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samedi 16 août 2025

Toubib malgré lui de Michael Apted (1987) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Lorsque l'on est un tout jeune adolescent (quatorze ans à l'époque) et que l'on découvre Toubib malgré lui (Critical Condition) de Michael Apted pour la première fois, le film fait un peu le même effet que Comment claquer un million de dollars par jour (Brewster's Millions) de Walter Hill ou Un fauteuil pour deux (Trading Places) de John Landis. Mais prenons des pincettes : dans une CERTAINE MESURE tout de même puisque sur ce coup-là, le long-métrage de Michael Apted n'a pas la grandeur ou l'aura de film culte qu'ont les deux autres. Il n'empêche qu'à sa simple évocation, celui-ci, comme les deux précités et bien d'autres encore, évoque une époque où les excellentes comédies américaines s'enchaînaient les unes derrières les autres. Il est relativement fou de constater combien la mémoire nous joue des tours. Et concernant, Toubib malgré lui, on peut dire que non seulement elle se joue de nous, mais qu'elle a également tendance à montrer combien nos critères évoluent en fonction de l'âge ou de notre état d'esprit. Il suffit juste par curiosité d'aller se renseigner sur les avis divers et nombreux qui noircissent les pages virtuelles d'Internet. C'est à se demander si l'on parle parfois du même film ou si deux cinéastes eurent l'idée d'un même titre, au même moment. C'est pourquoi, la meilleure façon de résoudre cette épineuse énigme demeure sans doute de se replonger dans cette comédie qui sortit sur les écrans en 1987. D'emblée, la présence de l'acteur afro-américain Richard Pryor est plutôt rassurante. Car même si sa carrière sur grand écran ne semble certes pas avoir été aussi fulgurante que celle d'Eddie Murphy, nous louerons malgré tout sa présence dans quelques sympathiques bobines généralement concentrées entre les années soixante-dix et la décennie suivante. Le visage de Richard Pryor est si célèbre que l'on a parfois l'impression de l'avoir vu un nombre incalculable de fois lors de sa ''grande'' époque. Pourtant, entre ses débuts dans la série Les mystères de l'ouest en 1966 et sa dernière apparition dans The Norm Show trente-trois ans plus tard, Richard Pryor n'aura tourné que dans une toute petite cinquantaine de longs-métrages et séries télévisées (dont le Superman III de Richard Lester dans lequel il interpréta le personnage de Gus Gorman)...


Dans Toubib malgré lui, il incarne le double rôle d'Eddie et de Kevin. Le premier est un malfrat qui avant de se faire passer pour un toubib... malgré lui, va collaborer avec la police... malgré lui également. Jugé lors d'un procès pour complicité aux côtés d'un trafiquant alors même qu'il a lui-même involontairement participé son arrestation, Eddie se fait passer pour un fou lors de son procès et le juge accepte qu'il soit examiné durant vingt et un jour dans le service pour malades mentaux d'un hôpital afin de vérifier si oui ou non il est atteint de troubles psychiatriques. À l'issue de son séjour, le directeur de l’hôpital confirme malheureusement pour lui qu'Eddie est sain d'esprit et qu'il partira en prison dès le lendemain. Nous sommes à la veille du week-end, dehors un orage menace et les patients du service psychiatrique prennent en otage le directeur de l’hôpital. Par un concours de circonstances, Eddie est alors confondu avec un autre médecin du nom de Kevin Slattery. Dehors, un ouragan se prépare, condamnant Eddie à se faire passer pour l'un des docteurs de l’hôpital... Un an auparavant, Richard Pryor apprend qu'il est atteint d'une sclérose en plaques, maladie qui finira par le condamner à la chaise roulante comme en témoignera son dernier rôle sur grand écran dans le chef-d’œuvre de David Lynch en 1997, Lost Highway...


Amaigri (les drogues étant certainement en partie responsables de son apparence physique), l'acteur noir jongle ici entre l'espoir de fuir l’hôpital tout en cherchant par tous les moyens de déléguer la totalité des responsabilités aux infirmiers et aux rares docteurs encore présents dans l'enceinte de l'établissement (sauf lorsque, bien entendu, il s'agit d'examiner une ''jolie plante''). Les gags se multiplient avec plus ou moins d'efficacité selon l''humeur du spectateur. Ça n'est jamais vraiment drôle même si l'on sourit ponctuellement face à quelques situations plus ou moins grotesques. Doublé par l'acteur et réalisateur franco-mauritanien Med Hondo, les spectateurs reconnaîtront sans mal la voix de celui qui fut le doubleur régulier du principal rival de Richard Pryor, Eddie Murphy. Lequel conviera d'ailleurs Richard Pryor à jouer dans le médiocre long-métrage qu'il réalisa lui-même en 1989, Les nuits de Harlem. Dans Toubib malgré lui, Richard Pryor incarne un pseudo-médecin surexcité, maladroit, directif, mais dont l'interprétation paraît parfois effacée (l'acteur semble ailleurs à certaines occasions). À ses côtés, l'actrice Rachel Ticotin interprète le rôle de Rachel Atwood et les plus anciens reconnaîtront au détour d'un couloir Rubén Blades (qui a notamment joué auprès de Robert Rodriguez et Spike Lee) dans le rôle de Louis, Joe Mantegna (Esprits criminels) dans celui de Arthur Chambers Louis ou encore Bob Dishy (le sergent Wilson visible dans deux épisodes de la série Columbo) dans la peau du docteur Foster. Sans être inoubliable, Toubib malgré lui reste certes brouillon et parfois assez lourd, mais demeure au fond, tout de même sympathique...

