien en commun. Deux ans auparavant, Francis Veber avait déjà cerné tout le potentiel comique de Gérard Depardieu en lui offrant le rôle du chef du personnel Félix Santini dans Le placard aux côtés de Daniel Auteuil et de Thierry Lhermitte. En 2002, le réalisateur, scénariste et dialoguiste le réembauche pour la cinquième fois et contrairement à la trilogie qu'il partageait avec l'acteur Pierre Richard, Gérard Depardieu n'y incarne cette fois plus la force brute, le rôle de celle-ci étant désormais confié à Jean Reno...


Non, désormais, celui qui incarna le détective privé Campana, le journaliste Jean Lucas puis le braqueur de banques du même nom interprète ici, Quentin... de Montargis. Un gentil gars, léger d'esprit, très bavard, version pas très finaude du suicidaire François Pignon de L'emmerdeur d’Édouard Molinaro (film déjà écrit à l'époque par Francis Veber lui-même). Face à lui, il fallait bien un acteur de la trempe, du charisme et de la stature de Jean Reno pour faire oublier au public cette force brute qu'incarne en général Gérard Depardieu. Comparable lui aussi à l'un des personnages principaux incarnés en 1973 par Lino Ventura (le tueur à gages Ralf Milan, toujours dans L'emmerdeur), Jean Reno campe celui de Ruby, un criminel qui après avoir dérobé vingt millions d'euros lors d'un braquage se retrouve dans la même cellule que Quentin. Un sujet dont l'originalité semble très modeste puisque se revendiquant (in)volontairement du duo François Pignon/Jean Lucas des Fugitifs. Sauf que dans le cas présent, les deux hommes vont faire équipe sous la contrainte du second, très attaché à son nouvel ami Ruby. Loin d'être aussi remarquables que ceux du Dïner de cons réalisé quatre ans auparavant, les dialogues s'avèrent étonnamment faibles, le film ne reposant que sur quelques saillies ''verbiales'' et surtout, sur son sympathique duo.


Entre un Jean Reno froid et épris de vengeance envers celui qui a tué celle qu'il aime (l'excellent Jean-Pierre Malo dans le rôle de Vogel qui fut quinze ans auparavant l'ennemi public numéro un dans Le Solitaire de Jacques Deray face à Jean-Paul Belmondo) et un Gérard Depardieu irrésistible en Quentin collé aux basques de son criminel ''d'ami'' et affublé d'une improbable coiffure, Tais-toi ! n'est peut-être pas aussi fin que tout ce qu'à pu mettre en scène ou réaliser Francis Veber jusque là mais l'essentiel y est. À part quelques séquences secondaires parfaitement inutiles comme la rencontre des deux hommes avec la charmante Katia, l'actrice franco-chilienne Leonor Varela qui interprète en outre la bien aimée de Ruby qui se fait dessouder par Vogel au début du film, Tais-toi ! rempli parfaitement sa tâche de comédie parfois hilarante, agrémentée de quelques personnages secondaires plus ou moins amusants. Et parmi eux, André Dussolier en psychiatre, Richard Berry en commissaire Vernet, Vincent Moscato en homme de main de Vogel ou encore Ticky Holgado dans le rôle de Martineau, seul véritable ami de Quentin. En 2002, nous avions le choix entre Ah ! si j'étais riche de Michel Munz, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d'Alain Chabat, Le Boulet d'Alain Berbérian et Frédéric Forestier ou encore Ma femme s'appelle Maurice de Jean-Marie Poiré. On le voit, Tais-toi ! n'était certes cette année là sans doute pas la meilleure comédie française à sortir sur les écrans, mais pas la pire non plus...

