Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


dimanche 21 avril 2019

La Chèvre de Francis Veber (1981) - ★★★★★★★★★☆



La Chèvre est le premier volet de la trilogie Veber/Depardieu/Richard. Il s'agit surtout des débuts d'une mythique collaboration regroupant un cinéaste et scénariste réputé (Francis Veber est notamment l'auteur du scénario de L'Emmerdeur d'Edouard Molinaro en 1973 et a écrit et réalisé Le Dîner de Cons en 1998) et deux des plus grands acteurs français, Gérard Depardieu (Danton d'Andrzej Wajda, Jean de Florette de Claude Berri, Le Retour de Martin Guerre de Daniel Vigne, Buffet Froid de Bertrand Blier, etc...) et Pierre Richard (Le Distrait qu'il réalise lui-même en 1970, Le Grand Blond avec une Chaussure Noire d'Yves Robert, La Carapate de Gérard Oury, etc...). Tourné en 1981, il est donc incarné par un Pierre Richard gaffeur et maladroit qu'une idée cocasse, fruit de la pensée de l'excellent et regretté André Valardy (dans le rôle du psychologue Meyer), pousse à rechercher au Mexique la fille de son patron,le PDG Alexandre Bens, lequel est incarné quant à lui par l'acteur Michel Robin. Accompagné du détective privé Campana qu'interprète Gérard Depardieu, le personnage de François Perrin, qui en parallèle à François Pignon, autre personnage célèbre créé par Francis Veber, apparaît ici pour la septième fois (après, notamment, le diptyque du Grand Blond, de Coup de Tête de Jean-Jacques Annaud, cette fois-ci interprété par Patrick Dewaere, et avant sa toute dernière apparition dans Le Jaguar que Francis Veber réalise lui-même en 1996 et sous les traits duquel se cachait l'acteur/chanteur Patrick Bruel...).

Pour La Chèvre, Pierre Richard endosse donc son éternel costume d'employé maladroit, gauche, et gaffeur. Des défauts qui vont être cependant mis à contribution puisque la fille du PDG étant elle-même particulièrement maladroite, le patron de Perrin accepte de l'envoyer au Mexique en compagnie de Campana, espérant ainsi que les deux hommes remonteront la trace de la jeune femme en provoquant la même série d'accidents qui l'on menée jusqu'à son enlèvement par un petit malfrat du nom de Juan Larbal (l'acteur mexicain Jorge Luke). L'une des excellentes idées du scénario est non pas d'avoir logiquement fait du personnage de Campana celui qui organise officiellement les opérations mais d'avoir offert au personnage incarné par Pierre Richard celui qui mène les investigations. Car en inversant les rôles du maladroit et de l'homme fort, le film donne lieu à des situations irrésistiblement drôles.

François Perrin étant investit d'une mission de la plus haute importance, il se trouve à différentes occasions contraint de prouver sa valeur auprès d'un Campana courageusement patient. La scène de l'aéroport (face à l'excellent Michel Forbin), celle du bar de l'hôtel (où il croit pouvoir séduire une cliente), ou plus tard dans le bar à prostituées où ses hormones finissent de le convaincre de pouvoir interroger seul la jeune femme qui s'apprête pourtant à le dilapider de l'argent que lui a confié son PDG qui l'emploie en temps normal comme comptable. Impossible de passer sous silence la scène durant laquelle le personnage incarné par Pierre Richard passe un coup de téléphone anonyme afin de retarder le vol de l'avion qu'il doit prendre en compagnie de Campana/Depardieu, ou celle durant laquelle il s'enfonce inexorablement dans des sables mouvants, et encore moins le passage lors duquel il est piqué par une abeille (Perrin étant bien entendu allergique à sa piqûre) !!! Tout cela sous le regard d'abord halluciné puis découragé d'un Campana admirable de retenue. Même dans les plus infimes détails, La Chèvre demeure irrésistiblement drôle. A titre d'exemple, lorsque Campana, à l'accueil de l'hôtel, ne se retourne même plus alors qu'en arrière-plan on voit Perrin se prendre les bagages dans les jambes ou qu'au commissariat, l'on devine qu'une fois encore, celui-ci s'est pris ''les jambes dans le tapis'', et cela, devant le regard résigné de Gérard Depardieu.

Comme cela est généralement le cas chez Francis Veber, La Chèvre oppose un homme fort à un autre beaucoup plus fragile (L'emmerdeur opposait un suicidaire à un tueur à gages, Les Fugitifs, un ancien criminel à un chômeur, Le Placard, un petit employé de bureau à sa hiérarchie, ou encore Le Dîner de Cons, un petit fonctionnaire d’État à un célèbre éditeur parisien...). Si logiquement Campana aurait dû avoir l'ascendant sur son compagnon d'infortune François Perrin, le réalisateur/scénariste offre à Gérard Depardieu et Pierre Richard des personnages à armes égales. Deux personnalités indissociables qui vivront encore ensemble de nombreuses péripéties à travers Les Compères en 1983 et Les Fugitifs en 1986 toujours sous la houlette de Francis Veber. Culte !

1 commentaire:

  1. C'est Michel Fortin. La fille Bens est quant à elle interprétée par l'inoubliable interprète de "Boule de flipper"... qui roule, qui roule... :-)

    RépondreSupprimer

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...