 

vendredi 14 juin 2024

Lost Highway de David Lynch (1997) - ★★★★★★★★★☆

 


 

C'est en repensant à un article consacré à Eraserhead qui dort dans les entrailles de mon PC, tellement navrant que je n'ai jamais osé le publier, que je me suis enfin décidé à consacrer un cycle à l'un de mes quatre ou cinq cinéastes préférés. Si l'on devait me poser la question et citer instantanément deux ou trois noms, Alejandro Jodorowsky, David Cronenberg et David Lynch seraient sans doute parmi les premiers à m'inspirer... L'ami Mike (il se reconnaîtra) et moi avons eu beau évoquer chacun nos préférences en la matière de ce génie qui n'a pas refait surface sur grand écran depuis son incroyable Inland Empire en 2006, je réalise en fait qu'il m'est presque impossible de réellement dresser mon top trois des œuvres que David Lynch a réalisé depuis ses débuts. Il m'est en effet plus simple de rejeter Sailor et Lula que de dire si Eraserhead trouve finalement davantage grâce à mes yeux que Lost Highway, Mulloland Drive ou encore Blue Velvet qui durant de très nombreuses années demeura mon préféré. Peut-être parce que je l'avais découvert à l'époque sur grand écran, contrairement aux autres. ''Dick Laurent is dead...''. C'est sur cette simple phrase que démarre véritablement Lost Highway. Une forme d'énigme comme le cinéaste aime à les cultiver. Régurgiter à travers des mots ce que l'on a pu ressentir durant ce qui s'avère de la part de son auteur une énième expérience cinématographique est rude (Il n'y a guère que le Jodorowsky de Santa Sangre, le Cronenberg de Faux-semblants ou le Noé de Enter the Void pour me faire autant vibrer). Terriblement rude. Surtout lorsque le réalisateur conserve auprès de lui la plupart des clés, laissant ainsi le spectateur se démerder avec sa propre manière d'envisager le récit. Autant dire qu'aller chercher chez d'autres les explications qui permettraient de coucher sur papier dématérialisé une analyse éclairée ne servirait à rien. Et quitte à se tromper sur la marchandise, quelle importance ? Qui d'autre que David Lynch lui-même peut véritablement se targuer de connaître le fin fond de l'affaire ? Réponse : personne... Comme je m'étais fait à l'époque la réflexion au sujet de Eraserhead, la plupart des longs-métrages signés du réalisateur américain ressemblent à des cours d'eau relativement tranquilles, du moins jusqu'à un certain point. Jusqu'à ce que la quiétude des eaux soit dérangée par de tempétueuses cascades brouillant des pistes qui jusque là s'avéraient étonnamment fluides. Ça n'est bien sûr pas toujours vrai (Inland Empire), mais Lost Highway fait figure d’œuvre bicéphale, où la schizophrénie vient frapper de plein fouet non seulement le récit mais les spectateurs eux-mêmes.


Le film apparaît comme un puzzle qui demande un minimum de réflexion pour que chaque pièce soit repositionnée au bon endroit. Puis vient le moment où un type un peu fou débarque dans votre chambre et vient tout foutre en l'air, chacune des pièces en question retombant côté pile et révélant un tout autre décor... Je n'en démords pas : tout ou presque découle de ce geste de ''réconfort'' offert à Fred (Bill Pullman) par la main bienveillante de son épouse Renée (Patricia Arquette) : Une petite tape dans le dos alors qu'il peine à lui faire l'amour. Une humiliation. Difficile d'insinuer autre chose, surtout lorsqu'on a l'art et la manière comme David Lynch de filmer cet acte théoriquement anodin... On devine la suite : suspicion, jalousie et au final, le corps de Renée allongée sur le lit du couple, baignant dans son propre sang. Fred ? Arrêté, accusé de meurtre, condamné à la peine capitale et, en attendant, enfermé dans une cellule du couloir de la mort. Rien que de très classique pour une histoire d'amour virant au cauchemar. C'est pourtant très précisément au moment où le générique de fin devrait logiquement dérouler son habituelle litanie sur fond noir que le récit semble réellement démarrer. Car un fait extraordinaire vient de se produire : Fred a disparu de sa cellule et à sa place s'y est retrouvé une jeune garagiste du nom de Pete (Balthazar Getty). Patatras ! On (ne) reprends (pas) les mêmes et on (ne) recommence (pas). Si vous choisissez de ne pas ôter les parenthèses, alors vous et moi sommes d'accord. Avec son récit à double tiroirs, sa cassure qui intervient après seulement trois-quart d'heures (le film dure près de cent-trente cinq minutes), la symbolique de la veuve noire, ces personnages qui se chevauchent, s'assimilent les uns aux autres, le renversement de certaines croyances typiquement européennes (la Blonde et la Brune, l'épouse et la maîtresse), sa figure démoniaque (l'homme mystère interprété par l'impressionnant Robert Blake), sa part de rêve et ses zones d'ombre, Lost Highway est typiquement ''Lynchéen''. Une œuvre labyrinthique qui à son tour renvoie à cette éternelle obsession du réalisateur pour les drapés rouges derrière lesquels s'activent des forces obscures. Retour dans le passé ou voyage dans le temps, transfiguration, passion charnelle (David Lynch transforme instantanément Patricia Arquette en icône sexuelle et sensuelle), le film est l'un des nombreux chefs-d’œuvre de l'artiste. À regarder encore et encore, sans la moindre réserve et sans modération, jusqu'à cet ultime instant où peut-être la lumière complète se fera sur ce projet totalement fou, barré, rare, complexe, noir mais surtout magnifique...