 

jeudi 7 mai 2020

Les Trois Fugitifs de Francis Veber (1989) - ★★★★★★★☆☆☆



À droite, Pierre Richard, Gérard Depardieu, Jean Carmet, Maurice Barrier, Jean Benguigui et Anaïs Bret. À gauche, Martin Short, Nick Nolte, Kenneth McMilla, James Earl Jones, Bruce McGill, et Sarah Rowland Doroff. Au centre, Francis Veber, le réalisateur et scénariste de La Chèvre, Le Jaguar, Le Dîner de Cons ou La Doublure. D'un côté, Les Fugitifs, comédie culte réunissant deux des plus populaires interprètes français. De l'autre, parmi les plus couramment vus sur les écrans américains à l'époque. On ne présentera pas Nick Nolte et sa filmographie longue comme un bras mais plutôt Martin Short, dont le nom n'évoquera peut-être pas grand chose pour certains mais qui fut notamment en 1987, l'un des deux principaux interprètes de l'excellente comédie fantastique L'Aventure Intérieure de Joe Dante. En adaptant son propre film trois ans après sa sortie en 1986 sur les écrans français, Francis Veber ne prenait pas trop de risques de l'autre côté de l'Atlantique. Scénario clé en main, il lui aura simplement fallut adapter à la sauce américaine le principe des Fugitifs. Si le concept du remake américain adapté d'une comédie française est souvent l’objet de quolibets plutôt objectifs de la part des vrais amateurs de comédies françaises (il n'y a qu'à voir le traitement qu'a infligé au Dîner de Cons le réalisateur américain Jay Roach avec son adaptation intitulée The Dinner pour s'en convaincre), il est en revanche moins risqué de proposer un produit formaté pour le public américain.

Mais si ce dernier repose en général beaucoup moins sur les dialogues que sur le comique de situation et la gestuelle de ses interprètes, confier le remake des Fugitifs à Francis Veber était peut-être une manière d'offrir à la comédie américaine autre chose qu'une succession de séquences uniquement axées sur les pitreries de ses interprètes. Connaissant les qualités de l'auteur français, on pouvait s'attendre à retrouver la subtilité de son travail effectué sur notre territoire. Mais si d'une manière générale, la plupart des dialogues et des situations de The Fugitives demeurent fidèles à ce qu'il écrivit trois ans auparavant, les fans de l’œuvre originale noteront une baisse très sensible au niveau des dialogues qui s'avèrent dans le cas présent, légèrement moins fins que dans Les Fugitifs. Ça n'est pas manquer d'objectivité ni faire preuve de chauvinisme pour le cinéma français que d'affirmer que le remake est nettement moins bon que l’œuvre originale. Si dans la plupart des situations, on retrouve bien l'esprit des Fugitifs, Nick Nolte, Martin Short et le reste du casting ont bien du mal à faire oublier Pierre Richard, Gérard Depardieu et les autres interprètes français.

Martin Short n'en est cependant pas moins amusant, jouant dans un registre légèrement plus hystérique que le jeu de Pierre Richard. En résulte forcément un personnage moins touchant lorsqu'il évoque sa gamine. D'ailleurs, à ce propos, si la toute jeune Sarah Rowland Doroff est attachante, Anaïs Bret était quant à elle carrément craquante. Si Nick Nolte fait parfois illusion, surtout de dos à vrai dire, certaines scènes le montrent étrangement peu naturel dans son comportement. Qu'il dodeline de la tête dans la banque ou qu'il feigne l'évanouissement, une balle plantée dans la jambe, le jeu de cet acteur pourtant parfois stupéfiant dans d'autres circonstances est assez désolant. Concernant le reste du casting, le public français aura sans doute beaucoup de mal à préférer le jeu de Kenneth McMilla à celui, excellentissime, de notre Jean Carmet national. Tout comme James Earl Jones qui n'efface jamais le souvenir du génial Maurice Barrier récemment disparu. La vision américaine de ces fugitifs ne manque d'ailleurs pas seulement de finesse qu'en terme de dialogue, mais également d'interprétation. Tout comme pas mal de situations, Les Trois Fugitifs est un peu plus bourrins (la police sortant la cavalerie et les sirènes lors du braquage, les bras droits de Charlie n'ayant clairement pas inventé la poudre ni le fil à couper le beurre, etc...). Mais curieusement, et contrairement à beaucoup d'autres remakes de comédies américaines, celui-ci demeure comme faisant partie des quelques tentatives plutôt sympathiques. Très nettement en deçà de l'original mais ne boudons pas notre plaisir de retrouver nos héros à la sauve américaine...

