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dimanche 21 août 2022

La Bible ne fait pas le moine de Marty Feldman (1980) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Sous ses allures ''Monty Pythonesque'', la séquence d'ouverture de La Bible ne fait pas le moine de et avec Marty Feldman ressemble aux premiers méfaits de Terry Jones ou Terry Gilliam. À la différence de quoi, leur homologue britannique n'aura réalisé durant une carrière principalement consacrée à l'interprétation, que deux longs-métrages. Mon 'Beau' légionnaire en 1977, sur lequel il n'est pas idiot de penser que je reviendrai peut-être l'un de ces jours, ainsi que La Bible ne fait pas le moine, donc, et qui lui date de 1980. Une carrière étonnante que celle de Marty Feldman qui, si l'on fait confiance à l'Internet Movie Data Base n'est apparu que dans vingt-sept films et séries télévisées. Ce qui s'explique certainement par le jeune âge auquel l'acteur a disparu. Débutant sa carrière en 1958 et la terminant vingt-cinq ans plus tard en 1983 avec Barbe d'or et les pirates (Yellowbeard) de Mel Damski, Marty Feldman meurt effectivement un an avant que ne sorte sur les écrans le dernier film dans lequel il devait apparaître d'une crise cardiaque. À seulement quarante-huit ans. Une perte immense pour le cinéma britannique en particulier et même mondial pour celui qui se montra si généreux en matière de pitreries à l'écran. On se souviendra bien évidemment de son rôle d'Igor dans le Frankenstein Junior de Mel Brooks ou de Marty Eggs dans La Dernière Folie de Mel Brooks du même réalisateur, mais ce serait faire l'impasse sur son métier de réalisateur qui se conclut donc en 1980 au bout de deux longs-métrages seulement. Dans La Bible ne fait pas le moine, Marty Feldman tient le principal rôle de frère Ambroise. Un jeune frère en soutane (laquelle sera scrupuleusement portée une bonne partie du récit) envoyé à la rencontre du Grand Armageddon par le père Abbot Thélonious (l'acteur anglais Wilfrid Hyde-White, habitué des rôles de majordomes et que l'on a pu notamment voir dans Les Dix Petits Indiens de George Pollock en 1965, La Chambre des horreurs d'Hy Averback l'année suivante ou deux épisodes de la série Columbo en 1972 et 1976...


Quittant le confort de son monastère, Ambroise part à la rencontre du monde, et notamment de la vie bouillonnante de Los Angeles. Une ville foisonnante, bruyante, dans laquelle sa présence ne ferait pas tâche parmi les noctambules qui y déploient leur singularité si lui-même n'y apparaissait pas si insolite. C'est là-bas qu'Ambroise va non seulement devoir tout entreprendre afin de rencontrer le Grand Armageddon, seul à pouvoir subvenir aux besoins du monastère, mais aussi faire la connaissance de Mary, une prostituée qui rapidement va le prendre sous son aile et abriter le jeune frère sous son toit. Cette visite de la Cité des Anges sera pour Ambroise, un véritable bouleversement. Lui qui depuis toujours à voué son existence à Dieu va effectivement y découvrir ce qu'est l'amour dans les bras de Mary. Aux côtés de l'acteur et réalisateur l'on retrouve l'actrice Louise Lasser qui entre 1966 et 1970 fut mariée au réalisateur américain Woody Allen ainsi que Peter Boyle qui tourna notamment pour Peter Medak, Martin Scorsese, William Friedkin, Irwin Allen, Walter Hill ou Spike Lee mais que l'on vit également six ans avant le tournage de La Bible ne fait pas le moine dans Frankenstein Junior de Mel Brooks et dans lequel il côtoya déjà Marty Feldman en endossant le rôle de la créature du célèbre docteur (ici renommé Frederick Frankenstein !