 

dimanche 26 février 2023

Le joujou (The Toy) de Richard Donner (1982) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Le joujou (The Toy) de Richard Donner, c'est au tout départ un scénario. Celui du réalisateur et scénariste français Francis Veber. Puis dans la foulée, un long-métrage, lui aussi français et lui aussi réalisé par Francis Veber. Une comédie à l'humour parfois amer porté par deux grands interprètes. D'un côté, Pierre Richard qui jusque là s'était manifesté dans des œuvres humoristiques nettement plus légères que celle à laquelle il allait donc s'attaquer en 1976 auprès de Michel Bouquet. Reprenant le rôle de François Perrin qu'il incarna tout d'abord dans le diptyque d'Yves Robert Le grand blond avec une chaussure noire en 1972 et Le retour du grand blond en 1974 (personnage qu'il réinterprétera à deux autres reprises avant de passer le flambeau à Patrick Dewaere,Jean-Pierre Marielle et Patrick Bruel), il incarnait cette fois là un rôle de journaliste au chômage parvenant à se faire embaucher parmi les employés du quotidien France Hebdo dont le président-directeur-général n'était autre que Michel Bouquet dans le rôle de Pierre Rambal-Cochet. Un être froid, demeurant indifférent aux préoccupations de ses employés, capable de faire licencier l'un d'entre eux pour la simple raison qu'il a les mains moites (Gérard Jugnot dans la peau de Pignier, un personnage faisant directement référence au renvoi d'un employé de l'entrepreneur Marcel Dassault qui n'hésita pas à renvoyer l'un de ses employés pour la même raison !) et qui n'accorde qu'une part très infime de son temps à son fils Éric qui lui est interprété par le jeune Fabrice Greco dont Le jouet demeurera l'unique occasion de se faire connaître sur grand écran. Une œuvre hybride jouant autant sur la fibre humoristique de l'un des acteurs comiques les plus populaires de France et sur l'austérité et l'antipathie que dégageait avec un naturel déconcertant l'immense Michel Bouquet...



La plupart des longs-métrages écrits et réalisés par Francis Veber ayant été adaptés outre-atlantique, Le jouet n'a lui-même pas dérogé à la règle et quelques années plus tard, voilà que l'auteur de La malédiction en 1976, Superman en 1978 et plus tard Les Goonies en 1985 ou la série de films L'arme Fatale allait signer avec Le joujou, l'un de ses plus mauvais films, sinon le pire d'une filmographie pourtant en partie exemplaire. C'est là tout le paradoxe qui réside entre l'humour hexagonal et celui que l'on rencontre généralement sur le territoire américain. Ça n'est pas faire preuve de chauvinisme que d'affirmer que de l'autre côté de la planète l'on est nettement moins à l'aise avec l'écriture raffinée des dialogues que sur notre territoire. C'est sans doute alors la raison pour laquelle Richard Donner et ses interprètes misèrent tout ou presque sur la gestuelle de leur personnage respectif. Richard Pryor a beau être alors une star du comique bien qu'un peu moins populaire chez nous qu'Eddie Murphy à l'époque, il n'en est pas moins décevant dans le rôle de Jack Brown, un afro-américain dont le sort sera sensiblement le même que notre François Perrin national. Mais alors que Pierre Richard réussissait à doser son personnage entre pitreries et bons mots, l'acteur américain en fait des tonnes, quitte à se rendre lui-même ridicule sans que cela ne génère cependant le moindre rire. Quant à Jackie Gleason, le pauvre, passer après Michel Bouquet afin d'interpréter à son tour le propriétaire d'un journal relativement antipathique ne lui laissait aucune chance de briller à l'image comme avait pu le faire l'acteur français six ans auparavant. À dire vrai, celui qui s'en sort peut-être le mieux reste le jeune Scott Schwartz dans le rôle du fils Eric Bates. Acteur qui contrairement au français Fabrice Greco fera carrière dans le cinéma et à la télévision et qui aujourd'hui encore continue de tourner. Lourd et dénué du poids que représentait la relation père/fils de l’œuvre originale, Le joujou est comme en grande partie basé sur le principe des remakes américains de films français presque totalement ratés. Pas drôle et dégageant une énergie proprement inutile. Reste maintenant à savoir si dans notre pays l'on est soit-même capable d'écrire, réaliser et interpréter un remake puisque l'année dernière est sorti sur les écrans, Le nouveau jouet avec Daniel Auteuil et Jamel Debbouze... Verdict très bientôt...