dimanche 21 avril 2019

La Chèvre de Francis Veber (1981) - ★★★★★★★★★☆



La Chèvre est le premier volet de la trilogie Veber/Depardieu/Richard. Il s'agit surtout des débuts d'une mythique collaboration regroupant un cinéaste et scénariste réputé (Francis Veber est notamment l'auteur du scénario de L'Emmerdeur d'Edouard Molinaro en 1973 et a écrit et réalisé Le Dîner de Cons en 1998) et deux des plus grands acteurs français, Gérard Depardieu (Danton d'Andrzej Wajda, Jean de Florette de Claude Berri, Le Retour de Martin Guerre de Daniel Vigne, Buffet Froid de Bertrand Blier, etc...) et Pierre Richard (Le Distrait qu'il réalise lui-même en 1970, Le Grand Blond avec une Chaussure Noire d'Yves Robert, La Carapate de Gérard Oury, etc...). Tourné en 1981, il est donc incarné par un Pierre Richard gaffeur et maladroit qu'une idée cocasse, fruit de la pensée de l'excellent et regretté André Valardy (dans le rôle du psychologue Meyer), pousse à rechercher au Mexique la fille de son patron,le PDG Alexandre Bens, lequel est incarné quant à lui par l'acteur Michel Robin. Accompagné du détective privé Campana qu'interprète Gérard Depardieu, le personnage de François Perrin, qui en parallèle à François Pignon, autre personnage célèbre créé par Francis Veber, apparaît ici pour la septième fois (après, notamment, le diptyque du Grand Blond, de Coup de Tête de Jean-Jacques Annaud, cette fois-ci interprété par Patrick Dewaere, et avant sa toute dernière apparition dans Le Jaguar que Francis Veber réalise lui-même en 1996 et sous les traits duquel se cachait l'acteur/chanteur Patrick Bruel...).

Pour La Chèvre, Pierre Richard endosse donc son éternel costume d'employé maladroit, gauche, et gaffeur. Des défauts qui vont être cependant mis à contribution puisque la fille du PDG étant elle-même particulièrement maladroite, le patron de Perrin accepte de l'envoyer au Mexique en compagnie de Campana, espérant ainsi que les deux hommes remonteront la trace de la jeune femme en provoquant la même série d'accidents qui l'on menée jusqu'à son enlèvement par un petit malfrat du nom de Juan Larbal (l'acteur mexicain Jorge Luke). L'une des excellentes idées du scénario est non pas d'avoir logiquement fait du personnage de Campana celui qui organise officiellement les opérations mais d'avoir offert au personnage incarné par Pierre Richard celui qui mène les investigations. Car en inversant les rôles du maladroit et de l'homme fort, le film donne lieu à des situations irrésistiblement drôles.

François Perrin étant investit d'une mission de la plus haute importance, il se trouve à différentes occasions contraint de prouver sa valeur auprès d'un Campana courageusement patient. La scène de l'aéroport (face à l'excellent Michel Forbin), celle du bar de l'hôtel (où il croit pouvoir séduire une cliente), ou plus tard dans le bar à prostituées où ses hormones finissent de le convaincre de pouvoir interroger seul la jeune femme qui s'apprête pourtant à le dilapider de l'argent que lui a confié son PDG qui l'emploie en temps normal comme comptable. Impossible de passer sous silence la scène durant laquelle le personnage incarné par Pierre Richard passe un coup de téléphone anonyme afin de retarder le vol de l'avion qu'il doit prendre en compagnie de Campana/Depardieu, ou celle durant laquelle il s'enfonce inexorablement dans des sables mouvants, et encore moins le passage lors duquel il est piqué par une abeille (Perrin étant bien entendu allergique à sa piqûre) !!! Tout cela sous le regard d'abord halluciné puis découragé d'un Campana admirable de retenue. Même dans les plus infimes détails, La Chèvre demeure irrésistiblement drôle. A titre d'exemple, lorsque Campana, à l'accueil de l'hôtel, ne se retourne même plus alors qu'en arrière-plan on voit Perrin se prendre les bagages dans les jambes ou qu'au commissariat, l'on devine qu'une fois encore, celui-ci s'est pris ''les jambes dans le tapis'', et cela, devant le regard résigné de Gérard Depardieu.

