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mercredi 18 février 2026

Silent Night, Deadly Night de Mike P. Nelson (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Slasher de petite envergure devenu depuis un classique du genre pour certains, Silent Night, Deadly Night de Charles E. Sellier Jr. fut le premier d'une longue série de longs-métrages poursuivie dès 1987 avec Silent Night, Deadly Night Part 2 de Lee Harry, en 1989 avec Silent Night, Deadly Night 3: Better Watch Out! de Monte Hellman, en 1990 avec Silent Night, Deadly Night 4: Initiation de Brian Yuzna et enfin avec Silent Night, Deadly Night 5: The Toy Maker de Martin Kitrosser l'année suivante. Il faudra ensuite patienter vingt et une année pour voir ressurgir le fameux tueur déguisé en Père Noël à travers le remake de l'original intitulé Silent Night cette fois-ci réalisé par Steven C. Miller. Puis en 2025, contre toute attente et surtout celle des fans de la saga, le réalisateur Mike P. Nelson débarque avec son tout nouveau long-métrage sobrement intitulé tout comme l’œuvre originale, Silent Night, Deadly Night. On pense alors à un remake et même si de fait ce nouveau film est décrit ainsi, il demeure probablement plus plausible de le considérer plutôt comme un reboot tant les différences pullulent entre les deux œuvres séparées d'une quarantaine d'années. Déjà auteur d'un autre reboot en 2021 avec le septième et piteux film de la franchise Wrong Turn intitulé chez nous Détour mortel: La fondation, Mike P. Nelson aborde désormais le récit autour du jeune Billy Chapman sous un angle tout à fait inédit. Car bien que le jeune homme dont l'enfance fut accompagnée par le massacre de ses parents par un tueur déguisé en Père Noël et par un passage en foyer particulièrement traumatisant soit toujours profondément marqué, un phénomène d'ordre surnaturel va venir se greffer au scénario original de Michael Hickey et de Paul Camy pour être cette fois-ci ''reconstruit'' par le réalisateur lui-même. Une idée intéressante trahissant cependant l'esprit de l’œuvre originale tout en donnant un certains sens à la voix qu'entend le jeune garçon et qui le guidera vers des actes de plus en plus sanglants ! L'ironie voulant que son interprète soit joué par Rohan Campbell dont la carrière est émaillée de plusieurs téléfilms familiaux tournant autour de l'esprit de Noël, l'un des interprètes du sous-côté Halloween Ends de David Gordon Green incarne ici l'iconique et mythique personnage associé à la fête de Noël. Homme bienveillant, qui apporte des cadeaux aux enfants sages dans la nuit du 24 au 25 décembre, vêtu d'un costume rouge et portant une longue barbe blanche, le Père Noël semble devoir être lui-même façonné de telle manière que celles et ceux qui lui vouent un culte n'aient rien à reprocher à cette nouvelle itération de la saga mettant en scène un avatar lui ressemblant presque en tous points...


Presque puisque dénué de sac, il porte ici et en général, des armes contondantes aux effets plus ou moins dévastateurs. Avec un prédisposition pour la hache dont il use et abuse pour le bonheur des amateurs de cinéma d'horreur à tendance gore. Bien qu'au sujet de ce dernier, l'hémoglobine ait tendance à prendre son temps pour apparaître à l'écran. L'on retiendra d'ailleurs la scène du bal nazi, laquelle aurait due être l'occasion d'un véritable carnage et qui au final se trouve être relativement affligeante en terme d'horreur et de mise en scène chorégraphique ! Là où Silent Night, Deadly Night démarre par contre plutôt bien est dans la description du personnage central, Billy Chapman. Un jeune homme aussi perturbé que les plus grands tarés à avoir évolué sur grand écran. Mike P. Nelson le traite au départ presque de manière clinique et l'on alors l'espoir de découvrir la saga sous un jour nouveau, plus sérieux, et donc beaucoup plus sombre et réaliste. Mais c'était sans compter sur des éléments qui vont rapidement venir gripper le concept. Tournant donc au délire avec ce bal de pré-Noël organisé par des néo-nazis virant presque à la parodie de Carrie au bal du Diable de Brian De Palma et allant même encore plus loin s'agissant de la présence persistante d'une voix intérieure qui laisserait tout d'abord entendre que Bill Chapman serait schizophrène. L'occasion pour le cinéaste de faire passer son tueur grimé en Père Noël pour un héros guidé par la voix d'un ancien criminel chargé d'éliminer la lie de la société ! On le constate, Mike P. Nelson a donc redéfini le schéma de base d'un simple slasher en un concept surnaturel qui ouvre des possibilités infinies comme le prouve d'ailleurs la séquence finale mettant en scène l'actrice Ruby Modine dans le rôle de la petite amie de Billy, Pamela Sims. Au final, l'on se retrouve devant une œuvre bâtarde pas vraiment déplaisante à regarder même si le Père Noël, armé d'une hache et s'il existe encore ou non dans l'inconscient collectif, ne fait désormais plus peur à grand monde...

 

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