Rien d'étonnant à découvrir que La Bible ne fait pas le moine est une comédie et pourtant, malgré les pitreries de Marty Feldman, malgré les cascades que l'acteur effectuera lui-même (renvoyant ainsi à l'art de l'immense Buster Keaton), malgré la caricature (presque) outrancière de certains personnages (l'humoriste et acteur américain Andy Kaufman incarne notamment un Armaggedon T. Thunderbird portant fièrement une perruque blonde à hurler de rire), le réalisateur/scénariste(collaborant à l'écriture avec Chris Allen)/acteur signe une œuvre parfois touchante, surtout dans sa relation avec la prostituée Mary. Impossible en effet de rester de marbre vis à vis du comportement de Marty Feldman/Ambroise, de son regard si particulier (l'homme était connu pour avoir un fort strabisme divergent ainsi que les yeux globuleux, tares dues à maladie de Basedow) ou de son attitude parfois embarrassée. Un personnage drôle et émouvant interprété par un acteur/réalisateur qui n'oublie pas de se moquer de ces prédicateurs télévisés ici figurés par la présence d'Andy Kaufman. Tendre mais aussi parfois particulièrement cynique, La Bible ne fait pas le moine est une excellente comédie qui parmi la pléthore de longs-métrages du genre qui sortaient sur le sol américain à l'époque (car malgré ses origines britanniques, Marty Feldman se dirigera sur le tard vers les États-Unis), n'est malheureusement pas l'un des plus connus. À noter que l'acteur Richard Pryor y interprète le rôle de G.O.D. À découvrir pour les uns et à revoir pour les autres...

 

samedi 7 septembre 2019

Red Heat de Walter Hill (1988) - ★★★★★★★☆☆☆



Réalisé en 1988 par le cinéaste américain Walter Hill auquel on doit un sacré paquet d'excellents films d'action et de comédies (The Warriors en 1979, Southern Comfort en 1981, 48 Hours en 1982, Comment Claquer un Million de Dollars par Jour en 1985 ou encore Extreme Prejudice en 1987 en ce qui concerne la première moitié de sa carrière de cinéaste), Red Heat (Double Détente) constitue un aboutissement pour le réalisateur et l'un des deux principaux interprètes qui rêvaient en effet de tourner un film ensemble. C'est donc dans la peau d'un flic de la milice russe, le Capitaine Ivan Danko que l'on retrouve l'une des grandes stars du film d'action de l'époque, l'acteur austro-américain d'origine autrichienne Arnold Schwarznegger auquel est affublé le sergent Arthur Ridzik qu'incarne l'acteur, scénariste, réalisateur et producteur américain James Belushi.

Sévèrement burné, Red Heat oppose deux flics aux méthodes, aux cultures et à la morale diamétralement opposées à un trafiquant de drogue échappé de son pays d'origine, l'URSS, lui-même incarné par l'acteur américain Victor Ed O'Ross. Une ''gueule'' que celle de cet interprète qui jouera face à Mel Gibson dans L'Arme fatale, interprétera un flic ''investi'' par une forme extraterrestre dans le génial Hidden de Jack Sholder ou poursuivra dès 1993 sa carrière d'acteur sur le petit écran avec les séries policières Arabesque et Walker, Texas Ranger ou le téléfilm : FBI : Enquête Interdite. L'un des principaux atouts de Red Heat, outre l'action effrénée et les excellents seconds rôles incarnés par de vraies gueules de cinéma (Peter Boyle, Laurence Fishburn, Richard Bright, etc...) et la touche féminine apportée par l'actrice Gina Gershon demeure dans le contraste du duo formé par Arnold Schwarznegger et James Belushi qui, passant d'un binôme aux méthodes divergentes finiront par se supporter et même s'apprécier afin de mener à bien une mission pour le moins généreuses en gunfight et en cadavres.