Comme cela est généralement le cas chez Francis Veber, La Chèvre oppose un homme fort à un autre beaucoup plus fragile (L'emmerdeur opposait un suicidaire à un tueur à gages, Les Fugitifs, un ancien criminel à un chômeur, Le Placard, un petit employé de bureau à sa hiérarchie, ou encore Le Dîner de Cons, un petit fonctionnaire d’État à un célèbre éditeur parisien...). Si logiquement Campana aurait dû avoir l'ascendant sur son compagnon d'infortune François Perrin, le réalisateur/scénariste offre à Gérard Depardieu et Pierre Richard des personnages à armes égales. Deux personnalités indissociables qui vivront encore ensemble de nombreuses péripéties à travers Les Compères en 1983 et Les Fugitifs en 1986 toujours sous la houlette de Francis Veber. Culte !

jeudi 18 avril 2019

Les Fugitifs de Françis Veber (1986) - ★★★★★★★★☆☆



Troisième et dernier volet de la trilogie de Francis Veber réalisé autour du duo d'acteurs Gérard Depardieu et Pierre Richard après La Chèvre en 1981 et Les Compères en 1983, Les Fugitifs n'est peut-être pas le plus drôle des trois long-métrages, il n'en demeure pas moins d'une très grande qualité. Réalisé en 1986, soit trois ans avant le pitoyable remake américain que le cinéaste réalisera lui-même outre-atlantique avec dans la peau des principaux personnages, les pourtant excellents Nick Nolte (48 Heures de Walter Hill) et Martin Short (L'Aventure Intérieure de Joe Dante), le film de Francis Veber est surtout plus marquant pour son approche dramatique. Après le duo François Perrin/Campana lancé à la recherche de la fille kidnappée d'un PDG d'une grande entreprise, après le binôme François Pignon/Jean Lucas, hypothétiques père d'un adolescent en fuite que la mère prie d'accepter de retrouver, c'est à nouveau autour du duo François Pignon/Jean Lucas (ces derniers, toujours incarnés par Gérard Depardieu et Pierre Richard, n'ayant aucun rapport avec ceux du film précédent) dans un récit parfois fort émouvant. L'histoire de Pignon veuf, et surtout père d'une adorable gamine interprétée par la toute jeune et toute mignonne Anaïs Bret (laquelle ne tournera plus guère que dans le court-métrage de Kathleen Fonmarty Un Arbre de Noël pour Deux en 1988 avant de se consacrer plus tard à une carrière de professeure dans l’Éducation Nationale) que les services sociaux vont lui retirer.

Il fait la connaissance de Jean Lucas, tout juste sorti de prison après avoir purgé sa peine pour une séries de braquages à main armée. C'est alors que François Pignon braque lui-même une banque qu'il prend Jean Lucas en otage. A leur sortie de l'agence bancaire, le commissaire Duroc (excellent Maurice Barrier), qui a décidé de suivre l'ancien taulard à sa sortie de prison ne croit pas en la culpabilité de François Pignon et pense que Jean Lucas est le véritable auteur du braquage. Ces derniers vont donc être contraints de faire équipe ensemble accompagnés de la fille de Pignon, Jeanne. Laquelle va malheureusement bientôt se retrouver confisquée à son père par les services de protection des mineurs...

