Je dois dire que je
m'attendais à tout sauf à ça ! Avec son titre qui fleure bon
la comédie franchouillarde réalisée par un cinéaste capable du
meilleur (Les ripoux,
L'aile ou la cuisse,
Association de malfaiteurs,
La totale !,
Profil bas)
comme du pire (Les bidasses en folie,
Les bidasses s'en vont en guerre,
Ripoux 3),
Bête mais discipliné
mérite mieux que la cascade de critiques négatives qu'il se prend
en pleine tronche depuis sa sortie en salle en 1979. Comme à son
habitude, Claude Zidi signe une comédie survoltée, plus proche du
nanar que des classiques du genre que son principal concurrent Gérard
Oury réalisait à la même époque. Et pourtant, Bête
mais discipliné
dissipe un parfum de générosité qui n'appartient justement qu'à
cette catégorie de films sans prétentions. Probablement écrit sur
un coin de table un soir de beuverie en compagnie du scénariste
Michel Fabre, le dixième long-métrage du réalisateur français
enchaîne les séquences improbables dans un gloubiboulga qui
convoque autant la comédie que l'espionnage ou la science-fiction.
Démarrant comme une piètre comédie façon ''bidasses'' présentant
un Jacques Villeret/Jacques Cardot en souffre-douleur de trois
camarades de chambrée incarnés par Gérard Lanvin, Daniel Auteuil
et le moins connu Pascal Benezech, le film vire au grand fourre-tout
lorsque à défaut de pouvoir assurer la soirée qu'il a prévu de
passer avec la charmante Sylvie Collin (Kelvine Dumour), notre héros,
plus timide et maladroit que véritablement bête, est contraint par
l'intransigeant agent secret de l'armée française Stévenin (Michel
Aumont) de conduire une ambulance à l'arrière de laquelle se
trouvent un scientifique (Dimitri Rafalsky dans le rôle du
professeur Pavlov) et une mallette renfermant un gaz de son invention
aux priorités étonnantes. En effet, celui-ci étant capable
d’annihiler toute volonté humaine, il intéresse de très près
les autorités qui décident alors de secrètement le transporter à
bord de la dite ambulance. Ne l'entendant pas de cette oreille là,
Jacques se débrouille pour endormir Stévenin et le professeur
Pavlov lors du trajet afin de faire demi-tour et rejoindre sa
bien-aimée. Mais à son arrivée, l'amoureux transit découvre que
la jeune femme à prévu de passer la soirée avec un autre homme, le
champion de tennis Patrice Cochy...
Un
personnage incarné par Michel Robbe que les plus anciens connaissent
bien puisqu'il fut surtout l'animateur de La
roue de la fortune
entre janvier et septembre 1987 sur TF1
avant de présenter les émissions La
porte magique,
En route pour
l'aventure
ainsi que Mémorama
sur feu La
Cinq...
Une bonne grosse partie se déroule alors à l'hôtel des Thermes où
bosse justement Sylvie et où Stévenin va louer une chambre afin
d'espionner un couple de personnes âgées qui selon Jacques aurait
dérobé la mallette renfermant le précieux gaz ! Commence
alors une aventure pleine de péripéties aussi burlesques
qu'invraisemblables, Michel Aumont passant le plus clair de son temps
à naviguer entre les différents étages à travers les conduits
d'aération de l'hôtel. Jacques faisant ensuite connaissance avec le
joueur de tennis Patrice Cochy. Lequel reçoit la visite impromptue
de sa sœur Ingrid qu'interprète la géniale et exubérante Catherine Lachens. Et
le trio rejoignant enfin la charmante Sylvie pour un dîner
pittoresque ! Bête
mais discipliné
part vraiment dans tous les sens et ce, pour le bonheur des amateurs
de nanars à la française. Moins ''conne'' qu'elle n'en a l'air,
l'écriture du film semble en outre avoir été mûrement réfléchie
et s'impose non pas comme une vulgaire franchouillardise à la
manière d'un Philippe Clair mais plutôt comme une somme d'idées
compilées de manière il est vrai un peu farfelue. Cette fantaisie
signée de Claude Zidi, pour le coup, mériterait presque le statut
de comédie culte. D'autant plus que bien avant d'avoir signé un
remake musclé de La
totale !
avec True Lies,
le cinéaste américain James Cameron semblait s'être déjà inspiré
du cinéma de Claude Zidi pour Terminator.
En effet, tandis que tout s'emballe, débarque l'acteur René Van De
Val qui cinq ans avant Arnold Schwarzenegger s'affiche à l'écran
avec une main en métal et un globe oculaire électronique de couleur
rouge ! Bref, voilà une sympathique comédie française de la
fin des années soixante-dix, pas piquée des hannetons et qui
restera finalement comme l'une des plus délirantes de son époque...



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