Produit par la défunte société de production cinématographique américaine Carolco Pictures qui fut à l'origine des mythiques Rambo de Ted Kotcheff en 1982, Angel heart d'Alan parker en 1987, de L'Échelle de Jacob d'Adrian Lyne en 1990 ou encore de Basic Instinct de Paul Verhoeven en 1992, Red Heat est un excellent film d'action dans lequel James Belushi tient le rôle du flic instable et sur la sellette et Arnold Schwarznegger celui du policier russe droit comme la justice et froid comme l'hiver qui dans le pays d'origine de son personnage couvre deux tiers du territoire durant six mois de l'année. Le duo fonctionne à la perfection, jouant sur l'antinomie apparente de ses deux principaux personnages qui au fond, œuvrent dans le même sens tout en ayant chacun de leur côté, des méthodes pas toujours légales pour faire plier les malfrats. L'important pour Walter Hill comme il lui est arrivé de le préciser, n'était pas uniquement de pouvoir enfin engager l'ancien ''Monsieur Muscle'', mais de prouver qu'il était autre chose qu'une simple machine détruisant tout sur son passage... Moins drôle que certains duo cinématographiques et moyennement reçu par la critique américaine, Red Heat demeure cependant un excellent divertissement...

samedi 28 novembre 2015

Outland, Loin De La Terre de Peter Hyams (1981)



Le marshall William T.O'Neil accepte une mutation sur la base minière du satellite Io de la planète Jupiter. Engagé comme prévôt, il est très vite accaparé par une série de morts étranges. En effet, un homme meurt après avoir affirmé à ses collègues mineurs qu'une araignée s'est introduite dans sa combinaison. Un autre pénètre plus tard un sas en oubliant de revêtir la sienne. Un troisième, pris de folie, menace de tuer la prostituée qu'il a débauchée.

Le prévôt O'Neil s'aperçoit très vite que la nervosité dont sont victimes de plus en plus d'ouvriers est liée à la prise d'une drogue très puissante importée et distribuée sous les ordres du responsable de la mine, Mark B. Sheppard. Ce dernier veut a tout pris assurer un rendement maximum, ce qui passe par la prise de cette drogue qui motive les hommes à travailler deux fois plus. Mais les effets secondaires étant désastreux, le prévôt O'Neil voit les choses différemment et décide de tout faire pour que tombe le directeur de la mine ainsi que les responsables qui se cachent derrière ce trafic...

Réalisé en 1981 par le cinéaste Peter Hyams auquel on doit les films de science-fiction Capricorn One et 2010, Lannée Du Premier Contact, Outland est un excellent film mêlant ce même genre au policier et au thriller. Un univers sombre, aussi noir que le charbon, où chacun veille sur sa propre personne sans jamais se mêler de celle des autres. Seul Sean Connery ose braver cette forme de lâcheté qui voit les hommes tomber les uns après les autres sans que personne n'y remédie. Même pas les autorités sur lesquelles le solitaire prévôt ne peut pas compter lorsqu'il en a le plus besoin.

Une planète aussi inhospitalière que celle croisée au début du premier volet de la saga Alien réalisé par Ridley Scott. Une base aussi obscure et inquiétante que les coursives du Nostromo du même film.

Sean Connery n'est pas un super-héros. Juste un flic qui veut faire son boulot et mettre un peu d'odre sur une base qui manque cruellement d'autorité. Si crédible qu'il tremble, transpire et halète lorsque débarquent les hommes qui doivent éliminer ce flic très gênant .

Outland se meut alors en un western moite et embrumé. Un duel entre un flic armé de son seul fusil à canon scié et un tueur à gage armé d'une arme un peu plus sophistiquée, à lunette, mais tirant des balles qui restent encore classique quand dans cet univers futuriste on aurait pu croire y trouver des armes à visée laser.

Si les longs couloirs au design désespérément kitsch, les quelques plans de Jupiter qui enveloppe le ciel étoilé de Io et les combinaisons anti-gravité n'étaient pas là pour nous rappeler qu'il s'agit d'une œuvre de science-fiction, on se croirait en plein western. Ou bien dans un entrepôt, les pieds arrimés au sol de notre belle planète, la Terre.
Le film de Peter Hyams est une belle réussite. La mise en scène est nerveuse, le suspens est maintenu par une ambiance particulièrement bien rendue. Quand à l'interprétation de Sean Connery, elle est impeccable...
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