Si Les Fugitifs consacre une partie de son histoire au triste sort de Jeanne et de son père, Francis Veber dont il s'agit ici du quatrième long-métrage en tant que réalisateur après un premier film tourné en 1976 (Le Jouet) suivi des deux premiers volets de la trilogie Veber/Depardieu/Richard, ne manque cependant pas de situations cocasses. Pour preuve, la présence à l'écran de l'irrésistible Jean Carmet en vétérinaire déphasé traitant son nouveau patient Jean Lucas tel un animal de compagnie, allant jusqu'à lui servir de la pâtée pour chien ! Chaque apparition de l'acteur est l'occasion de franches rigolades. Pourtant, Les Fugitifs aborde des sujets parfois très graves. Comme la clochardisation de l'un des personnages (Pierre Richard, contraint d'aller ramasser quelques légumes et fruits pourris à la fermeture d'un marché ou de dormir sur un trottoir et sous un carton), ou encore l'inflexibilité des services sociaux séparant le héros de sa fille rendue muette au décès de sa maman. La musique du Compisteur Vladimir Cosma qui officiait déjà sur les deux premiers volets de la trilogie participe de cette émotion, le compositeur accompagnant la dérive des personnages tout en ponctuant également les séquences les plus drôles du film de Francis Veber. Gérard Depardieu incarne comme à son habitude une brute charismatique tout en observant parfois un comportement tout en sensibilité (surtout envers la jeune interprète Anaïs Bret) tandis que Pierre Richard réserve des gags dont il a le secret (François Pignon se cognant contre un réverbère renvoyant à son propre personnage de Pierre Malaquet dans Le Distrait qu'il réalisa lui-même en 1970). A noter également le passage remarqué de Michel Blanc dans le rôle du médecin généraliste alcoolisé. Tout comme La Chèvre et Les Compères, Les Fugitifs est un indispensable et mettait un terme de manière brillante , drôle et émouvante, à une trilogie comique parfaitement accomplie...

mercredi 17 avril 2019

Les Compères de Francis Veber (1983) - ★★★★★★★★★☆



Il s'en passe des choses dans cette seconde aventure du réalisateur et scénariste Francis Veber offerte au duo formé par Gérard Depardieu et Pierre Richard. Bien différents des personnages qu'ils incarneront trois ans plus tard tout en conservant malgré tout le nom de leur personnage respectif, les deux interprètes des Compères s'avèrent être un mélange entre ceux qu'ils furent dans La Chèvre et ceux qu'il deviendront quelques années plus tard dans Les Fugitifs. Après avoir incarné le détective Campana dans le premier volet de la trilogie Veber/Depardieu/Richard et avant son rôle d'ancien braqueur récemment libéré dans le dernier, Gérard Depardieu campe cette fois-ci le journaliste Jean Lucas, lequel profite de son séjour à Nice pour rechercher Tristan, un adolescent de dix-sept qui s'est enfui du domicile familiale et que la mère (interprétée par l'actrice Anny Duperey) fait passer pour le propre fils du journaliste afin qu'il accepte de l'aider à retrouver son enfant. Un mensonge qu'elle tente également de faire gober à François Pignon, un instituteur au chômage, dépressif, et qui n'a actuellement rien de mieux à faire que de se lancer lui aussi à la recherche de celui qu'il croit désormais être son fils...

Si Gérard Depardieu conserve à peu de choses près le même tempérament à travers chacun des segments de la trilogie, le personnage qu'interprète Pierre Richard est lui, plus nuancé. Convaincu d'être le chef des opérations devant mener à la localisation d'une jeune fille de PDG kidnappée dans La Chèvre, il passait dans Les Fugitifs pour un pauvre bougre avec lequel la vie n'était pas particulièrement tendre (veuf, sans emploi, et père d'une petite fille muette qui lui sera enlevée par les services sociaux, avouez que l'on peut rêver mieux comme existence...). Avec Les Compères, Francis Veber mixe les deux personnages alors même que celui des Fugitifs fait encore partie du futur (le film ne sera en effet tourné que trois ans plus tard). En milieu de parcours, l'acteur campe donc un individu dépressif convaincu d'être le père d'un jeune fugueur. C'est donc ainsi que l'on remarque la lente transformation de François Pignon, passant du type pleurant parce qu'un serveur a oublié une fois encore d'ajouter de la crème dans son café, au gars près à en découdre avec un chef de bande particulièrement dangereux. Ce dernier, incarné par le rouquin Patrick Blondel (ça ne s'invente pas) exhibe effectivement très régulièrement son couteau à cran d'arrêt. Le rôle de père lui donne donc des ailes et le voir se sentir assez fort pour se confronter à une bande de blousons noirs est relativement jouissif et rappelle, toutes proportions gardées, la prétention du personnage qu'il interprétait parfois dans La Chèvre (on se souvient notamment de la séquence à l'aéroport d'Orly l'opposant à l'excellent Michel Fortin...).

