Slasher de petite envergure devenu depuis un classique du genre pour
certains, Silent Night, Deadly Night de
Charles E. Sellier Jr. fut le premier d'une longue série de
longs-métrages poursuivie dès 1987 avec Silent
Night, Deadly Night Part 2
de Lee Harry, en 1989 avec Silent Night, Deadly
Night 3: Better Watch Out!
de Monte Hellman, en 1990 avec Silent Night,
Deadly Night 4: Initiation de
Brian Yuzna et enfin avec Silent Night, Deadly
Night 5: The Toy Maker
de Martin Kitrosser l'année suivante. Il faudra ensuite patienter
vingt et une année pour voir ressurgir le fameux tueur déguisé en
Père Noël à travers le remake de l'original intitulé Silent
Night
cette fois-ci réalisé par Steven C. Miller. Puis en 2025, contre
toute attente et surtout celle des fans de la saga, le réalisateur
Mike P. Nelson débarque avec son tout nouveau long-métrage
sobrement intitulé tout comme l’œuvre originale, Silent
Night, Deadly Night.
On pense alors à un remake et même si de fait ce nouveau film est
décrit ainsi, il demeure probablement plus plausible de le
considérer plutôt comme un reboot tant les différences pullulent
entre les deux œuvres séparées d'une quarantaine d'années. Déjà
auteur d'un autre reboot en 2021 avec le septième et piteux film de
la franchise Wrong Turn
intitulé chez nous Détour mortel: La fondation,
Mike P. Nelson aborde désormais le récit autour du jeune Billy
Chapman sous un angle tout à fait inédit. Car bien que le jeune
homme dont l'enfance fut accompagnée par le massacre de ses parents
par un tueur déguisé en Père Noël et par un passage en foyer
particulièrement traumatisant soit toujours profondément marqué,
un phénomène d'ordre surnaturel va venir se greffer au scénario
original de Michael Hickey et de Paul Camy pour être cette fois-ci
''reconstruit'' par le réalisateur lui-même. Une idée intéressante
trahissant cependant l'esprit de l’œuvre originale tout en donnant
un certains sens à la voix qu'entend le jeune garçon et qui le
guidera vers des actes de plus en plus sanglants ! L'ironie
voulant que son interprète soit joué par Rohan Campbell dont la
carrière est émaillée de plusieurs téléfilms familiaux tournant
autour de l'esprit de Noël, l'un des interprètes du sous-côté
Halloween Ends
de David Gordon Green incarne ici l'iconique et mythique personnage
associé à la fête de Noël. Homme bienveillant, qui apporte des
cadeaux aux enfants sages dans la nuit du 24 au 25 décembre, vêtu
d'un costume rouge et portant une longue barbe blanche, le Père Noël
semble devoir être lui-même façonné de telle manière que celles
et ceux qui lui vouent un culte n'aient rien à reprocher à cette
nouvelle itération de la saga mettant en scène un avatar lui
ressemblant presque en tous points...
Presque
puisque dénué de sac, il porte ici et en général, des armes
contondantes aux effets plus ou moins dévastateurs. Avec un
prédisposition pour la hache dont il use et abuse pour le bonheur
des amateurs de cinéma d'horreur à tendance gore. Bien qu'au sujet
de ce dernier, l'hémoglobine ait tendance à prendre son temps pour
apparaître à l'écran. L'on retiendra d'ailleurs la scène du bal
nazi, laquelle aurait due être l'occasion d'un véritable carnage et
qui au final se trouve être relativement affligeante en terme
d'horreur et de mise en scène chorégraphique ! Là où Silent
Night, Deadly Night
démarre par contre plutôt bien est dans la description du
personnage central, Billy Chapman. Un jeune homme aussi perturbé que
les plus grands tarés à avoir évolué sur grand écran. Mike P.
Nelson le traite au départ presque de manière clinique et l'on
alors l'espoir de découvrir la saga sous un jour nouveau, plus
sérieux, et donc beaucoup plus sombre et réaliste. Mais c'était
sans compter sur des éléments qui vont rapidement venir gripper le
concept. Tournant donc au délire avec ce bal de pré-Noël organisé
par des néo-nazis virant presque à la parodie de Carrie
au bal du Diable
de Brian De Palma et allant même encore plus loin s'agissant de la
présence persistante d'une voix intérieure qui laisserait tout
d'abord entendre que Bill Chapman serait schizophrène. L'occasion
pour le cinéaste de faire passer son tueur grimé en Père Noël
pour un héros guidé par la voix d'un ancien criminel chargé
d'éliminer la lie de la société ! On le constate, Mike P.
Nelson a donc redéfini le schéma de base d'un simple slasher en un
concept surnaturel qui ouvre des possibilités infinies comme le
prouve d'ailleurs la séquence finale mettant en scène l'actrice
Ruby Modine dans le rôle de la petite amie de Billy, Pamela Sims. Au
final, l'on se retrouve devant une œuvre bâtarde pas vraiment
déplaisante à regarder même si le Père Noël, armé d'une hache
et s'il existe encore ou non dans l'inconscient collectif, ne fait
désormais plus peur à grand monde...
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