 

lundi 22 août 2022

Comment claquer unmillion de dollars par jour de Walter Hill (1985) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Connu pour avoir tourné un nombre impressionnants de classiques de la série B durant les dix premières années de sa carrière (Les guerriers de la nuit en 1979, Sans retour en 1981, 48 Heures (et sa séquelle 48 heures de plus) en 1982, Les rues de feu en 1984, Extrême préjudice en 1987 ou encore Johnny Belle Gueule en 1989), le réalisateur américain Walter Hill signait en 1985 l'excellente comédie Comment claquer un million de dollars par jour (Brewster's Millions). Autant dire, le rêve de n'importe qui mis à portée de main de Monty Brewster, joueur de base-ball de la petite équipe des Bulls de Hackensack, ville située dans l'état du New Jersey. Interprété par l'acteur afro-américain Richard Pryor, principal rival d'Eddie Murphy (les deux hommes seront régulièrement doublés chez nous par l'acteur franco-mauricien Med Hondo), Montgomery Brewster de son vrai nom est un jour convoqué dans les bureaux des avocats Granville & Baxter à New York où il apprend que son grand-oncle Rupert Horn (l'acteur Hume Cronyn) est décédé. Seul héritier de ce vieil homme d'affaire excentrique et acariâtre parti de rien et devenu multimillionnaire, Brewster se voit offrir l'opportunité d'hériter de la faramineuse somme de trois-cent millions de dollars. Mais pour cela, il devra en dépenser trente durant les trente prochains jours sans pour autant rien posséder à son nom et en respectant certaines règles : parmi celles-ci, il ne devra pas jeter l'argent par les fenêtres et ne surtout rien révéler à quiconque (même pas à son meilleur ami Spike Nolan qu'interprète l'acteur John Candy) du pacte passé avec les dirigeants du cabinet d'avocats Granville & Baxter...


Trente jours durant lesquels Brewster va être régulièrement sollicité et suivi de près par la charmante Angela Frake (Lonette McKee) qui tiendra les comptes des dépenses et de son compagnon Warren Cox (Stephen Collins) auquel Brewster offrira la responsabilité de revoir toute la décoration des nouveaux bureaux du joueur de base-ball. Mais ce que ne sait pas Brewster, c'est que l'homme en question l'espionnera pour le compte de George Granville (David White) et Norris Baxter (Jérôme Dempsey). Ces derniers, comme le remarqueront très rapidement les spectateurs, évoquent immédiatement le duo que formèrent Don Ameche et Denholm Elliot dans le génial Un fauteuil pour deux de John Landis deux ans auparavant. Et pour cause, si ceux qui incarnèrent les frères Mortimer et Randolph Duke de la société Duke & Duke Commodity Brokers semblent si proches de George Granville et Norris Baxter, c'est sans doute en partie parce qu'à l'écriture du scénario de Comment claquer un million de dollars par jour l'on retrouve l'écrivain de romans policiers et scénariste américain Timothy Harris qui justement avait été chargé de celle du classique de John Landis. Et pourtant, Comment claquer un million de dollars par jour est à l'origine l'adaptation d'un roman signé de George Barr McCutcheon en 1902...


Un ouvrage qui sera maintes et maintes fois adapté, et notamment sur grand écran puisque dès 1914 et par Cecil B. DeMille et Oscar Apfel, le roman sera plusieurs fois transposé au cinéma: En 1921, 1926, 1935, 1945, 1954, 1961, en 1985 (la même année que l'adaptation de Walter Hill), puis en 1988, en 1997, en 2016 et enfin en 2018. Walter Hill signe avec Comment claquer un million de dollars par jour une comédie qui donne le vertige. Moins pour son propos que pour la vitesse avec laquelle les situations s'enchaînent. Entre le héros cherchant par tous les moyens à perdre de l'argent (paris sur des outsiders, financements de projets voués à l'échec) mais le destin en ayant décidé autrement, la plupart des procédés mis en œuvre ont malheureusement des conséquences contraires. Richard Pryor déploie une énergie folle et si Walter Hill prouve qu'il est aussi à l'aise dans la comédie que dans tout autres types de cinémas, Comment claquer un million de dollars par jour souffre d'un handicap ayant tendance à ce généraliser dans le cinéma comique outr-atlantique : en effet, cette comédie, comme bon nombre d'entre elles se base davantage sur un humour axé sur la gestuelle et un comique de situation que sur la profondeur de ses dialogues. Au hasard des seconds rôles l'on a notamment l'occasion de retrouver le toujours sympathique Rick Moranis (les franchises Chérie, j'ai rétréci les gosses et Ghostbusters) dans le rôle de l'imitateur Morty King ! Pure comédie, Comment claquer un million de dollars par jour ne se départit cependant pas d'une certaine critique puisque l’œuvre évoque en outre cupidité, fourberies et manigances avec un sens de la délectation parfaitement jubilatoire... Culte !

