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mercredi 22 juillet 2026

Bête mais discipliné de Claude Zidi (1979) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Je dois dire que je m'attendais à tout sauf à ça ! Avec son titre qui fleure bon la comédie franchouillarde réalisée par un cinéaste capable du meilleur (Les ripoux, L'aile ou la cuisse, Association de malfaiteurs, La totale !, Profil bas) comme du pire (Les bidasses en folie, Les bidasses s'en vont en guerre, Ripoux 3), Bête mais discipliné mérite mieux que la cascade de critiques négatives qu'il se prend en pleine tronche depuis sa sortie en salle en 1979. Comme à son habitude, Claude Zidi signe une comédie survoltée, plus proche du nanar que des classiques du genre que son principal concurrent Gérard Oury réalisait à la même époque. Et pourtant, Bête mais discipliné dissipe un parfum de générosité qui n'appartient justement qu'à cette catégorie de films sans prétentions. Probablement écrit sur un coin de table un soir de beuverie en compagnie du scénariste Michel Fabre, le dixième long-métrage du réalisateur français enchaîne les séquences improbables dans un gloubiboulga qui convoque autant la comédie que l'espionnage ou la science-fiction. Démarrant comme une piètre comédie façon ''bidasses'' présentant un Jacques Villeret/Jacques Cardot en souffre-douleur de trois camarades de chambrée incarnés par Gérard Lanvin, Daniel Auteuil et le moins connu Pascal Benezech, le film vire au grand fourre-tout lorsque à défaut de pouvoir assurer la soirée qu'il a prévu de passer avec la charmante Sylvie Collin (Kelvine Dumour), notre héros, plus timide et maladroit que véritablement bête, est contraint par l'intransigeant agent secret de l'armée française Stévenin (Michel Aumont) de conduire une ambulance à l'arrière de laquelle se trouvent un scientifique (Dimitri Rafalsky dans le rôle du professeur Pavlov) et une mallette renfermant un gaz de son invention aux priorités étonnantes. En effet, celui-ci étant capable d’annihiler toute volonté humaine, il intéresse de très près les autorités qui décident alors de secrètement le transporter à bord de la dite ambulance. Ne l'entendant pas de cette oreille là, Jacques se débrouille pour endormir Stévenin et le professeur Pavlov lors du trajet afin de faire demi-tour et rejoindre sa bien-aimée. Mais à son arrivée, l'amoureux transit découvre que la jeune femme à prévu de passer la soirée avec un autre homme, le champion de tennis Patrice Cochy...


Un personnage incarné par Michel Robbe que les plus anciens connaissent bien puisqu'il fut surtout l'animateur de La roue de la fortune entre janvier et septembre 1987 sur TF1 avant de présenter les émissions La porte magique, En route pour l'aventure ainsi que Mémorama sur feu La Cinq... Une bonne grosse partie se déroule alors à l'hôtel des Thermes où bosse justement Sylvie et où Stévenin va louer une chambre afin d'espionner un couple de personnes âgées qui selon Jacques aurait dérobé la mallette renfermant le précieux gaz ! Commence alors une aventure pleine de péripéties aussi burlesques qu'invraisemblables, Michel Aumont passant le plus clair de son temps à naviguer entre les différents étages à travers les conduits d'aération de l'hôtel. Jacques faisant ensuite connaissance avec le joueur de tennis Patrice Cochy. Lequel reçoit la visite impromptue de sa sœur Ingrid qu'interprète la géniale et exubérante Catherine Lachens. Et le trio rejoignant enfin la charmante Sylvie pour un dîner pittoresque ! Bête mais discipliné part vraiment dans tous les sens et ce, pour le bonheur des amateurs de nanars à la française. Moins ''conne'' qu'elle n'en a l'air, l'écriture du film semble en outre avoir été mûrement réfléchie et s'impose non pas comme une vulgaire franchouillardise à la manière d'un Philippe Clair mais plutôt comme une somme d'idées compilées de manière il est vrai un peu farfelue. Cette fantaisie signée de Claude Zidi, pour le coup, mériterait presque le statut de comédie culte. D'autant plus que bien avant d'avoir signé un remake musclé de La totale ! avec True Lies, le cinéaste américain James Cameron semblait s'être déjà inspiré du cinéma de Claude Zidi pour Terminator. En effet, tandis que tout s'emballe, débarque l'acteur René Van De Val qui cinq ans avant Arnold Schwarzenegger s'affiche à l'écran avec une main en métal et un globe oculaire électronique de couleur rouge ! Bref, voilà une sympathique comédie française de la fin des années soixante-dix, pas piquée des hannetons et qui restera finalement comme l'une des plus délirantes de son époque...

 

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