Parmi les seconds rôles, nous retrouvons notamment les acteurs Michel Aumont, père ''officiel'' du jeune Tristan incarné par Stéphane Bierry. Maurice Barrier, dans le rôle d'un propriétaire d’hôtel particulièrement antipathique (acteur qui apparaîtra également dans celui du commissaire Duroc dans Les Fugitifs). Quant à Philippe Khorsand et Jean-Jacques Scheffer, est-ce le fruit du hasard ? Toujours est-il que leur double rôle d'hommes de main de Rossi, un mafieux, rappelle ostensiblement celui qu'interprétèrent Maurice Barrier et Jean Chaulnier dans Le Grand Blond avec une Chaussure Noire (Chaperon et Poucet), ainsi que Henry Guibet et Hervé Sand dans la suite elle-même réalisée par Yves Robert, Le Retour du Grand Blond (Charmant et Prince). S'agirait-il d'un hommage appuyé ? Comme le premier et le troisième, ce second volet de la trilogie Veber/Depardieu/Richard est une excellente surprise, bourrée de répliques cultes et de séquences jubilatoires (Maurice Barrier recevant la visite des multiples ''père'' de Tristan, la scène de la station-service, celles de la patinoire, etc...). Trente ans après, Les Compères n'a pas perdu de son charme et demeure l'une des toutes meilleures comédies françaises des années quatre-vingt dont se sont évidemment emparés les américains puisqu'un remake fut réalisé par Ivan Reitman en 1997 sous le titre Drôles de Pères (Father's Day) avec dans les principaux rôles, Robin Williams et Billy Crystal. Inutile de préciser que la version de Francis Veber demeure la meilleure...

lundi 2 avril 2018

L'Emmerdeur (seconde partie) - les Remakes (1981-2008)



LES remakes ? Pourquoi ? Le film d'Edouard Molinaro aurait-il généré tant de passion que plusieurs cinéastes auraient ressenti le besoin d'en offrir une version personnelle ? Oui... et non. Car en réalité, les deux spécimens dont il est question ici ne remettront jamais en cause le statut de comédie culte du cinéaste français. Pas même la version proposée en 2008 par l'auteur de la pièce et du scénario originaux, Francis Veber. Quelle mouche a donc piqué le scénariste et réalisateur de quelques fleurons du genre telle que la trilogie incarnée par le duo Pierre Richard-Génard Depardieu (et que je ne vous ferai pas l'affront de citer les titres) ? Certainement pas un manque d'imagination lorsque l'on réalise que Veber a signé durant plusieurs décennies, parmi les scripts les plus originaux en matière de comédie française. Non, en fait, le 'coup de chaud' du cinéaste survient après l'immense succès de la pièce reprise en 2005, et dans laquelle on retrouvait justement Patrick Timsit et Richard Berry dans la peau respective de François Pignon et de Ralf Milan. Sauf que trois ans plus tard, lorsque le remake sort sur les écrans, le succès n'est pas au rendez-vous. Un flop pour une œuvre que son auteur regrette finalement d'avoir réalisé. Et cela se comprend.