 

dimanche 21 août 2022

La Bible ne fait pas le moine de Marty Feldman (1980) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Sous ses allures ''Monty Pythonesque'', la séquence d'ouverture de La Bible ne fait pas le moine de et avec Marty Feldman ressemble aux premiers méfaits de Terry Jones ou Terry Gilliam. À la différence de quoi, leur homologue britannique n'aura réalisé durant une carrière principalement consacrée à l'interprétation, que deux longs-métrages. Mon 'Beau' légionnaire en 1977, sur lequel il n'est pas idiot de penser que je reviendrai peut-être l'un de ces jours, ainsi que La Bible ne fait pas le moine, donc, et qui lui date de 1980. Une carrière étonnante que celle de Marty Feldman qui, si l'on fait confiance à l'Internet Movie Data Base n'est apparu que dans vingt-sept films et séries télévisées. Ce qui s'explique certainement par le jeune âge auquel l'acteur a disparu. Débutant sa carrière en 1958 et la terminant vingt-cinq ans plus tard en 1983 avec Barbe d'or et les pirates (Yellowbeard) de Mel Damski, Marty Feldman meurt effectivement un an avant que ne sorte sur les écrans le dernier film dans lequel il devait apparaître d'une crise cardiaque. À seulement quarante-huit ans. Une perte immense pour le cinéma britannique en particulier et même mondial pour celui qui se montra si généreux en matière de pitreries à l'écran. On se souviendra bien évidemment de son rôle d'Igor dans le Frankenstein Junior de Mel Brooks ou de Marty Eggs dans La Dernière Folie de Mel Brooks du même réalisateur, mais ce serait faire l'impasse sur son métier de réalisateur qui se conclut donc en 1980 au bout de deux longs-métrages seulement. Dans La Bible ne fait pas le moine, Marty Feldman tient le principal rôle de frère Ambroise. Un jeune frère en soutane (laquelle sera scrupuleusement portée une bonne partie du récit) envoyé à la rencontre du Grand Armageddon par le père Abbot Thélonious (l'acteur anglais Wilfrid Hyde-White, habitué des rôles de majordomes et que l'on a pu notamment voir dans Les Dix Petits Indiens de George Pollock en 1965, La Chambre des horreurs d'Hy Averback l'année suivante ou deux épisodes de la série Columbo en 1972 et 1976...


Quittant le confort de son monastère, Ambroise part à la rencontre du monde, et notamment de la vie bouillonnante de Los Angeles. Une ville foisonnante, bruyante, dans laquelle sa présence ne ferait pas tâche parmi les noctambules qui y déploient leur singularité si lui-même n'y apparaissait pas si insolite. C'est là-bas qu'Ambroise va non seulement devoir tout entreprendre afin de rencontrer le Grand Armageddon, seul à pouvoir subvenir aux besoins du monastère, mais aussi faire la connaissance de Mary, une prostituée qui rapidement va le prendre sous son aile et abriter le jeune frère sous son toit. Cette visite de la Cité des Anges sera pour Ambroise, un véritable bouleversement. Lui qui depuis toujours à voué son existence à Dieu va effectivement y découvrir ce qu'est l'amour dans les bras de Mary. Aux côtés de l'acteur et réalisateur l'on retrouve l'actrice Louise Lasser qui entre 1966 et 1970 fut mariée au réalisateur américain Woody Allen ainsi que Peter Boyle qui tourna notamment pour Peter Medak, Martin Scorsese, William Friedkin, Irwin Allen, Walter Hill ou Spike Lee mais que l'on vit également six ans avant le tournage de La Bible ne fait pas le moine dans Frankenstein Junior de Mel Brooks et dans lequel il côtoya déjà Marty Feldman en endossant le rôle de la créature du célèbre docteur (ici renommé Frederick Frankenstein !


Rien d'étonnant à découvrir que La Bible ne fait pas le moine est une comédie et pourtant, malgré les pitreries de Marty Feldman, malgré les cascades que l'acteur effectuera lui-même (renvoyant ainsi à l'art de l'immense Buster Keaton), malgré la caricature (presque) outrancière de certains personnages (l'humoriste et acteur américain Andy Kaufman incarne notamment un Armaggedon T. Thunderbird portant fièrement une perruque blonde à hurler de rire), le réalisateur/scénariste(collaborant à l'écriture avec Chris Allen)/acteur signe une œuvre parfois touchante, surtout dans sa relation avec la prostituée Mary. Impossible en effet de rester de marbre vis à vis du comportement de Marty Feldman/Ambroise, de son regard si particulier (l'homme était connu pour avoir un fort strabisme divergent ainsi que les yeux globuleux, tares dues à maladie de Basedow) ou de son attitude parfois embarrassée. Un personnage drôle et émouvant interprété par un acteur/réalisateur qui n'oublie pas de se moquer de ces prédicateurs télévisés ici figurés par la présence d'Andy Kaufman. Tendre mais aussi parfois particulièrement cynique, La Bible ne fait pas le moine est une excellente comédie qui parmi la pléthore de longs-métrages du genre qui sortaient sur le sol américain à l'époque (car malgré ses origines britanniques, Marty Feldman se dirigera sur le tard vers les États-Unis), n'est malheureusement pas l'un des plus connus. À noter que l'acteur Richard Pryor y interprète le rôle de G.O.D. À découvrir pour les uns et à revoir pour les autres...

 

samedi 20 août 2022

See No Evil, Hear No Evil de Arthur Hiller (1989) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Si la chose ne transparaît pas forcément à l'écran, il faut savoir que l'excellent duo formé par les acteurs Gene Wilder et Richard Pryor ne reflétait absolument pas leur vie intime respective (les deux hommes ne se fréquentant effectivement pas en dehors des jours de tournage). En effet, alors que Gene Wilder avait pour habitude de travailler avec rigueur, Richard Pryor avait quant à lui pour coutume d'arriver en retard sur les plateaux de tournage. Une habitude qui n'allait pas sans une importante consommation de drogues et d'alcool. Des penchants qui privèrent les deux hommes de travailler sur ce qui allait devenir en 1983, l'une des plus remarquables et des plus drôles des comédies américaines traduite chez nous sous le titre Un fauteuil pour deux de John Landis. Remplacés par l'excellent duo Eddie Murphy et Dan Akroyd, on n'ose imaginer à quoi aurait ressemblé le film s'il avait été interprété par le duo formé par Gene Wilder et Richard Pryor, lequel n'est au fond pas si éloigné que celui que formèrent donc pour un court moment les deux autres vedettes de cinéma. Bêtement traduit sous le titre Pas nous, pas nous, le vingt-sixième long-métrage cinématographique du réalisateur Arthur Hiller See No Evil, Hear No Evil sera l'avant-dernière collaboration entre Gene Wilder et Richard Pryor après Transamerica Express (également signé d'Arthur Hiller en 1976), Faut s'faire la malle de Sidney Poitier en 1980 et avant Another You qui lui, sera réalisé en 1991 par Maurice Phillips. Rien d'étonnant à ce que See No Evil, Hear No Evil soit une comédie, nous retrouvons donc les deux acteurs au centre d'un récit burlesque dans lequel un aveugle (Richard Pryor dans le rôle de Wally Karue) et un sourd (Gene Wilder dans celui de Dave Lyons) s'avèrent être les témoins uniques d'un assassinat ! Ces deux hommes, qui ne se connaissent pas, tentent tout d'abord de cacher qu'ils sont l'un et l'autre atteints d'un handicap. Ce qui nous vaut parfois quelques situation particulièrement absurdes mais drôlatiques. Comme celle mettant en scène l'aveugle aidant un autre aveugle à traverser la rue ! Ou celles lors desquelles l'attention du sourd est détournée (il est en effet capable de lire sur les lèvres).