Surtout lorsque l'on suit les nouvelles pérégrinations de ce duo de personnages hors du commun qui faisait tant d'étincelles en 1973 mais qui trente-cinq ans plus tard semble s'être éteint. Le triste sort accordé aux personnages et à ses interprètes demeure toujours incompréhensible de la part de Francis Veber. Comment l'auteur a-t-il pu laisser tel désastre se produire, tel film sortir sur les écrans ? En regardant les rushs, le bonhomme a bien dû saisir que quelque chose clochait ? Nous ne reviendrons pas sur l'évident talent des deux principaux interprètes (ici notamment accompagnés par Pascal Elbé dans le rôle du psychiatre et de Virginie Ledoyen dans celui de Louise, l'épouse de François Pignon), mais dans le cas présent, le résultat est désastreux. Car forcément, le public ne pourra s'empêcher de faire la comparaison entre l’œuvre de Molinaro et celle de Veber. Entre Jacques Brel et Patrick Timsit, il demeure un gouffre immense dans l'appropriation du personnage de François Pignon. A aucun moment le second n'apparaît crédible dans la peau d'un homme prêt à se pendre ou à se jeter par la fenêtre par amour pour celle qui a choisi de le quitter pour son amant. Brel campait si bien cet individu collant comme la poisse, incarnant à la perfection cet état dépressif dans lequel plongent certains individus et auquel leurs proches tentent d'échapper, que Timsit fait pâle figure à ses côtés. Trop de scènes le voient sautiller, cabotiner, sourire même, face à quelques rares (et ratés) instants durant lesquels il joue très mal son rôle de bonhomme au bout du rouleau.

Quant à Richard Berry, malgré tout le talent qu'on lui connaît, face au rouleau-compresseur qu'était Lino Ventura de part son physique imposant et son regard impénétrable, l'acteur paraît ridiculement chétif. L'Emmerdeur version 2008 fera peut-être sourire en de très rares occasions (je pense notamment à Milan sous amphétamines), mais au regard du poids que représentent l’œuvre originale et ses charismatiques interprètes, le remake n'avait pratiquement aucune chance de connaître le même engouement trente-cinq ans plus tard.

Francis Veber n'est pas le seul à avoir tenté sa chance. Bien avant lui, loin de chez nous, aux États-Unis, le cinéaste américain originaire de Pologne Billy Wilder s'est essayé lui aussi au remake avec ce qui devait demeurer comme son dernier long-métrage en tant que cinéaste. Connement traduit chez nous sous le titre Victor la Gaffe, le film Buddy Buddy (signifiant en réalité Copain Copain) demeure sans doute à ce jour comme l'un des rares remakes américains de comédies françaises à rester agréable à regarder. Mais certainement pas plaisant au point de détrôner l’œuvre d’Édouard Molinaro qui demeure, une fois de plus, la seule véritable référence sur laquelle l'amateur doit s'attarder. Loin de la gestuelle qui habituellement creuse le fossé entre l'humour français davantage basé sur des dialogues brillamment écrits (je pense ici aux meilleures comédies et certainement pas aux séries Z franchouillardes) et le comique américain souvent accès sur le comportement 'physique' de ses personnages, Buddy Buddy respecte presque trop scrupuleusement le scénario original pour nous, français, déjà coutumier d'une histoire déjà évoquée dans l’œuvre originale huit ans auparavant.
Plus proche de Lino Ventura que Richard Berry, Walter Matthau campe un Milan convenable, qui dans cette version américaine semble être très étrangement misogyne. Un trait de caractère qui s'explique sans doute par le passif du personnage mais qui alors, dans le récit qui nous est conté ici, n'est d'aucune utilité. Passons. Face à lui, l'acteur Jack Lemmon avec lequel il tournera pas moins de dix longs-métrages. C'est sans chauvinisme aucun que d'affirmer une fois de plus que l'acteur ne parvient pas lui non plus à se hisser à la hauteur de l'immense Jacques Brel. Non pas que son talent soit remis en cause, mais certaines des spécificités relatives au personnage de dépressif qu'incarnait le BELGE (d'où l'absence de chauvinisme... humpf!) étant passablement effacées, les contradictions opposant ceux qui désormais à l'écran se nomme non plus Milan et Pignon mais Trabucco et Victor Clooney sont moins flagrantes.

En fait, l'un des principaux soucis qui allaient demeurer dans le remake de 2008, c'est que les situations proposées dans cette version américaine ne prêtent quasiment jamais à rire. Du moins, si l'on connaît déjà la version de Molinaro. Il ne sera certes pas stupide que d'apprécier cette version outre atlantique tout de même interprétée par de solides acteurs...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...