Arthur Hiller met bien évidemment ses deux interprètes dans des situations qui se joueront de leurs inaptitude à voir ou à entendre. Richard Pryor se retrouvera notamment au volant d'une voiture et Gene Wilder devra taper du pied au sol ou tenir la main de son comparse s'il veut que celui-ci parvienne à le suivre dans la rue. D'abord connu pour avoir réalisé en 1970 la romance dramatique Love Story avec Ali McGraw et Ryan O'Nea, ce film qui rencontra le succès et qui remporta un certain nombre de récompenses dans les festivals n'empêcha pas son auteur d'investir avant et après les domaines du film de guerre (Tobrouk, commando pour l'enfer), de l'horreur (Morsures) ou de la comédie, genre qu'il aborda à de multiples reprises (Ras les profs ! en 1984 avec Nick Nolte). Duo savoureux et antinomique (comme dans la vie, le personnage incarné par Gene Wilder apparaît moins loufoque que celui interprété par Richard Pryor). Nous sommes au États-Unis et comme le veut la ''tradition'', nous sommes face à une comédie jouant davantage sur les mimiques de ses deux principaux interprètes que sur la subtilités des dialogues. See No Evil, Hear No Evil joue sur deux tableaux. L'humour, bien sûr, mais également le policier puisque soupçonnés de meurtre, ils seront traqués par la police. Mais aussi et surtout par un duo de criminels interprétés par Joan Sevenrance (dans le rôle de Eve) et... Kevin Spacey, oui, l'un des charismatiques personnages du film culte de Bryan Singer Usual Suspects, du bouleversant La vie de David Gale d'Alan Parker ou l'auteur lui-même de l'excellent thriller Albino Alligator en 1996. Arthur lui offre un petit rôle, celui du bras droit d'Eve, Kirgo ! Même si See No Evil, Hear No Evil n'est certes pas remarquablement fin (ils s'y sont tout de même mis à six pour écrire ou adapter le scénario), il n'est pas rare que l'on rigole ou que l'on sourit lors de courtes séquences ubuesques (Richard Pryor se faisant notamment passer pour le gynécologue suédois Johansson !). Mais la multiplicité des scénaristes a pour conséquence, un imprévu : le film d'Arthur Hiller ressemble parfois à un patchwork de séquences humoristiques lui donnant les allures d'une compilation de sketchs dont seraient les héros presque exclusifs, Gene Wilder et Richard Pryor. See No Evil, Hear No Evil est notamment l'occasion de quelques balades en voiture ou à pied dans le New York des années soixante-dix... Richard Pryor et Gene Wilder rejoueront une dernière fois ensemble et iront longtemps après rejoindre les étoiles du cinéma à dix ans d'intervalle. Le premier en 2006 et le second en 2016...

 

vendredi 29 octobre 2021

Blaxploitation : Car Wash de Michael Schultz (1976) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Ceux qui me connaissent savent que je n'aime pas les comédies musicales. Ou si peu. West Side Story, Grease, Moulin Rouge, Les demoiselles de Rochefort ou Chantons sous la pluie ? Très peu pour moi... J'avoue avoir malgré tout une faiblesse pour quatre d'entre elles. Le Phantom of the Paradise de Brian De Palma, The Blues Brothers de John Landis, Cry-Baby de John Waters et... Car Wash de Michael Schultz. En réalité, le format de ce dernier est un peu particulier puisque les interprètes ne s'arrêtent que très sporadiquement pour interpréter les chansons qui passent à la radio durant une très grande partie du long-métrage. Film de Blaxploitation datant de 1976, Car Wash est une œuvre culte dont l'essentiel repose davantage sur sa bande musicale que sur le récit puisque de ce point de vue là, le scénario est d'une confondante simplicité. Un scénario écrit par Joel Schumacher, futur réalisateur de Génération Perdue, Le Droit de tuer ou encore 8 millimètres. Culte parce qu'à l'époque, ou du moins c'est le sentiment que laisse transparaître le film de Michael Schulz, il était encore possible d'autoriser un certain vent de liberté quel que soit le sujet abordé. Ici, tout ne semble être que question d'improvisation. Alors qu'aujourd'hui des codes de bien-pensance empêchent d'entendre ou de voir tout et son contraire, à l'époque, personne n'aurait pensé s’offusquer en voyant déambuler à l'image, un Antonio Fargas (Huggy les bons tuyaux de la série policière Starsy et Hutch) dans le rôle d'un homosexuel ultra caricatural. Une ''folle'' comme il était de coutume chez les hétéros bas du front de nommer les homosexuels.



Personne ne serait sans doute monté sur ses grands chevaux lorsque les employés d'une station de lavage automatique s'amusent de la reconversion de l'un d'entre eux à la religion musulmane (Bill Duke dans le rôle de Abdullah Mohamed Akbar)... ''Il n'y a pas de superman noir...'' comme l'évoque à l'époque très justement le personnage de TC aka La Mouche qu'interprète l'acteur Franklyn Ajaye. Une pensée visionnaire et une injustice qui sera longtemps plus tard réparée puisque les fans de l'univers DC devraient logiquement bientôt découvrir le premier Superman noir sur grand écran. Sous couvert d'être une comédie (musicale), Car Wash laisse tranquillement ses messages infuser. Mais avec bien moins de violence et d'arrogance qu'aujourd'hui. C'était d'ailleurs un peu le principe de la Blaxploitation dont le but principal était de mettre l'homme noir sur un même d'égalité que le blanc tout en se moquant gentiment de celui-ci. Rien de méchant, donc. Le récit prend place dans une station de lavage de voitures dans laquelle une dizaine d'employés passent visiblement plus de temps à chanter, à faire les idiots, à danser ou à draguer les quelques rares représentantes féminines qui passent à l'image (Lauren Jones dans le rôle de Marleen ou Tracy Reed dans celui de Mona) qu'à travailler.


Les véritables moments de profondeur sont rares, voire seulement survolés, Michael Schultz semblant avoir abandonné toute idée de contrôle sur ses interprètes. Ponctuellement drôle, Car Wash pêche malheureusement par sa pauvreté scénaristique. Un minimalisme qui, sans provoquer de désastre, suscite au bout de trois-quart d'heure un certain ennui malgré ses très nombreuses mises en situation. À dire vrai, l'un des principaux intérêts du long-métrage provient du charme suranné typique des années soixante-dix qui s'en dégage. À commencer par sa bande musicale composée par Norman Jesse Whitfield et interprétée par le groupe de R&B, de soul et de disco Rose Royce, ou dans une moindre mesure par les Pointer Sisters qui apparaissent ici à l'écran sous le nom de The Wilson Sisters. Parmi les autres interprètes nous retrouvons l'acteur Jason Bernard dans un rôle secondaire (il fut notamment l'interprète de Caleb Taylor, le père d'Elias dans la série télévisée de science-fiction culte V) ou encore Richard Pryor dans le rôle de Papa Riche quatre ans avant celui qu'il interpréta dans Faut s'faire la malle de Sidney Poitier ou neuf avant celui qu'il incarna dans Comment claquer un million de dollars par jour de Walter Hill. Au final, Car Wash a vieilli et n'aura sans doute pas le même impact que celui, persistant, du géniallissime Blues Brothers de John Landis...

 

samedi 3 avril 2021

Silver Streak (Transamerica Express) de Arthur Hiller (1976) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après avoir tourné pour Arthur Penn, Mel Brooks ou Bud Yorkin, l'acteur Gene Wilder accepte le rôle principal de Siver Streak (Transamerica Express), le nouveau film que réalise Arthur Hiller en 1976. Un long-métrage qui deux ans après Le crime de l'Orient Express de Sidney Lumet situe lui aussi la majeure partie de son action dans un train. Sauf que dans ce cas précis, il ne s'agit plus d'une enquête menée par le célèbre détective belge Hercule Poirot mais d'un récit mettant en scène l'éditeur George Caldwell, un homme simple qui va être au centre d'une affaire criminelle tournant autour de lettres apparemment écrites de la main du célèbre peintre Rembrandt. C'est à bord du Transamerica Express qu'il fait d'abord la connaissance de la belle Hilly Burns qu'interprète l'actrice Jill Clayburgh, laquelle débutait sa carrière sur grand écran après quelques apparitions dans une poignée de série avec le tout premier long-métrage de Brian De Palma, The Wedding Party en 1969. Ouvrant par erreur la porte communiquant entre leur cabine respective, George va vivre une romance auprès de la jeune femme, elle-même employée par l'historien d'art Schreiner (l'acteur Stefan Gierasch). Mais alors que le voyage vers Chicago se déroule jusqu'à maintenant dans les meilleures conditions, George assiste au meurtre du professeur Schreiner qu'il voit tomber du train à travers la fenêtre de la cabine de Hilly. Durant le trajet, George fait notamment la rencontre de Bob Sweet (Ned Deatty, notamment humilié dans le survival Délivrance de John Boorman quatre ans plus tôt) qui s'avère un agent du FBI venu enquêter sur les agissement d'un certain Roger Devereau qu'interprète l'acteur Patrick McGoohan, rendu mondialement célèbre pour son rôle dans les séries séries Destination Danger et Le Prisonnier entre 1960 et 1968.


Comme on peut le constater, Arthur Hiller n'a pas fait les choses à moitié et a convoqué pour son dix-huitième long-métrage (sans compter les innombrables épisodes de séries télévisées réalisés depuis ses débuts en 1954) un remarquable casting auquel on peut également ajouter l'excellent Richard Pryor que l'on retrouvera par la suite dans Faut s'faire la malle... de Sidney Poitier en 1980 ou dans le rôle de Gus Gorman dans les troisièmes aventures du super-héros Superman dans le long-métrage éponyme signé de Richard Lester en 1983. La bande originale est quant à elle l’œuvre du compositeur Henri Mancini dont The Pink Panther Theme écrite à l'attention du film La Panthère rose de Blake Edwards demeure sans doute parmi les plus connues de ses créations personnelles. Si Siver Streak est majoritairement situé dans un train reliant Los Angeles à Chicago en deux jours, le film n'en est pas moins vigoureux en terme de mise en scène et d'action. En effet, la réalisation d'Arthur Hiller et le scénario de Colin Higgins permettent au long-métrage de foncer à vive allure en multipliant les péripéties. Et même si une forte pointe d'humour et la romance entre ses deux principaux protagonistes egayent l'ensemble, il s'agit avant tout d'un thriller dans lequel les morts s'amoncellent. Le ''Requin'' des James Bond Richard Kiel y fait une fugace apparition, tout comme Scatman Crothers qui quatre ans plus tard incarnera le personnage de Dick Halloran dans l'effrayant Shining de Stanley Kubrick. Le ton humoristique que prend Siver Streak ne vire fort heureusement pas à la parodie et demeure donc respectueux des oeuvres et de leurs créateurs auxquels le film semble se référer. Bourré d'action, de cascades, de meurtres, Siver Streak nous propose une aventure ''ferroviaire'' tout sauf ennuyeuse aux commandes de laquelle Gene Wilder fait des prouesses...

 

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